La Cour émet plusieurs constats dans le prolongement des observations communiquées dans un précédent rapport publié en 2014 :
- Les lycées de la défense se distinguent des autres établissements du secondaire public par une organisation duale comprenant un encadrement à la fois civil et militaire, ce qui contribue à offrir aux élèves et étudiants des conditions très favorables. Les enseignants civils sont détachés de l’éducation nationale ; cependant, en l’absence d’un corps d’accueil au sein du ministère des armées et des anciens combattants, leur gestion est complexe et présente des inconvénients du point de vue de leur parcours et leur mobilité professionnels.
- Les lycées de la défense obtiennent d’excellents résultats académiques et jouent un rôle central dans le recrutement des officiers, avec des taux significatifs d’intégration dans les écoles militaires à l’issue des CPGE. Par ailleurs, la mission d’aide aux familles donne lieu à un dispositif de remises financières généralisé, qui bénéficie à un large ensemble de familles, au-delà du public initialement visé. Ce mécanisme, cumulable avec les bourses de l’éducation nationale, engendre un surcoût annuel d’environ 4 M€ pour le ministère des armées et soulève des enjeux d’équité. En outre, malgré les engagements pris en matière d’égalité des chances, la part des élèves boursiers extérieurs au ministère des armées demeure inférieure aux objectifs fixés.
- Les lycées de la défense bénéficient de moyens humains et immobiliers importants, mais l’absence de suivi budgétaire propre complique l’analyse de leur coût réel, estimé par la Cour à 146 M€, soit un coût complet moyen par élève d’environ 33 300 € par an. Le plan de rénovation immobilière, bien doté financièrement, ne constitue pas une véritable stratégie bâtimentaire ; il convient de redéfinir un véritable plan d’investissement, et non une simple planification des travaux et de leurs financements, et de l’assortir d’une véritable expertise indépendante et d’outils de suivi adaptés. Par ailleurs, le rapport souligne la nécessité de restaurer une gouvernance de haut niveau, transverse et interarmées. En effet, alors qu’ils sont construits sur un modèle unique, répondant aux mêmes missions, ces lycées restent exclusivement sous l’autorité de l’armée à laquelle ils sont rattachés.
Enfin, un « plan d’excellence comportementale » a été adopté en 2018, et sa mise en œuvre fait l’objet d’une grande vigilance de la part de la hiérarchie, comme des associations d’anciens élèves. Toutefois, celle-ci apparaît encore insuffisante, certains comportements graves d’élèves étant encore constatés par les tutelles dans certains établissements à l’occasion de visites d’inspection régulières.


