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C20 G/MCL
6, Cours des Roches - B.P. 226 - Noisiel - 77441 Marne la Vallée Cedex 2
Tel.
01.64.80.88.88
Fax
01.64.80.87.26
1/2
L
e
P
résident
N°/G/110/09-0979 B
NOISIEL, le 02 décembre 2009
N° 09-0007 R
RECOMMANDE AVEC A.R.
Monsieur le Président,
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint le rapport comportant les observations
définitives arrêtées par la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France sur la gestion de la
Communauté de communes de la Plaine de France.
Il est accompagné des réponses reçues à la chambre dans le délai prévu par l’article
L. 243-5, alinéa 4, du code des juridictions financières
.
Il vous appartient de transmettre ce rapport et les réponses jointes à l’assemblée
délibérante. Conformément à la loi, l’ensemble doit :
1. faire l’objet d’une inscription à l’ordre du jour de la plus proche réunion de
l’assemblée ;
2. être joint à la convocation adressée à chacun de ses membres ;
3. donner lieu à débat.
Monsieur Daniel HAQUIN
Président de la Communautés de communes
de la plaine de France
7, rue Georges Pompidou
ZA des Vingt Arpents
77990 LE MESNIL-AMELOT
C20 G/MCL
6, Cours des Roches - B.P. 226 - Noisiel - 77441 Marne la Vallée Cedex 2
Tel.
01.64.80.88.88
Fax
01.64.80.87.26
2/2
Dès la plus proche réunion de l’assemblée, le document final sera considéré comme
un document administratif communicable à toute personne en faisant la demande, dans les
conditions fixées par la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978.
Vous voudrez bien informer le greffe de la chambre de la date à laquelle le rapport
d’observations et les réponses jointes auront été portés à la connaissance de l’assemblée
délibérante.
Enfin, je vous précise qu’en application des dispositions de l’article R. 241-23 du
code précité, le rapport d’observations et les réponses jointes sont transmis au préfet et au
trésorier-payeur général de SEINE-ET-MARNE.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.
Jean-Yves BERTUCCI
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RAPPORT D’OBSERVATIONS DEFINITIVES
Communauté de communes de la plaine de France (77)
(A compter de l’exercice 2002)
Le contrôle de la communauté de communes de la plaine de France (CCPF) réalisé
par la chambre à la demande de son ancien président a porté sur les exercices 2002 et
suivants.
Issue d’un ancien district formé en 1990, la communauté de communes a été créée, à
compétences inchangées, par arrêté préfectoral du 26 décembre 2001. Située à proximité du
pôle d’attraction majeur que constitue l’aéroport de Roissy, la CCPF compte huit communes
et une population de 11 651 habitants.
Les périmètres des communautés doivent constituer un espace de solidarité et
permettre une mise en oeuvre efficace et cohérente de leurs compétences, ce qui est loin
d’être le cas. Le périmètre réduit et discontinu de la communauté de communes de la plaine
de France ne coïncide pas avec un bassin de vie ou d’emploi, puisqu’elle partage le territoire
du canton de Dammartin-en-Goële avec la communauté des monts de Goële et la
communauté du pays de Goële et du Multien. Ce morcellement d’un même territoire entre
plusieurs communautés de communes exerçant des compétences similaires et un syndicat
mixte ouvert, le syndicat mixte de la Goële, est un frein à la simplification de la carte
intercommunale et complique surtout la gestion au détriment des services rendus aux
administrés.
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2/26
Le refus de la communauté de définir l’intérêt communautaire des compétences au
point que le préfet a dû y procéder d’office le 14 mars 2007, témoigne de l’absence de
volonté d’élaborer un projet commun pour le développement et l’aménagement de l’espace
communautaire et fait obstacle à la mise en oeuvre effective des compétences, ce qui conduit
à l’immobilisme dans certains domaines. La CCPF continue à exercer les compétences
anciennes dévolues au district qui lui préexistait, sans s’approprier et exercer ses nouvelles
compétences et sans s’inscrire dans la démarche de mutualisation et de solidarité assignée
aux groupements de coopération intercommunale.
Des défaillances graves de la gestion administrative ont été constatées par la chambre,
qu’il s’agisse de la gestion du personnel, des compétences en matière de déchets ménagers ou
d’eau et d’assainissement, ou encore de la construction du complexe piscine-patinoire-
bowling. Ainsi, d’une façon générale, le contrôle des marchés passés par la commune a-t-il
révélé un manque de respect de la réglementation. Cette situation est principalement liée aux
insuffisances de l’organisation et du pilotage de l’établissement, mais aussi aux dissensions
au sein du conseil communautaire qui ont entraîné sa paralysie.
La chambre a
aussi constaté des pratiques irrégulières dans la mise en oeuvre du
contrat d’affermage de l’eau, en particulier la non-conformité à la réglementation des
décisions de prolongation de l’affermage et de financement du déficit du service de l’eau par
le budget des communes membres, via le budget principal de la communauté.
Le bilan de la construction d’un complexe piscine-patinoire-bowling haut de gamme
réunissant des activités ludiques et sportives témoigne d’un degré élevé de laxisme dans
l’emploi des deniers publics, s’agissant d’un équipement inachevé, d’un coût élevé (37 M€
(1)
au 14 novembre 2007) et dont les prévisions d’exploitation sont très déficitaires.
Cet investissement en gestation depuis novembre 1996 a été réalisé après des études
insuffisantes, au prix de dépassements importants de coûts et de délais et aboutit en 2009,
soit près de cinq ans après le début des travaux, à un équipement dont la mise en service reste
encore très problématique. La chambre a notamment relevé une insuffisante maîtrise des
chantiers qui a conduit d’une part à la dérive des délais de réalisation, d’autre part à des
dépenses excessives. De surcroît, les conditions de réalisation chaotiques de cet équipement
vont générer pour la communauté des charges financières non entièrement chiffrées à ce jour,
inhérentes à l’achèvement des travaux, à la remise en état des installations et à leur mise en
exploitation.
Bien que l’opération de construction du complexe piscine-patinoire-bowling se solde
d’ores et déjà par un coût quatre fois supérieur à ce qui était prévu, la situation financière de
la communauté ne présente pas de difficultés particulières. La communauté bénéficie en effet
de marges de manoeuvre en matière de financement des investissements du fait de son
aisance fiscale procurée par le niveau élevé des bases de taxe professionnelle de la zone
aéroportuaire de Roissy.
(1)
M€ : millions d’euros
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1. RAPPEL DE LA PROCEDURE
Par courrier enregistré au greffe le 27 septembre 2007, Monsieur Jean HUREAUX,
alors président en exercice de la communauté de communes de la plaine de France (CCPF) a
demandé au président de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, en application de
l’article L. 211-8 du code des juridictions financières, l’ouverture d’un examen de gestion par
la chambre sur les exercices afférents à son mandat en cours
(2)
.
Pour faire suite à sa demande, le président de la chambre l’a informé, par lettre du
9 octobre 2007, de l’ouverture de l’examen de la gestion de la communauté.
Le contrôle a porté sur les exercices 2002 et suivants. Son bon déroulement a été
contrarié par la volatilité de l’effectif des services de l’établissement, notamment du personnel
d’encadrement.
L'entretien préalable, prévu par le code des juridictions financières, a eu lieu le
22 février 2008.
Les observations provisoires que la chambre avait retenues sur la gestion de la
communauté de communes de la plaine de France lors de sa séance du 23 mai 2008, ont été
portées à la connaissance de son président, Monsieur HAQUIN, le 25 septembre 2008.
Elles ont aussi été adressées à son prédécesseur, Monsieur HUREAUX, maire de
Mauregard, par courrier du même jour.
Des extraits de ces observations ont été transmises au cabinet d’architecte MIMRAM,
à la société CD2I, à la société Ouest Coordination ainsi qu’à la société Lyonnaise des Eaux.
Ceux-ci ont adressé leur réponse à la chambre :
- le 21 novembre 2008 pour le président en fonctions de la communauté, réponse
enregistrée au greffe de la chambre le 24 novembre,
- le 20 novembre 2008 pour l’ancien président de la communauté, réponse enregistrée
au greffe le 21 novembre,
- le 24 novembre 2008 pour la société CD2I, réponse enregistrée le 25 novembre,
- le 1
er
décembre 2008 pour la société Lyonnaise des Eaux, réponse enregistrée au
greffe le 3 décembre.
La société Ouest Coordination et le cabinet MIMRAM n’ont pas répondu.
Le président en fonctions de la communauté a demandé une audition assisté de son
conseil. Cette audition a eu lieu le 27 novembre 2008. L’ancien président a également
demandé à être entendu par la chambre assisté de son conseil. L’audition a eu lieu le
1
er
décembre 2008. Lors de sa séance du 18 février 2009, la chambre a arrêté les observations
définitives. Après une présentation de la communauté, ces observations sont relatives aux
compétences de la communauté et à leur exercice, à la construction du complexe
piscine-patinoire-bowling et à la situation financière de l’établissement.
(2)
Successeur de M. Jean HUREAUX, M. Daniel HAQUIN a été désigné le 17 avril 2008 pour assurer les fonctions de président du conseil
communautaire.
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4/26
2. PRESENTATION DE LA COMMUNAUTE
2.1.
Le territoire de la communauté
La communauté de communes de la plaine de France est située à l’extrême nord du
département de la Seine-et-Marne à proximité de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, aux
confins de la région Ile-de-France et de la Picardie.
Les 23 communes du canton de Dammartin-en-Goële se répartissent en trois
communautés de communes (plaine de France, pays de la Goële et du Multien et monts de la
Goële) et quatre syndicats intercommunaux : le syndicat intercommunal d’études et de
programmation de Dammartin-en-Goële (SIEP), le syndicat mixte de la Goële, le syndicat
mixte du canton de Dammartin-en-Goële et le syndicat intercommunal d’électrification rurale.
Outre la création et la gestion de zones d’activités économiques, le syndicat mixte de la Goële
a pour objet l’organisation et la gestion du réseau de transport du canton de Dammartin-en-Goële.
