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NOTE AUX RÉDACTIONS
Le 25 mars 2025
ENTITÉS ET POLITIQUES PUBLIQUES
Créé en octobre 1939, le CNRS est le plus grand organisme de recherche français et européen. En
2023, le CNRS disposait de ressources budgétaires d’un montant de 4,10 Md
- dont 1,13 Md
de
ressources propres - consacrées à hauteur de 2,87 Md
à des dépenses de personnel relatives à ses
34 289 agents, dont 10 896 chercheurs. Cela fait de cet organisme le plus grand opérateur de l’État,
après France Travail.
Avec 4,1 Md
de budget, 34 289 agents et 1 130 unités de recherche en 2023, le CNRS bénéficie d’une
réputation d’excellence scientifique solidement établie. Il est structuré autour de 10 instituts et de
17 délégations régionales. Cette qualité doit être mobilisée pour relever les nombreux défis de gestion
qui se présentent à l’organisme et qui sont au c
œ
ur des analyses du présent rapport.
La trésorerie du CNRS s’élevait à 1,4 Md
fin 2023, soit une croissance de 900 M
en 11 ans, et a
poursuivi sa croissance depuis. Cette situation, qui transparaît dans les comptes financiers que le CNRS
présente à ses tutelles en conseil d’administration, pourrait donner l’impression que l’organisme
dispose de ressources financières surabondantes dans le contexte actuel de dégradation de la situation
des finances publiques. Elle traduit en réalité une capacité insuffisante de l’organisme à programmer
de manière pluriannuelle et à piloter ses ressources propres. Comme il n’existe pas de système de
consolidation des données financières des unités mixtes de recherche (UMR), les tutelles ne disposent
pas d’une vision d’ensemble des ressources disponibles et de l’emploi qui en est projeté. Il en résulte
une gestion décentralisée hétérogène, souvent très prudente et ne permettant guère de mutualisation
entre équipes de recherche, qui se traduit dans les comptes du CNRS par une forte augmentation du
solde de sa trésorerie depuis 10 ans et par une sous exécution systématique des dépenses budgétées,
comprise entre 300 M
et 700 M
sur la période (442 M
en 2023).
Malgré un effort marqué par des revalorisations salariales récentes et sa réputation d’excellence
scientifique, l’organisme commence à connaître des enjeux d’attractivité pour ses personnels
statutaires. Les candidatures de chercheurs ont diminué de 36 % en 10 ans pour des postes offerts
dont le volume n’a été réduit que de 18 % sur la période, tandis que les concours d’ingénieurs et de
techniciens sont quatre fois moins sélectifs qu’il y a 10 ans. Le défi de l’attractivité concerne également
les fonctions administratives et techniques, essentielles pour les appels à projets et la mise en
œ
uvre
des plateformes technologiques. En tout état de cause, le CNRS va être confronté à un enjeu majeur de
LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
renouvellement de ses compétences, du fait du volume important des départs en retraite attendus
dans les prochaines années, dans un organisme où 32 % des effectifs permanents avaient plus de
55 ans en 2023.
La consultation par la Cour des 24 plus grandes unités de recherche du CNRS montre que le
« fardeau administratif » pesant sur les chercheurs s’est accru depuis quelques années au sein de
l’organisme. Ce fardeau concerne les pays occidentaux à l’exception des États-Unis même si d’autres
comme le Royaume-Uni ont engagé des politiques volontaristes de simplification. En effet, la montée
en puissance des appels à projets pour les contrats de recherche crée une charge croissante, tant pour
les candidatures que pour la gestion des contrats ainsi obtenus. Les règles de la gestion publique sont
d’autant plus pesantes que le CNRS peine à attirer et à fidéliser les personnels administratifs
gestionnaires. Ainsi, l’organisation des UMR, au sein desquelles chacune des tutelles déploie ses
propres processus, règles et systèmes d’information, combinée avec l’échec du projet de système de
gestion unifié, SI Labo, en 2019, complique fortement la gestion des laboratoires de l’organisme. Il est
souhaitable d’accroître les efforts de simplification, notamment en travaillant en priorité sur les
irritants rencontrés par les chercheurs.
L’organisation très décentralisée du CNRS, avec notamment ses 842 UMR, combinée à une
sensibilisation insuffisante aux risques informatiques est de nature à exposer davantage à des menaces
cyber en forte croissance. En effet, des attaques cyber ont concerné des laboratoires de recherche
auxquels participent des chercheurs du CNRS. Il est donc nécessaire que celui-ci renforce sa sécurité
informatique, ce qui passe par l’augmentation du périmètre de compétence et des moyens de sa
direction des systèmes d’information.
Enfin, le CNRS, qui est à tous égards un acheteur hors-norme par le volume de ses achats et le nombre
de ses acheteurs, a pris au cours des années récentes des mesures pour réduire le risque de non-
conformité de ses procédures d’achat aux règles de la commande publique. Ces mesures, combinées
avec la compétence et l’expérience de la direction des achats, vont dans le bon sens et les tests
réalisés dans le cadre du présent contrôle n’ont pas mis en évidence d’anomalies. Pour autant, le fait
que près de la moitié des achats soient encore réalisés sur simples factures constitue en soi un facteur
de risques.
La renégociation en cours des directives européennes des achats publics doit être mise à
profit pour obtenir des assouplissements pour les achats de recherche.
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Julie Poissier
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