JARD-PANVILLIER Louis Alexandre,
baron
Né le 7 novembre 1757 à Aigonnay (Deux-Sèvres), décédé le 13 avril 1822 à Paris (10ème ancien).
Fils de Jacques Gilles Jard, sieur de Panvillier (La Mothe-Saint-Héray, Deux-Sèvres, 13/10/1719-5/7/1785 Aigonnay), maître-chirurgien à Niort, et de Jeanne Vincent (Aigonnay 25/3/1724-20/12/1791 Niort, paroisse Saint-André), mariés le 12 avril 1741 à La Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres).
Petit-fils de Jacques Jard, sieur de Panvillier (La Mothe-Saint-Héray 26/2/1691-15/8/1768 La Mothe-Saint-Héray), maître chirurgien à la Mothe-Saint-Héray, et de Marie Bonneau (Exoudun, Deux-Sèvres 14/10/1696–ap. 1741 ?), mariés le 30 juin 1716 à La Mothe-Saint-Héray. Petit-fils de Claude Vincent, seigneur de La Molinière (? –ap. 1724-av. 1741 ?), marchand fermier, et de Suzanne Hipault ou Hypeau (1683 ? –av. 1741 ?), mariés le 26 novembre 1703 à Aigonnay.
Arrière-petit-fils de Jacques Jard, sieur de Panvilliers (1653 ? -29/8/1722 La Mothe-Saint-Héray), et de Françoise Chabot (? –av. 1722 ?), mariés le 20 janvier 1687 à Chenay (Deux-Sèvres). Arrière-petit-fils de Pierre Bonneau (1670 ? –av. 1716 ?), seigneur des Robines, et d’Elisabeth Ferruyau (? –ap. 1716 ?), mariés le 26 novembre 1691 à La Mothe-Saint-Héray. Arrière-petit-fils de Claude Vincent (1653 ? -8/5/1714 Aigonnay), maréchal-ferrant, et de Michelle Girard (1655 ? –ap. 1714 ?). Arrière-petit-fils de François Hypeau (? –ap. 1703 ?), laboureur, et de Suzanne Beaudou (? –ap. 1703 ?).
Frère de Jacques Claude (1746-1814), inspecteur général des chasses du comte d’Artois en 1781, régisseur des biens du duc de Choiseul-Praslin de 1783 à 1787, administrateur du département des Deux-Sèvres en 1791, membre du comité de sûreté générale en 1793, sous-préfet de Melle en 1802, franc-maçon affilié à la loge « L’intimité » à Niort en 1781 et à la loge « La Bienveillante » à Melle en 1813, et de Louise Julie (1755-1826), mariée en 1793 à Pierre Sylvain Guérin, député du Loiret à la Convention, au Conseil des Cinq-Cents, membre du Corps législatif en 1800.
Épouse le 11 juillet 1786 à Azay-le-Brûlé (Deux-Sèvres) Catherine Rosalie Avrain (Sainte-Néomaye 8/11/1761 -1806 Paris), fille de Jacques Louis Avrain (1733 ? -17/4/1770 Azay-le-Brûlé), fermier du prieuré d’Azay, et de Marie Magdeleine Vincent (1730 ? -ap. 1786 Azay-le-Brûlé ?), mariés le 16 mai 1758 à Sainte-Néomaye (Deux-Sèvres).
Petite-fille de Charles Avrain (Saint-Maixent 11/5/1702 ? –28/9/1775 Saint-Maixent, paroisse Saint-Saturnin), bourgeois, fermier de l’Herbaudière, et de Marie Catherine Servant (Saint-Maixent, 23/9/1699-15/9/1776 Saint-Maixent, paroisse Saint-Saturnin), mariés le 13 octobre 1728 à Saint-Maixent. Petite-fille de Charles Vincent (Aigonnay 22/8/1707-14/2/1753 Sainte-Néomaye), négociant, et de Marie Devallée (1705 ? -3/4/1776 Sainte-Néomaye) mariés le 10 mai 1728 à Sainte-Néomaye.
Arrière-petite-fille de Charles Avrain (1675 ? –av. 1721 ?), procureur, et d’Elisabeth Leriche (1680 ? - ?), mariés le 27 novembre 1700 à Saint-Maixent, paroisse Saint-Saturnin. Arrière-petite-fille de Jacques Servant (1666 ? -1/8/1746 Saint-Maixent), chirurgien juré et de Marie Prousteau (? –av. 1745 ?), mariés le 21 octobre 1694 à Saint-Maixent. Arrière-petite-fille de Claude Vincent, sieur de La Molinière, marchand, et de Suzanne Hipault ou Hypeau, mariés le 26 novembre 1703 à Sainte-Néomaye. Arrière-petite-fille de René Devallée et de Magdeleine Cousin.
Père de Marie Angèle (1/5/1787-25/1/1827 Paris), mariée le 7 août 1810 au baron Alexandre de Montbrun (Florensac, Hérault, 1/2/1775-29/9/1821 Paris), général de cavalerie, maréchal de camp des armées du roi, commandeur de la Légion d’honneur en 1812, chevalier de Saint-Louis ; et de Charles Marcellin (1789-1852), conseiller maître (voir notice).
*
Docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, s'installe à Niort.
