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WALTER François

Né le 30 avril 1904 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), décédé le 2 juin 1998 à Paris (15ème).

Fils de Siegfried Walter (Brünn, Autriche (Brno, Tchéquie), 8/8/1863-ap. 1925), représentant de fabriques, vice-président de la chambre de commerce austro-hongroise de Paris en 1913, de nationalité autrichienne, puis tchèque, naturalisé français en 1925, et d’Alice Dreyfus (Rouen, Seine-Maritime, 11/8/1874-ap. 1922 ?), mariés le 20 mars 1899 à Paris (8ème).

Petit-fils de Salomon Walter (? -av. 1899) et de Marie Steiner (? -av. 1899), mariés avant 1863. Petit-fils d’Ernest Dreyfus (Altkirch, Haut-Rhin, 12/11/1844-av. 1899), négociant et manufacturier à Rouen, et de Maria Dreyfus (Vienne, Autriche, 29/6/1852-ap. 1899), mariés le 20 octobre 1873 à Genève (Suisse). Ses grands-parents maternels, alsaciens, se sont installés en Normandie après 1871 pour demeurer français.

Arrière-petit-fils paternel de Paul Raphael Dreyfus (Frœningen, Haut-Rhin, 27/6/1812-10/10/1877 Rouen), négociant manufacturier, et de Julie Bloch (Porrentruy, Suisse, 5/10/1816-10/6/1884 Paris), fille de Félix Bloch, banquier, mariés le 19 janvier 1836 à Altkirch. Arrière-petit-fils maternel de Maurice Dreyfus (Luemschwiller, Haut-Rhin, 6/12/1819-1905 ?), fabricant d’horlogerie à Genève, et de Charlotte Guttmann (Offenbach, Allemagne, 11/3/1828-1913 ?), mariés avant 1852.

Frère cadet de Marie-Jeanne Walter (Paris 25/3/1901-2/6/1980 Paris 4ème), mariée le 9 novembre 1922 à Paris (9ème) à Marcel Durry (1895-1958), professeur agrégée en 1923, docteur ès-lettres, révoquée en 1941, première femme professeur à la Sorbonne en 1947, membre de la Société Chateaubriand, directrice de l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres en 1956, Grand Officier de la Légion d’honneur.

Epouse le 25 septembre 1928 à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes) Julienne Pauline Isidorine Van Den Eeckhoudt, dite Zoum, (Ixelles, Belgique, 9/4/1902-21/6/1974 Paris 6ème), artiste-peintre, fille de Jean Van den Eeckhoudt (Bruxelles 1875-1946 Rixensart, Belgique), peintre bruxellois, et de Jeanne Verheyden, mariés en 1898, amis d’André Gide et du groupe de Bloomsbury.

Petite-fille d’Isidore Verheyden (Anvers, Belgique 23/1/1846-1/11/1905 Ixelles), peintre, professeur à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, membre de l’Académie de Belgique.

Arrière-petite-fille de Jean François Verheyden (Louvain, Leuven, Belgique, 1806-1889 Bruxelles), peintre.

Père de Sylvie (1936-1958) comédienne, élève de Charles Dullin. Deux enfants adoptés en 1959.

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Licencié en droit, diplômé de l'Ecole Libre des Sciences Politiques, deuxième prix de la section économique et financière.

