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Chambre territoriale des comptes de la Nouvelle-Calédonie
13, Boulevard Vauban - BP 2392
98846 Nouméa Cedex
Tél. (00 687) 28 11 44 - nouvelle-caledonie@crtc.ccomptes.fr
www.ccomptes.fr/fr/ctc-nouvelle-caledonie
RAPPORT PUBLIC THEMATIQUE
LA PRE
VENTION DE L’OB
ESITE CHEZ LES
JEUNES (15-25 ANS) EN NOUVELLE-CALEDONIE
Observations définitives délibérées le 19 septembre 2024
Exercices 2019 et suivants
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
2
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES
......................................
2
SYNTHESE
.............................................................
5
RECOMMANDATIONS
.....................................
10
PROCÉDURE
.................................................
11
1
UN PHENOMENE D’AMPLE
UR POUR LES
JEUNES CALEDONIENS
............................
12
1.1
Une maladie qui touche les jeunes
calédoniens
..............................................
12
1.1.1
Une maladie dont la caractérisation
est plus complexe chez les jeunes que
chez les adultes
...............................
12
1.1.2
Un phénomène qui touche moins la
Nouvelle-Calédonie que les autres
états insulaires du Pacifique
............
15
1.1.3
Un phénomène dont les jeunes sont
peu conscients
.................................
17
1.2
Des déterminants multiples
......................
20
1.2.1
L’enviro
nnement socio-économique
et culturel
........................................
20
1.2.2
Les comportements alimentaires
....
23
1.2.2.1
Une consommation de fruits et légumes
en dessous des seuils des
recommandations internationales.
.......
26
1.2.2.2
Une consommation quotidienne et
excessive de boissons sucrées par
rapport aux recommandations de
l’organisation mondiale de la santé.
....
29
1.2.3
La sédentarité et le manque d’activité
physique et de sommeil
..................
32
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
3
1.3
Des conséquences sanitaires, sociales et
économiques
............................................
38
1.3.1
L’obésité accroît le risque de
comorbidités et réduit la qualité de
vie des personnes affectées
.............
38
1.3.2
L’obésité engendre une dépense
sanitaire et économique élevée
.......
40
1.3.3
Une maladie chronique complexe mal
reconnue
..........................................
46
2
DES POLITIQUES DE PREVENTION
HETEROGENES AUX RESULTATS
DISPARATES
...............................................
49
2.1
L’identification de la prévention de
l’obésité comme priorité stratégique de
santé publique
..........................................
49
2.1.1
Le plan de Santé Do Kamo 2018-
2028
................................................
49
2.1.2
L’obésité qu
alifiée de priorité de
santé en 2023
..................................
53
2.2
Les actions mises en œuvre par les acteurs
publics
......................................................
53
2.2.1
Les actions de prévention de l’obésité
mises en œuvre au niveau du
territoire
..........................................
54
2.2.2
Les actions spécifiques de prévention
de l’obésité mises en place par la
province des îles Loyauté
...............
56
2.2.3
Les actions spécifiques de prévention
de l’obésité mises en place par la
province Sud
...................................
57
2.2.4
Les actions spécifiques de prévention
de l’obésité mises en place par la
province Nord
.................................
59
2.3
Des réalisations de programme de santé sur
l’obésité contrastées
.................................
59
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
4
3
RENFORCER LA STRATEGIE DE LUTTE
CONTRE L’OBESITE CHE
Z LES JEUNES
62
3.1
Une évaluation des programmes à renforcer
62
3.2
Un dépistage et un suivi inégal sur le
territoire, des données à recueillir et à
exploiter
...................................................
64
3.3
Un parcours de soin et un schéma
d’organisation sanitaire à formaliser
.......
69
ANNEXES
.............................................................
76
Annexe n° 1.
Déroulement de la procédure .. 77
Annexe n° 2.
Tableau récapitulatif des
recommandations proposées et de leur mise
en œuvre au cours du c
ontrôle des comptes
et de la gestion du présent rapport
...........
81
Annexe n° 3.
Synthèse des bilans et
évaluations des programmes de prévention
de l’obésité des provinces et de l’agence
sanitaire et sociale de la Nouvelle-
Calédonie
.................................................
83
Annexe n° 4. Glossaire
..................................
94
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
5
SYNTHESE
En Nouvelle-Calédonie, en 2021, près de quatre adultes sur dix
sont obèses. Enrayer la progression de l’obésité chez les jeunes
constitue un enjeu de santé publique ayant d’i
mportantes répercussions
sur les finances publiques, à la fois du fait des dépenses encourues en
matière de prévention et des économies potentielles si le taux de
prévalence se stabilise ou diminue. La chambre a choisi, dans le cadre
d’une enquête commune
réalisée avec la Polynésie française,
d’examiner les politiques menées en matière de prévention de l’obésité
chez les jeunes de 15 à 25 ans, âges à partir desquels ceux-ci sont en
capacité de prendre leurs propres décisions concernant leurs habitudes
alimentaires ou de mode de vie, décisions qui impactent durablement
leur santé.
Un phénomène qui concerne les jeunes calédoniens
L
obésité
est définie par l’Organisation mondiale de la santé
comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle
pouvant nuire à la santé. Son dépistage chez les jeunes est délicat car
l’indicateur le plus couramment utilisé pour la mesurer est l’in
dice de
masse corporelle qui est mal adapté aux différentes catégories d’âge et
évolution de la répartition corporelle de la masse graisseuse. Chez
l’enfant et l’adolescent l’analyse de la corpulence est plutôt réalisée à
l’aide de courbes de référence.
Alors qu
il s
agit d
une maladie non transmissible, l
obésité est
aujourd
hui considérée comme une «
épidémie
» mondiale en raison de
sa prévalence dans presque toutes les populations. En 2016, selon
l’Organisation mondiale de la santé, 13
% de la population mondiale
adulte était obèse.
La prévalence de l’obésité en Nouvelle
-Calédonie, 38 % en
2022, significativement plus élevée que dans l’hexagone,
15 % en 2019,
reste plus importante qu’en Australie et en Nouvelle
-Zélande
(respectivement 31 % et 33 % en 2022) mais moindre que dans les
autres territoires insulaires du Pacifique sud.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
6
Les jeunes sont peu conscients d’être en surpoids ou obèses.
L’enquête «
Baromètre Santé jeune 2019
» de la Nouvelle-Calédonie
montre que seulement 4 % des jeunes de 16 à 18 ans se considèrent
beaucoup trop gros alors que la prévalence de l’obésité est de 23 % chez
les jeunes de 18 à 24 ans. Environ 15 % des jeunes de 18 à
24 ans n’ont
pas conscience de leur corpulence en 2022.
Une maladie dont les causes sont multiples
Les déterminants de l’obésité sont liés à des facteurs
individuels (perception de l’obésité selon l’individu) et à un
environnement propice au développement de l’obésité, qualifié
«
d’obésogène
», associant des facteurs socio-économiques et culturels.
En Nouvelle-
Calédonie, la communauté d’appartenance, le niveau
d’étude, le mode de vie, les habitudes alimentaires, la sédentarité et le
manque d’activités physiques ainsi que le sommeil constituent des
facteurs de risques importants. Les enquêtes réalisées montrent que
l’obésité touche davantage les populations appartenant à des
communautés polynésiennes et mélanésiennes.
La consommation de fruits et légumes est en baisse et se situe
en dessous des seuils des recommandations internationales alors que
celle de boissons sucrées est trop importante. La chambre invite le
gouvernement à revoir les mesures de régulations du marché des fruits
et légumes afin d'élargir l'offre proposée aux consommateurs et à mettre
en place un dispositif permettant de limiter la quantité de sucre ajoutée
dans les produits vendus sur le territoire.
La sédentarité et le manque d’activité physique comme de
sommeil sont aussi des facteurs propices au développement de l’obésité
qui touchent particulièrement les jeunes du fait du développement de
l’usage des écrans, des horaires scolaires et des temps de transport et de
la baisse constatée de la pratique sportive. La chambre invite le
gouvernement et les provinces à inverser ces facteurs en poursuivant
l’éducation aux écrans, le développement
de la pratique sportive et son
adaptation aux personnes obèses.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
7
Une maladie aux conséquences importantes sur le plan sanitaire,
social et économique
Les conséquences de l’obésité sont sanitaires, sociales et
économiques. En Nouvelle-Calédonie, les maladies chroniques
significativement associées au surpoids et à l
obésité sont notamment
le diabète de type II, l
hypertension et l
apnée du sommeil mais aussi
les maladies cardiovasculaires et musculosquelettiques. Au niveau
social, l’obésité a des réper
cussions sur les résultats scolaires et la
qualité de vie, que viennent aggraver la stigmatisation, la discrimination
et le harcèlement. Enfin au niveau économique, l’obésité représente un
coût élevé pour la Nouvelle-Calédonie.
La chambre a pu estimer un
premier coût direct de l’obésité en
utilisant les données de la CAFAT. Ce coût s’élève à 3,05 MdF CFP
par an. Cette première estimation représente un coût minorant de
l’obésité car il ne prend pas en compte l’ensemble des pathologies liées
à l’obésité. En
utilisant une comparaison spatiale avec la Nouvelle-
Zélande qui dispose d’une structure populationnelle approchante de
celle de la Nouvelle-
Calédonie et la France hexagonale disposant d’une
structure de soins approchante du territoire de la Nouvelle-Calédonie,
la chambre a pu estimer un coût direct et indirect de l’obésité compris
entre 10 et 35 MdF CFP par an.
Alors que l’obésité est qualifiée de «
maladie
» par l’OMS, elle
ne fait pas partie des 32 affections de longue durée en Nouvelle-
Calédonie. Un pati
ent obèse n’a donc pas d’ouverture de droit pour
cette pathologie dans le cadre du risque longue maladie. La chambre
invite le gouvernement à modifier la délibération n°280 du 19 décembre
2001 relative à la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie en ajoutant
l’obésité dans la liste des affections de longue durée pour les cas
nécessitant une prise en charge particulièrement couteuse.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
8
Malgré une identification récente en tant que priorité de santé, les
politiques de prévention restent hétérogènes et obtiennent des
résultats disparates
La politique de prévention de l’obésité repose sur la Nouvelle
-
Calédonie et les provinces. Déjà identifiée dans le plan de santé Do
Kamo arrêté par le congrès en 2016
, la prévention de l’obésité
a été
qualifiée de priorité de santé en juillet 2023. Différentes actions ont été
engagées reposant sur des programmes de prévention et des mesures
réglementaires mises en place par chaque acteur, au niveau du territoire
ou des provinces. Une taxe comportementale sur le sucre a été votée par
le congrès en 2024 afin d’inciter à la diminution de la consommation
de produits sucrés. D’autres mesures de prévention provinciales
reposent sur des actions d’éducation à une alimentation saine, le
développement
d’une activité physique adaptée
ou la lutte contre les
addictions. Cependant, ces programmes ne sont pas coordonnés entre
eux et n’ont, pour la plupart, pas fait l’objet d’une évaluation.
Les bilans disponibles pointent un manque de coordination
entre les acteurs institutionnels ainsi qu’un manq
ue de cohérence des
actions mises en œuvre, une approche fragmentée et le recours
insuffisant à certains leviers d’action (associations de femmes et
instances religieuses par exemple), un caractère pluridisciplinaire
parfois limité et
l’absence de portage
politique qui ne permet pas
d'inscrire la politique de prévention de l’obésité dans l'ensemble des
politiques publiques. La chambre estime que le territoire pourrait mieux
coordonner les différents niveaux d’action en agissant sous la forme
d’appels à projets répondant à des objectifs qu’il financerait.
La prévention de l’obésité chez les jeunes doit faire l’objet d’une
stratégie renforcée
Si les programmes mis en œuvre par l’agence sanitaire et
sociale et les provinces portent effectivement sur les causes de l’obésité
telles que les habitudes alimentaires, l’activité physique et sportive ainsi
que la sédentarité ou l’environnement lié au mo
de de vie, les actions ne
comportent, pour certaines, ni budget prévisionnel ni indicateur de
résultat. Dans ces conditions, ces programmes
n’ont pas fait l’objet
d’évaluation, ce que la chambre regrette. Elle invite à
mettre en place
des plans pluriannuels en matière de politiques de prévention de
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
9
l’obésité puis à
prévoir leur évaluation après trois années de mise en
œuvre.
L
e dépistage de l’obésité et son suivi sont réalisés de façon
inégale sur le territoire et les données recueillies ne sont pas partagées,
rendant leur l’exploitation difficile. Enfin, le parcours de soins mérite
d’être formalisé et la prise en charge spécifiée au sein d’un schéma
d’organisation sanitaire dédié. Le suivi des dépenses de prévention et
d’assurance maladie dans un sous
-objectif propre
permettra d’adapter
l’offre de soins aux besoins et de réaliser les évaluations de programmes
nécessaires à l’adaptation des politiques publiques.
A la suite de cette enquête, la chambre formule six
recommandations afin d’améliorer la performan
ce des politiques de
prévention de l’obésité mises en œuvre sur le territoire
à destination des
jeunes.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
10
RECOMMANDATIONS
Recommandation n° 1.
(Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) :
Revoir les mesures de régulations du marché des fruits et légumes afin
d'élargir l'offre proposée aux consommateurs. (échéance 2025)
Recommandation n° 2.
(Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) :
Encadrer réglementairement la quantité de sucre ajouté dans les
produits vendus en Nouvelle-Calédonie de telle sorte que celle-ci ne
soit pas supérieure à celle des produits similaires vendus dans
l’hexagone. (éch
éance 2025)
Recommandation n° 3.
(Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et
provinces)
:
Poursuivre le développement de l’éducation aux écrans et
de la pratique sportive des jeunes en facilitant l’accès au sport et
l’adaptation des pratiques pour les personnes atteintes d’obésité.
Recommandation n° 4.
(Gouvernement et provinces) : Mettre en place
des plans pluriannuels en matière de politiques de prévention de
l’obésité et procéder à leur éva
luation triennale. (échéance 2025)
Recommandation n° 5.
(agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-
Calédonie) : Recueillir systématiquement les données de santé
permettant de mesurer l’obésité, réaliser des enquêtes couvra
nt
l’ensemble des tranches d’âge et organiser une exploitation des
informations recueillies.
Recommandation n° 6.
(Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) :
Formaliser le parcours de soins relatif à la prise en charge de l’o
bésité,
dans un schéma d’organisation sanitaire et suivre les dépenses dans le
cadre des objectifs calédoniens d’évolution des dépenses d’assurance
maladie et de prévention. (échéance 2025)
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
11
PROCÉDURE
Le contrôle des comptes et de la gestion, défini
à l’article L.
262-6 du code des juridictions financières, consiste à vérifier, sur pièces
et sur place, la régularité des recettes et des dépenses,
l’emploi régulier
des crédits, fonds et valeurs et à examiner la régularité des actes de
gestion, l’économie des moyens mis en œuvre et l’évaluation des
résultats atteints par rapport aux objectifs fixés par l’organe délibérant.
Le contrôle a été mené selon les dispositions prévues par le
code des juridictions financières, précisées par le recueil des normes
professionnelles applicables aux chambres régionales et territoriales
des comptes. Trois principes fondamentaux gouvernent l’exécution des
travaux de la chambre
: l’indépendance, la contradiction et la
collégialité.
L’indépendance
institutionnelle de la chambre et
l’indépendance statutaire de ses magistrats garantissent que les
contrôles effectués et les conclusions tirées le sont en toute liberté
d’appréciation.
La contradiction
implique que toutes les observations
faites et recommandations formulées sont systématiquement soumises
aux personnes ou responsables des organismes concernés et qu’elles ne
sont rendues définitives qu’après prise en compte des réponses reçues
et, s’il y a lieu, audition. Les réponses obtenues au rapport
d’observations définitives so
nt présentées en annexe du document
publié.
La collégialité
intervient pour conclure les principales étapes de
la procédure et les observations sont examinées et délibérées de façon
collégiale par une formation comprenant au moins trois magistrats.
Le présent rapport est un rapport thématique
au sens de l’article
L. 262-74 du code des juridictions financières. Les observations
relatives aux politiques menées depuis 2019 en matière de la prévention
de l’obésité chez les jeunes par la Nouvelle
-
Calédonie, l’ag
ence
sanitaire et sociale et les provinces ont donné lieu au présent rapport
d’observations
coordonné.
Ce contrôle s’inscrit dans le cadre d’une
enquête commune des juridictions financières relative à la prévention
de l’obésité chez les jeunes de 15 à 25 a
ns en Nouvelle-Calédonie et en
Polynésie française. Les différentes étapes de la procédure sont
présentées en annexe n°1.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
12
1
UN PHENOMENE D’AMPLE
UR POUR LES JEUNES
CALEDONIENS
L’obésité est
présentée par
l’Organisation
mondiale de la santé
comme une maladie non transmissible ayant atteint le stade de
pandémie dont les conséquences sont
sanitaires ainsi qu’
économiques
et sociales. Si certains déterminants de cette maladie sont spécifiques à
la région océanienne, la connaissance des causes comme des
co
nséquences de l’obésité reste partielle en Nouvelle
-Calédonie.
1.1
Une maladie qui touche les jeunes calédoniens
L
’obésité est une maladie
chronique dont le dépistage est
complexe. Le suivi de cette maladie reste partiel en Nouvelle-Calédonie
du fait de
l’absence de centralisation des données de suivi
.
1.1.1
Une maladie dont la caractérisation est plus complexe
chez les jeunes que chez les adultes
L
obésité
est définie par l’Organisation
mondiale de la santé
comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle
pouvant nuire à la santé
1
. La cause la plus évoquée pour l’expliquer est
celle d’un dérèglement de la balance énergétique qui résulte d’apports
énergétiques trop importants couplés à des dépenses énergétiques trop
faibles
2
.
1
Obésité et surpoids. Organisation mondiale de la santé,
Obésité et surpoids
,
[En ligne] 20 Aout 2022, consulté le 21 février 2024
2
Facteurs socio-économiques, psychologiques et environnementaux de
l'obésité : vers une meilleure compréhension pour de nouvelles perspectives
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
13
L’indicateur utilisé pour mesurer l’obésité chez l’adulte est
l’indice de masse corporelle, permettant de caractériser la corpulence
.
Il est déterminé en calculant le rapport entre le poids
d’un individu et
sa taille au carré.
L’obésité, caractérisée par un indice de masse
corporelle supérieur à 30, peut être considérée comme modérée, sévère
ou morbide selon la valeur de cet indice
(l’obésité sévère est
caractérisée par un indice de masse corporelle de 35 à 40, au-delà, il
s’agit d’une obésité morbide)
. Cet indicateur reste imparfait car il ne
tient pas compte du pourcentage de masse grasse et de sa répartition
(notamment au niveau de l
abdomen ou des cuisses) qui dépend d
un
individu à l
autre et entraîne des complications différentes.
Chez l'enfant
et l’adolescent
jusqu'à 18 ans, la corpulence
variant naturellement au cours de la croissance,
les catégories d’indice
de masse corporelle définissant le surpoids et l’obésité varient selon
l’âge et le sexe
.
L’analyse de la corpulence est réalisée à l’aide de
courbes de référence, incluant des références hexagonales et
internationales. De nouvelles courbes utilisées pour le suivi de la
croissance ont été publiées dans les carnets de santé en vigueur sur le
territoire depuis le 1
er
avril 2018
3
. Celles-ci permettent un meilleur suivi
des trajectoires de croissance individuelles grâce notamment à un
nombre plus important de couloirs de croissance.
La définition
de l’obésité
pour les enfants et les adolescents ou
jeunes adultes
Selon l’
Organisation mondiale de la santé, pour les enfants de moins de
5 ans, le surpoids et l’obésité se définissent de la façon suivante
4
:
le surpoids
est un poids par rapport à la taille debout supérieur à
deux écarts-types
au-dessus de la médiane des normes de
croissance de l’enfant ;
d'action. Mas, M. Brindisi, M-C. & Chambaron, S,.s.l. : Cahiers de Nutrition
et de Diététique, , 2021, Vol. Volume 56, Issue 4, Page 208-219,.
3
Carnet de santé
en Nouvelle-Calédonie
4
Organisation mondiale de la santé,
note relative à l’obésité et au surpoids en
date du 20 août 2020
, consultée le 22 février 2024
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
14
l’obésité
est un poids par rapport à la taille debout supérieur à
trois écarts-types
au-dessus de la médiane des normes de
croissance de l’enfant.
Pour les enfants de 5 à 19 ans, le surpoids
et l’obésité se définissent :
le surpoids
est un indice de masse corporelle
pour l’âge
supérieur à
un écart-type
au-dessus de la médiane de la
croissance de référence;
l’obésité
est un indice de masse corporelle
pour l’âge supérieur
à
deux écarts-types
au-dessus de la médiane de la croissance de
référence.
