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LIOTARD-VOGT Gustave Jules

Né le 13 février 1833 à Nîmes (Gard), décédé le 11 juillet 1922 à Montmorency (Val-d’Oise).

Fils d’Adolphe Agricol Auguste Liotard (Nîmes 3 vendémaire an XIV, 23/9/1805-15/10/1835 Nîmes), professeur de langues, et de Justine Vogt (Cauna, Espagne, 12/2/1808-20/4/1901 Paris 9ème), mariés le 16 novembre 1829 à Nîmes.

Petit-fils de Jean Antoine Agricol Liotard (Avignon, paroisse Saint-Agricol, Vaucluse, 3/6/1780-17/3//1860 Nîmes), enseignant de mathématiques, franc-maçon orateur à la loge « La Parfaite amitié » orient de Nîmes, en 1808, puis maître de pension, puis conservateur de la bibliothèque de la ville de Nîmes, secrétaire de la commission des travaux publics de Nîmes, membre de l’académie du Gard, et de Dorothée Augustine Hacquart (Tarascon, Gard, 19/4/1787-11/9/1869 Nîmes), mariés le 3 brumaire an XIII, 25 octobre 1804, à Nîmes. Petit-fils de Frédéric (Fritz) Charles Vogt (Colmar ? -ap. 1829  Egypte ?), lieutenant-colonel d’infanterie, employé dans les troupes du vice-roi d’Egypte, officier de la Légion d’honneur en 1823, et de Thérèse Paw (? -ap. 1829 ?), mariés avant 1808.

Arrière-petit-fils de Balthazard Liotard (? -ap. 1804 ?) et de Marie Charlotte Demigneaux (Avignon ? -av. 1804), mariés avant 1780. Arrière-petit-fils de Jean Michel Hacquart (Saint-Remezy-de-Poissy, Aisne, 1731 ? - 25/2/1814 Nîmes), instituteur, et de Jeanne Suzanne Jacquenoud (Pays de Vaud, Suisse, 1747 ? -22/5/1818 Nîmes), mariés avant 1787 à Tarascon ?

Neveu de Charles Liotard, secrétaire général de la mairie de Nîmes

Frère d’Alfred Agricol Liotard-Vogt (Nîmes 1/3/1831-24/2/1909 Paris), capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion d’honneur en 1869, marié à Jeanne Josèphe Victoire Aménaïde Valentine de Montalbo-Tabarez. Par jugement du tribunal de première instance de Nîmes, le 26 août 1868, la famille obtient le droit de porter le nom patronymique Liotard-Vogt.

Épouse le 5 avril 1865 à Nîmes Jenny Juliette Ernestine Franc (Nîmes 7/7/1842-6/1917 Lyon), fille de Simon Edouard Franc (Massanes, Gard, 7 thermidor an VIII, 26/7/1800-ap. 1865 ?), veuf de Louise Anaïse Estannye, négociant, propriétaire, et de Joséphine Irma Liotard (Nîmes 30/5/1812-20/8/1849 Nîmes), mariés le 26 septembre 1832 à Nîmes, remarié le 21 janvier 1852 à Nîmes à Marie Marthe Cahous.

Petite-fille d’Honoré Elie Franc (? -ap. 1852 Massanes ?), propriétaire foncier, et de Victoire Fanny Durand (1772 ? -ap. 1852 Massanes ?), mariés le 22 octobre 1800 à Massanes. Petite-fille de Antoine Agricol Liotard (Avignon, Vaucluse, 3/6/1780-17/3//1860 Nîmes), enseignant, puis maître de pension, puis conservateur de la bibliothèque de la ville de Nîmes, secrétaire de la commission des travaux publics de Nîmes, membre de l’académie du Gard, et de Dorothée Augustine Hacquart (Tarascon, Gard, 19/4/1787-11/9/1869 Nîmes), mariés le 3 brumaire an XIII, 25 octobre 1804, à Nîmes.

