Direction générale
des Entreprises
Paris, le 22 novembre 2024
Le directeur général des entreprises
à
Madame Carine Camby
Présidente de la première chambre de la Cour des
comptes
Objet
:
Avis sur les observations définitives relatives au contrôle organique de la direction
générale des entreprises
Par courrier en date du 28 octobre dernier, vous m’avez transmis les observations définitives établies
par la première chambre de la Cour des comptes dans le cadre de son contrôle organique de la direction
générale des entreprises et je tiens à remercier la Cour pour le travail et l’analyse réalisés.
Comme le prévoit l’article R. 143
-6 du code des juridictions financières, ces observations appellent de
ma part les remarques qui suivent.
S’agissant de la réorganisation opérée par la direction générale des entreprises depuis 2018
:
Comme souligné par la Cour, la DGE s’est significativement transformée depuis 2018. Elle s’est d’abord
restructurée, pour recentrer son action sur les priorités stratégiques à forte valeur ajoutée, ce qui lui a
permis de se positionner comme une direction d’Etat major, capable d’investir de nouveaux champs
d’action. La stratégie de la DGE s’articule
désormais autour de 4 grandes priorités, qu’elle traduit en
politiques publiques et décline au niveau national et européen
: l’autonomie stratégique et la sécurité
économique, la transition écologique, la transition numérique et l’économie de proximité.
Je tiens à remercier la Cour pour sa reconnaissance de la réactivité et de l’efficacité dont les services de
la DGE ont fait preuve dans le déploiement des dispositifs d’intervention sectoriels en réponse aux chocs
provoqués par les crises sanitaire et énergétique. La réorganisation de la direction opérée en 2019 a
facilité cette réactivité, en généralisant le mode projet, en redéployant ses ressources humaines au profit
des missions stratégiques, en transférant aux opérateurs publics des tâches d’instructi
on et de gestion
administrative et financière des aides publiques.
S’agissant des relations de la DGE avec les acteurs économiques
:
L’extension du champ de missions portées par la DGE et la multiplication des dispositifs d’interventions
qu’elle a pilo
tés depuis 2018 ont conduit à une intensification de ses échanges avec les acteurs
économiques. Comme la Cour le souligne, ces acteurs ont aujourd’hui une vision positive de l’action de
la DGE, qui déploie des politiques d’accompagnement des entreprises dans l’ensemble du champ des
transformations auxquels elles font face.
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S’agissant du dimensionnement du réseau déconcentré
et de la coordination avec l’administration
centrale :
La direction générale des entreprises partage la préoccupation de la Cour de procéder régulièrement à
une évaluation de la pertinence du dimensionnement des effectifs des services économiques de l’Etat
en région (SEER) au regard de leurs priorités et des évolutions prévisibles.
La DGE tient à souligner par ailleurs que plusieurs actions visant à renforcer la coordination entre
l’échelon central et le réseau déconcentré ont été lancées au cours des dernières années.
-
En particulier, de nombreux travaux ont été mis en place depuis 2020 pour définir collectivement
les priorités d’action des servi
ces déconcentrés et adapter ainsi leur charge aux moyens
disponibles en respectant les priorités locales. Une liste de projets prioritaires DGE-SEER a été
définie à partir de 2021 pour permettre à la DGE et aux
Directions régionales de l’économie, de
l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS)
de partager leurs attentes respectives sur les
grandes priorités de la politique économique de l’Etat en région
;
-
En ligne avec la transformation du service de l’information stratégique et de la sécurité
économique (SISSE), la DGE a dès 2019 redynamisé la gestion du réseau des délégués à
l’in
formation stratégique et à la sécurité économiques, placés auprès des DREETS et des Préfets
de région : le réseau est totalement imbriqué avec le SISSE dans le déploiement de la politique
de sécurité économique ;
-
La DGE a également augmenté les effectifs alloués aux DREETS pour répondre aux besoins les
plus sensibles par exemple via des effectifs supplémentaires sur la mission « entreprises en
difficultés » ou encore sur la décarbonation, revenant ainsi sur une partie de la réforme de 2018
alors que les attentes vis-à-vis des DREETS augmentaient de nouveau ;
-
Les résultats du dialogue de gestion de l’automne 2024 permettront d’engager une concertation
avec les autorités déconcentrées de l’Etat sur le schéma d’organisation qui prévaut actuellement
et les évent
uelles inflexions qu’il serait nécessaire d’engager.
S’agissant des modalités de coordination des différentes structures d’intervention économiques de
l’Etat au niveau territorial
:
La DGE partage également le constat fait par la Cour d’un besoin d’approfondissement de la
coordination avec le ministère de l’Intérieur sur les modalités de coordination de l'action territoriale de
l’Etat en matière économique. Cette concertation pourrait s’articuler autour de la formalisation d’une
offre de service des SEER des DREETS aux préfets de département comprenant notamment :
-
la démarche d’appui aux projets d’importance régionale
;
-
une coordination des réseaux d’acteurs du développement économique (Etat, opérateurs,
collectivités, réseaux consulaires…), sous l’
autorité du préfet de région, en coanimation avec le
Conseil régional ;
-
l’articulation avec le pilotage du réseau des sous
-préfets France 2030 et aux implantations
industrielles ;
-
les réponses à apporter en matière d’articulation entre l’échelon régional et l’échelon
départemental et au besoin de clarification pour les sujets économiques suivis par la préfecture
de département que le SEER n’est pas en mesure de traiter pour des raisons d’effectifs mais
également du périmètre de ses missions.
S’agissant des
outils partagés entre la DGE et les DREETS concernant le suivi des entreprises :
La DGE partage pleinement la nécessité de bénéficier d’une vision en temps réel du traitement des
demandes des entreprises déposées auprès des opérateurs et de le rendre accessible à ses services
déconcentrés. Cette demande fait l’objet de travaux avec les autres directions de l’Etat concernées
comme le secrétariat
général pour l’investissement
ou les directions du ministère de la Transition
écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques pour les plans d’investissement
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relevant de leurs compétences.
En revanche, chaque opérateur doit être
responsable de son système d’information
- afin de ne pas
engendrer de coûts de coordination importants - et proposer un accès sécurisé à distance aux agents
de la DGE au niveau national et dans les services déconcentrés.
S’agissant de la mise en place d’un cadre de concertation régulier entre la direction générale des
entreprises, Régions de France et les représentants des conseils régionaux :
La DGE partage pleinement la nécessité d’un dialogue régulier avec les régions. Elle tient toutefois à
soulig
ner que plusieurs canaux d’échanges existent déjà sur les politiques et dispositifs impliquant une
mise en cohérence avec les initiatives prises par certaines collectivités.
Concernant la politique industrielle et numérique, les conseils régionaux sont déjà consultés
régulièrement par la DGE dans le cadre du Conseil National de l’Industrie et de certains comités
stratégiques de filière ainsi qu’au niveau régional par les DREETS qui contribuent à l’articulation de la
politique de l’Etat et celle du Conseil
régional selon les spécificités régionales.
La co-
construction avec les territoires et les élus se trouve au cœur du mandat du service de l’économie
de proximité de la DGE. Un poste y a été créé spécifiquement pour renforcer le dialogue avec les
associations de collectivités (régions, mais aussi départements, EPCI et communes) et recenser les
initiatives locales, afin de soutenir conjointement un déploiement effectif de nos politiques publiques
sur le terrain. Les préfectures et leurs services sont également étroitement associés à cette démarche.
Thomas COURBE