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La formation à la citoyenneté

COUR DES COMPTES

La formation à la citoyenneté regroupe l’ensemble des actions publiques qui contribuent à apporter aux jeunes des connaissances relatives à la citoyenneté, promeuvent les comportements citoyens – comme le civisme et l’engagement social –, et leur offrent les cadres pour les exercer. Alors qu’elle s’appuyait traditionnellement sur l’instruction civique dispensée à l’école et, pour les jeunes hommes, sur le service militaire, cette formation a connu une profonde transformation. Au cours de ces deux dernières décennies, les pouvoirs publics ont multiplié les initiatives, jusqu’à provoquer un empilement de dispositifs. Pour renforcer l’éducation à la citoyenneté, la Cour formule huit recommandations, qui visent également à conforter et à coordonner les dispositifs d’engagement des jeunes, ainsi qu’à en organiser le pilotage.

L’école : une formation initiale qui reste insuffisante

Dans le cadre de la scolarité obligatoire de 3 à 16 ans, tous les enfants doivent bénéficier d’une formation à la citoyenneté. Dans l’approche actuelle, l’acquisition de compétences psycho-sociales et l’apprentissage par des pédagogies actives sont centrales. C’est le sens du « parcours citoyen » qui se déploie depuis 2015, de la maternelle jusqu’à la terminale. Si l’école reste aujourd’hui le creuset de cet apprentissage, la faible place de celui-ci dans les emplois du temps, la concentration des encadrants et des inspecteurs sur d’autres enjeux et l’insuffisante formation initiale des enseignants sur ces questions, ne permettent pas à ce dispositif de prendre sa pleine envergure.

En dehors de l’école, une offre éparpillée de dispositifs d’engagement

Aujourd’hui, la seule obligation commune à l’ensemble des jeunes est la Journée défense et citoyenneté (JDC), qui rassemble chaque année plus de 800 000 individus. Cependant, les nouvelles formules d’engagement semblent répondre de manière imparfaite aux aspirations de la jeunesse, et seuls 250 000 jeunes s’inscrivent dans ces dispositifs. La Cour note, par exemple, que le service civique, aujourd’hui principale porte d’entrée des missions d’intérêt général pour les jeunes, offre seulement 10% de missions dans le domaine de l’environnement – pourtant largement plébiscité par les jeunes, qui y voient la première raison de se mobiliser.

Une véritable politique de formation à la citoyenneté reste à construire

Les deux phases de formation à la citoyenneté – à l’école et en dehors de l’école – sont actuellement désarticulées : leur mise en œuvre n’est pas guidée par un objectif commun reconnu par tous, et la place des différents acteurs n’est pas clairement définie. La Cour recommande ainsi d’organiser un continuum entre ces deux types de formation. Le projet de service national universel (SNU), s’il était confirmé et s’il reposait sur des bases juridiques et financières solides, permettrait de concilier le parcours citoyen et les formations obligatoires ou facultatives destinées aux adolescents. Cette démarche a d’ailleurs commencé avec les expérimentations du séjour de cohésion sociale, mais sa mise en œuvre se heurte à de nombreux obstacles qui rendent sa généralisation difficilement envisageable dans sa configuration actuelle.
L’action de l’État dans le domaine de la formation à la citoyenneté est relayée et prolongée par celle de nombreux partenaires, à commencer par le monde associatif et les collectivités territoriales. Il reste nécessaire de se doter d’outils de recensement et de documentation de ces dispositifs, qui permettraient d’établir un chiffrage exhaustif de leur coût et de disposer de meilleurs instruments de pilotage.

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