Arrière-petite-fille de Joseph Franc (1728-av. 1800 Quissac, Gard), notaire, et de Marie Randon (? -ap. 1802 Massanes). Arrière-petite-fille de Jacques Simon Durand et de Madeleine Randon, mariés le 20 octobre 1771 à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard). Arrière-petite-fille de Balthazar Liotard (? –ap. 1804 ?) et de Marie Charlotte Demignaux (? -av. 1804), mariés avant 1780. Arrière-petit-fils de Jean Michel Hacquart (Saint-Remezy-de-Poissy, Aisne, 1731 ? - 25/2/1814 Nîmes), instituteur, et de Jeanne Suzanne Jacquenoud (Pays de Vaud, Suisse 1747 ? -22/5/1818 Nîmes), mariés avant 1787 à Tarascon ?

Nièce d’Ernest Emmanuel Liotard (Nîmes 1814-1888), chef de division à la préfecture du Gard, chevalier de la Légion d’honneur en 1868.

Sœur d’Albert Franc, chef de bureau à la préfecture du Gard.

Deux filles et un fils : 1) Irma Justine Eugénie (Nîmes 10/1/1866- ?), mariée le 5 octobre 1886 à Dijon (Côte-d’Or) Charles André Weiss (Mulhouse, Haut-Rhin, 30/9/1858-1928 La Haye, Pays-Bas), professeur de droit international à la faculté de droit à l’Université de Paris, président fondateur de l’académie internationale de droit comparé, vice-président de l’association française pour l’arbitrage entre nations, membre de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, vice-président de la Cour permanente de justice internationale, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, commandeur de la Légion d’honneur en 1927. 2) Valentine Henriette Madeleine (Montmorency, Val d’Oise, 19/1/1875- ?) épouse le 5 août 1902 à Paris (16ème) Walter William Thomas (1864-ap. 1933 ?), professeur à la faculté de lettres de l’Université de Lyon, chevalier de la Légion d’honneur en 1933, fils d’un industriel anglais, 3) Gustave Adolphe Adrien Alfred Liotard-Vogt (Nîmes 28/2/1869-1939 Dammarie-sur-Loing, Loiret), directeur général et administrateur de Nestlé, marié le 3 avril 1897 à Paris (16ème) à Blanche Elvire Aguet ( ?-av. 1922 ?), fille de Charles Gustave Aguet, directeur de la société Nestlé. Grand-père de Pierre Liotard-Vogt (Londres 1909-1987 Blonay, canton de Vaud, Suisse), président du groupe Nestlé.

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Elève au lycée de Nîmes, licencié en droit.

Surnuméraire de l’enregistrement le 23 février 1852, receveur le 24 septembre 1855 à Pontgibaud (Puy-de-Dôme), premier commis à Nîmes (Gard) le 3 novembre 1856, vérificateur à Paris le 28 juillet 1863. Sous-inspecteur le 31 juillet 1875, inspecteur au Puy (Haute-Loire) le 13 octobre 1877. Directeur de l’enregistrement à Privas (Ardèche) le 14 janvier 1882, puis à Dijon (Côte d’Or) le 14 juin 1882, administrateur à la direction générale le 23 juillet 1887. Directeur général de l’Enregistrement, des Domaines et du Timbre le 23 juillet 1891. Obtient, en qualité de commissaire du gouvernement devant les Chambres, la suppression du droit de greffe et la modification des taux des droits d’enregistrement sur les actes des cours et tribunaux. Prépare et applique le nouvel impôt sur les opérations de bourse créé par la loi du 28 avril 1893. Participe à plusieurs commissions extra-parlementaires, sur l’impôt sur le revenu, la cédule des valeurs mobilières, le cadastre et la réforme hypothécaire, les livres fonciers. Conseiller d’Etat en service extraordinaire le 2 mars 1893.

