La régie des transports de Marseille (RTM) a été créée par délibération du conseil municipal de
Marseille en date du 23 juin 1986. Elle a succédé à la régie autonome des transports de la ville de
Marseille (RATVM), instaurée par le décret n°50-780 du 24 juin 1950.
La RTM est une régie constituée en établissement public industriel et commercial conformément
aux dispositions de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982
d’organisation des transports intérieurs
dite
loi LOTI et aux dispositions du décret n° 85-891 du 16 août 1985 relatif aux transports urbains de
personnes et aux transports routiers non urbains de personnes.
La communauté urbaine Marseille Provence Métropole (CUMPM), créée par arrêté préfectoral du
7 juillet 2000,
s’est subs
tituée à la ville de Marseille pour la compétence relative aux transports
et s’est
vu transférer de plein droit les moyens pour assurer cette mission conformément aux dispositions de
l’
article L. 5215-28 du code général des collectivités territoriales (CGCT), notamment par le canal de la
RTM.
La CUMPM a approuvé par délibération du 10 décembre 2010 le nouveau règlement intérieur
valant statuts de la régie en remplacement de celui du 23 juin 1986 plusieurs fois modifié entre 1989 et
2003, sans toutefois tenir compte de la substitution de la communauté urbaine à la ville de Marseille en
tant qu’autorité organisatrice des transports (AOT).
O
utre qu’il entérine le transfert
d’AOT
, le nouveau règlement intérieur intègre les dispositions du
règlement CE n°1370/2007 du 23 octobre 2007 relatif aux services publics de transport de voyageurs
par chemin de fer et par route, dit règlement sur les obligations de service public dans les transports
(ROSP).
Ce règlement a des conséquences pratiques importantes pour les régies de transport dans la mesure
où il prévoit
qu’une
autorité organisatrice peut décider
d’exécuter le service public de transport
par ses
propres moyens ou de l’attribuer à
un « opérateur interne ».
L’opérateur interne est une
entité juridiquement distincte de la collectivité qui exerce sur celui-ci
un
« contrôle analogue à celui qu’elle exerce sur ses propres services »
.
A ce titre, les EPIC sont assimilables à des opérateurs internes.
Le ROSP définit également un principe de contractualisation, selon lequel les AOT doivent
conclure des contrats de service public avec leur exploitant, dont les règles générales et le contenu
obligatoire sont définis à l’article 4 du ROSP.
Ainsi, le règlement intérieur du 10 décembre 2010 con
fère à la régie le statut d’opérateur interne
en prévoyant notamment :
la distinction au sein des activités de la
RTM, d’une part, des activités principales, confiées par cahier
des charges sur le périmètre de compétence de l’AOT et donnant lieu à contra
ctualisation et,
d’autre
part, des activités accessoires liées à des activités de transports même hors du périmètre de
compétence de l’AOT, qui restent hors contrat (avec obligation d’information de l’AOT) sans pour
autant compromettre les conditions
d’exploitation des activités principales
(article 3) ;
une modification de la composition du conseil d’administration
,
avec l’ajout d’un poste
d’administrateur représentant de l’assemblée délibérante
de la CUMPM, qui dispose de
9 représentants sur 17 mem
bres du conseil d’administration,
au lieu de 8 sur 16 initialement, et
bénéficie donc de
la majorité pour le contrôle de l’opérateur (article 4.1)
;
11/84
le principe de la contractualisation (article 17) et les composantes des contributions financières
versées
par l’AOT au titre des compensations de service public (article
15).
1.2.
Gouvernance
Au cours de la période contrôlée, se sont succédé deux contrats. Il a ainsi été tenu compte de la
critique, concernant
l’absence de contractualisation des objectifs à moyen
terme et
l’insuffisance de la
maîtrise des coûts
que la chambre avait formulée à l’issue de son précédent contrôle de la RTM
.
1.2.1.
Le contrat MPM
–
RTM du 29 décembre 2006
1
Portant sur la période 2007-2010, le contrat conclu le 29 décembre 2006 par la RTM et la
communauté urbaine Marseille Provence Métropole a constitué une première étape importante de
contractualisation des relations entre la régie et l’autorité organisatrice
.
Il s’
est inscrit dans la rec
herche d’un rééquilibrage et d’une clarification des rôles respectifs de
l’autorité organisatrice et
de son exploitant.
Le périmètre initial du contrat
porte sur l’exploitation des services des transports publics urbains
de personnes (métro et autobus) sur le territoire de la communauté urbaine.
Le contrat a permis de fixer les engagements réciproques entre les parties notamment en matière
d’offre de service
s, de modalités de rémunération et de ses ajustements (contribution financière
forfaitaire), de programmation des investissements, de politique marketing et commerciale et de
contrôle de l’exécution des obligations contractuelles
des parties.
Il a fait l’objet de plusieurs avenants
, qui ont eu pour objet de préciser le contenu des engagements
(avenant n° 1
), d’intégrer l’exploitation du tramway (
avenant n° 2), de garantir le service minimum aux
usagers
2
(avenant n° 3) et
de prendre en compte les impacts financiers de la modification de l’offre et de
la grille tarifaire (avenants n° 4 et 5).
L’évènement majeur de cette période
a concerné les conséquences de la fin de la délégation de
service public pour la gestion et l’exploitation du réseau de tramway communautaire situé sur le
territoire de la ville de Marseille.
Par délibération du 13 juillet 2006, le conseil de communauté a approuvé le choix du groupement
momentané d’entreprises RTM/Veolia Transport comme titulaire
de ce contrat de délégation de service
public, RTM étant mandataire du groupement. La Société des Transports Phocéens (STP, filiale de
Veolia Transport) s’est ensuite substituée à la société Veolia Transport (article 52 de la convention).
A la suite de l’annulation de la délibération du 13 juillet 2006 par le tribunal administratif,
le
conseil de communauté a approuvé le princip
e d’une transaction entre MPM et le groupement
RTM/Veolia en vue d’aboutir à une résolution amiable du contrat de délégation
, ainsi que le principe de
confier cette fois
l’exploitation du réseau de tramway à
la seule RTM par avenant au contrat MPM-
RTM du 29 décembre 2006 (délibération du 18 juillet 2008).
Au total, la conclusion puis la mise en œuvre du contrat du 29
décembre 2006 ont permis
d’expérimenter un nouveau mode relationnel entre l’autorité organisatrice et la régie et de poser les
bases du contrat suivant.
1
Contrat avec la régie de transports de Marseille à contribution financière forfaitaire pour l’exploitation de services de tra
nsport public
urbain de MPM (métro et autobus)
–
Délibération CUMPM du 18 décembre 2006.
2
Loi n° 2007-1224 du 21 août
2007 sur le dialogue social et la continuité du service public.
12/84
1.2.2.
Le contrat d’obligation de service public 2011
-2018
Le nouveau contrat
s’inscrit dans le cadre d’un règlement intérieur renouvelé (voir
supra
, le
point 1.1.) et de la mise en conformité, à compter de la gestion 2011, du budget de la communauté
urbaine avec
l’obligation de création d’un budget annexe des transports
,
en tant qu’il constitue un
service public industriel et commercial.
Il organise les rapports entre la communauté urbaine et la régie selon une logique contractuelle
différente du contrat précédent,
avec le transfert de propriété des recettes du réseau vers l’autorité
organisatrice qui en assume seule les risques.
Sur le plan fiscal, ce transfert de propriété des recettes soumises à TVA et la création du budget
annexe
permettent à la communauté urbaine de prendre la qualité d’assujetti
e à la TVA et de bénéficier
ainsi du droit à déduction sur le montant des contributions versées à la RTM. L
’économie ainsi générée
avait été évaluée à 7,5 M€
3
.
Dans ce type de contrat, dont le régime est comparable à celui d’un contrat de gestion déléguée à
prix forfaitaire, l’exploitant reçoit un forfait calculé sur la base d’une estimation prévisionnelle des
charges d’exploitation ainsi qu’un bonus/malus en fonction d’objectifs décrits au contrat.
Le périmètre des missions : une diversification de la RTM qui lui permet de
1.2.2.1.
renforcer sa présence
1.2.2.1.1.
La diversification au sein de la RTM
Le nouveau contrat prévoit l’
extension
du périmètre d’intervention initial de
la RTM (réseau
urbain des bus
4
, du métro, puis du tramway à partir de décembre 2008
), à l’exploitation des parkings
relais et à l’administration du système
de
billettique communautaire pour le compte de l’AOT
, ainsi
qu’au transport à la demande des person
nes à mobilité réduite
. Les modalités d’exploitation de ce
dernier service, dénommé Mobi Métropole, qui est déployé sur tout le territoire de la communauté
urbaine,
5
ont été définies par l’
avenant n° 1 au contrat
6
.
Par avenants, l
a RTM s’est vu confi
er pa
r l’autorité organisatrice d’autres missions
: la gestion de
la gare routière Marseille-Saint Charles
7
et la liaison saisonnière par navette maritime entre le Vieux-
Port et le port de la Pointe-Rouge (avenant n° 2
8
),
dont l’expérimentation en 2012 a été pérennisée en
3
Source : rapport final en date du 30 avril 2010
d’une mission de conseil pour la gestion comptable et fiscale de l’activité transport public
de la communauté urbaine MPM (Orfis Baker Tilly / Energies locales / CMS Bureau Francis Lefebvre).
4
La régie dispose d’une exclusivité sur le réseau pour les quatre communes
de Marseille, Allauch, Plan de Cuques et Septèmes les
Vallons.
5
Par avenant du 25 mars 2010, la communauté urbaine a décidé de résilier par anticipation au 31 mars 2011 la convention de délégation de
service public
qu’elle avait conclue
le 18 avril 2006 pour six
ans avec Handi’Lib (filiale de Transdev Sud)
, compte tenu de résultats
insuffisants (engagements contractuels de production de voyages non respectés, d
éficit chronique de l’activité).
6
Délibération de la CUMPM du 11 février 2011.
7
Le syndicat mixte de gestion de la gare routière de Marseille Saint-Charles (SMGR), composé à parité de droits de vote et de
financements de la CUMPM, du département et de la région, a été dissous à compter du 1
er
janvier 2012 par arrêté préfectoral du
2
7 décembre 2011, après commun accord des trois collectivités. La CUMPM, en tant qu’AOT
, a été substituée de plein droit au SMGR
dans ses droits et obligations, pour gérer la gare routière, comprise dans le pôle d’échange Saint–
Charles.
Les trois collectivi
tés restent toutefois liées par une convention relative aux modalités d’exploitation et de financement de la gare routière
de Marseille Saint-Charles en date du 14 mars 2012, qui fixe notamment leurs contributions au
prorata
de leurs usages respectifs des
installations en temps qu’AOT
, ainsi que les missions de gestion de la CUMPM (délibérations de la CUMPM du 21 octobre 2011 et du
26 mars 2012).
8
Délibération de la CUMPM du 9 décembre 2011.
13/84
2013, et
doublée d’
une autre liaison entre le Vieux-
Port et le port de l’Estaque
,
ainsi qu’une navette
électrique (City navette) circulant autour du Vieux-Port, entre le MuCEM et le Pharo (avenant n° 4
9
).
D’autres extensions des missions de
la
RTM sont liées à l’année Marseille Capitale Européenne de
la Culture et à l’accompagnement du projet Vieux
-Port. Ce sont, outre la création de la navette
électrique, la mise en place d’une mesure tarifaire spécifiqu
e, le Pass Transport 2013,
dont l’émission et
la commercialisation ont été confiées à la RTM (avenant n° 3
10
),
l’amélioration de la desserte
par bus
du centre-ville et du Vieux-Port, le renforcement du réseau de bus de soirée Fluo bus,
l’instauration
de
se
rvices spécifiques lors des grands évènements culturels de l’année (avenant n° 4)
, ainsi que
l’ouverture du métro jusqu’à 1
heure du matin tous les jours de la semaine
à partir du mois d’
avril 2013
(avenant n° 5
11
).
1.2.2.1.2.
Le transfert de l’exploitation d
u réseau de transport Ciotabus à la RTM
Par délibération du 28 juin 2013, la communauté urbaine MPM a acté le principe consistant à
confier
l’exploitation du réseau de transport Ciotabus
(anciennement
assurée dans le cadre d’une
DSP
conclue par MPM avec la société Veolia) à la RTM, à partir du mois de juillet 2014, dans le cadre du
contrat la liant à la RTM.
Le réseau Ciotabus
L’exploitation
du réseau de transport Ciotabus était régie par la convention notifiée le 26 juillet
2006 relative à la délégation par MPM du service public de transport collectif de voyageurs sur les
communes de La Ciotat et de Ceyreste. Elle a pris fin le 30 juillet 2014.
Il comprend sept lignes de service régulier, quatre lignes de transport scolaire, une ligne de
transport à la demande et une ligne saisonnière pour relier les plages. Le réseau Ciotabus, qui dispose de
moins de 30 salariés (dont 24 conducteurs-receveurs), a assuré en 2012 le transport de 856 379
voyageurs sur une distance totale de 683 274 km.
Les recettes encaissées en 2012 ont atteint
528 186 €
HT, pour un engagement contractuel de
467
962 €
HT. La contribution financière forfaitaire versée par MPM au délégataire,
au titre de l’année
2012
, s’est élevée à
2 547
109 €
HT
12
.
Ces données doivent être mises en regard de celles concernant le réseau de la RTM en 2012
(2 527 agents, dont 2 100 conducteurs, 165,514 millions de voyages, 26 millions de km parcourus).
La reprise de l’exploitation par
la RTM
Le rapport de présentation de la délibération du 28 juin 2013 précise que
« la gestion de proximité
étant indispensable pour ce type d’activité, une société dédiée, filiale à cent pour cent de la RTM sera
créée pour exploiter ce réseau »
et que cette opération fera l’objet d’un avenant au contrat d’obligation
de service public conclu entre la CUMPM et la RTM.
La collectivité justifie ce choix d’une activité séparée
,
d’une part, par l’autonomie
du réseau
Ciotabus,
qui n’a pas vocation à être intégré à l’offre
de bus de la RTM (les zones géographiques
couvertes par les deux réseaux sont disjointes) et,
d’autre part, par le souci de ne pas risquer un
ajustement à la hausse des coûts de production de ce réseau, du fait notamment
d’un
alignement des
conditions salariales définies par le
s accords d’entreprise
de la RTM.
9
Délibération de la CUMPM du 14 décembre 2012.
10
Délibération de la CUMPM du 29 juin 2012.
11
Délibération de la CUMPM du 22 mars 2013.
12
Source : synthèse rapport du délégataire 2012 (délibération CUMPM du 13 décembre 2013)
14/84
Par le passé, la RTM a déjà vu son périmètre « historique » être élargi sans modification de ses
structures : le constat vaut pour le transport à la demande « Mobi Métropole »
, qui couvre l’ensemble du
territoire de MPM (marchés de prestations), pour les navettes maritimes (marchés de prestations
également) et pour la gestion de la gare routière Saint-Charles.
L’article 3.3 du règlement intérieur de la régie l’autorise à créer des filiales
et l
’article 2.12.4 du
contrat OSP relatif au transport de personnes à mobilité réduite (PMR) prévoit que «
la régie exploite
elle-même le service avec ses propres moyens tout en pouvant recourir à la sous-traitance. Elle pourra
également éventuellement créer une entité spécialisée
juridiquement distincte mais dépendant d’elle en
totalité
».
Cette dernière possibilité, qui a été un temps envisagée
13
,
n’a
finalement
pas été mise en œuvre par
la RTM, qui sous-traite néanmoins
une partie de l’activité
PMR (transports réalisés hors du périmètre de
la RTM).
Le volet social de la reprise des activités de transport de personnes à mobilité réduite (ex DSP
Handi Lib) et de la gare routière Saint-Charles a
fait l’objet d’accords de substitution
réglant le statut
des personnels repris. Ces personnels bénéficient des mêmes dispositions que les personnels de la RTM,
à l’exception des règles relatives à l’aménagement et à la réduction du temps de travail
14
, qui sont
reprises de leur statut antérieur.
Sur un plan général, les textes législatifs et réglementaires en vigueur ne permettent pas aux EPIC
locaux, gestionnaires de réseaux de transport, de créer des filiales.
Le C
onseil d’Etat a
certes rendu un avis portant sur les marges légales (respect du principe de
spécialité) de diversification d’un EPIC.
Il en ressort que la création de filiales à contrôle majoritaire ou
la prise de participation minoritaire par un établissement public sont admises pour autant que le principe
de spécialité soit respecté
, c’est
-à-dire que les activités annexes visées constituent techniquement et
commercialement le complément normal de la mission statutaire principale et qu’elles soient justifiées
par l’intérêt génér
al (avis CE du 7 juillet 1994
–
Diversification des activités
d’
EDF-GDF).
