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COMMUNIQUE DE PRESSE
Le 09/12/ 2025
En 2024, la situation des finances publiques des institutions et collectivités
calédoniennes se dégrade significativement. La Nouvelle-Calédonie a connu
deux crises, l’une propre au secteur nickel, et l’autre liée aux conséquences des
émeutes débutées le 13 mai 2024, impactant négativement l’économie. Les
recettes fiscales ont diminué de 14,2 % et les cotisations sociales de 8,6 %.
Une dégradation de la situation financière du secteur public local malgré le soutien de l’État
Malgré les mesures prises localement et le soutien massif de l’État, les transferts et aides
exceptionnelles atteignant 28 % du produit intérieur brut du territoire, la dépense publique locale
a diminué de près de 10 %, soit - 24 MdF CFP, entre 2023 et 2024 du fait d’une diminution de 48 %
des dépenses réelles d’investissement entre 2023 et 2024, soit une diminution de 35 MdF CFP en
un an, ce qui obère le développement futur du territoire.
Les charges réelles de fonctionnement ont progressé de près de 11 MdF CFP entre 2023 et 2024,
ce qui correspond à une augmentation de 6,4 %. L’encours de la dette des collectivités a augmenté
de 13 % entre 2023 et 2024, soit une progression de 23 MdF CFP, cette hausse étant portée
essentiellement par la Nouvelle-Calédonie.
Une diminution des recettes fiscales et sociales de 12 % entre 2023 et 2024
Les recettes fiscales nettes mises en recouvrement par la Nouvelle-Calédonie, la CAFAT et les
communes diminuent de 14,2 % entre 2023 et 2024 et s’élèvent à 184,9 MdF CFP en 2024. Les
cotisations sociales mises en recouvrement par la CAFAT et la CLR diminuent de leur côté de 8,6 %
entre 2023 et 2024 pour atteindre 116,7 MdF CFP en 2024. Le résultat 2024 de la CAFAT reste
déficitaire, comme sur l’ensemble de la période 2020-2024, principalement du fait de la hausse des
prestations sociales versées.
Malgré la baisse des recettes fiscales et sociales de 12 % entre 2023 et 2024, la chute du produit
intérieur brut entraîne une hausse des taux de pression fiscale et sociale. Sous réserve des
corrections futures du produit intérieur brut de l’exercice 2024, le taux de prélèvements
obligatoires s’élève à 32,9 % en 2024 en Nouvelle-Calédonie.
Une crise dont les effets se font encore sentir en 2025
L’exécution budgétaire de la Nouvelle-Calédonie et des provinces a été significativement modifiée
au cours de l’exercice 2024. La Nouvelle-Calédonie notamment a dû verser des subventions de
soutien à divers organismes qui ont conduit à une augmentation de 126 % des dépenses réelles de
fonctionnement initialement inscrites à son budget propre.
La crise insurrectionnelle de mai 2024 continue d’avoir des effets en 2025. Les dépenses réelles
d’investissement de l’ensemble des collectivités, sont, au 31 août 2025, en deçà du niveau atteint
en moyenne en 2022 et 2023 pour la même période d’un tiers. Les produits de la fiscalité n’ont pas
non plus retrouvé, au 31 août 2025, le niveau atteint en moyenne au 31 août 2022 et 2023, cette
diminution étant compensée en partie par les dotations de l’État.
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