Ces territoires sont caractérisés par l’inégalité de leurs ressources. La communauté de
la plaine de France abrite seulement 27 % de la population, mais perçoit neuf fois plus de
ressources par habitant (364 € par an et par habitant contre 43 €) que la communauté du pays
de la Goële et du Multien où résident 62 % des habitants du canton de Dammartin-en-Goële.
La communauté de la plaine de France est composée de huit communes : Othis, Juilly,
Moussy-le-Vieux, Rouvres, Le Mesnil-Amelot, Vinantes, Nantouillet et Mauregard. Elle
regroupe une population de 11 651 habitants dont presque la moitié réside à Othis. Sa
population a plus que doublé avec l’adhésion de la commune d’Othis (6 479 habitants).
La communauté est issue d’un ancien district : le « district de la plaine de France ». Ce
dernier a été formé en 1990 entre les communes de Mauregard et de Mesnil-Amelot pour
exercer les compétences du syndicat à vocation multiple (SIVOM) constitué entre ces deux
communes. Par arrêté préfectoral du 26 décembre 2001, le district a été transformé en
« communauté de communes de la plaine de France » à compétences inchangées.
Le territoire de la communauté se divise en trois entités séparées entre lesquelles vient
s’imbriquer le territoire du groupement voisin du pays de la Goële et du Multien.
Le périmètre de la communauté de communes de la plaine de France n’est pas
pertinent au regard du bassin de vie, puisque la communauté de communes des monts de
Goële et celle du pays de Goële et Multien, mêlent leurs territoires à celui de la communauté
de communes de la plaine de France sur le canton de Dammartin-en-Goële.
De surcroît, la constitution de l’intercommunalité n’a pas, en l’état, simplifié la carte
territoriale, laissant subsister le syndicat mixte de la Goële, constitué depuis l’arrêté
préfectoral du 22 octobre 2007 portant modification de ses statuts, du département de la
Seine-et-Marne et des trois communautés de communes précitées dont la communauté de
communes de la plaine de France. Aux termes de l’article 2 « compétences », le syndicat a
pour objet les « actions spécifiques d’intérêt communautaire » suivantes : la gestion des zones
d’activités économiques (notamment du Mesnil-Amelot) et la réalisation et la gestion
d’équipements et infrastructures d’intérêt général notamment centres culturels, équipements
de la ville centre et des bourgs ruraux et la participation éventuelle à la gestion des transports
en commun.
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Ce syndicat mixte ouvert exerce ainsi des compétences qui recoupent en partie celles
de la communauté de communes, s’agissant de la compétence développement économique
(création et gestion de zones d’activités économiques).
Cette situation est un frein à la rationalisation et à la simplification de la carte
intercommunale.
Ainsi, le morcellement entre plusieurs communautés de communes et un syndicat
mixte ouvert multiplie-t-il les structures, les coûts de fonctionnement et complique-t-il la
gestion du territoire. Il est aussi, pour tous les administrés, la cause d’un manque de lisibilité
de l’action locale sur ce territoire.
Le périmètre n’est pas non plus pertinent au regard du nombre d’habitants et du
nombre de communes adhérentes, la communauté de communes de la plaine de France
n’ayant pas la taille critique pour exercer les compétences transférées. La communauté ne
peut ainsi englober dans le « projet commun de développement et d’aménagement de
l’espace » (article L. 5214-1 du CGCT
(3)
) qu’elle est censée mettre en place, les réalités
économiques et sociales du bassin de vie et du bassin d’emploi auxquels elle appartient.
Le périmètre réduit et discontinu de la communauté la prive en effet d’une vraie
cohérence, alors qu’il est situé à proximité du pôle d’attraction majeur que constitue
l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Même si la loi du 12 juillet 1999
(4)
exonère les
communautés de communes issues d’un ancien district de l’obligation de former un territoire
d’un seul tenant et sans enclave, il n’en demeure pas moins qu’un regroupement avec les
communautés de communes voisines apporterait davantage de cohérence au territoire,
partagerait mieux les ressources procurées par les retombées de l’activité économique de
l’aérogare de Roissy-Charles de Gaulle et apporterait à la future entité un périmètre identique
à celui du syndicat intercommunal d’études et de programmation de Dammartin-en-Goële
(SIEP) chargé de l’élaboration du schéma directeur local d’aménagement et d’urbanisme.
Selon l’article L. 5214-1 du CGCT,
« la communauté de communes (…) a pour objet
d’associer des communes au sein d’un espace de solidarité, en vue de l’élaboration d’un
projet commun de développement et d’aménagement de l’espace »
.
Une telle situation avait d’ailleurs déjà été dénoncée par la Cour des comptes dans son
rapport public thématique consacré à l’intercommunalité et publié en novembre 2005.
Dans sa réponse, le président de la communauté estime que les remarques contenues
dans le rapport d’observations provisoires portent sur l’opportunité des décisions relatives au
périmètre de la communauté, qu’il n’appartient pas à la chambre de commenter.
La chambre ne partage pas cette analyse : en effet, outre le fait que cette observation
s’inscrit dans le prolongement du rapport précité de la Cour des comptes sur
l’intercommunalité qui notait entre autres que le principe de continuité du territoire des EPCI
était « la première condition de pertinence des périmètres », la chambre considère qu’elle ne
peut s’abstenir de constater des faits qui nuisent à la lisibilité de l’action d’une collectivité ou
sont source d’une perte d’efficience.
(3)
CGCT : code général des collectivités territoriales
(4)
Loi du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale.
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Au moment de la création de la communauté, la définition d’un projet commun et
d’objectifs stratégiques a pu paraître d’autant moins nécessaire et urgente que la CCPF est née
de la transformation, à compétences inchangées, d’un district préexistant.
Mais, contrairement aux syndicats et districts qui ont pour vocation de gérer un ou
plusieurs services publics autonomes pour le compte des communes, la communauté de
communes a vocation à aménager et développer l’espace de solidarité qu’elle est censée
constituer.
Cette différence de nature tient aux compétences obligatoires ou optionnelles
assignées aux communautés par la loi qui, si elles sont exercées, justifient le pouvoir fiscal
étendu et les avantages en termes de dotations de l’Etat qui leur sont consentis.
La crise de gouvernance que connaît la communauté depuis deux ans est l’un des
effets les plus tangibles de cette absence d’espace de solidarité et de projet de développement
du territoire.
2.2.
Le fonctionnement du conseil communautaire
Les modalités de représentation des communes au sein du conseil de la communauté
sont précisées par les articles L. 5214-7, L. 5215-6 et L. 5216-3 du CGCT : chaque commune
dispose au minimum d'un siège et aucune commune ne peut disposer de plus de la moitié des
sièges.
La communauté de communes de la plaine de France a établi un règlement intérieur
conforme aux articles L. 2121-8 et L. 5211-1 du CGCT.
Le mode de représentation est égalitaire (le nombre de délégués titulaires est identique
pour chaque commune). Le nombre total de délégués est de 24, ce qui représente en moyenne
un délégué pour 454 habitants.
Sept vice-présidents représentant chaque commune ont été élus au sein du conseil,
dont quatre ont reçu des délégations du président.
Le président de la communauté dispose, selon les textes, de pouvoirs étendus. Mais il
doit entretenir avec les maires des communes membres des rapports d’information et de
coopération indispensables à la conduite de son action et au bon fonctionnement de la
communauté.
Si le code général des collectivités territoriales laisse une large latitude aux élus pour
organiser la gouvernance de l’établissement dans le cadre des statuts de la communauté et de
son règlement intérieur, la chambre constate que les dissensions profondes et persistantes au
sein du conseil sont d'une telle gravité qu'elles ont compromis sérieusement, sinon rendu
impossible la gestion normale de la communauté.
Un vif conflit oppose en effet le président à la majorité du conseil de communauté au
sujet du complexe piscine-patinoire-bowling construit par la communauté.
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Le conseil a refusé de voter le compte administratif 2006 que le préfet a transmis à la
chambre. La majorité du conseil de communauté a demandé la démission du président et lui a
retiré ses délégations lors du conseil communautaire du 28 juin 2007. A son tour, le président
a retiré leurs délégations aux vice-présidents.
Par conséquent, le conseil communautaire ne s’est plus réuni. Privé des délégations
qui lui permettaient d’agir, le président de la communauté n’a plus traité que les affaires
courantes. La paralysie du conseil communautaire de l’organisme pénalise d’autant plus
l’établissement, que cet organe délibérant est investi en application des dispositions de
l’article L. 5211-6 du CGCT d’une fonction générale de gestion de ses activités. Quels que
soient les arguments qui s’opposent et qui sont fournis en réponse au relevé d’observations
provisoires, la chambre ne peut naturellement prendre parti dans ce conflit.
2.3.
La gestion des ressources humaines de l’établissement
Le recrutement du personnel a obéi à des situations d’urgence qui auraient pu être
mieux maitrisées, ce qui, ajouté à une mobilité peu commune des agents, a conduit la
communauté à recruter exclusivement des personnels non titulaires, dans des conditions non
conformes à la loi.
Au cours de l’instruction, le personnel de la communauté n’était composé que de
contractuels, pour la plupart récemment recrutés. Selon les propos du président, « plus de la
moitié de l’effectif ne reste en poste que moins d’un an ». La volatilité des effectifs est en
effet très marquée. A titre d’exemple, le poste de contrôleur des travaux affecté aux services
techniques a été renouvelé sept fois entre 2002 et 2007. Un ingénieur territorial a aussi été
recruté en septembre 2007, pour suivre la construction du complexe patinoire-bowling-piscine,
mais il a quitté la collectivité en octobre de la même année.
Des délais brefs (d’un ou de deux mois seulement) entre les déclarations de vacances
de postes au centre de gestion de la fonction publique territoriale (CNFPT) et les recrutements
ont été constatés pour tous les contrats étudiés.
S’agissant de l’emploi de directrice générale des services, la déclaration de vacance de
poste d’attaché a été effectuée au centre de gestion le 6 juillet 2005, et une annonce a été
passée dans « la gazette des communes » les 8 et 15 août, pendant les congés d’été. Le contrat
finalement signé le 28 août 2006 a pris effet au 1
er
septembre 2005.