Depuis cet avis, le législateur
15
a cependant encadré les activités de diversification pour les EPIC
gestionnaires de réseaux de transport.
Pour deux EPIC nationaux, la SNCF (article L. 2141-4 du code des transports) et la RATP (article
L. 2142-5 du même code), des dispositions législatives ont ouvert la possibilité de créer des filiales ou
de prendre des participations dans des sociétés.
S’agissant des EPIC locaux, l’article
L. 1221-8 du code des transports prévoit que
« les conditions
dans lesquelles, par dérogation aux dispositions des articles L. 2253-1 (applicable aux communes) et
L. 3231-6 (applicable aux départements) du code général des collectivités territoriales, les régies de
transports public de personnes constituées sous forme
d’établissement public à caractère industriel et
commercial sont autorisées à acquérir des participations financières dans les entreprises publiques,
semi-publiques ou privées, qui exercent une activité complémentaire ou connexe sont déterminées par
décret en Conseil d'Etat
16
»
.
13
Des analyses juridiques avaient été commandées par RTM dans cette perspective.
14
Temps de travail hebdomadaire de 34 heures 40, au lieu de 33 heures pour RTM.
15
Ordonnance
n° 2010-1307 du 28 octobre 2010.
16
Le décret en conseil d’Etat ne semble pas avoir été pris.
15/84
La régie soutient que
ces dernières dispositions ne s’appliquent pas à son projet
au motif qu’il
s’agit d’une filiale. Une telle distinction entre de simples pa
rticipations financières qui seraient
encadrées par la loi, et la création de filiales qui serait, paradoxalement, totalement libre, ne peut être
admise par la chambre, dans la mesure où elle ne figure pas dans le texte lui-même. En outre,
contrairement à
ce qu’affirme la RTM
dans sa réponse, les dispositio
ns de l’article L.
1221-8 du code
des transports
nécessitent bien un décret d’
application,
qui n’est pas encore intervenu. En son absence,
la possibilité de déroger au principe d’interdiction de telles participations financières ne peut
dès lors
être mise en
œuvre
. La chambre constate de surcroît que les études juridiques réalisées pour le compte
de la RTM par plusieurs cabinets de consultants, et sur lesquelles elle se fonde, n
’ont pas traité
de
l’encadrement
législatif intervenu à ce niveau en 2010 dans le code des transports. Ces études
s’appuient
en effet
essentiellement sur l’avis du
Conseil
d’Etat précité et se focalisent
avant tout sur les modalités
opérationnelles de mise en place de la filiale (choix du régime juridique de la société et gouvernance,
conditions du « in house
»…).
La chambre maintient donc que le principe de la création
d’
une filiale, reposant sur un simple avis
du C
onseil d’Etat
, obsolète du fait de
l’intervention de
dispositions législatives plus récentes,
n’apparaî
t
pas suffisamment sécurisé.
Cette fragilité juridique du dispositif prévu pour la reprise par la RTM du réseau Ciotabus
s’avère
d’autant plus
problématique
qu’
il est envisagé
d’étendre ce modèle
à d’autres réseaux
dans le cadre de
la future métropole.
Interrogés par le canal du procureur général près la Cour des comptes, les services compétents du
ministère de l’intérieur et du ministère chargé des transports ont reconnu que la création de la filiale de
la RTM présentait une certaine fragilité au regard des dispositions de l’article
L. 1221-8 du code des
transports, en obs
ervant toutefois qu’au cas d’espèce, la filiale exercerait une activité relevant du champ
de compétence principal, et non une activité complémentaire ou connexe de la RTM au sens de la loi.
S
’agissant du réseau de
transport de La Ciotat, la RTM a créé une
filiale, sous la forme d’une
société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)
dotée d’
un capital social de 150
000 €
17
, dont elle
est
l’actionnaire unique
et qui sera présidée par le directeur général de la RTM.
S’agissant d’une société
privée, ses comptes seront certifiés par un commissaire aux comptes.
Le choix de l’unicité d’actionnaire permet de remplir l’une des conditions
(contrôle analogue) de
l’existence
du lien « in house » entre la RTM et sa filiale (article 3.1 du code des marchés publics).
Concernant les deux autres conditions, la SASU réalisera
a priori
l’essentiel de ses activités pour
la
RTM et sera soumise pour ses achats aux dispositions de l’ordonnance
n° 2005-649 du 6 juin 2005
relative aux marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au code des
marchés publics.
L’
avenant au contrat OSP confie la nouvelle prestation à la RTM, qui la confiera elle-même par
voie contractuelle à sa filiale. Conformément aux dispositions du contrat OSP, les recettes encaissées
par la filiale seront, par principe,
la propriété de l’AOT
. A
l’instar des autres recettes
intéressant
l’agent
comptable, elles seront collectées dans le cadre
d’un mandat de collecte
18
.
Un projet de statut a été présenté pour approbation lors de la réunion
du conseil d’administration
de la régie du 8 novembre 2013.
L’ensemble des modalités pratiques
de la reprise par la RTM du réseau
de transport Ciotabus a fait
l’objet d’un avenant n° 6 au contrat OSP
, qui a été approuvé par le conseil
de communauté de MPM par délibération du 13 décembre 2013.
17
1
000 actions à 150 €. La capacité financière est réglementée par l
e décret n° 85-891 du 16 août 1985 (article 6.1). La RTM a vu large,
puisque ce capital permet d’exploiter 29 véhicules de transports de voyageurs (9
000 € pour le 1
er
et 5
000 € pour les suivants).
18
Les recettes de billetterie seront perçues par les prép
osés (dont en majorité les chauffeurs) auprès des clients et reversées à l’agent
comptable, chaque conducteur étant nommé mandataire du régisseur. Cette possibilité est ouverte nonobstant la qualité publique ou privée
de la personne concernée.
16/84
L’économie du contrat d’obligation de service
conclu par MPM et la RTM
1.2.2.2.
Le contrat fixe les conditions techniques et financières applicables aux missions confiées à la régie
par la communauté urbaine : dé
finition de l’offre
, mod
alités d’exploitation du réseau et
de ses
évolutions
, moyens affectés à l’exploitation,
évaluation des charges et équilibre économique, objectif de
recettes et intéressement, démarche qualité et bonus/malus, contrôle de la fraude, échanges
d’informations entre les contractants…
.
L’économie du contrat repose, d’une part, sur une objectivation des déterminants de la dépense
donnant lieu à rémunération, associée à un objectif de recettes (pour le réseau de référence
19
et les autres
prestations) et,
d’autre part, sur une valorisation financière systématique de toutes les évolutions
affectant les coûts (évolution du réseau et de ses conditions d’exploitation, ajout de prestations) ou les
recettes (modifications tarifaires
ou d’offre kil
ométrique).
1.2.2.2.1.
Les clauses financières et leur application
Les dispositions contractuelles
En dépenses, les éléments financiers du contrat (annexe 1) se décomposent en plusieurs postes de
rémunérations et contributions attachées à des prestations de nature différente.
Les charges de la régie sont définies et donnent lieu,
d’une part
,
à l’établissement d’une
grille de
décomposition des coûts d’exploitation
(annexe 4.7.1) et,
d’autre part
, à des tarifications spécifiques
permettant la détermination des rémunérations des différentes prestations et leurs ajustements.
La rémunération R1 concerne
l’exploitation du réseau de référence (bus, métro et tramway)
.
L
a grille de décomposition des coûts d’exploitation annexée au contrat
liste, à leur valeur hors
taxes de
2010, l’ensemble des charges d’exploitation supportées par la régie au titre de l’exploitation du
réseau de référence, détaillé par mode, comprenant notamment
les coûts du personnel d’exploitation,
des structures secteurs (maîtrise, exploitat
ion et filière technique), les frais kilométriques, l’entretien des
infrastructures, la sûreté, la gestion des points d’accueil et les frais de distribution, la politique
commerciale, les frais généraux ainsi que la sous-traitance (affrètement de certaines lignes).
Elle est établie, à partir de la comptabilité analytique
20
, sur la base des coûts analytiques constatés
pour 2009, projetés sur 2010.
Elle sert de base à l’établissement de la rémunération forfaitaire
d’exploitation R1 (
annexe 4.11.2).
Par ailleurs, ont été calculés des
coûts d’unités d’œuvre pour l’
ajustement de la rémunération R1
(annexe 4.20),
qui identifient notamment les coûts d’heures de conduite
et les coûts kilométriques afin
de pouvoir chiffrer des propositions liées à des modif
ications de l’offre de service
s. Les modifications
de l’offre de référence acceptées par l’AOT font alors l’objet d’ordres de service chiffrés, intégrés à la
rémunération.
Afin de faire apparaître clairement la cohérence entre ces deux outils liés (coûts unitaires de la
grille et unités d’œuvre), puisque tous deux impactent la même rémunération, la chambre recommande
de compléter l’annexe 4.20 du contrat par le tableau de présentation des calculs des unités d’œuvre.
19
Le réseau de référence
est défini à l’article 2.1 du contrat : il s’agit de l’offre kilométrique arrêtée au 1
er
janvier 2011 (ev du contrat) au
travers de fiches de lignes précises annexées au contrat
20
L
a mise en œuvre du progiciel de gestion comptable SAP
devrait permettre des évolutions de la comptabilité analytique (notamment
l’automatisation des
imputations analytiques dès la commande et la possibilité de remonter au détail des écritures pour analyse de la
dépense).
17/84
La compensation financière R2 correspond à la neutralisation,
d’une part
, du montant le plus élevé
inscrit au compte des dotations aux amortissements (compte 68) ou au compte des amortissements
d’emprunts (compte 16)
et,
d’autre part
,
aux charges d’intérêt
(compte 66). Le montant forfaitaire de
32 M€ inscrit
à ce titre est réajusté annuellement en fonction de la dépense réellement exécutée
(article 4.12).
L’avenant n°
4 a porté
le montant de cette ligne à 34 M€.
La rémunération C1 correspond au transport à la demande de personnes à mobilité réduite, activité
gérée en régie dans le périmètre RTM et sous-traitée sur le territoire des autres communes membres
de MPM. La montée en charge du dispositif a donné lieu à un relèvement des objectifs de voyages
entraînant la facturation de suppléments.
La rémunération C2 correspond à une mission
d’administration du système billettique acquis par
MPM, confiée à la RTM. Les coûts chiffrés correspondent à des charges de personnel et des
intervenants extérieurs (annexe 2.16).
La prestation d’assistance à maîtrise d’ouvrage et de conduite d’opérations C3 est chiffrée à la fin de
chaque année en fonction de l’avancement de conventions de mandat passées entre MPM et
la RTM
sur la base de taux horaires arrêtés au contrat. Cette prestation comprend également la rémunération
de la RTM au titre de la convention de gestion, pour son compte, des immobilisations inscrites au
budget annexe des transports de MPM (annexe 2.18).
Les rémunérations C4 (gestion de la gare routière Saint-Charles), C5 (exploitation des navettes
maritimes) et C6 (exploitation des navettes électriques) correspondent à des prestations intégrées
postérieurement à la signature du contrat initial, faisant l’objet d’une facturation distincte. A titre
d’exemple,
la rémunération C5 correspond à la refac
turation à l’AOT des deux marchés
d’affrètement des navettes passés par
la RTM pour les deux lignes Vieux-Port
–
Pointe Rouge et
Vieux-Port
–
Estaque.
Entre les prévisions inscrites au contrat initial pour 2011 et
celles de l’avenant n° 5 pour
2013, la
rémunération globale contractuelle de la régie est passée de 281,418
M€
à 294
,566 M€, soit une
progression de 13
,6 M€
, intégrant :
les variations de l’offre de référence
, qui ont induit une progression de la rémunération R1 de
3,597 M€
; ce montant agrège :
o
l’impact
, en année pleine,
à hauteur de 1,419 M€,
des mesures de modification de l’offre
de référence prises en 2011 et 2012 ;
o
le coût des prestations complémentaires
propres à l’année 2013 (desserte centre
-
ville
–
Vieux-Port et extension du réseau de nuit),
soit 4,178 M€
;
o
le réajustement à mi-parcours de moins
2 M€
;
les prestations complémentaires confiées à la régie mais qui préexistaient, correspondant au
service Mobi Métropole (0,798 M
€) et
à la gestion de la gare routière (0,905 M
€
) ;
Les prestations complètement nouvelles : les
navettes maritimes (4,8 M€)
et la navette électrique
(1,5 M€)
;
le réajustement de 2 M€ de la compensation financière R2.
Les prestations liées à l’année 2013 «
Marseille, capitale de la culture » (navette électrique,
extension de l’ouverture du métro en nocturne) ou à des expérimentations de nouveaux services
(navettes maritimes) qui n’apparaissaient
pas comptabilisées au-
delà de 2013, n’ont pas toutes été
pérennisées ou maintenues dans les mêmes condition
s par l’AOT pour 2014.
Ainsi, la communauté urbaine a mis fin au service de navette électrique. Elle a en revanche décidé
de poursuivre l’expérimentation du service des navettes maritimes tout en
réfléchissant à sa redéfinition.
18/84
L’ouverture du métro en soirée a
pour sa part
fait l’objet d’une décision de pérennisation pour
2014, en s’appuyant sur
un bilan de fréquentation en soirée positif.
Par ailleurs le niveau de la compensation financière R2 fixé à 34 M€ (avenant n°
4) a été réajusté à
hauteur de 36 M€ (avenant n°
6). Sur ce point, l’AOT a indiqué à la chambre souhaiter développer une
fonction prospective avec son exploitant, autour du plan pluriannuel d’investissement relatif au réseau.
A ces prestations rémunérées, est associé un objectif global de recettes qui peut fluctuer
principalement en fonction de l’offre kilométrique et des modifications tarifaires dans les conditions
définies au contrat. A ce titre, les modifications de l’offre kilométrique donnent lieu à des ordre
s de
service de l’AOT.
L
’objectif de recettes est
ainsi passé de 96,82
M€
(2011)
à 103 M€
(2013), soit un surplus attendu
de 6,18 M€.
L’exécution financière du contrat
La réalité du coût du contrat dans ses différentes composantes s’apprécie au moment d
e la
facturation annuelle définitive (annexe 2)
et de l’encaissement effectif des recettes.
Le chapitre 4 du contrat, relatif à la « Rémunération de la régie », fixe notamment les modalités de
calcul des rémunérations et contributions versées et de leur indexation annuelle éventuelle, ainsi que les
conditions de versement de l’intéressement aux recettes d’exploitation du réseau et du bonus/malus
qualité.
S’y ajoutent des mesures de régularisation visant la neutralisation des coûts induits de dépenses
d’i
nvestissement (compensation financière R2) ou de la contribution économique territoriale (CET),
évaluée forfaitairement à 7 M€ au moment de l’établissement des charges d’exploitation de la régie
(base 2010).
Entre 2011 et 2012, l’écart constaté
au niveau
des dépenses globales, d’un montant total de
11,9
M€, provient de l’application des taux d’indexation
21
pour 4,1 M€, de l’augmentation des dotations
aux amortissements (R2) pour 2 M€, de prestations supplémentaires (gare routière et navettes
maritimes) pour 3,2
M€, de la montée en charge de la prestation de transport à destination des personnes
à mobilité réduite (C1) pour 1,1 M€ et d’une augmentation significative de l’intéressement à hauteur de
0,7 M€ et du bonus qualité pour 0,1 M€.
Pour 2012, les modifi
cations de l’offre kilométrique impactant la rémunération forfaitaire
principale R1 sont restées contenues (+ 0,7 M€) et l’évolution de R1 entre 2011 et 2012
, après
indexation,
s’est établie à 1,9 %.
En ce qui concerne les recettes d’exploitation du résea
u,
elles sont propriété de l’AOT et
font
l’objet d’une convention de collecte. Le dispositif est présenté à l’annexe 4.4.2. du contrat OSP.
Chaque année, le montant des recettes d’exploitation encaissées par la régie pour le compte de
l’autorité organisatrice est comparé à l’objectif de recettes fixé contractuellement. Le risque commercial
reste néanmoins assumé par l’AOT.
21
Pour la rémunération forfaitaire d’exploitation R1, le coefficient d’indexation tient compte des évolutions des principaux postes de
charges d’exploitation (personnel et prestations support, carburant, énergie et eau, entretien…) au
prorata
de leurs poids respectifs dans ces
charges. Toutef
ois, afin de modérer un effet potentiellement inflationniste de cette partie variable de l’indexation, l’indice tient compte
également d’une partie fixe arrêtée à
0,025 par le contrat (article 4
.19.1).
