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AUDIFFRET Charles Louis Gaston, marquis d’

Né le 10 octobre 1787 à Paris, décédé le 19 avril 1878 à Paris (8ème).

Fils de Louis Guillaume Joseph François, marquis d'Audiffret (? -18/12/1825), seigneur de Layet, colonel du Royal Pologne de cavalerie, resté au service de la République, et d’Amélie Catherine Le Sénéchal (Paris 1770-1818 ?), mariés le 13 juin 1786 à Villemoisson, paroisse Saint-Laurent (Essonne).

Petit-fils de Jean François Hughes, comte d’Audiffret (Fontès, Hérault, 5/11/1707-15/6/1785 Passins, Isère), colonel du régiment de la garde du roi Stanislas de Lorraine, gouverneur de la forteresse de Briançon, chevalier de Saint-Louis, veuf de Mlle de Montauban, et d’Anne Marguerite de Tarnesieu (? -30/9/1806 ?), mariés le 24 mai 1773 (?). Petit-fils de Jacques Charles Le Séneschal (Paris 28/5/1735-1802), seigneur de Sellers, administrateur général des domaines du roi, et de Marguerite Dartois (? -1818), mariés le 22 février 1762.

Arrière-petit-fils de Jean d’Audiffret (1672-1732), conseiller à la Chambre des comptes de Montpellier, et de Marie Anne de Vissec de Latude, mariés le 5 février 1706 au château de Fontès. Arrière-petit-fils de François de Tarnésieu, mestre de camp de cavalerie, et d’Hélène de Gaution. Arrière-petit-fils de Jacques François Le Séneschal (Amiens, Somme, 27/1/1706-1780), secrétaire du roi, et de Catherine Le Roy, mariés avant 1735. Ancienne famille du Briançonnais. 

Frère de Florimond Louis d’Audiffret (14/6/1789-4/12/1858), conseiller d’Etat en service extraordinaire, receveur général de la Côte-d’Or, directeur de la dette inscrite en 1830, marié le 27 décembre 1820 à Paris à Victoire Gabrielle Zoé Pasquier (1801-1885).

Épouse le 14 janvier 1823 à Paris (5ème ancien) Marie Pauline Lucile de Portal (Bordeaux, Gironde, 3 nivôse an X, 24/12/1801-17/1/1885 Paris 8ème), fille du baron Pierre Barthélemy Portal (Montauban, Tarn-et-Garonne, 15/1/1765-11/1/1845 Bordeaux, 1ère section), armateur, membre de la chambre de commerce de Bordeaux, adjoint au maire de Bordeaux en 1806, maître des requêtes au Conseil d’Etat en 1811, directeur des colonies en 1815, député du Tarn-et-Garonne de 1818 à 1821, ministre de la marine de 1818 à 1821, pair de France, Grand-Croix de la Légion d’honneur en 1828, et d’Elisabeth dite Marguerite Bergis (Montauban 13/7/1767-17/4/1846), mariés le 16 février 1792 à Montauban (registre protestant, marié par le président du tribunal de district selon les dispositions de l’édit de tolérance de 1787).

Petite-fille de Jean Pierre Portal (Montauban 29/1/1732-29/7/1817 Montauban), négociant, et de Guillemette Delfau (? -av. 1817 ?), mariés le 12 décembre 1760 (?) à Mazères (Ariège). Petite-fille d’Alexis Bergis (1726-15 brumaire an V, 5/11/1796 Montauban), ingénieur, architecte du roi à Montauban, et de Marguerite Plancade (1733-av. 1792), mariés avant 1767.

Arrière-petite-fille de Paul Portal (1701-23/4/1767 Montauban) et d’Anne de Noalhac (? -8/6/1783 Montauban), mariés le 19 juin 1724. Arrière-petite-fille d’Urbain Bergis (Villebourbon, Tarn-et-Garonne, 1687-1731) et de Guillemette Acquié (1690- ?), mariés le 27/7/1717 à Montauban, paroisse Saint-Orens.

Père de Pierre Marie Gustave (Paris 21/5/1827-1/12/1884 Lille, Nord), trésorier-payeur général, officier de la Légion d’honneur en 1876, marié le 7 janvier 1856 à Paris (1er ancien) à Isabelle Montané (Lima, Pérou, 8/7/1839-17/11/1913 Paris 16ème), d’Amélie Marguerite (Paris 11/11/1823-30/3/1913 Paris 16ème), mariée le 27 décembre 1841 à Paris (1er ancien) au comte Gustave Charles Colette du Maisniel (Lille 11/6/1804-22/9/1891 Noyon, Oise), propriétaire, et de Pauline Claire (Paris 16/11/1831-24/12/1910 Paris 8ème), mariée le 9 octobre 1851 à Hugues de Coral (Poitiers 1/4/1819-21/1/1885 Paris 8ème), conseiller référendaire (voir notice).

Grand-oncle par alliance du baron Anatole Eugène de Berthois (1827-1899), colonel de cavalerie, officier de la Légion d’honneur en 1871, par son épouse Marie Charlotte Colette Jeanne du Maisniel, fille d’Amélie Marguerite de Berthois, frère d’Alphonse de Berthois (Paris 28/3/1834-2/6/1902 Paris 9ème), conseiller référendaire (voir notice).

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Études au lycée Bonaparte.

Sa famille ayant été ruinée par la Révolution, il entre en octobre 1805 comme surnuméraire à la Caisse d'amortissement et des dépôts, puis au ministère du Trésor le 18 août 1806, chef de bureau en janvier 1812. Directeur adjoint le 1er juin 1812, auditeur au Conseil d'Etat (section des finances) le 11 avril 1813. Direc­teur de la comptabilité générale des finances le 22 juin 1814. Refuse d'adhérer au régime pendant les Cent Jours. Louis XVIII le récompense par le titre de premier commis des finances le 1er jan­vier 1816, commissaire chargé de la liquidation et de la régularisation définitives des opérations des caisses et la formation des comptes des payeurs généraux du trésor le 16 septembre 1818. Maître des requêtes au Conseil d'Etat le 3 janvier 1828.