La préfecture de Seine-et-Marne a déféré ce contrat au tribunal administratif de Melun
à la fin de 2007, en estimant que ce recrutement n’était pas conforme aux dispositions de
l’article 47 de la loi n° 84-56 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la
fonction publique territoriale, selon lesquelles seules les fonctions de secrétaire général des
communes de plus de 80 000 habitants, ainsi que les fonctions de secrétaire général adjoint
des communes de plus de 150 000 habitants, peuvent être confiées à des agents contractuels.
Plus généralement, les contrats de recrutement des personnels conclus par la
communauté ont une durée de trois à neuf mois. Cependant, tous les postes occupés par les
agents contractuels correspondent à des emplois de fonctionnaires et ne répondent à aucun
besoin saisonnier ou à des vacances de poste temporaires, contrairement aux dispositions
prévues pour ce type de recrutement par la loi n° 84-53 du 26 octobre 1984 portant statut de la
fonction publique territoriale.
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Il en résulte de graves inconvénients, dans la mesure où les bénéficiaires de ces
emplois encourent des risques sérieux d'annulation des actes autorisant leur recrutement et
fixant le déroulement de leur carrière.
En réponse aux observations provisoires, l’ordonnateur concède que le fort taux de
rotation des agents a nuit au suivi des dossiers importants et a privé les élus de l’appui
technique dont ils avaient besoin.
Il précise que la communauté faisait régulièrement appel au centre de gestion pour les
vacances de poste, mais que ces appels étaient généralement infructueux en raison du déficit
d’attractivité de la communauté lié « à un relatif isolement par rapport au reste de
l’agglomération parisienne, peu de commerces, et impossibilité de fournir des logements de
fonction ».
3.
LES COMPETENCES DE LA COMMUNAUTE
A sa création en 1990, le « district de la plaine de France », a repris les compétences
de l’ancien syndicat à vocation multiple (SIVOM) constitué entre les communes de
Mauregard et du Mesnil-Amelot : voirie, transport nécessaire aux activités socioculturelles,
bâtiments à vocation sportive ou socioculturelle, équipements et services.
En 1994, de nouvelles compétences (ordures ménagères et déchets, aménagement de
l’espace, développement économique, eau et assainissement) ont élargi les attributions du
district.
La transformation en communauté de communes qui s’est réalisée en décembre 2001
s’est effectuée à compétences inchangées.
3.1. Les compétences obligatoires
3.1.1 Aménagement de l’espace
En matière d’aménagement de l’espace, la communauté a vocation à exercer
directement des compétences telles que la « réalisation et le financement de toutes études en
matière d’urbanisme, en liaison avec les documents en vigueur », l’acquisition de réserves
foncières, les actions d’embellissement sur le territoire communautaire.
La communauté ne dispose pas de la compétence « schéma directeur » qui a été
transférée au SIEP de Dammartin-en-Goële en charge de l’élaboration, la modification et la
révision du schéma directeur.
Par arrêté préfectoral du 1
er
mars 2006, les statuts ont été modifiés avec l’adoption de
la compétence « création et réalisation de ZAC
(5)
» à la suite du projet de la communauté de
créer la ZAC de la chapelle de Guivry en 2005.
(5)
ZAC : zone d’aménagement concerté
S2 – 2090146 / VA
9/26
3.1.2 Développement économique
En matière de développement économique, la communauté a en charge la création,
l’aménagement et l’entretien des zones d’activités. Elle a aussi pour compétence la
« participation à toutes études en vue du développement économique du territoire
communautaire », la formation et la valorisation des zones d’activités et le développement
économique de la communauté de communes.
Exerçant
historiquement
cette
compétence
pour
des
raisons
fiscales
(taxe
professionnelle de zone), elle rencontre des difficultés dans les faits pour gérer les zones
d’activités existantes, comme en témoigne la contestation par le préfet de la délibération du
24 mai 2007 sur la gestion de la zone d’activités du Mesnil-Amelot.
3.2. Les compétences optionnelles
3.2.1 Environnement
Concernant la protection et la mise en valeur de l’environnement, la communauté
exerce effectivement la collecte et le traitement des déchets ménagers par le biais de
prestataires privés et publics.
La communauté exerce également la compétence « eau » par le biais de prestataires
privés. Les statuts prévoient que la communauté est chargée de « la gestion du service de
distribution d’eau potable », de la gestion, la réalisation et l’entretien des équipements
afférents à ce service, la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la dépense
incendie.
Par arrêté préfectoral du 1
er
mars 2006, les statuts ont été complétés avec l’attribution
de la compétence « gestion des eaux de ruissellement et problématique de l’eau en général ».
En matière d’assainissement, la communauté est chargée de « la gestion du service de
l’assainissement » et de la réalisation, la gestion et l’entretien des équipements afférents à ce
service.
3.2.2 Autres compétences optionnelles
En matière de « voirie », la collectivité est chargée de la création, l’aménagement et la
rénovation de la voirie liée aux équipements de la compétence de la communauté. En matière
de « Sport-Culture-Social », elle est chargée des compétences suivantes : « 1° Construction,
aménagement et gestion des bâtiments à vocation sportive ou socioculturelle », « 2°Action
visant à la promotion et au développement des activités sportives et culturelles sur le territoire
communautaire », « 3° Participation aux transports collectifs ».
La chambre constate que si l’adoption du statut de communauté de communes à partir
du 26 décembre 2001 a été l’occasion de redéfinir les compétences du groupement, les
domaines de compétences attribués à la communauté de communes de la plaine de France
(CCPF) ne diffèrent pas sensiblement de ceux que le district de la plaine de France exerçait.
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4. L’EXERCICE DES COMPETENCES
4.1.
La définition de l’intérêt communautaire
Les communautés de communes exercent aux lieu et place des communes membres
les compétences librement choisies dans les groupes de compétences obligatoires et
optionnelles fixées par la loi.
Si quelques compétences qui ne peuvent être partagées, sont assumées d’office, la
majorité d’entre elles obligent l’établissement public, en application de l’article L. 5214-16 du
CGCT, à en définir au préalable l’intérêt communautaire, aux limites duquel leur exercice doit
ensuite rester conforme.
La notion d’intérêt communautaire figurant dans la loi d’orientation n° 92-125 du
6 février 1992 relative à l’administration territoriale de la République et reprise dans la loi
n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération
intercommunale, permet de tracer, dans un souci de lisibilité, les axes d’intervention de la
communauté et constitue un préalable à la mise en oeuvre effective de ses compétences.
Or, l’intérêt communautaire des compétences n’a pas encore été défini, près de
sept ans après la transformation du district en communauté de communes. Selon l’ancien
ordonnateur,
« cette
procédure
n’a
pu
être
mise
en
oeuvre
compte
tenu
des
dysfonctionnements (…) comme du manque d’intérêt des communes concernées pour cette
problématique ».
Devant la carence de la communauté à définir l’intérêt communautaire des
compétences, les statuts ont été modifiés d’office, conformément à l’article 164 de la loi
n° 2004-809 du 13 août 2004, par arrêté préfectoral n° 7-12 du 14 mars 2007 avec l’adoption
des compétences création et réalisation de ZAC d’intérêt communautaire (au titre de la
compétence obligatoire aménagement de l’espace) et gestion des eaux de ruissellement et
problématique de l’eau en général (au titre de la compétence optionnelle environnement).
L’absence de définition de l’intérêt communautaire témoigne de l’absence de volonté
d’élaborer un projet d’avenir pour le développement et l’aménagement de l’espace
communautaire et perturbe la lisibilité et la mise en cohérence des objectifs et de la stratégie
financière et fiscale de l’établissement. Elle conduit à l’immobilisme dans certains domaines.
Le défaut de mutualisation lié à l’absence de partage effectif des compétences rend
difficile la détermination des responsabilités. Pour ne prendre que cet exemple, la question de
savoir quelle était la collectivité compétente sur la ZAC du Mesnil Amelot a largement été
débattue avant de trouver une solution avec la préfecture.
La communauté de communes de la plaine de France appartient avec d’autres
partenaires (dont le département de Seine-et-Marne), au syndicat mixte du canton de
Dammartin, qui a reçu expressément délégation pour aménager la ZAC dite de la chapelle de
Guivry. Cependant, la communauté a aussi compétence pour la création et la réalisation des
ZAC sur son territoire et a souhaité l’exercer sur cette zone, ce qui a créé un conflit de
compétences entre les deux organismes qui semblerait aujourd’hui aplani.
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11/26
Ce ne sont pas les seuls inconvénients auxquels conduit l’absence de définition de
l’intérêt communautaire, puisque le partage des équipements et actifs divers n’a jamais été
réalisé formellement. Le complexe patinoire-bowling-piscine en cours de construction n’a
ainsi pas été déclaré d’intérêt communautaire, alors que la gestion de cet équipement doit être
assurée par la communauté de communes.
Selon les dispositions de l’article 86-IV de la loi n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative
au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale, il doit être créé entre
l’établissement public de coopération intercommunale et les communes membres une
commission locale chargée d’évaluer les transferts de charges.
En effet, le transfert d’une compétence entraîne de plein droit la mise à disposition à
titre gratuit au groupement de l’ensemble des biens, équipements et services publics
nécessaires à l’exercice de cette compétence.
La commission locale chargée d’évaluer les charges transférées n’a pas été constituée.
L’évaluation des transferts de charges a été réalisée par le bureau de la communauté et a été
arrêtée, non par des délibérations concordantes de la majorité qualifiée des conseils
municipaux comme prévu par la loi, mais par une délibération du conseil de communauté.
La chambre relève que plus de sept ans après la création de la CCPF, certaines
compétences d’intérêt communautaire continuent d’être exercées par les communes membres,
n’ayant toujours pas fait l’objet d’un transfert effectif par ces communes à la CCPF dans
l’attente des décisions à prendre en matière d’évaluation des charges transférées.
Cette situation est d’autant plus critiquable que ces manquements traduisent l’échec de
la mutation effective du district en communauté de communes. La CCPF continue en effet à
exercer ses compétences dans la logique de fonctionnement du district sans s’inscrire dans la
démarche de mutualisation assignée aux groupements de coopération intercommunale.
4.2.