19/84
Dans le cas où le montant des recettes d’exploitation est supérieur à l’objectif, les dispositions de
l’article 4.16 prévoi
ent que le
partage du surplus s’effectue comme suit
:
Pour la part de 0 à 5 %
: répartition à 50 % entre l’AOT et la régie
;
Pour la part au-
delà de 5 %, répartition à hauteur de 60 % pour l’AOT et 40 % pour la régie.
Dans le cas où le montant des recettes d’exploitation est inférieur à l’objectif, aucune pénalité ou
réfaction n’est applicable à la régie, puisque
l’AOT assume
seule le risque commercial.
Bien que positive,
avec un surplus de 2,076 M€ entre 2011 et 2012, l’évolution des recettes
encaissées reste
toutefois en retrait par rapport à l’évolution des dépenses pour la même période. Le
dépassement de l’objectif compense les évolutions de l’offre de référence
, mais seulement très
partiellement les coûts supplémentaires générés par les nouvelles prestations qui ne sont pas intégrées au
dispositif d’intéressement
.
Ce traitement différencié par type de prestation n’est pas de nature à encourager la recherche
d’amélioration du taux de couverture des
prestations les plus déficitaires, qui ne peuvent pourtant pas
échapper à la recherche d’une meilleure efficience.
Les réajustements des clauses initiales
Dans le cadre de la mise en œuvre anticipée de la clause de réexamen à mi
-parcours
22
, les
nouvelles dispositions négociées entre les parties (avenant n° 5) ont conduit à une réduction de la
rémunération forfaitaire R1 de 2 M€ par an ainsi qu’
à
un relèvement de l’objectif de recettes à 103 M€
avec l’introduction d’un principe d’indexation annuelle automatique de 1 % par an
23
.
Toutefois, en prévisionnel à fin 2013, il en résultait un écart négatif de 7,42
M€ entre
l’augmentation de l’objectif de recettes et la progression des dépenses attendues
.
De fait, le montant de la réduction de 2
M€
de la rémunération R1 a été fixé de façon forfaitaire,
compte tenu des résultats de la régie. La communauté urbaine explique ainsi que,
« lors des
négociations du nouveau contrat OSP avec la RTM en 2010, la rémunération R1 avait été calculée de
sorte que la régie dégage un résultat annuel de 5 à 6 M€ (elle en demandait initialement 10 M€).
Or après deux exercices complets, il s’avère que l’excédent de fonctionnement réellement dégagé par la
RTM oscille entre 8 (2011) et 9 M€ (2012). La réduction de 2 M€ obtenue sur R1 permet donc de se
rapprocher des objectifs de négociation »
.
22
La clause de réexamen à mi-parcours figurant dans le contrat prévoyait des mesures de réajustement pour
« permettre,
d’une part de corriger des dispositions contractuelles qui seraient mal adaptées, d’autre part de réviser un objectif de
recettes qui, n’étant pas indexé, devait être légitiment recalé
».
23
Ce principe d’indexation n’a pas été reconduit pour 2014 par la précédente mandature.
en € HT
2011
2012
Objectif de recettes
96 820 000,00
97 488 942,00
Réalisations (hors avoirs)
99 358 409,82
101 434 165,66
Ecart
2 538 409,82
3 945 223,66
3%
4%
Intéressement RTM
1 269 204,91
1 972 611,83
sources : article 4.16 du contrat OSP et facturations définitives annuelles
Intéressement objectif de recettes (en € HT)
20/84
Du point de vue de l’AOT
comme de son exploitant, le contrat doit permettre de stabiliser les
coûts d’exploitation par rapport à la situation
antérieure dans laquelle le mécanisme de compensation
tarifaire conduisait à augmenter la rémunération
de l’exploitant de façon mécanique, de définir
précisément l’offre de service
s par mode de transport et les moyens affectés grâce aux fiches de ligne et
d’en maîtriser les évolutions, de fixer les principes de pilotage politique et technique du contrat, de
maîtriser l’évolution des recettes commerciales et la politique tarifaire
,
et de mettre en œuvr
e un
mécanisme de revoyure à mi contrat afin de rediscuter des équilibres financiers du contrat.
Ce nouveau contrat s’inscrit dans l’objectif général
de maîtrise des coûts de la RTM, nécessitant
une stabilisation des frais généraux, plus élevés que dans les réseaux de même taille, une politique des
achats mieux contrôlée et une meilleure maî
trise des moyens affectés à l’exploitation
.
La chambre note le progrès que constitue la démarche de valorisation et de suivi des coûts par
type de prestations. Pour autant, elle constate que les coûts des prestations ont été établis sur la base du
constat de l’existant et qu’aucune
trajectoire d’éco
nomies à atteindre
n’a été définie
dans un contexte de
tensions sur le financement du budget transport de l’AOT
et, plus généralement, au regard des enjeux du
plan de déplacement urbain (pérennisation de certaines prestations, investissements de renouvellement
lourds du métro).
Certes, pour la régie
comme l’AOT,
les activités déjà existantes transférées par MPM à la RTM ne
doivent pas être considérées comme une augmentation des dépenses.
En outre, selon la régie,
il n’est pas possible d’établir un parallèle entre l’évolution
des dépenses et
celle des recettes du fait notamment des choix politiques effectués en matière de tarification et
d’extensions d’offre (zones peu denses ou horaires nocturnes)
, qui génèrent peu de fréquentation
supplémentaire.
A ces c
hoix politiques, s’ajoutent
cependant
l’élargissement de l’offre
à des prestations largement
déficitaires (Mobi Métropole, navettes maritimes) qui appellent
d’autres mesures d’équilibre et
notamment, dans ce cas également, une action sur la tarification.
La chambre estime ainsi
qu’une meilleure couverte des charges des navettes maritimes par les
produits issus de la tarification est souhaitable et possible. Elle prend acte de la réflexion en cours à
MPM sur les conditions de la pérennisation éventuelle de ce service
à l’issue de la période
d’expérimentation,
«
en matière d’offre (amplitude horaire, fréquence), d’investissement (achat,
location) et de niveau tarifaire »
.
La chambre note plus globalement
l’engagement
pris par la régie de poursuivre la recherche
d’amélioration de l’équilibre initial du contrat
par des gains de productivité permettant, à qualité de
prestation égale, une réduction des coûts unitaires, au travers notamment de la maîtrise de la masse
salariale, et par l’accrois
sement des recettes de billetterie, en adaptant la politique commerciale, en
luttant contre la fraude et en faisant évoluer la
politique tarifaire définie par l’AOT.
Pour concrétiser ces
orientations la RTM indique qu’elle a mis
en place d’un groupe de travail avec l’
AOT qui se fixe pour
objectif de définir
des mesures concrètes d’économies pour 2015.
Recommandation n° 1
Sur la base d’une
actualisation des coûts constatés,
construire une trajectoire d’économies
conforme à l’objectif
de
maintien de l’équilibre financier.
21/84
1.2.2.2.2.
La c
larification de l’affectation et de la gestion des immobilisations entre
AOT et exploitant
La mise en œuvre du contrat
a conduit à redéfinir la répartition des actifs et des passifs entre
l’autorité organisatrice et la régie.
Les principes de répartition, approuvés par une délibération du conseil communautaire de MPM
du 10 décembre 2010, sont les suivants :
« sont acquises par la RTM ou affectées par MPM à la RTM et amorties par elle les
immobilisations à cycle court (bus et BHNS, escaliers mécaniques, systèmes électriques
etc.) ou de cycle plus long mais dont la maintenance impose une forte réactivité
(bâtiments de surface et voies ferrées). La RTM est selon les cas soit propriétaire des
actifs concernés, soit affectataire lorsque les actifs sont la propriété de MPM (biens B) ;
sont comptabilisés dans les comptes de MPM les actifs dont l'acquisition ou le
renouvellement dépendent d'une décision de la Communauté urbaine et à cycle long :
sont notamment concernés les investissements majeurs de type matériel roulant
ferroviaire ou infrastructure métro et les immobilisations qui n'ont pas vocation à être
amorties (creusement de tunnels, études et diagnostics etc.). MPM est propriétaire de ces
actifs (biens A) ».
En regard de ces transferts d’actifs
, sont intervenus des transferts de passifs (contrats de prêt), qui
sont récapitulés à l’annexe 4.12 du contrat OSP
.
Cette nouvelle répartition des immobilisations trouve sa traduction dans le plan pluriannuel
d’investissements
(PPI) annexé au contrat OSP (annexe 3.6.3), qui distingue la programmation des
opérations entre les deux catégories de biens.
A titre d’exemple, pour les modes
de transport lourds (métro et tramway), les infrastructures (hors
voies du métro et plateforme du tramway) et le matériel roulant sont considérés comme des
immobilisations comptabilisées chez MPM (biens A). Il en va de même pour le centre de surveillance
du réseau. Sont en revanche considérés comme des biens rattachés à la RTM (biens B), le matériel
roulant bus et les dépôts de bus, ainsi que les systèmes informatiques et électroniques pour tous les
modes de transport.
Toutefois, cette répartition entre catégories de biens fluctue en fonction des circonstances.
La chambre a ainsi
relevé le cas de l’opération d’
« Adaptation des quatre dépôts de bus à haut
niveau de service (BHNS) (Arenc, La Capelette, La Rose surface, Saint Pierre) »
, pour laquelle la
CUMPM a approuvé la création et l’affectation d’une autorisation de programme
à hauteur de
22,126
M€
par délibération du 28 mars 2011. Une opération avait été rattachée à ce titre au bloc A du
plan pluriannuel d’investissements du contrat
OSP pour un montant de 18,5
M€.
Selon la régie, bien que les dépôts de bus relèvent des biens de catégorie B, il a été considéré dans
un premier
temps que ce coût d’adaptation
serait
pris en charge par l’AOT compte tenu
du caractère
innovant du système de bus à haut niveau de service (BHNS).
Cependant, par avenants n° 2 et 4
au contrat OSP,
la répartition de l’opération
prévue par le PPI,
entre biens A
(AP initiale ramenée à 8,5 M€ pour La Rose et Saint Pierre)
et biens B (nouvelle AP de
2,9 M€
pour Arenc et La Capelette), a été modifiée.
La régie
a indiqué qu’
après analyse affinée des besoins et compte tenu de la nature des travaux,
il
avait été convenu
qu’elle
pouvait les prendre en charge au titre du renouvellement et non dans le cadre
de la création de nouvelles installations.
22/84
La chambre, qui note les progrès découlant de cette nouvelle répartition, recommande toutefois,
dans un objectif de pérennisation du dispositif, l’établissement et le suivi d’une doctrine stable et
précise.
En effet, si le fait générateur de l’inscription des opérations entre biens A et biens B repose
logiquement sur le rattachement à la même catégorie de biens définie par la délibération de transfert au
regard de leur « cycle de vie », il convient alors de respecter ce rattachement. Dans le cas précité, il a été
décidé que des équipements de même nature relèveraient des deux catégories de biens et donc de statuts
différents pour des raisons qui ne sont pas liées à leur nature mais aux investissements à réaliser.
Au regard de l’impact des choix technologiques qui y sont associés, le renouvellement des rames
de métro suscitera de nouvelles répartitions de biens qui devront être clairement établies et suivies
compte tenu des enjeux financiers de ce projet.
A terme, une prise en charge plus exhaustive des investissements par l’AOT pourrait être
envisagée, à l’image de la situation constatée pour les
autres réseaux de transport urbain, même si MPM
ne l’envisage pas pour le moment au motif qu’elle ne possède pas
«
à ce jour les capacités d’ingénierie
(…)
dans ce domaine, et
(n’a pas)
mis en place d’organisation adaptée qui lui permettrait de se
substituer à elle à court terme dans cette gestion. »
Recommandation n° 2
Assurer l
a mise en œuvre pérenne d’une
méthode stable et précise de répartition des
immobilisations entre l’AOT et l’exploitant
.
Le dialogue et les échanges
d’information
s
avec l’AOT
1.2.2.3.
L’article 1.9 du con
trat OSP prévoit les modalités de dialogue entre les parties, sous la forme de
conférences budgétaires (deux
fois par an) et d’un comité de suivi (une fois par mois).
Le comité de gouvernance, présidé par le président de MPM, fixe les orientations sur le plan
budgétaire et en matière d’évolution du réseau et d’investissement
s. Les conclusions de ces réunions
donnent les éléments de cadrage en vue de l’élaboration du
budget primitif et permettent les
réajustements en cours d’année
.
Le pilotage technique est assuré en amont, au niveau des directeurs généraux, tant pour la
préparation du budget primitif que sur les dossiers stratégiques.
Dans la pratique, une réunion hebdomadaire rassemble également les équipes de la régie et de
l’autorité
organisatrice (Direction du pôle Mobilité et déplacements - DPMOD) sur tous les sujets
d’exploitation du réseau nécessitant des arbitrages
plus réactifs. Cette réunion permet le suivi régulier de
l’ensemble des points relatifs à l’exploitation
,
à l’
évoluti
on de l’offre, de la fréquentation ou des
recettes, à la billettique, aux aspects techniques et au suivi des investissements, au suivi financier, à la
qualité du service ou à
tout autre sujet faisant l’objet du rapport mensuel d’activité.
Compte tenu du p
ositionnement historique prépondérant de la régie dans l’activité
de transports
sur son territoire, une
plus grande implication de l’autorité organisatrice apparaît essentielle
au regard
des enjeux du secteur.
23/84
Le rééquilibrage de leurs relations passe aussi par une autonomisation accrue
de l’autorité
organisatrice,
qui doit se donner les moyens d’objectiver
toutes les composantes
du contrat OSP qu’elle
a conclu avec l’exploitant
, notamment les marges de progrès en matière de coûts (maintien de
l’é
quilibre financier) ainsi que la qualité des réponses apportées aux attentes des usagers (pertinence du
réseau de référence, enquête qualité indépendante
…)
.
A ce titre, MPM indique
qu’elle a lancé
« un marché de contrôle du réseau RTM cette année qui
lui permettra de réaliser de manière indépendante tout contrôle de la prestation réalisée par RTM dès
2015 »
.
1.2.3.
Le
projet d’entreprise 2011
-2018
Différents outils stratégiques de management de la régie se sont succédé durant la période sous
contrôle, pilotés par les directeurs généraux successifs dont les objectifs affichés étaient
l’amélioration
de l’efficacité économique,
de la qualité de service et du niveau technique du réseau.
Ainsi, les principaux engagements du p
rojet d’entreprise
concernant la période 2004-2007
portaient sur les achats, les effectifs, l’absentéisme, la vitesse commerciale (
pour les bus), les recettes de
billetterie et la lutte contre la fraude.
Le projet industriel pour les années 2008 à 2014 reposait sur trois domaines majeurs : la
performance, la production et le management, avec
l’objectif d’
« assurer le meilleur service de
transport au meilleur coût afin que la RTM devienne un réseau de référence, acteur majeur du
développement durable du Grand Marseille et de sa qualité de vie »
.
Le
projet d’entreprise
pour la période 2011-2018 a été préparé sur la base du nouveau contrat OSP
conclu par MPM et la RTM, en particulier pour ce qui concerne les premières années compte tenu des
évolutions prévisibles.
L’objectif
affiché est de mettre la RTM «
en position d’opérateur
principal et central du système
de transport dans un espace qui recouvre la zone de compétence du syndicat mixte des transports créé
en 2009 (département) ou celle du pôle métropolitain »
.
Le projet
d’entreprise
s’articule autour de trois thèmes principaux
:
Assurer la sécurité du process transport, avec une attention particulière pour les modes
lourds ;
Accorder une priorité absolue au client ;
Maîtriser les coûts pour un coût net supportant la comparaison avec les réseaux de
transports urbains similaires, ce qui suppose en particulier une maîtrise efficace des
effectifs.
Ces thèmes sont croisés avec quatre dimensions relevant de la « culture
» de l’entreprise
:
La responsabilité de chacun dans un cadre collectif ;
L
’optimisation des moyens et des processus
dans tous les domaines ;
Un dialogue social constructif
: l’
évolution vers une culture du dialogue social efficace et
raisonné se substituant à la culture du conflit ;
Un positionnement plus affirmé de la RTM comme « acteur du territoire ».
Chacun des trois thèmes est assorti d
’
objectifs chiffrés et de délais.
Le projet d’entreprise fait l’objet d’
une déclinaison opérationnelle par directions.
24/84
Une maquette de tableau de bord spécifique a été élaborée
pour suivre sa mise en œuvre
, mais ce
dispositif a été jugé redondant avec les outils existants
, et n’est donc pas utilisé.
C’est plutôt le
tableau de bord du comité de direction
24
, produit mensuellement par la direction des
finances, qui est utilisé comme outil opérationnel de suivi et de pilotage
du projet d’entreprise.
Il permet de suivre les principaux indicateurs
d’activité de la régie
, dans tous les domaines
(exploitation du réseau, personnel, suivi financier,…).
