Sort by *
500, avenue des États du Languedoc
CS 70755
34064 MONTPELLIER CEDEX 2
T +33 4 67 20 73 00
occitanie@crtc.ccomptes.fr
RAPPORT D’OBSERVATIONS
DÉFINITIVES
ET SA RÉPONSE
SYNDICAT MIXTE DE RÉALISATION DES
INSTALLATIONS ET DU TRAITEMENT DES
ORDURES MÉNAGÈRES DE LA ZONE NORD DU
PLAN DÉPARTEMENTAL DES DÉCHETS
(Gard)
Exercices 2011
et suivants
SMIRITOM
2
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
3
Rapport d’observations définitives n°
GR/19/0258 du 14 janvier 2019
TABLE DES MATIÈRES
SYNTHÈSE
...............................................................................................................................
5
RECOMMANDATIONS
.........................................................................................................
6
INTRODUCTION
....................................................................................................................
7
1.
PRÉSENTATION DE L’ORGANISME
.........................................................................
8
2.
LES STATUTS
..................................................................................................................
9
L’évolution des compétences statutaires
...................................................................
9
Une mise en œuvre centrée sur la seule gestion de prestations externalisées
...........
9
2.2.1.
Une compé
tence de traitement partiellement mise en œuvre
........................
9
2.2.2.
Une compétence d’animation de la collecte sélective encore théorique
......
11
Le fonctionnement interne
.......................................................................................
13
2.3.1.
Le comité syndical
.......................................................................................
13
2.3.2.
Le bureau
.....................................................................................................
13
2.3.3.
Le président
..................................................................................................
14
La mise à disposition de locaux et de personnels
....................................................
15
La commande publique
............................................................................................
15
2.5.1.
Le transfert des ordures ménagères résiduelles des quais de transfert vers le
centre de tri
..................................................................................................
16
2.5.2.
Le transport, le tri et la valorisation des déchets provenant de
déchetteries :
................................................................................................
16
3.
LA SITUATION COMPTABLE, BUDGÉTAIRE ET FINANCIÈRE
.....................
18
La structure budgétaire du syndicat et le périmètre des services externalisés
.........
18
La qualité de l’information budgétaire et financière
...............................................
19
3.2.1.
Le déba
t d’orientation budgétaire
................................................................
19
3.2.2.
La qualité de l’information budgétaire et financière
....................................
19
La fiabilité
................................................................................................................
20
3.3.1.
Les écarts sur la dette entre le compte administratif et le compte de
gestion
..........................................................................................................
21
3.3.2.
Le rattachement des charges à l’exercice
.....................................................
21
3.3.3.
La réalisation des prévisions budgétaires
....................................................
21
L’analyse financière
.................................................................................................
22
3.4.1.
Les résultats d’exécution budgétaire
............................................................
22
3.4.2.
Le fonctionnement
.......................................................................................
23
3.4.3.
La capacité d’autofinancement
....................................................................
25
3.4.4.
Le financement des investissements
............................................................
25
3.4.5.
La dette
.........................................................................................................
26
3.4.6.
La trésorerie
.................................................................................................
27
3.4.7.
La prospective
..............................................................................................
27
4.
LE CONTRAT DE PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ
..............................................
28
La stratégie du syndicat
...........................................................................................
29
SMIRITOM
4
4.1.1.
Le choix du procédé technique et du mode juridique
..................................
29
4.1.2.
L’évaluation préalable et les c
onseils mobilisés
..........................................
30
4.1.3.
Les moyens mobilisés pour conduire le projet
............................................
31
4.1.4.
Une consultation ne suscitant que deux offres
.............................................
31
4.1.5.
Les différents contentieux liés au projet
......................................................
32
L’économie du contrat de partenariat
......................................................................
33
4.2.1.
Un partage des risques bien maitrisé, dès l’origine, par
le partenaire
.........
33
4.2.2.
Les paramètres financiers et juridiques
........................................................
33
4.2.3.
Un financement assuré par les contributions des collectivités membres
.....
34
L’exécution d
u contrat de partenariat
......................................................................
37
4.3.1.
La mise à disposition du terrain d’assiette de Néoval
..................................
37
4.3.2.
Les modifications apportées par avenants
...................................................
38
4.3.3.
Le versement de la redevance contractuelle
................................................
40
Le bilan du recours au partenariat
...........................................................................
41
4.4.1.
Le respect du calendrier contractuel
............................................................
41
4.4.2.
La performance financière
...........................................................................
42
4.4.3.
La performance environnementale
..............................................................
43
4.4.4.
Le bilan quantitatif
.......................................................................................
45
4.4.5.
Conclusion sur l’efficience
..........................................................................
48
4.4.6.
Les perspectives
...........................................................................................
50
ANNEXE
.................................................................................................................................
54
GLOSSAIRE
...........................................................................................................................
55
Réponses aux observations définitives
..................................................................................
57
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
5
SYNTHÈSE
La chambre régionale des comptes Occitanie a examiné la gestion du syndicat mixte de
réalisation des installations et du traitement des ordures ménagères de la zone nord du plan
départemental de déchets du Gard (SMIRITOM) pour les exercices 2011 et suivants. Ce syndicat
regroupe
la communauté d’agglomération du Grand Alès et la communauté de communes de Cèze
Cévennes. Son périmètre a évolué sous la période, suite à la recomposition du paysage
intercommunal.
Le SMIRITOM, qui assurait historiquement des miss
ions d’études, a pour objet, depuis
2013, le traitement et la valorisation des déchets et l’animation et le suivi d’une politique
coordonnée en matière de collecte sélective.
Le syndicat n’a pas pris la mesure de ses nouvelles missions. Il a une interprét
ation
restrictive de
l’exercice de ses compétences, à savoir
le traitement des déchets excluant les déchets
verts et bio-
déchets. L’animation qu’il exerce en matière de collecte sélective est très limitée. Sa
structure financière, avec une contribution proratisée au tonnage de déchets apportés par ses
membres, se fonde sur un modèle en décalage croissant avec les enjeux et les politiques
environnementales actuelles.
Le syndicat a conclu, en 2007, un contrat de partenariat public-privé (PPP) pour la
réalisation, l’exploitation et la maintenance d’une unité de traitement mécano
-biologique à
Salindres, réceptionnée en juin 2013.
Il s’est engagé dans
une opération complexe, faisant appel à des techniques peu éprouvées,
en signant un contrat de longue durée (échéance : 2035)
dont il a mal maîtrisé l’économie, sans
définir les performances environnementales à atteindre, ou fixer des objectifs en matière de
continuité de l’exploitation.
Or
l’équipement n’atteint ses objectifs de valorisation matière que pa
rce que la valorisation
énergétique est bien supérieure aux prévisions. En revanche 82 % de la masse entrante est envoyée
en centre d’enfouissement ou en incinérateur, à plus de 70 km du site. Le coût de traitement à la
tonne, 129,32 € TTC en 2016, est sup
érieur de près de 25 % à la moyenne nationale. Les déchets
verts, pourtant en augmentation, ne peuvent pas y être valorisés.
La production de compost est inférieure aux objectifs contractuels, les débouchés
commerciaux sont par ailleurs limités. L’efficie
nce économique et environnementale du procédé
de traitement apparaît faible,
et le syndicat doit en prendre la mesure avant de s’engager plus avant
dans une adaptation du contrat.
La chambre lui recommande de définir les axes prioritaires de son intervention pour les
années à venir en cohérence avec les principes énoncés dans le code de l’environnement et
dans
la planification régionale de la gestion des déchets.
Par ailleurs, le syndicat doit renforcer la qualité de ses procédures internes et veiller au
respect des règles de concurrence lors de ses consultations. Il doit également veiller à la régularité
des indemnités versées aux vice-présidents.
SMIRITOM
6
RECOMMANDATIONS
Mettre les statuts en conformité avec les compétences transférées.
Mise en œuvre en
cours.
Mettre en œuvre les obligations prévues par le cadre législatif et réglementaire en
matière de plateformes de déchets verts et de bio-déchets.
Mise en œuvre en cours.
Réserver l’attribution d’indemnités aux vice
-
présidents bénéficiant d’une délégation
portant sur des attributions précisément identifiées.
Non mise en œuvre.
Relancer la consultation pour le transport et le tri des déchets lors du renouvellement
de l’accord cadre en supprimant les clauses limitant la concurrence.
Non mise en œuvre.
Assurer le contrôle efficient du volet économique et financier du contrat, par une
analyse approfondie des documents produits par le partenaire.
Non mise en œuvre.
Réaliser un audit du fonctionnement de l’outil industriel Néoval débouchant sur des
préconisations opérationnelles.
Non mise en œuvre.
Adopter un plan stratégique détaillant les objectifs que se fixe le SMIRITOM afin
d’exercer l’intégralité de ses missions.
Non mise en œuvre
.
Les recommandations et rappels au respect des lois et règlements formulés ci-dessus ne
sont fondés que sur une partie des observations émises par la chambre. Les destinataires du présent
rapport sont donc invités à tenir compte des recommandations, mais aussi de l’ensemble des
observations détaillées par ailleurs dans le corps du rapport et dans sa synthèse.
Au stade du rapport d’observations définitives, le degré de mise en œuvre de chaque
recommandation est coté en application du guide de la Cour des comptes d’octobre 2017
:
Non mise en œuvre
: pour les recommandations n’ayant donné lieu à aucune mise en œuvre
;
pour les recommandations ayant donné lieu à une mise en œuvre très incomplète après plusieurs
suivis
; quand l’administration concernée s’en tient à prendre acte de la
recommandation
formulée.
Mise en œuvre en cours
: pour les processus de réflexion ou les mises en œuvre engagées.
Mise en œuvre incomplète
: quand la mise en œuvre n’a concerné qu’une seule partie de la
recommandation ; pour les recommandations pour lesqu
elles la mise en œuvre en cours n’a pas
abouti dans le temps à une mise en œuvre totale.
Totalement mise en œuvre
: pour les recommandations pour lesquelles la mise en œuvre en
cours a abouti à une mise en œuvre complète
; lorsque la mise en œuvre incomplè
te a abouti à
une mise en œuvre totale.
Devenue sans objet : pour les recommandations devenues obsolètes ou pour lesquelles le suivi
s’avère inopérant.
Refus de mise en œuvre
: pour les recommandations pour lesquelles un refus délibéré de mise
en œuvre est
exprimé.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
7
INTRODUCTION
Aux termes de l’article L.
211-3 du code des juridictions financières « Par ses contrôles,
la chambre régionale des comptes contrôle les comptes et procède à un examen de la gestion. Elle
vérifie sur pièces et sur place la régularité des recettes et dépenses décrites dans les comptabilités
des organismes relevant de sa compétence. Elle s’assure de l’emploi régulier des crédits, fonds et
valeurs. L’examen de la gestion porte sur la régularité des actes de gestion, sur l’écono
mie des
moyens mis en œuvre et sur l’évaluation des résultats atteints par rapport aux objectifs fixés par
l’assemblée délibérante ou par l’organe délibérant. L’opportunité de ces objectifs ne peut faire
l’objet d’observations
».
Le contrôle des comptes et de la gestion du SMIRITOM a été ouvert le 2 octobre 2017 par
lettre du président adressée à M. Max Roustan, ordonnateur en fonctions.
En application de l’article L.
243-
1 du code des juridictions financières, l’entretien de f
in
de contrôle a eu lieu le 12 février 2018.
Lors de sa séance du 14 mars 2018, la chambre a arrêté des observations provisoires qui
ont été transmises à M. Max Roustan. Des extraits les concernant ont été adressés à des tiers.
Après avoir examiné les réponses reçues et entendu les personnes qui avaient sollicité une
audition, la chambre, dans sa séance du 20 septembre 2018, a arrêté les observations définitives
présentées ci-après.
SMIRITOM
8
1.
PRÉSENTATION DE L’OR
GANISME
Le syndicat mixte de réalisation des installations de traitement des ordures ménagères
(SMIRITOM) a été créé par arrêté préfectoral du 26 mai 2000
1
. C’est un syndicat mixte fermé
soumis aux dispositions des articles L. 5711-1 et suivants du code général des collectivités
territoriales (CGCT)
2
.
Lors de sa création, le SMIRITOM avait pour membres :
la communauté d’agglomération
du Grand Alès et les communautés de communes du pays Grand’Combien, Vivre en Cévennes,
pays de Cèze, Ranc d'Uzège, et du Mont Bouquet. Il est désormais composé de deux établissements
publics de coopération intercommunale (EPCI)
: la communauté d’agglomération du Grand Alès
et la communauté de communes de Cèze Cévennes
3
. Selon les statuts adoptés en dernier lieu par
délibération du 6 février 2017
4
, l’agglomération adhère au SMIRI
TOM pour 56 de ses 73
communes, la communauté de communes Cèze Cévennes pour 15 de ses 23 communes.
Suite aux évolutions de périmètre, le syndicat intervient pour une population totale de
131 419 habitants
5
.
Le SMIRITOM est administré par un comité syndical composé de 67 délégués titulaires et
67 suppléants élus par les différents conseils de communauté ou d’agglomération des EPCI
membres
6
.
Il intervient dans le cadre du plan national déchets 2009-2012, issu des lois dites du
Grenelle de l’environnement
7
avec notamment comme objectifs :
une augmentation du recyclage matière et organique à 45 % en 2015 (contre 24 % en 2004) ;
une diminution de 15 % des quantités de déchets incinérés et stockés entre 2009 et 2012 ;
le doublement, entre 2009 et 2015, des capacités de valorisation biologique des déchets
ménagers.
Le plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux du Gard
8
,
adopté en septembre 2014, coordonne l’ensemble des actions à entreprendre localement en la
matière. Il fait ét
at d’un tonnage d’ordures ménagères résiduelles (OMR) collecté en 2010 de
203
308 tonnes à l’échelle du département, soit 308,7
kg par habitant et par an. Ce ratio est 4 %
au-
dessus de la moyenne nationale. Il relève notamment que le gisement d’évitement est de l’ordre
de 55
%, soit 170 kg/habitant, et incite à la mise en place d’actions de prévention, de valorisation
matière ou organique par le biais des collectes séparatives.
1
Le syndicat mixte d’étude SMIETOM, créé en 1997, est devenu le SMIRITOM en 2000.
2
Chapitres I et II du titre 1
er
du livre II de la cinquième partie.
3
À compter du 1
er
janvier 2017, les communautés de communes Vivre en Cévennes et du Pays Grand’Com
bien ont été intégrées à
la CA d’Alès.
4
Statuts approuvés par arrêté préfectoral du 12 mai 2017
5
Insee - Population totale légale en vigueur en 2017
millésimée 2014.
6
Statuts du SMIRITOM 2017
article 5.
7
Loi du 3 août 2009 de programmation relative
à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement dite «
Grenelle I » et la loi du
12
juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement dite «
Grenelle II ».
8
Le plan départemental
: « s’applique sans préjudice du respect du code des marchés
publics et des attributions des communes
auxquelles la loi a confié la responsabilité de l’élimination des déchets provenant des ménages et constitue une réflexion po
ur les
décideurs publics devant contribuer à la qualité du débat local sur la gestion des déchets ».
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
9
2.
LES STATUTS
L’évolution des compétences statutaires
Le SMIRITOM, initialemen
t syndicat d’études, est
, depuis le 1
er
avril 2013, un syndicat de
réalisation dont les compétences déléguées sont les installations et le traitement des déchets
ménagers et assimilés (construction et exploitation) comprenant
9
:
Pour la gestion, en investissement et en fonctionnement :
les centres d’élimination des déchets ménagers et assimilés
;
les centres de tri liés à la filière ;
les installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND).
En fonctionnement seul :
les transports de déchets ménagers et assimilés des centres de transfert aux centres de
traitement ;
les plateformes de compostage de déchets verts ;
le transport et le traitement des déchets issus des déchetteries
destinées à l’accueil des
particuliers.
Les statuts précisent que la
compétence du syndicat ne s’étend pas aux installations
construites ou exploitées par des syndicats préexistants au SMIRITOM et qui ne sont désormais
plus exploitées.
Pour les partenariats en matière de collecte sélective, le SMIRITOM doit :
animer un comité de pilotage et le suivi de la collecte sélective en relation avec les communes
et établissements publics de collecte concernés ;
harmoniser et conseiller ceux-
ci en vue d’une meilleure coordination de la collecte sélective sur
tout le territoire du syndicat.
La chambre relève que la prise de compétence en matière de traitement des OMR est
intervenue en même temps que la réception de l’unité de tri de Salindres.
Une mise en œuvre centrée sur la seule gestion de prestations externalisées
2.2.1.
Une compéten
ce de traitement partiellement mise en œuvre
En matière de traitement des déchets non dangereux, l’exercice de la compétence par le
SMIRITOM comprend :
le suivi de l’installation de NÉOVAL, qui sera évoqué infra
;
les marchés publics hors contrat de partenariat.
9
Statuts du SMIRITOM 2017
article 2.
SMIRITOM
10
Depuis 2013, le syndicat a repris tous les marchés publics précédemment conclus par les
EPCI membres pour le traitement des déchets déposés en déchetteries ou collectés sélectivement :
encombrants, emballages ménagers recyclables (EMR), papiers, journaux et magazines (PJM),
cartons, déchets verts, gravats et déchets ménagers spéciaux (DMS). Le syndicat est également en
charge du transport des ordures ménagères rassemblées sur les quais de transfert d’Alès
Agglomération jusqu’au centre de traiteme
nt de Salindres, ainsi que des matériaux déposés en
déchetterie vers leur lieu de valorisation, traitement et élimination.
L’article L.
2224-13 du CGCT dispose que les opérations de transport, de transit ou de
regroupement qui se situent à la jonction de la collecte et du traitement peuvent être intégrées à
l'une ou l'autre de ces deux missions. À cet égard, e
n vertu de ses statuts, le SMIRITOM n’est pas
compétent pour créer de nouveaux quais de transfert.
Le fait que les EPCI membres du syndicat aient conservé la compétence relative au
regroupement de leurs ordures ménagères résiduelles, y compris la charge des investissements à
réaliser pour la création de quais de transfert, bien que peu propice à une approche collective de la
recherche des lieux d’im
plantation de tels équipements
10
, apparaît conforme à l’article du CGCT
précité.
En revanche, la chambre constate que les investissements relatifs aux plateformes
spécifiques de compostage des déchets verts
11
, ne ressortent pas de la compétence de collecte dite
du « haut de quai » des déchetteries
, mise en œuvre par les EPCI membres mais de la compétence
de traitement, dite de « bas de quai ». Cette compétence ayant été transférée au SMIRITOM, les
statuts doivent donc les intégrer.
L’augmentation importante
du volume des déchets verts
12
, qui est à l’origine d’une
explosion du coût de fonctionnement des déchetteries depuis 2014, analysée par le syndicat
lui-même comme une tendance lourde appelée à se répéter du fait de la limitation du brûlage
13
,
nécessite qu’i
l recherche des solutions de traitement à long terme, incluant la recherche de
débouchés pour le compost ou le broyat issus de ces déchets.
Le SMIRITOM étant, depuis 2013, un syndicat de réalisation des installations de traitement
des déchets ménagers et assimilés (construction et exploitation), dont font partie les plateformes
de compostage ou de broyage des déchets verts, la chambre relève que c’est à lui qu’il appartient
de les créer
14
.
