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Le contrôle interne dans les universités : un déploiement inégal, un pilotage à renforcer, des bénéfices opérationnels à valoriser

Dans un contexte d’autonomie accrue et de renforcement des responsabilités de leurs dirigeants, 
le contrôle interne constitue un enjeu central pour les universités. Il regroupe l’ensemble des dispositifs organisés, formalisés et permanents, mis en œuvre par la gouvernance et les responsables de tous niveaux pour maîtriser le fonctionnement des activités, assurer la réalisation des objectifs et couvrir les risques. Fondé sur des référentiels reconnus, il s’applique à l’ensemble des composantes et services, tant dans le domaine comptable et budgétaire (contrôle interne financier) que s’agissant des autres fonctions de gestion et des processus opérationnels (contrôle interne métier), et mobilise l’ensemble des acteurs, des cadres dirigeants aux agents d’exécution des universités. Son déploiement s’inscrit dans un cadre réglementaire renforcé, qui impose un contrôle interne financier robuste, l’extension du contrôle interne aux processus métiers et la vérification de leur efficacité. Le rapport de la Cour, issu d’une enquête réalisée au premier semestre 2025 auprès des universités et des services centraux et déconcentrés de l’État concernés, dresse l’état des lieux, analyse les limites et identifie des leviers pour renforcer le contrôle interne au service du pilotage et de la maîtrise des risques dans les universités.

Trois principaux messages se dégagent du rapport :

  • Le contrôle interne est déployé de manière inégale dans les universités. Le contrôle interne comptable et budgétaire est globalement plus avancé, tandis que le contrôle interne métier demeure plus hétérogène et insuffisamment développé, notamment pour couvrir les processus opérationnels et traiter les risques émergents liés notamment aux menaces cyber. La Cour souligne la nécessité de renforcer l’approche par les risques, en soumettant chaque année au conseil d’administration de l’université une cartographie des risques et un plan d’actions pour y répondre.
  • L’animation et le pilotage du contrôle interne restent insuffisants, tant au sein des universités que de la part les tutelles. L’implication des dirigeants et des instances de gouvernance demeure inégale, le contrôle interne étant encore trop souvent cantonné à des spécialistes. La Cour recommande d’en renforcer le pilotage en mettant en place une fonction d’audit interne indépendante rattachée au président de l’université, et appelle le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche à structurer l’animation du contrôle interne métier, sur le modèle du contrôle interne financier.
  • Le contrôle interne peut devenir un outil de pilotage de la performance des universités et de prévention des risques de fraude et d’atteinte à la probité. Lorsqu’il couvre l’ensemble des processus et repose sur l’analyse des risques, il favorise la formalisation des pratiques et la diffusion d’une culture de maîtrise des risques.

La Cour formule quatre recommandations invitant notamment les services compétents du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche à réaliser une enquête annuelle sur le déploiement du contrôle interne métier dans les universités et, au sein de chaque établissement, à confier au directeur général des services la responsabilité du pilotage et de l’animation des dispositifs de contrôle interne.