Par ailleurs le
rapport d’activité annuel
présenté au conseil d’administration et à l’autorité
organisatrice reprend les grands thèmes récurrents de l’activité de la régie et
fournit un point
d’avancement très général du projet d’entreprise.
La chambre considère pour
sa part que ce projet d’entreprise devrait
faire l’objet d’un suivi
ad hoc
et consolidé au niveau de ses différentes déclinaisons opérationnelles et des réalisations.
Les outils pré-existants (tableau de bord mensuel et
rapport d’activité), adaptés à la
marge, offrent
en effet plus
des éléments de constat que d’analyse et
ne permettent pas
d’assurer
le suivi de l’ensemble
des objectifs du projet. Ainsi
, pour l’année 2012,
en ce qui concerne le thème n° 3
« Maîtriser les
coûts »
, aucun bil
an détaillé n’es
t fourni dans ces deux documents pour les objectifs relatifs à la
diminution du coût kilométrique et à l’augmentation d
es recettes annexes (voir annexe 4).
24
Le tableau de bord a été mis en place avant la période sous contrôle et a fait l’objet de quelques évolutions sans que le
principe soit modifié. Les indicateurs font
l’objet d’une documentation
(définition, sources…).
25/84
2.
Offre de services et performance du réseau
2.1.
L’offre de service
s
L’offre globale kilométrique
25
a progressé de 11,9 % entre 2006 et 2012
26
. L’augmentation
constatée s’est accélérée depuis l’entrée en vigueur du nouveau contrat.
Fin 2012, seulement 6,9 %
(49 km) du réseau était en site propre.
L
’offre des services réguliers ordinaires (bus, métro, t
ramway), sur laquelle se concentrent les
enjeux, a progressé de 8,9 % sur la période. Son développement a essentiellement résulté de
l’intégration des deux lignes de tramway depuis mi 2007 et des travaux d’extension de la ligne 1 du
métro (+ 2,5 km) et de la ligne 2 du tramway (+ 0,5 km) en 2010
27
.
L’offre du réseau de surface «
autobus »,
qui représente plus de 80 % de l’offre de service
s, a fait
l’objet de restructurations (création
s, suppressions
et modifications de lignes) à l’occasion de la mise en
œu
vre de ces nouveaux équipements mais est restée relativement stable sur la période (+ 1,5 %).
Les développements intervenus à partir de 2011 et 2012 concernent des offres de « niches »
complémentaires, comme le transport à la demande des personnes à mobilité réduite (TPMR) ou la mise
en œuvre expérimentale de navettes maritimes à vocation plus touristique
, dont les premiers résultats
d’exploitation montrent un bilan positif en terme
s
de demande et d’ima
ge, mais dont le poids relatif
dans l’offre de transport de la RTM
reste limité. Ces prestations sont sous-traitées, complètement
(navettes maritimes) ou en partie (TPMR).
En 2013, comme indiqué
supra
,
d’autres développements sont intervenus dans le cadre de l’année
européenne de la culture
avec notamment l’
extension
de l’
offre métro durant la nuit et la mise en place
de la navette électrique du Vieux-Port.
25
Le territoire couvert par la RTM a évolué sur la période (six
communes jusqu’en 2011,
quatre à partir de 2011).
26
Source des données : enquêtes annuelles TCU 2006 à 2012.
27
Des extensions limitées de lignes de métro et de tramway ont été réalisées dans le cadre du premier appel à projet « Transports collectifs
en site propre (TCSP) » issu du Grenelle de
l’environnement en 2009
,
qui a permis à MPM de bénéficier d’une subvention de l’Etat d’un
montant de
6,2 M€.
Un deuxième appel à projet « Grenelle », intervenu en 2010,
a permis à MPM de bénéficier à nouveau du cofinancement de l’Etat pour
quatre projets : les extensions d’une ligne de tramway et de trois lignes de bus à haut niveau de service (BHNS)
,
dont les mises en service
s’échelonnent entre 2013 et mi 2014 pour un montant global prévisionnel de subventions Etat de 20,77
M€.
26/84
Ainsi que cela ressort du tableau ci-dessus, les nombres de déplacements (primo validations) et de
voyages
28
ont connu entre 2006 et 2012 des augmentations comparables de respectivement +13 % et
+ 15,5 %.
Les deux modes de transports en site propre, le tramway et le métro, contribuent le plus à
l’augmentation
de la fréquentation (nombre de voyages par habitant), qui est en hausse sur la période et
plus particulièrement depuis 2011 (+ 14,2 % entre 2010 et 2012 contre + 1,7 % entre 2006 et 2010).
28
La différence entre déplacement et voyage tient aux correspondances gratuites autorisées dans l’heure qui suit la première v
alidation,
qui seule génère une recette (taux de correspondance RTM).
2006
2007
2008
2009
2010
évo
2006/2010
2011
2012
évo
2012/2010
évo
2012/2006
Population
896 007
896 007
938 475
944 118
944 996
5,5%
892 107
891 187
-5,7%
-0,5%
Surface communes en km²
375,74
375,74
375,74
375,74
375,74
-
317,28
317,28
-15,6%
-15,6%
Densité
2 385
2 385
2 498
2 513
2 515
5,5%
2 812
2 809
11,7%
17,8%
Offre kilométrique (*)
(en milliers de km)
23 965
24 436
24 510
24 722
25 326
5,7%
26 250
26 825
5,9%
11,9%
évolution n/n-1
2,0%
0,3%
0,9%
2,4%
3,6%
2,2%
Offre hors sous-traitance
23 162
23 592
23 690
23 893
24 484
5,7%
25 295
25 765
5,2%
11,2%
Services réguliers ordinaires
23 061
23 512
23 649
23 854
24 459
6,1%
24 866
25 119
2,7%
8,9%
Autobus
20 741
20 656
20 132
20 307
20 609
-0,6%
20 796
21 059
2,2%
1,5%
Métro
2 319
2 363
2 385
2 395
2 643
13,9%
2 832
2 832
7,2%
22,1%
Tramway
-
493
1 132
1 152
1 207
1 238
1 228
1,7%
Véhicules PMR
-
-
-
-
405
624
Services spéciaux et occasionnels
101
80
41
39
25
-74,9%
24
23
-10,2%
-77,4%
Offre sous-traitée
803
820
821
829
842
4,9%
956
1 059
25,8%
31,9%
Bus
803
820
821
829
842
4,9%
860
858
1,9%
6,9%
PMR
-
-
-
-
96
187
Navette maritime
14
Déplacements (primo validations)
90 391
95 027
99 446
96 992
98 726
9,2%
102 254
102 182
3,5%
13,0%
évolution n/n-1
5,1%
4,7%
-2,5%
1,8%
3,6%
-0,1%
Voyages effectués (hors fraude)
(en milliers de voyages)
143 170
151 052
157 581
152 136
153 555
7,3%
159 849
165 350
7,7%
15,5%
évolution n/n-1
5,5%
4,3%
-3,5%
0,9%
4,1%
3,4%
dont titre payant taux plein
62 708
64 878
67 387
66 841
75 036
19,7%
78 190
76 914
2,5%
22,7%
dont titre payant tarif réduit
44 904
48 280
50 470
48 065
42 077
-6,3%
42 714
48 450
15,1%
7,9%
dont titre gratuit
35 558
37 661
39 578
37 230
36 443
2,5%
38 945
39 986
9,7%
12,5%
dont tramway
-
4 615
12 031
14 036
14 210
15 694
16 738
17,8%
dont métro
69 226
71 398
71 367
67 563
70 790
2,3%
74 755
76 805
8,5%
10,9%
dont autobus
73 944
75 039
74 183
70 537
68 555
-7,3%
69 357
71 740
4,6%
-3,0%
dont PMR
-
-
-
-
42
67
Fréquentation
(voyage par habitant)
160
169
168
161
162
1,7%
179
186
14,2%
16,1%
Taux d'occupation
(voyages/km)
5,97
6,19
6,43
6,16
6,06
1,4%
6,10
6,16
1,7%
3,2%
(*) Seuls les kilomètres commerciaux et haut-le-pied (HLP) sont pris en compte. Les kilomètres "techniques" et "ateliers" ne sont pas mentionnés.
Source : Enquêtes annuelles TCU
Offre de service et usages du réseau RTM
27/84
Si la politique tarifaire est une compétence de l’AOT, l’animatio
n de la politique commerciale
relève de la régie,
qui s’assigne
un objectif de fidélisation des usagers.
Une étude de la direction commerciale
29
de la régie montre qu
’au cours des dix dernières années,
les gains de déplacement ont été réalisés quasi exclusivement sur les abonnés, avec une accélération à
compter de janvier 2009 du fait de la mise en place de la prime transport (+ 26 % entre janvier 2009 et
mars 2013). Entre janvier 2009 et mars 2013, les déplacements des abonnées ont ainsi progressé de
20,3 % alors que les déplacements occasionnels ont diminué de 5,2 %.
Toutefois, le nombre de billets hors abonnement reste largement majoritaire : les abonnements ne
représentaient que 10 % des titres de transports vendus en 2012
30
(contre 1% en 2006).
2.2.
La qualité du service
Depuis 2007, la RTM s’est engagée dans
l'amélioration de la qualité de service des réseaux de bus,
métro et tramway. Mais
c’est
à partir de 2010 que sa politique qualité a été contractualisée avec MPM.
Cette politique est pilotée par la régie mais un comité tripartite, instance de dialogue et de décision
regroupant
l’autorité organisatrice,
l’opérateur et des représentants des usagers
, est chargé de son suivi.
2.2.1.
Une politique contractuelle depuis 2010
Le contrat d’obligation de service
public (2010-2018)
fixe à la RTM deux types d’objectifs
, la
qualité du service et la satisfaction des clients et prévoit en contrepartie
un mécanisme d’intéressement
financier pour chaque objectif.
La politique qualité des réseaux du métro et du tramway se réfère à la norme NF Service et est
assortie
d’une certification
annuelle
délivrée par l’Afnor Certification
. Cette certification est
régulièrement renouvelée depuis plusieurs années, la dernière datant de janvier 2014. Une démarche
spécifique, largement
inspirée par la norme NF Service, est mise en œuvre pour les bus. La RTM et son
autorité de tutelle n’ont pour l’instant pas souhaité s’engager dans une certification globale du réseau car
certains objectifs (régularité
, ponctualité…) sont très difficil
es à atteindre, compte tenu des contraintes
de circulation et du manque de discipline des automobilistes (stationnement en double file, circulation
dans les voies réservées…).
La satisfaction des clients
elle est mesurée par le canal d’une enquête annuell
e. Les objectifs
chiffrés fixés par MPM ont tous été atteints en 2013. Le taux de satisfaction a en effet progressé pour le
réseau des bus (76 %), pour le métro (91 %) et pour le tramway (96 %
). La RTM précise que l’objectif
fixé pour le réseau des bus est moindre car il tient compte du niveau de maturité des démarches (le
métro et le tramway sont certifiés depuis plusieurs années) et des difficultés spécifiques du réseau,
lequel est davantage soumis aux problèmes de circulation que les deux autres modes.
La chambre estime que si la stratégie qui avait consisté à ne pas
s’
engager dans une certification
globale du réseau des bus était pertinente au début de la démarche qualité, la création programmée
31
de
plusieurs lignes de bus en site propre qui ont vocation à offrir une qualité de service accrue plaide
désormais pour étendre la certification à ces nouveaux projets.
29
Analyse du trafic et des recettes (à fin avril 2013)
30
Source : Enquêtes annuelles UTP
–
Chiffres RTM
31
Cf. Plan de déplacement urbain de Marseille Provence Métropole (période 2013-2023)
28/84
Ce souhait d’
évolution est partagé par MPM et la RTM qui
a d’ores et déjà mis en œuvre
les
mesures nécessaires à cette certification, dont les premiers résultats ne seront cependant
mesurables qu’à
compter de la fin de l’année 2015.
Recommandation n° 3
Etendre la démarche de certification aux lignes de bus ayant vocation à offrir une qualité de
service accrue (bus en site propre).
2.2.2.
Des contrôles de qualité perfectibles pour le réseau des bus
Les contrôles sur le terrain effectués sur la qualité du service pour le métro et le tramway
n’appellent pas d’observation
contrairement à ceux du réseau des bus. Pour ce réseau, la chambre a en
effet constaté que la fia
bilité des contrôles est perfectible et doit s’accompagner d’un plan d’actions
correctives
, comme c’est le cas pour deux autres modes, afin d’
éviter que les mêmes problèmes ne se
reproduisent.
Pour ce faire
, la chambre recommande à la RTM d’effectuer les
audits internes pour le réseau des
bus, tels qu’ils sont prévus
par sa politique qualité et de mettre en place un plan de suivi des
dysfonctionnements constatés et des actions correctives réalisées pour y mettre fin.
La RTM, consciente de cette situation, prévoit, dès 2014, de faire appel à un prestataire extérieur
pour effectuer des enquêtes dites « client mystère » pour améliorer les contrôles sur le terrain et
s’engag
e
à établir des plans d’actions spécifiques pour améliorer les critères qui le nécessit
ent. La
chambre en prend acte.
Recommandation n° 4
Effectuer d
es audits internes pour le réseau des bus, tels qu’ils sont prévus dans le dossier qualité
et mettre en place un plan de suivi des dysfonctionnements constatés et des actions correctives
réalisées pour y mettre fin.
2.2.3.
Un intéressement financier qui devrait évoluer
Le contrat d’obligation de service
public prévoit que MPM verse à la RTM deux types
d’intéressement financier annuel, dits de «
bonus/malus
», l’un au titre de la qualité du service et l’autre
en fonction de la satisfaction des clients.
Ainsi, comme en 2011, la RTM a perçu en 2012
l’intéressement
maximum prévu en cas de
renouvellement de la certification qualité, soit 150
000 € pour
le métro et 100
000 €
pour le tramway. En
revanche, pour le réseau des bus, seule une partie a été versée en 2011 (160
000 €) et 2012 (200
000
€)
car les objectifs de qualité du service n’ont été que partiellement atteints
.
En matière de satisfaction des clients,
l’intéressement peut s’élever au maximum à
60
000 €
si les
objectifs fixés par MPM sont atteints. En 2011
, la régie n’
en
a perçu qu’une partie car le réseau des bus
n’a pas atteint son objectif
32
mais
l’intégralité de l’intéressement
a été versée en 2012.
La RTM soutient que l
a possibilité d’un
bonus est toujours contrebalancée par
la possibilité d’
un
malus du même montant. En réalité, ce qui est présenté comme un malus
n’est qu’une
possibilité de
minoration du bonus,
ce qui n’est pas aberrant
, puisque la régie est entièrement financée par MPM.
32
Le taux de clients satisfaits atteint était égal à 68 % pour un objectif de 71 %
29/84
La chambre considère par ailleurs que, s
’il est
logique qu’en phase de démarrage
, MPM encourage
financièrement la démarche qualité, en revanche le dispositif dit de « bonus/malus » devrait désormais
évoluer notamment pour favoriser
l’extension de la démarche de certification aux lignes de bus en site
propre.
Tout en réaffirmant son attachement au système actuel,
la RTM précise qu’une telle évolution est
prochainement envisagée avec son autorité de tutelle.
Recommandation n° 5
Faire évoluer le dispos
itif d’intéressement financier dit de «
bonus/malus » pour favoriser
l’extension de la démarche de certification aux lignes de bus en site propre
.
2.3.
La lutte contre l’insécurité et la fraude
Le contrat d’obligation de service
public précise que la sécurisation du réseau et la lutte contre la
fraude relèvent de la responsabilité de la RTM. Celle-ci dispose, depuis 2008
, d’
une direction de la
sûreté
33
dont le budget de fonctionnement
s’élève à 30 M€ en
2013, soit 9 % du budget de
fonctionnement de la RTM. Ses actions sont menées
en partenariat avec les services de l’Etat et les
collectivités territoriales dans le cadre du Contrat Local de Sécurité dans les Transports.
2.3.1.
La sécurisation du réseau
Pour sécuriser le réseau et réduire le sentiment d’insécurit
é, la RTM a recours à la présence
humaine des agents de la RTM
34
, à des agents de sécurité
35
et, de manière très embryonnaire par rapport
à d’autres réseaux,
à la médiation pour prévenir les conflits et
les actes d’incivilité et de délinquance
36
,
ainsi qu’
à la prévention
37
. Cette présence est renforcée et soutenue par des policiers du service
interdépartemental de sécurisation des transports en commun
38
, qui ne sont toutefois pas exclusivement
affectés aux transports.