Il en va de même pour le compostage des bio-déchets produits en quantité importante par
des producteurs ou détenteurs autres que les ménages qui doivent être triés à la source pour en
permettre la valorisation de la matière, qu’ils soient collectés par le service public, ou pas
15
.
L’article L.
541-21-
1 du code de l’environnement prévoit en effet qu’à compter du 1
er
janvier 2025
cette obligation mise en œuvre progressivement depuis 2012 soit étendue à tous les professionnels,
y compris les collectivités en charge de la restauration collective
16
. Si ces bio-déchets peuvent être
10
Lors du débat d’orientation budgétaire pour 2013, le coût de l’achat de terrains et de réalisation de quais de transfert avai
t été
évalué à 550
k€ si le SMIRITOM restait compétent en la matière suite à
la modification des statuts.
11
Qui n’ont pas non été intégrés dans les statuts du syndicat.
12
Rapport 2016 sur l’élimination des déchets
: + 15 % de déchets verts et de bois déposés en déchetteries par rapport à 2015.
13
Note du débat d’orientation budgétaire pour 2016.
14
À l’instar du Sydom d’Aveyron et du syndicat Centre Hérault.
15
En 2010, selon une campagne de caractérisation menée dans le Gard, la part des déchets d’activités économiques collectés en
mélange avec les ordures ménagères était estimée à 22 % (PPGDND du Gard).
16
Le plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux du Gard (PPGDND) estime leur quantité à 27 866
tonnes en 2025.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
11
traités par compostage pour en favoriser le retour au sol, il est interdit de les mélanger avec d’autres
déchets n’ayant pas fait l’objet d’un tri à la source
17
.
De plus, le syndicat doit prendre en compte tant les conséquences juridiques du Grenelle
de
l’environnement, en matière de valorisation des déchets et de réduction de leur enfouissement,
que l’augmentation de la population gardoise. Le plan départemental de prévention et de gestion
des déchets non dangereux estime en effet, à périmètre constant, la population couverte à 684 203
habitants à son lancement, 740 173 habitants en 2019 et 771 921 habitants en 2025
18
d’où
l’importance à accorder à ses préconisations d’autant que dans son rapport public thématique de
septembre 2011 consacré à la gestion des déchets ménagers par les collectivités locales, la Cour
des comptes a relevé le pilotage défaillant de cette politique.
Dans sa réponse écrite, le président du SMIRITOM justifie le fait que les EPCI membres
gardent la charge de la création des plateformes de compostage des déchets verts par la survivance
des pratiques anciennes d’écobuage et de brûlage, aujourd’hui interdites
, et par la volonté de
maintenir une pratique identique sur l’ensemble des communes
. Sans avoir à créer de nouvelles
installations, le syndicat estime pouvoir proposer une solution de traitement moyennant
l’adaptation technique de l’unité NÉOVAL au titre d’un avenant n°
6 en projet. Il attend toutefois
le résultat d’études de faisabilité et de coû
ts avant de procéder à une modification statutaire sur ce
point.
Pour les bio-déchets, il indique que leur compostage pourrait être pris en compte dans le
cadre d’un traitement séparé, également dans le cadre de l’évolution de l’unité NÉOVAL, son
exploita
nt étant dès lors autorisé à traiter avec des clients externes tels que l’hôpital d’Alès et les
établissements d’enseignement secondaire.
Enfin, le président, également président de la communau
té d’agglomération d’Alès,
mentionne que le SMIRITOM étudie, e
n partenariat avec Alès Agglomération, la création d’une
unité de méthanisation multimodale capable de traiter les bio-déchets des gros producteurs, les
boues de STEP et les déchets verts et la FFOM, et de produire du biogaz.
La chambre prend acte des engagements du syndicat.
Recommandations
Mettre les statuts en conformité avec les compétences transférées.
Mise en œuvre
en cours.
Mettre en œuvre les obligations prévues par le cadre législatif et réglementaire en
matière de plateformes de déchets verts et de bio-déchets.
Mise en œuvre en cours
.
2.2.2.
Une compétence d’animation de la collecte sélective encore théorique
Les EPCI membres du SMIRITOM ont conservé la compétence de la collecte des déchets
ménagers, y compris la collecte sélective, ainsi que l’exploitation des
déchetteries
. Jusqu’en 2017,
aucun contrat ne liait le syndicat à un éco-organisme. Cette année-là, une démarche de diagnostic
préalable des sites des déchetteries gérées par les membres du syndicat a été engagée en vue de la
17
Décret n° 2016-288 du 10 mars 2016.
18
La population sai
sonnière est d’environ 180
000 habitants supplémentaires, mais il considère que son impact sur le gisement
annuel est peu significatif.
SMIRITOM
12
conclusion par ce dernier d’un premier contrat de ce type avec Éco Mobilier mis en œuvre
progressivement à partir de 2018.
S’agiss
ant de la collecte sélective, le SMIRITOM se voit conférer, par ses statuts, un rôle
d’animation et d’harmonisation des pratiques sur tout le territoire. Bien que limité, cet embryon
de compétence en matière de collecte aurait pu permettre au syndicat de piloter et de suivre la mise
en place et l’amélioration de la collecte sélective au bénéfice de ses membres.
La chambre constate qu’il n’en a pas été ainsi durant la période sous revue. Depuis une
convention conclue en 2002 pour une prestation ponctuelle d
’aide à la mise en place du tri sélectif
jusqu’à ce jour, l’apport du syndicat s’est fait au seul bénéfice
de la communauté d’agglomération
Alès Agglomération au travers de la mise à disposition de l’ingénieur employé par le
SMIRITOM
19
.
Les objectifs fixés en 2014 par le plan départemental de prévention et de gestion des
déchets non dangereux ne sont pas atteints. Alors que le plan visait la collecte sélective, en 2019,
de 44 kg par habitant et par an, les EPCI membres du SMIRITOM n’en collectent ainsi que
30,1
kg (- 31,6
%). Ce retard dans le développement de la collecte sélective est confirmé si l’on compare
les prévisions communiquées aux candidats à l’attribution du contrat de partenariat au cours de la
consultation lancée en 2007, et les données relatives à ce qui a été réalisé en 2015. À partir de la
situation de
2005, le SMIRITOM avait indiqué aux candidats que le tonnage d’emballages
ménagers, de papier et de carton issu de la collecte sélective atteindrait 4 200 tonnes en 2015, alors
qu’il n’a repré
senté que 3 608 tonnes cette année-
là, selon le rapport annuel d’activité du syndicat
(- 14 %).
Dès lors, la chambre constate la faiblesse des actions mises en œuvre et l’insuffisance des
résultats obtenus, exception faite du taux de refus
20
. Elle relève q
ue le syndicat n’a
pas pris la
mesure des enjeux liés à ses missions et se fonde sur un modèle en décalage croissant avec les
enjeux et les politiques environnementales.
Dans sa réponse, le président du SMIRITOM rappelle que les EPCI membres ont fait le
choix de conserver la signature des contrats avec les éco-organismes et donc la responsabilité des
dispositifs et des modes de cette collecte, ainsi que la communication afférente.
Il
fait état des bonnes pratiques de la communauté d’agglomération d’
Alès qui a engagé
depuis 2015 un processus d’amélioration de ses performances en matière de collecte sélective
permettant l’amélioration des volumes de tri (sur les papiers et emballages recyclables) et de taux
de refus.
La chambre invite le syndicat à faire profiter tous les membres, comme dont la
communauté de communes Cèze Cévennes,
de ce type d’actions
.
19
Pour la préparation ponctuelle des marchés de collecte, et des contrats avec les éco-organismes.
20
Taux de refus de tri de 11,85 % pour un objectif fixé à 16 % en 2019 par le PPGDND du Gard.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
13
Le fonctionnement interne
2.3.1.
Le comité syndical
Au sein du comité syndical, 56 délégués siègent au titre de la communauté d’agglomération
Alès Agglomération, et 11 au titre de la communauté de communes Cèze Cévennes. Le règlement
intérieur du comité syndical a été adopté, en dernier lieu, le 3 juillet 2014.
Les statuts prévoient au moins deux réunions par an. Entre 2011 et 2016, le comité syndical
a été réuni deux à six fois par an
21
.
La chambre relève que le règlement intérieur doit
faire l’objet d’une actualisation pour tenir
compte, d’une part, des nouveaux statuts adoptés le 6
février 2017, d’autre part de la modification
apportée, à compter du 1
er
août 2015, à l’article L.
2312-1 du code général des collectivités locales
relatif au débat d’orientation budgétaire (DOB)
22
. En effet, l’article 6 du règlement actuel n’impose
pas que le DOB soit suivi d’un vote alors que la loi prévoit désormais qu’il est pris acte de ce débat
par une délibération spécifique. Cette délibération doit faire l’objet d’un vote de l’assemblée
délibérante dans les conditions de droit commun
23
.
2.3.2.
Le bureau
Le CGCT
24
indique la composition du bureau d’un établissement publ
ic de coopération
intercommunale, ainsi que le nombre maximal de vice-présidents. Les statuts du SMIRITOM
prévoient l’élection, par les délégués constituant le comité syndical, du président et des vice
-
présidents. Le nombre de délégués constituant le comité étant fixé à 67 dans les statuts adoptés le
6 février 2017, le nombre maximum de vice-présidents, déterminé par application de la proportion
de 20
% fixée par la loi, s’établit à 14
25
. Il est toutefois prévu, que dans le cas où l’assemblée
décide à la majorité des deux-tiers, il puisse être fixé un nombre de vice-présidents supérieur.
Ce sont 15 vice-présidents qui ont été élus au SMIRITOM. La chambre relève que la
délibération du 6 mars 2017 relative à la fixation du nombre de vice-présidents ne fait pas
apparaître que les membres du comité syndical ont été informés de ce dépassement et de
l’obligation de l’adopter selon une majorité qualifiée.
Pour l’exercice effectif des fonctions de président ou de vice
-président, des indemnités
peuvent leur être accordées sur vote du comité syndical, leur montant étant déterminé en appliquant
au montant du traitement mensuel correspondant à l’indice brut terminal de la fonction publique,
un barème fixé par l’article R.
5212-1 du CGCT.
Par délibération du 6 février 20
17, le comité syndical a décidé d’attribuer au président et à
15 vice-présidents
26
, des indemnités au taux de 29,53 % pour le président et de 9,36 % pour chacun
des vice-présidents, dans les limites réglementaires.
21
Recueil des actes administratifs du SMIRITOM
en moyenne quatre fois par an -
aucune réunion n’a été reportée faute de
quorum.
22
Modification issue de l’article
107 de la loi NOTRé.
23
Réponse à question écrite AN n° 94427 du 18 octobre 2016 M. Malek Boutih.
24
Article L. 5211-
10. Il est composé du président, d’un ou plusieurs vice
-
présidents et, éventuellement, d’un ou plusieurs autres
membres. Le nombre maximal de vice-
présidents est déterminé par l’organe délibérant, sans que ce nombre puisse être supérieur
à 20
%, arrondi à l’entier supérieur, de l’effectif total de l’organe délibérant, ni qu’il puisse excéder 15 vice
-présidents.
25
Par délibération du 6 février 2017, le comité syndical a décidé de fixer à 15 le nombre de vice-présidents.
26
Délibération du 6
février 2017. Si le tableau annexe récapitulatif n’en mentionne que 14 (les vice
-présidents y sont numérotés
de 1 à 3 et de 5 à 15) il manque cependant Claude Cerpedes, réélu VP en 2017.
SMIRITOM
14
La chambre relève que le caractère effectif des fonctions assurées par les vice-présidents,
qui seul donne droit à indemnité, ne ressort ni de réunions régulières tenues par le bureau, ni de
délégations de fonction qui auraient été consenties à chacun
d’eux
par le président, par voie
d’arrêté et
portant sur des attributions, identifiées de façon suffisamment précise pour permettre
d’en apprécier la consistance
27
.
Dès
lors,
le versement
d’indemnités aux vice
-présidents
du
SMIRITOM est
insuffisamment justifié
28
.
Dans sa réponse écrite, le président s’engage
: «
à préciser d’ici la fin de l’année les
délégations des membres du bureau ».
La chambre rappelle que ces précisions doivent prendre la forme d’arrêtés
.
Recommandation
Réserver l’attribution d’indemnités
aux vice-
présidents bénéficiant d’une
délégation portant sur des attributions précisément identifiées.
Non mise en
œuvre
.
2.3.3.
Le président
Le président est l’
exécutif du syndicat dont il est le seul représentant légal
29
. Il définit les
objectifs à atteindre,
prépare et exécute les délibérations du comité syndical. Il est l’ordonnate
ur
des dépenses et
prescrit l’exécution des recettes.
Les statuts prévoient que le président peut convoquer le comité syndical chaque fois qu’il
le juge utile, ainsi qu’à la demande d’au moins un tiers de ses membres. Selon le règlement
intérieur, le président peut aussi, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de
signature aux vice-présidents, aux délégués et, dans certains cas, au personnel syndical.
Ces dispositions sont plus restrictives que celles du CGCT qui prévoit, à son article
L. 5211-9, que le président peut déléguer, par arrêté,
l’exercice d’une partie de ses fonctions aux
vice-
présidents. Or le président n’a consenti aucune délégation et il est le
seul à pouvoir, par
exemple, signer un bon de commande au titre d’un accord
-cadre, ou notifier un marché public
30
.
En dernier lieu par délibération du 6 février 2017, le comité syndical a confié au président
une très large part de ses attributions, dans le
respect des limites posées par l’article L.
5211-10 du
CGCT qui dispose
que, lors de chaque réunion de l’organe délibérant, le président rend compte
des attributions exercées par délégation de celui-ci.
La chambre relève que le comité syndical n’a pas ét
é systématiquement tenu informé des
actes pris par son président au cours de la période. Ainsi, pour deux marchés attribués en procédure
adaptée, en 2012
à un cabinet d’avocats
pour un montant plafonné à 14,99
k€
, et en 2016, à un
bureau de contrôle technique pour 7,4 k
€, le syndicat a reconnu des oublis.
27
Conseil d’État, 2
juillet 2006,
Commune de Boulogne-sur-Mer
, n° 279504.
28
En 2016, pour 12 vice-présidences, le coût total annuel hors charges a dépassé les 40
k€ selon le compte de gestion.
29
Article 3 du règlement intérieur du comité syndical.
30
Réponses de l’ordonnateur du 30
octobre et 20 novembre 2017 au questionnaire n° 1 (Q 1.5).
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
15
Elle invite l’ordonnateur à veiller à ce que le compte
-
rendu présenté à l’assemblée
délibérante revête, à l’avenir, un caractère exhaustif dans le champ des attributions déléguées à
son président.
La mise à disposition de locaux et de personnels
Le SMIRITOM s’appuie sur la communauté d’agglomération d’Alès, avec la mise à
disposition formalisée dans des conventions de locaux et de personnels.
S’agissant des locaux, le siège du SMIRITOM, est établi à
Alès dans le bâtiment Atome
qui abrite également le siège de la communauté d’agglomération
31
. Celle-ci met à la disposition
du syndicat, depuis septembre 2015, un bureau avec photocopieur et un accès à ses salles de
réunion. La convention renouvelée annuell
ement prévoit le versement d’une redevance par le
SMIRITOM
ainsi que sa participation financière aux charges communes, dont l’entretien.
Auparavant, le syndicat était également installé dans des locaux communautaires, le bâtiment
Myriapole.
S’agissant du
personnel, le seul agent employé directement par le syndicat relève du cadre
d’emploi des ingénieurs territoriaux. La communauté d’agglomération, mais aussi le syndicat
d’eau de l’Avène apportent leur soutien au SMIRITOM pour des tâches à caractère adminis
tratif
ou financier, y compris l’achat public, en vertu d’une convention conclue en février 2009
32
.
Enfin, pour assurer la collecte et l’affranchissement de ses courriers et colis, le SMIRITOM
fait appel à la SAEM ALÈS.
La chambre relève que si ces mutualisations permettent de maîtriser la dépense, elles
génèrent également une relative dépendance administrative du SMIRITOM aux autres structures.
La commande publique
Outre le contrat de partenariat conclu pour la réalisation et l’exploitation du l’unité
de tri
mécano-biologique Néoval implantée à Salindres (c
f. infra), et des marchés d’études ou
d’assurances passés en groupement de commandes, le SMIRITOM conclut tous les quatre ans,
depuis 2013, d’importants marchés publics de prestations de services au t
itre de sa compétence de
tri, « dite de bas de quai ».
Il lui appartient en effet d’assurer l’élimination ou la valorisation des déchets à partir du
moment où ils sont déposés dans une déchetterie, rassemblés sur un des quais de transfert existants
ou apportés directement dans un centre de tri-valorisation ou une plateforme de compostage pour
déchets verts.
31
Depuis un arrêté préfectoral du 5 février 2016.
32
Mise à disposition d’un agent du syndicat d’eau de l’Avène à 20
% de son temps de travail pour la gestion financière.
SMIRITOM
16
2.5.1.
Le transfert des ordures ménagères résiduelles des quais de transfert vers le centre
de tri
La chambre relève que le SMIRITOM a choisi deux modes opératoires différents pour le
transfert des ordures ménagères résiduelles des quais de transfert vers le centre de tri.
Pour les déchets provenant du
quai de transfert de l’Évent, à Saint
-Martin-de-Valgalgues
depuis le 1
er
janvier 2014, en application des dispositions de l’avenant n°
3 au contrat de
partenariat, c’est une entreprise
sous contrat avec
l’exploitant de Néoval qui assure leur transport
vers le centre de tri de Salindres. Le coût étant facturé directement au partenaire
33
.
Pour les déchets provenant des quais de transfert de « La Marine », à La Grand Combe et
du « Bouchairou » à Génolhac, le SMIRITOM a conclu, le 23 novembre 2017, un accord-cadre
mono-
attributaire d’une durée d’un an, ren
ouvelable trois fois alors que le PPP comportait une
tranche conditi
onnelle pour l’enlèvement et le transport de
s OM résiduelles du Pays
Grand’
Combien.
Dans sa réponse aux observations provisoires, le président du syndicat motive le choix
d’intégr
er par avenant des prestations de transport au contrat de partenariat, par
l’intérêt de
récupérer les déchets : «
non pas à l’entrée de l’unité, mais dès l’aval des quais de transfert des
différents EPCI (…) afin d’éviter les ruptures de charges et les entreposages de déchets (…) et de
réduire les trafics des camions ». Il fait valoir que cette prestation conditionne le fonctionnement
optimal de l’unité de traitement de Salindres.
Par ailleurs, il explique
l’absence d’affermissement de la tranche conditionnelle n°
2 et la
conclusion d’un accord
-cadre mono-attributaire pour les autres prestations de transport, par la
volonté d’une part de maintenir, grâce à l’outil de commande publique, «
un dynamisme
économique sur les territoires
» et d’autre part des contraintes techniques (recours à une tractopelle
en régie) faisant obstacle à ce que le partenaire puisse maîtriser l’exploitation technique.