L’exercice de la compétence « déchets ménagers »
La collecte des ordures ménagères a été confiée par contrat au groupement privé
SEPUR/AUBINE. Le syndicat mixte de traitement des ordures ménagères (SMITOM) du
Nord Seine-et-Marne gère le traitement des déchets ménagers par incinération des ordures
ménagères, compostage de déchets verts et tri des collectes collectives. La collecte des
déchets recyclables qui était assurée par le SMITOM a été reprise par la société AUBINE
avec la conclusion d’un nouveau marché en procédure adaptée.
Les collectivités, dès lors qu’elles bénéficient de la compétence prévue à l’article
L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales et qu’elles assurent au moins la
collecte des déchets ménagers, peuvent instituer une taxe d’enlèvement des ordures
ménagères (TEOM).
La communauté a choisi de ne pas instituer la TEOM. Par conséquent, le coût total de
la collecte et du traitement des ordures ménagères est entièrement pris en charge par la
communauté sans participation des usagers.
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12/26
Ce choix a pour conséquence que le coefficient d’intégration fiscale (CIF)
(6)
en est
amoindri, ce qui diminue d’autant le montant de la dotation générale de fonctionnement
versée par l’Etat.
Le coût de la collecte et du traitement qui constitue une charge nette pour la
collectivité en l’absence de TEOM collectée, augmente sensiblement depuis la création de la
communauté (+ 20 % entre 2003 et 2006). Il représente plus de 25 % des dépenses de
fonctionnement de la collectivité, après en avoir représenté la moitié.
La chambre constate que la gestion administrative de cette compétence par les services
de la communauté est critiquable, les contrats n’étant pas renouvelés à temps. A titre
d’exemple, malgré une fin de contrat prévue le 30 septembre 2002, la procédure de
renouvellement du contrat avec la société SEPUR n’a pas eu lieu. Afin de maintenir la
continuité du service public, un paiement sur factures a été engagé jusqu’au 30 avril 2003.
L’économie des contrats et l’exploitation de ce service n’ont pas été examinées dans le
cadre de ce contrôle.
4.3.
L’exercice de la compétence « eau et assainissement »
Le service public a pour vocation de produire, traiter et distribuer l’eau potable de la
communauté de communes et à prendre en charge le service aux abonnés (relevé de
compteurs, facturation, accueil et traitement des réclamations).
Deux conventions d’affermage ont été passées entre le district de la plaine de France
et la société Lyonnaise des eaux - DUMEZ pour la gestion des services de distribution de
l’eau potable et de l’assainissement. Dès la signature des contrats en 1992 et 1993, le
délégataire avait obtenu des conditions beaucoup plus favorables que les cahiers des charges
types (doublement de la durée de délégation).
La mise en oeuvre de la convention d’affermage de l’eau a débuté le 11 septembre
1992. Ce contrat est arrivé à expiration le 10 septembre 2004.
La mise en oeuvre du contrat d’affermage assainissement a débuté le 3 mars 1993. Ce
contrat a été modifié par avenants et est arrivé à échéance le 30 juin 2007
(7)
.
4.3.1 Les modalités de passation et de prolongation des conventions
:
Saisie par le préfet de Seine-et-Marne sur les conditions de prolongation des deux
conventions d’affermage en application de l’article L. 1411-18 du code général des
collectivités territoriales
(8)
, la chambre a constaté, dans son avis du 13 décembre 2007, le
caractère illégal des décisions de prolongation de l’affermage et le déséquilibre au détriment
de la collectivité de l’économie générale des conventions.
(6)
Rapport entre la fiscalité de la communauté et le total de la fiscalité des communes membres
(7)
Le contrat d’affermage en cours est encore prolongé avec l’accord du préfet (courrier du 11 septembre 2006).
(8)
Aux termes de l’article L. 1411-18 du CGCT « les conventions relatives à des délégations de service public peuvent être transmises par le
représentant de l'Etat dans le département à la chambre régionale des comptes. Il en informe l'autorité territoriale concernée. La chambre
régionale des comptes examine cette convention. Elle formule ses observations dans un délai d'un mois à compter de sa saisine. L'avis de
la chambre régionale des comptes est transmis à la collectivité territoriale ou à l'établissement public intéressé et au représentant de l'Etat.
Les dispositions de l'article L. 242-2 du code des juridictions financières sont applicables. L'assemblée délibérante est informée de l'avis
de la chambre régionale des comptes dès sa plus proche réunion ».
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Les conventions d’affermage des services de distribution d’eau potable et du service
d’assainissement sont arrivées à leur terme respectivement le 11 septembre 2004 et le
1
er
mars 2005 et ont été prolongées sans motif valable pour une durée d’un an à quatre
reprises du fait de l’inertie de la communauté, alors qu’aux termes de l’article L. 1411-12 du
code général des collectivités territoriales, une délégation de service public ne peut être
prolongée pour les motifs d’intérêt général que dans la limite d’une année.
L’ancien ordonnateur remarque qu’« alors que rien ne l’y obligeait juridiquement, le
conseil de communauté, estimant qu’il était de l’intérêt de la collectivité de permettre une
remise en concurrence à une échéance plus rapprochée que celle initialement prévue, a décidé
(…) de procéder à des renouvellements express d’une année, concrétisés par voie d’avenant ».
Il ajoute : « La communauté n’est cependant pas parvenue à mettre rapidement en place
comme elle l’aurait souhaité la nouvelle procédure. Il importe d’observer que ces
reconductions demeuraient dans la limite des durées prévues par les contrats initiaux ».
La chambre ne partage pas cette analyse : dans la mesure, en effet, où le conseil
communautaire avait choisi de mettre en oeuvre une procédure juridique déterminée, le
président de la communauté devait la respecter, sans pouvoir exciper qu’elle constituait une
démarche plus rigoureuse que celle imposée par la loi pour en justifier la non-mise en oeuvre.
En tout état de cause, la commission d’ouverture des plis prévue à l’article L. 1411-5
du code général des collectivités territoriales aurait dû se prononcer sur les projets d’avenants,
une prolongation à prix constants d’une année d’un contrat de 14 ans constituant une
augmentation de la rémunération du délégataire supérieure à 5 % du marché initial.
La communauté n’a toujours pas mis en oeuvre la procédure de publicité et de mise en
concurrence pour le renouvellement des contrats qui ont été prolongés une nouvelle fois
jusqu’au 30 juin 2008.
4.3.2 L’économie des conventions
Si le contrat relatif au service de l’eau potable reprend les dispositions du cahier des
charges type, certaines dispositions appellent toutefois des observations. D’une part, le contrat
initial a été conclu en l’absence d’un compte d’exploitation prévisionnel, alors que ce dernier
constitue un document essentiel permettant d’éclairer la négociation du contrat. D’autre part,
le contrat initial a prévu des dispositions d’évolution du tarif de base défavorables à l’usager,
la formule d’indexation du contrat n’étant pas celle du modèle type. L’article 33 du cahier des
charges (Evolution du tarif de base – tarif fermier) prévoit en effet une formule qui comporte
une part représentative de frais de personnel de 50 %, alors que ceux-ci ne constituaient en
pratique, en 2005, que 20,8 % du total des charges constatées. La chambre rappelle que les
index relatifs à la main d’oeuvre évoluent, en général, plus rapidement que ceux concernant
les autres facteurs de production.
En réponse aux observations provisoires, la Lyonnaise des Eaux indique que « la
formule d’indexation a bien été à l’époque établie conformément aux règles et à la logique et
en particulier sur le point de la part des frais de personnel. Contrairement à ce qui est affirmé,
il n’y a pas eu de distorsion anormale. En effet le chiffre de 20,8 % ne représente que la part
de la main d’oeuvre locale, et il convient d’ajouter le poids de la main d’oeuvre des services
centraux, de la clientèle et des services supports. A titre indicatif, pour l’année 2008, le
budget du centre régional fixe la masse salariale à 17 720 000 € pour un total de charges de
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30 689 000 €, soit exactement 54,2 %. Cette remarque s’applique également à la critique faite
plus loin sur l’assainissement ».
La chambre prend acte de cette réponse en relevant que celle-ci n’est aucunement
étayée par des éléments probants. Elle note, concernant le taux de la partie retenue des
formules de variation fixées par les contrats, que ce taux doit normalement représenter la part
des frais fixes au sein des charges d’exploitation. En principe, plus la part fixe est diminuée,
plus l’incidence de la hausse des divers paramètres constitutifs de la formule s’accroît ; il est
donc dans l’intérêt de la communauté de veiller à ce que les formules d’actualisation ne soient
pas déséquilibrées en faveur du fermier.
De surcroît, la partie fixe de la formule de variation, qui devrait être d’autant plus
importante que le contrat a une durée longue (il a été plusieurs fois prorogé depuis 1992) n’est
que de 10 %. Le prix de l’eau, dont l’évolution annuelle est présentée en annexe n° 3 ci-après,
a augmenté en conséquence dans des proportions importantes.
D’après l’IFEN (Institut français de l’environnement), entre 2001 et 2004, le tarif
moyen du mètre cube d’eau a augmenté plus fortement que l’évolution générale des prix, soit
un taux moyen de 2,4 % par an. Sur la seule période 2002/2005, le prix de l’eau fournie par la
communauté a subi les augmentations suivantes : + 6,42 % en 2003/2002 ; + 9,43 % en
2004/2003 et + 10,33 % en 2005/2004. Selon le délégataire, les tarifs proprement dits n’ont
varié que de 2 à 4 % selon les années, chiffre proche de la hausse générale des prix. Le
différentiel de hausse proviendrait d’éléments extérieurs, en particulier de la redevance perçue
pour le compte de l’agence de l’eau Seine Normandie.
Le cahier des charges du service de l’assainissement signé en mars 1993 avec la
Lyonnaise des eaux a été rédigé sur la base du cahier des charges type annexé au décret du
16 octobre 1981, dont il reprend la plupart des dispositions, à l’exception de certaines
dispositions significatives comme la possibilité de prolongation au-delà de 12 ans ou la
rémunération du fermier.
L’évolution des tarifs sur la période 2000-2005 figure ci-après en annexe n° 4.
En ce qui concerne les eaux usées, le contrat prévoit une part fixe (30 F soit 4,57 € par
semestre et par usager) et une part variable (3,06 F soit 0,46 € par mètre cube d’eau potable
livré), alors que le cahier des charges type ne prévoit que la perception auprès des usagers et
de la collectivité d’une rémunération par mètre cube d’eau potable livré.