La présence humaine est complétée par un dispositif de vidéo surveillance
d’environ
3 900 caméras, relié au centre de supervision en continu de la RTM à la Rose, qui facilite la rapidité des
équipes d’interventions
sur place et, le cas échéant, l'identification d
’individus, sur demande de la
police, dans le cadre d’un
e enquête
39
. Le réseau de vidéo surveillance est en cours de modernisation afin
de connecter les bus en temps réel et équiper les futures rames de métro de caméras intégrées, ce qui
n’est pas
encore le cas actuellement.
33
La direction a été créée en 2008 afin de coordonner les actions relatives à la lutte contre la fraude et à la sécurité ; un département
spécialisé est chargé de la lutte contre la fraude. 70 % de son budget de fonctionnement sont consacrés aux frais de personnel (21
M€) dont
15 M€ pour payer les 305 contrôleurs affectés à la lutte contre la fraude
en application du contrat conclu avec MPM. Compte tenu de la
vingtaine
d’agents recrutés en contrat à durée déterminée pour la période estivale, l’effectif permanent annuel est en réalité d’environ
285 agents.
34
Le plan de sûreté dispose «
que tout agent de la RTM est concerné par les questions d’insécurité visant la clientèle ou l’entreprise et doit
par sa tenue, son comportement, son relationnel et son action, être acteur de la sûreté objective et du sentiment de sécurité ».
35
Entre 15 et 30 agents de sécurité d’une entreprise de surveillance et de
gardiennage occupent des postes fixes ou mobiles notamment
dans le métro sur une large plage horaire (de 7 heures à 1 heure ) tous les jours de la semaine.
36
Environ 25 médiateurs sont chargés de prévenir les conflits, les actes d’
incivilité et de délinquance aux arrêts de bus à proximité des
établissements scolaires.
Le Syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise compte 240 médiateurs et
ils sont 400 à Lille.
37
Deux agents sont chargés de la prévention dans les établissements scolaires. A titre de comparaison, le réseau Tisséo à Toulouse dispose
d’un service prévention de 132 personnes.
38
En 2009, une dizaine de réseaux de transport urbain bénéficiaient de la présence d’une unité de la police nationale spécialem
ent dédiée
aux transports en commun.
39
La
RTM, sur demande de la police, transmet les enregistrements pour identifier l’auteur d’une infraction.
30/84
Le contrat local de sécurité dans les transports (CLS-T) précise, depuis juillet 2009, les actions
opérationnelles et les objectifs communs à la RTM, la police, la justice et les collectivités territoriales
pour améliorer la prévention et la sécurité dans les transp
orts de l’agglomération marseillaise
.
La chambre constate que le
pilotage et l’
évaluation des actions inscrites au contrat est défaillant.
La RTM partage ce constat en précisant cependant que le Comité de Pilotage
s’est réuni aussi
régulièrement que possible jusqu'en février 2012 mais que, depuis cette date,
l’insuffisance
des moyens
humains à la régie et chez les différents partenaires en compliquent le suivi. La RTM indique souhaiter
donner dès 2014 une nouvelle impulsion à ce partenariat (retrait ou ajout de certaines actions,
redéfinition des mesures insatisfaisantes
…)
.
2.3.2.
La mesure de l’insécurité : une statistique interne imparfaite
Depuis 2002, la RTM recense, par typologie
40
,
les faits générateurs d’insécurité qui lui sont
signalés et qui peuvent faire l’objet d’un dépôt de plainte. La collecte s’effectue par l’intermédiaire de
deux mains courantes informatisées et la traçabilité est assurée par une fiche descriptive et détaillée.
Cette collecte est cependant incomplète car elle
n’intègre pas les faits signalés par les voyageurs
directement à la police et les interpellations faites en
surface (dans les gares d’échange et aux abords des
stations et arrêts de bus). La police enregistre en effet ces faits sous le terme générique « transport »,
sans distinction particulière permettant de les rattacher à la RTM.
C
ette situation n’est pas propre à la RTM car, comme le souligne le rapport 2013 de la mission
permanente d’évaluation de la politique de prévention de la délinquance, l’analyse des observations
locales de la délinquance dans les transports reste à construire en croisant les données recueillies par
l’opérateur de transport avec les informations issues de l’outil statistique d
es faits constatés par les
forces de l’ordre
sur le même périmètre.
Le recensement opéré par la RTM doit dès lors être considéré comme est un baromètre interne qui
ne permet pas de mesurer le niveau effectif de délinquance dans les transports en commun marseillais
mais
qui, à défaut d’être exhaustif,
est cependant suffisamment ancien (2002) pour
permettre d’
identifier
des évolutions annuelles significatives.
Ainsi, il apparaît qu’en
dix ans (2002-2012) les faits générateurs
d’insécurité (1
571) ont baissé de 54 % et plus particulièrement depuis 2009 (- 33 %) notamment en
raison de la diminution des vols avec ou sans agression dans le métro (- 43 % depuis 2009).
2.3.3.
La lutte contre la fraude
La fraude est un phénomène ancien sur le réseau marseillais qui
suscite d’importante
s pertes de
recettes. Déjà en 2008, la RTM déplorait une augmentation du taux de fraude, qui était passé de 9,9 %
en 2000 à 18 % en 2007 soit une perte annuelle
de recettes d’environ 17
M€
41
, soit l’équivalent du
budget qu’elle consacre
à la lutter contre la fraude. Aussi, la lutte contre la fraude constitue-t-elle un
enjeu financier majeur,
d’autant que la fraude accroît
le
sentiment d’insécurité chez les voyageurs
,
préjudiciable à l’attractivité des transports
.
L’importance
de la fraude se mesure par deux ratios :
-
le taux de fraude apparent :
mesuré par l’opérateur
, il rapporte le nombre de voyageurs en
infraction à celui des personnes contrôlées ; ainsi entre 2009 et 2012, il
s’établi
ssait entre 1,5 et
1,8 % contre 2 % en 2007 et 2008 ;
40
Incidents de route en rapport avec les chauffeurs et les contrôleurs, jets de projectiles, dégradations des matériels, insécurité des
voyageurs. Les i
ncidents (chahut, insultes…) dits «
trublions
» sont hors statistiques des faits générateurs d’insécurité.
41
Source : « La Provence » (édition du 11 juin 2008).
Selon la RTM, 1 % de fraude suscite une perte d’un million d’euros de recettes
commerciale.
31/84
-
le taux de fraude réel : il est mesuré par une enquête annuelle sur la fraude
42
.
Le taux de fraude réel, qui correspond à la part des voyageurs en infraction parmi le total des
usagers du service, est très supérieur au taux apparent. L’
enquête sur la fraude de mai 2013 a ainsi fait
ressortir un taux de fraude réel
43
de 22,4
% sur l’ensemble des réseaux
, en hausse par rapport à 2011
(18,1 %) mais en baisse par rapport à 2009 (23,3 %). La fraude concerne le réseau des bus (taux de
30 %), le tramway (taux de 25,6 %), le métro (taux de 10,9 %), certains secteurs de la ville étant
particulièrement touchés (taux de 41,8 % dans le secteur
d’Arenc
et de 34,8 % dans celui de La Rose).
L
’enquête a également établi que
le profil type du fraudeur est un homme, jeune, scolaire ou inactif qui
utilise occasionnellement les transports.
Il est toutefois difficile de comparer ces résultats avec ceux
d’autres réseaux car ils sont peu
nombreux à communiquer leurs informations sur la fraude
44
. Une enquête réalisée sur le réseau de
Montpellier en mars 2011 a estimé le taux de fraude réel à 22 %, pour un taux apparent de seulement
3 %. Ce dernier est comparable aux taux communément admis, qui se situent dans une fourchette de
2 % à 3 %, pour des taux réels au moins quatre fois supérieurs. Le réseau toulousain offre un taux de
fraude mesurée de 3,5 %, contre 9 % à Orléans (après 20
% en 2001 en raison d’une politique de
contrôle et de répression active) et 11,2 % à Bordeaux.
La RTM précise que les enquêtes qui servent de base au calcul du taux réel
s’intéressent à des
bouts de ligne traditionnellement très fraudés et à des secteurs qui ne sont pas systématiquement
contrôlés pour des raisons de sécurité pour son personnel, ce qui expliquerait
une partie de l’
écart
constaté. Mais au-delà de la méthode, ces écarts démontrent la réelle difficulté de mesurer la fraude avec
les outils actuels. C’est la raison pour laquelle la RTM mise beaucoup sur un projet de comptage
informatique des passagers par capteurs infrarouges qui permettrait, par différence avec les données de
la
billettique, d’
établir des taux de fraude par secteurs et par lignes beaucoup plus proches de la réalité.
Ce projet, qui
est programmé pour la fin de l’année 2014
,
devrait permettre à la RTM d’
améliorer
l’efficience de
ses moyens humains par la mise en place de contrôles mieux ciblés.
42
Chaque année, la RTM fait procèder par une société spécialisée à une enquête sur la fraude sur l’ensemble de son réseau (métr
o,
tramway, bus). L’enquête mesure le taux de fraude, établit le profil type du fraudeur, analyse les résultats par mode de tran
sport, par zone
géographique, par ligne ou par créneau horaire. Par sa récurrence, elle permet de comparer les résultats sur plusieurs années. La dernière a
été menée en mai 2013 auprès d’environ 29
700 clients.
43
L’enquête distingue deux types de fraudes
: l
a fraude dure (absence de titre, carte non valide…), qui suscite une perte de recette pour
l’exploitant, et une autre fraude (titre non validé lors des correspondances), qui n’entraîne pas de perte de recette. La fra
ude totale
correspond à la somme des deux.
44
Source
: rapport de mars 2013 de la mission permanente d’évaluation de la politique de prévention de la délinquance sur la préventio
n
de la délinquance dans les transports collectifs urbains.
TOTAL RTM
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Clients transportés
139 138 344
145 416 469
141 185 832
143 762 573
146 450 700
152 855 757
Clients contrôlés
4 666 443
5 073 195
7 037 204
8 204 275
8 593 325
9 541 519
Nb de verbalisation
93 928
100 263
114 607
126 186
153 750
149 948
Taux fraude apparent
2%
2%
1,60%
1,50%
1,80%
1,60%
32/84
MPM a pour sa part assigné à la RTM un objectif de 7 % de taux de contrôle global annuel à
effectif constant. Les contrôles sont de deux types : dissuasifs
45
et répressifs
46
. Le taux de contrôle
global est le rapport entre le nombre de voyageurs contrôlés (en mode dissuasif et répressif) et le
nombre de voyageurs ayant validé leur titre de transport.
Il est également prévu qu’un «
Plan de
Contrôle », défini dans le cadre plus général du « Plan Sûreté de la RTM », fixe le cadre et les
conditions de la coordination des actions de contrôle sur le terrain.
Le taux de contrôle est suivi depuis plusieurs années
47
mais que ce n
’est qu’
à partir de 2011 que
les trois taux de contrôle (global, répressif et dissuasif) ont été enregistrés de manière distincte par la
RTM.
Tableau de suivi des taux de contrôle
(données RTM)
Le taux de contrôle global
a quasiment doublé depuis 2007 pour s’établir à
6,24 % en 2012,
proche de
l’objectif
fixé par MPM (7 %). Si le caractère récent des mesures des contrôles répressifs et
dissuasifs ne permet pas de dégager une tendance durable, on peut néanmoins constater que le taux de
contrôle répressif a diminué, passant de 3,04 % en 2011 à 2,83 % en 2012, tandis que le taux de contrôle
dissuasif a évolué en sens inverse, passant de 2,83 % en 2011 à 3,41 % en 2012. Si cette tendance se
confirme, l’objectif
global de 7 % pourrait être rapidement et facilement atteint en continuant à faire
davantage porter les efforts sur le contrôle dissuasif, d’autant que le comptage de clients à la montée est
par nature moins chronophage et potentiellement moins conflictuel que le contrôle répressif.
Au-
delà du risque d’une baisse potentielle des verbalisations et des conséquences financières qui
en découleraient (diminution des recettes de verbalisation), cette situation soulève la question de
l’équilibre entre répression et dissuasion
des contrôles. Ce choix,
qui n’est pas neutre
, devrait être
clarifié par la
RTM et son autorité de tutelle au niveau du contrat. La fixation de deux objectifs, l’un
pour le contrôle répressif et l’autre pour le contrôle dissuasif, pourrait
constituer une solution.
La chambre constate par ailleurs que
l’objectif
de contrôle global,
tel qu’il est fixé par MPM
, est
différent de celui
que s’est
fixé la RTM dans son
Projet d’entreprise
(2011-2018)
48
,
puisqu’elle y prévoit
de diminuer le taux de fraude à 18 % pour 2011, 16 % fin 2013 et 15 % fin 2014, sans que les moyens
pour y parvenir ne soient définis, ni dans son plan de sûreté, ni dans son plan spécifique de contrôle.
45
Le contrôle dissuasif est effectué auprès des clients ava
nt la montée et a vocation à prévenir l’utilisation du réseau sans titre valide. Ce
type de contrôle est effectué toute l’année pour le métro et sur des lignes de bus qui desservent les plages de la ville de M
arseille en période
estivale.
46
Les contrôles r
épressifs sont réalisés auprès des clients qui doivent être en mesure de présenter un titre de transport valide, à l’intérieu
r
ou aux portes de sortie (bus et tramway) et au-delà de la ligne de péage pour le métro. Ils peuvent conduire à une verbalisation
de l’usager
en situation irrégulière.
47
La fiabilité du comptage des contrôles est garantie par la procédure qualité (métro et tramway). Pour le réseau des bus (hors procédure
certification), le comptage est effectué par des relevés journaliers vérifiés
par l’encadrement.
48
Thème 3 « Maîtriser les coûts »
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Clients transportés
139 138 344
145 416 469
141 185 832
143 762 573
146 450 700
152 855 757
Contrôle répressif
4 448 910
4 329 589
Taux répressif
3,04%
2,83%
Contrôle dissuasif
4 144 415
5 211 930
Taux dissuasif
2,83%
3,41%
Total des contrôles
4 666 443
5 073 195
7 037 204
8 204 275
8 593 325
9 541 519
Taux global
3,35%
3,49%
4,98%
5,71%
5,87%
6,24%
33/84
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, la RTM a indiqué
qu’elle
préférait le
critère du taux de contrôle global, dont elle peut maî
triser la mise en œuvre
, plutôt que celui de la
réduction du taux de fraude,
qu’elle ne saurait prétendre atteindre seule
. La chambre souligne que cette
vision est contraire à ce que la RTM a elle-même
prévu dans son projet d’entreprise
. Il importe donc que
la RTM remette à plat ses outils de mesure et de contrôle de la fraude pour les rendre cohérents avec les
objectifs qu’elle se fixe en ce domaine
.
Recommandation n° 6
Remettre à plat les outils de mesure et de contrôle de la fraude utilisés par la RTM pour les
rendre cohérents avec les objectifs qu’elle se fixe en ce domaine
.
2.3.4.
L’activité des contrôleurs de la RTM
: des missions diverses
Outre la mise en place de mesures telles que l’obligation faite aux voyageurs de
monter par la
porte avant dans les autobus et l’installation
en 2011 des portillons anti-fraude dans les stations de
métro, et la présence dissuasive d
’
agents de sécurité et d
’
agents de médiation, la lutte contre la fraude
repose essentiellement sur les contrôles itinérants effectués par des agents assermentés. Les contrôleurs
travaillent en équipes qui se relayent de 5 heures à 0 heure 30 selon un découpage
de l’agglomération
marseillaise en trois zones (hyper centre, zone urbaine intermédiaire, couronne banlieue). Le contrôle
itinérant représente environ 70
% du temps de travail, le reste étant consacré à des activités d’accueil et
de renseignement de la clientèle et d
’assistance à l’exploitation en cas de dysfonctionnement, d’incident,
de probl
ème de circulation ou d’accident.
En 2012, la RTM a dressé environ 150 000 procès-verbaux,
en progression depuis l’année
2010
(+ 22 %) et 2007 (+ 60 %). P
our l’année 2013 (de janvier à octobre
49
), la moyenne journalière par
contrôleur
s’élève à environ 187
contrôles (répressifs et dissuasifs), soit environ 25 à l’heure
. Les
données comparatives étant rares,
la chambre n’a pu comparer l’activité des contrôleurs de la RTM
qu’avec celle des agents du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomérati
on lyonnaise
(Sytral)
50
. Il apparaît que ces derniers contrôlent environ 29 personnes par agent et par heure mais cette
comparaison présente des limites. Il semblerait en effet que les contrôles réalisés par le Sytral soient
exclusivement répressifs
51
et qu
’à l’inverse des contrôleurs de la RTM, les agents du réseau lyonnais
n’exercent pas d’activité de verbalisation des stationnements gênant
la circulation des véhicules de
transport en commun.
Au sein de la RTM cette mission incombe en effet aux contrôleurs. Les objectifs, définis par le
contrat local de sécurité dans les transports
52
visent à
prévenir l’apparition de tensions entre les
chauffeurs de bus de la RTM et les automobilistes et à améliorer la vitesse commerciale entravée par le
stationnement irrégulier de véhicules dans les voies réservées.