La chambre relève que
l’objectif
de
permettre à l’exploitant d’as
surer une gestion
rationnelle du flux entrant des déchets,
n’a pas été atteint dans la mesure où ce dernier ne maîtrise
à
ce
jour
que
les
apports
en
provenance
du
quai
de
trans
fert
de
l’Évent,
à
Saint-Martin-de-Valgalgues, estimés à 15 000 t/an, soit 30 % du volume total. Le reste des déchets
provient d’une noria de bennes à ordures ménagères (10 à 12 apports par jour) et des quais de
transfert de Génolhac et de La Grand’Combe, exploités par un transporteur différent choisi par le
syndicat au titre de
l’acc
ord-cadre.
De surcroît la prestation de transport des ordures ménagères résiduelles est une prestation
connexe qui n’était pas prévue dans l’objet initial du contrat de partenariat (voir infra).
2.5.2.
Le transport, le tri et la valorisation des déchets provenant de déchetteries :
Pour le transport et le tri des déchets déposés en déchetterie, le tri des déchets collectés en
points d’apport volontaire ou en porte à porte
34
et le traitement des déchets verts et de voirie
35
, le
syndicat a attribué, le 29 novembre
2013, à l’issue d’un appel d’offres européen, des marchés à
33
27 € HT la tonne.
34
Emballages ménagers recyclables (EMR) et papiers journaux et magazines (PJM).
35
Déchets déposés au centre de traitement de l’entreprise retenue par les services techniques et des espaces verts des communes
ou de la communauté d’agglomération.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
17
bons de commande allotis selon leur objet d’une part, selon le territoire couvert d’autre part. Le
montant de ces marchés sur une période de quatre ans (2014-2017) était estimé à 11,5
M€
36
.
En dép
it de son intérêt économique, la consultation s’est révélée très peu concurrentielle
:
un seul candidat a répondu pour le lot n° 2 (deux sous lots) et deux pour le lot n° 1 (trois sous lots).
Selon le cahier des clauses particulières des marchés des sous lots n° 1 des lots 1 et 2, soit
les plus importants, en raison de la faible vitesse de déplacement des véhicules de nettoiement et
d’entretien des espaces verts (25 km/h) de la communauté d’agglomération, le titulaire du marché
devait proposer un centre de traitement ou,
a minima
, un centre de transfert dans un rayon
maximum de 10 km autour d’Alès, capable de recevoir les déchets
37
apportés directement par les
services techniques communautaires ou ceux d’une commune membre de la communauté
d’agglomération. D
ès le stade de la candidature, le titulaire devait disposer des agréments
nécessaires à l’exploitation de son centre de traitement ou de transfert, et d’un système de pesée,
la valeur technique de l’offre était appréciée au regard du respect de cette condi
tion
38
.
Les cinq marchés conclus en 2013 avec la même entreprise, implantée à Alès et prestataire
sortant, ont été reconduits à trois reprises.
Pour assurer leur renouvellement, le SMIRITOM a lancé, le 25 août 2017, une consultation
en vue de conclure un accord-cadre mono-attributaire à bons de commande alloti comportant trois
lots et cinq sous lots. S’agissant des trois sous lots portant sur les déchets collectés sur le territoire
de la communauté d’agglomération Alès Agglomération, l’avis d’appel public
à la concurrence
précise que le centre de tri/traitement des déchets ou,
a minima
, le centre de transfert (le transfert
étant à la charge du titulaire) doit être situé à moins de 10 km de la ville d’Alès pour les sous lots
1
du lot 1 et du lot 2, et à moins de 25 km de La Grand Combe pour le sous lot 2 du lot 2.
Le président du SMIRITOM justifie
l’exigence d’une implantation du centre de transfert à
moins de 25 km de la Grand Combe par le souci de permettre aux opérateurs économiques
implantés à Génolhac, soit à 24,5 km de cette ville, de répondre à la consultation. Il fait valoir la
nécessité
de respecter un équilibre entre le besoin d’autoriser des périmètres assez larges pour
ouvrir la consultation à la concurrence, et celui de les limiter, surtout en agglomération, pour un
ensemble de raisons allant de la diminution des émissions de polluants à l’efficience économique
tenant à la réduction des trajets effectués à vide, en passant par des considér
ations d’ordre
technique (accès direct des balayeuses) ou de sécurité routière.
La chambre
relève que l’ordonnateur, sollicité, n’a produit ni les éléments de la
consultation menée en 2017, ni les accords-cadres conclus à son issue. Elle constate également
que l’avis d’attribution publié au journal officiel de l’Union européenne ainsi qu’au bulletin
officiel des annonces des marchés publics présentait, à tort, Alès Agglomération comme étant le
pouvoir adjudicateur.
Il ressort des termes de cet avis qu’exception faite du lot 3 relatif au transfert des OMR
vers le centre de tri mécano-biologique de Salindres, cinq des six marchés conclus en novembre
2017 l’ont été à nouveau avec la
même société
39
. Son centre de tri implanté à Alès satisfait aux
exigences de la communauté d’agglomération en matière de situation géographique.
36
Valeur avril 2013.
37
Déchets verts, déchets de chantier (gravats, déchets de démolition) et déchets de voirie récupérés par les balayeuses.
38
Les critères fixés par le règlement de la consultation étaient le prix (60 %) et la valeur technique (40 %, dont 5 % pour une note
technique sur la bascule utilisée, son âge et la périodicité de ses révisions).
39
Marchés de la période 2018-2021 conclus le 24
novembre 2017 avec le même prestataire qu’en 2013 et en présence, pour
trois
lots ou sous lots sur six, d’une seule offre –
Source
: avis d’attribution publié le 9
décembre 2017.
SMIRITOM
18
La chambre rappelle que de telles exigences
vont à l’encontre du
principe de liberté d’accès
à la commande publique énoncé à l’article 1 de l’ordonn
ance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
40
,
d’autant plus que l
es consultations ont été ouvertes, en 2013 comme en 2017, à peine quatre à cinq
mois avant l’échéance des précédents marchés et qu’aucun délai de préparation n’a été consenti
aux candidats pour effectuer les démarches nécessaires à la mise en service ne serait-
ce que d’un
quai de transfert.
Dès lors, la chambre recommande au syndicat de procéder, en liaison avec ses membres, à
une définition des besoins à satisfaire qui permette de lancer, avant l’éc
héance annuelle des
contrats en cours, une nouvelle consultation en évitant toute clause susceptible de présenter un
caractère discriminatoire afin de permettre à des opérateurs économiques non préalablement
implantés dans le périmètre du SMIRITOM de formuler des offres.
Recommandation
Relancer la consultation pour le transport et le tri des déchets lors du
renouvellement de l’accord cadre
en supprimant les clauses limitant la concurrence.
Non
mise en
œuvre
.
3.
LA SITUATION COMPTABLE, BUDGÉTAIRE ET FINANCIÈRE
La structure budgétaire du syndicat et le périmètre des services
externalisés
Au 31
décembre 2016, le SMIRITOM ne compte qu’un budget principal
:
tableau n° 1 : le budget en 2016
Le SMIRITOM a contractualisé un partenariat public-privé antérieurement à la période
sous revue. L’ordonnateur a indiqué ne pas avoir de projet complémentaire d’externalisation à
l’étude
41
.
40
Ordonnance ratifiée par l’article 39 de la loi n°
2016-1691 du 9 décembre 2016.
41
Exception faite de la gestion du courrier, externalisée à la SEM Alès.
2016 (en €)
%
Budget principal
M14
10 822 729
100,00%
10 822 729
100,00%
source : Logiciel ANAFI d'après les comptes de gestion
Libellé budget
Nomenclature
Recettes de fonctionnement
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
19
La qualité de l’information budgétaire et financière
3.2.1.
Le débat d’orientation budgétaire
Une
note synthétique présente les éléments de contexte du débat d’orientation budgétaire
(évolution du périmètre suite à fusion, augmentation prévisionnelle de la TGAP
42
) avant de fournir
les orientations budgétaires locales.
L’exercice, très limité en 2011, s’est étoffé sur la période
:
en 2014, la note mentionnait l’augmentation de 3
% du taux de TVA réduit (passage de 7 à
10 %) ainsi que «
l’application d’un éventuel avenant n°
4 en cas de présentation par le
partenaire d’une cession de créance à un organis
me bancaire » ;
en 2015 et 2016, des précisions ont été apportées sur les déchets verts.
Par ailleurs les prévisions de contributions mentionnées au débat d’orientation budgétaire
sont précises, les écarts avec la répartition prévisionnelle des charges (adoptées en septembre) et
l’exécuté sont limités
(± 45
k€ en 2015)
43
.
Pour autant, le débat d’orientation budgétaire apparaît encore formel, redondant
et
principalement orienté sur la définition du seul montant de la contribution des membres en 2017.
La chambre invite le syndicat à compléter ses notes de présentation par des éléments relatifs à :
la vision rétrospective sur le budget exécuté ;
la vision pluriannuelle sur le prévisionnel ;
l’évolution du cadre juridique en matière d’objectifs environnementau
x ou plus généralement
sur les questions ayant un impact potentiel sur les équilibres budgétaires et financiers.
3.2.2.
La qualité de l’information budgétaire et financière
La présentation des annexes du syndicat reste perfectible :
les modalités de calcul des intérêts courus et non échus ne sont pas renseignées (hormis pour
2012) ;
les méthodes d’amortissement, et l’état des engagements hors bilan ne sont pas correctement
renseignés sur l’exercice 2014.
Le
syndicat n’a pas en place une comptabilité analytique permettant le parangonnage de
type ComptaCoût
44
. Ce point est abordé infra.
42
De 6 à 8
€ en 2017.
43
Cette précision est cependant à nuancer compte tenu des compensations internes dans le calcul prévisionnel des contributions
(les charges récurrentes sont plus élevées de 100
k€, le loyer 1B moins élevé de 200
k€ par rapport au DOB en 2015).
44
Il s’agit d’une
méthode permettant d’extraire de la comptabilité publique les informations nécessaires au renseignement d’un
cadre homogène et standard d’expression des coûts de gestion du service public d’élimination des déchets.
SMIRITOM
20
La fiabilité
Sur la dématérialisation
Le SMIRITOM n’a pas conclu de convention de dématérialisation.
Sur la comptabilité
d’engagement
Le SMIRITOM procède à une comptabilité d’engagement. Des états d’engagements sont
tenus et joints aux bordereaux et mandats de rattachements envoyés au comptable.
Suite à un contrôle de premier niveau, aucun écart n’a été constaté.
Sur l’e
nchainement des soldes
L’enchaînement des soldes a été vérifié. Aucun écart n’a été relevé.
Sur les amortissements
Le SMIRITOM ne procède qu’à de très faibles amortissements sur l’ensemble de la période
alors que les emplois immobilisés se situent à hauteur de 19,4
M€.
L’ordonnateur précise que le bâtiment affecté au centre de tri
-
compostage n’étant pas
productif de revenu affecté à un service public administratif, le SMIRITOM n’est pas tenu de
l’amortir.
Par ailleurs, il ne relève pas d’autre immob
ilisation nécessitant un amortissement.
tableau n° 2 : les amortissements depuis 2011
Sur les provisions
Aucune provision n’a été constituée sur la période. L’ordonnateur relève que le syndicat
ne fait face à aucun content
ieux, ni aucune procédure collective suite à garantie d’emprunt, prêt,
créance. Il mentionne qu’il n’a pas non plus constitué de provisions facultatives, celles
-ci étant
dans le cas d’espèce sans objet.
Sur les restes à réaliser
La chambre constate qu’i
l reste au SMIRITOM des investissements à réaliser. Dès lors elle
l’invite, afin de fiabiliser ses comptes, soit à amortir les investissements, soit à inscrire des
provisions pour gros entretien et grandes révisions (au compte 1572).
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Dotation aux amortissements des
immobilisations (charge)
0
503
866
126
126
1 020
source : Logiciel ANAFI d'après les comptes de gestion
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
21
3.3.1.
Les écarts sur la dette entre le compte administratif et le compte de gestion
Les annexes du compte administratif 2015 ne font pas état du PPP. L’état de la dette annexé
au compte administratif présente quelques écarts avec le compte de gestion :
tableau n° 3
: écarts sur l’endettement –
en €
Sur le compte 1675, qui retrace la dette à rembourser dans le cadre du PPP (loyer 1A),
l’ordonnateur confirme d’une part un écart entre le tableau d’amortissement (inscrit en HT) et
l’état
de la dette au compte administratif (inscrit en TTC puisque la TVA est appliquée aux
remboursements des échéances),
et d’autre part
, un écart avec le compte de gestion. Il
l’explique
avec les comptes de gestion :
pour 2014, par un décalage dans la prise e
n compte de la dette concomitante à l’intégration de
la valeur du bâtiment ;
pour 2015 et 2016, par un décalage dans la prise en compte de l’échéance mensuelle de
décembre, celle-
ci étant enregistrée dans l’année dans le compte administratif, et en reports
sur
l’année n+1 pour le compte de gestion.
La chambre invite l’ordonnateur à se rapprocher du comptable afin de fiabiliser les
inscriptions au compte administratif en matière d’endettement.
3.3.2.
Le rattachement des charges à l’exercice
La procédure de rat
tachement des charges et des produits à l’exercice résulte du principe
d’indépendance des exercices. Elle contribue à la sincérité des résultats. D’une façon générale, si
le syndicat recourt, au 31
décembre de l’année n, aux rattachements pour les dépenses
45
, les
rattachements sont cependant nuls pour les recettes, sur l’ensemble de la période
46
.
3.3.3.
La réalisation des prévisions budgétaires
L’analyse des taux d’exécution de la section de fonctionnement met en évidence la capacité
du syndicat, sur les deux derniers exercices, à respecter globalement ses objectifs en matière
d’autofinancement par une évaluation prudente de ses dépenses et recettes prévisionnelles de
fonctionnement. Le SMIRITOM utilise l’annulation de crédit, ce qui accroît le taux de réalisation
des prévisions.
En investissement, ce taux est également satisfaisant pour ces deux derniers exercices, en
recettes comme en dépenses, sous la réserve méthodologique mentionnée de l’annulation de
6,2
M€ de dépenses d’investissement en 2014.
45
Notamment sur les factures non parvenues. À hauteur de 967 756
€ (dont 47
098
€ de rattachements d’ICNE) en 2016, soit 9,4
%
des charges de gestion, et jusqu’à 2,2
M€ en 2013, soit 31
% des charges de gestion.
46
CRC - ANAFI
annexe 12 fiabilité.
CA
CG
écart
CA
CG
écart
CA
CG
écart
1641
13 285 859,77
13 285 859,76
0,01
14 104 053,55
14 104 053,54
0,01
12 226 552,89
12 226 552,87
0,02
1675
3 596 310,78
3 588 169,52
-8 141,26
3 481 848,72
3 487 667,63
-5 818,91
3 363 603,94
3 381 791,21
-18 187,27
source : SMIRITOM
Compte
2014
2015
2016
SMIRITOM
22
tableau n° 4 : les taux de réalisation des prévisions du budget
Le syndicat n’a pas, en l’état, programmé de nouveaux équipements. Toutefois, la
perspective de l’adaptation du site de Néoval (projet
Néoval II) est susceptible de conduire, à partir
de 2018, à un travail approfondi en matière de prévisions. Sous cette réserve, les taux de réalisation
apparaissent satisfaisants.
L’analyse financière
L’analyse financière porte sur le budget principal,
le SMIRITOM ne disposant pas d’autre
budget.
3.4.1.
Les résultats d’exécution budgétaire
Le budget
du SMIRITOM s’élevait en fonctionnement à environ 10,8
M€ en 2016.
tableau n° 5 : les grandes masses financières depuis 2011
Fct.
473 921
178 955
37,8%
279 000
279 000
100,0%
Inv.
802 910
75 833
9,4%
886 860
95 848
10,8%
Fct.
3 166 655
1 751 346
55,3%
2 935 625
1 879 083
64,0%
Inv.
1 039 910
74 198
7,1%
1 103 845
806 844
73,1%
Fct.
9 142 476
8 463 175
92,6%
8 857 500
8 857 500
100,0%
Inv.
680 300
680 299
100,0%
753 589
74 288
9,9%
Fct.
10 740 443
10 286 633
95,8%
10 050 000
10 050 000
100,0%
Inv.
21 339 010
21 339 010
100,0%
20 949 501
20 949 501
100,0%
Fct.
11 307 760
10 625 790
94,0%
11 307 760
11 307 839
100,0%
Inv.
1 664 487
1 664 487
100,0%
3 292 140
2 610 170
79,3%
source : CA (BP + DM + RAR n-1)
BP recettes
BP dépenses
Taux de
réalisation
2013
2014
2015
Crédits
ouverts
recettes
nettes
en €
Crédits
ouverts
Dépenses
nettes
Taux de
réalisation
2011
2012
en €
2011
2012
Var. 2011-2012
2013
2014
2015
2016
Var. 2013-2016
Produits de gestion
261 000
1 861 000
613%
8 839 500
9 995 016
11 257 358
10 804 283
22%
Charges de gestion
142 533
1 716 754
1104%
7 408 473
9 247 369
9 431 252
9 833 323
33%
Excédent brut de fonctionnement
118 467
144 246
22%
1 431 027
747 646
1 826 107
970 959
-32%
+/- Résultat financier (réel seulement)
-18 424
-16 510
-10%
-606 664
-911 993
-919 922
-658 030
8%
CAF brute
100 044
127 736
28%
830 834
-164 346
906 263
312 930
-62%
Cumul sur les
années 2011-2016
- Annuité en capital de la dette
55 698
58 232
60 883
675 552
582 308
1 983 377
3 416 050
= CAF nette ou disponible (C)
44 346
69 504
769 952
-839 899
323 955
-1 670 447
-1 302 589
Recettes d'inv. hors emprunt (FCTVA)
8 899
407
0
0
0
2 363 822
2 373 129
Financement propre disponible
53 245
69 912
769 952
-839 899
323 955
693 375
1 070 539
- Dépenses d'équipement (y compris
travaux en régie )
20 136
15 966
4 485
14 389 207
5 680
0
14 435 474
= Besoin (-) ou capacité (+) de
financement propre
33 109
53 946
765 467
-15 229 106
318 275
693 375
-13 364 935
Nouveaux emprunts de l'année (y compris
pénalités de réaménagement)
0
0
0
13 076 980
1 300 000
0
14 376 980
Mobilisation (-) ou reconstitution (+) du
fonds de roulement net global
33 109
53 946
765 467
-2 152 126
1 618 275
693 375
1 012 045
Source : Logiciel ANAFI, d'après les comptes de gestion
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
23
Pour rappel, la compétence traitement des déchets a été prise au 1
er
avril 2013 et
l’équipement Néoval a été réceptionné en juin de la même année. Le pilotage des participations
des EPCI membres a permis de maintenir un EBF positif sur chacun des exercices de la période.
Par contre le résultat financier s’est fortement dégradé à compter de 2013.
Plusieurs caractéristiques peuvent être mises en évidence :
la dynamique relative des charges et des produits révèle, depuis 2013, une progression des
charges de gestion (+ 2,4
M€) supérieure à celle des produits (+
2
M€);
le résultat financier réel, lié au loyer du PPP, est fortement négatif et consomme une partie
significative de l’excédent brut de fonctionnement. La capacité d’autofinancement s’en trouve
diminuée ;
suite au rachat, en 2014, de 80
% de l’investissement réalisé par le partenaire, l’annuité en
capital de la dette n’est plus couverte sur le dernier exercice, et la capacité d’autofinancement
est fortement négative ;
le FCTVA, perçu avec un décalage de deux ans, vient toutefois ponctuellement rétablir le
financement propre disponible en 2016 ;
du fait d’une capacité de financement propre limitée sur l’ensemble de la période, le syndicat a
couvert son besoin de financement quasi exclusivement par l’empr
unt.