Conseiller maître le 8 février 1896. Sa nomination fit l’objet d’un article venimeux de la « Libre Parole », d’Edouard Drumont, qui le qualifiait « d’anglo-huguenot ». Procureur général le 9 juillet 1901. Il propose au ministère des Finances de déférer au Conseil d’Etat l’arrêt des 16 et 23 janvier 1906 sur les comptes du trésorier payeur général de la Corse, rendu par la Première Chambre contrairement aux conclusions du Parquet. Le Parquet soutient que la Cour ne peut pas refuser d’admettre les paiements effectués sur des justifications fictives, dans la mesure où le comptable n’a pas les moyens de vérifier le caractère mensonger de certains documents présentant toutes les apparences de la régularité. La Chambre juge cependant qu’elle est tenue de rejeter les dépenses appuyées sur des pièces déclarées fausses par des tribunaux judiciaires. Sur les conclusions du commissaire du gouvernement Romieu, le Conseil d’Etat, par un arrêt du 12 juillet 1907 (arrêt Nicolle), confirme la position prise par la Cour. Membre des commissions extraparlementaires sur l’impôt sur le revenu, sur le cadastre, sur la refonte du régime hypothécaire. Honoraire le 31 mai 1908.

Extrait de son éloge par le Procureur général Payelle en 1908 : « (…) Ces fonctions imposaient à M. Liotard-Vogt de nouveaux devoirs et des études nouvelles, mais elles allaient lui permettre de montrer qu’aucune initiation, si difficile fût-elle, n’était au-dessus de ses forces. Il avait, du magistrat, la réflexion, le raisonnement, l’amour de la justice, il possédait une science juridique, administrative et financière qui prenait sa source non seulement dans les livres, mais dans l’expérience même. Aussi devint-il rapidement un maître écouté. (…) Procureur général, il prenait une part aussi active que possible aux travaux de vos chambres, s’efforçant d’élucider, par des conclusions toujours mûrement approfondies, toujours développées avec soin, toutes les questions contentieuses qui s’y posent, s’attachant à fournir un concours aussi utile qu’il était sans doute apprécié à votre œuvre de contrôle. Dans les délibérations de la Chambre du conseil et du comité du rapport public, il faisait apprécier au même degré sa connaissance des choses de l’administration et la justesse de son esprit. (…). »

Extrait de son éloge par le procureur général Maurice Bloch en 1922 : « (…) En parcourant les archives du parquet, j’ai pu apprécier l’importance de la tâche réalisée par celui qui fut l’un de mes plus distingués prédécesseurs. Après avoir, durant cinq années, contribué de ses lumières à former les décisions de vos chambres, il apporta la même ardeur, la même compétence à les prevenir. Les rapports qui passaient sous ses yeux étaient examinés avec un soin minutieux, et ses conclusions se développaient avec une telle rigueur qu’on devait les tenir pour inattaquables. Si, par surcroît, il estimait nécessaire d’appuyer son argumentation écrite de la force de sa parole, il allait au prétoire et beaucoup d’entre vous se souviennent encore l’avoir entenu développer ses motifs avec une conviction et une éloquence qui laissaient toujours une impression profonde. (…) »

Domiciles : 10, rue Copernic (16ème), 82, avenue de Suffren (7ème). Villa Les Houx, rue de Pontoise à Montmorency (Val-d’Oise)

Grand Officier de la Légion d’honneur le 12 juillet 1908, Officier de l’Instruction publique le 5 janvier 1896. Grand Officier de l’Ordre de Nicham Iftikar. Chevalier de deuxième classe avec plaque de l’ordre de Saint Stanislas de Russie, Commandeur de l’ordre d’Osmanié (Turquie) Commandeur avec plaque de l’ordre de l’Etoile Noire.

Publications : L’application de l’impôt sur les opérations de Bourse, Lille, Danel, 1893.

Numismatique : médaille gravée avec son buste de profil par Georges Lemaire en 1892.

Bibliographie : Dans La vie quotidienne dans les ministères au XIXème siècle, Hachette 1976, Guy Thuillier cite un article très critique du Journal des fonctionnaires, à propos de ses fonctions à la direction générale de l’Enregistrement : (…) L’administration de M. Liotard-Vogt a surpassé celle de son prédécesseur : elle a entassé l’imprévoyance, l’incohérence, l’ignorance. Hier, c’était la loi sur les opérations de bourse qu’il a fallu refaire par voie d’interprétation ministérielle le lendemain du jour où a paru la première instruction. Une seconde instruction de 50 pages a détruit la première qui en comprenait 40 (…) Jamais l’indigence intellectuelle du directeur général n’avait été aussi manifeste (…).