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FÉRY d’ESCLANDS
Camille Alphonse Joseph Charles, duc

Né le 6 juin 1835 à Saint-Denis (Ile de la Réunion), décédé le 30 août 1909 à Neuville-les-Dieppe (Seine-Maritime).

Fils de Louis Zacharie Fortuné Charles Féry d’Esclands (Saint-Denis de la Réunion 15 floréal an XIII, 5/5/1805-17/12/1893 Latresne, Gironde) avoué près les tribunaux de Saint-Denis de la Réunion, aide-major au régiment Royal-Marine, membre du Conseil général de l’île, et de Caroline Emilie Hémart (de la Charmoye) (Paris 13/2/1811-31/1/1881 Paillet, Gironde), mariés le 4 août 1830 à Sainte-Suzanne (La Réunion).
Petit-fils de François Hippolyte Féry d’Esclands (Draguignan, Var, 1763 ?-20/9/1823 Saint-Denis de la Réunion), aide-major au régiment de Royal marine, émigré pendant la Terreur à l’Ile Bourbon (La Réunion depuis 1793) ; élu député à l’Assemblée coloniale de l’île en 1801, veuf de Marie Christine Guillaumette Bédier-Desjardins (1768-1800), mariés en 1787, et de Marie Anne Reynaud de Belleville (Saint-Paul de la Réunion 11/12/1787-14/4/1836 Saint-Paul de la Réunion), mariés le 16 fructidor an IX, 3 septembre 1801, à Saint-Denis de la Réunion. Petit-fils du baron Claude Nicolas Louis Hémart (Aÿ, Marne, 8/7/1757-16/1/1834 Samois-sur-Seine, Seine-et-Marne), Premier président de la Cour criminelle de Paris sous le Premier Empire, qui présida les procès de Cadoudal, Pichegru et Moreau, commandeur de la Légion d’honneur en 1804, dont l’Empereur a dit « Cœur d’or, tête de fer », chevalier de l’Empire, commandeur de la Légion d’honneur, (veuf d’Amélie Françoise Dobersecq (1770-1805 Paris), mariés en 1788), et de Caroline Henriette Le Jeune (Paris 18/8/1787-ap. 1834 ?), mariés le 18 septembre 1806 à Paris (10ème ancien).
Arrière-petit-fils de Pierre André Féry, seigneur d’Esclands, et de Marie de Possel-Deydier (? -ap. 1823 ?), mariés avant 1763. Arrière-petit-fils d’Isaac Pierre Hémart (Aÿ 14/6/1721-9/12/1766 Aÿ), notaire royal et marchand de bois à Aÿ, ancien échevin en la justice et mairerie d’Aÿ, ancien lieutenant en la justice et prévôté de Mareuil, et de Marie Louise Jannet (Condé-sur-Marne, Marne, 30/9/1727-8 prairial an II, /5/1804 Aÿ), mariés avant 1752. Arrière-petit-fils d’Antoine Pierre Reynaud de Belleville (Saint-Paul de la Réunion 8/2/1746-8/6/1823 Saint-Paul de la Réunion) et de Marie Panon du Hazier (Saint-Paul de la Réunion 2/6/1756-28/4/1803 Saint-Paul de la Réunion), mariés le 27 novembre 1781 à Saint-Paul de la Réunion. Arrière-petit-fils de Nicolas Le Jeune (? –ap. 1827 ?), commissaire-priseur, et de Marie Florentine Dobersecq (? –ap. 1827 ?), mariés le 20 avril 1784 à Paris, paroisse Saint-André des Arcs (des Arts).
Frère de Caroline (1832-1911), mariée à Jean Marie Guillaume, comte de Castelnau d’Essenault (1822-1905). Famille originaire de Provence ; ses ancêtres étaient, sous Louis XIV, notaires et marchands d’huile aux Arcs et à Draguignan.
Cousin de Guillaume Camille Marie Joseph Féry d’Esclands (Saint-Denis de La Réunion 3/3/1849-29/5/1926 Riom, Puy-de-Dôme), conseiller à la Cour d’appel de Riom, chevalier de la Légion d’honneur en 1922. Neveu d’Hippolyte Antoine Féry d’Esclands (Saint-Denis de la Réunion 30/7/1802- ?) habitant de Sainte-Suzanne de la Réunion.
Épouse le 24 juillet 1866 à Paris (8ème) Marianne Gélormine Eugénie de Casabianca (Bastia, Haute-Corse 17/4/1835-18/3/1919 Paillet, Gironde). Le Premier président de Royer, le maréchal Canrobert, Armand Béhic, ministre de l’agriculture et du commerce, et le sénateur Napoléon Lannes, duc de Montebello, étaient témoins du mariage. Contrat de mariage signé au château de Saint-Cloud le 4 novembre 1866 par l’Empereur et toute la famille impériale. Fille de François Xavier de Casabianca (Nice, Alpes-Maritimes, alors royaume de Piémont, 27/6/1796-25/5/1881 Paris 8ème), avocat à la Cour de Bastia, ministre de Napoléon III, Procureur général près la Cour des comptes (voir notice), et de Marie Anne Laure de Casabianca (Mantoue, Italie, 30/3/1804-6/12/1880 Paris 8ème), mariés le 11 décembre 1822 en Avignon.
Petite-fille paternelle de François Louis Giocante Camille de Casabianca (Venzolasca, Haute-Corse, 17/4/1776-20/5/1837 Bastia), colonel de gendarmerie, maréchal de camp honoraire, chevalier de Saint-Louis, chevalier de la Légion d’honneur, et de Maria Ilaria de Casabianca (Vescovato, Haute-Corse, 6/7/1773- ap. 1822 ?), mariés le 9 septembre 1795 à Nice. Petite-fille maternelle de Joseph Marie (Giuseppe Maria) de Casabianca (Venzolasca ou Vescovato, Haute-Corse, 1/6/1742-13 brumaire an XIV, 4/11/1805 Liman, près de Mornas, Vaucluse), qui obtient en septembre 1776 par lettres patentes du roi Louis XVI l’érection en vicomté de sa seigneurie d’Aléria (Corse), général de division, gouverneur de Mantoue (Italie) en 1801, chevalier de la Légion d’honneur en 1803, et de Marie Anne Bernavon (Beaucaire, Gard, 17/8/1768-13/9/1822 Avignon), mariés avant 1804.
Arrière-petite-fille paternelle de Pietro Francesco Casabianca et de Marie Jéromine de Casabianca, mariés avant 1773. Arrière-petite-fille maternelle (deux fois) de Raffaello (Raphaël), comte de Casabianca (Vescovato 27/11/1738-28/11/1825 Bastia), lieutenant général des armées du roi, pair de France, chevalier de Saint-Louis, Grand Officier de la Légion d’honneur, et de Marie Ursule Biguglia (1751-4/3/1826 Bastia), mariés avant 1776. Arrière-petite-fille maternelle de Vital Bernavon (Beaucaire, Gard, 1733 ? -6/12/1820 Beaucaire), marchand tanneur à Beaucaire, et d’Ursule Goubier (Beaucaire 1735 ? -28/9/1810 Beaucaire), mariés le 10 janvier 1758 à Beaucaire.