3.4.2.
Le fonctionnement
Les produits de gestion ont progressé sur la période. Ils sont essentiellement constitués des
participations des EPCI membres, et
s’élevaient à
10,8
M€ en 2016. Les ressources d’exploitation
sont liées à la revente du carton, de la ferraille et accessoirement de batteries déposées en
déchetteries.
tableau n° 6 : les produits et charges de gestion
Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 1,9
M€ depuis le transfert de
compétences, passant de 8,8
M€ en 2013 à 9,8
M€ en 2016. Les charges à caractère général
représentent l’essentiel des charges de gestion, et partant de la progression. La principale
augmentation a affecté le compte 611 « contrats de prestations de services ». Ce compte couvre la
quasi intégralité des charges de gestion (9,6
M€ en 2016 soit 98
%) qui sont largement
externalisées (cf. infra), et liées à la prise de compétence en matière de traitement des ordures
ménagères en 2013 :
avec, d’une part, les loyers relatifs au contrat de pa
rtenariat ;
et, d’autre part, les marchés hors PPP.
en €
2011
2012
Var. 2011-2012
2013
2014
2015
2016
Var. 2013-2016
Ressources d'exploitation
0
0
0
63 016
36 493
9 024
Ressources institutionnelles
(participations des EPCI)
261 000
1 861 000
613%
8 839 500
9 932 000
11 220 865
10 795 259
22,1%
Produits de gestion
261 000
1 861 000
613%
8 839 500
9 995 016
11 257 358
10 804 283
22,2%
Charges à caractère général
29 540
1 605 001
5333%
7 288 423
9 125 095
9 309 017
9 714 595
33,3%
+ Charges de personnel
51 665
47 435
-8%
48 562
54 530
52 553
50 956
4,9%
+ Subventions de fonctionnement
484
495
2%
557
0
0
0
-100,0%
+ Autres charges de gestion
60 844
63 823
5%
70 931
67 745
69 682
67 772
-4,5%
Charges de gestion
142 533
1 716 754
1104%
7 408 473
9 247 369
9 431 252
9 833 323
32,7%
Source : Logiciel ANAFI, d'après les comptes de gestion
SMIRITOM
24
L’évolution des montants est
la suivante :
tableau n° 7 : les contrats de prestations de services avec entreprises
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Partenariat public-privé
0
1 483 354
2 943 201
3 757 130
3 989 855
4 460 301
marchés hors PPP
0
0
4 263 404
5 161 863
5 200 318
5 149 721
Total c/611
0
1 483 354
7 206 605
8 918 994
9 190 173
9 610 021
source : SMIRITOM - IV.4 tableau 2
Les marchés hors PPP sont composés :
des prestations de transfert des OMR, jusqu’à leur inclusion dans le contrat de partenariat en
2013 ;
du traitement des déchets collectés sélectivement.
La chambre constate que le budget prévisionnel 2013 pour les dépenses de fonctionnement
liées à la gestion des marchés de traitement avait été estimé à seulement 3,8
M€
47
pour une année
complète. Les dépenses exécutées en la matière ont été plus élevées, dès la première année
(+ 400
k€).
Les charges de personnel ne représentent qu’une faibl
e part des charges courantes, soit à
peine 0,5 % en 2016. Elles ont peu
augmenté sur la période. Le SMIRITOM, ne compte qu’un
seul agent, un ingénieur. Le régime indemnitaire a été basculé du c/64831 « Indemnités aux
agents » aux comptes 64112 « NBI, SFT et IR » et 64118 « Autres indemnités ». Il est en légère
diminution sur la période (de 7,4
k€ en 20
11 à 6,7
k€ en 2016). Le SMIRITOM s’appuie sur les
personnels de la communauté d’agglomération Alès Agglomération
48
.
À compter de l’exercice 2015, 86 k€
sont enregistrés au compte 62878 « Remboursements
de frais à d’autres organismes
». Ils correspondent au versement à la communauté d’agglomération
Alès Agglomération d’une redevance d’occupation domaniale pour le terrain d’assiette de l’unité
de tri des déchets, à Salindres (cf. supra).
Les produits de gestion sont constitués quasi exclusivement des participations des EPCI
membres. Compte tenu de
l’excédent global de clôture (700
k€ à la fin de l’exercice 2013 d’après
l’ordonnateur), et
des fonds propres de la
section d’investissement (près de 800
k€ en 2016 d’après
l’ordonnateur), le SMIRITOM a réduit les participations de ses membres
pour ne pas alourdir leur
propre fiscalité.
47
DOB 2013
2,8
M€ x (12/9).
48
Une atténuation de charges pour 18 k€ est inscrite chaque année au c/6419.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
25
3.4.3.
La capacité d’autofinancement
La capacité d’autofinancement a été erratique
sur la période (cf. supra). La CAF brute est
de 312 930
€ en 2016
:
tableau n° 8
: l’évolution de la CAF
Dans sa réponse, le président du SMIRITOM confirme l’évolution non linéaire de
l’autofinancement, lié
e aux modalités de financement du syndicat et aux excédents de clôture
constatés sur certains exercices. Il mentionne que : «
si d’importants besoins futurs
d’investissement émergent, la réactualisation des appels de cotisation s’imposerait
».
La chambre confirme,
qu’en cas de nouveaux investissements
, des appels de cotisation
seront à effectuer auprès de ses membres.
3.4.4.
Le financement des investissements
La CAF nette était fortement négative en 2014 et 2016
consécutivement à l’accroissement
de la charge de
l’annuité en capital de la dette. Le financement propre a été ponctuellement positif
en 2016 grâce à l’apport des recettes du FCTVA liées à la réalisation de l’équipement Néoval.
Toutefois les dépenses d’équipement, concentrées sur l’exercice 2014 (rachat
de l’investissement
PPP), ont été financées essentiellement par
l’
endettement.
tableau n° 9
: l’évolution des capacités de financement
Le syndicat n’a pas bénéficié de subventions de l’ADEME, du conseil régional ou du
conseil départemental pour la réalisation de ses investissements.
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Produits de gestion
261 000
1 861 000
8 839 500
9 995 016
11 257 358
10 804 283
Charges de gestion
142 533
1 716 754
7 408 473
9 247 369
9 431 252
9 833 323
Excédent brut de fonctionnement (A-B)
118 467
144 246
1 431 027
747 646
1 826 107
970 959
+/- Résultat financier (réel seulement)
-18 424
-16 510
-606 664
-911 993
-919 922
-658 030
= CAF brute
100 044
127 736
830 834
-164 346
906 263
312 930
en % des produits de gestion
38,3%
6,9%
9,4%
-1,6%
8,1%
2,9%
Source : Logiciel ANAFI d'après les comptes de gestion
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Cumul sur les
années
CAF brute
100 044
127 736
830 834
-164 346
906 263
312 930
2 113 461
- Annuité en capital de la dette
55 698
58 232
60 883
675 552
582 308
1 983 377
3 416 050
= CAF nette ou disponible (C)
44 346
69 504
769 952
-839 899
323 955
-1 670 447
-1 302 589
= Recettes d'inv. hors emprunt (FCTVA)
8 899
407
0
0
0
2 363 822
2 373 129
= Financement propre disponible (C+D)
53 245
69 912
769 952
-839 899
323 955
693 375
1 070 539
- Dépenses d'équipement (y compris travaux
en régie )
20 136
15 966
4 485
14 389 207
5 680
0
14 435 474
= Besoin (-) ou capacité (+) de
financement
33 109
53 946
765 467
-15 229 106
318 275
693 375
-13 364 935
Nouveaux emprunts de l'année (y compris
pénalités de réaménagement)
0
0
0
13 076 980
1 300 000
0
14 376 980
Mobilisation (-) ou reconstitution (+) du fonds
de roulement net global
33 109
53 946
765 467
-2 152 126
1 618 275
693 375
1 012 045
Source : Logiciel ANAFI, d'après les comptes de gestion
SMIRITOM
26
3.4.5.
La dette
L’encours de dette du SMIRITOM, qui était très faible en 2011, a fortement progressé sur
la période. Cet encours est réparti sur quatre contrats au 31 décembre 2016
49
.
tableau n° 10
: l’évolution de l’endettement depuis 2011
Depuis un décret d’août 2009 créant l’article D.
1414-9 du CGCT
50
, les projets concernés
par une procédure de PPP pouvaient ne pas être financés majoritairement par le titulaire du contrat
de partenariat lorsque leur montant, calculé en additionnant les différentes composantes de la
rémunération à la date de sa signature, était supérieur à 40 millions d’euros hors taxes. L’enveloppe
globale du projet du SMIRITOM était supérieure à ce seuil.
Pour autant, le contrat initial n’avait pas prévu de cofinancement public et une convention
de crédit avait été conclue entre C, le cocontractant, et Dexia pour un montant de financement de
16
M€.
Cette convention fixait au 10 mars 2010 la date butoir de versement des fonds. Le retard
du projet a toutefois contraint l’emprunteur
C à ne pas donner suite à la convention de financement.
Les déboires financiers de Dexia ont, par la suite,
interdit l’éventuelle reprise de financement par
cet organisme.
C a alors proposé au SMIRITOM un financement palliatif, qui a été mis en place.
En 2014, soit un an après la réception des installations, il est toutefois constaté que : « les
offres de financement accordées aux personnes publiques apparaissent nettement plus favorables
en termes de marge appliquée ou de durée. En effet, à la suite de la récente crise financière, l’État
a décidé d’intervenir pour lutter contre l’assèchement des moyens financiers mis à disposition des
collectivités publiques et a chargé la Caisse des dépôts et consignations (CDC) de distribuer une
enveloppe conséquente à des conditions très favorables. Comparativement aux conditions offertes
aux personnes privées en 2014, et dans le cadre d’un financement assuré directement par la
personne publique, celle-ci se voit affranchir du paiement des commissions diverses dites
d’engagement, d’arrangement ou de non utilisation
51
».
Afin d’optimiser les engagements financiers du contrat de partenariat, le SMIRITOM a
repris à sa charge le financement, au taux plafond prévu par le dispositif de la cession Dailly et
a
49
Contrat Dexia de 2002 (137
k€, 15 ans), contrat X de 2007 (500 k€, 120 mois), contrat Y de 2015
(1,3
M€, 24 mois), contrat Z
de novembre 2014 (4,6
M€, 21 ans et 6 mois), contrat A de novembre 2014 (4,2
M€, 21 ans et 7 mois), contrat B de novembre
2014 (4,2
M€, 21 ans et 6 mois).
50
Décret n° 2009-987 du 20 août 2009.
51
Rapport partenaire 2015 Néoval
bilan financier p.15/25.
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Encours de dettes du BP au 1er janvier
447 346
391 648
333 416
272 533
16 874 029
17 591 721
- Annuité en capital de la dette (hors
remboursement temporaires d'emprunt)
55 698
58 232
60 883
675 552
582 308
1 983 377
+ Intégration de dettes (contrat de
partenariat, emprunts transférés dans le
cadre de l'intercommunalité...)
0
0
0
4 200 068
0
0
+ Nouveaux emprunts
0
0
0
13 076 980
1 300 000
0
Encours de dette du BP au 31
décembre
391 648
333 416
272 533
16 874 029
17 591 721
15 608 344
Source : Logiciel ANAFI, d'après les comptes de gestion
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
27
racheté, à compter du 1
er
janvier 2015, 80
% du coût de l’investissement (L1A) représenté par
l’unité de tri mécano
-biologique de Salindres (13 077 493,73
HT, soit 80 % du capital restant à
régler sur le loyer L1 au 30 septembre 2014)
51
.
Ce rachat, qui a fait l’objet de l’avenant n°
4 au contrat, a fortement dégradé la capacité de
désendettement du SMIRITOM, qui se situe à 50 années en 2016
52
(contre quatre années en 2011).
Le SMIRITOM a ainsi mobilisé un dispositif national d’appui à l’emprunt pour les
collectivités, pour un équipement déjà financé par voie de contrat de partenariat. Dès lors, l’objectif
principal du di
spositif national, qui était l’appui à l’investissement des collectivités territoriales,
n’a pas été atteint.
3.4.6.
La trésorerie
Au cours des derniers exercices, la trésorerie a été fortement mobilisée par le rachat du PPP :
tableau n° 11
: l’évolution du fonds de roulement et de la trésorerie depuis 2011
Le recours à de nouveaux emprunts, et le maintien des contributions des membres ont
permis de rétablir la trésorerie nette à un niveau satisfaisant.
3.4.7.
La prospective
Le débat
d’orientation budgétaire DOB 2018 fait état de
:
la prise en compte de l'adhésion au 1
er
janvier 2017, dans le cadre de la création d'Alès
Agglomération élargie à 73 communes, de sept communes sur neuf issues de l'ex-communauté
de communes des Hautes Cévennes, non membres jusqu'alors du SMIRITOM ;
l'intégration de tonnages supplémentaires liée à ces adhésions, et la gestion d'un quai de transfert
et d'une déchetterie supplémentaires (Génolhac) ;
l’absence de visibilité sur la TGAP. L’hypothèse retenue par l’ordonnateur est celle d’une
TGAP stable.
L’évaluation prévisionnelle chiffrée mentionne
des coûts globaux à hauteur de 12,1
M€,
soit une augmentation de 7,2 % par rapport à 2017. Cette augmentation est alimentée par les
évolutions :
des frais de fonctionnement récurrents pour 403 600
(+ 15,4 %) ;
du coût total du PPP à hauteur de 6 084 528
(+ 3 %) ;
52
Dette/CAF brute.
au 31 décembre en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Fonds de roulement
net global
231 031
284 976
1 050 443
-1 101 683
516 592
1 209 967
Besoin en fonds de
roulement global
-18 715
-364 204
322 951
-10 009 256
330 058
-935 594
Trésorerie nette
249 745
649 180
727 492
8 907 572
186 534
2 145 561
en nombre de jours
de charges courantes
566,3
136,7
33,1
320,0
6,6
74,6
Source : Logiciel ANAFI, d'après les comptes de gestion
SMIRITOM
28
du coût total des autres marchés pour 5 580 000
(+ 11,6 %).
La chambre constate que la dégradation de l’autofinancement net du syndicat a pu être
ponctuellement compensée en 2016 par un montant exceptionnel de FCTVA. À partir de 2017, les
montants prévisionnels de FCTVA sont limités (inférieurs à 22
€). Dès lors, à paramètres
constants, le syndicat court le risque d’un déséquilibre financier récurrent
,
ce que l’ordonnateur ne
conteste pas.
Il relève que le contrat de partenariat et la réalisation du site Néoval permettent au syndicat
de minimiser l’impact de l’augmentation prévisible de la TGAP à l’horizon 2025, celle
-c
i n’étant
applicable que sur 45 % des tonnages de déchets entrants
dans l’installation (contre 100
% en
l’absence de réalisation de celle
-ci).
Pour la chambre, cette dégradation de l’autofinancement ne permet pas au syndicat de
couvrir ses charges d’endettement et obère ses capacités d’investissement alors qu’il doit assumer
dans les prochains exercices plusieurs investissements non programmés à ce jour :
la création des plateformes de déchets verts, qui est de sa compétence
53
;
la création d’un site d’enfouissement (ISDND), évoquée lors
de la création du PTMB
54
.
Dans sa réponse
, le président confirme l’engagement d’un travail d’adaptation des statuts
sur le traitement des déchets verts. Pour le site d’enfouissement, il précise que les recherches et
études menées n’ont pas permis jusqu’à p
résent de déterminer sa localisation, et que les élus ont
décidé de surseoir à la création de ce type d’installation, en l’état de la réglementation et des
normes. La chambre constate
dès lors que le syndicat n’est pas à même de proposer une solution
d’enf
ouissement sur son territoire. Elle
l’invite à rétablir son autofinancement et
à arrêter une
programmation pluriannuelle de ses investissements.
4.
LE CONTRAT DE PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ
Le SMIRITOM a conclu avec la société C, un contrat de de partenariat public-privé (PPP)
55
relatif à la conception, au financement, à la construction, à l’exploitation et à la maintenance d’une
unité de traitement mécano-biologique des ordures ménagères (Néoval) à Salindres (Gard).
Lorsque le comité syndical du syndicat, le 20 décembre 2006, a approuvé le recours à un
contrat de partenariat, il s’agissait d’une forme nouvelle de contrat de commande publique créée
par une ordonnance du 17 juin 2004. Depuis lors, ce texte, intégré aux articles L. 1414-1 et suivants
du CGCT, a f
ait l’objet de nombreuses modifications jusqu’à son abrogation, le 1
er
avril 2016. Il
définit le contrat de partenariat comme « un contrat administratif par lequel une collectivité
territoriale ou un établissement public local confie à un tiers, pour une période déterminée en
fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des modalités de financement
retenues, une mission globale ayant pour objet la construction ou la transformation, l’entretien, la
maintenance, l’exploitation ou la gestion d’ouvrages, d’équipements ou de biens immatériels
nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur financement à l’exception de toute
participation au capital ».
53
La création de deux nouveaux quais de transfert est également évoquée depuis 2013 (cf. avenant n° 3 du contrat de partenariat)
mais n’est pas en l’état de la compétence du SMIRITOM.
54
Mémoire du préfet en déf
ense de l’arrêté portant autorisation d’exploitation du PTMB.
55
Tel que défini par l’article 1 de l’ordonnance n° 2004
-559 du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
29
Sauf indication contraire, toute référence aux articles du CGCT dans la présente partie se
fait au regard des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en 2006-2007.
figure n° 1 : le site Néoval à Salindres
Source
: dossier de droit à l’information –
Néoval 2016
La stratégie du syndicat
4.1.1.
Le choix du procédé technique et du mode juridique
Dans son rapport de 2014
56
, la Cour des comptes a conclu que les carences locales en
exutoires
57
constituaient une difficulté majeure dans la gestion des déchets : « De fait, elles
multiplient les distances parcourues par les déchets ménagers, en générant des coûts financiers et
environnementaux substantiels »
58
.
Sur le territoire du nord du Gard, le SMIRITOM s’est trouvé confronté à un déficit
d’exutoires suite à la fermeture de plusieurs équipements de trai
tement des déchets
59
:
l’incinérateur de Saint
-Martin-de-Valgalgues a été fermé administrativement en 1994 ;
le centre d'enfouissement technique de Rousson, jusqu'alors exploité par le SITOM de la région
d'Alès, a été fermé en 2000, et celui de Saint Brès peu après pour cause de saturation
60
.
Le SMIRITOM a choisi, en 2006, le procédé du tri mécano-biologique au moment où
celui-ci connaissait un certain engouement et était considéré comme pouvant répondre aux enjeux
environnementaux débattus lors de la préparation des textes nationaux et européens.
Le SMIRITOM avait préalablement retenu l’offre d’un groupement d’entreprises
proposant ce procédé, dans le cadre d’un marché qui a été résilié avant tout commencement
56
Cour des comptes, Rapport public annuel 2014, Tome II. La gestion des déchets ménagers : des progrès inégaux au regard des
enjeux environnementaux, p. 103-149.