En 2012, environ 22 000 timbres-amendes ont ainsi été établis dont 8 % par vidéo verbalisation
53
.
Cette activité représente l’équivalent du temps de travail d’environ
6 à 7 agents et un coût salarial pour
la RTM de 350
000 € par
an sans contrepartie de recettes.
Selon l’opérateur, en 2012,
la recette directe
était d'environ 600
000 €
pour l’Etat
, dont une partie est cependant reversée au budget de MPM dans le
cadre de la répartition du produit des amendes de police en matière de circulation routière.
49
La RTM tient cette statistique seulement depuis l’année 2013.
50
Source
: rapport d’observations définitives
(2013) de la chambre régionale de comptes de Rhône Alpes sur la gestion du Sytral.
51
Source site internet du Sytral : les agents de contrôle ont pour mission première de lutter contre la fraude. Ils vérifient la validité des
titres de transport et font respecter les règles existantes dans les enceintes des transports en commun.
52
Fiche action n° 2 : Amélioration des conditions de circulation des véhicules en surface ; Objectif n° 1 : Améliorer la coordination des
transports publics (RTM et autres transporteurs) / Police Municipale / Police Nationale sur les difficultés de circulation.
53
La vidéoverbalisation sous format papier doit être remplacée en 2014 par le PV électronique adressé directement au titulaire du certificat
d'immatriculation.
34/84
La chambre estime que
l’efficacité de cette activité au regard de l’amélioration de la vitesse
commerciale
n’est
pas démontrée. Cette vitesse a au contraire baissé pour les deux modes de transport
en surface entre 2006 et 2012. La
baisse est d’environ 2,4
% sur cette période pour le réseau bus et
atteint même 7,6
% depuis 2010. Pour le tramway, la baisse est d’environ 2,5 % depuis 2007 mais
semble s’être interrompue depuis trois ans. Selon la RTM le kilomètre/heure perdu entraîne une
diminution de 5
M€ de ses recettes
. Il est donc nécessaire que la RTM évalue la pertinence
, l’efficacité
et l’efficience de l’intervention de ses contrôleurs dans le cadre de
leur
mission d’amélioration des
conditions de circulation des véhicules en surface comme le contrat local de sécurité dans les transports
le prévoyait. Les résultats de ce travail pourraient ainsi conduire la régie à recentrer ses moyens humains
sur la lutte contre la fraude
, d’autant qu’à effectif
s constants, la productivité sera un enjeu important
pour l’avenir si la fréquentation du réseau augmente.
Le cons
tat relatif à l’efficacité de l’activité de verbalisation des stationnements gênants est partagé
par la RTM qui estime que la question de la police du stationnement, comme d’ailleurs celle de la
vitesse commerciale, échappe largement à ses compétences et à ses moyens. Son intervention est donc
minimale et a pour but de remédier aux situations les plus problématiques pour la circulation des bus ou
du tramway et d’améliorer le service rendu à ses clients.
Afin de s’engager dans la
direction préconisée par la chambre, la RTM est en discussion avec la
ville de Marseille en vue de pouvoir bénéficier des capacités de son dispositif de vidéo surveillance.
Selon la RTM, cette démarche devrait aboutir positivement en 2014. Des discussions sont également en
cours avec les polices nationale et municipale pour obtenir des interventions sur les stationnements
gênants.
Recommandation n° 7
Evaluer la pertinence
, l’efficacité et l’efficience de l’intervention de
s contrôleurs dans le cadre de
la
mission d’amélioration des conditions de circulation des véhicules en surface
.
2.3.5.
Un plan de sûreté à rendre plus opérationnel
La RTM envisage
de mettre en œuvre
un ensemble de mesures
visant à améliorer l’efficacité de sa
politique de sécurisation du réseau et de lutte contre la fraude (modernisation du réseau de vidéo
surveillance, comptage des voyageurs pour améliorer la connaissance du taux de fraude réel, nouveaux
appareils de contrôle des titres
, amélioration du recouvrement des amendes impayées…)
. La chambre
constate cependant que ces mesures, qui revêtent un caractère opérationnel, ne sont pas prévues dans le
plan de sûreté de la RTM. Un tel document devrait pourtant définir des objectifs, des actions, les
ressources nécessaires, les délais de mise en
œuvre et des indicateurs. Le suivi et l’analyse des
indicateurs éventuellement associés permettraient ainsi
d’améliorer le pilotage des activités et le cas
échéant de décider des adaptations par rapport aux choix initiaux.
A cet effet, la chambre recommande donc à la RTM de conférer à son plan de sûreté un caractère
plus opérationnel, en y traitant des points suivants : éléments de contexte, objectifs généraux, modes
opératoires, conditions de mise en œuvre, calendrier d’exécution et critères d’évaluation
. La démarche
qualité en cours au sein de la direction de la sûreté et la réflexion qu’elle nécessite sur l’organisation et
les missions devraient faciliter l’élaboration d’un tel plan.
La RTM
indique qu’elle approuve cette
recommandation
et qu’elle
fera évoluer son plan en ce sens dans les prochains mois.
Recommandation n° 8
Conférer au plan de sûreté un caractère plus opérationnel en y traitant des points suivants :
éléments de contexte, objectifs généraux, modes opératoires, conditions de mise en œuvre,
calendrie
r d’exécution et critères d’évaluation.
35/84
2.4.
Les performances comparées du réseau
2.4.1.
Le coût du réseau
Quel que soit le mode de gestion retenu, l’exploitation des services de transports publics de
voyageurs s’avère structurellement déficitaire et nécessite
donc
l’intervention substantielle des
collectivités publiques. Concernant la RTM, des ratios issus de la comptabilité analytique joints au
compte financier annuel montrent que, globalement, le taux de couverture (R/D)
54
connait une érosion.
Il est en effet passé de 48 % en 2006 à 42 % en 2012 (voir annexe 5).
Toutefois, ce taux moyen de couverture masque des disparités importantes selon les modes de
transport
en termes de niveau et d’évolution
. Ainsi, en 2012, il variait de 76 % pour le métro (contre
92 % en 2006) à 57 % pour le tramway (contre 50 % en 2008) et 28
% pour l’autobus (contre 33 % en
2006).
Concernant les nouvelles prestations (Mobi Métropole, navettes maritimes), un premier bilan
financier a été établi fin 2012.
Si le service Mobi Métropole connaît une montée en puissance significative, correspondant à une
demande des usagers (70 000 voyages prévus en 2013 contre 51
000 voyages pour l’offre initiale)
, le
déséquilibre de ce service
s’avère néanmoins élevé (coût complet
2012 :
3,256 M€ pour
120
304 € de
recettes (tarification spéciale)).
L
’expérimentation du service de navette maritime reste aussi très déséquilibrée
(coût 2012 :
2,173
M€ pour 393
800 € de recettes directes
)
même si elle est positive en termes d’image
. Sa
pérennisation éventuelle appelle donc quelques observations.
54
Taux de couverture R/D = produits analytiques d’exploitation / charges analytiques d’exploitation (avant subvention d’équilibre). La
définition des ratios de comptabilité analytique est établie selon les normes
de l’
UTP (Union des transports publics et ferroviaires).
36/84
Bilan de la 1
ère
année d’expérimentation de la navette maritime
Vieux-Port / Pointe rouge
–
Année 2012
Le prestataire a exécuté 5 390 navettes sur 5 950 prévues, en raison des annulations de traversées,
majoritairement pour cause de mauvaises conditions météorologiques et plus ponctuellement en raison
d’
incidents mécaniques
. La part de navettes annulées s’établit à
9,4 % en moyenne avec des variations
qui
vont de 18,2% d’annulations au mois d’avril à 5,1 % d’annulations au mois de juin.
Le taux de remplissage moyen des navettes
s’est établi à
50 % sur la période d’exploitation.
La cible visée par cette expérimentation était la population touristique, mais également les trajets
pendulaires (domicile/travail).
Dans les faits, la fréquentation masque de grosses disparités qui amènent la chambre à
recommander un meilleur ciblage sur les usagers potentiels de ce mode de transport,
a fortiori
dans la
perspecti
ve d’une pérennisation de
la prestation.
Il apparaît en effet que, tant au départ de la Pointe-
Rouge qu’au départ
du Vieux-Port, les navettes
de 7 heures et 8 heures du matin sont très peu utilisées,
quelle que soit la période de l’année
, y compris
en été. Le nombre de passagers, qui est de 2 et 4 à 7 heures et entre 6 et 21 passagers à 8 heures,
représente alors
moins d’un quart de la capacité des bateaux
(97 passagers par navire).
Même en plein cœur de la saison estivale
, en ne considérant que les jours ouvrables, le nombre
moyen de passagers croit seulement d’une unité pour la première navette. Si la deuxième navette
connaît une fréquentation supérieure d’un tiers au départ de la Pointe Rouge et double au départ du
Vieux-Port, le taux de remplissage reste toutefois inférieur à un tiers de la capacité du bateau.
Une analyse similaire pourrait être menée sur les horaires de fin de service, le taux de remplissage
des navettes de 22 heures étant inférieur à 30 %.
Les recettes de billetterie ne couvrent les dépenses
qu’à hauteur de 18 %. Il s’agit des recettes
directes issues de la vente des titres spécifiques (prix d’une traversé
fixé à
2,5 € en
2012, réévalué
à 3 €
pour 2013), représentant 66 % des validations, la part restante résultant des abonnés à hauteur de 21 %
et des
passagers munis d’une carte de libre circulation (agents de la RTM et leurs ayants droits, agents
municipaux et communautaires, fonctionnaires de police, chômeurs, anciens combattants, personnes
âgées non imposables…)
à hauteur de 13 %.
La part des abonnés apparaît significativement inférieure (- 22 points) à celle observée pour les
autres modes de transport (bus, métro, tramway), ce qui pourrait signifier
qu’il
est moins utilisé que les
autres pour les déplacements domicile-travail, car il leur est
moins bien adapté (files d’attente
importantes aux heures de pointe
, destinations en zones touristiques et non en zones d’activités
économiques).
Une meilleure couverture de cette prestation devrait être recherchée,
d’une part,
au moyen
d’
une
révision tarifaire à la hausse et,
d’autre part,
grâce à un meilleur ciblage commercial qui pourrait
permettre de limiter les coûts en adaptant les horaires à un niveau de fréquentation suffisamment
« rentable ». Il est à noter à cet égard que la suppression de la navette de 7 heures aurait engendré une
économie de 127 527,79
€ (
suppression de la facturation des 377 navettes effectives sur la saison).
37/84
2.4.2.
La comparaison avec les autres réseaux
La performance du réseau de la RTM peut être évaluée au
travers d’un
e comparaison avec les
principaux réseaux de province présentant des caractéristiques proches, et notamment de
l’analyse d
es
ratios produits par
l’enquête annuelle de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP)
.
Certaines précautions méthodologiques doivent cependant être prises en compte dans la
comparaison directe des ratios. En effet, leur
définition n’est pas normalisée. A titre d’exemple,
s’agissant des modes
de transport lourds, les kilomètres produits peuvent être comptabilisés par rame ou
par voiture.
La globalisation des dépenses tous modes confondus peut également créer des distorsions compte
tenu des coûts d’exploitation significativement différents par mode et du poids de chaque mode dans les
réseaux
.
La RTM apparaît relativement bien placée vis-à-
vis de l’ensemble des autres réseaux mentionnés
dans le tableau ci-dessus, sauf celui de Lyon, pour ce qui concerne la partie commerciale, à savoir la
fréquentation (voyages par habitant),
le taux d’utilisation (
voyages par km), la recette par voyage et le
taux de couverture des dépenses par les recettes (R/D).
En revanche la RTM se situe au-dessus de la moyenne des réseaux de transports urbains en ce qui
concerne
les conditions de production de l’offre et
le ratio de dépenses par km.
Ce constat, partagé par
l’AO
T et la régie, a donné lieu à une
recherche d’
identification plus fine de
l’origine des écarts constatés au travers d
es caractéristiques du réseau et de la situation particulière de la
régie.
Marseille
Bordeaux
Lille
Lyon
Toulouse
Moyenne
réseaux
> 250 000 hab
à TCSP
(19 réseaux)
Densité du territoire desservi (hab par km²)
2 809
1 308
1 841
2 179
1 015
1 198
Offre kilométrique (en milliers de km)
26 250
32 396
41 070
53 337
35 036
362 792
Fréquentation (voyage par habitant)
179
151
144
302
176
169
Taux d'utilisation (voyage par km)
6,1
3,4
3,9
7,5
4,4
4,6
Recette par voyage
0,65
0,45
0,49
0,49
0,45
0,51
Dépense
par voyage
1,53
1,55
1,58
0,86
1,22
1,33
Coût kilométrique
9,32
5,22
6,24
6,49
5,39
6,16
Production kilométrique par salarié
7 671
13 360
15 838
11 140
14 085
12 215
Production kilométrique par personnel roulant
13 815
18 635
32 885
19 123
26 686
20 106
Part personnel roulant / effectif
55,5%
71,7%
48,2%
58,3%
52,8%
60,8%
Vitesse d'exploitation
12,2
15,6
15,6
15,2
14,4
12,2
Taux de couverture R/D
42,7
28,7
36,0
50,1
37,0
38,5
source : "Les chiffres clés du transport public urbain 2011" Union des transports publics et ferroviaires (UTP)
Modes de gestion : Marseille (EPIC), Bordeaux (DSP Keolis), Lille (DSP Keolis), Lyon (DSP Keolis), Toulouse (régie directe)
Chiffres clés 2011
38/84
Ainsi, différents facteurs peuvent expliquer, selon MPM et la RTM, les variations constatées entre
les réseaux :
-
Des différences de périmètres
E
n tant qu’
opérateur historique, la RTM a internalisé des coûts généralement supportés par les
autorités organisatrices, notamment en ce qui concerne la maintenance des infrastructures, le matériel
roulant pour les modes de transport lourds (métro et tramway) ou encore le patrimoine bâti. Tel est
notamment le cas des AOT de Lyon ou de Toulouse, qui portent et financent les équipes et les marchés
hors maintenance de premier niveau
55
.
L’ancienneté du métro (35 ans), tant
en
ce qui concerne le matériel roulant que l’infrastructure
proprement dite, génère également un différentiel non négligeable par rapport à des réseaux plus récents
(par exemple celui de Toulouse,
qui dispose d’un métro récent, léger et automatique
, comprenant deux
voitures par rame) du fait des coûts de maintenance.
L
a répartition des biens dans le cadre du nouveau contrat d’OSP
devrait permettre un
rééquilibrage, mais seulement partiel, puisque les rails du métro et la plateforme du tramway restent
amortis par
l’exploitant
,
a fortiori
du fait qu’une compensation spécifique du contrat (R2) permet de
neutraliser cet effet.
Par ailleurs la comptabilisation, parmi les personnels roulants, des membres des équipes chargées
de la lutte contre la fraude (305 ETP), induit un biais dans le ratio de production kilométrique par agent
de conduite. Selon la RTM, la neutralisation de ce biais aurait pour effet de la positionner à un niveau
équivalent à celui de son homologue de Bordeaux
56
.
En outre, tout ou partie des fonctions de sûreté des réseaux de Lyon et Lille et, dans une moindre
mesure, de celui de Toulouse, sont assurée
s par des médiateurs portés par l’AOT. Il s’ensuit que le
nombre de vérificateurs internes est facialement plus important à la RTM que chez les opérateurs
concernés.
-
Des contraintes particulières liées à la géographie du territoire et à l’aménagement urbain de la
ville de Marseille
La CUMPM, comme la régie, invoquent également des raisons
qu’elles présentent comme
plus
structurelles, touchant aux caractéristiques géographiques et urbanistiques de la ville, qui impacteraient
le réseau :
existence d’une
façade maritime, présence de grandes infrastructures routières ou ferroviaires
difficilement franchissables, organisation urbaine autour de noyaux villageois denses et peu accessibles
(largeur des voies), caractère incomplet du maillage routier, faible linéaire de couloirs de bus,
complexité de
l’
urbanisme et enfin étroitesse de la voirie.
Les insuffisances de l’aménagement urbain
génèrent des performances inférieures en matière de
vitesse commerciale : celle-ci est très faible pour le bus, et se dégrade dans le centre-ville, du fait du
stationnement illicite, de contraintes de circulation et de la permanence de chantiers de grande
envergure, mais également pour le tramway (ligne 2) en centre-ville, pour des raisons analogues.
55
Dans le cas de Lyon (Sytral),
dont l’effectif est de l’ordre de 90 ETP, la DSP conclue pour 4 ans, ne porte pas d’investissements lourds
en matière de maintenance. Dans le cas de Toulouse, régie de création récente, deux différences majeures doivent être prises en compte.
