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BARTHE Félix

Né le 28 juillet 1795 à Narbonne (Aude), décédé le 27 janvier 1863 à Paris (6ème).

Fils de Michel Barthe (Narbonne, 30/9/1758-9/2/1820 Narbonne) greffier de l’amirauté de Narbonne, procureur-syndic du district de Narbonne, élu député au Conseil des Cinq-Cents en 1798, élection annulée par le Directoire en floréal an VI, avoué près le tribunal civil de Narbonne, et de Marie Anne Marthe Valette (Narbonne, paroisse Saint-Paul, 22/12/1762-4/9/1830 Narbonne), mariés le 19 novembre 1781 à Narbonne, paroisse Saint-Paul.

Petit-fils d’André Barthe (ap. 1781 ?), patricien, et de Catherine Mouret (? -ap. 1781 ?), mariés le 12 mai 1741 à Narbonne, paroisse Saint-Just et Saint-Pasteur. Petit-fils de Pierre Vallette, (? –ap. 1781 ?), négociant, marchand traiteur, et de Marie Combes (? –ap. 1781 ?), mariés avant 1762 .

Arrière-petit-fils d’André Barthe (? -av. 1741) et de ? Arrière-petit-fils de Pierre Valette (1719- ?), négociant, et de Marie Pigassou dite Combes (1724- ?), mariés le 26 avril 1746 à Narbonne, paroisse Lamourguier.

Épouse le 8 août 1820 à Paris Célestine Victoire Thomas (Livry, Seine-et-Marne, 17 germinal an IX, 7/4/1801-24/4/1875 Paris 7ème), fille de Pierre Thomas (Soissons, paroisse Notre-Dame des Vignes, Aisne, 25/1/1768-23/9/1802 Le Mée-sur-Seine, Seine-et-Marne), propriétaire, et d’Anne Couvertier (Nantes, Loire-Atlantique, 11/6/1772-10/3/1834 Argenteuil, Val-d’Oise), mariés avant 1801 ; sœur de Pierre Aristide Thomas (Livry 2& frimaire an VI, 11/12/1797-9/8/1866 Paris 9ème), conseiller maître (voir notice).

Petite-fille de François Michel Thomas (Rosières, Oise, 1730-23/4/1805 Soissons), receveur particulier des finances à Soissons, ancien échevin de Soissons, et de Marie Anne Angélique Ferté (Coudun, Oise, 15/11/1738-9/1/1806 Soissons), mariés le 21 octobre 1760 à Compiègne, paroisse Saint-Antoine (Oise). Petite-fille de François Couvertier (Nantes, paroisse Saint-Similien 25/12/1724-4/11/1793 Nantes), tailleur, et de Françoise Bernier (Nantes, paroisse Saint-Donatien, 31/3/1732-26/11/1784 Nantes), mariés le 14 janvier 1751 à Nantes, paroisse Saint-Saturnin.

Arrière-petite-fille de François Thomas (? -ap. 1760 Compiègne ?), receveur alternatif des tailles et contrôleur général des finances et des domaines de la généralité de Soissons, et de Marie Madeleine Thomas (? -av. 1760 Compiègne ?), mariés avant 1730. Arrière-petite-fille de Jean François Ferté (? -ap. 1760 ?), receveur de la terre de Moulin-sous-Touvent, et de Marie Anne Chevalier (? -ap. 1760 ?), mariés avant 1738. Arrière-petite-fille de François Couvertier (1704 ? -2/6/1741 Nantes), portefaix, et de Marie Montaran (1705 ? -ap. 1741 ?), mariés le 22 février 1724 à Nantes, paroisse Saint-Similien. Arrière-petite-fille d’Abraham Bernier (1700 ? -10/12/1752 Nantes) et de Perrine Thébaud (Vannes, Morbihan, 1697-7/12/1763 Nantes), mariés le 30 juillet 1752 à Nantes, paroisse Saint-Laurent.

Père de Cécile (1822-14/1/1897 Meaux, Seine-et-Marne), mariée le 23 janvier 1841 à Paris à Pierre Clément Petit (Villejuif, Val-de-Marne, 27/2/1809-31/12/1883, acte du 2/1/1884, Meaux), receveur particulier des finances, commandant de la garde nationale, chevalier de la Légion d’honneur en 1874 ; de Célestine Clélie (Paris 12/12/1828-29/1/1906 Paris 7ème), mariée le 27 avril 1846 à Paris (11ème ancien) à Alphonse Dumez (Paris 3/4/1817-12/2/1893 Paris 7ème), conseiller référendaire (voir notice) ; de Félicie Clémence Emilie (10/3/1833-10/9/1900), mariée le 22 octobre 1853 à Paris (11ème ancien) à François Joseph dit Hippolyte Perret (Chassagne, Côte-d’Or, 11/3/1831-15/5/1919 Paris 8ème), conseiller d’Etat, administrateur des mines de Blanzy, conseiller général de Haute-Savoie, maire de Samoëns (Haute-Savoie), officier de la Légion d’honneur en 1877 ; de Félix Michel (1835- ?) ; et de Marie (Paris 3/12/1837-6/3/1915 Dinard), mariée le 16 juin 1856 à Paris (11ème ancien) à Pierre Charles Mahler (10/7/1825-24/7/1884), magistrat, chevalier de la Légion d’honneur en 1865, dont un fils marié en 1896 à Blanche Fayard, sœur des éditeurs Arthème et Georges Fayard.