57
Les exutoires désignent toutes les installations de traitement et de stockage des déchets, te
lles que les usines d’incinération, les
unités de compostage, les centres d’enfouissement, etc.
58
Rapport public annuel 2017 de la Cour des comptes.
59
Réponse de l’ordonnateur au questionnaire n°1 –
rappel historique.
60
Par ailleurs la décharge des Lauzières à Nîmes fermait également et le projet de création d'une ligne pour un deuxième four à
l'usine d'incinération EVOLIA, également à Nîmes, était abandonné.
SMIRITOM
30
d’exécution
61
. Il consiste
en l’imbrication d’o
pérations mécaniques (dilacérations et tris) et
d’étapes biologiques (compostage) et vise à recycler ou optimiser le traitement des ordures
ménagères résiduelles.
Avec la procédure du partenariat public-privé, il a trouvé une solution juridique et
financ
ière lui permettant de confier la construction et l’exploitation de cet équipement à un même
opérateur privé, de lui transférer la plupart des risques et de rechercher une réalisation dans les
meilleurs délais.
Au plan national, seuls deux contrats de PPP concernent le secteur des déchets et un seul
projet un centre de tri mécano-biologique (TMB), celui de Salindres.
4.1.2.
L’évaluation préalable et les conseils mobilisés
Outre la démonstration du caractère urgent de l’opération, l’évaluation présentée en con
seil
syndical en décembre 2006 comportait une analyse comparative entre la formule du contrat de
partenariat et d’autres mode
s
de réalisation et d’exploitation éventuels du futur centre de traitement
(la régie, la concession de service public, le bail emphytéotique administratif ou le marché public)
avant de conclure que le SMIRITOM ne pouvait avoir recours, « de manière optimale
» qu’à un
contrat de partenariat.
Cette formule est notamment présentée, au moyen du tableau ci-après, comme étant plus
intéressante du point de vue financier, sur une durée de dix ou vingt ans, compte non tenu du coût
de procédure moindre en PPP.
tableau n° 12
Durée de 10 ans
Durée de 20 ans
Bilan exploitation
Coûts annuels
€ HT
/
tonne
Coûts annuels
€ HT
/
tonne
40 000 tonnes / an
Hypothèse marchés publics
5 491 796
139
4 715 326
120
Contrat de Partenariat
4 528 348
115
3 715 279
95
50 000 tonnes / an
Hypothèse marchés publics
5 731 796
117
4 955 326
101
Contrat de Partenariat
4 768 348
97
3 955 279
81
Source
: SMIRITOM – Rapport d’évaluation préalable – novembre 2006
Le bilan prévisionnel d’exploitation fait état, sur l’hypothèse de 50
000
t/an et d’une durée
de 20 ans d’un différentiel de 20
€ (soit
24 %) entre le contrat de partenariat et les marchés publics.
Le prix HT estimé à la tonne pour le contrat de partenariat étant de 81
€.
S’agissant de la date prévisionnelle de démarrage des travaux de construction de
l’équipement, l’évaluation, réalisée
fin 2006, la situait début 2008 « par prudence et du fait des
grandes difficultés actuelles pour la construction d’unités de traitement des déchets sur le
territoire ».
61
Le marché a fait l’objet d’une attribution, mais suite à une évolution règlementaire, deux des tr
ois entreprises co-contractantes
se sont retirées.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
31
4.1.3.
Les moyens mobilisés pour conduire le projet
Le SMIRITOM disposait, depuis février 2
001, d’un ingénieur qui s’était spécialisé en
matière de déchets.
Il
a fait appel par ailleurs à un cabinet d’avocats pour l’assister
62
. Ce cabinet a poursuivi sa
collaboration avec le syndicat au titre d’une assistance juridique et financière pour le suiv
i de la
mise en œuvre du contrat, et sa modification par voie d’avenants.
En 2013, après «
une nouvelle sollicitation de l’ADISL
63
» ou en 2014 « suite à la nécessité
économique d’envisager un refinancement du PPP
», des missions ponctuelles supplémentaires
ont été confiées à ce cabinet, lequel a également représenté le syndicat et la communauté
d’agglomération devant le tribunal administratif de Nîmes et la cour administrative d’appel de
Marseille lors des contentieux liés au projet de centre de traitement.
Durant la phase de consultation, le SMIRITOM a eu aussi recours à un cabinet de conseil
en finances et fiscalité locales pour la mise au point des conditions financières d’établissement du
loyer (L1) du contrat, et à un cabinet de conseil en gestion de
services publics pour l’analyse des
offres reçues.
4.1.4.
Une consultation ne suscitant que deux offres
Le recours à l’urgence, utilisé comme motif de recours au contrat de partenariat, a eu un
impact sur l’ouverture à la concurrence pour la consultation, en c
ontractant les délais de celle-ci
en l’absence d’une phase dédiée au dialogue compétitif. Par ailleurs, le cahier des charges mis en
œuvre a introduit des facteurs de restriction.
L’élimination ainsi que la valorisation énergétique
des déchets ne pouvant f
aire l’objet d’une valorisation matière, y compris organique, à l’issue du
tri mécanique, nécessitaient que les candidats disposent dès la phase de consultation, d’exutoires
de type incinérateur et d’installations de stockage. L’un des six candidats n’ayan
t pas remis
d’offres, a d’ailleurs motivé ainsi son retrait de la consultation dans sa lettre d’excuse
64
.
Le président du SMIRITOM fait valoir
qu’il a reçu huit candidatures, l
a chambre relève
toutefois qu
’au final
, seules deux offres ont été déposées
65
.
La société C
, à travers son agence Provence implantée à Montfavet (84) dispose d’accès à
plusieurs centres de stockage de déchets ultimes, dénommés installations de stockage de déchets
non dangereux (ISDND), dans le Gard et les départements limitrophes de la Drôme et du
Vaucluse
66
et de deux incinérateurs, ou unités de valorisation énergétique (UVE), dans l’Hérault
et le Vaucluse
67
. Elle est donc à même de couvrir l’ensemble des besoins exprimés par le
SMIRITOM, qu’il s’agisse de la valorisation ou de l’élimi
nation des ordures ménagères résiduelles
collectées par ses membres.
Cette capacité de l’exploitant du centre de tri mécano
-
biologique à maîtriser l’ensemble de
la filière de traitement des déchets ressort de ses rapports annuels. Ainsi, le rapport pour 2015
62
Convention d’assistance conclue le 7
février 2008.
63
Association ayant son siège à Salindres et qui est à l’origine de contentieux visant le centre de traitement des déchets.
64
Groupe PIZZORNO Environnement
courrier du 30 mai 2007.
65
Cf. consultation - note de synthèse.
66
Bellegarde (30), Donzère (26) et Entraigues-sur-la-Sorgue (84).
67
Lunel-Viel (34) et Vedène (84).
SMIRITOM
32
fait-il apparaître que les refus du TMB ont été soit incinérés (27 %), soit enfouis (52 %)
68
dans des
installations qu’exploite également
C
. Ils l’ont été pour 75
% du tonnage d’ordures ménagères
résiduelles traité à Salindres en 2015 en dehors du département du Gard.
La chambre relève que pour faire face aux contraintes tenant aux délais et au cadre
règlementaire en matière de déchets, le syndicat n’a pas en amont de la procédure pu prendre
d’initiative pour favoriser l’ouverture du marché et ainsi faciliter l’égalité des chances entre les
potentiels candidats.
4.1.5.
Les différents contentieux liés au projet
Le projet de réalisation du centre de traitement des déchets a été confronté à une opposition
interne au syndicat, portée par l’un de ses membres, la
communauté de communes du Pays
Grand’Combien
(CCPGB), et à une opposition externe conduite par une association et des
habitants de la commune d’implantation.
4.1.5.1.
L’opposition de la communauté de communes du Pays Grand’Combien
La CCPGB a contesté successivement devant le tribunal administratif de Nîmes la
délibération adoptant le principe du PPP, celle qui autorisait sa conclusion et, enfin, la signature
même du contrat avec C. De son côté, le SMIRITOM, par une délibération du 11 décembre 2007,
est revenu sur son accord concernant le départ éventuel de la CCPGB en abrogeant la délibération
du 27 novembre 2006.
Ces dissensions internes au SMIRITOM se sont apaisées à l’été 2008 et la communauté de
communes s’est désistée, le 18
juillet 2008, des trois requêtes précitées. Depuis le 1
er
janvier 2017,
la CCPGB
a été incluse dans la communauté d’agglomération Alès Agglomération.
4.1.5.2.
L’opposition d’une association de défense
Une association dénommée association de défense des intérêts salindrois et limitrophes
(ADISL) a contesté plusieurs éléments du projet devant le tribunal administratif de Nîmes
69
. Elle
a également saisi à deux reprises la cour administrative d’appel de Marseille et s’est même pourvue
en cassation, en 2015, devant le Conseil d’État. La seule décision
qui lui a été favorable a été
rendue par le tribunal de Nîmes, le 4 juin 2010, qui a annulé le premier permis de construire au
motif que C
n’avait pas demandé d’autorisation de défrichement.
La chambre relève que si les contentieux sont désormais purgés, le SMIRITOM fait
toujours l’objet de demandes régulières de communication d’informations sur l’exécution du
contrat de PPP et le fonctionnement du centre de tri de la part de l’ADISL.
68
Pourcentage appliqué au tonnage entrant en provenance du SMIRITOM et d’autres EPCI n
on membres.
69
L’ADISL aurait formé au total 29 recours contentieux
: préambule de l’avenant n°
3 au contrat de PPP.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
33
L’économie du contrat de partenariat
Le contrat conclu avec la société C, le 17
octobre 2007 prévoit un délai d’exécution initial
de 22 ans qui a été
porté par avenants successifs à 27 ans et demi, soit jusqu’en avril 2035.
Le montant contractuel a été initialement estimé à 92,5
M€
70
.
Suite
à l’allongement de la durée contractuelle, le compte administratif 2015 a mentionné
un montant de 115 783 000
€. L’ordonnateur reconnaît qu’il s’agit toutefois d’un montant erroné
71
.
Le montant consolidé du contrat est de 100 856 876
€, soit un coût annu
el moyen de
4,423
M€
72
.
4.2.1.
Un partage des risques
bien maitrisé, dès l’origine, par le partenaire
C a tiré profit de la consultation pour faire reposer plus de risques sur le SMIRITOM
qu’initialement
prévu : les cas éventuels de force majeure entraînant la résiliation du contrat, les
recours de tiers, les mouvements de grève ne résultant pas du partenaire ou encore la mise en
application d’une réglementation nouvelle concernant spécifiquement, ou pas, les unités
de
traitement des déchets sont à 100 % à sa charge.
La chambre relève que cette répartition des risques est plus défavorable au syndicat, dans
13 cas, que celle que proposait
l’auteur de l’offre concurrente
. C étant le seul candidat à présenter
une offre répondant aux éléments structurants du cahier des charges l
e partage des risques n’était
plus dès lors qu’un sujet accessoire pour le syndicat
.
4.2.2.
Les paramètres financiers et juridiques
4.2.2.1.
La rémunération du partenaire
Le contrat prévoit deux phases contractuelles. La première court de la signature du contrat
jusqu’à la mise en exploitation de l’ouvrage (soit contractuellement au maximum 30 mois). La
seconde couvre les 20 années qui suivent. Le financement se fait en deux phases :
une phase de préfinancement correspondant à la mobilisation des fonds ;
une phase de remboursement correspondant à l’amortissement du prêt.
Le loyer contractuel dit « L » du PPP est divisé en trois parties
73
:
un loyer financier (L1),
-
composé d’un loyer L1(A) comprenant le montant de l’investissement pour l’ensemble du
contrat, estimé en 2007 à 14 090 300
€ HT (amortissement),
70
Annexe 4 -
Comptes prévisionnels d’exploitation. Les loyers sont sur 20 ans
- Il est de 24 106
k€ pour la phase de financement
des travaux initiaux, soit un loyer annuel moyen de 1 205 340
€. À ce montant s’ajoutent les loyers pour la phase d’exploitation
de
68 389
k€, soit un loyer annuel moyen de 3
419 464
€.
71
Il est évalué à 115 783 000
€ à l’annexe IV du CA 2015.
72
En incluant le compte d’exploitation prévisionnel modifié, le rachat de l’investissement, la convention du 22
décembre 2014
(177
029 €).
73
Article 37 du contrat de partenariat.
SMIRITOM
34
-
et d’un loyer L1(B) comprenant le préfinancement des travaux et de la TVA
74
;
un loyer d’exploitation (L2)
;
un loyer de maintenance et renouvellement (L3).
En plus de cette rémunération versée directement par le SMIRITOM, le partenaire
bénéficie :
des recettes de la commercialisation du compost,
du produit de la vente des matériaux issus de la valorisation matière non pris en compte par le
contrat Eco-emballages (gros cartonnages, plastiques hors prescriptions techniques minima
),
du produit du traitement d’OM issues de collectivités extérieures au SMIRTOM.
Le contrat de partenariat prévoit une réception des installations lorsque les objectifs
contractuels sont atteints. Durant la phase de réglage de l’installation seuls les loyers L2 sont
perçus
. Cette phase s’est achevée à la réception de l’unité, après validation des performances, le
10 juin 2013. À partir de cette date, la totalité du loyer, dans toutes ses composantes, a été exigible.
Aussi, le SMIRITOM a commencé à régler les loyers L1 et L3 à partir de cette date.
4.2.2.2.
Les objectifs de performance
L’article 23 du contrat initial fixe quatre objectifs de performance
:
la limitation des quantités de déchets ultimes à éliminer ;
la continuité du fonctionnement de l’installation
;
la limitation des impacts sur l’environnement
;
un prix de traitement encadré.
La définition de la continuité du fonctionnement de l’installation
est également fondée sur
les articles 23 et 32 du contrat, ainsi que sur la matrice des risques.
L’ordonnateur
précise que la continuité est assurée et mentionne que lorsque l'unité, pour
des raisons techniques, ne peut pas assurer sur place le traitement des déchets (défaillance du
trommel par exemple), ceux-ci sont transférés et l'intégralité des tonnages apportés est à la charge
du partenaire sans que le SMIRITOM soit pénalisé. La TGAP (taxe générale sur les activités
polluantes) s'applique contractuellement sur un maximum de 45 % des déchets entrants. En cas de
détournement complet du flux, le partenaire assume financièrement la TGAP sur les tonnages
au-delà de 45 %.
4.2.3.
Un financement assuré par les contributions des collectivités membres
Historiquement le SMIRITOM a fondé sa politique de contributions des collectivités
membres sur la préservation des équilibres financiers des nouveaux équipements et la prévention
des décharges sauvages en instaurant un mécanisme de compensation des membres en cas de
tonnage entrant réalisé inférieur au tonnage prévisionnel. Cette logique, qui pouvait être adaptée
74
Estimé à 923 513
€ (frais financiers intercalaires et commissions bancaires, ainsi qu’une commission de montage de 70
456
€,
une commission de non utilisation).
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
35
au contexte des années 2000, est aujourd’hui en contradiction avec l’objectif national de réduction
des déchets produits. Pour autant, le SMIRITOM n’a pas pris
la mesure de cette évolution.
La répartition des charges du syndicat est fixée à l’article 6 des statuts. Ceux
-ci prévoient
le cas particulier des contributions demandées avant la phase d’exploitation d’un équipement
(pendant laquelle aucun tonnage ne peut être traité), réparties au prorata de la population.
Désormais, il s’agit d’une contribution unique dont les modalités de calcul des
participations des EPCI membres (la répartition prévisionnelle des charges) comprennent
plusieurs parts :
les coûts d’i
nvestissements sont répartis au prorata de la population
75
;
les dépenses générales de fonctionnement, autres que celles directement liées au
fonctionnement des installations de traitement et de transport des déchets, sont réparties au
prorata de la population ;
les dépenses de fonctionnement liées directement au transport ou au traitement des déchets sont
réparties à la tonne.
Par ailleurs, les recettes versées par les éco-organismes et le produit de la vente des
matériaux issus du tri sélectif sont conservées par les EPCI.
Enfin, depuis la modification des statuts en 2013, les recettes de revente de matériaux non
gérés par un éco-organisme (carton, ferraille) sont conservées par le syndicat qui les redistribue à
hauteur de 90 % de leur montant sous forme de ristourne directe sur le montant de leur
participation.
75
Il y a le remboursement des investissements (d’une p
art les 80
% d’investissement racheté, le total du remboursement du capital
sur les emprunts effectuées dans l’année et d’autre part, pour les 20
% restant, dans le cadre du loyer L1A, le total du remboursement
au partenaire pour l’année considérée du capi
tal relatif aux frais de construction)
; l’acquittement des frais financiers (comprenant
les frais sur emprunts pour les 80
% de l’investissement racheté et les frais pour les 20
% restant dans le cadre du loyer 1 B) ; le
loyer L3 concernant les provisions pour gros entretien et réparation dans le cadre du PPP. Les charges liées au PPP, constituées du
loyer contractuel « L
» divisé en trois parties dont le loyer L2 correspondant au coût d’exploitation (parts fixes et variables) et les
loyers L1 et L3 en investissement correspondant respectivement au remboursement des frais de construction et des frais financiers,
et en provision pour gros entretiens et réparations ;
SMIRITOM
36
tableau n° 13 : évolution des produits des participations
Les modalités contractuelles de facturation des services hors PPP, sur les différents
territoires du syndicat ne permettent t
outefois pas, du fait de leur hétérogénéité, d’établir de façon
précise le tonnage global traité par le SMIRITOM.
L’ordonnateur
fait état de plusieurs facteurs participant à la production de déchets et
pouvant introduire un biais dans le ratio par habitant :
le caractère très touristique de certaines zones du territoire, entraînant
une variation saisonnière
estivale importante ;
la composition du tissu économique local, largement constitué de PME, occasionnant une
collecte importante par les collectivités
de déchets d’activités économiques assimilables
;
la zone d’attraction économique d’Alès, plus étendue que celle du SMIRITOM et qui génère
des déchets non produits par une population résidente ;
la concentration sur la ville centre d’Alès des infrastructu
res publiques (administrations,
établissements d’enseignement et de santé,...).
Il mentionne également plusieurs facteurs d’explication pour
justifier du coût du
traitement :
le caractère rural et étendu du territoire couvert, induisant un rapport kilomètres
parcourus / déchets collectés important ;
l’enclavement du territoire, allongeant les durées de transports
;
la faiblesse du tri sélectif malgré les efforts de communication lancée par Alès Agglomération.
Il fait état des marges de progrès pouvant être réalisées sur le verre et les autres
emballages
76
tout en indiquant
qu’«
il est difficile voire impossible de déterminer l’influence de
chacun de ces facteurs pour remonter à une production réelle de déchets par habitant et par an ».