Des travaux ont été initiés par la commission du Pacifique Sud
pour adapter, chez les adultes, la catégorisation de corpulence à la
morphologie de la population océanienne, en s’appuyant sur les travaux
de la
Australian Nutrition Foundation
et du
Tonga National Nutrition
Committe
. Il s’agit d’une adaptation des classes de l’indice de masse
corporelle par simple translation, les seuils de chaque catégorie étant
élevés de deux points pour les populations polynésiennes
5
.
D’autres classifications
, telles que l
e score d’Edmonton en
cours d’adaptation pour l’adulte dans l’hexagone sous l’égide de
l’association française d’étude et de recherche en obésité
6
, permettent
d
aller au-delà
de l’indicateur de masse corporelle et de prendre en
compte le retentissement de l
obésité sur la vie quotidienne et la qualité
de vie pour en déterminer la gravité et la sévérité et proposer une prise
en charge personnalisée. Plutôt que de catégoriser les individus
uniquement sur la base de données anthropométriques, ce système de
classification prend en compte la présence de facteurs de risque, de
comorbidités et de limitations fonctionnelles.
5
Courbe poids / Taille chez l’homme et la femme de 18 ans et plus
6
Sharma AM, Kushner RF.
A proposed clinical staging system for obesity
. Int
J Obes. 2009 Mar;33(3):289
95.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
15
1.1.2
Un phénomène qui touche moins la Nouvelle-Calédonie
que les autres états insulaires du Pacifique
D
après les estimations de l
Organisation mondiale de la santé,
en 2016, plus de 1,9 milliard d
’a
dultes étaient en surpoids, soit environ
39 % de la population adulte mondiale et 13 % étaient obèses. La
prévalence de l
obésité a presque triplé au niveau mondial entre 1975
et 2016. En France, en 2019, 15 % de la population est obèse, soit
environ 10 millions de personnes
7
.
Carte n° 1 :
Bilan de la p
révalence de l’obésité parmi les adultes
dans le monde établi à partir de données recueilles de 1990 à 2022.
Source : NCD Risk Factor Collaboration
Les différentes enquêtes de
l’
Organisation mondiale de la
santé
8
menées entre 2002 et 2011 dans le Pacifique montrent que le
surpoids touche plus de 50 % de la population dans de nombreux pays
et que
plus d’un tiers
de la population peut être considérée comme
obèses. En Nouvelle-
Calédonie, la prévalence de l’obésité des adultes
est évaluée à 38,4 % en 2022,
un des taux d’obésité le plus faible de la
7
DREES, Surpoids et obésité : facteurs de risques et politiques de prévention, panorama
des politiques publiques de prévention et de leurs effets, en Europe et dans le monde,
n°118, juillet 2024.
8
Tara Kessaram, Jeanie McKenzie , Natalie Girin , Adam Roth, Paula
Vivili , Gail Williams, Damian Hoy,
Non communicable diseases and risk
factors in adult populations of several Pacific Islands: results from the WHO
STEPwise approach to surveillance
,
août 2015
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
16
région avec le Vanuatu et les îles Fidji, mais en hausse de 5 points
depuis 2010 (33,3 % en 2010, 37,7 % en 2015)
9
.
Graphique n° 1 :
P
révalence de l’obésité parmi les adultes
dans les pays et territoires des îles du Pacifique.
Source : Enquêtes STEPS menées entre 2002 and 2011.
En 2022, en Australie,
la prévalence de l’obésité
était de 31,3
% (32,5 % chez les hommes et 30,2 % chez les femmes)
10
. En Nouvelle-
Zélande
, la prévalence de l’obésité
était de 32,6 % en 2022 (31,9 %
pour les hommes et de 33,4 % pour les femmes)
11
. La prévalence de
l’obésité en Nouvelle
-Calédonie, significativement plus élevée que
dans l’hexagone, reste plus importante qu’en Australie et en Nouvelle
-
9
Baromètre Santé Adulte 2010, 2015 et 2021-2022
10
Australian National Health Survey 2022-2023
11
Global
obesity
observatory,
New
Zeland
(
,
consulté
le
24
février 20224)
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
Femmes
Hommes
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
17
Zélande mais moindre que dans les autres territoires insulaires du
Pacifique sud.
1.1.3
Un phénomène dont les jeunes sont peu conscients
En 2022, l’obésité
en Nouvelle-Calédonie atteint différemment
les hommes et les femmes de 18-64 ans : elle est plus élevée chez les
femmes (42 %) que les hommes (34 %)
12
.
Graphique n° 2 :
Répartition de la prévalence de l’obésité en
Nouvelle-Cal
édonie selon l’âge et le genre
en 2022
Source : Enquête Baromètre Santé Adulte 2021-2022
La prévalence de l
obésité augmente de 28 points pour les
hommes et de 19 points pour les femmes entre les tranches d’âge de 18
-
24 ans et 45-64 ans. Pour les hommes, elle passe de 18 % chez les 18-
24 ans à 31 % chez les 25-44 ans pour atteindre 46 % chez les 45-64
ans. Parmi les femmes jeunes, la prévalence de l'obésité est déjà élevée,
atteignant 29 % chez les 18-24 ans et 42 % chez les 25-44 ans puis 48
% chez les 45-64 ans.
12
Enquête
« Baromètre Santé Adulte
» 2021-
2022 de l’
agence sanitaire et
sociale de la Nouvelle-Calédonie
18%
31%
46%
29%
42%
48%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
18-24 ans
25-44 ans
45-64 ans
Hommes
Femmes
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
18
Les jeunes sont peu conscients d’être en surpoids ou obèses
13
.
L’enquête «
Baromètre Santé jeune 2019
» de la Nouvelle-Calédonie
montre que seulement 4,4 % des jeunes de 10-18 ans se considèrent
beaucoup trop gros. La chambre a pu déterminer avec
l’
agence sanitaire
et sociale de la Nouvelle-Calédonie que ce taux est identique pour la
tranche d’âge 16
-
18 ans alors que la prévalence de l’obésité est de 23,4
% chez les jeunes de 18 à 24 ans.
Graphique n° 3 :
Perception de la corpulence des jeunes de 16-
18 ans en 2019
Source : c
hambre territoriale des comptes d’après les données du baromètre Santé jeune 2019
13
La perception de l’image corporelle est un facteur de risque important de
l’obésité. L'image corporelle est un concept multidimensionnel, intégrant des
aspects psychologiques et socioculturels. Deux types de perturbation de
l'image corporelle peuvent être identifiées : les troubles perceptifs et les
troubles attitudinales. Les troubles perceptifs sont ceux liés à une mauvaise
estimation du corps, tandis que les perturbations attitudinales révèlent une
insatisfaction avec son propre corps, quel que soit son aspect. L'insatisfaction
corporelle à l'adolescence a été corrélé à un gain de poids excessif dans les
années suivantes mais aussi avec des comportements nocifs tels que des crises
de boulimie, des régimes alimentaires, la diminution de l'activité physique et
des comportements de contrôle du poids.
4,60%
22,7%
56,20%
3,50%
13,00%
3,20%
20%
60,50%
3,60%
12,70%
4,20%
18,80%
54,80%
5,40%
16,80%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Beaucoup
trop gros
un peu trop
gros
A peu près
au bon
poids
Beaucoup
trop maigre
Un peu trop
maigre
Province Sud
Province Nord
Province des îles
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
19
En exploitant les données de l’enquête baromètre Santé 2021
-
2022 sur les jeunes adultes correspondant à la tranche d’âge 18
- 24 ans,
l’agence sanitaire et soc
iale et la chambre territoriale des comptes ont
pu déterminer que 33 % des jeunes adultes, de 18-24 ans se perçoivent
un peu ou beaucoup trop gros
en 2022 alors que 47,1 % d’entre eux sont
en surpoids ou obèses (23,7 % en surpoids et 23,4 % d’obèses). Envi
ron
15 % des jeunes de 18-
24 ans n’ont pas conscience de leur corpulence
en 2022.
L’évolution de la comparaison entre le surpoids ou l’obésité
déclarée et mesurée des jeunes de 18-24 ans en 2015
14
(41 % de
surpoids ou d’obésité déclarés pour 48 % de mesurés
) et 2022 (33 % de
surpoids ou d’obésité déclarés pour 47,1 % de mesurés) montre que les
jeunes de 18-24 ans sont de moins en moins conscients en sept ans de
la perception de leur corpulence.
CONCLUSION INTERMÉDIAIRE
L
obésité
est définie par l’Organisation
mondiale de la santé
comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle
pouvant nuire à la santé. Son dépistage chez les jeunes est délicat car
l’indicateur le plus couramment utilisé pour la mesurer est l’in
dice de
masse corporelle qui est mal adapté aux différentes
catégories d’âge et
à l’
évolution de la répartition corporelle de la masse graisseuse. Chez
l’enfant et l’adolescent l’analyse de la corpulence est
plutôt réalisée à
l’aide de courbes de référence
.
Alors qu
il s
agit d
une maladie non transmissible, l
obésité est
aujourd
hui considérée comme une « épidémie » mondiale en raison de
sa prévalence dans presque toutes les populations. En 2016, selon
l’Organisation mondiale de la santé,
13 % de la population mondiale
adulte était obèse.
La prévalence de l’obésité en Nouvelle
-Calédonie, 38,4 % en
2022, significativement plus élevée que dans l’hexagone,
15 % en 2019,
est
plus
importante
qu’en
Australie
et
en
Nouvelle
-Zélande
(respectivement 31,3 % et 32,6 % en 2022) mais moindre que dans les
autres territoires insulaires du Pacifique sud.
14
Baromètre Santé Adulte 2015
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
20
Les jeunes calédoniens
sont peu conscients d’être en surpoids
ou obèses. Seulement 4,4 % des jeunes de 16-18 ans se considèrent
beaucoup trop gros alors que la
prévalence de l’obésité est de 23,4 %
chez les jeunes de 18 à 24 ans. Environ 15 % des jeunes de 18-24 ans
n’ont pas conscience de leur corpulence.
1.2
Des déterminants multiples
Les déterminants de l’obésité sont liés à des facteurs
individuels et à un environnement qualifié «
d’obésogène
», associant
des facteurs socio-économiques et culturels propices au développement
de
cette
maladie.
En
Nouvelle-Calédonie,
la
communauté
d’appartenance, le niveau d’étude, le mode de vie, les habitudes
alimentaires, la sédentarité et le manque d’activités physiques ainsi que
le sommeil constituent des facteurs de risques importants.
1.2.1
L’environnement soc
io-économique et culturel
La région océanienne subit une transition socio-économique et
culturelle qui bouleverse le mode de vie des populations insulaires et
impacte leur santé.
La propension culturelle au surpoids et l’abondance
de la disponibilité alimentaire font partie des facteurs de la
surconsommation alimentaire.
L’économie
moderne a favorisé la
consommation de nourriture d’importation à base de produits gras,
sucrés et de produits carnés industriels à bas prix, laquelle s’ajoute la
nourriture traditionnelle de type océanien très largement fondée sur des
féculents.
La prévalence de l’obésité en Nouvelle
-Calédonie varie en
fonction de la communauté d’appartenance.
Les enquêtes réalisées
montrent que l’obésité touche davantage les populations appartena
nt à
des communautés polynésiennes et mélanésiennes (69 % des hommes
et 79 % des femmes de la communauté polynésienne et 33 % des
hommes et 50 % des femmes de la communauté mélanésienne sont
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
21
concernés
15
). L
es taux d’obésité des enfants d’origine polynésienn
e
(25,1%) sont plus élevés que ceux de la population mélanésienne
(22,1 %)
16
.
Graphique n° 4 :
Répartition de l’obésité selon la communauté
d’appartenance en Nouvelle
-Calédonie chez les adultes 18-64
ans en 2021
Source : enquête Baromètre Santé Adulte 2021-2022
La répartition des communautés varie fortement en fonction de
la province de résidence. La communauté mélanésienne représente
presque 90 % de la population dans les îles Loyauté, 72 % en province
Nord et 35 % dans la province Sud. Les européens et polynésiens sont,
quant à eux, plus présents en province Sud (respectivement 30 % et 13
% de la population en province Sud).
Le taux de prévalence de l’obésité
est plus important en province des îles Loyauté que pour les autres
provinces pour les populations mélanésiennes, polynésiennes et métis.
L’environnement socio
-économique (analysé au travers du
revenu mensuel et du niveau d’étude et des références culturelles) est
un autre
facteur important dans la prévalence de l’obésité en Nouvelle
-
Calédonie et touche différemment les communautés.
L’effet «
revenu
»
et
«
niveau
d’étude
»
sur
l’obésité
joue
différemment
selon
15
Agence sanitaire et sociale, enquête «
Baromètre Santé Adulte
», 2021-2022
16
Tubert-Jeannin S., Pichot H., Rouchon B., et al.,
Common risk indicators for
oral diseases and obesity in 12-year-olds: a South Pacific cross sectional
study
, BMC Public Health, 2018.
26%
69%
33%
34%
31%
19%
79%
50%
40%
23%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Hommes
Femmes
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
22
l’appartenance de l’individu à une communauté et son rapport socio
-
culturel à la nourriture :
parmi les personnes d’origine européenne, l’obésité
touche
principalement
les
personnes
(25,9
%
d’hommes et 18,2 % de femmes) ayant un niveau
socio-
économique faible (plus d’une personne sur trois
vivant avec moins de 300 000 F CFP par mois) ou très
faible (un quart des personnes vivant avec moins de
150 000 F CFP par mois) ou
un niveau d’étude
secondaire (niveau BAC).
parmi les personnes d’origine mélanésienne, l’obésité
touche principalement les personnes (un tiers des
hommes et la moitié des femmes) ayant un niveau
socio-économique élevé ou très élevé (plus de la moitié
des personnes ayant un revenu supérieur à 300 000 F
CFP par mois) ou
un niveau d’étude primaire (59,4
%
des personnes).
parmi les personnes d’origine polynésienne, l’obésité
touche plus de la majorité des personnes (un peu plus
de deux tiers des hommes et 8 femmes sur 10) à tous
les niveaux socio-économiques (plus de 7 personnes
sur 10 pour ceux ayant un revenu inférieur à 300 000 F
CFP par mois et plus de 9 personnes sur 10 pour un
revenu supérieur à 300 000 F CFP par mois), à tous les
niveaux d
’étude.
parmi les personnes d’origine métis, l’obésité touche
principalement les personnes (34,2
% d’hommes et
39,5 % de femmes) ayant un niveau d’étude primaire
(92,4 %),
indépendamment
du
niveau
socio-
économique.
Tableau n° 1 :
Tableau n°1 : Répartition du taux de prévalence
de l’obésité selon la communauté d’appartenance, la tranche
d’âge, le niveau d’étude et le revenu mensuel en 2022
Européens
Mélanésien
Polynésien
Métis
Sexe
Homme
25,9%
33,2%
69,2%
34,2%
Femme
18,2%
49,5%
79,1%
39,5%
Province
Sud
22,6%
39,4%
74,8%
35,7%
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
23
Européens
Mélanésien
Polynésien
Métis
Nord
22,3%
43,8%
70,4%
43,8%
Iles
18,6%
45,2%
88,8%
74,2%
Tranche d'âge
[18,24]
15,1%
20,8%
54,1%
12,8%
[25,44]
20 %
38,9%
78,5%
38,9%
[45,64]
26,3%
57,5%
80,2%
46,6%
Niveau d’étude
Primaire
12,1%
59,4%
79,9%
92,4%
Secondaire ou
BAC
32,7%
39,8%
72,6%
41,4%
Supérieur
16,2%
41,4%
81,1%
20,5%
Revenu
mensuel
Moins de 150
000F
23,1%
36,4%
77,1%
30,5%
De 150 000F a
299 000F
34,4%
41,3%
70,5%
43,8%
De 300 000F a
599 000F
21,4%
59,5%
93,3%
37%
600 000F et
plus
23%
57%
98,3%
32,1%
Source : enquête Baromètre Santé Adulte 2021-2022
Parmi la tranche d’âge des 18
-24 ans, ce sont les polynésiens
(54,1 %) puis les mélanésiens (20,8 %) qui sont le plus touchés par
l’obésité
.
1.2.2
Les comportements alimentaires
L’enquête
«
budget des familles 2019-2020
» de l’institut de la
statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie indique
que le territoire ainsi que Mayotte et la Polynésie Française ont une
structure de consommation des ménages similaire, dominée par la part
consacrée à l’alimentaire, suivi du transport puis du logement.
Les
autres départements et territoires d’outre
-
mer placent l’alimentaire en
deuxième privilégiant le transport ou le logement. Enfin, la Nouvelle-
Calédonie affiche une part allo
uée aux dépenses d’alcool et de tabac
supérieure à tous les départements et territoires ultramarins.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
24
Le territoire de Nouvelle-Calédonie est caractérisé par la
coexistence d’un mode de vie occidental en environnement urbain et
d’un mode de vie rural.
Le dé
clin de l’agriculture au profit des activités
tertiaires, ainsi que l’équipement des ménages en véhicule automobile,
ne sont pas sans effet sur l’évolution de l’obésité, notamment auprès
des catégories sociales les plus modestes.
Le mode de vie urbain concerne une grande partie de la
population, localisée en province Sud ou dans les agglomérations les
plus importantes de province Nord. De manière constante depuis la
précédente enquête réalisée en 2008, les trois principaux postes de
dépense représentant plus de la moitié de celle-ci sont la restauration
hors domicile, le pain et les céréales puis la viande
17
.
En 2021, 77 % des jeunes de 18 à 24 ans consomment
quotidiennement des pâtes et du riz blanc et 48 % d’entre eux
consomment des produits préparés très salés.
Enquête Budget des Familles en Nouvelle-Calédonie
Les enquêtes «
Budget des familles
»
, réalisées par l’ISEE en Nouvelle
-
Calédonie, tous les cinq ans environ, fournissent une estimation de la
consommation moyenne des différents biens et services par les ménages.
Elles visent principalement à mesurer des disparités de consommation et à
actualiser les pondérations de l’indice des prix à la consommation.
L’enquête réalisée entre mars 2019 et mars
2020 fait suite aux deux
dernières enquêtes réalisées en 1991 et 2008. Elle est co-financée par le
gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, la province Nord, la province Sud
et
l’Office des postes et télécommunications
.
L’
enquête montre que les ménages calédoniens consacrent en 2019 près de
23,9 % de leur budget à la consommation alimentaire au sens large c’est
-à-
dire en incluant les boissons, la restauration et les consommations hors
domicile. Le poids de la consommation alimentaire au sein du budget des
ménages a progressé de près de 3 points entre 2008 et 2019.
Avec un niveau de dépense de consommation mensuelle moyenne
par individu s’élevant à 176
050 FCFP en 2019, supérieure à celui de
17
Enquête Budget des Familles en Nouvelle-
Calédonie réalisée par l’ISEE
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
25
Mayotte, de la Polynésie française et de la Guyane, la Nouvelle-Calédonie
affiche un montant proche des autres départements ultramarins.
La part de la consommation alimentaire hors domicile (restauration
et plats à emporter) dans le budget de la dépense totale d’alimentation a
progressé de 75 % entre 2008 et 2019 (les restaurants et plats à emporter
représentaient 2,9 % du budget d’alimentation en 2008 et 5,1 % en 2019).
La restauration hors domicile, qu’elle soit consommée sur place ou
à emporter, représente la principale dépense alimentaire des ménages
calédoniens. Près d’un ci
nquième du budget alimentaire est dépensé en
premier lieu dans les restaurants mais aussi les bars, nakamals
18
, snacks ou
autres points de vente proposant des services de traiteur à emporter
(magasins, services de gamelles…). Les achats du type «
barquettes
» et
plats préparés à emporter représentent 4,3 % du budget alimentaire et
illustrent un style de vie de plus en plus porté vers l’extérieur ou nécessitant
moins de préparation et un dynamisme de ce secteur dont la dépense par
individu double entre 2008 et 2019.
Le deuxième poste de la dépense alimentaire est consacré au pain
et aux céréales comprend les pâtes et le riz (15,5 % de la dépense). Le pain
domine largement cette catégorie avec une consommation qui reste stable
par rapport à 2008. Il est consommé par plus de 75 % des ménages à hauteur
de plus de 60 000 unités par jour (baguette, pain, boule, etc.).
Les autres produits de boulangerie du type viennoiseries et
pâtisseries ainsi que les gâteaux secs viennent compléter cette catégorie.
Les autres préparations pâtissières regroupent essentiellement les
sandwichs et autres préparations prêtes à consommer du type pizza, quiche,
nems, etc.
Après le pain, le riz reste le féculent préféré des ménages, et sa
consommation augmente de près de 20 % en francs constants depuis 2008,
encouragé par une baisse des prix sur la période. En 2019 un peu plus de 3
kg par individu sont consommés chaque mois. Moins plébiscitées mais en
nette progression, les pâtes représentent la moitié du riz aussi bien en
termes de quantité consommée que de budget consacré.