Prend part à l’assemblée du Tiers-Etat chargée d’élire les députés aux Etats-Généraux. Maire de Niort, procureur syndic des Deux-Sèvres en 1790. Président de la Société des amis de la Constitution à Niort en 1790. Député des Deux-Sèvres à l'Assemblée législative en 1791 et à la Convention nationale en 1792 ; au moment du vote lors du procès de Louis XVI, va chercher le député Duchâtel, malade, pour tenter d’éviter le vote de la peine de mort ; vote pour le sursis en faveur de Louis XVI après sa condamnation à mort. Vote pour l’accusation de Marat et de Carrier. Dénoncé par Marat comme modéré. Élu au Conseil des Cinq-Cents, en devient secrétaire en l'an V. Favorable au 18 brumaire, nommé préfet de la Vendée le 11 nivôse an VIII, refuse. Appelé au Tribunat en l’an X, en devient successivement secrétaire, président et questeur. Rapporteur au Sénat du projet de proclamation de l’Empire.
Président de la Première Chambre à la création de la Cour le 28 septembre 1807. Chargé en 1807 de la liquidation des comptes du Tribunat. Confirmé dans ses fonctions par ordonnance royale du 27 février 1815 ; signe l'adresse de la Cour des comptes à l'Empereur le 26 mars 1815. Après un échec en 1812, élu et réélu deux fois représentant des Deux-Sèvres à la Chambre des députés, le 22 août 1815, le 14 octobre 1816 et le 22 septembre 1817. Doyen des présidents, chargé de suppléer le Premier président en son absence. Décédé en fonctions.
Barbé-Marbois note en 1808 : « M. Jard-Panvillier est doué de plusieurs qualités nécessaires à un magistrat. Il remplit ses devoirs avec exactitude. Il a de l'instruction, l'esprit d'ordre et de faire, et il tient au courant les affaires de la Chambre qu'il préside. Il est peu savant en matière de comptabilité, mais il a de l’esprit et il accroîtra de jour en jour les connaissances qui lui manquent. Il ne s’est pas plié facilement à la discipline imposée à la Cour et les habitudes d’indépendance contractées pendant la révolution lui ont fait trouver dur et humiliant le joug de nos règles. L’Empereur nous a un jour recommandé d’être diligents et matineux (ou minutieux) : cette parole a suffi pour étouffer un premier germe d’opposition. »
L’un des deux cents premiers actionnaires de la Banque de France.
Domicile : 36, rue de Bourbon (rue de Lille, 7ème). Propriétaire du manoir de la petite Coutancière à Saivres (Deux-Sèvres).
Chevalier de l'Empire par lettres patentes du 2 juillet 1808, puis baron par nouvelles lettres patentes du 28 avril 1813. Commandeur de la Légion d'honneur le 14 juin 1804.
Une rue de Niort conserve son nom.
Extrait de la « Biographie pittoresque des députés de la France : session de 1819-1820 » : Le centre de toutes les assemblées, où a siègé depuis trente ans ce député des Deux-Sèvres, s’est toujours appuyé sur lui comme sur une colonne. Il est aussi constant dans la tiédeur, aussi ferme dans l’indécision, que d’autres dans leurs principes énergiques. On l’a vu traverser la convention, la république, le directoire, le consulat, l’empire, le champ de mai, les deux invasions et les deux restaurations des Bourbons, sans cesser d’être fonctionnaire public. Du reste, comme homme privé, c’est un respectable citoyen : mais il s’est fait neutre et statue dans toutes les discussions publiques. Il est grand et fort poli. Son ancienne profession de médecin des dames lui a laissé des manières mielleuses. Son front est chauve, ses rares cheveux sont poudrés, sa figure forme un triangle dont le menton est l’angle le plus aigu. Il a les yeux vifs, un sourire d’habitude et le teint conservé (…).
Extrait de la « Lithographie morale et politique de MM. les membres de la Chambre des députés »1820 : « En 1795, au Conseil des Cinq-Cents, il prit la défense des opprimés, demandant la révocation d’une loi qui pouvait être considérée comme arbitraire, il s’opposa à celle des otages ; il a professé depuis les mêmes principes ; législateur éclairé et profond, il joint à ses connaissances une opinion qui l’honore et qu’il soutient avec autant de franchise que de sagesse. ».
Extrait de « La Chambre de 1820, ou la monarchie sauvée, par un royaliste », Paris 1820 : « Il a toujours voté comme tous les fonctionnaires devraient le faire pour soutenir les projets de loi présentés par les ministres au nom du roi. »
Extrait de « Histoire de la ville de Niort », par Hilaire Alexandre Briquet, 1832 : « (…) Il avait joui, pendant vingt-quatre ans, de cette haute marque d’estime et de confiance de ses concitoyens. Nous ne connaissons point de français à qui l’on ait rendu un pareil hommage. Panvillier le dut autant à ses lumières et à son intégrité qu’à son extrême obligeance pour tous ses concitoyens, à la modération de ses principes, et à la prudente circonspection de sa conduite sous le régime de la terreur, sous le despotisme de l’empire, sous les fluctuations de la restauration (…) ».
Publications : de nombreux écrits, rapports et discours de Jard-Panvillier dans toutes les assemblées dont il a été membre ont été imprimés. La vie et les infortunes de l’immortel Desaix, sd, par Jard-Panvillier, président du Tribunat. Son éloge par son collègue Delpierre a été publié par Le Moniteur du 6 mai 1816
Tombeau au Père Lachaise, 70ème division.