Cette rémunération assure donc une garantie de revenu au délégataire, alors que l’Etat
a introduit des dispositions réglementaires en août 2007 visant à réduire la part fixe de la
rémunération, plafonnée à 40 % puis à 30 % en 2010.
En ce qui concerne la formule d’évolution de la rémunération du délégataire, comme
pour la délégation eau potable, la part représentative des frais de personnel est
particulièrement élevée : 55 %, alors que ces charges ne représentent que 26 % du total des
charges au rapport financier pour 2005.
Enfin, la partie fixe de la formule de variation (généralement arrêtée à 15 %) devrait
être d’autant plus importante que la durée du contrat est longue et a été plusieurs fois
prorogée. Or, la partie fixe est seulement de 10 %.
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La chambre prend acte de l’engagement de l’ordonnateur de procéder à un contrôle
des contrats de délégation et de leur mise en oeuvre.
4.3.3 Le financement des services d’eau et d’assainissement
Pour faire face à une importante dégradation de la situation financière déjà déficitaire
des budgets annexes de l’eau et de l’assainissement, la communauté a décidé de les financer
par l’intermédiaire de son budget principal.
De la sorte, les résultats des deux budgets annexes ont été les suivants :
Tableau n° 1 - Evolution des budgets annexes
2002
2003
2004
2005
2006
Budget eau
- 242 634,78
- 31 557,51
- 62 508,25
- 53 430,08
+ 313 779,63
Budget assainissement
- 2 074 550,93
- 366 752,91
+ 64 869,05
+ 344 972,26
+ 812 862,80
Sources : comptes administratifs budgets annexes eau et assainissement
Si cette pratique pouvait se concevoir lorsque la population du groupement était
inférieure à 3 000 habitants dans la mesure où, dans ce cas, les services de distribution d’eau
potable et d’assainissement peuvent être librement subventionnés en application de l’article
L. 2224-2 du code général des collectivités territoriales, il en est tout autrement depuis
l’adhésion, en 2002, de la commune d’Othis (6 479 habitants) à la communauté.
Dès lors, la communauté devrait appliquer le principe d’équilibre financier de ses
services publics industriels et commerciaux de distribution d’eau potable et d’assainissement
au moyen du produit de la seule redevance perçue auprès des usagers, conformément aux
articles L. 2224-1 et L. 2224-2 du code général des collectivités territoriales.
Cette situation n’a pas échappé au préfet de la Seine-et-Marne qui a demandé à la
communauté de cesser ces pratiques.
Les communes membres ont alors mis en oeuvre un système de substitution consistant
pour chaque commune à verser une dotation équivalente à sa quote-part aux budgets de l’eau
et de l’assainissement de la communauté de communes.
La communauté a compensé cette charge imposée aux communes par une
augmentation de la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée auxdites communes.
Le supplément de dotation est lui-même financé par une augmentation des taux de la taxe
professionnelle de zone (TPZ). Les reversements subséquents peuvent représenter jusqu’à un
quart de la DSC.
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16/26
Tableau n° 2 - Subventionnement de l’eau et valeur de la DSC dans chaque commune
Commune
Juilly
Mauregard
Mesnil A.
Moussy Le V.
Nantouillet
Rouvres
Othis
Vinantes
Total
Reversement
budget eau 2007
34 658
4 086
12 119
17 406
4 549
10 368
111 870
4 947
200 000
Pour mémoire
versement DSC
en 2006
180 970
13 899
36 928
80 182
85 023
121 395
442 482
106 114
1 066 999
Source CRC –CCPF
Tableau n° 3 - Evolution de la TPZ et de la DSC
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Taux de TPZ
7,32
7,5
7,95
7,95
8,15
8,79
DSC en % de la TPZ
nd
nd
18,6035
19,6176
+ 7,1499 %
45,2713
nd
Source CRC -CCPF
Une telle situation est critiquable à plusieurs égards. En premier lieu, s’agissant d’un
groupement dont une des communes membres abrite plus de 6 000 habitants, le droit commun
s’applique. En second lieu, une telle prise en charge par le budget des communes ne répond
pas aux conditions définies par la loi, puisqu’il n’existe pas de « contraintes particulières de
fonctionnement ». Une telle dérogation suppose aussi qu’une délibération motivée l’ait
décidée, ladite délibération devant fixer les règles de calcul et les modalités de versement des
dépenses prises en charge ainsi que le ou les exercices auxquels elles se rapportent. Or, la
délibération a été prise en méconnaissance de l’avant-dernier alinéa de l’article L. 2224-2, en
l’absence de motivation et de fixation des règles de calcul des dépenses du service prises en
charge par la commune. Enfin, ce mode de financement indirect des budgets annexes eau et
assainissement conduit in fine à faire payer par les contribuables les déficits qu’ils génèrent.
Les causes du déficit du budget eau sont multiples : d’une part, les puits d’eau sont en
mauvais état et la communauté est obligée d’acheter de l’eau à l’extérieur, d’autre part, le prix
de l’eau demandé aux consommateurs, bien qu’analogue au prix moyen en France de 2 €/m
3
,
est vraisemblablement trop faible par rapport aux coûts engendrés par le service. Enfin, le
nombre de clients du service est en constante augmentation et les volumes traités
annuellement s’accroissent de 1 à 2 % par an.
La chambre considère qu’une telle situation ne peut évoluer que défavorablement,
dans la mesure où les stations d’épuration sont obsolètes et doivent impérativement être
remises aux normes dans les années à venir.
Ces travaux de mise aux normes sont urgents, comme en témoignait dès 2004 le
rapport du délégataire :
« la station d’épuration du Mesnil-Amelot est complètement inadaptée
à la charge reçue, aussi bien d’un point de vue hydraulique que concernant la charge
polluante.
-
hydraulique : le coefficient de charge est de 143 % (…) ;
-
polluante : le coefficient de charge est de 218 %. La diminution entrante ne doit pas
occulter la surcharge chronique de la station d’épuration de Mesnil-Amelot. On
constate que l’effluent brut présente une charge en DCO et CBO5 très forte,
pollution que l’on peut facilement interpréter compte tenu de l’importance des
industries agro-alimentaires situées en entrée de la station d’épuration ».
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Pourtant, bien qu’elle fasse partie des stations à l’origine d’un contentieux opposant la
France à l’Union Européenne, il aura fallu attendre l’année 2007 pour voir se concrétiser le
projet de rénovation de la station d’épuration du Mesnil-Amelot.
Par un courrier du 28 décembre 2007, la préfecture de la Seine-et-Marne a rappelé à la
communauté l’urgence de mettre aux normes européennes les stations d’épuration. La
directive européenne « eaux résiduaires urbaines » du 31 mai 1991 impose en effet aux
agglomérations produisant une pollution entre 2 000 et 10 000 EH
(9)
un traitement conforme
de leurs eaux usées avant le 31 décembre 2005. Dès lors, l’Etat a demandé la mise aux
normes de l’assainissement des eaux usées de toutes les agglomérations françaises avant
2009, sauf pour celles justifiant de contraintes techniques incontournables, pour lesquelles le
délai de mise en conformité est reporté à 2012.
Des travaux de mise en conformité doivent donc impérativement intervenir à la station
d’épuration du Mesnil-Amelot et la communauté devait déposer en préfecture une demande
d’autorisation au titre de la loi sur l’eau pour ces travaux avant le 1
er
mars 2008, pour un
achèvement des travaux au plus tard en 2010.
Toutefois, comme pour les autres projets d’équipement de la communauté, les
décisions sont différées sur ce dossier en raison du conflit ouvert entre le président et son
conseil communautaire.
5.
LA CONSTRUCTION DU COMPLEXE PISCINE - PATINOIRE – BOWLING – (PPB)
Situé à l’entrée du Mesnil Amelot sur la RD 401, à une quarantaine de kilomètres au
nord-est de Paris et à proximité de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, cet équipement
ludique et sportif est un chantier ambitieux de grande ampleur qui a démarré en 1997 sous
maîtrise d’ouvrage du district de la plaine de France et dont la « phase finale de réalisation »
ne cesse d’être reportée depuis 2005.
Il y a plus de dix ans, un syndicat avait été créé spécialement dans le but de construire
dans le canton, entre Dammartin-en-Goële et Saint-Mard, une piscine comprenant trois
bassins, un toboggan et un espace de remise en forme, un solarium et une cafétéria. Le
syndicat de Dammartin-en-Goële regroupait toutes les communes du canton, à l’exception
d’Othis, soit 22 communes sur 23.
Les études entreprises avaient permis de présenter un projet avec un budget de 37 MF
(5,7 M€). Il n’a pas été donné suite à ce projet, les communes de Mauregard et de
Mesnil-Amelot ayant décidé de se retirer du syndicat pour créer leur propre complexe de
loisirs. Le projet initial a ainsi été abandonné au profit du projet d’équipement devant être
implanté sur le territoire de la commune du Mesnil-Amelot.
(9)
EH : équivalent habitant.
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5.1. Le projet
5.1.1 Le préprogramme
Le projet a fait l’objet d’une « Etude de définition en vue de la réalisation d’un
complexe piscine-patinoire » remise par la société « La Financière Sport et Loisir » au district
de la plaine de France, en novembre 1996.
Pour justifier un tel équipement, cette étude met en avant le caractère remarquable des
dessertes routières et en transports en commun du territoire du canton de Dammartin, dont la
gare RER de l’aéroport situé à 3 km du site d’implantation du futur équipement, la proximité
immédiate de très nombreuses entreprises implantées sur la zone aéroportuaire et sur le
secteur Paris-Nord et la forte attractivité résidentielle des communes du canton qui doit
entrainer une « croissance importante de la population ». L’étude souligne aussi un
« environnement concurrentiel qualitativement faible et donc favorable à l’implantation d’un
complexe piscine-patinoire à 30 km au nord-est de Paris ».
Les besoins fonciers pour implanter l’équipement sont estimés à environ 20 000 m²
pour une surface du bâtiment de 7 000 m², des espaces extérieurs de l’ordre de 3 000 m² et la
réalisation de parkings sur une emprise de 10000 m².
