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Commune de Nantes - Gestion du spectacle vivant (Loire-Atlantique)

CRC PAYS DE LA LOIRE

Rapport d'observations définitives

Principales observations du rapport

Le spectacle vivant est défini comme la rencontre physique entre des interprètes, un public et une œuvre artistique dans des conditions de proximité dans lesquelles le spectacle est diffusé.
La fonction culture constitue le premier poste de dépenses de la ville de Nantes. Le spectacle vivant représente la première activité soutenue au sein de ce budget. Les fonds qui y ont été consacrés ont progressé d’environ 30 % entre 2008 et 2012 pour atteindre 25 M€. Ils se rapportent à des associations, compagnies, établissements et équipements culturels, dénommés « structures » dans le présent rapport.
93 % de ce budget est constitué de subventions qui ont été versées, sur la période, à près de 200 structures différentes. Néanmoins, les subventions sont très concentrées sur un nombre restreint de structures. En 2012, la moitié des subventions était versée à quatre structures, les trois quarts à neuf et 90 % à 23.
Les conventions passées par Nantes avec ces structures ne comportent des objectifs précis que lorsqu’elles concernent d’autres collectivités publiques que la ville. Dans ses conventions bilatérales, la ville ne fixe qu’exceptionnellement des objectifs quantifiés.
Sur un plan financier, le suivi des conventions bénéficie de l’appui efficace et pertinent de la direction de la prévision et du conseil de gestion. En revanche, il semble que le non-respect des engagements des structures, notamment en ce qui concerne l’action culturelle, le jeune public et le soutien à la création, n’entraîne aucune conséquence dans les relations financières avec la ville, ce qui peut s’expliquer par la quasi-absence de subventions fléchées.

Plus spécifiquement, les relations contractuelles avec un certain nombre d’associations posent question quant au respect des règles européennes concernant les aides d’Etat, à l’évolution non maîtrisée des subventionsou à la situation monopolistique dans certaines disciplines[1]. La ville soutient le secteur de la création de l’association émergente jusqu’aux compagnies et formations confirmées. Elle a accompagné l’essor et la reconnaissance de créateurs de dimension nationale ou internationale. Néanmoins, elle ne mesure pas globalement la création sur son territoire et s’investit peu dans la commercialisation des spectacles produits. Par ailleurs, l’implication des principales structures de diffusion dans la création est parfois faible.Les retours d’information de la part des structures soutenues sont perfectibles, les comptes rendus financiers étant parfois absents ou inexploitables, certains comptes rendus d’activités très pauvres en informations. De surcroît, la ville ne procède à aucune centralisation des données ni à une quelconque analyse des chiffres d’activité. Dès lors, elle ne possède pas d’image synthétique de l’offre de spectacle vivant sur son territoire ni de l’économie de ce secteur ni même de la composition des publics qui en bénéficient.
La ville a mis en place une initiative pour favoriser économiquement l’accès des familles à revenu modeste au spectacle vivant, la plupart des structures de diffusion proposant des tarifs très réduits aux porteurs d’une « carte blanche ». Les chances de succès de cette initiative seraient accrues si un travail était également accompli en parallèle sur d’autres facteurs tarifaires faisant obstacle à l’accès aux spectacles, comme la place prise par les abonnements.
Des quelques études de public disponibles, il apparait que le public des spectacles vivant payants de la ville provient en très grande majorité de l’agglomération, est, à l’exception de Stéréolux, plus âgé que la moyenne de la population et vieillissant. Le public des retraités et des cadres et professions intellectuelles est bien plus représenté que sa proportion réelle au sein de la population. La proportion d’abonnés, voire de multiabonnés, est importante.
Le coût des représentations ramené à la place connait une très forte variabilité, de un à vingt. Dès lors, le montant des subventions ramenées à la place est également très variable, s’échelonnant entre 12 et près de 200 € par place pour l’ensemble des subventions publiques.

[1] Avec le CREA pour les règles européennes concernant les aides d’Etat, avec Stéréolux et Trempolino pour l’évolution non-maitrisée des subventions et avec Royal de Luxe pour la situation monopolistique dans le secteur des arts de la rue. 

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Recommandations

1- Améliorer la qualité et l’opérationnalité des indicateurs de son plan « Nantes s’engage ».
2- Engager une réflexion sur la modification du cadre juridique encadrant la diffusion des spectacles de Royal de Luxe à Nantes en envisageant une procédure d’appel à projets.
3- Accompagner les projets d’équipement d’un cadrage financier des associations appelées à en bénéficier. Dans le cas précis de Trempolino, de stabiliser rapidement le concours financier apporté.
4- Formaliser des objectifs en matière de création et de diffusion de celle-ci avec les compagnies et formations ; de s’assurer que les conventions avec les structures de diffusion comportent des objectifs clairs et évaluables en matière de création locale et que ces engagements soient respectés.
5- S’assurer que la subvention qu’elle verse au centre de réalisation et d’études artistiques (CREA) corresponde effectivement aux objectifs de sa convention et ne finance pas l’activité concurrentielle de cette structure.
6- Systématiser et harmoniser le recueil d’informations en matière d’occupation des équipements mis à disposition, d’activité culturelle sur temps scolaire, de comptes rendus financiers et d’activités, notamment pour l’offre de spectacle vivant, l’économie des spectacles et la composition des publics.
7- Rester vigilante à favoriser l’accès du plus grand nombre aux structures les plus soutenues à la fois par l’action culturelle et par une approche globale de l’accès tarifaire, tenant compte notamment des formules d’abonnements.
8- Inscrire des objectifs clairement définis liés à l’action culturelle et au travail à destination des publics spécifiques dans ses conventions avec les structures du spectacle vivant, tout en respectant le principe de liberté d’association ; d’affecter formellement une partie de ses subventions à ces objectifs ; de quantifier et d’évaluer ceux-ci et de sanctionner leur non-respect ; d’inclure dans les conventions des références au plan « Nantes s’engage » et à l’initiative « l’Art en partage ».

 

 

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