76
Étude CITEO : pour le verre 22,4 kg/habitant/an sont collectés contre 28,7 kg en moyenne et 34 kg pour les collectivités les plus
performantes ; pour les autres emballages 10,5 kg sont collectés contre 15,5 kg en moyenne et 19,5 kg pour les plus performantes.
en €
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
charges réccurentes (calculées sur
le nombre d'habitants)
261 000
261 000
318 000
388 000
403 600
453 050
349 766
investissement banques
0
0
498 400
507 900
600 000
Loyer L1A
0
0
92 170
116 205
115 000
intérets banques
0
0
356 500
319 000
320 000
Loyer L1B
0
0
667 550
333 200
330 000
Loyer L3
0
0
286 900
288 000
287 200
tonnages OM estimé PPP
0
44 000
42 500
43 500
43 200
43 500
Loyers L2
0
1 695 125
4 303 000
4 068 000
4 170 000
4 232 500
4 257 100
tonnages collectes sélectives
0
38 869
39 209
43 160
marchés tri et décheteries
0
961 500
2 856 000
3 742 500
4 275 000
4 800 000
5 000 000
Total avant recettes
261 000
2 917 625
8 839 500
9 932 000
10 750 120
11 049 855
11 259 066
dont CA Alès
174 483
2 084 064
dont CC Mont Bouquet
3 706
38 477
dont CC Ceze Cévennes
20 763
220 234
665 853
815 729
882 502
890 677
950 566
dont CC Vivre en Cévènnes
30 387
241 462
542 010
598 570
625 632
614 885
950 566
dont CC Pays Grand Combien
31 662
333 388
839 910
1 014 647
1 007 528
1 029 312
recettes
0
0
0
0
34 444
38 596
43 166
Total après recettes
261 000
2 917 625
8 839 500
9 932 000
10 750 119
11 049 855
11 259 066
Total réalisé (c/74758)
261 000
1 861 000
8 839 500
9 932 000
11 220 865
10 795 259
source : SMIRITOM - répartition prévisionnelle des charges, balance des comptes et rapports sur l'élimination des déchets
8 476 385
10 265 334
1 362 500
1 733 500
prorata
population
prorata tonne
33 500
7 503 055
8 200 013
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
37
Sous ces réserves, la chambre constate que :
le volume global des ordures traitées par le syndicat en 2016 est de 86 360 tonnes, soit
664 kg/habitant/an
77
;
le coût global moyen de traitement de la tonne en 2016, fondé sur la contribution des membres,
est en augmentation de 5 % par rapport à 2014 (122
€) et se situe à 128
78
.
Elle invite le syndicat à améliorer sa compréhension des facteurs participant au volume et
au coût global de traitement des déchets par la mise en place d’une comptabilité analytique de type
ComptaCoût, afin de mobiliser les leviers adéquats
, elle prend acte de ce qu’il s’y engage
. Elle
l’encourage également à approfondir sa réflexion sur la mise en place d’incitations à la qualité de
la collecte sélective et la réduction des déchets produits.
En réponse, le président du SMIRITOM indique que les programmes locaux de prévention
des déchets ménagers et assimilés, qui relèvent de la compétence des deux EPCI membres du
syndicat, pourraient être signés d’ici fin 2018 et couvrir la totalité du territoire
syndical.
La chambre prend acte des engagements du syndicat en la matière.
L’exécution du contrat de partenariat
4.3.1.
La mise à disposition du terrain d’assiette de Néoval
Le terrain d’assiette de l’unité de tri des déchets exploitée par
la société C sous le nom de
Néoval, à Salindres, d’une superficie de 4,7 hectares, est la propriété de la communauté
d’agglomération Alès Agglomération depuis 2006
79
. Le montant total de l’achat, y compris d’une
parcelle supplémentaire effectué en 2008, s’établit à 800
k€.
Le 14
juillet 2007, la communauté d’agglomération a conclu avec le SMIRITOM une
convention d’occupation domaniale l’autorisant non seulement à occuper le terrain en question
mais également à y construire des équipements destinés au traitement des ordures ménagères.
Le syndicat
s’engage, pour sa part, à verser à la communauté d’agglomération une
redevance domaniale comportant une part fixe de 9,8
k€/an et une part variable en fonction du
nombre de tonnes de l’ensemble des déchets traités sur le site, fixée
à 1,77
€/tonne.
Alors que la convention prévoit le versement, à compter de l’année de démarrage de l’unité
en marche industrielle, de l’ensemble de la redevance en septembre, sur la base d’un tonnage
prévisionnel avec régularisation au mois de janvier suivant, le mandatement est effectué, depuis
2015, au 31 décembre sur la base du tonnage arrêté au 30 novembre.
Le terrain a été mis à disposition du partenaire du SMIRITOM à compter de la signature
du contrat de partenariat
80
. En application de l’article 6 du
contrat, C verse au syndicat une
77
Pour 131 000 habitants, hors prestations de transfert.
78
Cumul des tonnages traités dans le cadre des marchés, et du PPP soit 11,05
M€/86 360 tonnes.
79
Dans le cadre de la création de la zone d’activité économique Synerpole, la communauté d’agglomération a acquis auprès d’une
entreprise de la branche chimie les parcelles concernées, réservées à un usage exclusivement industriel (zone UF du plan
d’occupation des sols) au prix de 6,86
€ HT le m². Selon la délibération du 17
février 2006 autorisant la transaction, l’estimation
de France Domaine situait la valeur vénale du m² entre 4,5 et 5
€ H
T.
80
L’article L.
1414-16 du CGCT dispose que lorsque le contrat (de partenariat) emporte occupation du domaine public, il vaut
autorisation d’occupation de ce domaine pour sa durée.
SMIRITOM
38
redevance annuelle, fixée à l’origine à deux euros par tonne entrante traitée sur le site, et payée en
janvier de chaque année depuis la mise en service industrielle de l’unité de traiteme
nt des déchets.
La chambre observe que cette redevance n’est pas calculée sur la totalité du tonnage traité
par le centre mais qu’elle porte uniquement sur les déchets apportés par le SMIRITOM
81
. Cette
différence d’assiette rend complexe le calcul de la re
devance versée par le SMIRITOM à la
communauté d’agglomération d’Alès. Elle invite le syndicat à revoir ce montage afin
d
y inclure
les clients extérieurs de Néoval qui utilisent le site.
4.3.2.
Les modifications apportées par avenants
Dans son rapport de 2011
82
la Cour des comptes rappelle que : « les risques industriels
supportés par les collectivités sont aussi générateurs de carences d’exutoires possibles et de
charges financières majorées (…). Il importe donc que les collectivités territoriales puissent fai
re
appel aux capacités d’expertise disponibles (…) pour ne pas devenir les victimes de programmes
de qualification d’outils industriels issus de la recherche et du développement menés trop
rapidement par les acteurs privés ».
De fait, « la conclusion
d’avenants successifs peut modifier substantiellement l’équilibre
initial du contrat, comme cela a été souvent constaté ».
Le contrat de partenariat notifié le 5 novembre 2007 à la société C
a fait l’objet de cinq
avenants en dix ans.
4.3.2.1.
L
’avenant n°
3
Approuvé par le comité syndical du 2 octobre 2013, il intègre au contrat de partenariat en
phase d’exploitation du centre de tri, l’enlèvement et le transport des ordures ménagères résiduelles
entre les deux quais de transfert d’Alès Agglomération et Salindr
es, où elles sont traitées.
Le transporteur, agit pour le compte du titulaire du PPP et bénéficie du paiement direct par
le SMIRTOM.
L’article L.
1414-1 du CGCT en vigueur en 2013 permettait qu
un contrat de partenariat
puisse également « avoir pour objet tout ou partie de la conception [des] ouvrages, équipements
ou biens immatériels ainsi que des prestations de services concourant à l'exercice, par la personne
publique, de la mission de service public dont elle est chargée ».
Dans sa réponse écrite le président du SMIRITOM fait valoir,
d’une part
,
que l’intégration
de ces prestations relève d’un enjeu d’optimisation du fonctionnement du site Néoval, et d’autre
part que le contrat de partenariat étant un marché public, la loi de 1975 sur la sous-traitance
s’applique, et qu’un paiement direct peut dè
s lors intervenir entre le syndicat et le sous-traitant.
La chambre relève toutefois que la prestation
n’était pas
incluse
dans l’objet
initial du
contrat de partenariat qui a trait à
l’élimination et au traitement des déchets
.
81
Contrat de partenariat p. 97/110.
82
Cour des comptes, Rapport public thématique : les collectivités locales et la gestion des déchets ménagers. La Documentation
française, septembre 2011 p. 303, disponible sur www.ccomptes.fr.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
39
Par ailleurs elle rappelle que l
a mission d’appui aux PPP, en 2011, soit avan
t la conclusion
de l’avenant n°
3 en question, a introduit dans son « clausier type » la mention suivante : « Les
contrats conclus directement par le partenaire pour l’exécution des prestations qui lui so
nt confiées
(…) ne relèvent pas de la loi n°
75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance ».
En effet le
contrat de partenariat est un contrat global qui confie la maîtrise d’ouvrage au
partenaire. Or le titre II la loi de 1975 lie le paiement direct à la notion
de maîtrise d’ouvrage
publique
et n’est donc pas applicable aux contrats conclus par le partenaire d’un PPP pour
l’exécution des prestations qui lui sont confiées, lui
-même étant
maître d’ouvrage et non
entrepreneur principal. La chambr
e observe en outre qu’il s’
agit, de fait, de la seule prestation du
contrat de partenariat faisant l’objet d’un paiement direct du syndicat, en dehors du loyer réglé à
son partenaire.
Elle note également que :
cette prestation relève d’une autre logique
économique avec, comme prestataires potentiels, des
entreprises de transport, nombreuses sur le territoire. Son intégration au sein du PPP revient à
soustraire ces prestations à une mise en concurrence, jusqu’à expiration de celui
-ci, soit pendant
plus de 21 ans ;
si la prestation était considérée comme accessoire au contrat, elle aurait dû être gérée dans les
termes du loyer, et non faire, comme c’est le cas, l’objet d’une facturation directe au syndicat.
le montant annuel maximum des prestations excède
le seuil européen de l’appel d’offres et
le
coût total est évalué à 14,3
M€, jusqu’à l’échéance
83
de 2035 ;
la rémunération repose sur un prix forfaitaire à la tonne et non sur un loyer, et ce alors même
que la prestation est « auto contrôlée » par le partenaire, qui dispose de la seule bascule
permettant la mesure des tonnages effectifs ;
le partenaire est le seul bénéficiaire du montage, à savoir l’optimisation du fonctionnement de
son installation, la contrepartie pour le syndicat étant la diminution des nuisances.
Le chambre relève de plus que la prestation de transport des ordures ménagères résiduelles
entre le quai de transfert de l’Event, à Saint
-Martin-de-Valgalgues, et le centre de tri de Salindres,
a été effectuée, pour le mois de décembre 2013, sans marché pour un montant total de 41 246,83
€.
Le marché précédent était arrivé à expiration le 30
novembre 2013 et l’exploitant du centre de tri
n’avait pas encore mis en œuvre les dispositions de l’avenant n°
3 qui s’appliquait compter du
1
er
janvier 2014.
Durant cette même période de novembre 2013, d’autres prestations ont été réglées sans
contrat écrit alors que le seuil alors en vigueur de 15
k€ était dépassé
84
.
L’ensemble de ces éléments témoignent d’une défaillance dans la définition initiale du
besoin mais surtout du non-respect des principes de mise en concurrence
et d’égalité
de traitement
du code des marchés publics.
83
15
000 tonnes à 27 €/T et 8
000 tonnes à 33
€/T soit 669
k€/an, soit 14,3 M€ sur 21,5 ans.
84
78 022,56
€ et 44
475,07
€ payés au même prestataire par deux mandats émis le 28
février 2014.
SMIRITOM
40
4.3.2.2.
L’avenant n°
4
Constatant que les conditions de financement offertes au SMIRITOM par la Caisse des
dépôts et consignation étaient plus favorables pour le syndicat que celles qui étaient susceptibles
d’être accordées à
C, les parties au contrat ont convenu des modalités de reprise par le syndicat de
80
% du montant de l’investissement, soit dans la limite d’une cession Dailly.
La mise en place du taux préférentiel suite au transfert de 80 % de la charge au
SMIRITOM, a abouti à la diminution de la charge financière pour la collectivité mais également
pour le partenaire privé. Les caractéristiques du contrat de partenariat, fondé en partie sur le
financement d’un équipement par le partenaire privé,
ont ainsi été modifiées substantiellement et
la pertinence du recours à ce montage contractuel n’apparaît plus.
4.3.2.3.
L’avenant
n° 5
Approuvé le 13 décembre 2017, son objet porte à la fois sur la révision du loyer relatif au
GER, aux pénalités de retard dues par le partenaire et aux évolutions éventuelles du centre de tri
mécano-biologique
85
, il est analysé dans la suite du rapport.
4.3.3.
Le versement de la redevance contractuelle
Depuis 2013, le loyer L1 (loyers financier) a diminué des deux-tiers
86
suite au rachat d’une
part de l’emprunt par le SMIRITOM, et les loyers L2 et L3 sont stables
87
.
Le partenaire bénéficie par ailleurs de deux compléments au loyer, versés par le
SMIRITOM : un complément de TGAP (128
k€ en 2016) et d’autres recettes (67
k€ en 2016).
Au 31 décembre 2016, le cumul du montant des loyers (L2A, L2B et L3) versés par le
SMIRITOM au partenaire, à compter d’août 2012,
était de 19,2
M€
88
.
Suite à une analyse de premier niveau, aucun écart du loyer versé par rapport au loyer
prévisionnel n’est relevé. Les modalités de révision et d’indexation du loyer n’appellent pas non
plus de remarques.
Par ailleurs, conformément à l’art
icle L. 1615-12 du CGCT, le SMIRITOM a récupéré le
FCTVA p
our la part des rémunérations versée au partenaire correspondant à l’investissement
réalisé par celui-ci.
De plus, l’avenant n°
5, adopté par délibération le 13 décembre 2017, prévoit la
décomposition du loyer L3 en deux parts, dont l’une dédiée à l’inve
stissement, afin de permettre
85
L’avenant acte le changement de dénomination en C
; les équipements supplémentaires de traitement de l’air et l’ajustement en
conséquence du loyer L3 ; le montant des pénalités (162
k€) et la compensation sur les deux premières années par le non ajustement
du loyer L3 (163
k€)
; la ventilation fonctionnement/investissement du loyer L3 afin de bénéficier du FCTVA sur la partie
investissement
; et d’autres points non substantiels (Néoval ne constitue pas une société ad hoc, horaires d’ouverture du site).
86
De 748
k€ de 2014 à 2016, soit –
65 %.
87
Sous réserve des modifications introduites par l’avenant n°
5 aux loyers L3A et L3B
88
IV.4 tableau 2
imputations au compte 611 pour 16 633 841
€ à compter de 2013, mais aussi autres comptes (6688) et phase de
démarrage (L2) d’août à décembre 2012 pour 1,3
M€, hors différentiel TGAP. Concordance avec les rapports du délégataire à
17,830
M€ (bilans financiers, cumul L1, L2 et L3, qui n’intègrent pas 2012).
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
41
la récupération du FCTVA sur les dépenses afférentes. Le montant prévisionnel est de 16,5 k€
pour 2017, et de l’ordre de 20 k€ par an pour les exercices suivants.
Le bilan du recours au partenariat
Le SMIRITOM a édicté plus
ieurs obligations contractuelles ainsi qu’un système de
pénalités pour des retards dans la conception (1
k€/jour), la réalisation (0,5
k€/jour) ou la mise en
service (1
k€/jour) de l’installation de traitement des OMR, ou pour la non atteinte des critères
de
performance (0,3
k€
/ % au-dessus de 45 % de refus, par exemple). Toutefois, le contrat prévoit
que le syndicat doit conduire une procédure contradictoire avant d’appliquer à l’exploitant une
sanction égale ou supérieure à 300
€. Le syndicat peut renonc
er, en fonction des explications
reçues, à l’application des pénalités
89
.
4.4.1.
Le respect du calendrier contractuel
C’est essentiellement sur l’urgence née du «
retard considérable
90
» pris dans le traitement
des déchets dans le département du Gard que le SMIRITOM a fondé son recours à un PPP.
Au moment où le comité syndical du SMIRITOM s’est prononcé en faveur d’un PPP, il
s’agissait, avec celui de la complexité, des seuls motifs légaux de recours à ce type de contrat.
Venant préciser cette notion
d’urgence, le Conseil d’État a considéré, dans un arrêt du
29 octobre 2004, «
que, sous réserve qu’elle résulte objectivement, dans un secteur ou une zone
géographique déterminés, de la nécessité de rattraper un retard particulièrement grave affectant la
r
éalisation d’équipements publics collectifs, l’urgence qui s’attache à la réalisation du projet
envisagé est au nombre des motifs d’intérêt général pouvant justifier le recours au contrat de
partenariat »
91
.
Quatre ans et demi plus tard, le 7 mai 2011, alors que les travaux de construction avaient
commencé, le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a rejeté une demande de
suspension du permis de construire du centre de traitement présentée par une association opposée
au projet (cf. infra) en indiquant que la réalisation de cet équipement public revêtait une « urgence
caractérisée, dans la mesure où elle mettra fin à la pénurie des centres de traitement des déchets
du Haut-
Gard, à l’encombrement des centres de stockage de déchets ultimes du reste
du
département, à la saturation de l’incinérateur de Nîmes, au stockage de déchets non traités ou à
leur exportation vers d’autres départements
».
Après la délivrance, en octobre 2010, du second permis de construire par le maire de
Salindres à C, la cons
truction de l’usine a été lancée en février 2011.
Les premiers déchets ont été acceptés sur le site pour la phase d'essai. Suite à un problème
mécanique, l'unité a dû arrêter sa mise en service industrielle. La réception, prévue initialement
début 2012
92
, est intervenue le 10 juin 2013 après validation des performances
93
.
89
Annexe 11 au contrat de PPP
Réponse à la question n° 22.
90
Délibération du SMIRITOM n° 2006/12/01 du 20 décembre 2006 -
le plan départemental d’élimination des déchets du Gard
prévoyait la mise en service d’une nouvelle uni
té de traitement en 2006-2007 sur le territoire du SMIRITOM pour répondre aux
besoins.
91
Conseil d’État,
Sueur
, 29 octobre 2004, n° 269814.
92
DOB 2011.
93
DOB 2013.
SMIRITOM
42
La chambre relève que les retards relatifs à la première phase ont conduit à ce que celle-ci
se prolonge jusqu’au 10
juin 2013 soit 68 mois, en dépassement de 36 mois par rapport au plafond
prévu contractuellement. Ces importants retards ont renforcé le retard pris en matière de traitement
des déchets et partant justifié
le caractère d’urgence invoqué pour la réalisation du contrat.
4.4.2.
La performance financière
L’exploitation du site Néoval ne fait pas l’objet d’une comptabilité séparée de la société
C,
ni d’un travail de certification relevant d’un commissaire aux comptes. Sous cette réserve
méthodologique, les comptes prévisionnels d’exploitation du partenaire font apparaître
:
pour la
phase financière, un résultat d’exploitation cumulé fortement déficitaire sur les cinq
premiers exercices (- 1,3
M€) mais quasiment à l’équilibre pour l’ensemble du contrat
(- 744
€)
;
pour la phase d’exploitation, un résultat d’exploitation cumulé de 3,3
M€ sur les cinq premiers
exercices et de près de 8,6
M€ pour l’ensemble du contrat.