Enfin, la viande représente en 2019 la troisième classe de
consommation de produits alimentaires avec 14,3 % du budget total
18
Le nakamal est un espace communautaire de sociabilité masculine où l’on
consomme le kava, boisson enivrante réalisée à partir d’une décoction de
racines de poivrier.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
26
alimentation. La dépense en viandes de volaille et
bœuf
, très appréciées en
Nouvelle-Calédonie, reste importante mais marque un léger recul au profit
de produits de la viande transformés comme le jambon, le saucisson ou les
saucisses mais aussi les
œufs
.
1.2.2.1
Une consommation de fruits et légumes en dessous
des seuils des recommandations internationales.
La consommation de fruits et légumes a diminué, entre 2005 et
2022 en Nouvelle-Calédonie.
Graphique n° 5 :
Evolution de la consommation de fruits et
légumes en Nouvelle-Calédonie
Source : synthèse agricole, direction des affaires vétérinaires, agricoles et rurales
Entre 2019 et 2022, la consommation annuelle de fruits par
habitant a baissé de 7 kg par habitant et par an et celle de légumes de
10 kg par habitant et par an
19
. Selon la direction des affaires
vétérinaires, agricoles et rurales, la diminution de la consommation de
19
Ces statistiques sont à interpréter avec précaution car elles incluent les
pommes de terre, les squashs, les bananes poingo et les tubercules tropicaux
que l’OMS ne comptabilise pas dans la catégorie des légumes dans ses
recommandations alimentaires
20
25
30
35
40
2000
2005
2010
2015
2020
kg/habitant
Comsommation légumes moyenne (kg/hab)
Comsommation fruits moyenne (kg/hab)
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
27
fruits et de légumes doit être tempérée par la prise en compte de
l’autoconsommation
20
. Depuis 2019, celle-ci reste stable à près de 40
kg par habitant et par an de fruits et de légumes
21
.
La recommandation
de l’Organisation mondiale de la santé de
consommer au moins cinq portions de fruits ou de légumes (hors
tubercules) par jour
22
n’est pas suivie en Nouvelle
-Calédonie : la
consommation de fruits ou de légumes des calédoniens
n’est que de 2,5
portions en moyenne par jour selon le baromètre santé adulte 2021-
2022. La proportion de calédoniens consommant suffisamment de
portions de fruits et légumes par jour est de seulement 10 %. Les
habitants des îles Loyauté consomment en moyenne 3,3 portions de
fruits et de légumes par jour contre 3 portions dans la province Nord et
2,3 portions dans la province Sud.
Les jeunes calédoniens consomment en moyenne 2,5 portions
de fruits et de légumes par jour.
Un tiers des jeunes consomment au
moins une portion par jour
23
.
Une des raisons possibles de la baisse de consommation de
fruits et de légumes réside, pour la consommation de produits
commercialisés, dans leur prix, lui-même lié aux protections
spécifiques sur ces marchés.
L’autorité de la concurrence, dans son avis n°
2018-A-10 du 10
décembre 2018 sur l’avant
-projet de loi du pays portant régulation du
marché et diverses dispositions d’ordre économique et fiscale note que
:
«
le secteur agricole compte, dans la seule filière fruits, légumes et
fleurs, 88 tarifs douaniers sous mesures quantitatives (STOP ou quotas)
correspondant à 80 catégories de produits couvrant une grande partie
des fruits, légumes et fleurs. Parmi ces produits, 74 % sont protégés par
des quotas (QTOP) et 26 % par des mesures d’interdiction (STOP).
Dans le secteur des fruits et légumes en particulier, le système de
20
L’a
utoconsommation consiste à utiliser sa production en priorité pour sa
consommation propre
21
Direction des affaires vétérinaires, agricoles et rurales, synthèse des activités
agricoles 2022.
22
Organisation
mondiale
de
la
santé,
alimentation
saine
,
(
, consulté le
21 février 2024)
23
Baromètre santé adulte 2021-2022
de l’agence sanitaire et sociale de
Nouvelle-Calédonie
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
28
contingentement a, par ailleurs, contribué à la raréfaction des produits
offerts aux consommateurs et à l’augmentation anormale des prix entre
2010 et 2016 (+14 % pour les légumes et + 44 % pour les fruits alors
que l’indice des prix à la consommation hors tabac était de 6 % sur la
période)
»
L’autorité de la
concurrence souligne la volatilité des prix des
fruits et légumes tout au long de l’année et des prix élevés comparés à
la Polynésie française ou la métropole. Dans son avis n°2018-A-04 du
23 juillet 2018 relatif à l’organisation de la filière fruits et légumes,
l’autorité de la concurrence propose une série de dix recommandations
visant à faire évoluer la régulation mise en place par les pouvoirs
publics.
Elle propose, entre-autre deux recommandations :
r
ecommandation n° 1 : « Réévaluer chacune des
protections quantitatives accordées sur les fruits et
légumes dans le programme annuel d’importation au
regard de sa contribution au progrès économique, et,
le cas échéant, supprimer progressivement celles qui
ne seraient plus justifiées ».
recommandation n° 2 : «
Confier à l’Agence rurale le
soin d’établir une programmation annuelle de la
production locale tenant compte de la saisonnalité des
fruits et légumes lui permettant de fixer, à l’avance, une
période de levée totale des quotas durant la saison
pendant laquelle la production locale de légumes est à
son minimum afin de lutter contre le risque de pénurie
et d’envolée des prix.
»
La chambre note que les mesures de protection de marché sont
toujours en place en juin 2024. Elle recommande au gouvernement de
la Nouvelle-Calédonie de revoir les mesures de régulations du marché
des fruits et légumes afin d'élargir l'offre proposée aux consommateurs
afin qu’il dispose
de produits variés et moins chers tout au long de
l'année.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
29
Recommandation n° 1.
(Gouvernement
de
la
Nouvelle-
Calédonie) : Revoir les mesures de régulations du marché des fruits
et légumes afin d'élargir l'offre proposée aux consommateurs.
(échéance 2025)
1.2.2.2
Une consommation quotidienne et excessive de
boissons sucrées par rapport aux recommandations
de l
organisation mondiale de la santé.
L’
Organisation mondiale de la santé
indique qu’une baisse de
la consommation de boissons sucrées a pour effet une réduction de
l’apport
en sucres libres et
de l’apport calorique global, une meilleure
nutrition et un recul du nombre de cas de surpoids et d’obésité
24
. Elle
recommande une consommation limitée de sucres libres
25
(sucres
ajoutés, sucre dans les jus de fruits, les gâteaux et pâtisseries etc.) à
10 % des apports caloriques, sans distinction entre les enfants et les
adultes et préconise de ramener l’apport en sucres libres à moins de 5
% de l’apport énergétique dans le cadre de la promotion d’une
alimentation saine
26
. Pour un adulte
disposant d’
un apport moyen de 2
000 Kcal, la limitation à 10 % de l’apport énergétique représente 50
g
par
jour et la préconisation à 5 % de l’apport énergétique correspond à
25 g par jou
r. A titre d’exemple,
u
ne canette de soda en contient jusqu’à
40 g de sucres libres. La consommation moyenne de sucre dans
l’hexagone est de 11,5
% des apports caloriques (58 g/j). Elle s’élève à
10,5 % des apports caloriques (51 g/j) chez les adultes et à 15 % des
24
Organisation mondiale de la santé, communiqué de presse du 11 octobre
2016
, L’OMS préconise l’application de mesures au niveau mondial pour
réduire
la
consommation
de
boissons
sucrées
(
curtail-consumption-and-health-impacts-of-sugary-drinks
,
consulté
le
21
février 2024)
25
Les
sucres libres
sont définis comme étant les sucres ajoutés aux aliments et
aux boissons, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les
sirops, les jus de fruits et les concentrés de jus de fruits.
26
Organisation mondiale de la santé, communiqué de presse du 4 mars 2015,
L’OMS appelle les pays à réduire l’apport en sucres chez l’adulte et l’enfant
(
reduce-sugars-intake-among-adults-and-children
, consulté le 21 février 2024)
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
30
apports caloriques (67 g/j) chez les enfants
27
. Ces données ne sont pas
disponibles pour la Nouvelle-
Calédonie selon l’agence sanitaire et
sociale.
En Nouvelle-Calédonie, la proportion de jeunes de 18-24 ans
consommant quotidiennement des boissons sucrées a augmenté depuis
2015 : elle est passée de 41 % en 2015 à 59 % en 2022
28
.
L’agence
sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie en partenariat avec la
Communauté du Pacifique Sud a fait réaliser une étude qualitative sur
la consommation de boissons
sucrées en date d’avril 2022, destinée à
comprendre l’ensemble des facteurs influençant ce comportement
alimentaire. Cette enquête sociologique de terrain a permis d’identifier
les freins
29
et leviers d’adhésion ou d’intervention
30
qui pourraient
permettre de diminuer la consommation de boissons sucrées chez
certains groupes d’individus.
La comparaison menée par la chambre sur la teneur en sucre de
plusieurs boissons montre que certaines contiennent plus de sucre en
Nouvelle-Calédonie
que dans l’hexagone.
Tableau n° 2 :
Teneur en sucre de certaines boissons en
Nouvelle-Calédonie pour 100 ml
Nouvelle-Calédonie
Hexagone
Fanta Orange
4,5 gr
6,5 gr
27
CREDOC, enquête CCAF 2019
28
Baromètre Santé Adulte 2021-2022. Les données de 2022 comprennent aussi
la consommation de thé et café sucré ;
ce qui n’est pas le cas concernant celles
de 2015.
29
Notamment l’addiction à la boisson sucrée, les habitudes alimentaires et leur
dépendance à certains aspects de l’environnement et/ou états émotionnels,
l’accessibilité de la boisson sucrée dans un environnement économique par
ailleurs
difficile,
un
modèle
alimentaire
océanien
favorable
à
une
surconsommation de boissons sucrées, un rapport à la santé reflétant l’absence
de préoccupation des conséquences du comportement alimentaire à long-
terme, une représentation de la boisson sucrée comme geste d’hospitali
té et
moment de convivialité, l’utilisation de la boisson sucrée comme récompense
et la distinction entre les boissons sucrées.
30
Tels que la parentalité, la tradition et le modèle alimentaire vivrier, le budget,
l’estime de soi, la peur de la maladie, le
plaisir, la valorisation par le regard des
autres, la norme de minceur.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
31
Nouvelle-Calédonie
Hexagone
Schweppes Indian Tonic
8,9 gr
4,4 gr
Coca-Cola
10,6 gr
10,6 gr
Pepsi
7,00 gr
4,6 gr
Orangina
9,5 gr
9,7 gr
Tulem
9,7 gr
-
Jus de pomme - Oro - 1 L
9,7 gr
-
Bière Number One - GBNC - 50cl
0,05 gr
-
Source : c
hambre territoriale des comptes d’après
un échantillon de relevés effectués en grandes
surfaces et sur les sites internet (gnbnc.nc, lefroid.nc, fr.openfoodfacts.org/produit/)
La loi n° 2013-453 du 3 juin 2013 visant à garantir la qualité de
l'offre alimentaire en outre-mer, qui
n’a pas été étendue
en Nouvelle-
Calédonie, prévoit que la quantité de sucre ajoutée dans les produits
vendus en outremer ne doit pas être plus importante que celle de
produits identiques commercialisés dans l
hexagone. La direction
générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes
a vérifié, en 2021, l’application des dispositions de la loi
relatives
aux
quantités de
sucres ajoutés
dans
les
boissons
rafraichissantes sans alcool vendues dans les départements ultramarins.
Les résultats montrent que ce dispositif est connu des professionnels et
qu’il est globalement bien respecté
31
.
La chambre recommande au territoire de mettre en place un
dispositif analogue à la loi du 3 juin 2013 permettant de limiter la
quantité de sucre ajouté dans les produits vendus en Nouvelle-
Calédonie et orientée notamment sur les produits consommés
majoritairement par les jeunes 15 à 25 ans. Les recettes qui pourront
être perçues de cette mesure participeront au financement des actions
de prévention
de l’obésité chez les jeunes.
31
Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes,
Résultats de l'enquête de la DGCCRF sur le respect des
dispositions prévues par la loi Lurel dans le secteur des boissons
rafraichissantes
(
de-la-dgccrf-sur-le-respect-des-dispositions-prevues-par-la-loi-lurel
, consulté
le 21 février 2024)
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
32
Recommandation n° 2.
(Gouvernement
de
la
Nouvelle-
Calédonie) : Encadrer réglementairement la quantité de sucre ajouté
dans les produits vendus en Nouvelle-Calédonie de telle sorte que
celle-ci ne soit pas supérieure à celle des produits similaires vendus
dans l’hexagone
. (échéance 2025)
1.2.3
La sédentarité et le manque
d’activité physique et de
sommeil
En 2022, en Nouvelle-Calédonie, le pourcentage de jeunes de
18 à 24 ans ne suivant pas les recommandations de l’Organisation
mondiale de la s
anté en matière d’activité physique est de 13,1 %. Ce
taux passe à 12 % pour les adultes des 18-64 ans en 2022 (13 % en
province Sud, 11,5 % en province Nord et 6 % aux îles Loyauté). Les
femmes de 18-64 ans sont plus nombreuses que les hommes à ne pas
faire assez d’activité physique (15 % contre 9,5 % chez les hommes)
32
.
Recommandati
ons de l’Organisation mondiale de la santé sur
l’activité physique
et la sédentarité
33
Les enfants et les adolescents de 5 à 17 ans :
devraient consacrer en moyenne 60 minutes par jour à une
activité physique d’intensité modérée à soutenue,
principalement d’endurance, tout au long de la semaine
;
d
evraient pratiquer des activités d’endurance d’intensité
soutenue, ainsi que celles qui renforcent le système musculaire
et l’état osseux, au moins trois fois par semaine.
et le temps de sédentarité devrait être limité, en particulier le
temps de loisir passé devant un écran.
32
Baromètre Santé Adulte 2021-2022
33
Organisation mondiale de la santé, activité physique, 5 octobre 2022
(
,
consulté le 21 février 2024).
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
33
Les adultes de 18 à 64 ans :
a.
devraient consacrer au moins 150 à 300 minutes par semaine à
une activité d’endurance d’intensité modérée
;
b.
ou pratiquer au moins
75 à 150 minutes d’activité d’endurance
d’intensité soutenue
; ou une combinaison équivalente
d’activités d’intensité modérée et souten
ue tout au long de la
semaine ;
c.
devraient pratiquer deux fois par semaine ou davantage des
activités de renforcement musculaire
d’intensité modérée ou
supérieure - qui sollicitent les principaux groupes musculaires -
celles-ci procurant des bienfaits supplémentaires pour la santé ;
d.
peuvent porter à plus de 300 minutes
la pratique d’une activité
d’endurance d’intensité modérée ; ou pratiquer plus de 150
minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue ; ou une
combinaison équivalente d’activités d’intensi
té modérée et
soutenue tout au long de la semaine, afin d’en retirer
des bienfaits supplémentaires pour la santé ; et
o
devraient limiter leur temps de sédentarité en la
remplaçant par une activité physique qui, quelle qu’en
soit l’intensité (y compris légèr
e) est bénéfique pour la
santé ;
o
devraient tous s’efforcer de dépasser les niveaux
recommandés d’activité physique d’intensité modérée
à soutenue afin d’amoindrir les effets néfastes d’un
niveau de sédentarité élevé.
Les recommandations
de l’organisation
mondiale de la santé
concernant les adolescents fixent le seuil de sédentarité devant un écran
à deux heures par jour
34
. Le temps passé devant un écran en Nouvelle-
Calédonie est souvent associé à la sédentarité. La plupart (97,5 %) des
jeunes de 18-24 ans déclarent passer du temps devant un écran en
dehors du travail, en moyenne 3h50 par jour devant un écran. Cette
durée diminue avec l’âge. Les
adultes de 25-44 ans et de 45-64 ans
34
Organisation mondiale de la santé, santé mentale des adolescents, 17
novembre
2021
(
sheets/detail/adolescent-mental-health
, consulté le 21 février 2024)
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
34
passent respectivement en moyenne 2h40 et 2h 20
35
par jour devant un
écran.
Le temps passé devant les écrans peut aussi avoir pour
conséquence un manque de sommeil, alors que celui-ci joue un rôle
prépondérant dans la prévention
de l’obésité. En effet, lorsque le
sommeil n’est pas optimal, la dépense énergétique est affectée
36
. La
National Sleep Foundation
37
, une organisation américaine à comité
scientifique qui encourage le public à comprendre le sommeil et ses
troubles, a actualisé en 2023 les durées de sommeil idéales en fonction
de l'âge. Ainsi, elle conseille à un enfant de dormir 9 à 12 heures et à
l'adulte d'avoir au moins 7 heures de sommeil. Les français dorment en
moyenne 6 h 42 (contre 6 h 57 en 2019 et 6 h 58 en 2023), et 7 h 25
pendant le week-end ou les congés (contre 8 h 14 en 2019 et 7 h 40 en
2023)
38
.
En Nouvelle-Calédonie, le rythme scolaire peut limiter la durée
du sommeil pour certains adolescents. Les adolescents des zones rurales
et périurbaines en Nouvelle-
Calédonie se réveillent très tôt, car l’école
commence entre 7h et 7h30. Lorsque le temps de transport scolaire est
pris en compte, la durée du sommeil est de facto réduite, avec des heures
de réveil entre 5h et 5h30, voire plus tôt chez certaines familles. À ces
rythmes observés lors d’une journée scolaire typ
e
, s’ajoute le mode de
vie contemporain à la maison le soir (regarder les médias, passer du
35
Baromètre Santé Adulte 2021-2022
36
Le lien entre le manque de sommeil et l’obésité peut s’exp
liquer par la
perturbation des hormones du sommeil et du métabolisme causé par le manque
de sommeil. Les individus manquant de sommeil ont un niveau plus élevé de
cortisol (une hormone de stress qui est reliée au gain de poids) et de ghréline
(une hormone
qui stimule l’appétit et augmente le désir de manger). De plus,
le manque de sommeil mène à une réduction de l’hormone leptine, qui
habituellement dicte au cerveau que l’on a plus d’appétit, ce qui rend difficile
de savoir quand s’arrêter de manger. Les pe
rsonnes ont tendance à davantage
manger, ce qui accroît l’apport énergétique, en particulier lorsque les aliments
consommés sont pauvres en nutriments et riches en sucres ou en graisses.
37
we-really-need
38
Enquête INSV/Fondation Vinci Autoroutes menée par OpinionWay et
dévoilée à l'occasion de la 24e Journée du sommeil, en semaine
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
35
temps devant les écrans, etc.), qui peut aussi altérer la qualité et réduire
le temps de sommeil
39
.
L’Organisation
mondiale de la santé a défini en 2013 des
objectifs différenciés d’activité physique recommandés en fonction des
âges de la vie et a lancé son «
Plan d’action mondial de l’OMS pour
l’activité physique et la santé 20
18-2030 : des personnes plus actives
pour un monde plus sain
».
Dans l’hexagone, la
stratégie nationale sport
santé 2019-2024
40,
co-
pilotée pour l’essentiel par le ministère des
sports
et le ministère des solidarités et de la santé, est principalement axée sur
la promotion d’une activité physique satisfaisante pour tous les groupes
de population, avec un accent particulier pour les groupes les plus
vulnérables.
En 2018, le nombre d’équipements sportifs pour 10
000
habitants en Nouvelle-Calédonie est inférieur à celui de la moyenne
française et comparable à celui de la Polynésie-Française (38,7 et
équipements sportifs pour 10 000 habitants en Nouvelle-Calédonie
contre 35,7 en Polynésie française et 46,3 en moyenne en France)
41
.
Tableau n° 3 :
Nombre d’équipements sportifs
pour 10 000
habitants en 2018
Territoires
Nombres
d’équipements
sportifs
Nouvelle-Calédonie
38,7
Polynésie française
35,7
Réunion
33,4
Martinique
26,7
39
Laboratoire interdisciplinaire de recherche en éducation, cultures et
comportements alimentaires de la jeunesse dans les pays francophones du
Pacifique au XXI
ème
siècle : exemple de la Nouvelle-Calédonie
40
Stratégie
nationale
sport
santé
2019-2024
(
,
consultée le 21 février 2024)
41
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
36
Territoires
Nombres
d’équipements
sportifs
Guyane
29,3
Guadeloupe
31,0
Source : Injep, recensement des équipements sportifs janvier 2018 ; Insee, populations
municipales de référence au 1
er
janvier 2016, recensement de la population.
Par délibération n° 396 du 20 février 2019, le congrès a adopté
un plan stratégique de la pratique sportive en Nouvelle-Calédonie. Ce
plan comprend quatre axes : la gouvernance du sport, l’activité
physique et sportive vecteur de développement social de la santé, le
sport vecteur de développement territorial et l’accès au sport de haut
niveau. Cependant, la pratique sportive
n’a pas progressé. Entre 2019
et 2023, le nombre total de licenciés a diminué de 16 % et le nombre de
licenciés scolaires de 41 %.