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Études au collège Saint Rémi de Toulouse, puis à la faculté de droit.

Stagiaire chez Me Amilhau, notaire à Toulouse, achève son stage d’avocat à Paris en 1817, s’affilie aux Carbonari. Prononce un discours aux funérailles du jeune Lallemand, tué par un garde royal en juin 1820 en criant « Vive la Charte ! » dans une émeute sur la place de la Concorde. Poursuit le meurtrier devant le Conseil de Guerre qui refuse de l’entendre, et adresse aux journaux une protestation dont la censure arrête la publication. Plaide dans la plupart des procès politiques, fait acquitter le lieutenant-colonel Caron devant la Cour des pairs, défend à Colmar trois des accusés de Belfort, puis à Paris, les quatre sergents de la Rochelle, le chansonnier Béranger, et le député du Bas-Rhin Koechlin, pour sa brochure sur le complot de Colmar. En juillet 1823, suspendu pour un mois. Plaide devant la Chambre des députés, pour le Journal du Commerce, coupable d’avoir apprécié trop librement les élections, et qui est condamné au minimum de la peine. Prend une part active à la Révolution de 1830, à la protestation des journalistes et aux travaux de la commission municipale. Procureur du Roi près le tribunal civil de la Seine le 30 juillet 1830, puis président de chambre à la Cour d’appel de Paris le 24 octobre. Élu député de Paris le 21 octobre 1830 contre le sortant M. Bavoux, nommé conseiller maître à la Cour des comptes. Ministre de l’Instruction publique et des Cultes dans le cabinet Laffitte le 27 décembre 1830. Un de ses premiers actes est de remettre en vigueur une des ordonnances rendue sous le ministère Villèle par le ministre des cultes Frayssinous, et de reconstituer un tribunal universitaire. Président du Conseil d’Etat du 27 décembre 1830 au 13 mars 1831. Réélu député le 10 février 1831, puis le 5 juillet 1831. Garde des Sceaux et président du Conseil d’Etat (ès-qualités) du 13 mars 1831 au 11 octobre 1832 dans le ministère Casimir-Perier, puis du 31 décembre 1832 au 4 avril 1834 dans le ministère Soult, fait adopter une réforme Code pénal, introduisant la notion de circonstances atténuantes, dont la nouvelle édition est promulguée le 28 avril 1832, et du Code d’instruction criminelle. Rouvre l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, accorde une large amnistie aux condamnés politiques par la loi du 11 mai 1837.

Premier Président de la Cour des comptes du 4 avril 1834 au 14 avril 1837, succédant à François Barbé-Marbois. Pair de France le 4 avril 1834. Démissionne pour redevenir Garde des Sceaux et ministre des Cultes dans le second ministère Molé du 15 avril 1837 au 31 mars 1839, et remplacé par Joseph Jérôme Siméon (Aix-en-Provence 30/9/1749-19/1/1842) (voir notice). Premier président de la Cour des comptes le 31 mars 1839, après la démission de Siméon. Vice-président de la Chambre des pairs en 1845. Suspendu le 17 avril, puis révoqué par le Gouvernement provisoire le 1er mai 1848. Rétabli à la tête de la Cour des comptes par le Prince-Président le 15 août 1849, réinstallé le 5 novembre. Sénateur le 31 décembre 1852. Président de la commission spéciale pour la vérification et l’apurement des comptes de gestion de la liste civile impériale le 24 mai 1853. Nommé membre de l’Académie des Sciences morales et politiques en 1855. Décédé en fonctions.

Membre de la Haute-Vente de la Charbonnerie et de la société « Aide-toi, le ciel t’aidera ». Chevalier de l’ordre du Temple au convent de Paris en 1826, commandant templier de Narbonne en 1828, Membre de la loge Les trinosophes en 1830.

Fondateur de la société de secours mutuels du quartier Notre-Dame des Champs, qu’il préside jusqu’à sa mort. Gastronome.

Bibliographie : Extrait des « Comptes-rendus des sessions de 1832 et 1833, Edouard Bucquet, Paris 1833 : « (…) M. Barthe est l’un des hommes les plus haineux parmi les exécuteurs des hautes-œuvres de la quasi-légitimité. Son animosité perce à travers ses discours, sa colère mal déguisée éclate à chaque instant. Cette irritation est facile à concevoir : M. Barthe a tout un passé à faire oublier ; il est des souvenirs qui sont pour lui comme un remords continuel, souvenirs importuns qu’il voudrait anéantir (…) ».