Les comptes d’exploitation
prévisionnels prévoyaient ainsi que 38 % de la performance
financière de l’équipement sur la durée du contrat seraient réalisées durant les cinq
premières
années d’exploitation.
L’exécution révèle que, depuis 2013, l’ensemble des recettes perçues par le partenaire
s’élève à 26,7
M€, l’ensemble de ses charges à près de 30
M€. Son résultat cumulé, corrigé des
recettes exceptionnelles, est dès lors de - 3
M€.
Au titre du PPP, les rémunérations perçues par le partenaire du SMIRITOM s’élèvent à
22,7
M€, pour des charges à hauteur de 25,8
M€, soit un résultat cumulé déficitaire de 2,5
M€
(résultats exceptionnels pris en compte).
Les frais financiers ont pourtant été diminué, suite au rachat d’une partie de l’emprunt par
le SMIRITOM.
Ces déficits récurrents d’exploitation, qui pourraient fragiliser l’exploitation dans la durée,
pourraient traduire l’engagement, à ses dépens et dans la durée, d’une société à but lucratif en
faveur du service public. Ils sont toutefois contradictoires avec un coût élevé à la tonne. Les
comptes présentés étant des comptes agrégés retraités par la société partenaire, la fiabilité des
éléments peut en être affectée.
Dans sa réponse écrite le président du syndicat fait valoir que ces déficits ont fait l’objet
d’un suivi détaillé avec le partenaire, que leur origine a pu être identifiée, et qu’ils ont pu être
intégrés dans les discussions en cours sur le nouvel avenant.
La chambre relève que si, de par ses relations privilégiées avec le partenaire, le président
du SMIRITOM n’a pas été surpris par les déficits, ceux
-ci apparaissent néanmoins en décalage
avec les comptes prévisionnels mentionnés, seule s
ource d’information disponible pour les autres
élus. Elle constate par ailleurs l’intégration de la connaissance de ces déficits dans l’avenant n°
5
Neoval II qui ouvre la possibilité au président de négocier les modalités de ce nouveau projet.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
43
La chambre
recommande donc au syndicat de s’assurer auprès du
partenaire de la fiabilité
des documents
transmis, afin d’alimenter la réflexion sur
les équilibres économiques et financiers
du contrat.
Recommandation
Assurer le contrôle efficient du volet économique et financier du contrat, par une
analyse approfondie des documents produits par le partenaire.
Non mise en
œuvre
.
4.4.3.
La performance environnementale
4.4.3.1.
La limitation des impacts sur l’environnement
La limitation des impacts sur l’environnement est demeurée un objectif théorique et n’a
pas fait l’objet d’une quantification des objectifs contractuels hormis l’engagement de la mise en
place des certifications ISO 9001 et ISO 14001 dans les deux ans suivant la date de mise en service
industrielle de l’équipement.
L'unité Néoval a obtenu sa certification ISO 14001 et un audit qualité de décembre 2016 a
démontré que les procédures qualité sur site satisfaisaient aux exigences de la norme ISO 9001.
Pour autant, le contrat prévoyait une pénalité journalière en cas de non-respect des seuils
prévus dans l’arrêté préfectoral autorisant l’ICPE, notamment sur le niveau autorisé d’émission.
Le partenaire n’a pas été en mesure de garantir le niveau autorisé d’émission pendant 504
jours, entre le 10 juin 2013 et le 4 novembre 2014.
L’ordonnateur n’a toutefois pas souhaité appliquer de pénalités au partenaire. Il met en
avant que « le SMIRITOM pouvait constater dans le même temps que le partenaire faisait ses
meilleurs efforts techniques et financiers pour remédier au problème majeur du traitement des
odeurs sur le site qui ne respectait pas l’AP de l’époque
94
.
[…] Il s’avère d’ailleurs qu’aucune
plainte de riverains n’a été constatée, ce qui a incité le SMIRITOM à surseoir à l’application
immédiate des pénalités, sans p
our autant y renoncer […]
».
Il rappelle que l’absence de garantie conduisait mécaniquement à une pénalité d’un
montant de 151
k€ mais il fait valoir que «
depuis novembre 2015, date de fin de réception des
travaux d’amélioration pour le traitement des od
eurs, le partenaire et le SMIRITOM négocient un
avenant n° 5 qui intègre une augmentation du montant de GER résultant de ces travaux et une
évolution globale de l'unité NÉOVAL. La demande du partenaire concernant le complément de
GER s’établit à 81
708
€/an à compter de 2015. L’avenant n°
5 proposé au vote du comité syndical
du 13 décembre 2017 prévoit notamment que les deux années de complément de GER que le
partenaire demande, soit 163 416
€, compensent la pénalité de 162
300
€ exigible par le
SMIRITOM. L
’augmentation de loyer pour le GER ne sera donc applicable qu’à compter de
l’année
2017
, une fois l’avenant finalisé
».
94
Selon le rapport annuel 2013 du partenaire « dans le cadre des essais de performance, le n
iveau d’efficacité du système de
traitement d’air de l’usine Néoval était inférieur aux objectifs fixés au constructeur […] C a décidé de dénoncer le contrat
la liant
avec ROS ROCA afin de réaliser elle-même ces travaux.
SMIRITOM
44
La chambre relève que l’ordonnateur a mis en œuvre une option de compensation
pluriannuelle non prévue au contrat, et n’a pas utilisé l
es pénalités contractuelles annuelles pour
l’absence de respect des indicateurs de performance environnementale
95
.
A
ucune des pénalités prévues contractuellement n’a
jamais été appliquée
96
.
Selon l’ordonnateur les pénalités prévues au contrat se seraient c
umulées, de 2013 à 2014
à un montant global de 162
k€. Ce montant ne tient pas compte d’une pénalité de 10
€ par tonne
de déchets ultimes produite au-dessus du seuil de 45 % du tonnage annuel des déchets entrants,
laquelle avait été proposée par C
au titre de l’article 49.10.b du contrat et validée lors de sa mise
au point
97
.
Dans sa réponse écrite, le président du syndicat met en avant, pour les pénalités liées aux
objectifs environnementaux,
l’
intérêt du syndicat à négocier avec son partenaire. Il fait valoir que
l’application de pénalités aurait pu conduire le partenaire à opposer la variation du modèle de
composition des déchets traités, et partant demander une compensation financière plus élevée que
les montants de pénalités. Pour les pénalités de retard de mise en service industrielle, il indique
que le retard très important pris dans la mise en service n’est pas exclusivement imputable à une
faute directe du partenaire.
La chambre relève d’une part le caractère extra contractuel de ces négociations et d’autre
part que les arrangements subséquents ont pour objet de préserver la relation avec le partenaire.
4.4.3.2.
Les autres indicateurs
Un plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux (PPGDND) a été publié fin
2014 par le conseil général du Gard. Le prochain plan, dont le chantier a été lancé le 15 avril 2016,
sera conçu par le conseil régional Occitanie et devrait être adopté courant 2018
98
.
En conformité avec le PDEDMA, l’arrêté d’autorisation pris par le préfet du Gard permet
le trait
ement de déchets provenant d’autres territoires mais dans la limite d’une distance maximale
de 50 km séparant l’épicentre de la zone de collecte du centre de tri.
En 2016, le centre tri mécano-biologique de Salindres a légèrement dépassé sa capacité
maximale en recevant 50 262 tonnes de déchets ménagers et assimilés, dont 14 % de déchets
provenant d’intercommunalités non adhérentes au SMIRITOM (contre seulement 7,6
% en 2015).
Conformément à la loi
99
, le PPGDND du Gard a fixé des objectifs en matière de prévention
des déchets non dangereux en retenant deux échéances
: 2019 et 2025. S’il revient aux EPCI
membres de mettre en place des politiques de prévention à travers leur compétence en matière de
collecte, l’évolution du gisement de déchets à traiter const
itue pour le syndicat un indicateur
important. Il met en effet en évidence d’une part les carences de l’animation du syndicat en matière
de tri amont, et d’autre part l’inadaptation du centre Néoval à la ressource à traiter
100
.
95
L’article 44 du contrat prévoit q
ue les sommes dues par le SMIRITOM à son partenaire et celles dont celui-ci est redevable au
titre des pénalités ou de sanctions pourront faire l’objet, le cas échéant, d’une compensation annuelle.
96
Articles 13.4 et 49.6 du contrat de partenariat.
97
Mise au point du contrat
Point 12, page 9/30.
98
Transfert de compétence issu de la loi NOTRé du 7 août 2015.
99
Article R.
541.14 du code de l’environnement.
100
Source : annexe.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
45
Le bilan dressé à l’échelle
du département pour la période 2004-2010 avait témoigné,
d’une
part
, d’une baisse des ratios à l’habitant pour les ordures ménagères et assimilé
es (- 4
%), d’autre
part une hausse significative des déchets verts et des encombrants collectés principalement en
déchetterie (+ 20 %).
Si le volume d’ordures ménagères résiduelles qui alimentent le centre de tri
mécano-biologique est demeuré stable entre 2014 et 2016 (+ 0,8 %)
101
, les dépôts en déchetteries
des végétaux (+ 23,9 %), des ferrailles (+ 57,9 %) et des encombrants (+ 10,5 %) ont beaucoup
augmenté durant cette période.
La chambre constate qu’en l’état actuel, le centre de tri mécano
-biologique de Salindres
n’est d’aucune utilité au SMIRITOM pour faire face à l’augmentation des déchets verts puisqu’il
n’a pas été conçu pour les valoriser, au travers d’une plateforme, sous forme de compost ou de
broyat. En 2016, le taux de valorisation organique des ordures ménagères résiduelles était inférieur
à 6 %.
Le président du SMIRTOM fait valoir que le centre Néoval a permis en 2016 de séparer
plusieurs types de déchets du flux des ordures ménagères résiduelles (flaconnages, ferrailles,
métaux non ferreux, compost normé). Il confirme toutefois
l’impossibilité en l’état de traiter les
déchets verts, mais indique que
des adaptations du site, envisagées dans le projet d’avenant n°
6
devraient permettre d’augmenter les performances sur les différents déchets
et
d’inclure le
traitement du gisement de déchets verts.
La chambre prend acte de
l’état d’avancement des négoci
ations du syndicat avec son
partenaire sur l’adaptation de l’installation et
son intégration au sein du contrat en cours.
4.4.4.
Le bilan quantitatif
4.4.4.1.
La limitation des quantités de déchets ultimes
La convention initiale précise que le partenaire conçoit l’in
stallation de manière à
maximiser la valorisation organique et matière et à limiter la production de refus non valorisable.
Les niveaux de performance en la matière sont fixés tels que
102
:
les déchets ultimes doivent être inférieurs à 40 (± 5) % du tonnage annuel de déchets entrants ;
la part des déchets traités par valorisation matière et organique (recyclage et compostage) ne
peut pas être inférieure à 33 % du tonnage annuel entrant. Le compost obtenu doit répondre aux
impératifs de la norme NFU 44-051 ou équivalent.
101
Le cahier des charges du PPP prévoyait 44 745 tonnes pour 2016. Ce sont 43 209 qui ont été effectivement traitées.
102
V.1
annexe 2 au contrat.
SMIRITOM
46
Le bilan matière théorique contractuel était tel que
103
:
tableau n° 14 : Bilan matière médian théorique
Concernant cet objectif, l’ordonnateur relève que
:
le taux de valorisation matière supérieur à 33 % a toujours été atteint
104
,
concernant la quantité de déchets ultimes (refus), le seuil de 45 % a été dépassé entre 2013 et
2015.
L’unité Néoval a dû faire face à une phase initiale de réglage et n’a été réceptionnée qu’en
juin 2013. Cette même année, 59,8 % des déchets ont été enfouis, suite à un dysfonctionnement
du système de traitement de l’air et la suspension du cycle de maturation de la matière à composter.
L’ordonnateur
justifie ce choix par la nécessité de faire accepter cette unité par la population. Le
problème n’a été résolu qu’en juin 2014. Au printemps 2015, un incident technique sur le trommel
de tri a entraîné l’arrêt de la ligne de tri durant huit semaines, et la totalité du flux a été transférée
vers des ISDND. Ainsi, en 2014, le taux a été de 58,5 %, et en 2015 de 56
%. En 2016, l’objectif
de déchets non valorisables a été respecté avec un taux 44,9 %.
Tous les tonnages supplémentaires, c’est
-à-dire au-delà des 45 % (frais de traitement et
TGAP) ont été intégralement pris en charge par le partenaire, conformément aux dispositions
contractuelles.
103
V.1
Mise au point du 17
octobre 2007, ou l’annexe 8 du contrat.
104
Pour 2013, les déchets entrants s’élèvent
à 40 024 tonnes, la valorisation est de 14 123 tonnes dont 35,29 %. En 2014, le taux a
été porté à 41,4 %.
en t/an
quantité
%
Entrants
déchets entrants
50 000
100
compost normé
7 500
15,0%
Ferrailles
2 000
4,0%
non ferreux
0
0,0%
autres matériaux
recyclables (PET-PEHD)
1 000
2,0%
autres matériaux
recyclables pour
valorisation énergétique
5 500
11,0%
autres matérieux
recyclables (gros cartons)
1 000
2,0%
total valorisation matière
17 000
34,0%
pertes
10 650
21,3%
refus inertes
0
0,0%
refus lourds
5 500
11,0%
refus légers d'affinage
11 350
22,7%
refus encombrants
0
0,0%
autres refus
5 500
11,0%
total sortants
50 000
100,0%
total refus
22 350
44,7%
source : SMIRITOM - contrat PPP
Sortants
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
47
La chambre relève que si l’objectif de valorisation matière a été tenu sur la période, c’est
essentiellement par le débouché de la valorisation énergétique (12 000 tonnes étant transférées à
Vedène dans le Vaucluse, site de C). Les autres valorisations sont inférieures aux prévisions
contractuelles.
4.4.4.2.
La production de compost normé
En 2015, moins de 2 000 tonnes de compost normé ont été produites pour 47 000 tonnes
de déchets traités, contre 7 500 tonnes environ prévues initialement, en cohérence avec le plan
départemental de 2014.
L’ordonnateur précise qu’à la date d’élaboration
de ce plan (2013), le SMIRITOM ne
disposait, comme seule donnée, que du bilan matière prévisionnel annexé par le partenaire du PPP
qui annonçait la production de 7 500 tonnes de compost par an.
Il indique que les exigences de la commune d’implantation du site n’ont pas permis la pose
d’un système (bio
-réacteur stabilisateur) permettant de répondre à ces objectifs. Un autre procédé
(Ros Rocca) a été utilisé. Toutefois celui-ci a nécessité, afin de produire un compost répondant
aux normes, de diminuer de manière drastique la quantité de compost produite.
Par ailleurs, comme vu supra, un incident sur la ligne de production
n’a pa
s permis de
produire du
compost durant deux mois. Suite à l’optimisation du fonctionnement, la production a
été de 2 950
tonnes en 2016, et l’objectif est de produire 3
500 tonnes par an.
Dans les années à venir, l’obligation de collecte séparée de
bio-déchets des gros
producteurs et l’interdiction de les mélanger à des déchets non triés à la source vont faire diminuer
les flux d’ordures ménagères à traiter par NÉOVAL, et particulièrement leur fraction
fermentescible nécessaire aujourd’hui à la production du compost, d’autant plus que les déchets
cellulosiques (papier et cartons) ne sont déjà plus utilisés depuis 2015.
Le compost produit trouve essentiellement un débouché commercial en amendement
organique pour l’agriculture et les espaces verts. Lor
sque la norme NFU-44-
051 n’a pas été atteinte
en janvier 2015, le compost a servi à végétaliser une ancienne ISDND exploitée par C, à Saint-Brès
(Gard)
105
.
La chambre relève donc, d’une part, la faible quantité de compost produite depuis la mise
en service
de Néoval et les perspectives défavorables à son augmentation, d’autre part, les
débouchés limités de la production
106
.
Le SMIRITOM a toutefois maintenu son engagement envers le procédé choisi et son
partenaire, avec, au final, un impact limité sur l’enfoui
ssement des déchets ou leur incinération, au
niveau de profitabilité plus élevé. Si cette logique était compréhensible en 2007, elle aurait dû
faire, par la suite, l’objet d’un travail d’évaluation. Le syndicat pouvait s’appuyer pour ce faire sur
les rapports et documents nationaux publiés à compter de 2010
107
.
105
Rapport annuel 2015 de Néoval.
106
Rapport annuel du syndicat centre Hérault : En 2015, 3 524 tonnes de compost vendues pour 7 834 tonnes traitées de déchets
verts et de biodéchets triés à la source, soit 45 % de rendement global.
107
Rapport d’information n°
571 de M. Daniel Soulage, juin 2010, fait au nom de la mission commune d’information sur les
déchets du Sénat, Rapport particulier thématique précité de la Cour des comptes, Rapport de suite sur la gestion des déchets
ménagers de la Cour des comptes, fiche technique de l’ADEME.
SMIRITOM
48
Dans sa réponse écrite, le directeur de la société C précise que sa société commercialise
27 000 t/an de compost normé
produit dans l’Hérault
dans des filières agricoles et il fait valoir que
des débouchés existent pour du compost normé de déchets verts ou de bio-déchets.
La chambre observe toutefois que si ces débouchés existent, ils ne concernent pas le
compost actuellement produit par l’installation mais celui
qui pourrait être obtenu après son
adaptation.
4.4.4.3.
Le prix de traitement encadré
Le contrat initial précise que sur la durée du contrat, le montant annuel moyen payé par le
SMIRITOM ramené au tonnage annuel moyen de ses déchets traités (soit 45 000 tonnes/an) doit
être inférieur au
montant plafond de 100 €/tonne. L’objectif de performance fixé en coût annuel
global moyen HT par tonne entrante est de 92,22
€ HT/tonne
108
, soit, 97,29
€ TTC.
L’ordonnateur fait valoir que
les évolutions de prix liées à l'augmentation de la TVA passée
de 5,5 % à 10 %, à l'augmentation de la TGAP et à l'actualisation des prix, ont porté le prix effectif
en 2016, soit environ 10 ans après son établissement, à 110,41
€ TTC (hors rachat de 80
% de
l'investissement). À ce coût s’ajoute le montant des remboursem
ents auprès des organismes
bancaires, soit un coût global de 129,32
€ par tonne
109
.
La chambre constate toutefois que ce coût de traitement à la tonne est supérieur à la
moyenne nationale quel que soit le mode de traitement pris en compte
110
.
L’écart est cepe
ndant
plus important si ce coût est comparé aux charges moyennes de traitement par enfouissement
(+ 36,7 %) ou aux charges techniques moyennes de traitement par incinération (+ 6,87 %). Or, ce
sont 45 % des déchets résiduels provenant du centre de tri mécano-biologique qui sont stockés et
non pas valorisés par incinération.
Par ailleurs, dans le cadre de l’article 37 du contrat, le partenaire est autorisé à exploiter le
vide d’installation. L’unité étant conçue pour pouvoir traiter 50
000 tonnes par an, et le
SMIRITOM en apportant 43 200 tonnes en 2016, 6 800 tonnes de capacités restantes sont à la
disposition du partenaire. Suite à appels d’offres, le partenaire a été désigné attributaire des
marchés de traitement des déchets lancés par la communauté de communes des Hautes-Cévennes
et le SYMTOMA.