Graphique n° 6 :
Evolution du nombre de licenciés en Nouvelle-
Calédonie
Source : ISEE, données relatives au sport
La chambre recommande au gouvernement de la Nouvelle-
Calédonie et aux provinces de poursuivre le développement de
0
10 000
20 000
30 000
40 000
50 000
60 000
70 000
80 000
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
Total licenciés sport scolaire
Total licenciés par activité
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
37
l’éducation aux écrans
et de l
’activité phy
sique adaptée en facilitant
notamment l’accès au sport pour les jeunes et l’adaptation de la pratique
sportive pour les personnes atteintes
d’obésité
.
Recommandation n° 3.
(Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
et provinces) :
Poursuivre
le développement de l’éducation aux
écrans et de la pratique sportive des jeunes en
facilitant l’accès au
sport et l’adaptation des pratiques pour les personnes
atteintes
d’obésité.
CONCLUSION INTERMÉDIAIRE
Les déterminants de l’obésité sont liés à des facteurs
individuels (perception de l’obésité selon l’individu) et à un
environnement propice au développement de l’obésité, qualifié
«
d’obésogène
» associant des facteurs socio-économiques et culturels.
En Nouvelle-
Calédonie, la communauté d’appartenance
(notamment
les communautés polynésiennes et mélanésiennes)
, le niveau d’étude,
le mode de vie, les habitudes alimentaires, la sédentarité et le manque
d’activités physiques ainsi que le sommeil constituent des facteurs de
risques importants. La consommation de fruits et légumes est en baisse
et se situe en dessous des seuils des recommandations internationales
alors que celle de boissons sucrées est trop importante.
La chambre invite le gouvernement à revoir les mesures de
régulations du marché des fruits et légumes afin d'élargir l'offre
proposée aux consommateurs et à mettre en place un dispositif
permettant de limiter la quantité de sucre ajoutée dans les produits
vendus sur le territoire.
La sédentarité et le manque d’activité physique comme de
sommeil
sont aussi des facteurs propices au développement de l’obésité
qui touchent particulièrement les jeunes du fait du développement de
l’usage des écrans, des horaires scolaires et des temps de transport et
de la baisse constatée de la pratique sportive. La chambre invite le
gouvernement et les provinces à inverser ces facteurs en poursuivant
l’éducation aux écrans, le développement de la pratique sportive et son
adaptation aux personnes obèses.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
38
1.3
Des conséquences sanitaires, sociales et économiques
Les conséqu
ences de l’obésité sont tant sanitaires que sociales
et économiques. Toutefois, le coût de l’obésité reste difficile à estimer.
1.3.1
L’obésité
accroît le risque de comorbidités et réduit la
qualité de vie des personnes affectées
L'obésité peut entraîner de nombreuses conséquences sur la
santé
:
diabète
de
type 2,
hypertension
artérielle,
maladies
cardiovasculaires, maladies respiratoires (notamment l'apnée du
sommeil), et maladies musculosquelettiques. L'obésité peut aussi avoir
des conséquences psychologiques et sociales, notamment du fait de la
discrimination dont sont victimes les personnes obèses et de l'effet de
l'obésité ou du surpoids sur l'estime de soi
42.
La probabilité d'être en
dépression est ainsi plus élevée chez les personnes obèses que chez
celles de corpulence normale, et elle est également plus élevée chez les
anciens obèses
43.
L’
O
rganisation mondiale de la Santé estime qu’en 2019
44
, un
indice de masse corporelle élevé
était à l’origine de 5
millions de décès
dus à des maladies non transmissibles telles que les maladies
cardiovasculaires, le diabète, les cancers, les troubles neurologiques, les
maladies respiratoires chroniques et les troubles digestifs.
En 2022, l’espérance de vie en Nouvelle
-
Calédonie s’établit à
81 ans contre 84 ans en Polynésie Française, 83 ans en Nouvelle-
Zélande et en Australie puis 82 ans en France. Malgré le rattrapage
intervenu depuis 1960, l
’espérance de vie en Nouvelle
-Calédonie reste
42
Poulain J.-P.,
Sociologie de l'obésité
, Presses Universitaires de France, 2009.
43
Herva A. et al.,
Obesity and Depression, Results from the longitudinal
Northern Finland 1966 Birth Cohort Study
, 2006.
44
Organisation mondiale de la santé, Maladies non transmissibles
(
diseases
, consulté le 21 février 2024).
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
39
inférieure à celle de
l’hexagone, de la Polynésie française, de
l’Australie
et de la Nouvelle-Zélande
45
.
Carte n° 2 :
Evolution comparée de l’espérance de vie à la
naissance de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie-Française,
l’Australie, la
Nouvelle-
Zélande et l’Hexagone
Source : chambre territoriale des comptes de Nouvelle- Calédonie à partir des
données de la Banque mondiale
En Nouvelle-
Calédonie, en 2022, la proportion d’adultes
déclarant une maladie chronique est corrélée avec la prise de poids. En
effet, elle s’élevait à 13,9
% parmi les personnes maigres ou de poids
normal, 23,7 % parmi les personnes en surpoids et 29,2 % chez les
obèses. Parmi les personnes obèses, 11,9 % déclaraient un diabète,
43,7
% souffraient d’une hypertension artérielle et 95
% des hommes et
84
% des femmes souffraient simultanément d’apnée du sommeil et
d’obésité.
45
Banque mondiale,
&locations=NC-FR&start=1960&view=chart , consulté le 21 février 2024)
55
60
65
70
75
80
85
1960
1963
1966
1969
1972
1975
1978
1981
1984
1987
1990
1993
1996
1999
2002
2005
2008
2011
2014
2017
2020
Espérance de vie (années)
France
Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Zélande
Polynésie française
Australie
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
40
Selon la CAFAT, le nombre de patients pris en charge en
longue maladie a augmenté de 22,6 % entre 2010 et 2023. Le nombre
de jeunes de 16-26 ans pris en charge en longue maladie a augmenté de
16,5 % entre 2010 et 2023 (passant de 2 044 à 2 383). Il est cependant
en baisse de près de 10 % depuis 2019 (passant de 2 644 à 2 383).
Graphique n° 7 :
Nombre de jeunes pris en charge en longue
maladie (CAFAT et aides médicales) au 31 décembre de chaque
année
Source : chambre
territoriale des comptes d’après les données de la CAFAT
Le nombre de jeunes de 15 à 25 ans nouvellement admis en
longue maladie chaque année a diminué de 18 % entre 2010 et 2023
toutes pathologies confondues, dont de 33 % pour les maladies
cardiovasculaires, mais a augmenté de 50 % pour le diabète.
1.3.2
L’obésité en
gendre une dépense sanitaire et économique
élevée
Selon
l’
Organisation mondiale de la santé, si
rien n’est
entrepris
, le coût du surpoids et de l’obésité à l’échelle mondiale devrait
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
3 500
autres pathologies
maladies cardiovasculaires
diabète
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
41
atteindre 3 000 Md$
46
par an d’ici à 2030 et plus de 18
000 Md$
d’ici à
2060
47
.
La mesure des coûts directs de l’obésité comprend
:
le montant des dépenses du système de prévoyance
sociale qui résultent des actions de prévention et de
promotion de la santé engagées pour faire baisser le
taux d’obésité et lutter contre les facteurs de risque
;
la consommation de soins qui comprend le coût des
soins hospitaliers et en clinique, des soins médicaux
résultant des consultations des médecins de ville et des
centres-médico-sociaux ainsi que les actes réalisés par
les médecins et le personnel paramédical (diététiciens,
psychologue, etc.).
Les cout
s indirects de l’obésité sont constitués des externalités
que produit l’obésité sur le
produit intérieur brut (pertes de richesses,
etc.). Les principales dépenses qui composent ces coûts indirects
relèvent des arrêts maladie des personnes en situation d’o
bésité qui
entrainent le paiement d’indemnités journalières par le régime
d’assurance maladie obligatoire voire une pension d’invalidité dans les
cas les plus graves.
Organigramme n° 1 :
Coûts de l’obésité
Source : chambre territoriale des comptes
47
Okunogbe et al.,
Economic Impacts of Overweight and Obesity, 2nd Edition
with Estimates for 161 Countries
, World Obesity Federation, 2022
Coûts globaux de
l'obésité
Coûts indirects
Décès prématurés
Perte de productivité
Absentéisme
(indemnisé ou non)
Moindre productivité
en présentiel
Coûts médicaux
directs
Apparition de
maladies liées
(diabète, apnée du
sommeil, etc.)
Soins plus lourds
(accouchement)
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
42
La direction sanitaire et sociale de la Nouvelle-
Calédonie n’est
pas en mesure de cibler les dépenses liées aux actions de prévention et
de promotion de la santé engagées pour faire baisser le taux d’obésité
et de déterminer la consommation de soins des jeunes en
l’absence de
sys
tème d’information permettant de centraliser les différentes
données. La chambre a toutefois estimé une valeur basse du coût de
l’obésité
en s’appuyant sur
deux méthodes :
une première estimation du coût direct
de l’obésité en
Nouvelle-Calédonie en prenant en compte les données
disponibles
sur
les
coûts
sanitaires
directs
de
l’obésité
48
. Ces coûts ne prennent pas en compte les
coûts indirects de l’obésité
(arrêts de travail par
exemple) et constituent des coûts mi
norant de l’obésité
car ils ne prennent en compte que trois maladies
chroniques
corollaires de l’obésité.
une seconde estimation du coût économique de
l’obésité en Nouvelle
-Calédonie en utilisant une
comparaison spatiale du coût avec un pays comme la
Nouvelle-Zélande qui a une structure de population
proche de celle de la Nouvelle-Calédonie (population
océanienne) mais une structure de soins différente et
avec l’hexagone
qui a une structure de soins
approchante
mais
une
structure
de
population
différente.
Au 31 décembre 2023, sur les 48 723 patients pris en charge en
longue maladie par la CAFAT et les aides médicales des provinces,
16 129 patients le sont au titre du diabète. En 2023, le coût total établi
par la CAFAT pour la prise en charge du diabète est de 1 464 827 706 F
CFP soit un coût de 90 819 F CFP par assuré. Les informations fournies
par
l’agence
sanitaire et sociale
permettent d’estimer à 72,9 % l
a
proportion d’obèse
s parmi les diabétiques soit 11 758 patients. En
prenant cette hypothèse
, un premier coût minorant de l’obésité
peut être
calculé par le coût de prise en charge des patients diabétiques obèses,
soit 1 067 853 526 F CFP
pour l’année 2023
.
48
Soins aux patients obèses ayant une assistance respiratoire pour les
soulager de leur apnée du sommeil, aux patients obèses ayant recours à une
chirurgie bariatrique «
sleeve
» et aux patients obèses dialysés.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
43
Graphique n° 8 :
Évolution des coûts du diabète pour la CAFAT
Source : chambre territoriale des comptes
d’après les données fournies par la CAFA
T
Si les dépenses du diabète en longue maladie continuent de
progresser sur la même tendance, le coût de l’obésité au titre du diabète
progressera d’environ 29 MF CFP par an.
A ce premier coût minorant
de l’obésité
via le diabète en 2023,
doit être ajouté le coût des patients obèses ayant une assistance
respiratoire
49
pour les soulager de leur apnée du sommeil, soit
332 058 012 F CFP en 2023 selon la CAFAT
50
. Cette dernière ne prend
en charge que 50 % des coûts des dispositifs, le reste étant pris en charge
par la mutuelle ou le patient. Ainsi, le coût total de ces dispositifs est de
664 116 024 F CFP en 2023
au titre de l’obésité
.
Certains obèses peuvent avoir recours à une chirurgie. Le coût
de cette opération
s’élève à 324
293 F CFP par patient. En 2017,
dernière année de disponibilité des données, il y eu 133 opérations pour
un coût total de 43 130 969 F CFP
51
.
Le nombre d’opérations
49
Pression positive continue et ventilation nasale invasive
50
250 948 519 F CFP pour la pression positive continue et de 81 109 493 F
CFP pour la ventilation nasale invasive en 2023
51
100 % des patients étaient obèses
909 551 321
Coûts des diabétiques
1 464 827 706
663 062 913
Coûts des diabétiques obèses (72,9 %)
1 067 859 398
0
200 000 000
400 000 000
600 000 000
800 000 000
1 000 000 000
1 200 000 000
1 400 000 000
1 600 000 000
F CFP
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
44
chirurgicales de ce type a été divisé par trois entre 2014 et 2017, cette
intervention est devenue maintenant mineure.
Les risques de diabète
augmentent le risque d’obésité ainsi
que
les
risques
de
problèmes
d’insuffisance
rénales.
En
Nouvelle-Calédonie, le nombre de patients dialysés augmentent de 3,69
% entre 2019 et 2023 atteignant un coût total de 3,19 Mds CFP et deux
patients dyalisés sur trois sont diabétiques. Parmi les personnes
dialysés, 33 % sont en surpoids et 40 % sont obèses
52
. Les dialyses pour
les patients obèses représentent un coût de 1 278 969 698 F CFP en
2023
53
.
Tableau n° 4 :
Nombre de patients dialysés et coût des dialyses
par an
Année de prise
en charge
Nombre
de
patients
Coût
des
dialyses
(en F CFP)
2019
596
2 963 336 161
2020
607
3 141 695 671
2021
618
3 274 512 289
2022
636
3 285 404 577
2023
618
3 197 424 245
Source : chambre
territoriale des comptes d’après les données fournies par la CAFAT
Ainsi, le coût direct des prises en charge sanitaire des patients
diabétiques
s’élève à
3,05 MdF CFP en 2023.
52
Données du réseau de l'insuffisance rénale (RESIR)
53
Coût obtenu sur la base de la prise en charge par la CAFAT
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
45
Tableau n° 5 :
Total des coûts des pathologies pour les patients
obèses
Pathologie
Coûts
pour
les
patients
obèses
(en F CFP)
Diabète
1 067 859 398
Apnée
du
sommeil
664 116 024
Chirurgie
bariatrique « sleeve »
43 130 969
Dialyse
1 278 969 698
TOTAL
3 054 076 089
Source : chambre
territoriale des comptes d’après les données fournies par la CAFAT
Le calcul du coût économique de l’obésité repose sur un
rapprochement avec des travaux réalisés en Nouvelle-
Zélande d’une
part, et dans l’hexagone d’autre part.
Carte n° 3 :
Impact économique du
surpoids et de l’obésité par
habitant en 2019
Source:
NCD Risk Factor Collaboration
(site consulté en février 2024)
L’
estimation des coûts directs et indirects
de l’obésité
en
Nouvelle-Zélande en 2019 représentent 988,30 $ (USD) par an et par
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
46
personne soit 132 098 F CFP par an et par personne
54
. En faisant
l’hypothèse que la Nouvelle
-Zélande et la Nouvelle-Calédonie ont des
populations et des modes de vie similaires, alors ce coût par habitant
serait proche de celui en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, pour le territoire,
l’ensemble des coûts directs et indirects de l’obésité s’élèverai
t à plus
de 35 MdF CFP en 2019.
Pour estimer le coût de l’obésité en Nouvelle
-Calédonie en
utilisant une comparaison spatiale avec
l’hexagone
, la chambre
s’est
référée à une enquête de la direction générale du Trésor
55
estimant les
coûts directs et indirects de l’obésité
. Ceux-ci représentaient 36 717 F
CFP par an et par personne en 2016
. En faisant l’hypothèse que
l’hexagone
et la Nouvelle-Calédonie ont des systèmes de santé et des
couvertures médicales proches, alors ce coût par habitant serait proche
de celui en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, pour le territoire,
l’ensemble des
coûts directs et indirects de l’obésité
se serait élevé à près de 10 MdF
CFP en 2016.
Ces deux approches permettent de donner une estimation
basse de 10 MdF CFP par an et une estimation haute de 35 MdF CFP
par an des coûts économiques globaux
de l’obésité en Nouvelle
-
Calédonie.
1.3.3
Une maladie chronique complexe mal reconnue
Selon la classification internationale révisée des maladies
56
établie par
l’organisation mondiale
de la santé
, l’obésité est une
maladie chronique complexe. En Nouvelle-Calédonie, l'article 78 de la
54
Adeyemi
Okunogbe,
Rachel
Nugent , Garrison
Spencer , Jaynaide
Powis , Johanna Ralston , John Wilding, Economic impacts of overweight and
obesity: current and future estimates for 161 countries , 22 septembre 2022
55
Direction générale du Trésor,
Obésité : quelles conséquences pour
l'économie et comment les limiter ?
Trésor-Éco n° 179
56
La classification internationale des maladies fournit un langage commun qui
permet aux professionnels de santé de partager des informations standardisées
à travers le monde. La onzième révision en date du 11 février 2022 contient
environ 17 000 codes uniques, plus de 120 000 termes codifiables et est
désormais entièrement numérique.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
47
loi du pays n° 2001-16 du 11 janvier 2002 relative à la sécurité sociale
en Nouvelle-Calédonie
57
précise que «
Les affections comportant un
traitement de longue durée et une thérapeutique particulièrement
coûteuse sont couvertes dans le cadre du risque longue maladie. Le
bénéfice des prestations longue maladie est réservé aux malades
atteints d'une des affections inscrites sur une liste établie par
délibération du congrès de la Nouvelle-Calédonie
».
L'article 32 de la délibération n° 280 du 19 décembre 2001
relative à la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie comprend la liste
des 32 affections de longue durée. L
’obésité ne fait pas partie
de cette
liste mais on peut y retrouver les maladies chroniques qui lui sont
associées (diabète, hypertension, etc.).
Dans l’hexagone, la situation e
st
semblable,
l’obésité
ne figure pas sur la liste des 29 affections de longue
durée
58
.
Un
patient obèse ne peut bénéficier d’une prise en charge
au
titre des affections de longue durée
que s’il développe une maladie
liée
à l’obésité
figurant sur la liste arrêtée par délibération, comme par
exemple un diabète de type II. Cette situation est préjudiciable pour
l’état de santé du patient et
augmente les coûts de prise en charge qui
auraient pu être moindre si celle-ci avait été plus précoce, dès que
l’obésit
é est reconnue mais avant toute maladie chronique associée.
De plus, en cas d’échec d’une prise en charge nutritionnelle
bien conduite (moins de 5 % de perte de poids à six mois), notamment
sur le comportement alimentaire et sous réserve de l’implication
du
patient dans les soins, un traitement médicamenteux disponible en
Nouvelle-Calédonie peut être proposé
59
. Selon la CAFAT, ces
médicaments représentent des atouts extrêmement intéressants dans
l’approche pharmacologique de l’obésité, d’autant plus qu’ils sont en
général relativement bien tolérés. L
’adhérence au traitement demeure
élevée, avec environ 5 % des patients qui cessent le traitement en raison
des effets secondaires. En revanche, le sevrage provoqué par la prise
médicamenteuse vis-à-vis des produits riches en calories et de la
surconsommation de nourriture en général est réversible. L’arrêt du
57
Loi du pays n° 2001-16 du 11 janvier 2002 relative à la sécurité sociale en
Nouvelle-Calédonie
58
Article D160-4 du Code de la sécurité sociale
59
Haute autorité de santé,
guide du parcours de soin : surpoids et obésité de
l’adulte
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
48
traitement peut mener rapidement à un regain de la majorité du poids
initialement perdu. La chambre invite la CAFAT à faire une analyse
coût bénéfice d’une meilleure prise en charge de ces médicaments pour
certains patients.
La chambre invite le gouvernement à modifier la délibération
n°280 du 19 décembre 2001 relative à la sécurité sociale en Nouvelle-
Calédonie en ajoutant l’obésité
dans la liste des affections de longue
durée pour les cas nécessitant une prise en charge particulièrement
couteuse.
CONCLUSION INTERMÉDIAIRE
Les conséquences de l’obésité sont sanitaires
, sociales et
économiques. En Nouvelle-Calédonie, les maladies chroniques
significativement associées au surpoids et à l
obésité sont le diabète,
l
hypertension et l
apnée du sommeil. Au niveau soc
ial, l’obésité a des
répercussions sur les résultats scolaires et la qualité de vie, que
viennent
aggraver
la
stigmatisation,
la
discrimination
et
le
harcèlement.
Enfin au niveau économique, l’obésité représente un coût
élevé pour la Nouvelle-Calédonie.
L
a chambre a pu estimer un premier coût direct de l’obésité en
utilisant les données de la CAFAT. Ce coût s’élève à
3 MdF CFP par
an. Cette première estimation représente un coût minorant de l’obésité
car il ne prend pas en compte l’ensemble des pathologies liées à
l’obésité. En utilisant une comparaison spatiale avec la Nouvelle
-
Zélande qui dispose d’une structure populatio
nnelle approchante de
celle de la Nouvelle-Calédonie et la France hexagonale disposant
d’une structure de soins approchante du territoire de la Nouvelle
-
Calédonie, la chambre a pu estimer un coût direct et indirect de
l’obésité compris entre 10 et 35
MdF CFP par an.
