En contrat de retour à l’équilibre financier (CREF) sur la période 2015-2019, le GHER affiche, en 2023, un déficit de son compte de résultat principal proche de 2 % du montant de ses produits et ne parvient pas à dégager de capacité d’autofinancement depuis 2022. Lourdement endetté à hauteur de 50 % de ses produits de gestion, il s’est engagé sur une trajectoire financière qui doit réduire cette proportion à 30 % de ses produits en 2029.
L’érosion de ses parts de marché s’est poursuivie sur la période et l’activité de chirurgie, nonobstant le dynamisme de l’ambulatoire, est restée insuffisamment performante au regard du plateau technique disponible. L’augmentation de l’activité aux urgences, observée depuis 2020, s’accompagne de difficultés de prise en charge au sein d’un service trop exigu pour accueillir le flux des patients. La faible densité de l’offre médicale de ville de la microrégion et la difficulté à créer des dynamiques de prise en charge hors les murs nuisent à l’image de marque de l’établissement.
Un projet d’avenant au CREF qui prévoyait un plan d’économies sur la période 2018-2022 n’a pas été concrétisé, l’établissement ayant été affecté par la gestion de l’épidémie de covid 19.
Dans ce contexte, la direction commune mise en place dès 2014 est un outil de management dont les objectifs ont évolué sans pour autant être suivis. Sur ce territoire moins attractif, la direction commune a déployé une politique tangible en faveur de l’attractivité des médecins et de la fidélisation du personnel. Les charges de personnel se situent cependant à 65 % des produits de gestion, tandis que l’activité, ne se déploie pas au niveau attendu malgré de forts besoins de prise en charge sur son territoire de santé.
L’apport indéniable du centre hospitalier universitaire (CHU) en support de la direction commune reste en deçà des objectifs de performance attendus : ce mode de gestion, après dix années de fonctionnement, doit démontrer sa portée utile dans le déploiement d’une complémentarité médicale et d’une activité renforcée. Son fonctionnement doit faire l’objet d’un bilan et d’un suivi plus régulier, à travers la renégociation et le suivi du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM), et être évalué dans sa capacité à favoriser le retour à l’équilibre financier.