Les grands axes du projet sont les trois équipements principaux constitués de la
piscine composée de plusieurs bassins dont un bassin sportif de 25m x 15m et un bassin de
loisirs avec équipement aqualudique, de la patinoire de loisirs de 40m x 20m et d’un bowling
de six pistes auxquels sont reliés des équipements communs (accueil, bar-cafeteria central,
espaces pour réunions d’affaires, surfaces pour l’administration, club de forme, logement du
gardien).
Dans cette phase de préprogramme, l’enveloppe prévisionnelle de l’opération
d’investissement est fixée par l’étude précitée à près de 58 MF soit 8,29 M€.
Sur la base des hypothèses de volumes de fréquentation retenues, soit 100 000 à
120 000 entrées pour la piscine et l’espace club-forme et 50 000 à 60 000 entrées pour la
patinoire, le déficit réel d’exploitation est estimé à 600 000 F (91 469,41 €).
5.1.2 Le programme en cours de réalisation
Le futur complexe piscine-patinoire- bowling a été conçu comme un équipement haut
de gamme réunissant des activités ludiques et sportives. Couvert d’une toiture composée de
grandes palmes, une rue intérieure distribue les espaces de la piscine à la patinoire et au
bowling.
Le pôle aquatique est composé, d’une part de plusieurs bassins intérieurs (bassin
sportif de 375 m², bassin initiation de 140 m², bassin de plongeon de 70 m², bassin de
réception de toboggan (40 m²), bassin ludique de 255 m², pataugeoire de 55 m²,
balnéothérapie (15 m²) et bassin hydromassage (30 m²), d’autre part, de bassins extérieurs
dont un bassin ludique d’une surface de 210 m² et une pataugeoire d’une surface de 60 m².
La patinoire d’une surface de 1550 m² est équipée d’un tunnel de glace de 12 m de
long, de pentes et virages, cet espace pouvant se transformer en piste de danse.
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Le complexe est également composé d’un bowling de six pistes, d’un restaurant
panoramique, de bars, d’un espace de détente avec jeux vidéo et billards, d’un centre de soins
esthétiques, d’une serre tropicale et d’un parking de 200 places.
5.2. Les travaux
5.2.1 La gestion des marchés
Maître d’ouvrage, le conseil du district de la plaine de France a choisi par délibération
du 9 septembre 1997 de retenir la procédure de conception-réalisation pour la réalisation du
complexe sportif patinoire. Cette procédure a été classée sans suite et une nouvelle
délibération a été prise en date du 8 septembre 1998 pour la réalisation du complexe piscine-
patinoire-bowling. La communauté a alors fait appel pour ce chantier à divers prestataires : un
assistant à la maîtrise d’ouvrage, un maître d’oeuvre, un coordonnateur sécurité et protection
de la santé (SPS), un assistant ordonnancement pilotage-coordination (OPC).
La procédure de passation des marchés s’est alors déroulée normalement. Le marché
confiant la mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage à la société CD2I a été approuvé le
8 octobre 1999 et le marché de maîtrise d’oeuvre a été attribué le 4 juillet 2000, pour un
montant de 1 929 836,86 €, au cabinet Structure et Architecture Marc Mimram.
Le marché
« ordonnancement-pilotage-coordination (OPC) » a été notifié le
20 novembre 2001 à la société Ouest coordination pour un montant hors TVA de 680 000 F
(103 665 €).
Le conseil communautaire a accepté à l’unanimité, le 19 mars 2002, le dossier de
consultation des entreprises et a opté pour l’organisation d’un appel d’offres ouvert par lots
séparés (28 lots) pour la passation du marché de travaux. Ce marché a été notifié le
8 avril 2003 à l’entreprise attributaire.
Le chantier s’étant prolongé au-delà de la date d’achèvement prévue, les prestataires
ont continué à travailler au-delà des stipulations de leur contrat. La priorité des élus de la
collectivité étant de terminer le chantier, la communauté a réglé les prestations exécutés dans
ce cadre sur la base d’avenants, (dont l’un
(10)
a été refusé par le contrôle de légalité en raison
de sa caractère rétroactif), et par des conventions transactionnelles. Pour couvrir les
prestations à venir, la communauté a passé des marchés complémentaires.
Saisie de ces conventions par le préfet de la Seine-et-Marne, en application de l’article
L. 234-2 du code des juridictions financières, la chambre a constaté, par deux avis en date du
23 août 2007 et du 13 décembre 2007, que certaines modalités de passation des marchés
complémentaires n’étaient pas conformes aux dispositions du code des marchés publics et que
les transactions d’assistance de maîtrise d’ouvrage d’une part et de maîtrise d’oeuvre d’autre
part étaient irrégulières, ne comportant aucune concession financière de la part des
prestataires.
(10)
Avenant n° 2 à la mission OPC.
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20/26
Le marché de maîtrise d’oeuvre attribué, le 4 juillet 2000, au cabinet Structure et
Architecture MIMRAM pour un montant de 1 929 836,86 €, a fait l’objet huit jours plus tard
d’un avenant signé le 12 juillet 2004 par le maître d’oeuvre, qui a fixé à la somme de
2 452 456,31 € HT le montant de la rémunération définitive de ce dernier.
Cette rémunération a de nouveau été augmentée par une délibération en date du
28 juin 2007. Il est indiqué que «
pour divers motifs non imputables au maître d’oeuvre, le
chantier de construction de cet ouvrage a connu un déroulement chaotique et un allongement
considérable de sa durée
» et qu’il lui sera versé un dédommagement de 741 400 €
« correspondant à une réception de l’ouvrage différée »
.
Sur cette base, le montant de la transaction, déterminé par la délibération du
28 juin 2007, s’est élevé à 300 000 €, ce qui renchérit le montant du marché initial de
12,23 %. Ce surcoût cumulé avec le coût des autres avenants est de 822 619,46 € et représente
42,63 % du montant du marché initial.
Il est rappelé qu’un marché initial d’ordonnancement-pilotage-coordination (OPC),
confié à Ouest Coordination, d’un montant hors TVA de 680 000 F
(11)
(103 665 €), a été
notifié le 20 novembre 2001, pour une durée de réalisation des travaux prévue par l’acte
d’engagement de 28 mois, y compris deux mois de préparation.
En tout état de cause, le retard de l’achèvement des travaux a nécessité la passation
des conventions suivantes : un avenant n° 1 de janvier 2005 renforçant la mission pour la
période de décembre 2004 et janvier 2005, d’un montant de 3 787 € HT ; un marché
complémentaire n° 1 de novembre 2005 prolongeant la mission jusqu’au 31 décembre 2005
d’un montant de 25 200 € HT ; une transaction n° 1 d’octobre 2005 augmentant la mission du
coordonnateur pour la période de février à fin juin 2005 d’un montant de 10 414 € HT ; une
transaction n° 2 de juin 2006 reportant la date d’achèvement des travaux à fin avril 2006 d’un
montant de 21 611 € HT ; une transaction n° 3 d’avril 2007 reportant les travaux à fin avril
2007 d’un montant de 28 205 € HT ; un marché complémentaire n° 2 de juin 2007
prolongeant les travaux du 1
er
mai au 31 décembre 2007 d’un montant de 16 141 € HT.
Le montant des modifications apportées au marché OPC est présenté en annexe
(annexe n °2), et s’établit à 209 022 €, soit un dépassement de + 101,6 % du montant initial.
La société Ouest coordination aura ainsi bénéficié sur l’ensemble de la période, d’un
doublement de sa rémunération en raison du retard pris dans les travaux alors que son titulaire
avait précisément pour tâche de veiller à la planification des travaux et au contrôle des délais
conformément à l’article 4-1 du CCTP.
En ce qui concerne la mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage (société CD2I),
dont le marché de base a été approuvé le 8 octobre 1999, les transactions n° 2 de septembre
2007 prolongeant la mission du 1
er
mai 2006 au 30 avril 2007 et n° 3 de septembre 2007
prolongeant la mission du 1
er
mai au 31 décembre 2007, approuvées en séance du
28 juin 2007 du conseil communautaire, succèdent à un marché complémentaire couvrant la
réalisation du chantier jusqu’à fin décembre 2005 et à une transaction n° 1 couvrant la
réalisation du marché jusqu’à fin avril 2006. L’ensemble de ces documents fait apparaître des
dépassements de 197 406 € (+ 45,51 %).
(11)
Le montant arrondi de la mission OPC était basé sur 1 752 heures de travail facturées à 390 F HT.
S2 – 2090146 / VA
21/26
La chambre constate qu’un marché complémentaire qui ne prévoyait pourtant aucune
prestation nouvelle par rapport au marché initial, s’est limité à prévoir sept mois
supplémentaires de travail, sur la base du taux horaire prévu initialement
(12)
.
Elle note qu’un tel dispositif ne relève pas du concept de marché complémentaire dès
lors que ladite convention comporte les mêmes prestations que le marché initial et que les
délais n’ont pas été respectés. Cet acte a finalement permis de rémunérer le cocontractant une
deuxième fois pour la même prestation du seul fait que les délais n’étaient pas respectés. Or,
aucun élément ne permet de mesurer précisément en quoi, et dans quelles proportions,
l’allongement de la durée des travaux a augmenté le temps passé par la société Ouest
coordination pour réaliser sa mission.
Ce marché complémentaire passé par la communauté renchérit donc de 16 140,98 € le
montant du marché initial, soit de 15,57 %. Ce surcoût, cumulé avec les autres avenants,
transactions et marché complémentaire est de 105 356,65 € et représente 102 % du montant
du marché initial.
Le délai du chantier ayant été prolongé, les transactions n
os
2 et 3 concernant
l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, attribuée à la société CD2I ont aussi régularisé une
mission complémentaire d’assistance du 1
er
mai 2006 au 30 avril 2007, puis du 1
er
mai au
31 décembre 2007.
Les transactions n
os
2 et 3 renchérissent de 17 % (23 324,68 €) le montant du marché
initial. Ce surcoût, cumulé avec les autres transactions et marché complémentaire est de
61 741,80 € et représente 45,51 % du montant du marché initial.