Père d’Elie François Xavier (Paris 8/5/1867-31/12/1912 Neuilly-sur-Seine), comte romain, marié en décembre 1899 à Angoulême (Charente) à Angèle de Dampierre (Angoulême 19/4/1879-1938), divorcés, remariée le 17 avril 1907 à Paris (7ème) à Jacques Thévenin de Tanlay (1884-1957) ; de Marie Louise Eugénie Caroline (Paris 1/4/1873-5/3/1956), filleule de l’Impératrice Eugénie et du Prince Impérial, mariée le 25 novembre 1897 à Paris (8ème) à Armand Martin Joseph Soucanye, baron de Landevoisin (Laval, Mayenne, 18/1/1866-1926) ; et de Paul Michel Charles (Paris 15/12/1875-28/3/1969 Paillet), sans alliance.

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Licencié en droit à Paris en 1856.

Surnuméraire au ministère des Finances le 26 décembre 1855, à la Caisse Centrale le 1er juillet 1856, commis le 1er janvier 1857, commis à la Comptabilité Générale le 1er janvier 1859. Adjoint à l’Inspection générale des finances le 1er mars 1859, mis sur sa demande en disponibilité le 1er juillet 1861.

Reçu septième au concours de 1861, auditeur de 2ème classe le 1er novembre 1862. Démissionnaire le 18 octobre 1866, secrétaire particulier du Procureur général le 20 octobre 1866, conseiller référendaire de 2ème classe le 12 juin 1867. Conseiller référendaire de 1ère classe, avocat général le 14 août 1880, conseiller maître le 13 mai 1882, doyen de la maîtrise, décédé en fonctions.