D’une part, l’AOT s’appuie sur une SEM pour la maîtrise d’ouvrage et
la maintenance et d’autre part, le métro, du fait de sa
conception
récente, génère des coûts de maintenance inférieurs à ceux du métro marseillais.
56
Depuis 2012, la RTM neutralise ce biais dans les données qu’elle transmet à l’UTP.
39/84
La faible vitesse moyenne du réseau de bus, qui diminue encore plus en centre-ville, a pour
conséquence
l’existence de
lignes longues, souvent dérégulées,
dont l’exploitation nécessite en
conséquence des moyens matériels et humains importants pour maintenir un niveau de desserte
compatible avec la charge de clientèle.
-
Une performance du réseau pénalisée également par un déficit de productivité
L’empilement des accords d’entreprises
, particulièrement ceux qui ont été conclus pour sortir de la
grève de 2005, a conduit à fixer la rémunération des agents sur la base de la valeur du point des grands
réseaux indépendamment de l’appréciation de la rémunération globale (primes)
,
de l’organisation du
travail (tours, temps de pause…) ou encore de la dure effective
du travail (6 heures 36 par jour pour un
temps de roulage de 6 heures18 pour les conducteurs alors que, dans les autres réseaux, le temps de
travail est de supérieur de 7 % en moyenne).
Sur ce plan,
les comparaisons entre réseaux s’avèrent délicates, compt
e tenu des différences
affectant les modalités de leur gestion. La RTM a toutefois réalisé une analyse comparative avec la régie
des transports de Toulouse (Tisséo) afin de déterminer
les causes structurelles de l’écart
constaté sur le
ratio de dépenses par kilomètre (
9,32 € pour
la
RTM et 5,39 € pour Tisséo
).
L’étude menée permet
trait
d’expliquer
au moins
3,2 €/km sur l’écart
global
de 3,9 €/km
. Les
différences identifiées concernent :
-
Le métro, avec des effectifs moins importants pour Tisséo pour la conduite (métro
automatique) comme pour l’entretien et le fonctionnement des stations
et le mode de
comptabilisation du coût par rame ;
-
Le bus et le tramway, qui se caractérisent par
une vitesse d’exploitation supérieure
, des choix
de carburants plus économiques et des effectifs de régulation et de structures plus faibles
(deux dépôts au lieu de quatre) pour le réseau toulousain que pour le réseau marseillais ;
-
Les fonctions supports, qui sont réalisées avec des effectifs moins nombreux à Toulouse
qu’à
Marseille,
l’AOT toulousaine (SMTC) a
yant confié
la gestion de ses projets d’infrastructures
à une SEM ;
-
Des frais de personnel moins importants en matière de sûreté (lutte contre la fraude et
gardiennage)
à Toulouse qu’à Marseille
;
-
Une part de l’ac
tivité en transport à la demande (TAD) plus importante et réalisée à un coût
plus faible pour Tisséo que pour la RTM.
Il ressort de cette analyse comparative que les différences constatées découlent du surplus
d
’effectifs
au sein de RTM (+ 800 agents) du fait
de l’hétérogénéité des données et
des différences de
périmètre mais également
d’une moindre productivité
.
Dans sa réponse aux observations provisoires de la chambre, la RTM a cherché à minimiser
l’impact de ce dernier facteur, en contradiction avec les orientations qu’elle a elle
-même retenues pour
améliorer sa productivité. Une telle amélioration passe en effet par une diminution du poids des charges
de personnel qui appelle des efforts de rationalisation.
Marseille
Bordeaux
Lille
Lyon
Toulouse
Autobus
16,5
16,4
17,4
17,7
18,8
Tramway
15,8
18,4
21
20,3
-
Métro
31,7
-
35
28,3
33,5
Source : Annuaire TCU 2004-2009 - CERTU
Comparatif vitesse commerciale
(en km/h) - Ratio 2009
40/84
3.
Situation financière et sécurisation des procédures comptables
3.1.
Présentation générale
Les informations financières sont issues des comptes financiers de la régie. Toutefois, elles ont fait
l’objet d’un retraiteme
nt du poste « 012 Charges de personnel », dont la consolidation des différents
comptes avant 2011 était incomplète
puisqu’
elle excluait notamment tout ou partie du versement
transport (6331) et la participation employeur à la formation professionnelle (6313 et 6333).
La situation financière de la régie est plutôt satisfaisante,
avec un résultat de l’exercice et une
capacité d’autofinancement en progression et
qui se situent à un niveau supérieur à celui des exercices
précédents
. L’
autorité organisatrice a réajusté sa contribution en visant un objectif de résultat de
l’exercice de la régie, de l’ordre de 5 M€ au lieu des 9 M€ constatés en 2012
57
.
L’investissement est financé
notamment
par une part d’autofinancement, l’emprunt et des
subventions, en particulier celle que le département des Bouches-du-Rhône alloue à la RTM dans le
cadre du plan quinquennal d’investissement
pour la période 2009-2013.
57
Le budget primitif voté pour 2013, figurant dans le tableau de la page suivante,
ne tient pas compte des dispositions de l’avenant n°
5 au
contrat (voir
les développements sur l’économie du contrat
).
2008
2009
2010
2011
2012
évo
2012/2011
BP 2012
BP 2013
évo BP
2013/2012
70
Ventes de produits, prestations de service
105 002 543
105 908 091
113 358 746
9 775 157
11 155 321
14,1%
10 144 100
10 140 700
0,0%
74
Subventions d'exploitation
22 318 679
21 819 520
21 548 311
285 514 015
305 500 650
7,0%
292 680 500
312 965 800
6,9%
75
Autres produits de gestion courante
40 000
113 243
61 252
10 535
71-72
Autres recettes (travaux en régie)
7 344 622
6 959 695
5 408 094
4 839 614
4 098 645
-15,3%
4 820 600
3 404 800
-29,4%
79
Transfert de charges
828 385
1 069 815
551 398
336 591
246 066
233 600
13 500
78
Reprises sur Amortissements et Provisions
1 961 667
1 062 739
141 407
5 524 729
221 582
1 500 000
1 500 000
Produits d'exploitation
137 495 896
136 933 101
141 007 956
306 051 357
321 232 798
5,0%
311 044 800
328 024 800
5,5%
012
Charges de personnel (hors 013)(*)
159 424 612
169 584 550
179 019 467
184 605 728
190 529 342
3,2%
189 878 086
196 725 900
3,6%
011
Charges à caractère général
60 849 321
61 044 039
64 480 976
70 167 844
73 000 724
4,0%
74 247 400
84 465 800
13,8%
65
Autres charges
219 636
72 690
98 751
140 101
209 797
209 000
209 000
68
Dotations aux Amortissements et aux Provisions
39 001 440
26 016 664
29 163 295
35 873 913
42 579 183
18,7%
31 246 000
35 423 000
13,4%
Charges d'exploitation
259 495 009
256 717 943
272 762 489
290 787 585
306 319 046
5,3%
294 999 686
316 224 600
7,2%
Résultat d'exploitation
-121 999 113
-119 784 842
-131 754 533
15 263 772
14 913 752
-2,3%
16 045 114
11 800 200
-26,5%
76
Produits financiers
294 408
94 283
28 965
340 827
812 883
290 000
300 000
66
Charges financières
9 113 076
7 909 731
6 922 174
9 011 062
8 744 605
-3,0%
9 163 000
7 478 000
-18,4%
Résultat financier
-8 818 668
-7 815 449
-6 893 208
-8 670 235
-7 931 721
ns
-8 873 000
-7 178 000
ns
77
Produits exceptionnels
132 630 244
137 537 441
149 414 413
6 898 503
3 785 070
17 000
2 717 000
67
Charges exceptionnelles
666 887
559 468
463 573
5 509 021
1 785 189
1 343 664
1 499 900
Résultat exceptionnel
131 963 357
136 977 974
148 950 840
1 389 482
1 999 881
ns
-1 326 664
1 217 100
ns
Résultat de l'exercice
1 145 576
9 377 684
10 303 099
7 983 019
8 981 911
12,5%
5 845 450
5 839 300
-0,1%
Capacité d'autofinancement brute
37 770 770
33 923 351
38 397 557
36 701 335
50 075 952
Amortissement du capital de la dette
27 211 377
28 733 873
30 165 954
65 622 487
25 174 998
Capacité d'autofinancement nette disponible
10 559 393
5 189 478
8 231 603
-28 921 152
24 900 953
(*) 013 Atténuation de charges
Source : comptes financiers annuels RTM
RTM - Calcul de l'autofinancement
41/84
3.2.
Etat de la dette
La situation de l’endettement a évolué
essentiellement du fait de transferts de contrats intervenus
entre l’autorité organisatrice et l’exploitant afin que la répartition de la dette reflète celle des actifs entre
les deux entités.
Il convient toutefois de noter que la situation de l’endettement
,
telle qu’elle
est retracée dans les
comptes annuels de la RTM, présente un caractère théorique dans la mesure où elle avait anticipé les
transferts des contrats de la CUMPM. En effet, ceux-ci
n’ont pas été réalisés en totalité en 2011
, comme
l’avait
pourtant prévu une délibération de MPM du 10 décembre 2010, mais ont été échelonnés entre
2011 et 2012.
Ainsi, l’encours global de la dette
de la RTM a fortement progressé durant la période sous
contrôle,
et notamment en 2011 avec la mise en œuvre du nouveau co
ntrat qui a généré cette année-là un
transfert de dettes
de 145,193 M€.
La même année, un emprunt souscrit par MPM
58
, qui avait été
transféré en 2008 à la RTM, a été transféré à nouveau à la communauté urbaine, ce qui explique le
niveau du montant du capital remboursé au titre de cette gestion.
D’ici la fin du contrat OSP, en 2018, seul
s
17,1 % de l’
encours à fin 2012 auront été remboursés,
la plupart des emprunts, dont la durée moyenne est de 15 ans, ayant été contractés dans le milieu des
années 2000.
L’e
ncours actuel ne sera remboursé
qu’
à hauteur de 50,8 % de son montant en 2026, puis
en totalité en 2036.
Si l’on neutralise les transferts réalisés
, les emprunts nouveaux contractés par la régie pour sa
gestion restent limités : ils ont atteint
20 M€ en
2012.
58
L’emprunt a été rest
itué à MPM dans le cadre de la délibération du CA du 17 décembre
2010 sur les transferts d’actifs et de passifs
inhérents au contrat OSP 2011-2018.
Investissement - Besoin ou capacité de financement
2012
Dépenses réelles d'inv. (hors emp.)
30 130 179
Capacité d'autofinancement disponible
24 900 953
FCTVA et subventions
8 080 313
Autres recettes
6 853 718
Financement propre disponible
39 834 984
Besoin ou capa. de fint après rbst Dette
-9 704 805
Emprunts nouveaux de l'année
20 000 000
source : comptes annuels RTM 2012
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Encours de la dette
Encours de dette au 01/01
84 676 681
78 300 921
88 964 243
109 648 591
193 351 631
191 617 758
171 451 804
276 022 424
Capital remboursé
11 375 760
11 336 696
12 315 634
27 211 377
28 733 873
30 165 954
65 622 487
25 174 998
Nouveaux emprunts (*)
5 000 000
22 000 000
33 000 000
110 914 417
27 000 000
10 000 000
170 193 107
20 000 000
Encours de dette au 31/12
78 300 921
88 964 243
109 648 591
193 351 631
191 617 758
171 451 804
276 022 424
270 847 425
Variation de l'encours
-6 375 760
10 663 322
20 684 348
83 703 040
-1 733 873
-20 165 954
104 570 619
-5 174 998
(*) dont emprunt MPM (Ville de Marseille) transféré en 2008 (81,914 M€) à amortir sur 5 ans et reimputé à MPM en 2011 pour un montant de 40,957 M€
et dont emprunts MPM transférés en 2011 pour 145,193 M€ (Caisse des dépôts et consignations - 45,227 M€, 3 emprunts Dexia - 69,175 M€ et 2 emprunts Crédit foncier de France - 30,79 M€)
Source : comptes financiers annuels RTM
RTM - Endettement - Situation du compte 16
42/84
La régie, qui confirme la stabilité de son endettement lié à ses investissements propres, précise par
ailleurs qu’à la fin de la gestion 2013, l’encours global de
sa dette
a diminué de 22,4 M€ pour s’établir à
248,4 M€
contre
270,8 M€ à la fin de 20
12.
L’encours de la dette reste très majoritairement constitué d’emprunts classés en catégorie
1A
(Charte Gissler). Seuls deux contrats, souscrits en 2007 et 2008, sont classés respectivement en 1B
59
et
en 1C
60
. En 2012, leurs taux ont atteint 4,208 % pour le premier et 4,187% pour le second, représentant
une exposition au risque mesurée (indice zone euro).
Après le transfert de plusieurs contrats par MPM, Dexia représentait
43,7 % de l’encours
en 2012.
3.3.
Etat des provisions
L’évolution du détail des provisions est jointe en
annexe 6.
L’essentiel de ces provisions est lié à
la fonction personnel (84 %).
Le montant global des
provisions pour risques et charges
était
de 41,294 M€ à
la fin
de l’année
2012, contre 9,201
M€ fin 20
06.
L’essentiel de ces provisions, soit 30,398 €,
est imputé au compte 153 « Provisions pour pensions
et obligations similaires » qui enregistre les provisions relatives aux charges que peuvent engendrer des
obligations légales ou contractuelles conférant au personnel des droits à la retraite ou d'autres avantages
postérieurs à l'emploi (assurance vie, couverture médicale).
En effet, de
puis l’exercice 2008, la régie a constitué une provision pour indemnité de carrière à
hauteur de 19,290 M€
(couverture des départs en retraite)
ainsi qu’une provision pour rachat de rentes
de 10,837 M€
(couverture du risque accident du travail
61
) à fin 2012.
La régie
indique qu’elle
procède à
«
l’ajustement annuel de la provision de fin de carrière sur la
base d’une évalua
tion actuarielle effectuée en conformité avec les principes actuariels et comptables
prévus par la norme comptable IAS 19
62
. »
Les
autres
provisions
significatives
concernent
des
litiges
(provision
LOREIV
–
4,338 M€), le risque fiscal (Contrôle URSSAF –
1,586 M€),
la sinistralité (provision propre assureur
–
1,326 M€), la dotation habillement (1,523 M€) et les dommages et intérêts Prud’hommes (1,108 M€).
En 2011, le contentieux sur le marché
d’affrètement
de bus
SPA/SETAM s’est dénoué
, permettant
la reprise de la provision correspondante
, d’un montant de 5,193 M€
, ainsi qu
’une
annulation des titres
de recettes sur le même exercice comptable.
La provision URSSAF a été constituée à la suite d’un contrôle
intervenu en 2011 qui a abouti à
des observations concernant notamment les pratiques de délivrance de cartes de circulation gratuites :
aux salariés et à leurs ayants droit, considérée comme un avantage en nature non contesté
sur son principe mais qui, pour
le calcul de l’assiette
,
fait l’objet d’une divergence entre
la
RTM,
qui s’appuie sur la méthode de l’
UTP basée sur
l’utilisation réelle
,
et l’URSSAF
,
qui s’appuie sur le montant
forfaitaire
de l’
abonnement annuel Transpass ;
59
Contrat à taux fixe 4,15 % à barrière 6% sur Euribor 03M.
60
Contrat à taux fixe annulable de 4,13 %.
61
La RTM est en effet son propre assureur en matière de couverture du risque accident du travail.
62
IAS 19 « Avantages du personnel »
dont une nouvelle version doit s’appliquer à compter du 1
er
janvier 2013.
43/84
aux retraités et à leurs ayants droits, pour lesquels la RTM conteste la qualification
d’avantage en nature retenue par l’URSSAF.
La régie a saisi en février 2013 le tribunal des affaires de sécurité sociale, juridiction compétente
en contestation de tous les griefs invoqués par l’URS
SAF. Le jugement est attendu pour la fin de
l’année 2014
63
. En cas de décision défavorable, la
RTM devra s’acquitter du redressement
, mais devra
également modifier ses pratiques
(valorisation de l’avantage en nature pour les salariés et ayants droit et
suspension du dispositif pour les retraités et ayants droit
64
).
A la fin
de l’année
2012, la provision «
Dommages et intérêts Prud’
hommes » atteignait
1,108 M€
. Elle correspondait à 34 dossiers dont les montants provisionnés, très variables
, s’inscrivaient
dans une échelle de 1 000 à 350
000 €.
Fin 2011, le montant provisionné représentait près de 26 % du
total des demandes des requérants.
L’augmentation constatée en 2011 tient à l’ouverture de nouveau
x dossiers (effet flux).