La communauté précise toutefois, que conformément aux avis rendus par la chambre
régionale des comptes les 23 août 2007 et 13 décembre 2007, elle a ultérieurement, par
délibération du 23 septembre 2008, refusé d’acquiescer à l’ensemble des transactions
proposées sur ce marché. Elle précise que le cabinet MIMRAM a déposé un recours au
tribunal administratif de Melun.
5.2.2 La réalisation des travaux
Si la construction du bâtiment a été terminée en 2006, il n’est toujours pas ouvert au
public en 2009, soit près de 12 ans après l’étude de définition de novembre 1996 et plus de
cinq ans après le début des travaux.
Dans sa plaquette de présentation du complexe datée de décembre 2006, le président
mentionne les difficultés rencontrées pour la réalisation du chantier et impute la longueur des
délais de réalisation à « la complexité d’un équipement multiple » tout en affirmant que « ce
chantier hors norme » est aujourd’hui dans sa phase finale de réalisation, l’ouverture étant
alors annoncée pour 2007.
D’autres raisons expliquent cette dérive des délais de réalisation qui a entraîné les
retards considérables constatés aujourd’hui.
(12)
Soit 9 h / semaine x 4,33 x 7 mois x 59,17 € HT.
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En premier lieu, du fait de la longueur de la passation des marchés, les travaux n’ont
réellement commencé qu’en 2004, voire en 2005, alors qu’il était prévu un début des travaux
en novembre 2001 pour un achèvement et une ouverture programmés respectivement en mars
2004 et en 2005.
En second lieu, les entreprises qui disposaient de 28 mois pour la réalisation des
travaux ont rencontré des difficultés techniques qui ont en partie leur point de départ dans
l’absence de réalisation des lots par diverses entreprises mais ont été surtout concentrées dans
le pilotage et la conduite de l’opération.
Ces difficultés de la conduite et du pilotage de l’opération sont d’autant plus
inattendues que la conduite de l’opération avait été confiée comme indiqué ci-dessus, non
seulement à un assistant au maître d’ouvrage et à un maître d’oeuvre, comme il est classique,
mais aussi à un coordonnateur de travaux et à un conducteur d’opération ainsi qu’à un comité
de pilotage.
Ce comité de pilotage composé de sept membres titulaires (maire de chaque commune
membre du district) et de sept membres suppléants (élu de chaque commune membre) était
chargé d’assurer un suivi précis de l’exécution des travaux, aux termes de la délibération du
4 juillet 2000 qui en a décidé la création. Mais, c’est justement en partie à cause des
dissensions dans le pilotage du chantier que celui-ci a pris un tel retard.
A partir de la mi-2006, le bâtiment achevé et aménagé à plus de 85 % a été laissé à
l’abandon pendant plusieurs mois. A la suite des réunions de chantier à l’automne 2007, les
décisions concernant l’opération ont été ajournées et la maîtrise d’ouvrage n’a ainsi pu
prendre les décisions opérationnelles pour la poursuite du chantier (appels d’offres pour des
lots complémentaires, réception des travaux à échéance de parfait achèvement).
L’ensemble des maintenances (traitement de l’air, de l’eau, du froid, des végétaux
extérieurs et intérieurs) n’étant pas assurées depuis près de deux ans, des dégâts importants
ont été constatés lors de la réunion de chantier du 31 octobre 2007. Ils ont été jugés
« irréversibles s’agissant des dégâts concernant les peintures, plinthes, faux plafonds,
appareillages électriques et ascenseurs par suite d’une condensation importante de l’eau ». De
surcroît, des végétaux installés dans la serre tropicale intérieure ont subi les conséquences de
ces variations hygrométriques et calorifiques et sont à remplacer.
Le président en fonctions de la communauté fait observer que l’ancien ordonnateur,
maître d’ouvrage, n’a pas réagi à la convocation du maître d’oeuvre et ne s’est ni présenté ni
fait représenter lors de la réunion de réception des travaux : celle-ci est donc intervenue
tacitement le 6 décembre 2006 dans la mesure où le maître d’ouvrage n’avait pas réagi dans le
délai légal de 45 jours prévu par le CCAG (cahier des clauses administratives générales).
Il déplore que le maître de l’ouvrage ait laissé passer l’année de parfait achèvement
(13)
sans se manifester si bien que, depuis le 6 décembre 2007, les entreprises sont dégagées de
toute responsabilité envers le maître d’ouvrage, alors même que toutes les réserves n’ont pas
été levées.
(13)
En matière immobilière, les entreprises sont tenues d’assurer plusieurs garanties dont la garantie de parfait achèvement qui dure un an à
compter de la réception et engage la responsabilité contractuelle de l’entrepreneur en prenant en considération la réparation des travaux ayant
fait l’objet de réserves, les finitions ainsi que les prestations prévues aux marchés non encore exécutées.
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Pour l’ancien président, conseillé par l’assistant à maître d’ouvrage, il convenait au
contraire de ne pas procéder à la réception du chantier. Il précise que « néanmoins,
l’architecte a voulu, à toutes fins utiles, procéder à la réception du chantier, ce qui paraissait
prématuré puisque les réserves étaient importantes et nombreuses pour un grand nombre
d’entreprises cette pratique paraissant au demeurant peu conforme aux règles et habitudes de
la profession ».
Sans prendre parti entre ces différents points de vue, la chambre note cependant que
l’existence de réserves semble contredire le constat d’une « tacite » réception des travaux,
d’autant plus qu’il est indiqué dans le document
(14)
transmis en réponse aux observations
provisoires. qu’« une réception partielle des travaux, assortie de multiples réserves, a
néanmoins eu lieu le 6 décembre 2006. Plusieurs lots n’ont à ce jour pas été réceptionnés, et
les réserves n’ont pu être levées ».
5.2.3 Le coût pour les finances communautaires
Au 14 novembre 2007, l’enveloppe financière des marchés de travaux (marché initial
+ marché complémentaire + avenant) conclus par la communauté pour la réalisation du
complexe était arrêtée à 29 824 700 € et à un montant de révision estimé à 1 863 183 € soit un
total de 31 687 884 €.
A la même date, le montant final des marchés passés avec l’assistant à maîtrise
d’ouvrage, le maître d’oeuvre, le coordonnateur sécurité (SPS) et l’assistant OPC a été arrêté à
3 941 195 €, les transactions et avenants passés représentant 18 % des marchés initiaux ;
d’autres prestataires ont entrainé des débours chiffrés à 1 472 696 €.
Au total, au 14 novembre 2007, le coût total de la construction du complexe était
estimé par les services de la communauté à 37 101 775 €, soit un coût plus de quatre fois
supérieur au coût estimé en novembre 1996.
Ce montant des débours est encore provisoire, n’incluant pas les coûts importants de
remise en état et de finition du complexe que la communauté devra encore prendre en charge
avant de confier sa gestion à un délégataire, dont la désignation a été reportée sine die à la
suite de l’annulation pour vice de forme des procédures en cours.
Pour le financement des travaux, un emprunt d’une durée de 18 ans avec un
remboursement différé sur trois ans du capital et des intérêts a été contracté avec une mise à
disposition des fonds suivant les besoins de trésorerie. La communauté envisage en 2008 de
rembourser par anticipation l’encours d’emprunt mobilisé de manière manifestement
prématurée pour financer le complexe piscine-patinoire-bowling.
Il semble, par ailleurs, que les prévisions de fréquentation du complexe (280 entrées
par jour pour la piscine) aient été très optimistes, cet équipement de loisirs étant implanté dans
un bassin de vie limité à 11 000 habitants (prévision de 15 000 habitants en 2015). Sur la base
des hypothèses de fréquentation précitées, les services de la communauté estiment que
l’exploitation du complexe générerait un déficit annuel de 100 000 €.
(14)
Mémoire en défense pour l’EPCI contre l’architecte dans la procédure en cours devant le tribunal administratif de Melun.
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24/26
6. LA SITUATION FINANCIERE
Compte tenu de l’importance considérable des rentrées fiscales (taxe professionnelle)
liées à la proximité de l’aéroport de Roissy, la situation financière de la communauté est
florissante.
6.1. Les produits et les charges d’exploitation
L’évolution des produits et charges d’exploitation sur la période 2002-2006 figure
ci-après en annexe n° 4. Sur cette période, les recettes réelles de fonctionnement de la
communauté de communes sont en augmentation mesurée mais constante. Le résultat net a
progressé de 37 % au cours de la période avec des produits qui dépassent largement les
charges. En effet, même en intégrant les reversements de fiscalité auprès des communes, les
charges ne représentent que la moitié des produits.
La capacité brute d’autofinancement (CAF) permet de financer l’investissement et
d’avoir moins recours à l’emprunt : elle reste élevée malgré une baisse entre 2004 et 2005 et
constitue plus de 60 % du total des produits.
Avec de telles marges de manoeuvre, il serait difficile à la communauté de connaître
une situation défavorable, compte tenu de la modicité des autres investissements réalisés sur
la période, même si le budget d’investissement a connu une augmentation sensible récemment
avec la construction du complexe piscine-patinoire-bowling.
6.1.1 La taxe professionnelle de zone
La communauté de communes est un établissement public de coopération
intercommunale (EPCI) à fiscalité additionnelle.
L’organisation budgétaire de la communauté s’articule autour de la répartition de la
taxe professionnelle de la zone (TPZ)
; (article 1609 quinquies C – II du code général des
impôts (CGI)) qui est un régime de taxe professionnelle unique (TPU) partielle.
Dans cette configuration, un taux unique de taxe s’applique sur le territoire d’une zone
d’activités économiques (ZAE). Sur le reste du territoire de l’ECPI, chaque commune
détermine librement son taux de taxe et en perçoit directement le produit.
Le groupement perçoit aussi une part additionnelle aux quatre impôts directs locaux
sur la partie du territoire hors zone et la totalité de la TP sur la partie du territoire situé sur la
ZAE (zones aéroportuaires de Roissy – Charles de Gaulle situées sur les territoires des
communes de Mauregard et le Mesnil-Amelot) ;
Ce régime particulier n’incite pas à l’harmonisation des politiques des communes
entre elles et avec la communauté elle-même. Il est donc indispensable que la communauté
s’assure d’une stratégie financière et fiscale à moyen terme en liaison avec les politiques
fiscales et financières des communes membres.
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Les bases d’imposition de la taxe professionnelle de zone ont fortement augmenté au
cours de la période sous revue.