Alors que l’obésité est qualifiée de «
maladie
» par l’OMS, elle
ne fait pas partie des 32 affections de longue durée. Un patient obèse
n’a donc pas d’ouverture de droit pour cette pathologie dans le
cadre
du risque longue maladie. La chambre invite le gouvernement à
modifier la délibération n°280 du 19 décembre 2001 relative à la
sécurité sociale en Nouvelle-
Calédonie en ajoutant l’obésité
dans la
liste des affections de longue durée pour les cas nécessitant une prise
en charge particulièrement couteuse.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
49
2
DES POLITIQUES DE PREVENTION HETEROGENES
AUX RESULTATS DISPARATES
La Nouvelle-Calédonie a adopté une politique de santé. Des
programmes et
actions visant à prévenir l’obésité
ont été déployés par
la Nouvelle-Calédonie et les provinces sans coordination entre eux ni
bilan concluant des actions engagées.
2.1
L’identification de la prévention de l’obésité comme priorité
stratégique de santé publique
Au niveau territorial, l’obésité est une priorité stratégique,
identifiée récemment qui doit encore être pleinement déployée pour
produire des effets.
2.1.1
Le plan de Santé Do Kamo 2018-2028
La Nouvelle-Calédonie est compétente dans le domaine de la
protection sociale et de la santé conformément à l’article 22 de la loi
organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie. Le 24
mars 2016, le congrès a adopté la délibération n° 114 le plan de santé
calédonien
« Do Kamo, Être épanoui !
». Il s’agit d’un plan de santé
publique
s’étalant sur la période 2018
-2028, contenant 86 actions
s’articulant selon trois axes stratégiqu
es :
construire le nouveau modèle économique du système de
santé calédonien ;
construire une nouvelle gouvernance du système de santé
calédonien ;
assurer une offre de santé efficiente grâce à une offre de
prévention renforcée et coordonnée avec l’offre d
e soin.
Le plan de santé Do Kamo énumère plusieurs actions de
prévention de l’obésité, liées à des objectifs stratégiques et
opérationnels. Ces actions visent à :
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
50
promouvoir
le développement de l’activité physique et
sportive ;
élaborer
les outils nécessaires à la mise en œuvre du
parcours de santé à l’échelle des bassins de vie des
personnes atteintes d’obésité ou en surpoids
;
créer une taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés
ou des édulcorants de synthèse en transformant la taxe sur
l’alcool et le tabac, en faveur du système sanitaire et social
en taxe sur l’alcool, le tabac et les boissons sucrées, en
faveur du système sanitaire et social.
Tableau n° 6 :
Actions du Plan Do-Kamo relatives à la
prévention
de l’obésité
Objectifs stratégiques
Objectif
stratégique
n°5 :
Définir
les
problématiques
prioritaires de santé
publique
dans
la
perspective
d’une
planification
multisectorielle
modernisée
Objectif
stratégique
n°6 :
Agir
sur
les
déterminants de santé
et accompagner les
calédoniens,
acteurs
de la préservation de
leur capital santé
Objectif
stratégique
n°2 : mettre en place
des
mesures
structurantes
pour
pérenniser
les
financements
du
système de santé et
rééquilibrer
les
moyens alloués entre
la prévention, le soin
et
la
protection
sociale
Objectifs
opérationnels
Objectif
opérationnel
n° 16 : Apporter une
contribution
d’expertise
et
de
moyens
aux
plans
stratégiques participant
à la santé publique
Objectif
opérationnel
n° 20 : Expérimenter la
coordination
des
parcours de santé à
l’échelle des b
assins de
vie
des
personnes
atteintes d’obésité et de
surpoids
Objectif
opérationnel
n° 6 : Identifier des
recettes nouvelles
Actions du Plan Do-
Kamo concernant la
thématique de
l’obésité
Action
55 :
Coconstruire le volet
« activités physiques et
sportives, vecteur de
développement social
et de santé
» du plan
stratégique
de
la
pratique
sportive
en
Nouvelle-Calédonie
Action 74 : Élaborer
les outils nécessaires à
la mise en œuvre de
l’expérimentation
sur
le parcours de santé à
l’échelle des bassins de
vie
des
personnes
atteintes d’obésité ou
en surpoids
Action 18 : Créer une
taxe sur les boissons
contenant des sucres
ajoutés
ou
des
édulcorants
de
synthèse
en
transformant la TAT3S
(taxes sur l’alcool et le
tabac, en faveur du
système
sanitaire
et
social)
en
TAT4S
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
51
Objectifs stratégiques
Objectif
stratégique
n°5 :
Définir
les
problématiques
prioritaires de santé
publique
dans
la
perspective
d’une
planification
multisectorielle
modernisée
Objectif
stratégique
n°6 :
Agir
sur
les
déterminants de santé
et accompagner les
calédoniens,
acteurs
de la préservation de
leur capital santé
Objectif
stratégique
n°2 : mettre en place
des
mesures
structurantes
pour
pérenniser
les
financements
du
système de santé et
rééquilibrer
les
moyens alloués entre
la prévention, le soin
et
la
protection
sociale
Sous-Actions.
Sous-action
55-1 : Coordonner et
structurer
le
développement
de
l’activité physique et
sportive
comme
vecteur de prévention
et de soin.
Sous-action
74-1 :
Identifier
et
mobiliser les acteurs
du bassin de vie en
capacité de repérer et
de dépister le surpoids
et
l’obésité
afin
d’orienter l’usager vers
une prise en charge
pluridisciplinaire.
(taxes sur l’alcool, le
tabac et les boissons
sucrées, en faveur du
système
sanitaire
et
social)
Sous action 55-2 :
Promouvoir et faciliter
l’accès à la pratique
d’activités physiques
et sportives aux
populations inactives.
Sous-action 74-
2 : Élaborer le
dispositif
d’accompagnement du
projet de vie,
d’orientation et de
suivi.
Sous action
74-3
: Former l’équipe
pluridisciplinaire
à
l’utilisation des outils.
Sous-
action74-4 : Former les
référents identifiés à
l’Éducation
Thérapeutique
du
Patient (ETP).
Sous-action
74-5 :
Former
les
médecins
à
la
prescription
de
l’activité physique et
sportive en associant
les éducateurs sportifs.
Sous action
74-6 :
Former
les
éducateurs sportifs à la
prise en charge des
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
52
Objectifs stratégiques
Objectif
stratégique
n°5 :
Définir
les
problématiques
prioritaires de santé
publique
dans
la
perspective
d’une
planification
multisectorielle
modernisée
Objectif
stratégique
n°6 :
Agir
sur
les
déterminants de santé
et accompagner les
calédoniens,
acteurs
de la préservation de
leur capital santé
Objectif
stratégique
n°2 : mettre en place
des
mesures
structurantes
pour
pérenniser
les
financements
du
système de santé et
rééquilibrer
les
moyens alloués entre
la prévention, le soin
et
la
protection
sociale
pathologies
sur
prescription.
Source : chambre territoriale des comptes
Le plan Do Kamo n’est pas associé à des indicateurs de suivi et
à un pilotage pluriannuel permettant de juger de l’atteinte des objectifs
et actions identifiées. Toutefois, plusieurs actions de ce plan ont été
mises en œuvre.
Les propositions formulées par ce plan concernant le
développement de l’activité physique et sportive comme vecteur de
prévention et de soin et l’éducation thérapeutique se retrouvent dans les
plans de prévention mis en place p
ar les provinces et l’agence sanitaire
et sociale.
La taxe comportementale visant à limiter la consommation de
sucre a été mise en place par le congrès
par l’adoption de la loi de pays
n°2024-2 du 15 janvier 2024 instituant une taxe sur certains produits
alimentaires contenant du sucre.
Cette loi prévoit à l’article 720 bis que
le tarif de la taxe est fixé par délibération du congrès sur la base de la
quantité spécifique ou forfaitaire de sucre, par litre ou par kilogramme
de poids net, contenue dans les produits. Un arrêté du gouvernement du
8 février 2024 détaille la liste des produits concernés et la délibération
n° 404 du 3 mai 2024 fixe les tarifs applicables. Le produit de la taxe
est affecté à l’agence sanitaire et social pour financer les dépenses d
e
prévention de l’obésité. Sur la base des consommations estimées, le
rendement de cette taxe serait de 1,5 MdF CFP. A la suite des troubles
à l’ordre public intervenus en mai 2024, le gouvernement a annoncé
le
report au 1
er
septembre
2024 de l’entrée en v
igueur de la taxe sucre sur
certains produits alimentaires contenant du sucre.
LA PREVE
NTION DE L’OBESITE C
HEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
53
2.1.2
L’obésité qualifiée de priorité de santé
en 2023
Les priorités de santé publique sont déterminées par la
délibération du congrès modifiée n° 490 du 11 août 1994 portant plan
de promotion de la santé et de maîtrise des dépenses de soins sur le
territoire de Nouvelle-
Calédonie. Le troisième alinéa de l’article 1
er
de
cette délibération, prévoit que
« la promotion de la santé est favorisée
par l’adoption de programmes de santé publ
ique, incluant des actions
de prévention et d’éducation sanitaire, visant à améliorer le bien
-être
physique, mental et social de la population
».
La prévention de l’obésité
ne faisait pas partie des thèmes prioritaires de prévention listés à
l’article 14
de la délibération susmentionnée.
La délibération n° 320 du 20 juillet 2023 relative à la promotion
de la santé et à l’offre de prévention du plan de santé calédonien «
Do
Kamo, être épanoui !
» rénove
les modalités de mise en œuvre de la
promotion de la santé qui s’organise selon des priorités de santé en
matière d’offre de prévention et de soins
fixées pour 6 ans. Le surpoids
et l’obésité font partie des priorités de santé fixées pour 6 ans
60
.
L
’article
1
er
, codifié à l’article
R.3212-2 du code de la santé
publique applicable en Nouvelle-Calédonie, prévoit que les priorités de
santé
donnent lieu à l’élaboration d’un plan pluriannuel doté
d’indicateurs de suivi et font l’objet d’une évaluatio
n
et d’un rapport de
préconisations produit par le gouvernement. Selon la direction sanitaire
et sociale, les moyens limités en ressources humaines dont elle dispose
ne lui permettent pas d’établir un plan pluriannuel de santé, ce que la
chambre regrette.
2.2
Les actions
mises en œuvre par les acteurs publics
Les actions de prévention de l’obésité engagées par l’agence
sanitaire et sociale et les provinces ciblent les comportements
alimentaires, l’activité physique et la sédentarité. Ces actions
reposent
sur une pluralité d’acteurs au niveau territorial et provincial
sans que le
60
Article R. 3212-3 de la délibération n° 320 du 20 juillet 2023 relative à la
promotion de la santé et à l’offre de prévention du plan de santé calédonien «
Do Kamo, être épanoui ! »
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
54
plan «
Do Kamo
» ne fédère les acteurs. Comme le signale la présidente
de la province Sud dans sa réponse aux observations de la chambre, cela
interroge sur la répartition des compétences entre les différentes
collectivités. La loi organique n°99-209 du 19 mars 1999 relative à la
Nouvelle-Calédonie attribue la compétence de la protection sociale, de
l’hygiène publique
, de la santé et du contrôle sanitaire aux frontières à
la Nouvelle-Calédonie. Il lui revient en conséquence de déterminer et
de coordonner
les modalités d’intervention de
s politiques publiques en
ce domaine. La chambre estime que cette coordination pourrait passer
par des appels à projets financés par la Nouvelle-Calédonie et répondant
à des objectifs territoriaux.
2.2.1
Les actions de prévention de l’obésité mises en œuvre
au
niveau du territoire
En décembre 2007, la Nouvelle-
Calédonie s’est dotée, via
l’agence sanitaire et sociale, d’un programme de prévention primaire
des pathologies de surcharge, sur la période 2008-2012. Dans la
continuité de ce premier programme, un second programme «
mange
mieux bouge plus
» s’étalant sur la période 2013
-2017 puis un troisième
programme reprenant les éléments du programme précédent s’étalant
sur la période 2019-2023 ont été mis en place. Ces programmes visent
à informer la population afin de lui permettre de faire des choix
alimentaires et d’activité physique
judicieux, dans un environnement
incitant à adopter un mode de vie sain. Les actions relatives au sport de
l’agence sanitaire et sociale de la Nouvelle
-Calédonie ont pour objectif
d’amener le plus grand nombre de
personnes à intégrer la pratique
d’une activité physique et sportive à son quotidien à tous les
âges et à
chaque étape de sa vie. Ces actions viennent en cohérence avec le plan
stratégique de santé Do Kamo, le plan stratégique de la pratique
d’activité sportive en Nouvelle
-Calédonie, et les objectifs du
programme de prévention des pathologies de surcharge pondérale
de
l’
agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
55
Tableau n° 7 :
Axes stratégiques et objectifs opérationnels du
programme de prévention
« mange mieux-bouge plus
» 2019-
2023
Axes stratégiques
Faire la promotion d’une
alimentation équilibrée
Faire la promotion
d’une activité
physique et sportive
régulière
Contribuer à inciter
les décideurs à
rendre
l’environnement plus
favorable à adopter
un mode de vie sain
Dépistage et prise en
charge de la surcharge
pondérale
Objectifs
opérationnels
Sensibiliser la population,
notamment les adultes, futurs
parents et en position
parentale, par des actions
media
Sensibiliser la
population, notamment
les adultes, futurs
parents et en position
parentale, par des
actions média
Veiller, alerter, inciter
à améliorer l’offre
alimentaire en
Nouvelle-Calédonie
Développer et
harmoniser le dépistage
et la prise en charge
précoce de la surcharge
pondérale
Renforcer l’implication des
professionnels pour la
promotion d’une alimentation
équilibrée
Renforcer
l’implication des
professionnels pour la
promotion d’une
activité physique ou
sportive régulière
Veiller, alerter pour
favoriser la pratique
régulière d’une
activité physique ou
sportive
Développer et
harmoniser l'offre de
prise en charge de
l'obésité
Promouvoir l’équilibre
alimentaire de la naissance à
11 ans
Renforcer la pratique
de l'activité physique
dans le milieu scolaire
Evaluer la coordination
des professionnels
Contribuer à évaluer l’impact
sur la population de la
promotion de
l’alimentation
équilibrée
Contribuer à évaluer
l'impact sur la
population de la
promotion d'une
activité physique
régulière
Source : c
hambre territoriale des comptes d’après les données fournies par l’agence sanitaire et
sociale de Nouvelle-Calédonie
L
’agence sanitaire et sociale a
aussi développé le projet
«
Réussir, Être bien, Être ensemble
» en lien avec la direction de
l’enseignement de la Nouvelle
-Calédonie et la direction diocésaine de
l'école catholique. Ce projet participe à la prévention de l’o
bésité chez
les jeunes en ciblant ses actions sur les habitudes alimentaires des
élèves. Le comité territorial olympique et sportif de Nouvelle-
Calédonie
61
dispose d’un volet sport et santé bien
-être (sensibilisation
61
Association de type loi 1901, créée en 1961, il fédère 45 ligues et comités
régionaux et rassemble ainsi plus de 600 associations sportives agréées.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
56
aux bienfaits de l’activité physique, dé
veloppement des offres sportives
tout public de loisir, bien-être et santé, etc.). En favorisant la pratique
sportive, ce comité participe à la prévention de l’obésité chez les jeunes.
2.2.2
Les actions spécifiques de prévention de l’obésité mises en
place par la province des îles Loyauté
La province des îles Loyauté a mis en place en 2021 un service
de prévention et de promotion de la santé
situé dans l’enceinte du centre
médico-social de Wé, à Lifou. Ce service a vocation à participer à la
prévention de l’obésité en ciblant ses actions sur l’éducation alimentaire
et la pratique d’activités physiques.
Il réalise un travail de
sensibilisation et d’information principalement en milieu scolaire (de la
maternelle au lycée) et en tribu sur l’ensemble des îles Loyauté
afin de :
encourager
l’éducation au goût dès le plus jeune âge :
conseiller les organismes décideurs sur les menus des
restaurations collectives, en privilégiant les circuits
courts, la qualité nutritionnelle des aliments et
l’équilibre alimentaire
;
valoriser
l’agriculture loyaltienne et la pêche dans le
cadre d’une politique de promotion d’une alimentation
saine :
soutenir les circuits courts de vente des
produits
agricoles,
auprès
des
consommateurs particuliers et auprès des
collectivités ;
soutenir la diversification des cultures,
pépinières et formations à l’agriculture
raisonnée et durable ;
limiter
les produits d’importation nocifs pour la santé
(choix sain des produits qui seront proposés par la
centrale d’achats)
;
promouvoir
l’activité physique :
valoriser
les
installations
extérieures
sécurisées contribuant à l’adoption d’un
mode de vie actif existantes et en créer de
nouvelles ;
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
57
développer la prescription de sport-santé et
accompagner les associations pour sa mise
en pratique ;
accompagner les associations sportives à
proposer des activités de loisir pour un
public désadapté au sport.
Enfin, le projet de dépistage et de prise en charge des enfants à
risque d’obésité au sein du
centre médico-social de Xepenehe à Lifou a
pour objectif de dépister
l’obésité infantile
depuis septembre 2022.
2.2.3
Les actions spécifiques de prévention de l’obésité mises en
place par la province Sud
La province Sud a mis en place un projet de prévention des
conduites à risques et lutte contre les addictions et les substances
psychoactives par la pratique des activités physiques et sportive en 2020
et
un programme santé de proximité de lutte contre l’obésité (POP)
en
2022.
Le projet de prévention des conduites à risques et lutte contre
les addictions et les substances psychoactives par la pratique des
activités physiques et sportives a pour objectifs de lutter contre la
sédentarité et la prise de poids chez les jeunes à partir de l
’école
primaire (6-12 ans) et de lutter contre les addictions et la consommation
des substances psychoactives au collège et au lycée (12-18 ans). Il
permet de leur proposer un accès facilité à la pratique de diverses
activités physiques, sportives et culturelles (culture urbaine) afin de
lutter contre les facteurs de risques sanitaires (sédentarité, obésité,
consommation et addiction aux substances psychoactive, etc.) et les
conséquences néfastes qui en découlent (longue maladie, délinquance).
Chaque enfant ou adolescent peut bénéficier de deux à trois heures
d’activités sportives ou culturelles chaque semaine. Pour y parveni
r,
une vingtaine d’associations sportives et culturelles sont mobilisées en
partenariat avec la province Sud sur chacune des cinq communes
impliquées (Thio, Bourail, Paita, Dumbéa, Mont-Dore), en lien avec les
unités provinciales de l’action sanitaire et s
ociale de la province
comprenant des médecins, diététiciens, psychologues, assistantes
sociales et infirmiers.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
58
Le nombre total d’enfants suivis par ce programme est de
1 500. Le financement du projet est assuré par une subvention attribuée
par le fonds
d’expérimentation pour la jeunesse
62
de 26 253 000 F CPF
et une participation de la province Sud de 8 000 000 F CPF sur la durée
de l’expérimentation.
Le programme santé de proximité de lutte contre l’obésité
(POP) propose un accompagnement individualisé pendant six mois,
basé sur une approche globale d’éducation thérapeutique. Les objectifs
de ce programme s’articulent selon quatre axes
:
améliorer la qualité de vie des patients obèses ;
améliorer le comportement alimentaire du patient et sa
relation à la nourriture ;
permettre à la personne l’acquisition de connaissances et
de compétences, afin de pouvoir prendre en charge de
manière active sa maladie et de réduire les risques liés à
l’obésité
;
aider à la perte de poids et au maintien de la masse
musculaire.
Le programme comprend des activités organisées (ateliers), des
entretiens individuels, des groupes de parole, de l’activité physique
adaptée. L’animation et la coordination sont assurées par une équipe
pluridisciplinaire composée d’une infirmière coordinatrice, d’un
médecin, d’une diététicienne, d’un psychologue, d’un éducateur sportif
et d’une assistante sociale.
Des collaborations avec les mairies ont permis la mise à
disposition gratuite de locaux pour les ateliers, groupes de parole et
activité physique dans les communes de Nouméa, Paita, Thio, Boulari,
Mont Dore et Yate.
Le budget de ce programme pour la province Sud est de
4 000 000 F
CFP par an (prestation de diététicienne, d’esthéticienne,
etc.) et d’un poste d’infirmière coordinatrice en éducat
ion thérapeutique
du patient.
62
Mis en place au 1
er
décembre 2008, le f
onds d’expérimentation pour la
jeunesse a pour objet de financer des programmes expérimentaux visant à
favoriser l
a réussite scolaire des élèves, à contribuer à l’égalité des chances et
à améliorer l’insertion sociale et professionnelle durable des jeunes de moins
de vingt-cinq ans
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
59
2.2.4
Les actions spécifiques de prévention de l’obésité mises en
place par la province Nord
La province Nord a mis en place un programme éducation à la
santé en milieu scolaire et un programme SALUD (santé ludique pour
obésité infantile).