Président de la Deuxième chambre le 29 octobre 1829, à la demande du Premier président Barbé-Marbois. Vice-président du collège électoral de Paris en juillet 1830. Rallié à Louis-Philippe, participe à la souscription patriotique de 1831.Membre de la commission de surveillance de la Caisse d’amortissement en 1834. Chargé, de 1832 à son départ de la Cour en 1859, de la rédaction du Rapport public de la Cour des comptes. Pair de France par ordonnance royale du 3 octobre 1837. Dès la première session, intervient sur la conversion des rentes et sur le budget, souvent nommé rapporteur des lois de finances, soit pour le projet de budget, soit pour le projet de loi de règlement. Après avoir refusé le portefeuille des finances en 1851, nommé sénateur par Napoléon III le 26 janvier 1852. Principal auteur des règlements généraux de la comptabilité publique de 1838 et 1862. Honoraire le 22 mai 1859. Président de la commission de vérification des comptes ministériels pour 1856 et 1865. Président de la Société générale du Crédit industriel et commercial de 1859 jusqu’à sa mort en 1878. Donne au ministère des finances sa bibliothèque financière de six mille volumes.

Extrait de son éloge par le Procureur général Collart-Dutilleul en 1859 : « (…) Après un demi-siècle et plus d’honorables travaux, après avoir fourni toute une carrière aussi remarquable par la distinction que par l’utilité et la durée des services, M. le marquis d’Audiffret avait assurément bien acquis le droit de songer au repos. (…). Quel que soit l’avenir qui lui est réservé dans la nouvelle carrière à laquelle il s’est dévoué, M. le président d’Audiffret laisse après lui dans cette compagnie comme dans l’administration la mémoire ineffaçable de grands services rendus, de bons exemples constamment donnés. Son nom se rattache en effet à cette série de progrés qu’a fait de nos jours l’organisation de la comptabilité publique, érigée en quelque sorte en une institution à la fois politique et financière, et devenue par ses développements successifs l’une des plus solides garanties de la bonne gestion des deniers publics. On peut dire que M. d’Audiffret a consacré toute sa vie et toutes ses facultés à lutter pour la conquête de ces progrès et pour la défense des principes d’ordre. (…) C’est là un titre d’honneur qui sera la recommandation durable de son nom dans le temps présent et encore après nous. Nous avons bien sujet à regretter que M. le président d’Audiffret cesse d’appartenir activement à cette compagnie, et nous serions presque tentés de lui faire le reproche de n’avoir pas accompli et dignement couronné sa carrière publique de magistrat en la terminant parmi nous. (…) »

Extrait de son éloge par le Procureur général Humbert en 1878 : « La Cour des comptes a perdu cette année, dans la personne de M. le marquis d’Audiffret, un de ces hommes rares auxquels il a été donné d’atteindre, par leur mérite, à un tel degré dans l’estime générale que l’éclat de leur considération semble, en quelque sorte, se confondre avec la renommée elle-même. Dire en effet, de cet administrateur hors ligne, de ce publiciste plein d’autorité, qui fut en même temps un membre distingué de nos assemblées législatives et un magistrat éminent, que les travaux de son existence si bien remplie se relient directement à la création et au progrès de l’ordre et de l’unité dans l’organisation de la comptabilité publique en France, comme au développement du contrôle judiciaire et administratif de cette cour, appelée à préparer, sous l’influence libérale du régime représentatif, le contrôle définitif du Parlement, c’est résumer par avance, en quelques traits essentiels, l’éloge d’un collègue universellement regretté. (…) Préparé par ses travaux antérieurs à l’exercice de ses nouvelles fonctions, il se distingua spécialement dans la rédaction du rapport public, où il trouvait l’emploi le mieux approprié à la nature de ses connaissances et de ses talents. Il rencontra d’ailleurs, parmi ses collègues, l’accueil dû à son mérite et à ses manières si courtoises. Il apportait, dans ses relations avec eux, tant de bonne grâce et de politesse, et, dans ses entretiens, des formes si conciliantes, qu’on lui pardonnait aisément l’inébranlable fermeté de ses convictions doctrinales. Chargé pendant trente ans du rapport public, le président d’Audiffret fut l’organe imposant et respecté de la compagnie où il siégeait, et il en devint pour ainsi dire, aux yeux du public, l’ornement, par la nature et l’éclat de ses services comme par la considération attachée à ses vertus, et qui se reflétait sur la Cour toute entière (…) »

Domiciles : 2, rue de Mondovi (1er), 387, puis 281 rue Saint-Honoré (1er), 5, rue Royale-Saint-Honoré (8ème).

Grand-Croix de la Légion d'honneur le 28 décembre 1869.

Publications : Outre ses rapports, discours et opinions à la Chambre des pairs, il a notamment publié en 1840 un « Système financier de la France », en plusieurs volumes, considéré comme le meilleur ouvrage sur la matière en son temps, plusieurs fois réédité et augmenté de son vivant jusqu’en 1876. Collaboration à divers dictionnaires et encyclopédies, dont le Plutarque Français ; La crise financière de 1848, Paris 1848 ; Souvenirs de ma famille et de ma carrière, dédiés à mes parents, 1787-1878, publiés en 2002 par le Comité pour l’histoire économique et financière de la France.

Tombeau au Père Lachaise, 42ème division.