Tableau n° 4 - Evolution de la taxe professionnelle de zone (en euros)
2002
2003
2004
2005
2006
2007
Bases d’imposition
26 022 000
25 156 000
24 720 000
26 389 000
28 919 000
29 981 000
Taux
7,32
7,32
7,95
7,95
8,15
8,79
Produit fiscal
1 904 810
1 841 419
1 965 240
2 097 926
2 356 899
2 635 330
Source préfecture
En réponse, l’ordonnateur tient à préciser que si les recettes de taxe professionnelle
sont élevées, le taux de la taxe est en revanche modéré : en 2007, il était de 8,79 %, pour plus
de 12 % sur le territoire voisin de la communauté de communes de Roissy.
En 2006, le produit des quatre taxes additionnelles à la fiscalité locale et de la TPZ
représentait 5 323 222 €. S’agissant des quatre taxes, tous les taux ont augmenté fortement et
même, pour certains, doublé au cours de la période. S’agissant de la TPZ, ils sont restés
stables jusqu’en 2005 et progressent de 2,52% en 2006 (cf. tableau en annexe n° 5).
6.1.2 La dotation solidarité communautaire (DSC)
Conformément à l’article L. 1609 nonies C du code général des impôts (CGI) dans sa
rédaction postérieure à la loi du 13 août 2004, la communauté verse aux communes membres
une dotation de solidarité communautaire sur la base d’une délibération du 21 octobre 2004.
Fixée au titre de l’année 2004 à 18,6035 % de la TPZ, elle est passée à 45,2713 % de
la TPZ en 2006.
Tableau n° 5 - Evolution de la dotation de solidarité communautaire
DSC
2004
2005
2006
Taux (% de la TPZ)
18,6035 %
19,6176 %+7,1499 %*
45,2713 %
Montant total versé, en euros
365 604
561 563
1 067 000
* taux votés en juin et septembre 2005 ; Données registre des délibérations du conseil communautaire de la plaine de France.
La collectivité n’a pas précisé dans ses statuts les critères de répartition de la dotation
de solidarité communautaire entre les bénéficiaires. Pour moitié, la dotation est
proportionnelle à la population et pour moitié inversement proportionnelle au potentiel fiscal.
Selon le procès verbal du conseil communautaire du 1
er
juin 2006, la dotation s’élève à
1 067 000 € pour l’ensemble des huit communes. Elle a été augmentée afin de compenser le
reversement des communes au budget annexe déficitaire de l’eau.
La chambre relève l’importance des dépenses de redistribution dans le budget de la
CCPF. Ainsi pour l’année 2005, l’ensemble des transferts aux communes (c/6554, 6557,
73563 [atténuation de produits]) représente un montant d’environ 1,5 M€ (30 %) de recettes
de la communauté.
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La contribution effective de la dotation de solidarité communautaire à la création d’un
« espace de solidarité » de la plaine de France est donc incontestable. Cependant, dans la
mesure où le supplément de taxe professionnelle provenant de la croissance des bases est en
grande partie restitué pour permettre de subventionner indirectement le budget eau, la
communauté se prive ainsi des moyens de développer le financement de politiques
intercommunales.
6.2. Les investissements
Le tableau des emplois et ressources d’investissement figure ci-après en annexe n° 6.
Ceux-ci sont très concentrés, depuis 2005, sur la réalisation du complexe
piscine-patinoire-bowling (14 M€).
La communauté a utilisé la possibilité offerte par les articles L. 2311-3 et R. 2311-9
du CGCT d’individualiser en opérations ses projets d’investissement.
Cependant, la réalisation du complexe qui est l’exemple même d’une opération qui
aurait pu être traitée en AP/CP
(15)
au vu de l’importance des montants engagés ainsi que du
financement nécessaire, a été suivie de manière ordinaire.
La prévision de la réalisation d’un emprunt de 15 M€ (deux contrats) pour participer à
l’équilibre financier de cet équipement et sa mobilisation réalisée sur deux exercices aurait pu
être mieux appréhendées par le biais d’une autorisation de programme.
Compte tenu des retards pris par la livraison de ce complexe prévue en 2004 et encore
non effectuée en 2008, cette modalité de suivi aurait permis une gestion plus fine des
prévisions budgétaires au fur et à mesure de la réalisation des travaux ainsi qu’une meilleure
adéquation des recettes aux dépenses nécessaires sur un exercice, sans immobiliser des crédits
qui auraient pu être employés pour d’autres dépenses d’équipement.
Ainsi, bien que l’emprunt ait été mobilisé, un faible montant de dépenses
d’équipement a été réalisé et le compte au Trésor comporte un solde inutilement débiteur de
près de 20 M€ depuis juin 2007.
(15)
Autorisations de programme, crédit de paiement
S2 – 2090146 / VA
1/6
ANNEXE n° 1
Evolution des produits et des charges entre 2002 et 2005
Montants en milliers d'euros
2002
2003
2004
2005
2006
73 Impôts et taxes, dont
3 145
3 378
3 984
3 876
4 282
74 Dotations et participations
2 655
3 664
4 011
4 330
4 470
75 Autres produits
79
53
37
39
222
77 Produits exceptionnels
9
12
17
0
Produits
5 888
7 107
8 049
8 245
10 042
739 Reversement de fiscalité*
561
1 067
60 Achats
696
696
681
640
923
61 Services extérieurs
581
1 189
550
754
773
62 Autres services extérieurs
249
242
121
131
138
63 Impôts et taxes dont
3
3
4
4
5
64 Personnel
110
110
160
201
201
65 Autres charges
346
1 012
1241
1 447
968
66 Charges financières
266
566
67Charges exceptionnelles
3000
17
19
1
68 Dotations amort. et prov.
156
107
25
Charges
1 985
6 252
2 930
4 130
4 667
011 Achats et charges externes
1 526
2 127
1 352
1 525
1 694
012 Charges de personnel
110
110
160
201
204
Résultat net
3 903
855
5 119
4 115
5 375
Données compte de gestion
* le reversement de la fiscalité correspond à la DSC
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2/6
ANNEXE n° 2
Montant des modifications apportées au marché OPC
Marché et modifications
Montants en euros HT
Marché de base notifié le 20/11/01
103 665
Avenant n°1
3 787 (+ 3,6 %)
Marché complémentaire n° 1
25 200
Transaction n° 1
10 414
Transaction n° 2
21 611
Transaction n° 3
28 205
Marché complémentaire n° 2
16 141
TOTAL
209 022 (+ 101,6 %)
Mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage
Marchés et modifications
Montants en euros
Marché de base
135 664
Marché complémentaire
27 441
Transaction n° 1
10 976
Transaction n° 2
12 348
Transaction n° 3
10 976
TOTAL
197 406 (+ 45,51 %)
S2 – 2090146 / VA
3/6
ANNEXE n° 3
Evolution annuelle du prix du mètre cube d’eau (moyenne des communes)
2002/2001
2003/2002
2004/2003
2005/2004
Part du délégataire
+2,83%
+3,50%
+2,96%
+2,63%
Part de la collectivité
(Redevance communautaire)
0%
+33,51%
+72,68%
+49,17%
Organismes publics
(Agence de l’eau)
-2,63%
+3,96%
+1,12%
+1,79%
Prix ttc du litre d’eau potable (yc abonnement)
Non fourni renvoi à la
formule tarifaire
contrat de DSP
+6,42%
+9.43%
+10,33%
Prix ttc du litre d’eau potable (yc
abonnement)
Non fourni renvoi à
la formule tarifaire
contrat de DSP
S2 – 2090146 / VA
4/6
ANNEXE n° 4
Evolution du prix du mètre cube d’assainissement
2001/2000
2002/2001
2003/2002
2004/2003
2005/2004
Part du délégataire
+2,17%
Absence de
données
+7,11%
+3,31
+2,46%
Part de la collectivité
(Redevance communautaire)
0,0%
Absence de
données
+49,50%
+102,49%
0,0%
Organismes publics
(Agence de l’eau)
-
-
-
-
-
Prix ttc du m3 Assaini
(yc abonnement)
Non fourni renvoi à
la formule tarifaire
contrat de DSP
Absence de
données
+12,67%
+20,69%
+1,74%
S2 – 2090146 / VA
5/6
ANNEXE n° 5
Les quatre taxes additionnelles à la fiscalité locale et de la TPZ
2003
2004
2005
2006
(en euros)
Taux
Taux
Produits
Taux
Produits
Taux
Produits
Taxe d’habitation
3,82
4,81
350 505
5,25
393 908
6,66
521 678
Foncier bâti
2,09
2,63
1 352 162
2,87
1 504 138
3,64
1 974 263
Foncier non bâti
4,36
5,49
23 080
5,98
26 025
7,58
27 174
Taxe professionnelle
1,18
1,5
275 355
1,71
324 832
2,40
443 208
Taxe professionnelle de zone
7,95
7,95
1 965 240
7,95
2 097 926
8,15
2 356 899
S2 – 2090146 / VA
6/6
ANNEXE n° 6
Emplois et ressources d’investissement
(exercices 2002 à 2006)
En milliers d’€
2002
2003
2004
2005
2006
Total Ressources d’investissement
2 049 €
11 974 €
5 441 €
16 283 €
12 601 €
Emprunts bancaires
0 €
0 €
3 000 €
12 000 €
Subventions reçues
165 €
9 €
872 €
1 533 €
Dotations, fonds divers, réserves
1 566 €
11 789 €
244 €
2 634 €
12 599 €
Cessions
0 €
0 €
1 056 €
9 €
Amortissements des immobilisations
318 €
176 €
113 €
0 €
2 €
Total Emplois d’investissement
3 016 €
7 210 €
14 627 €
14 256 €
4 800 €
Dépenses d’équipement
2 698 €
5 174 €
14 515 €
14 005 €
4 196 €
Créances sur transfert
318 €
177 €
112 €
8 €
Emprunts
0 €
0 €
0 €
243 €
604 €
Subventions d’investissement
0 €
15 €
0 €
0 €
Immobilisations affectées
0 €
1 844 €
0 €
0 €
Besoin ou capacité de financement
- 967 €
4 764 €
- 9 186 €
2 027 €
7 801 €