D’autres communes du ressort de l’intercommunalité ont bénéficié de dispositifs analogues, ce qui n’a pas facilité le déploiement d’un programme conçu initialement pour la ville-centre. Il revient à Douaisis Agglo de définir précisément les périmètres d’intervention, et de garantir la cohérence du projet global de territoire aujourd’hui insuffisante. Malgré ces lacunes, Douai et Douaisis Agglo ont su adapter leurs organisations internes afin de mettre en œuvre le programme.
Le dispositif « Action cœur de ville » a été articulé autour des initiatives de revitalisations commerciales et résidentielles. En ce qui concerne le commerce, la commune de Douai a mis en place des aides dont le volume reste faible. Elle s’est également engagée dans une politique d’acquisitions foncières afin de réhabiliter des locaux commerciaux dont elle est devenue propriétaire.
L’action de requalification des logements est, quant à elle, limitée par les caractéristiques des biens. À l’image des îlots Bellain Nord et la Madeleine, les bâtiments sont dans des situations de délabrement avancé. La complexité des chantiers rend leur aboutissement hypothétique pour une commune dotée d’une ingénierie technique insuffisante. De surcroît, l’entrelacement des compétences communales et intercommunales ne facilite pas le parachèvement de ces initiatives. Pour les mener à bien, la chambre encourage la commune à renforcer l’ingénierie requise par ces opérations, par mutualisation avec Douaisis Agglo ou par la sollicitation d’un opérateur spécialisé dans l’aménagement (SEM, SPL).
Deux projets d’envergure ont également été intégrés au programme « Action cœur de ville ». Le premier, EuraDouai, est un quartier d’affaires incluant des zones résidentielles et un espace culturel. D’un montant estimé de 73,5 M€, ce projet avance de manière rapide grâce à des financements pour la plupart indépendants d’ACV. Porté de façon autonome par Douaisis Agglo, il n’a pas engendré la dynamique partenariale promue par ACV. Le second, piloté par Douaisis Agglo, vise la réhabilitation de l'ancien hospice, destiné à être reconverti en hôtel de luxe et logements. Le projet accuse un retard grandissant, malgré les aides financières allouées.
Même si le suivi de l'exécution du programme ne permet pas d'affirmer ou d'infirmer l'existence d'un effet global de la politique menée en faveur de la revitalisation, plusieurs exemples de réussites existent (réhabilitation des "Arcades" et de la caserne Caux, requalification du square du Dauphin, etc.). Sur le territoire -en prenant compte l'apport de l'opérateur privé pour le projet de rénovation de l'ancien hospice - près de 150M€ doivent être consommés, dont 50 M€ l'ont d'ores et déjà été en 2024.