La mise en place du programme d’éducation à la santé en milieu
scolaire a été décidée en 2002 et concerne en 2023, 10 489 enfants. Les
objectifs poursuivis par ce programme sont de faciliter l’adoption de
comportements favorables à la santé concernant notamment les
addictions, l’alimentation, l’hygiène bucco
-dentaire, le rhumatisme
articulaire aigu, les compétences psychosociales et la santé sexuelle et
affective.
Le projet «
Santé Ludique
» est mis en place dans les centres
médico-sociaux de Canala et de Touho.
L’objectif de ce programme est
de développer la prise en charge de l’obésité infantile des enfants
dépistés lors de la visite médicale scolaire. Ses actions portent sur la
santé maternelle et infantile, l’éducation thérapeutique et le suivi des
pathologies chroniques. Il concerne les enfants de 3 à 16 ans.
2.3
Des réalisations de programme de santé sur l’obésité
contrastées
Les r
éalisations des programmes de prévention de l’obésité sont
contrastées (
voir l’
annexe n°3). Seuls les programmes de prévention de
l’obésité de l’agence sanitaire et sociale et celui de la province Sud ont
fait l’objet d’une évaluation montrant notamment un
e absence de
coordination d’ensemble des acteurs concernés. Ces évaluations
font
apparaître une absence de portage politique transversal qui nuit à la
pleine effectivité des programmes. Le manque de convergence des
politiques publiques réduit la portée de certaines actions. Les actions en
faveur d’une alimentation équilibrée sont
ainsi
contraintes par l’absence
de politique agricole mais aussi économique facilitant la disponibilité
et l’accessibilité
de fruits et légumes. De même, les actions en faveur
d’un
e activité physique régulière peuvent se heurter à des stratégies
d’aménagement du territoire et à des politiques de transport
visant
d’autres objectifs
.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
60
Les évaluations des programmes qui ont été menées montrent
un manque de coordination entre les acteurs institutionnels ainsi qu’un
manque de cohérence entre les différents programmes mis en œuvre. Le
positionnement respectif des différents programmes de prévention de
l’obésité ainsi que leurs articulations n’ont pas été clairement définis
comme cela a été mis en évidence dans la mise en
œuvre
du programme
de prévention de l’obésité «
mange mieux, bouge plus
» sur la période
2013-2017, perturbée par la mise en place du plan stratégique de la
Nouvelle-Calédonie «
Do Kamo
» ou dans l’évaluation du projet de
prévention des conduites à risques et lutte contre les addictions et les
substances psychoactives de la province Sud proposant de renforcer
l’articulation et l
a coordination du programme avec les établissements
scolaires et les collectivités.
Le programme «
mange mieux bouge plus
» de l’agence
sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie ne constitue pas un cadre de
référence pour l’ensemble des acteurs institutionnels, c’est
-à-
dire qu’il
ne s’agit pas d’un document sur lequel ils s’appuient pour décider de
leur programme de prévention des pathologies de surcharge. Le
positionnement respectif ainsi que les articulations entre
les
programmes de chaque acteur ne sont pas clairement définis.
Le spectre d’intervention des programmes de prévention de
l’obésité des provinces n’est pas assez large car il ne cible que certaines
tranches d’âge. Le programme de la province Sud de prévention de
l’obésité des conduites à risques et lutte contre les add
ictions et les
substances psychoactives par la pratique des activités physiques et
sportives mis en place en octobre 2020 cible uniquement les enfants et
adolescents. Il en est de même du programme d’éducation à la santé en
milieu scolaire de l’obésité de
la province Nord. Le programme de
dépistage et de prise en charge des enfants à risque d’obésité au sein du
Centre médico-social de Xepenehe à Lifou concerne uniquement
l’obésité infantile.
Les
évaluations des programmes de prévention de l’obésité
montrent une approche non inclusive des programmes. Les évaluations
de programmes mettent en exergue le recours insuffisant à certains
leviers d’action, en particulier aux associations de femmes et aux
instances religieuses ainsi que le choix de répondre à des sollicitations
individuelles d’acteurs (entreprises, écoles, associations, etc.) plutôt
que de s’appuyer sur des têtes de réseau pour avoir une approche plus
systématique.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
61
De plus, certains acteurs clés se sont montrés insuffisamment
préparés pour répondre a
ux attentes. L’évaluation du programme de
prévention de l’obésité mis en œuvre par la province Sud montre que
l’offre
de pratique sportive reste en-deçà de la demande potentielle et
que les clubs sportifs ne sont pas outillés pour concevoir des accueils et
des prises en charge spécifiques des enfants et des adolescents en
situation d’obésité.
Les évaluations des programmes de prévention montrent la
nécessité
d’améliorer
la communication des messages diffusés. Même
si le slogan «
Mange mieux Bouge plus
» est largement connu,
l’évaluation du programme de la province Sud a mis en exergue des
difficultés du déploiement des actions de communication grand public
(campagne TV notamment) ; ces difficultés étant de nature logistique
(occupation difficile de créneaux porteurs dans les médias) et financière
(les campagnes ayant un coût élevé).
CONCLUSION INTERMÉDIAIRE
La politique de prévention de l’
obésité repose sur la Nouvelle-
Calédonie ainsi que les provinces. Déjà identifiée dans le plan de santé
Do Kamo arrêté par le congrès en 2016, la politique de prévention de
l’obésité
a été qualifiée de priorité de santé en juillet 2023. Différentes
actions ont été engagées reposant sur des programmes de prévention et
des mesures réglementaires mises en place par chaque acteur, au
niveau du territoire ou des provinces. Une taxe comportementale sur le
sucre a été votée par le congrès en 2024
afin d’
inciter à la diminution
de la consommation de produits sucrés.
D’autres
mesures de
prévention provinciales reposent sur des actio
ns d’éducation à une
alimentation saine, le développement
d’activités physiques adaptées
ou
la lutte contre les addictions. Cependant, ces programmes ne sont pas
coordonnés entre eux et n’ont, pour la plupart, pas fait l’objet d’une
évaluation.
Les bilans disponibles pointent un manque de coordination
entre les acteurs institutionnels
ainsi qu’un
manque de cohérence des
actions mises
en œuvre
, une approche fragmentée et le recours
insuffisant à certains leviers d’action
(associations de femmes et
instances religieuses par exemple), un caractère pluridisciplinaire
parfois limité et
l’
absence de portage politique qui ne permet pas
d'inscrire la politique de prévention de
l’obésité
dans l'ensemble des
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
62
politiques publiques. La chambre estime que le territoire pourrait
mieux coordonner les différents niveaux d’action en agissant sous la
forme d’appels à projets répondant à des objectifs qu’il financerait.
3
RENFORCER LA STRATEGIE DE LUTTE CONTRE
L’OBESITE CHEZ LES J
EUNES
Le renforcement de la stratégie de lutte de l
’obésité passe par la
mise en place de moyens adaptés à l’ampleur de l’épidémie
. Ces
moyens commencent par une observation régulière des données de
santé
et plus particulièrement de l’obésité.
De plus, la prise en charge
de l’obésité
doit être organisée dans un parcours de soin associé à un
plan stratégique de prévention de l’obésité défini au niveau
du territoire
avec une coordination de l’ensemble des acteurs institutionnels
concernés.
3.1
Une évaluation des programmes à renforcer
Si les programmes identifiés portent effectivement sur les
causes de l’obésité telles que les habitudes alimentaires, l’activité
physique et sportive ainsi que la sédentarité ou l’environnement lié au
mode de vie, les actions mises en œuvre ne comportent, pour
certaines,
ni budget prévisionnel ni indicateur de résultat. Les programmes de
prévention de l’obésité de la province Nord (programme en milieu
scolaire) et de la province des Îles (projet de dépistage et de prise en
charge des enfants à risque d’obésité a
u sein du centre médico-social de
Xepenehe à Lifou) ont fait l’objet d’un simple bilan.
Seuls les programmes de l’agence sanitaire et sociale de la
Nouvelle-Calédonie
(programme
de
prévention
primaire
des
pathologies de surcharge 2008-2012, programme «
mange mieux,
bouge plus
» de 2013-2017) et celui de la province Sud (le projet de
prévention des conduites à risques et lutte contre les addictions et les
substances psychoactives par la pratique des activités physiques et
sportives mis en place en octobre 20
20) ont fait l’objet d’une
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
63
évaluation
63
. Cependant, celles-
ci ne répondaient pas à l’ensemble des
critères présentés dans le schéma ci-dessous.
Schéma n° 1 :
Évaluation d’une politique publique
Source : agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie
Afin de disp
oser d’une évaluation systématique des politiques
de lutte contre l’obésité, la chambre recommande au gouvernement et
aux provinces, dès 2025, de procéder à une évaluation triennale de ces
63
La province Sud a réalisé une évaluation quantitative en utilisant la
méthode des essais contrôlés randomisés en identifiant un groupe de contrôle
(les unités provinciales d’action sanitaire et sociale expérimentale
s et témoins)
mais la mesure des impacts du programme n’a pu avoir lieu au moment de
l’évaluation sur site car aucun contact n’a été établi avec les territoires
-
témoins.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
64
politiques. Cette mesure permettra de juger de la pertinence, efficacité
et efficience des politiques publiques de lutte contre l’obésité.
Recommandation n° 4.
(Gouvernement et provinces) : Mettre en
place des plans pluriannuels en matière de politiques de prévention
de l’obésité
et procéder à leur évaluation triennale. (échéance 2025)
3.2
Un dépistage et un suivi inégal sur le territoire, des données
à recueillir et à exploiter
Les soins de santé primaire et les programmes en matière de
protection maternelle et infantile sont assurés par les centres médico-
sociaux et le secteur libéral. L’o
ffre de soins est inégalement répartie.
Elle est en effet concentrée en province Sud, en particulier autour de
Nouméa. La province Sud, qui accueille 75 % de la population,
regroupe ainsi 86 % des professionnels de santé, 81 % des médecins
généralistes et 96 % des médecins spécialistes. Le secteur libéral est très
développé sur les communes du grand Nouméa, alors qu’en provinces
Nord et îles Loyauté, ces soins sont essentiellement assurés par les
centres médico-sociaux.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
65
Tableau n° 8 :
Graphique n°7 : Densité des médecins généralistes
pour 100 000 habitants au 30 juin 2019
Source : c
hambre territoriale des comptes d’après les informations fournies par la
direction des affaires sanitaires et sociales
Le maillage territorial des centres médico-sociaux couvre
l’ensemble du
territoire de la Nouvelle-Calédonie.
Schéma n° 2 :
Implantation des centres médico-sociaux
18,8
60,6
10,5
49,3
73,2
67,8 67,7 68,8
92,1
128,3
78,1
122,3
0
20
40
60
80
100
120
140
province Nord
province Sud
province des îles
Nouvelle-Calédonie
province Nord
province Sud
province des îles
Nouvelle-Calédonie
province Nord
province Sud
province des îles
Nouvelle-Calédonie
Libéral conventionné
Salarié
Tous exercices
confondus
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
66
Source : Direction des affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-
Calédonie, situation sanitaire en 2017
La détection et le suivi de l’obésité en
dispensaire ou en ville
restent plus difficile en province Nord et province des îles qu’en
province Sud compte tenu du manque de médecins et d’infirmiers,
créant des inégalités territoriales dans la mise en œuvre du suivi de
l’obésité.
L’offre de soins s’a
ppuie aussi sur trois centres hospitaliers
publics et une clinique privée répartis sur le territoire : le centre
hospitalier territorial Gaston-Bourret, établissement public hospitalier,
le centre hospitalier Nord, le centre hospitalier spécialisé Albert-
Bousquet et la clinique Kuindo Magnin, installée à Nouville.
D’après le baromètre 2016 des pratiques médicales en Nouvelle
-Calédonie, une large majorité des médecins généralistes, salariés ou
libéraux, déclarent peser les enfants et adolescents (avec ou sans
surpoids) et les adultes en surpoids ou obèses à chaque consultation.
Cependant, seuls 40 % des médecins déclarent calculer l’indice de
masse corporelle des enfants et des adolescents à chaque consultation
(38 % déclarent le faire au moins une fois par
an). Près d’un tiers des
médecins déclarent reporter systématiquement l’indice de masse
corporelle dans le carnet de santé avant 5 ans et un sur cinq avant 16
ans.
Chez l’adulte sans surpoids apparent, 58 % des médecins
déclarent calculer l’indice de mass
e corporelle régulièrement (dont 19
% à chaque consultation) alors que chez l’adulte en surpoids ou obèse,
53 % des médecins déclarent calculer l’indice de masse corporelle à
chaque consultation. Les médecins salariés, notamment dans les centres
médico-soc
iaux, déclarent mesurer plus souvent l’indice de masse
corporelle de leurs patients et le reporter plus souvent dans le carnet de
santé que leurs confrères du secteur libéral.
L’exploitation des données de santé reste à améliorer. Dans son
rapport d’obser
vation définitive sur la gestion sanitaire et sociale
délibéré le 11 mai 2023
64
, la chambre territoriale des comptes de
Nouvelle-Calédonie avait souligné que
«
le système d’information de
santé en Nouvelle-Calédonie est constitué de plusieurs sources de
64
Rapport d’observations définitives relative à la gestion sanitaire et sociale
de la Nouvelle-Calédonie, délibéré le 11 mai 2023
.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
67
données qui ne sont pas liées entre elles. Chaque établissement
(hôpital, clinique, cabinet libéral) ayant informatisé le dossier médical
utilise un identifiant différent pour chacun de ses patients. A titre
d’exemple, pour le secteur hospitalier, un même patient bénéficie d’un
identifiant unique par établissement appelé l’identifiant permanent du
patient (IPP). Cependant, il est impossible de faire correspondre ces
identifiants entre eux. Les données sur les recours hospitaliers sont
actuellement limitées à d
es indicateurs d’utilisation de l’offre de soins
(nombre de séjours, de journées d’hospitalisation, durée moyenne de
séjour, taux d’occupation des services), sans indication sur les
pathologies ni sur la provenance géographique des malades
».
Face à ce constat, la chambre avait proposé de mettre en place
un numéro calédonien unique dans le domaine de la santé en s’appuyant
sur l’expertise de l’institut national de la statistique et des études
économiques et rattacher ce numéro à un répertoire calédonien
d’i
dentification des personnes physiques.
Une centralisation de données de santé, notamment celles
relatives à l’obésité dans un système d’information permet de recueillir
et traiter de l’information pour compléter l’analyse issue des enquêtes
coordonnées par
l’agence sanitaire et sociale de la Nouvelle
-Calédonie
(enquêtes Baromètre Santé Jeune et Santé Jeunes) et de réaliser des
évaluations périodiques des programmes de prévention de l’obésité
menés. Ces données pourront aussi alimenter le projet d’observatoi
re
de la santé en cours d’étude par le gouvernement
.
La chambre invite le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
à
renforcer et harmoniser le dépistage et le suivi de l’obésité sur le
territoire et à
mettre en place un système d’information permettant de
co
llecter l’ensemble des données relatives à l’obésité
en conventionnant
avec les provinces afin d’organiser le dépistage systématique de
l’obésité chez les enfants et les adultes.
L’analyse des causes et des conséquences
de l’obésité
nécessite
de la considé
rer dans sa globalité, c’est
-à-
dire de s’intéresser au
-delà à
l’état de santé de la population
,
à l’ensemble des déterminants ayant un
impact sur celui-ci
qu’ils soient
culturels, physiques, psychiques,
socioéconomiques,
environnementaux,
comportementaux,
professionnels ou encore liés aux difficultés de
recours à l’offre de
prévention et de soins.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
68
La connaissance de la situation épidémiologique du territoire
repose sur trois enquêtes réalisées par l’agence sanitaire et sociale
de
Nouvelle-Calédonie :
l
’enq
uête «
Baromètre Santé Adulte
»
dont l’objectif est
de
fournir des données actualisées sur l
’é
tat de santé et les
comportements en santé, en particulier sur le statut pondéral de
la population. La dernière enquête a été réalisée en 2021-
2022 et la
précédente en 2015. La périodicité d’observation est
donc de 6 à 7 ans ;
l
’enquête «
Baromètre Santé Jeune
» dont l’objectif principal
est d’améliorer les connaissances sur la santé et les
comportements en santé des jeunes scolarisés de 10 à 18 ans
(collèges et lycées) en Nouvelle-Calédonie. Le premier
Baromètre Santé Jeune a été réalisé en 2014 et le second en
2019 ;
l
’enquête «
Epi-Santé-NC
» qui est une étude épidémiologique
descriptive transversale réalisée auprès d’un échantillon
représentatif d’enfant
s âgés de 6, 9 et 12 ans et scolarisés en
Nouvelle Calédonie évaluant la santé orale, le statut pondéral
et les habitudes de vie des enfants. La dernière enquête a été
réalisée en 2019 et la précédente en 2012. La périodicité
d’observation est donc de 7 an
s.
Ces enquêtes, trop espacées dans le temps, ne permettent pas de
réaliser des analyses précises sur l’impact de l’environnement socio
-
économique ou géographique sur l’obésité.
Elles ne sont pas réalisées
en même temps et ne couvrent pas l’ensemble des tranches d’âges de la
population. Enfin, la fréquence irrégulière et trop espacée des enquêtes
ne permet pas de disposer de données actualisées.
La chambre recommande au gouvernement de la Nouvelle-
Calédonie de recueillir systématiquement les données permettant de
mesurer l’obésité lors de la réalisation d’enquêtes
santé couvrant
l’ensemble
d
es tranches d’âge et d’organiser
leur exploitation afin de
pouvoir identifier les causes et facteurs environnementaux de l’obésité.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
69
Recommandation n° 5.
(agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-
Calédonie) : Recueillir systématiquement les données de santé
permettant de mesurer l’obésité
, réaliser des enquêtes couvrant
l’ensemble des
tranches d’âge et organiser
une exploitation des
informations recueillies.
En réponse aux observations de la chambre, le directeur de
l’agence sanitaire et sociale précise que les données sur l’obésité des
jeunes sont prévues d’être relevées dans le
Baromètre santé jeunes 2024
qui sera reporté à 2025.
3.3
Un parcours de soin
et un schéma d’organisati
on sanitaire à
formaliser
Selon la Haute Autorité de la Santé, le parcours de soins de
l’obésité s’articule en quatre étapes
: le dépistage, le diagnostic,
l’échange
avec le patient et la prise de décisions adaptées.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
70
Schéma n° 3 :
Parcours de soins de l’obésité
Source : Haute autorité de la santé
Le parcours de soins, différent selon l’âge et la situation du
patient, n’a pas fait l’objet d’une formalisation et d’une communication
aux professionnels de santé du territoire. Les moyens dédiés à la prise
en charge de l’obé
sité concernant les cas complexes ou graves sont
situés sur Nouméa dans le secteur privé :
trois endocrinologues exercent en libéral à Nouméa ;
le centre spécialisé d’obésité et de surpoids (CSOS) est
un centre privé situé à Nouméa comprenant des
diététiciens, éducateurs sportifs et psychologues ;
le centre de soins de suite et de réadaptation (CSSR),
situé à Nouméa, est un centre privé avec une mission
de service public, bénéficie, pour la prise en charge de
l’obésité, de deux médecins (non endocrinolog
ues) et
d’un dispositif d’hospitalisation.
Aucun endocrinologue n’exerce dans les centres hospitaliers
nord ou territorial.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
71
Tableau n° 9 :
Étapes
du parcours de soin de l’obésité en
Nouvelle-Calédonie
Source : chambre territoriale des comptes de Nouvelle-
Calédonie d’après les données de
l’agence sanitaire et sociale de Nouvelle
-Calédonie
Personnes prises en
charges
Etapes du
parcours
de soins
Actions
Enfants
Dépistage
Courbe de corpulence du carnet de santé chez le
médecin de famille (libéral ou en dispensaire) ou à
l’école (médecine scolaire)
Prise
en
charge
Cas simple : médecin de famille (isolé)
Cas complexe :
Avis endocrinologue (Nouméa)
Consultation diététicienne (prise en charge
financière selon Mutuelles)
Prise en charge multidisciplinaire
(médecin, diététicienne, éducateur sportif,
psychologue, infirmier) en dispensaire quasi
uniquement (très difficile en libéral) partout sur le
territoire
Cas grave :
Hôpital (centre hospitalier territorial
Nouméa) et médicaments
Adultes
Dépistage
Médecin de famille en libéral ou dispensaire
Prise
en
charge
Cas simple : médecin de famille, isolé
Cas complexe :
Avis endocrinologue (Nouméa)
Consultation diététicienne (prise en charge financière
selon Mutuelles)
Prise en charge multidisciplinaire : médecin,
diététicienne, éducateur sportif, psychologue,
infirmier :
En dispensaire
Au Centre d’éducation thérapeutique ASSNC
-
Nouméa
Au Centre spécialisé obésité surpoids - CSOS
Nouméa
65
Cas grave :
Hôpital (CHT Nouméa) +/- Médicaments +/- Centre
de suite de soin et réadaptation - CSSR Nouméa
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
72
La chambre invite le gouvernement de Nouvelle-Calédonie à
formaliser un
parcours de soins de l’obésité et à en assurer une lar
ge
communication auprès des professionnels de santé.