La chambre relève que le coût moyen à la tonne pour le SMIRITOM est supérieur à la
rémunération perçue par le partenaire auprès d’apporteurs extérieurs, laquelle a été de 98
€ par
tonne sur la période.
4.4.5.
Conclusion sur l’efficience
L’ordonnateur relève que le procédé n’a que trois ans de recul et qu’il est difficile
de porter
un jugement sur l’efficience économique et environnementale.
108
Hors TVA, hors redevance pour occupation du terrain et hors taxes et impôts de tout ordre contractuellement à la charge du
partenaire.
109
Rapport 2016 sur l’élimination des déchets –
p.5/11.
110
ADEME
Référentiel national des coûts du service public de prévention et de gestion des DMA en 2014- 6 mars 2017, p.92
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
49
Le tonnage annuel traité par l’installation Néoval et les produits va
lorisables sortants sont
conformes, dans leur globalité, à l’estimation initiale. Il y a plus de refus mais moins d’évaporation.
Pour autant, une analyse fine des bilans d’exploitation depuis la mise en service du site met
en évidence deux écarts significatifs aux prévisions :
d’une part, une composition de produits valorisables différente des objectifs. La part de compost
et de matières recyclables est bien moindre que prévue et la valorisation énergétique bien
supérieure. Il y a donc un important report de tonnage des produits recyclés vers la valorisation
énergétique ;
d’autre part, les pertes par évaporation sont plus faibles que prévu alors que la quantité de
déchets ultimes envoyés en centre d’enfouissement est plus importante. La part organique des
déchets reçus dans l’installation est donc inférieure aux prévisions.
Ces écarts peuvent trouver leur origine pour les flux entrants :
dans l’insuffisance du tri à la source des déchets d’emballages, notamment en raison d’une
difficulté d’accès aux
déchetteries
et aux points d’apport volontaire (verre, textile, déchets
toxiques...) pour les ménages ;
par le mélange des ordures ménagères avec des déchets d’activités économiques.
Si l’organisation de la collecte relève de la compétence des EPCI, le syndicat
a
statutairement une mission d’animation en la matière, qu’il reconnait n’assumer que partiellement
au travers d’un certain nombre d’actions menées auprès d’Alès Agglomération.
De fait, les
objectifs du PPGDND risquent de ne pas être atteints sur le territoire, hormis pour les déblais et
gravats collectés en déchetteries.
tableau n° 15 : bilan et objectifs du volume annuel de déchets par habitant
Le ratio en 2016, sur l’ensemble des déchets ménagers et assimilés collectés
sur le
périmètre du SMIRITOM, hors déblais et gravats, est de 557,8 kg/habitant, soit supérieur à la
référence nationale, de 519 kg/habitant
111
, et à l’objectif de 541 kg/habitant fixé par le PPGDND
du Gard pour 2019.
Les efforts sur le tri à la source rest
ent à produire, et en l’état, ces écarts compromettent la
performance de l’installation de TMB.
111
Ademe, 2013.
Déchets
Volume traité
par le SMIRITOM
en 2016
Objectif du
PPGDND pour
2019
Objectif du
PPGDND pour
2025
OMA (
ordures ménagères et
assimilés + collectes sélectives
)
en kg/hab/an
371,5 kg/hab/an
355 kg/hab/an
335 kg/hab/an
Déchets verts
80,8 kg/hab/an
76 kg/hab/an
76 kg/hab/an
Autres déchets collectés
en déchetteries
104,3 kg/hab/an
111 kg/hab/an
104 kg/hab/an
Source : Données SMIRITOM et PPGDND 30 retraitées par la CRC
SMIRITOM
50
Au regard des ambitions affichées, la chambre relève qu’en l’absence de solution de
valorisation énergétique ou d’enfouissement au nord du département du Gard
, la question du
transport des déchets reste prégnante. De fait, le TMB ne réduit que de 17 %
112
le tonnage de
déchets à transporter sur de longues distances.
La chambre constate que plus de 82 % de la masse entrante est finalement envoyée en
centre d’enfouissement, ou en incinérateur, à plus de 70 km du site, par dérogation au principe de
proximité énoncé par le code de l’environnement et à l’arrêté préfectoral
d’autorisation qui prévoit
à son article 2.4.4 une distance maximum de 50 km sauf justification apportée par l’exploitant.
Dans leurs réponses, le président du syndicat et le représentant de son partenaire, C,
indiquent que si des solutions techniques d
ans d’autres sites plus proches étaient possibles, à des
coûts inférieurs, elles seraient bien évidemment privilégiées.
La chambre relève que le syndicat n’a pas conduit de recherches de lieux d’implantation
de nouveaux exutoires sur son territoire depuis la mise en service de centre de tri mécano-
biologique.
La faible réduction de tonnage générée par NEOVAL est à mettre en perspective avec :
l’énergie consommée par l’installation
;
son coût de fonctionnement sur la durée du contrat ;
les risques liés aux
débouchés, notamment en cas de production d’un compost non conforme
aux exigences réglementaires ;
l’existence des mêmes exutoires étant en mesure de recevoir les déchets issus de la collecte,
sans passage par le TMB ;
le décalage croissant du procédé mis
en œuvre avec les objectifs environnementaux tels qu’ils
ressortent du cadre législatif et règlementaire, lequel conduit à privilégier le tri à la source
113
.
L’efficience économique et environnementale de l’équipement apparaît ainsi faible et
risque de se dégrader. La chambre
prend acte du fait que le syndicat s’engage à réaliser d’ici fin
2018 un audit de la situation économique du procédé afin d’évaluer notamment la réalisation des
objectifs en matière de tarification.
4.4.6.
Les perspectives
La délibération validée en comité syndical du 13 décembre 2017
114
relève : « compte tenu
de l’évolution programmée de la TGAP (perspective de l’ordre de 50
€ HT/tonne de déchets
ultimes enfouie en ISDN), (…), et de l’évolution législative, notamment à travers la loi n°
2015-
992 du 17
août 2015, laquelle condamne l’orientation de TMB, le partenaire et le SMIRITOM
entendent anticiper autant que possible ces conséquences (…)».
112
Évaporation et valorisation hors incinération.
113
CAA Bordeaux, 14 novembre 2017, n° 16BX00688,
Vinci Environnement,
confirmation de l’annulation de l’arrêté
d’autorisation d’exploiter un centre de TBM à Bordères
-sur-
l’Échez (65) pour non
-conformité à la hiérarchie des modes de
traitement fixée par l’art
icle L. 541-
1 du code de l’environnement.
114
Suite à l’avis favorable de la CAO du 5
décembre 2017.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
51
Les documents préparatoires à la délibération
115
précisent que : « la mutabilité du contrat
de partenariat requiert des parties contractantes une flexibilité particulière et un esprit de
coopération. C’est en ce sens que le principe de mutabilité représente fondamentalement le gage
de la stabilité de la relation contractuelle entre les parties ».
La délibération autorise ainsi le président à signer un avenant n° 5 au contrat afin «
d’acter
du principe de l’engagement réciproque des parties à ouvrir des réflexions et négociations pour
formaliser et assurer qualitativement la pérennité de l’unité de TMB
sur le territoire du
SMIRITOM avant le 31 décembre 2018
». Le syndicat prévoit ainsi d’aboutir à la signature d’un
avenant n° 6 avant fin 2018.
Le syndicat s’engage, avec le lancement du projet Néoval II, dans une stratégie
d’adaptation du contrat de par
tenariat.
figure n° 2 : modification de
process
dans le cadre du projet Néoval II
Source : SMIRITOM - rapport de motivation
Quatre demandes ont été formulées auprès du partenaire :
l’augmentation de la part de valorisation
organique des déchets ménagers ;
la réduction de la part enfouie des déchets ;
l’intégration d’une réflexion sur la valorisation par compostage des déchets verts
;
une réflexion sur une approche d’économie circulaire.
115
Rapport de motivation.
SMIRITOM
52
La part de la valorisation matière devrait ainsi augmenter, le taux de refus diminuer de 45
à 35 % et les coûts liés à la TGAP, au traitement des déchets verts et des OMR, baisser.
À l’origine, c’est le rejet par la population de solutions d’incinération ou
d’enfouissement
116
, conjugué à des mentalités locales perçues comme réfractaires au tri sélectif,
qui ont conduit les élus locaux du nord du Gard à considérer que le procédé de tri
mécano-biologique constituait la meilleure réponse à leur besoin de trier les ordures ménagères
afin d’en enfo
uir moins et de produire du compost commercialisable.
Assumant aujourd’hui à 80
% le coût d’investissement d’un équipement industriel qui
n’atteindra pas, dans sa configuration actuelle, les résultats attendus en valorisation autre
qu’énergétique, le SMIRITOM se trouve particulièrement exposé au risque d’une éventuelle
interdiction du compostage à partir de déchets non triés à la source. De plus, malgré des éléments
tarifaires défavorables, il envisage de s’en remettre, une nouvelle fois, à son partenaire
à travers
les solutions technologiques que ce dernier, en dehors de toute procédure concurrentielle, serait
susceptible de lui proposer pour obtenir enfin une production significative de compost, mais sans
garantie à moyen terme sur sa commercialisation. Ainsi, alors que le cahier des charges de la
consultation lancée pour conclure le contrat de partenariat prévoyait que l’unité de traitement
envisagée recevrait «
exclusivement des flux d’ordures ménagères présentés en vrac ou contenus
dans des sacs plastiques », le syndicat demande désormais à son partenaire de réfléchir au
compostage des déchets verts, sans avoir encore reçu de ses membres la compétence
correspondante, une modification statutaire étant envisagée d’ici fin 2018
117
.
Le syndicat
n’a pas été ca
pable de proposer un site qui réponde au principe de proximité et
satisfasse à toutes les exigences techniques et économiques nécessaires
118
. Il n’a
pas non plus incité
ses membres
autres que la communauté d’agglomération d’Alès
à produire les efforts nécessaires
à l’amélioration de la collecte sélective, dont les résultats ont pu être impactés négativement par
l’instauration d’un tri industrialisé qui dissuaderait les ménages comme les professionnels de trier
eux-mêmes leurs déchets.
La chambre invite
donc le syndicat à prendre le temps de la réflexion avant d’engager plus
avant une adaptation du contrat, à la régularité au demeurant incertaine. Plusieurs
scenarii
prospectifs peuvent être envisagés et mis en balance :
l’adaptation du contrat de partena
riat, avec la mise en place de solutions complémentaires ;
la rupture anticipée du contrat de partenariat, et la mise en œuvre d’une solution de
remplacement.
Cette réflexion préalable doit se nourrir d’explications qu’il appartient au partenaire
d’apporter sur les raisons précises pour lesquelles la part de déchets incinérés au départ du site de
Néoval est trois fois plus importante que prévu, et la part de valorisation matière et organique deux
fois et demie moindre
119
. Une nouvelle caractérisation normalisée de type MODECOM des
déchets entrants pourrait, à cet égard, se révéler nécessaire, notamment pour déterminer
précisément si la part organique de la matière entrante a évolué depuis 2012
120
. La mission de
116
Délibération de lancement de la procédure 20 décembre 2006.
117
La compétence relative aux investissement en matière de traitement des déchets vert ne figure pas aux statuts 2017 du
SMIRITOM (cf. infra).
118
En défense de son arrêté d’autorisation, le préfet du Gard avait indiqué : «
le projet constitue donc bien une première étape en
conformité avec les préconisations du PDEDMA et l’absence actuelle d’un CSDU ne saurait constituer un motif de refus de la
création d’un centre de tri.
», jugement du TA de Nîmes, 17 mars 2011.
119
Incinération prévue 11 % réalisée en 2016 : 32,18 % Valorisation prévue : 23 % réalisée en 2016 : 9 %.
120
Le contr
at de PPP a été conclu sur la base d’une caractérisation de type MODECOM datant d’avril 1996, soit avant la mise en
place de la collecte sélective. Une nouvelle caractérisation a été réalisée en 2012 par SCORVAL.
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
53
caractérisation visuelle confié à un cabinet spécialisé, également en 2012, visait quant à elle
uniquement à recenser et évaluer tout type de déchets pouvant causer des dommages à l’installation
ou poser des problèmes de sécurité au procédé de traitement
121
.
Par ailleurs, si les rapports annuels su
r le prix et la qualité du service public d’élimination
des déchets produits par le syndicat pour 2015 et 2016, accompagnés du bilan technique du centre
de tri Néoval, rendent compte de l’évolution des quantités de déchets traités par catégorie, ainsi
que
du coût des transports associés, ils révèlent la forte hétérogénéité de l’organisation du
traitement des déchets issus des déchetteries. Celle-ci provient, pour la période 2013-2017, de la
reprise par le SMIRITOM de marchés conclus par ses membres, alors au nombre de quatre, avec
différents opérateurs, selon des modalités disparates, notamment en matière de tarification du
transport rémunéré, selon le cas, en fonction du poids ou du volume. L’exercice de cette
compétence dite de « bas de quai
» nécessite d’
être rationalisé, le syndicat pouvant tirer profit de
la réduction à deux, à partir de 2017, du nombre de ses membres pour en diminuer le coût par la
globalisation de l’achat de prestations.
Sur ce point, comme sur l’évolution éventuelle du centre de tri
mécano-biologique de
Salindres et l’harmonisation de la collecte sélective, la chambre invite le syndicat à détailler les
axes prioritaires de son intervention pour les années à venir, et les objectifs qu’il entend atteindre,
en veillant à leur compatibilité avec la planification régionale de la gestion des déchets, ainsi
qu’avec les principes énoncés dans le code de l’environnement, tels que le traitement séparé des
déchets collectés en mélange et des déchets triés à la source.
Dans sa réponse, le préside
nt du syndicat reconnait qu’une nouvelle caractérisation des
déchets traités est nécessaire et indique qu’elle sera réalisée après la restructuration de ses tournées
de collecte menée par la communauté d’agglomération d’Alès. Il
réaffirme la volonté des élus de
ne pas pousser plus avant la recherche de nouveaux exutoires dans le Gard et de proposer le
transfert de compétence en matière de création d’installation de compostage des déchets verts. Il
mentionne les incitations du syndicat à ses membres pour le développement de la collecte sélective
et considère que les coûts de traitement actuels sont proches des charges techniques de
l’incinération.
Pour sa part, le directeur de C
confirme sa volonté de réévaluer l’outil actuel et de le faire
évoluer en l’adap
tant au nouveau contexte réglementaire. Il fait valoir que la rupture du contrat
entrainerait un surcoût du prix du service de traitement des déchets du fait de la nécessaire
indemnisation de son titulaire.
La chambre relève toutefois que le syndicat pour
rait rappeler qu’il prend en charge
80 %
de l’investissement et d’autre part
faire état des
déficits cumulés d’exploitation depuis le lancement
du site. Elle
l’
invite
à approfondir la définition de ses propres objectifs, son analyse de l’existant
et à mettre en balance ces éléments dans la négociation engagée avec le partenaire
.
Recommandations
Réaliser un audit du fonctionnement de l’outil industriel Néoval débouchant sur
des préconisations opérationnelles.
Non mise en
œuvre
.
Adopter un plan stratégique détaillant les objectifs que se fixe le SMIRITOM afin
d’exercer l’intégralité de ses missions.
Non mise en œuvre
.
121
Les polluants chimiques (piles, huiles, déchets dangereux), les indésirables inertes physiques (verre, textiles), les « monstres »
(palettes, bâches, etc.).
SMIRITOM
54
ANNEXE
Schéma de la gestion des déchets ménagers et assimilés collectés sur le territoire du SMIRITOM
de la zone Nord du plan départemental des déchets du Gard (année 2016)
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
55
GLOSSAIRE
ADEME
Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
ADISL
association de défense des intérêts salindrois et limitrophes
BP
budget primitif
CA
communauté d'agglomération
CA
compte administratif
CA
chiffre d’affaires
CAA
cour administrative d’appel
CAF
capacité d'autofinancement
CAO
commission d’appel d’offres
CC
communauté de communes
CCPGB
communauté de communes du Pays Grand’Combien
CDC
Caisse des dépôts et consignations
CE
Conseil d'État
CG
compte de gestion
CGCT
code général des collectivités territoriales
CSDU
centre de stockage des déchets ultimes
CSR
combustible solide de récupération
CSS
commission de suivi de site
DM
décision modificative
DMA
déchet ménager et assimilé
DMS
déchets ménagers spéciaux
DOB
débat d’orientation budgétaire
DPGF
décomposition du prix global et forfaitaire
DTEGD
direction technique en charge de la gestion des déchets
EBF
excédent brut de fonctionnement
EMR
emballage ménager recyclable
EPCI
établissement public de coopération intercommunale
FCTVA
fonds de compensation pour la TVA
FFOM
fraction fermentescible des ordures ménagères
GER
gros entretien et renouvellement des matériels
HT
hors taxes
ICPE
installation classée pour la protection de l’environnement
IR
indemnité de résidence
ISDND
installation de stockage des déchets non dangereux
k€
kilo € = millier d’euros
M€
million d’euros
MO
matière organique
MOR
type de caoutchouc
NBI
nouvelle bonification indiciaire
NF
norme française
NOTRé
nouvelle organisation territoriale de la République
OM
ordures ménagères
OMA
ordures ménagères et assimilés
SMIRITOM
56
OMR
ordures ménagères résiduelles
PAV
points d’apport volontaire
PDEDMA
plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés
PDPGDND
plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux
PJM
papiers, journaux et magazines
PME
petites et moyennes entreprises
PPGDND
plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux
PPP
partenariat public-privé
PTMB
pré-traitement mécano-biologique
PV
procès-verbal
REOM
redevance d’enlèvement des ordures
SAEM
société anonyme d’économie mixte
SEM
société d’économie mixte
SFT
supplément familial de traitement
SMIRITOM
syndicat mixte de réalisation des installations et du traitement des ordures ménagères
SPGD
service public de gestion des déchets
STEP
station d’épuration
SYMTOMA
syndicat mixte de traitement des ordures ménagères et assimilés
TA
tribunal administratif
TECV
loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte
TEOM
taxe d'enlèvement des ordures ménagères
TGAP
taxe générale sur les activités polluantes
TMB
traitement mécano-biologique
TN
terrain naturel
TTC
toutes taxes comprises
TVA
taxe sur la valeur ajoutée
UVE
unité de valorisation énergétique
UVO
unité de valorisation organique
UVOM
unité de valorisation des ordures ménagères
VP
vice-président
RAPPORT D’OBSERVATIO
NS DÉFINITIVES
57
Réponses aux observations définitives
en
application de l’article L.
243-5 du code des juridictions financières
Une réponse enregistrée :
-
Réponse du 12 décembre 2018 de M. Max Roustan, président du SMIRITOM.
Article L. 243-5 du code des juridictions financières :
« Les
destinataires du rapport d’observations disposent d’un délai d’un mois pour adresser au
greffe de la chambre régionale des comptes une réponse écrite. Dès lors qu’elles ont été adressées
dans le délai précité, ces réponses sont jointes au rapport. Elles engagent la seule responsabilité de
leurs auteurs ».
Chambre régionale des comptes Occitanie
500, avenue des États du Languedoc
CS 70755
34064 MONTPELLIER CEDEX 2
occitanie@crtc.ccomptes.fr
@crcoccitanie