Membre de la commission de répartition des dons patriotiques de guerre le 1er août 1870. Pendant la guerre, bien que dispensé de tout service militaire, obtient l’autorisation de créer en 1870 le corps franc hors ligne des Eclaireurs Tirailleurs Parisiens, servant sans solde ni vivres. Participe sous les murs de la capitale assiégée à plusieurs combats. Capitaine commandant des Tirailleurs-Eclaireurs Parisiens. Le général Trochu lui confie le 20 novembre 1870 la mission d’aller organiser en province des bataillons semblables au sien, et de se mettre à leur tête. Au moment où le commandant allait partir en ballon, le Gouverneur préfère le conserver à Paris. Effectue des reconnaissances de jour et de nuit et des engagements sur les territoires de Meudon, Clamart, Argenteuil, Bezons, Saint-Cloud, Montretout, particulièrement à Boulogne-sur-Seine. « Le commandant Féry d’Esclands, raconte le « Journal de Paris » du 16 décembre 1870, en se portant à la tête de ses Eclaireurs au secours des canonnières attaquées par les Prussiens, a couru de sérieux dangers qu’a voulu partager le baron de Wolbock, aide de camp de l’amiral de Langle, bien connu dans le sixième secteur par sa chevaleresque intrépidité ».».Nommé lieutenant-colonel d’un régiment territorial d’infanterie en 1875.En 1880, chargé de l’Inspection générale de l’enseignement militaire dans les établissements d’instruction secondaire. Fonde une salle d’armes dite le Cercle des éclaireurs en 1871. Président de la Société de l’Escrime française, conseiller des escrimeurs et des duellistes et l’arbitre des affaires d’honneur ; certains de ses amis affirment qu’il a arrangé à l’amiable plus de cinquante affaires. Choisi pour arbitrer le duel entre Clémenceau et Déroulède en 1892 à Saint Ouen, devant trois cent personnes. Proche de la Ligue des patriotes, qu’il préside quelque temps après Déroulède, en 1887. Inspecteur général de l’enseignement de la gymnastique et des exercices militaires dans les établissements secondaires et primaires en 1888. Passionné d’échecs, membre de la commission du Congrès international, secrétaire en 1867, chargé par la Commission du congrès international de la publication du Livre des Echecs à l’Exposition Universelle de 1867, écrit un Compte-rendu du congrès de 1867 et des congrès d’échecs antérieurs ainsi qu’une Analyse des parties jouées en 1868. Il est le seul Français qui obtient un prix à l’Exposition Universelle de 1867.

Membre en 1870 de la Commission impériale des dons patriotiques, présidée par l’Impératrice. Rapporteur pour la commission sur les boissons fermentées lors de l’Exposition de 1889, membre du Club de l’Etrier et de la Société hippique. Président de la société des amis de la Russie, président de la Société protectrice des animaux de 1881 à 1885 Membre de la commission supérieure du phylloxera en 1890. Membre du conseil d’administration du comité des sauveteurs de Paris en 1894. Président du comité d’examen des candidats à l’auditorat en 1893, 1896 et 1898.

Extrait de son éloge par le Procureur général Georges Payelle : « (…) Avec M. Féry d’Esclands disparait une physionomie des plus marquantes non seulement de notre corps judiciaire, où il a parcouru une longue carrière, mais de la société parisienne, où sa personnalité a été aussi répandue qu’appréciée. (…) Vous savez combien il aimait son métier et comme il s’appliquait à en rehausser le lustre en sa personne. Il les aimait à la fois pour la considération qu’elles procurent et pour les services qu’elles permettent de rendre à la chose publique. Ses pouvoirs de juge des comptes lui paraissaient chose grave et pleine de responsabilités, et sa préoccupation dominante, dans sa collaboration aux travaux de la Cour, était de ne froisser aucun intérêt respectable. Mais s’il était naturellement porté aux solutions bienveillantes, c’était à la condition qu’elles se conciliassent avec les exigences du contrôle financier, d’un contrôle qu’il voulait avant tout impartial et exact. La dignité de doyen de la maîtrise, à laquelle il attachait un haut prix, lui aura valu la satisfaction suprême de sa carrière. (…). »

Domiciles : 55, rue Neuve-des-Mathurins (8ème), 16, rue Christophe Colomb (8ème), 53, rue Pierre Charron (8ème). Propriétaire du château de Paillet à Rions (Gironde) et du chalet des Mouettes à Dieppe.

Commandeur de la Légion d’honneur le 29 décembre 1907, Officier d’Académie le 8 février 1876, Officier de l’Instruction publique le 14 juillet 1881 Officier du Mérite Agricole. Grand officier de l’ordre royal de l’Etoile de Roumanie. Souscripteur pour la reconstruction du palais de la Légion d’honneur en 1871.

Obtient le 9 avril 1898, par bref de SS le pape Léon XIII, la concession du titre de duc romain, héréditaire par ordre de primogéniture.

Publications : Divers travaux sous pseudonyme et une brochure, Ostréiculture dans la rivière de Crach ou de la Trinité sur mer, parue d’abord dans le Bulletin de la Société d’Acclimatation en 1873 ; De la gymnastique, (avec le colonel A. Dally), Paris 1884 ; En collaboration avec le prince Georges Bibesco, Conseils pour les duels à l’épée, au fleuret, au sabre et au pistolet, 1900.

Tombeau à Rions (Gironde).