Reçu deuxième au concours de 1928, auditeur de 2ème classe le 10 décembre 1928, de 1ère classe le 2 mai 1930. Chargé de mission au cabinet du ministre de l'Instruction Publique Anatole de Monzie de juin à décembre 1932 et le 14 novembre 1933, pour une enquête sur l'organisation de ce département ministériel. Chroniqueur de la revue Europe de Jean Guéhenno sous le pseudonyme de Pierre Gérôme. Initiateur, membre et secrétaire du comité de vigilance des intellectuels antifascistes de 1934 à 1936, rédacteur de l’appel. Conseiller référendaire de 2ème classe le 4 juin 1936, membre de la commission de réforme de la comptabilité matière du ministère de la Guerre en 1936. Chef de la mission de réorganisation administrative auprès du ministère de l’intérieur en 1939. Chargé de cours de comptabilité à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer en 1939. Mobilisé quelques mois en 1940, canonnier, revient à la Cour, suspendu de ses fonctions en décembre 1940, révoqué par le régime de Vichy par arrêté du 15 juillet 1942, en application des actes dit lois du 3 octobre 1940 et du 2 juin 1941 portant statut des juifs (la décision porte « admis à cesser ses fonctions à compter du 20 décembre 1940 »). Quitte Paris pour le Midi, puis l’Afrique du Nord, participe à la libération de la Corse en 1942. Sous-directeur au commissariat aux finances du comité français de la Libération nationale le 1er novembre 1943 à Alger, chef de la mission financière de ce comité à Londres le 1er février 1944. Il y rencontre John Maynard Keynes, qui lui inspire son ouvrage « Pour une économie de paix ». Réintégré par arrêté du 20 septembre 1944, rapportant « les dispositions de l’arrêté du 15 juillet 1942 aux termes duquel M. Walter, conseiller référendaire à la Cour des comptes, a été placé dans la position prévue par l’article 7 de la loi du 3 octobre 1940 et par l’article 7, paragraphe 8 de la loi du 2 juin 1941 portant statut des juifs ». Contrôleur financier auprès des missions françaises en Grande-Bretagne le 2 décembre 1944, conseiller référendaire de 1ère classe le 20 décembre 1944. Directeur de l’Information et de la Documentation à l'administration centrale du ministère des Colonies le 15 mai 1945. Réintégré à la Cour le 14 janvier 1947, mis à la disposition de la direction des finances extérieures pour l’étude du rattachement économique de la Sarre jusqu’au 31 décembre 1947. Chargé de mission au cabinet du ministre des Finances et des Affaires Economiques Henri Queuille le 22 décembre 1948, puis attaché au cabinet du ministre des finances et des affaires économiques Maurice Petsche le 14 janvier 1949. Conseiller à la direction économique de l’Organisation Européenne de Coopération Economique le 30 mars 1949, puis directeur économique. Conseiller maître le 19 mai 1953, allocataire de recherche au CNRS du 1er juillet au 30 septembre 1955, président de la section du crédit de la commission de vérification des comptes des entreprises publiques, membre de la Commission de contrôle des banques. Refuse d'être proposé comme président de chambre. Bénéficiaire de la loi « Cassin » du 25 mars 1952 sur le report de la limite d’âge. Honoraire le 28 mars 1977.

Extrait de son éloge par le Procureur général Crépey : « (…) Très vite, il se distingua par la perspicacité et l’originalité de ses vues (…) le souvenir est resté d’un important rapport qu’il présenta, en novateur, sur la caisse des dépots et consignations, et qui fit quelque bruit. (…) Très tôt, François Walter fut de ceux qui discernèrent dans l’éclosion et la montée du fascisme en Italie, du nazisme en Allemagne, l’apparition de menaces confuses, puis d’année en année plus redoutables. Sans militer dans aucun parti politique, il devint l’un des chroniqueurs de la revue Europe, et c’est à cette époque qu’il noua un rôle décisif dans le comité de vigilance des intellectuels antifascistes. (…) François Walter compte parmi les hommes dont on ne peut que reconnaitre la personnalité hors du commun. Une liberté d’esprit constante ; le sens critique le plus aigu ; l’intelligence la plus attentive à ne rien laisser dans l’ombre de tous les aspects d’un problème, et de ceux même qui semblent contredire à son inclination et à son jugement premiers ; un art extrême de la présentation et un style très personnel, en même temps que précis, épousant tous les mouvements et les détours d’une pensée subtile. (…) Pour avoir pensé que beaucoup de jeunes français souffraient de certaines insuffisances de notre système scolaire, il avait entrepris un combat difficile, obstiné, pour leur défense, dont porte témoignage un livre : Rebâtir l’école. C’est alors qu’il refusa d’être proposé pour une présidence de chambre, parce qu’il ne croyait pas pouvoir concilier les tâches de cette fonction avec l’action qu’il menait par ailleurs. (…). »

Domicile : 13, rue Molitor (16ème), 6 bis, rue de l’Abbaye (6ème), 86, rue de la Fédération (15ème).

Publications : Sous de pseudonyme de Pierre Gérôme : Les prétentions sociales du fascisme, Paris 1934 ; L’hitlérisme en Allemagne et devant l’Europe, Paris 1937 ; La presse et Franco, Paris 1937. Sous le nom de François Walter : Pour une économie de paix, Londres, Société des éditions de la France libre, août 1944. Rebâtir l’école, Payot 1967 (avec Marcel Bataillon et André Berge). Nombreux articles économiques dans les Cahiers de l'Institut de Science et d'Economie Appliquées de François Perroux, Consacre un ouvrage à son épouse, peintre de renom. Ami d’André Gide, et des intellectuels anglais du groupe de Bloomsbury.

Iconographie : portrait par son beau-père au musée de Liège.

Officier de la Légion d’honneur le 18 août 1952.