Extrait du Rivarol de 1842, dictionnaire satirique des célébrités contemporaines, par Fortunatus : « Le jour où cet avocat louche s’est ennuyé d’être toujours carbonaro sans devenir consul d’une république, il s’est métamorphosé séide d’une royauté pour devenir ministre d’une monarchie. Maintenant le voila président de la Cour des comptes, en attendant qu’il rende les siens ».

Lettre du Premier président Barthe à la Cour le 18 avril 1848 : « Le Premier président de la Cour des comptes, au moment de se séparer de ses collaborateurs, éprouve le besoin de leur laisser l’expression de ses regrets et de ses vœux. Ils savent combien il était heureux et fier de diriger leurs travaux. Puisse la Cour des comptes, qui rend de si grands services à l’Etat par la protection qu’elle donne à la fortune publique et à l’ordre dans les finances, continuer sans entraves et avec l’indépendance qui appartient à la magistrature la haute mission que les lois lui ont confiée. »

Extrait de son éloge par le doyen des présidents Savin de Surgy : « (…) Pendant cette longue et pourtant trop courte période, il s’était identifié avec cette grande compagnie dont il appréciait la haute mission, et il avait appliqué tous ses efforts à ce qu’elle la remplît dignement. Dans tous les actes importants qu’elle est appelée à accomplir, il dirigeait les discussions et les délibérations avec la distinction et la supériorité de son esprit, en respectant les opinions de chacun, il saisissait avec une sagacité remarquable les questions les plus spéciales et il les résumait, avec la facilité de son élocution et d’une manière lucide qui étonnait même ceux qui avaient étudié et approfondi ces questions avec le plus de soin et de connaissances. Enfin, dans les décisions, il savait allier la réserve de l’homme d’Etat avec l’indépendance du magistrat. (…) M. le Premier président Barthe tenait beaucoup à faire régulariser la situation provisoire de l’aspirance ; il y mettait toute l’activité de sa sollicitude, et sur ses démarches incessantes, le ministère, s’associant à cette pensée utile, un décret impérial du 23 décembre 1856 créa un corps de vingt auditeurs, et un autre du 12 décembre 1860 compléta l’organisation de ce corps en déterminant mieux leurs fonctions et en leur donnant le caractère de magistrats. (…) L’obtention de ces deux mesures fut une grande satisfaction pour M. le Premier président Barthe. (…) Dans son administration intérieure et notamment dans les présentations que M. Barthe était appelé à faire pour les nominations et les promotions, il cherchait toujours à apporter la plus grande justice, tenant compte tout à la fois de l’ancienneté des services et du mérite des travaux. (…) Il avait su conserver les traditions et les règles de la discipline, toujours esssentielles dans toutes les compagnies, et qui sont surtout nécessaires dans une compagnie comme la nôtre. (…) »

Extrait de son éloge par le Procureur général Collart-Dutilleul : « (…) Soucieux de respecter la ligne de démarcation qui sépare les pouvoirs publics, M. Barthe s’appliquait à concilier, dans la contexture du rapport public, l’indépendance et la dignité de la Cour avec les ménagements que réclame la liberté d’action du gouvernement. C’était le but qu’il ne perdait jamais de vue, et sa pénétration d’esprit et sa parole persuasive lui étaient des auxiliaires toujours prêts pour obtenir, dans les délibérations de la chambre du Conseil, confiance et autorité. (…)

Opinion du roi Louis Philippe sur Barthe, citée dans les « Mémoires de Guizot » : « Bien peu d’avocats comprennent les conditions du gouvernement ; Barthe y est arrivé ; ce n’est pas un transfuge, c’est un converti. »

Domiciles : 9, rue de Grenelle (7ème), 7, rue Cassette (6ème)

Grand-Croix de la Légion d’honneur le 19 avril 1846. Croix de Juillet en 1831.

Publications : Outre de nombreux travaux parlementaires et plaidoiries : Discours et opinions de Mirabeau, précédés d’une notice sur sa vie (...) par M. Barthe, avocat, Paris 1820 ; Réfutation de la relation du capitaine Maitland, commandant le « Bellérophon », touchant l’embarquement de Napoléon à son bord, Paris, 1827. De l’esprit de notre révolution, de celui de la Chambre et du Premier Ministère, Paris, 1831, De l’esprit des lois faites et présentées, Paris, 1831, Mémoires pour la France, ou système complet de réorganisation générale, Paris, 1833, avec le premier mémoire : Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Que faut-il faire ?

Iconographie : portrait par Théodore Chassériau (collection privée). Caricature en buste par Daumier (Musée d’Orsay). Lithographie par Cheyère d’après une gravure de Fromant, et une autre par Maurin.

Tombeau au Père Lachaise, 4ème division.