La Nouvelle-
Calédonie dispose d’une carte sanitaire
66
et de
schémas d’organisation sanitaire
67
définis par la délibération n°171 du
25 janvier 2001 relative à la carte et au
x schémas d’organisation
sanitaire de la Nouvelle-Calédonie.
La délibération n° 171 du 25 janvier 2001 modifiée relative à
la carte sanitaire et aux schémas d’organisation sanitaire de la Nouvelle
-
Calédonie fixe à l’offre de soins des indices de besoins. C
es indices ont
pour objectif de répondre à l’évolution des besoins médicaux de la
population calédonienne notamment dans les domaines de la
périnatalité, des urgences, de l’insuffisance rénale chronique et de la
santé mentale. Cette délibération n’a pas ét
é mise à jour depuis 2016.
Les indices de besoins
n’ont pas été réactualisés en tenant compte de
l’évolution de la population et notamment de son
vieillissement ni de
sa situation épidémiologique. Dans son rapport sur la gestion sanitaire
et sociale de la Nouvelle-Calédonie
68,
la chambre avait recommandé à
66
La carte sanitaire détermine les limites des secteurs sanitaires ainsi que celles
des secteurs psychiatriques. Elle détermine aussi la nature et l’importance :
des installations nécessaires pour répondre aux besoins de la
population, y compris les équipements matériels lourds et les
structures de soins alternatives à l’hospitalisation, et
notamment celles nécessaires à l’exercice de la chirurgie
ambulatoire ;
des ac
tivités de soins d’un coût élevé ou nécessitant des
dispositions particulières dans l’intérêt de la santé publique.
67
Les schémas d'organisation sanitaire définissent les missions des structures
sanitaires et des professionnels de santé, organisent leur coordination et les
coopérations obligatoires ou nécessaires afin d'améliorer la qualité du système
de distribution des soins. Ils ont pour objet :
d’assurer aux usagers l’accessibilité et la continuité des
soins, la proximité et la gradation des soins, la qualité et la
sécurité des soins ;
d’encadrer l’offre de soins en veillant à promouvoir la
flexibilité et la mise en réseau de l'offre de soins, la maîtrise
des dépenses de soins, l’aménagement du territoire.
68
Rapport d’observations définitives sur la gest
ion sanitaire et sociale de la
Nouvelle-Calédonie délibéré le 11 mai 2023 - Exercices 2018 et suivants.
LA PREVENTION DE
L’OBESITE CHEZ LES
JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
73
la direction des affaires sanitaires et sociales de mettre à jour la carte
sanitaire en tenant compte du résultat du recensement de la population
de 2019 et des projections de population
réalisées par l’ISEE
sur les dix
prochaines années, en tenant compte de son vieillissement et de sa
situation épidémiologique qui tendent à augmenter les besoins de soins.
De plus, à l’i
nstar de la Polynésie française, la chambre invite
la Nouvelle-
Calédonie à mettre en place un schéma d’organisation
sanitaire pour chacune des priorités stratégiques de santé publique
définies
par le congrès en 2023, dont l’obésité.
La Polynésie française
a élaboré un schéma d’organisation sanitaire conçu initialement pour la
période 2016-
2021, puis prolongé une première fois jusqu’en 2023 et
une seconde fois jusqu’en 2025 par deux lois de
pays adoptées en 2020
et 2023. Ce schéma est structuré en six axes, 24 orientations et 76
actions. L’un d’entre eux est consacré à la prévention et la promotion
de la santé (axe 4). Il est lui-même décliné en trois orientations dont
l’une d’entre elles est «
de faire de la lutte contre le surpoids une
priorité Pays de la prévention.
». Cette orientation comprend deux
actions :
élaborer un schéma de prévention du surpoids et de
l’obésité
;
définir la lutte contre le surpoids comme priorité du
Pays pour permettre la mobilisation de l’ensemble des
acteurs autour de facteurs de risque.
Tableau n° 10 :
Schéma d’organisation sanitaire de la
Polynésie française
Axes
Orientations
Actions
Réinvestir
la
prévention
et
la
promotion de la santé
Faire de la lutte contre le surpoids une
priorité. Pays de la prévention
Élaborer un schéma de prévention du
surpoids et de l’obésité
Définir la lutte contre le surpoids
comme
priorité
du
Pays
pour
permettre
la
mobilisation
de
l’ensemble des acteurs autour de
facteurs de risque.
Rationaliser
l’organisation
de
la
prévention.
Organiser les services de prévention
en visant une polyvalence et une
pluridisciplinarité
:
maintenir
les
postes mais élargir les missions des
personnels de prévention.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
74
Axes
Orientations
Actions
Renforcer les points et actions de
dépistage en utilisant le maillage :
médecine du travail, dépistage scolaire
Intégrer une approche coût-efficacité
en prévention
Redonner aux communes un rôle dans
la santé
Partager une approche polynésienne
de la prévention et de la promotion de
la santé
Améliorer la connaissance de la
population pour la compréhension des
comportements de recours aux soins et
des déterminants de santé
Adopter
une
stratégie
de
communication régulière et diversifiée
et développer un marketing social
Mettre en place une évaluation de la
prévention
Source : gouvernement de la Polynésie française
La formalisati
on d’un parcours de soins et d’un schéma
d’organisation sanitaire ciblé sur la prévention de l’obésité permettra de
chiffrer et de suivre les dépenses de prévention et de prises en charge.
La chambre estime que celles-ci doivent être identifiées pour chacune
des priorités de santé arrêtées par le congrès, dont la prévention de
l’obésité, au sein de l’objectif calédonien d’évolution des dépenses de
santé et de protection sociale (OCDS) et des sous-objectifs relatifs à
l’évolution des dépenses d’assurance mal
adie (OCEAM)
69
et des
dépenses de prévention (OCEP)
70
. Leur suivi permettra
d’analyser le
coût des actions mises en place et, le cas échéant de ré équilibre le
financement de l’offre de prévention et de l’offre de soins.
Afin d’améliorer la prise en charge
, la chambre recommande au
gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de formaliser le parcours de
soin, de
l’
inclure, dès 2025, dans le
schéma d’organisation sanitaire
défini par la délibération n°171 du 25 janvier 2001 relative à la carte et
aux schémas d’org
anisation sanitaire de la Nouvelle-Calédonie et
69
L’objectif d’évolution calédonien des dépenses d’assurance maladie a été
défini par la délibération n° 245 du 26 juillet 2022 portant création de l’ob
jectif
calédonien d’évolution des dépenses l’assurance maladie.
70
L’objectif calédonien d’évolution des dépenses de prévention (OCEP) est
défini par la délibération n° 244 du 26 juillet 2022 portant création de l’objectif
calédonien d’évolution des dépense
s de prévention
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
75
d’identifier
un sous-objectif propre permettant de suivre
l’évolution des
dépenses d’assurance maladie et de prévention.
Recommandation n° 6.
(Gouvernement
de
la
Nouvelle-
Calédonie) : Formaliser le parcours de soins relatif à la prise en
charge de l’obésité, dans un schéma d’organisation sanitaire
et suivre
les dépenses dans le cadre des objectifs calédoniens d’évolution des
dépenses d’assurance maladie et de prévention
. (échéance 2025)
CONCLUSION INTERMÉDIAIRE
Si les programmes
mis en œuvre par l’agence sanitaire et
sociale et les provinces portent effectivement sur les causes de l’obésité
telles que les habitudes alimentaires, l’activité physique et sportive
ainsi que la sédentarité ou l’environnement lié au mode de vie, les
actions ne comportent, pour certaines, ni budget prévisionnel ni
indicateur de résultat. Dans ces conditions, ces programmes
n’ont pas
fait l’objet d’évaluation, ce que la chambre regrette.
Elle invite à mettre
en place des plans pluriannuels en matière de pr
évention de l’obésité
puis à prévoir leur
évaluation après trois années de mise en œuvre.
Le
dépistage de l’obésité et son suivi sont réalisés de façon
inégale sur le territoire et les données ne sont pas partagées rendant
leur
l’exploitation difficile.
En
fin, le parcours de soins mérite d’être
formalisé et la prise en charge spécifiée au sein d’un schéma
d’organisation sanitaire dédié. Le suivi des dépenses de prévention et
d’assurance maladie dans un sous
-objectif propre
permettra d’adapter
l’offre de soi
ns aux besoins et de réaliser les évaluations de
programmes nécessaires à l’adaptation des politiques publiques.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
76
ANNEXES
Annexe n° 1.
Déroulement de la procédure
...........
77
Annexe n° 2.
Tableau récapitulatif des
recommandations proposées et de leur
mise en œuvre au cours du contrôle des
comptes et de la gestion du présent
rapport
................................................
81
Annexe n° 3.
Synthèse des bilans et évaluations des
programmes de prévention de l’obésité
d
es provinces et de l’agence sanitaire et
sociale de la Nouvelle-Calédonie
......
83
Annexe n° 4. Glossaire
...........................................
94
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
77
Annexe n° 1.
Déroulement de la procédure
Le contrôle des comptes et de la gestion de la Nouvelle-
Calédonie, la province Nord, la province Sud et de
l’agence sanitaire et
sociale a porté sur les exercices 2019 et suivants. Durant cette période,
les présidents de la Nouvelle-Calédonie, des provinces et les présidents
du conseil d’administration
de l’agence
sanitaire et sociale étaient les
suivants :
Pour la Nouvelle-Calédonie
M. Louis Mapou, depuis le 16 juillet 2021
M. Thierry Santa du 6 juillet 2019 au 2 février 2021
M. Philippe Germain du 1er décembre 2017 au 12 mai
2019
Pour la province Sud
Mme Sonia Backès depuis le 17 mai 2019
M. Philippe Michel du 16 mai 2014 au 12 mai 2019
Pour la province Nord
M. Paul Néaoutyine depuis 14 juin 1999
Pour la province des Îles Loyauté
M. Jacques Lalié depuis le 17 mai 2019
M. Néko Hnepeune du 14 mai 2004 au 12 mai 2019
P
résident(e) conseil d’administration
l’agence san
itaire et
sociale
M. Yannick Slamet
Mme. Valentine Eurisouké
Directeurs de
l’agence
sanitaire et sociale
M. Cardeilhac JC du 18 janvier 2023 à nos jours
Mme Mestre M-L du 01 décembre 2021 au 18 janvier
2023
M. Rouchon B. du 15 juin 2006 au 01 décembre 2021
Le tableau ci-dessous retrace les différentes étapes de la
procédure définie par le code des juridictions financières et par le
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
78
recueil des normes professionnelles des chambres régionales et
territoriales des comptes.
Ministère public
Nombre
Date
Avis de
compétence
Sans objet
Instruction
Date
Destinataire/Interlocuteur
Envoi de la lettre
d'ouverture de
contrôle
8 février 2024
M. Cardeilhac JC
Mme Mestre M-L
M. Rouchon B.
M. Slamet Y.
M. Mapou L.
M. Santa T.
M. Germain Ph.
M. Lalié J.
M. Hnepeune N ;
M. Neaoutyine P.
Mme Backes S.
M. Michel Ph.
Entretien de début de
contrôle
15 février 2024
20 février 2024
20 mars 2024
M. Cardeilhac JC
Mme Mestre M-L
M. Rouchon B.
M. Slamet Y.
M. Mapou L.
M. Santa T.
M. Germain Ph.
M. Lalié J.
M. Hnepeune N.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
79
Instruction
Date
Destinataire/Interlocuteur
6 mars 2024
M. Eurisouke V.
(représentante de M.
Neaoutyine P).
Mme Backes
S.(représentant)
M. Michel Ph.
Entretien
de
fin
d’instruction
29 avril 2024
26 avril 2024
25 avril 2024
22 avril 2024
M. Cardeilhac JC
M.
Eurisouké
V.
(représentant Neaoutyine P.)
Mme Mestre M-L
M. Rouchon B.
Mme Christiane Saridjan
Verger (représentant S.
Backès)
M. Hnepeune N.
M. Santa Th.
M. Germain Ph.
M. Michel Ph.
M. Lalié J.
M. Slamet Y.
Délibéré
Date
Rapport
d’instruction
provisoire
16 mai 2024
Rapport d’instruction définitif
19 septembre 2024
Contradiction
Nombre
Dates
Envoi du rapport
d’observations
provisoires
12
5 juillet et 29
septembre 2024
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
80
Contradiction
Nombre
Dates
Envoi d’extraits
du rapport
d’observations
provisoires
1
5 juillet 2024
Réponses reçues
au rapport
d’observations
provisoire
3
17, 22 et 24 juillet
2024
Auditions
Néant
Rapport définitif
Nombre
Date
Envoi du rapport
d’observations
définitives
26 novembre 2024
Réponses reçues
au rapport
d’observations
définitives
1
2 janvier 2025
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
81
Annexe n° 2.
Tableau récapitulatif des recommandations
proposées et de leur mise en œuvre au cours du contrôle des
comptes et de la gestion du présent rapport
Recom.
Intitulé
Destinataire
Nature
Domaine
Gain attendu
ou risque
couvert
Degré
d’importance
Echéance
1
Revoir
les
mesures
de
régulations
du
marché des fruits
et
légumes
afin
d'élargir
l'offre
proposée
aux
consommateurs.
Gouvernement
de la
Nouvelle-
Calédonie
Performance
Gouvernance
et
organisation
interne
Amélioration
de l’état de
santé de la
population
Très
Important
2025
2
Encadrer
réglementairement
la
quantité
de
sucre ajouté dans
les
produits
vendus
en
Nouvelle-
Calédonie de telle
sorte que celle-ci
ne
soit
pas
supérieure à celle
des
produits
similaires vendus
dans l’hexagone.
Gouvernement
de la
Nouvelle-
Calédonie
Performance
Gouvernance
et
organisation
interne
1,5 MdF CFP
Très
Important
2025
3
Poursuivre
le
développement de
l’éducation
aux
écrans et de la
pratique
sportive
des
jeunes
en
facilitant l’accès au
sport
et
l’adaptation
des
pratiques pour les
personnes
atteintes d’obésité.
Gouvernement
de la
Nouvelle-
Calédonie
Performance
Gouvernance
et
organisation
interne
Amélioration
de l’état de
santé de la
population
Très
important
2025
4
Mettre en place
des
plans
pluriannuels
en
matière
de
politiques
de
prévention
de
l’obésité
et
procéder
à
leur
évaluation
triennale.
Gouvernement
de la
Nouvelle-
Calédonie et
provinces
Performance
Gouvernance
et
organisation
interne
Amélioration
de la politique
de prévention
Très
Important
2025
5
Recueillir
systématiquement
Gouvernement
de la
Performance
Gouvernance
et
Connaissance
de l’état de
Majeur
2025
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
82
Recom.
Intitulé
Destinataire
Nature
Domaine
Gain attendu
ou risque
couvert
Degré
d’importance
Echéance
les
données
de
santé
permettant
de
mesurer
l’obésité,
réaliser
des
enquêtes
couvrant
l’ensemble
des
tranches d’âge et
organiser
une
exploitation
des
informations
recueillies.
Nouvelle-
Calédonie
organisation
interne
santé de la
population
6
Formaliser
le
parcours de soins
relatif à la prise en
charge
de
l’obésité, dans un
schéma
d’organisation
sanitaire et suivre
les dépenses dans
le
cadre
des
objectifs
calédoniens
d’évolution
des
dépenses
d’assurance
maladie
et
de
prévention.
Gouvernement
de la
Nouvelle-
Calédonie
Performance
Gouvernance
et
organisation
interne
Améliorer la
prise en
charge des
patients
Majeur
2025
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
83
Annexe n° 3.
Synthèse
des bilans et évaluations des programmes
de prévention de l’obésité des provinces et de l’agence sanitaire et
sociale de la Nouvelle-Calédonie
1.
Bilan et é
valuation des plans de prévention de l’obésité
coordonné par
l’agence sanitaire et sociale de la
Nouvelle-Calédonie.
1.1.
Bilan des plans de prévention de l’obésité coordonné
par l’agence sanitaire et sociale de la Nouvelle
-
Calédonie.
Le programme de prévention des pathologies de surcharge
pondérale de l’agence sanitai
re et sociale de la Nouvelle-Calédonie
a coordonné en mars 2023 une campagne de communication, avec les
programmes «
diabète
» et «
baromètres et études
», pour sensibiliser
la population à la problématique du surpoids et de
l’obésité, et les
informer de l
’offre d’accompagnement au centre d’éducation de
l’agence sanitaire et sociale de la Nouvelle
-Calédonie. Le programme
«
diabète
» a par ailleurs communiqué en amont auprès des
professionnels de
santé fin 2022 de l’ouverture du centre d’éducation
thérapeutique aux patients obèses (stages pris en charge), et à nouveau
début 2024 auprès du grand public et des professionnels.
Régulièrement, le lien et une communication auprès des
professionnels de santé sont réalisés via des réseaux sociaux ou des
int
erventions de sensibilisation lors d’événements festifs.
Le programme «
mange mieux bouge plus
», même sans plan
formalisé postérieur à 2023, poursuit la mise en œuvre de projets de
promotion de l’activité physique et d’une alimentation saine et variée
qui
l’amène
à
intervenir
dans
différents
milieux
(scolaire,
professionnel, associatif …). Les actions en province
Nord et îles
Loyauté sont majoritairement réalisées par les diététiciennes.
Le centre d’éducation de l’agence sanitaire et sociale de la
Nouvelle-Calédonie, qui dépend quant à lui du programme «
diabète
»
s’adresse aux adultes à partir de 18 ans et reçoit en stage des patients
souffrant de diabète ou d’obésité. Ces stages sont délivrés par une
équipe
multidisciplinaire
(médecin,
infirmière,
diététicienne,
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
84
psychologue et professeur d’activité physique adaptée). Des ateliers de
groupe et des entretiens individuels sont proposés au cours d’un
programme structuré et personnalisé. En 2023, l’activité a assez
fortement augmenté, avec 720 stages (521 en 2022 ; +38%) suivis. Lors
de l’évaluation à distance (environ 1 an), les patients déclarent leur
qualité de vie s’améliorer et le nombre de leurs médicaments diminuer.
Des vacations de diététique sont organisées dans le cadre d’une prise en
charge multidisciplinaire dans les trois provinces dans un soucis de
rééquilibrage de l’offre de prévention.
1.2.
Evaluation du programme de prévention primaire des
pathologies de surcharge 2008-2012
L’évaluation quantitative du programme de prévention
primaire des pathologies de surcharge mis en place en décembre 2007,
s’étalant sur la période 2008
-
2012, s’est portée sur
:
le suivi de la prévalence de surcharge pondérale de la
population
,
et
plus
particulièrement
d’enfants
scolarisés du primaire et d’adultes
;
le suivi de la situation nutritionnelle de la population.
L’évaluation quantitative de l’impact du programme a permis
de procéder à un état des lieux de la situation nutritionnelle de la
population permettant de détecter les mauvaises pratiques alimentaires
et de réorienter et adapter les actions du programme si nécessaire. Cette
évaluation s’est basée sur les enquêtes réalisées par l’agence sanitaire
et sociale de Nouvelle-
Calédonie sur la situation de l’obésité en
Nouvelle-Calédonie (enquête Baromètre Santé Adultes et Baromètre
Santé Jeunes, enquête « EPI-Santé ») permettent de disposer de
données sur l’obésité des jeunes et les adultes entre 18 et 64 ans. Elles
ont permis d’obtenir des informations concernant le nombre d’obèses
selon la catégorie d’âge, les pratiques alimentaires
et le mode de vie. Il
s’agit donc d’une évaluation quantitative du programme mesurant
l’impact du programme sur l’obésité. La vocation du programme
était
aussi d’informer et permettre à la population d’acquérir des
connaissances pour faire des choix alimentaires judicieux et plus
équilibrés pour améliorer l’état nutritionnel de la population et stabiliser
la prévalence de surcharge pondérale chez les enfants.
Le bilan reste mitigé. Si la prévalence de surcharge pondérale
s’est stabilisée chez les enfants et les adultes (la prévalence de l’obésité
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
85
selon les catégories d’âges n’a pas évolué entre 2015 et 2022), le bilan
des enquêtes menées ne permettent pas de conclure à une amélioration
de l’état nutritionnel de l’obésité. Les habitudes alimentaires
privilégiant les féculents et sucres au détriment des fruits et légumes
n’ont pas changé. La consommation de fruits et légumes a même
diminué, entre 2005 et 2022, en Nouvelle-Calédonie. La consommation
annuelle de fruits par habitant, a baissé de 30,7 % entre 2008 et 2022 et
celle de légumes de 6,45 % entre 2005 et 2022.