L’essentiel
des instances ne concerne pas des décisions de licenciement
65
.
La RTM a également constitué des
provisions pour dépréciations d’actifs
(Stocks
–
0,771 M€
fin 2012) et créances clients douteux
(1,413 M€
fin 2012).
Cette dernière devrait à terme s’éteindre progressivement
du fait du transfert intervenu en 2011, au
bénéfice de l’autorité organisatrice,
des recettes commerciales, pour la partie des titres de recettes non
recouvrés concernant des
créances d’usagers du réseau
, quand elles sont antérieures au transfert. Ces
créances de petit montant sont le plus souvent admises en non-valeur.
Les autres créances non recouvrées concernent des sommes dues par les vendeurs agréés ou des
collectivités publiques, ainsi que des amendes émises dans le cadre des contrôles ou encore des frais de
justice liés à des condamnations (agressions, dégradations).
Entre 2011 et 2012, la diminution à hauteur
de 0,103 M€
du compte 416100 créances clients
douteux correspond uniquement à des admissions en non-valeur.
La plus grosse part concerne des créances anciennes non recouvrées à l’encontre de la CUMPM
s’élevant à un total de 3,021 M€ à fin 2011
, provisionnées à hauteur de 0,999
M€
, ce qui représentait
plus de 70 % de la provision inscrite à ce compte au 31 décembre 2012.
3.4.
La sécurisation des opérations comptables
L
e précédent rapport d’observations
66
de la chambre avait souligné
«
l’incapacité de la RTM à
s’assurer du montant de ses recettes de billetterie
»
, avec notamment des écarts importants et
inexpliqués entre les encaissements effectifs et les enregistrements de chiffre d’affaires générés par le
système informatique « réseau libertés ».
63
Rapport du 8 avril 2013 contentieux URSSAF.
64
S
auf à accepter de s’acquitter des sommes correspondant aux obligations sociales et fiscales liés à l’avantage en nature
.
65
Les autres recours concernent les salaires, le positionnement hiérarchique, le reclassement, les sanctions disciplinaires, la requalification
de CDD en CDI
, les conditions d’exécution du contrat de travail, l’entretien des tenues, le temps d’habillage et de déshabillage, le
déroulement de carrière…
66
Rapport d’observations
définitives n° 2005-0468 du 14 février 2006.
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
instance judiciaire devant les prud'hommes
19
7
7
30
16
40
34
source : bilan sociaux RTM - Etat 632
44/84
Par ailleurs,
certaines régies de recettes n’avaient pas été créées par l’ordonnateur pour
l’encaissement des recettes de billetterie dans les bus.
Enfin, la chambre avait observé des carences dans la documentation des opérations comptables.
En 2006, postérieurement au contrôle de la chambre, l’agence comptable avait réalisé
un audit de
vérification, dont est issu un rapport qui a formulé plusieurs recommandations intéressant notamment la
sécurisation du processus recettes.
3.4.1.
La sécurisation du processus recettes
Différentes actions ont été entreprises pour sécuriser les recettes à partir de 2005 et
jusqu’à ce
jour, sur plusieurs aspects :
le contrôle interne, avec notamment
la mise en place d’une séparation des fonctions
opérationnelles (enregistrement et contrôle sur toute la chaîne), des rapprochements quotidiens
entre chiffre d’affaires et encaissements
ainsi que
l’élaboration et la diffusion de
guides de
procédures
des
fonctions
les
plus
sensibles
(maintenance
financière
67
et
caissier
centralisateur) ;
la sécurité physique et logique des équipements, locaux et outils, avec notamment la mise en
place d’une
vidéosurveillance des locaux et
l’amélioration du contrôle des accès
et des
procédures de conditionnement des fonds ;
la mise en place du nouveau système billettique en 2010, qui a permis de renforcer le contrôle
des flux avec un interfaçage direct entre l’outil billettique ou ses périphériques (logiciel de
facturation) avec le contrôle de la centralisation des ventes ;
la création des régies de recettes.
Les moyens matériels et humains investis dans ce domaine sont notables.
La
visite sur place d’un
équipement de vente automatique implanté dans une station de métro
(Castellane) a permis à la chambre
d’assister à une opération de retrait des fonds recette et de
réapprovisionnement en rendu monnaie et d’observer les différentes ét
apes sécurisées de la procédure de
maintenance financière.
A ce titre, la régie a conclu un marché de prestations de transport et de reconnaissance de fonds et
services connexes
pour un montant de 1,005 M€.
La fiabilisation des bases de liquidation du
chiffres d’affaires
peut être appréciée au regard de
l’
évolution des écarts constatés entre les encaissements effectifs et la comptabilisation informatique,
notamment au niveau des distributeurs automatiques.
Ainsi que cela ressort du tableau ci-après,
les fonds encaissés sont supérieurs au chiffre d’affaires
théorique généré par les points de ventes (manuels ou informatisés).
Pour la régie, cet écart peut être considéré comme normal du fait de son sens et de défaillances
ponctuelles du système informatique sur des équipements de vente, qui peuvent induire des pertes de la
traçabilité de certaines transactions.
Le déploiement du nouveau système billettique Transpass (en remplacement du système Réseau
libertés) a permis la mise en place de requêtes plus performantes.
67
Guide de maintenance financière : rationalisation et sécurisation des processus de retrait des recettes des distributeurs
45/84
De fait,
l’
écart constaté a été très significativement réduit en 2012.
Toutefois, l’objectif doit rester l’annulation totale de cet écart.
La chambre prend acte de l’engagement
de poursuite de cet objectif par la régie qui précise
qu’à la
fin de l’année 2013, l’écart constaté se
monte à 7
750 €.
3.4.2.
Les régies de recettes
Certaines mesures ont été prises pour sécuriser les régies. Concernant la régie
d’avances
et de
recettes de la direction du réseau de surface, la décision de création du 22 juin 2009 nomme le régisseur,
son mandataire suppléant ainsi que quatre mandataires, soit un par dépôt de bus.
Chaque chauffeur, agissant comme mandataire, signe un reçu par lequel il reconnait avoir perçu
une somme de 134 € sans décomposition de sa constitution. Cette nouvelle modalité s’est substituée,
depuis le 1
er
janvier 2013,
à l’ancienne rédaction du reçu qu
i mentionnait le nombre et le prix des
tickets. Elle évite
d’imposer
la signature d’un nouveau reçu à chaque changement de tarif.
Compte tenu de l’
impossibilité de les suivre individuellement, les ventes effectuées à bord par les
chauffeurs sont réputées réalisées dès la délivrance des titres au chauffeur.
En fonction des lignes, le montant du « stock » reçu par les chauffeurs peut varier. Tel est
notamment le cas pour la navette électrique du Vieux-Port ou pour les chauffeurs-accompagnateurs des
bus Mobi Métropole,
pour lesquels des tarifications spécifiques s’appliquent
.
Concernant la régie des vendeurs agréés, rattachée à la direction commerciale, la décision de
création du 23 décembre 2009 prévoit dans son article 11 que
«
l’intervention d’un (de) ma
ndataire(s) a
lieu dans les conditions fixées par son (leur) acte de nomination ».
Une décision du 4 janvier 2010 nomme le régisseur, son mandataire suppléant ainsi que, en qualité
de mandataires, les dépositaires de la RTM pour la vente et le rechargement des titres de transports
(avec une liste nominative jointe).
Chaque vendeur agréé RTM signe un reçu attestant de
la réception d’un équipement de vente
« nouvelle billettique » avec le détail de sa composition. En complément, une convention précisant les
obligations des deux parties est signée.
Concernant la régie de recettes des infractions tarifaires, instituée auprès de la direction de la
sûreté, la décision du 22 juin 2009 liste dans son article 3 les produits qui peuvent être encaissés, à
savoir les indemnités forfaitaires et les procès-
verbaux. L’article 4 détaille les modes de recouvrement
des créances correspondantes.
S’ils sont assermentés pour pouvoir émettre des procès
source : contrat d'obligation de service MPM - RTM, avenant 5
Annexe 4.11
Rémunération de la régie (base avenant n°5)
79/84
en € HT
2011
2012
2013
2014
2015 -2018
Contrat du 10 décembre 2010
Article 4.16.1
Objectif de recettes d'exploitation du réseau de référence
98 000 000
98 000 000
98 000 000
98 000 000
98 000 000
Avenant n°2
Article 4.23
Adaptation de l'objectif de recettes à l'offre kilométrique
OS 2011
20 000
40 000
40 000
40 000
40 000
Article 4.24
Adaptation de l'objectif de recettes aux modifications tarifaires
Baisse des tarifs jeunes au 1er août 2011
660 000
-
950 000
-
950 000
-
950 000
-
950 000
-
Article 4.24.4
Variation des dispositions conventionnelles prises
par les collectivités territoriales
Abrogation conventions 06/1208 et 09/1142 entre MPM et RTM
540 000
-
540 000
-
540 000
-
540 000
-
540 000
-
Objectif de recettes d'exploitation mis à jour au 1/01/2012
96 820 000
96 550 000
96 550 000
96 550 000
96 550 000
Avenant n°4
Article 4.23
Adaptation de l'objectif de recettes à l'offre kilométrique
OS 2012 (dont mises en service en janvier 2013)
11 058
-
589 000
589 000
589 000
Article 4.24
Adaptation de l'objectif de recettes aux modifications tarifaires
Baisse des tarifs jeunes au 1er août 2011 - Hausse du tarif réduit de TVA de 5,5% à 7%
950 000
950 000
950 000
950 000
Solo secours et Marseille Provence Capitale
Européenne de la culture 2013 (*)
2 000 000
2 000 000
2 000 000
Evolution annuelle de tarifs
1 191 667
1 300 000
1 300 000
Objectif de recettes d'exploitation mis à jour au 1/02/2013
96 820 000
97 488 942
101 280 667
101 389 000
101 389 000
Avenant n°5
Article 1.2
Anticipation de la clause de réexamen approfondi du contrat-Objectif de recettes
Réajustement de l'objectif de recettes
3 719 333
3 611 000
3 611 000
Solo secours et Marseille Provence Capitale
Européenne de la culture 2013 (*)
2 000 000
-
2 000 000
-
2 000 000
-
Montant annuel indexé de 1 % par an
1 030 000
2 070 000
Objectif de recettes d'exploitation mis à jour à l'entrée en vigueur de l'avenant n°5
96 820 000
97 488 942
103 000 000
104 030 000
105 070 000
(*) devenu sans objet compte tenu du rélèvement de l'objectif de recettes par l'avenant n°5 du 8 avril 2013
source : contrat d'obligation de service MPM - RTM et avenants
Article 4.16.1
Tableau d'évolution de l'objectif de recettes d'exploitation du réseau
80/84
Annexe 2 : Contrat OSP - Facturation définitive
base
246 374 000,00
246 374 000,00
OS 2011
410 877,05
786 513,00
OS 2012
417 099,00
base
1 543 500,00
2 100 000,00
OS 2011
126 000,00
210 000,00
OS 2012
515 970,00
base
905 000,00
OS 2012
23 000,00
régularisation
80 000,00
base
2 400 000,00
régularisation
226 200,00
-
iii. Rémunération de la mission
d'administration du système
billettique C2
base
450 000,00
450 000,00
450 000,00
450 000,00
-
iv. Rémunération des missions
AMO et conduite d'opérations C3
306 195,00
306 195,00
260 760,25
260 760,25
45 434,75
-
vi. Applications des indexations
R1
6 550 415,69
10 658 888,28
C1
44 408,70
122 482,65
C2
9 090,00
14 976,26
C3
4 433,19
7 730,01
base
32 000 000,00
32 000 000,00
régularisation
1 976 013,69
3 913 088,02
viii. Répercussion
à l'AOT de la
CET (*)
1 070 000,00
956 622,00
113 378,00
-
ix. Intéressement de la régie au
dépassement de l'objectif de
recettes
1 269 204,91
1 972 611,83
703 406,92
x. Bonus/malus à la qualité de
service
416 436,44
510 000,00
93 563,56
xi. Services évènementiels
90 930,27
97 051,26
6 120,99
xii. Autres (achats de billets sans
contact, redevance utilisation de
la gare routière …)
3 995,79
-
3 995,79
-
Total HT
292 641 504,94
304 545 596,77
11 904 091,83
Evolution 2012/2011
4,07%
(*)soit l'écart entre le montant réel comptabilisé et le montant forfaitaire pris en compte dans le calcul de charges d'exploitation inscrites au contrat (7 M€)
Source : contrat OSP du 10 décembre 2010 et ses avenants - Facturations définitives 2011 et 2012
1 937 074,33
Ecart
2012 /2011
792 734,95
1 156 470,00
1 008 000,00
2 173 800,00
4 195 729,62
246 784 877,05
1 669 500,00
2 825 970,00
Total HT
33 976 013,69
35 913 088,02
Rémunération d'exploitation de
la gare Saint-Charles C4
(€ 2012)
Rémunération du service de
navettes maritimes C5 (€ 2012)
vii. Calcul de la compensation
financière R2
1 008 000,00
6 608 347,58
10 804 077,20
2 173 800,00
i. Application des évolutions de
la rémunération d'exploitation
forfaitaire R1
(article 4.21.4 du contrat du 10 décembre 2010)
Régularisation définitive des rémunérations et contributions annuelles
2011
2012
ii. Application des évolutions de
la rémunération d'exploitation
PMR C1
Total HT
Contrat (€ 2010)
Contrat (€ 2010)
247 577 612,00
81/84
Annexe 3
: Plan pluriannuel d’investissement 2011
-2018 (révisé avenant n°4)
Le PPI de la régie distingue les investissements programmés sur la période au titre des deux types
de biens A (immobilisés par MPM) et B (immobilisés par RTM), respectivement pour 60,4 M€ et
282,6 M€.
Les opérations relatives aux biens A que la régie gère pour le compte de la CUMPM concernent
les infrastructures pour 27,9 M€ (rénovation
de stations de métro, mezzanine gare Saint-Charles, tunnels
et viaducs, adaptation des dépôts de bus BHNS) et les maté
riels roulants ferroviaires pour 32,5 M€
(grosses opérations de maintenance, éléments techniques des rames…).
En application de l’article 3.3.2.2 du contrat OSP, une convention relative au traitement juridique
et financier des contrats de toute nature en
cours d’exécution
, conclus par la RTM pour certaines de ces
opérations engagées avant la conclusion du contrat OSP, a été approuvée par délibération du conseil
communautaire du 21 octobre 2011.
Pour les opérations nouvelles relatives aux biens A, des conventions ont été signées entre la
CUMPM et la RTM en novembre 2013 - notamment une c
onvention d’assistance à
m
aîtrise d’ouvrage
pour le renouvellement des rames du métro et une
convention de conduite d’opération de grosses
réparations et maintenance relative à la grande révision des boggies du métro.
Les opérations relatives aux biens B concernent les bâtiments pour 37,9 M€ (rénovation
des
ateliers des dépôts de bus, adaptation des
dépôts de bus BHNS…), le renouvellement des matériels
roulants bus pour 10
0,9 M€
,
dont 52,5 M€ pour les BHNS
,
et d’autres opérations de renouvellement
pour 143,9 M€ (sécurité, mise aux normes et renouvellement des équipements d’exploitation,
renouvellement des systèmes informatiques…).
En 2012, les autorisations de programme (AP) et les crédits de paiement (CP) pour la RTM se sont
élevées
respectivement à 37,4 M€ et 34,2 M€.
Au budget primitif pour 2013, ont été
inscrits 31,8 M€
d’AP et 43,1 M€ de CP dont 11,2 M€ d’AP et 16,2 M€ de CP au titre du renouvellement
des autobus et
plus particulièrement de
l’acquisition des BHNS (2 en 2012, 49 en 2013 et 25 en 2014).
Pour mémoire, la régie a initié un
plan de renouvellement de son parc d’autobus
dont l’âge moyen
est passé de 10,8 à 7,17 ans entre 2006 et 2012 (hors impact BHNS).
Dans le cadre de son
plan quinquennal d’investissement
pour la période 2009-2013, sur
l’enveloppe dédié aux transports de 150 M€, le conseil général des Bouches
-du-Rhône a décidé
d’apporter une aide de 27,5 M€ à
la
RTM pour l’acquisition de matériels roulants
(pour un montant de
subvention globale de 31,2 M€).
82/84
Annexe 4
: Projet d’entreprise 2011
-2018
–
Thème 3 « Maîtriser les coûts »
83/84
Annexe 5 : Performance du réseau
–
Evolution du taux de couverture
La baisse des
produits d’exploitation
constatée entre 2010 et 2011 a découlé du retrait à la régie de
l’exploitation de la ligne 40.
Si l’autobus reste largement prépondérant dans l’activité de la régie, le poids financier du métro