L’évaluation qualitative du programme a montré que 82% des
activités prévues lors de la conception du programme ont été mis en
œuvre
de manière effective, en l’espace de
quatre ans.
Toutefois, la répartition du nombre des personnes sensibilisées
selon le public est inégale selon la province. La province Sud est la zone
où le déploiement des actions est le plus important, Ainsi en 2011, près
des 70 % des personnes sont sensibilisées en 2011 en province Sud alors
qu’elles ne représentent que 13 % en province des îles et 19 % en
province Nord.
Outre l’adhésion variable des partenaires dans le choix des
ac
tions du programmes, l’évaluation a mis en exergue des difficultés du
déploiement des actions envisagées :
pour les actions de communication grand public
(campagne télévisuelle notamment), ces difficultés
sont
de
nature
logistique
(il
semblerait
que
l’occu
pation de créneaux porteurs dans les médias soit
difficile) et financière (ces campagnes ont un coût
élevé).
pour les actions engageant les partenariats, les
difficultés de déploiement tiennent à plusieurs facteurs
: un manque de culture commune de santé publique, un
manque de coordination entre les acteurs et de
compréhension du rôle de l’
agence sanitaire et sociale
(difficulté à reconnaître son rôle de porteur des
orientations de la politique du pays en matière de
prévention, du fait de son statut d’étab
lissement public.
L’évaluation fait apparaître des difficultés dans
l’articulation des actions entre l’
agence sanitaire et
sociale de la Nouvelle-Calédonie, les provinces puis
l’éducation, les mairies et industriels.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
86
1.3.
Evaluation du programme « mange mieux bouge
plus » 2013-2017
L’évaluation du programme «
mange mieux bouge plus
» 2013-
2017 a été conduite entre mars et juillet 2018. Cette évaluation avait
pour finalité de dresser le bilan des réalisations du p
rogramme d’une
part, et d’en analyser les points forts et points faibles en termes de
coordination et de mobilisation partenariale d’autre part. Concernant la
méthode d’évaluation, il s’agit d’une évaluation qualitative du
programme : les investigations ont ensuite reposé sur la conduite de 53
entretiens individuels ou collectifs sur site auprès des partenaires
concernés par le programme (soit 76 acteurs). Un travail de benchmark
sur les stratégies de prévention des pathologies de surcharge a
également été réalisé.
L’analyse de l’évaluation montre que pour l’ensemble du
programme, ce sont 85 % des actions programmées initialement qui ont
été, à part égale, réalisées partiellement ou en totalité. Les campagnes
média grand public ont été effectué systématiques chaque année et un
effort a été fait pour les relayer sur le terrain, avec des supports ou des
actions de proximité. Néanmoins, l’analyse montre que les plus grandes
difficultés ont été rencontrées pour la mise en
œuvre
des actions visant
une modification
de l’environnement.
L’évaluation met en exergue les freins à la mise en œuvre
des
actions, au-
delà de l’engagement très variable des partenaires et, en
particulier de certains pilotes, dans le programme :
u
ne interférence avec d’autres plans stratégiques
qui
pointent le manque de coordination entre les acteurs
institutionnels. Sur la deuxième période de mise en
œuvre
du programme (à partir de 2016), ont été
élaborés plusieurs documents stratégiques ayant trait à
un ou plusieurs axes d’intervention du progr
amme de
prévention (comme le plan stratégique Do Kamo) ; ce
qui a suspendu le bon déroulement du programme,
notamment les actions du programme impactées par les
réorganisations (actions visant la santé scolaire par
exemple). Des freins institutionnels, mettent aussi en
évidence des divergences entre politiques publiques
quant aux priorités à traiter. Le programme Mange
Mieux Bouge Plus ne constitue pas aussi un cadre de
référence pour l’ensemble des acteurs interrogés, c’est
-
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
87
à-
dire qu’il ne s’agit pas d’un
document sur lequel ils
s’appuient pour décider de leur programme de
prévention des pathologies de surcharge. De plus, le
positionnement respectif des différents projets ainsi
que les articulations entre eux doivent être clairement
définis.
une approche non globale : le recours insuffisant à
certains leviers d’action, en particulier aux associations
de femmes et aux instances religieuses ainsi que le
choix de répondre à des sollicitations individuelles
d’acteurs (entreprises, écoles, associations, etc.) plu
tôt
que de s’appuyer sur des acteurs « têtes de réseau »
pour avoir une approche plus systématique.
u
n programme avec un spectre d’intervention plus
large
: concernant la mise en œuvre des actions au
regard des besoins identifiés dans le programme,
l’évaluation
note
le
spectre
d’intervention
du
programme est large car il cible différents milieux
d’intervention : l’école, l’entreprise, le milieu sanitaire
mais aussi la population générale. Toutefois, outre,
l’axe visant à faire évoluer l’environnement est mo
ins
important que sur la période 2008
2012 alors qu’agir
sur les conditions de vie est beaucoup plus efficace en
termes de santé publique que vouloir faire évoluer les
comportements
individuels.
Enfin,
l’évaluation
souligne
l’importance
d’adapter
le
cont
enu
du
programme aux spécificités culturelles et territoriales
des provinces (s’adresser à la famille (grands
-parents
compris) plutôt qu’aux femmes apparaît plus porteur à
un certain nombre d’acteurs au regard de l’organisation
de la société).
un
manque
de
convergence
des
politiques
publiques qui peut avoir pour conséquence de réduire
la portée de certaines actions du programme. Par
exemple, l’évaluation mentionne que
:
« les actions en
faveur d’une alimentation équilibrée sont contraintes
par l’absence de
politique agricole mais aussi
économique facilitant la disponibilité et l’accessibilité
à des produits sains (fruits et légumes en particulier).
Les actions en faveur d’une activité physique régulière
peuvent se heurter à des stratégies d’aménagement du
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
88
territoire et à des politiques de transport qui ne
favorisent pas le recours à des modes doux de
déplacement. De plus, le créneau sport
santé a pu
jusque-
manquer
de
cadre
juridique
et
réglementaire
. ».
une absence de portage politique du programme
fortement préjudiciable à son efficacité car elle ne
permet pas d'inscrire la politique de prévention de santé
comme priorité à tous les niveaux de décision et dans
l'ensemble des politiques publiques.
Concernant l’efficacité du programme, il apparaît néanmoi
ns
que les actions ont trop peu été adaptées aux réalités territoriales et
culturelles pour avoir toujours une portée optimale. Le programme a
surtout été adapté à la population du Grand Nouméa et que le
programme souffre d’un Un manque d'informations qual
itatives
collectées auprès des bénéficiaires et de la population pour connaître la
compréhension des messages véhiculés par le programme et l'adhésion
aux actions proposées même si le slogan « Mange mieux Bouge plus »
est largement diffusé.
2.
Bilan du programme de prévention de la province des
îles Loyauté
A ce jour, seul le projet de dépistage et de prise en charge des
enfants à risque d’obésité au sein du Centre médico
-social de Xepenehe
à Lifou a fait l’objet d’un bilan mené sur l’obésité infantile début
septembre 2022.
Au cours de la période avril-septembre, plus de 230 visites de
protection maternelle infantile ont été réalisées pour un total de 61
enfants de 0 à 30 mois. Parmi ces 61 enfants suivis à la PMI du district,
14 (23 %) présentaient une surcharge pondérale justifiant leur
intégration dans le programme.
3.
Bilan du programme d’éducation à la santé en milieu
scolaire de l’obésité de la province Nord
Ce programme a fait l’objet d’un bilan mesurant le pourcentage
du programme en milieu scolaire à réali
ser par secteur en 2023. Il n’a
toutefois pas fait l’objet d’une évaluation.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
89
Graphique n° 9 :
Pourcentage du programme éducation à la santé
en milieu scolaire réalisé par secteur en province Nord, en 2023
Source : Chambre territoriale des comptes de Nouvelle-Calédonie
d’après les données fournies
par la province Nord
Le programme d’éducation à la santé en milieu scolaire affiche
des taux de progression avancés sur les secteurs identifiés (supérieurs à
50 %) à l’exception du secteur de Belep
-Voh-Kaala Gomen (taux
d’exécution de 7 %). Ce programme n’a pas fait l’objet d’une
évaluation coût/efficacité.
4.
Evaluation d’un programme de prévention de la
province Sud
Concernant le projet de prévention des conduites à risques et
lutte contre les addictions et les substances psychoactives par la
pratique des activités physiques et sportives mis en place en octobre
2020, une évaluation a débuté en février 2020. Elle a pour objectif de
mesurer à l’échelle de chaque secteur concerné (5 communes test, 3
communes té
moins), par tranche d’âge (6
-11 ans, 12-15 ans, 16-18 ans),
et par sexe, les bénéfices des activités sportives sur la santé globale
(somatique, psychique, sociale, perçue…), la consommation de
85%
68%
83%
80%
85%
54%
7%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
90
produits psychoactifs, et la motivation à s’engager durablement
dans
des activités physiques et sportives.
Afin d’évaluer ce programme, la province Sud a identifié un
groupe de référence de 3 communes non-ciblées par le programme : La
Foa, Yaté et l’Ile des Pins. Un échantillon de 600 enfants et adolescents
non-bénéficiaires du programme sont identifiés pour y être suivis afin
de mesurer les écarts avec l’effectif des enfants et adolescents
bénéficiaires du programme, et donc les impacts de celui-ci sur la santé
et pratiques en matière de comportements de santé et d’us
ages de
substances psychoactives.
Carte n° 4 :
Les unités provinciales de l’action sanitaire et sociale
de la province Sud faisant parties du groupe de référence (UPASS
expérimentales) et de contrôle (UPASS témoins)
Source : Chambre territoriale des comptes de Nouvelle-
Calédonie d’après les
données fournies par la province Sud
Au moment de l’évaluation sur site, aucun contact n’a été établi
avec ces 3 territoires-témoins, car la province Sud a privilégié la mise
en œuvre de l’expérimentation dans les 5 territoires c
iblés. La mesure
des impacts du programme n’a donc pu avoir lieu.
L’évaluation comporte
:
une dimension quantitative (mesure statistique de
l’évolution des comportements de santé notamment en
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
91
assurant le suivi des courbes de poids, par territoire et en
exploitant des questionnaires) ;
une dimension qualitative (analyse qualitative de
l’évolution des comportements de santé fondée sur des
entretiens avec des groupes d’adolescents et éducateurs
sportifs ; les personnels médico sociaux des unités
provinciales d
’action sanitaire et sociale pour avoir une
perception de l’état de santé et des activités et des effets
chez les enfants, adolescents, parents et identifier in fine
les freins et leviers repérés) ;
une analyse de la coordination de ce programme au regard
des politiques publiques menées localement.
Le ciblage des 1 500 enfants et adolescents n’a pu être effectif
lors de la dernière visite évaluative en date de juillet 2022. Outre
l’impact de la crise san
itaire qui a fortement retardé le lancement du
programme, celui-ci a été impacté en raison de plusieurs paramètres :
des publics difficiles à toucher ;
d
es unités provinciales d’action sanitaire et sociale encore
peu mobilisées ;
une offre de pratique sportive en-deçà de la demande
potentielle ;
un manque de coordination avec les 5 communes et
l’Education nationale
;
un manque de moyens humains pour accélérer la mise en
œuvre
du programme.
En juillet 2022, une trentaine de jeunes ont pu être référencés.
Ce résultat est bien en dessous de l’objectif initial de 1 500 jeunes à
mobiliser.
Les outils envisagés au démarrage de la mission sont certes
opérationnels mais en format papier, ce qui a paru chronophage à
instruire et traiter pour la Province Sud. Ces outils ne sont pas
appropriés, ni utilisés. Ils portent sur le profil de santé, de l’évaluation
d’activité physique et de sédentarité, et de l’évaluation de la
consommation de produits psychoactifs. En l’absence de ces données,
à laquell
e s’ajoute un faible nombre d’enfants inscrits dans le
programme, il n’a pas été possible de mesurer de façon statistique
l’évolution des comportements de santé en juillet 2022.
Concernant la pratique des activités sportives, l’évaluation a
fait apparaître que 66 clubs sportifs ont été mobilisés dans le cadre du
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
92
programme sur un ensemble de 200 clubs répertoriés en province Sud
en dehors de Nouméa. Ces 66 clubs sont inégalement répartis dans les
5 communes du programme et restent insuffisants pour accueillir les 1
500 enfants et adolescents visés dans leurs activités.
Par ailleurs, les
clubs ne sont pas outillés à ce jour pour concevoir des accueils et des
prises en charge spécifiques des enfants et des adolescents en situation
d’obésité ou faisant face à d
es conduites addictives, dans un contexte
où le bénévolat semble en crise.
L’évaluation
propose
de
renforcer
l’articulation
et
la
coordination du programme avec les établissements scolaires et les
collectivités.
Les établissements scolaires accueillant la quasi-totalité des
enfants et des adolescents âgés de 6 à 15 ans concernés par le
programme, un partenariat entre le Vice-rectorat et la Province Sud est
proposé dans le cadre de l’évaluation compte tenu des problèmes de
mobilité rencontrés par les enfants pour se rendre dans les lieux
d’activité et des limites d’une offre sportive réduite.
Par ailleurs, les 5 communes développent des politiques
territoriales sportives et de jeunesse et peuvent constituer un appui
précieux pour la mise en œuvre du programme
.
L’évaluation propose le développement des volontariats en
service civique pour faciliter la mise en œuvre de l’expérimentation
dans les établissements scolaires, les équipements sportifs des
communes et les clubs.
Un bilan a été réalisé en mars 2023. Il a permis de formaliser
plusieurs préconisations pour la suite du déploiement du projet :
l
e recentrage de l’activité sur
quatre communes où les besoins sont
avérés : couronne de Nouméa (Mont-Dore, Païta, Dumbéa) et
Bourail ;
l
’amélioration
du
circuit
d’ori
entation
des
enfants
pour
l’organisation des activités des enfants (identification de clubs en
capacité effective d’accueillir des enfants, etc.)
;
la mobilisation des éducateurs sportifs spécifiques pour intervenir
en milieu scolaire sur Mont Dore et Dumbéa (élémentaire) et dans
le secondaire (recrutement de l’équivalent d’un éducateur pour 5
établissements scolaire, identification des écoles où le sport est peu
développé, mobilisation des ressources de la province Sud pour le
repérage des enfants à risque) ;
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
93
l
’identification des enfants repérés par les structures médico
-
sociales (les Unités Provinciales de l’Action Sanitaire et Sociale
-
UPASS-
) et qui bénéficient de l’offre déjà existante avec les
éducateurs municipaux (périscolaire et vacances) et les éducateurs
du groupement d’employeurs
;
l
a structuration de l’offre (en communiquant, repérant
les
éducateurs et bénévoles à mobiliser, en lien avec les clubs, les
associations intervenant en milieu scolaire, les éducateurs
municipaux, etc.) ;
l
’étude de l’opportunité et de la faisabilité d’un prolongement du
projet jusqu’en juin 2024, pour mesurer l’efficacité de ces
préconisations ;
l
’articulation de la dernière année du projet avec les dispositifs
existants (
déploiement d’éducateurs sportifs affectés à des
écoles,
etc.).
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
94
Annexe n° 4. Glossaire
Diabète :
Le diabète de type 2 est une maladie caractérisée par
une hyperglycémie chronique, c’est
-à-dire par un taux trop élevé de
glucose ou sucre dans le sang. Cette maladie survient généralement
chez les adultes avançant en âge, et touche davantage les personnes
ayant un surplus de poids et les personnes obèses. Le diabète entraine
des complications cardiovasculaires.
Epidémiologie :
discipline
scientifique qui
étudie
les
problèmes de santé dans les populations humaines, leur fréquence, leur
distribution dans le temps et dans l’espace, ainsi que les facteurs
exerçant une influence sur la santé et les maladies de populations.
Education thérapeutique du patient :
Selon la définition de
l’Organisation Mondiale de la Santé, l’éducation thérapeutique du
patient « vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les
compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une
maladie chronique. Elle fait partie intégrante et de façon permanente de
la prise en charge du patient. Elle comprend des activités organisées, y
compris un soutien psychosocial, conçues pour rendre les patients
conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation et
des procédures hospitalières, et des comportements liés à la santé et à
la maladie. Ceci a pour but de les aider, ainsi que leurs familles, à
comprendre leur maladie et leur traitement, à collaborer ensemble et à
assumer leurs responsabilités dans leur propre prise en charge, dans le
but de les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie. »
Incidence :
En épidémiologie, l'incidence d'une maladie est le
nombre de nouveaux cas de cette maladie observés sur une période
donnée.
Indice de masse corporelle :
Une grandeur qui permet
d'estimer la corpulence d’une personne. Inventé au milieu du XIXᵉ
siècle par Adolphe Quetelet, mathématicien belge et l'un des fondateurs
de la statistique moderne, cet indice est aussi appelé l'indice de Quetelet.
Il est défini en divisant le poids (en kg) par le carré de la taille (m)
Morbidité :
La morbidité d’une population se définit comme
étant «
le nombre de personnes malades ou le nombre de cas de
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
EN NOUVELLE-CALEDONIE
95
maladies dans une population déterminée, à un moment donné
». On
distingue habituellement plusieurs types de morbidité :
une morbidité diagnostiquée qui correspond aux
affections diagnostiquées et traitées par le corps médical,
chez des individus ayant eu recours à des médecins ;
une morbidité dite ressentie qui recouvre l’ensemble des
affections, des troubles réels tels que les individus les
ressentent et les interprètent, dont un sous-ensemble
constitue la morbidité déclarée ;
une morbidité infraclinique correspondant aux affections
dont on ne peut encore déceler l’existence, faute de signes
cliniques ou de moyens d’investigation suffisamment
sensibles ;
une morbidité réelle englobant la totalité des affections
existant chez un individu, connues ou non de lui,
diagnostiquées ou non.
Enfin, ces définitions doivent être précisées dès que l’on
s’interroge sur la signification du «
moment donné
» et on est donc
amené à considérer deux types de mesures de la morbidité :
la morbidité prévalente
: il s’agit du nombre de cas d’une
maladie donnée ou de personnes atteintes de cette maladie
ou de tout autre événement morbide (accidents ou
suicides par exemple), existant dans une population
déterminée à un moment donné, sans distinction entre les
cas nouveaux et les anciens ;
la morbidité incidente
: il s’agit du nombre de nouveaux
cas d’une maladie donnée ou des personnes qui sont
atteintes de cette maladie, pendant une période donnée,
dans une population déterminée.
Mortalité :
La mortalité qui est caractérisée par le nombre de
décès rapporté dans une population pour un temps donné.
Prévalence :
Nombre de cas d'une maladie dans une population
à un moment donné, englobant aussi bien les cas nouveaux que les cas
anciens.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
96
Prévention :
La prévention selon l’Organisation Mondiale de
la Santé est l'ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre
et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps. Il s'agit
d’en
distinguer trois types :
la prévention primaire : ensemble des actes visant
à diminuer l'incidence d'une maladie dans une
population et à donc réduire, autant que faire se
peut les risques d'apparition de nouveaux cas.
Sont par conséquent pris en compte à ce stade de
la prévention les conduites individuelles à risque,
comme les risques en terme environnementaux
ou sociétaux.
la prévention secondaire : est de diminuer la
prévalence d'une maladie dans une population.
Ce stade recouvre les actes destinés à agir au tout
début de l'apparition du trouble ou de la
pathologie afin de s'opposer à son évolution ou
encore pour faire disparaître les facteurs de
risque.
la prévention tertiaire : qui intervient à un stade
où il importe de diminuer la prévalence des
incapacités chroniques ou des récidives dans une
population et de réduire les complications,
invalidités ou rechutes consécutives à la maladie.
Transition épidémiologique ou transition sanitaire
: Période
de baisse de la mortalité qui accompagne la transition démographique.
Elle s’accompagne d’une amélioration de l’hygiène, de l’alimentation
et de l’organisation des services de santé et d’une transformation des
causes
de
décès,
les
maladies
infectieuses
disparaissant
progressivement au profit des maladies chroniques et dégénératives et
des accidents.
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EN NOUVELLE-CALEDONIE
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REPONSES
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
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Réponse de Monsieur Louis Mapou, président du gouvernement
de la Nouvelle-Calédonie
Réponses de Mesdames Marie-Laure Mestre, ancienne directrice
de l’agence
sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie et de Mme
le docteur Hélène Pichot, ancienne directrice adjointe de l’agence
sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie
En application de l’article L.262
-68 du code des juridictions
financières, cette réponse engage la seule responsabilité de leurs
auteurs.
LA PREVENTION DE L’O
BESITE CHEZ LES JEUNES (15-25 ANS)
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RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
100
Chambre territoriale des comptes de Nouvelle-Calédonie
13, boulevard Vauban
BP 2392 - Nouméa Cedex
Tél. (00 687) 28 11 44
www.ccomptes.fr/ctc-nouvelle-caledonie
« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »
Article 15 de la déclaration des droits
de l’Homme et du citoyen