Rapport d’observations définitives
COMMUNAUTE DE COMMUNES COEUR CÔTE
FLEURIE
(Calvados)
Exercices 2009 et suivants
Observations délibérées le 21 mai 2015
SOMMAIRE
SYNTHÈSE
................................................................................................................................
1
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
.....................................................................................
2
I -
RAPPEL DE LA PROCÉDURE
........................................................................................
3
II -
PRÉSENTATION DE LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES COEUR CÔTE FLEURIE
.....
3
III -
UNE GOUVERNANCE CONFORME AUX TEXTES, DES GROUPES DE
COMPÉTENCES COHÉRENTS
.......................................................................................
5
A -
La gouvernance est exercée selon les obligations prévues
...................................................
5
1 -
Le règlement intérieur encadre correctement le fonctionnement interne de l’EPCI
...................................
5
2 -
L’EPCI a mis en place les organes nécessaires à son fonctionnement
.....................................................
5
B -
Le périmètre des compétences permet une réelle intervention de l’établissement
.............
6
1 -
Un intérêt communautaire bien défini
........................................................................................................
6
2 -
Une intervention concrète en matière d’aménagement de l’espace
..........................................................
6
3 -
Les technologies numériques en appui au développement économique
...................................................
7
4 -
Les compétences liées à l’environnement et au cadre de vie
....................................................................
8
5 -
Conclusion sur l’étendue du périmètre des compétences statutaires
........................................................
9
C -
L’exercice effectif des compétences obligatoires
....................................................................
9
1 -
Les réalisations dans le domaine de l’aménagement de l’espace communautaire …
...............................
9
2 -
… et en matière de développement économique
....................................................................................
11
3 -
Conclusion sur la mise en oeuvre des compétences obligatoires
............................................................
11
D -
Le projet de schéma de mutualisation des services de l’EPCI est en cours
d’élaboration
...............................................................................................................................
12
IV -
LA QUALITÉ DE L’INFORMATION BUDGÉTAIRE FINANCIÈRE ET COMPTABLE
....
12
A -
L’information budgétaire et financière
....................................................................................
12
1 -
Le débat d’orientation budgétaire
............................................................................................................
12
2 -
La présentation des annexes obligatoires peut être rendue exhaustive
..................................................
13
3 -
Les prévisions budgétaires pluriannuelles devraient être actualisées
.....................................................
14
B -
L’information sur le patrimoine de l’EPCI et son suivi comptable
.......................................
14
1 -
Les participations de l’EPCI, une régularisation à prévoir
........................................................................
14
2 -
Les immobilisations en cours
...................................................................................................................
15
C -
L’information des élus et du public s’est améliorée au cours de la période sous revue ... 15
1 -
Les rapports annuels d’activité apportent l’information nécessaire
..........................................................
15
2 -
Les rapports spéciaux sont régulièrement présentés
..............................................................................
16
3 -
Les rapports annuels des délégataires sont présentés et tenus à la disposition du public
......................
16
D -
Conclusion sur la qualité de l’information budgétaire, financière et comptable
................
16
V -
LA SITUATION FINANCIÈRE DE L’EPCI AU BUDGET PRINCIPAL
............................
17
A -
Des dépenses de fonctionnement maîtrisées qui repartent à la hausse depuis 2012
.......
17
1 -
Une évolution jusqu’alors maîtrisée des charges à caractère général
.....................................................
17
2 -
L’analyse de la masse salariale et de son évolution
................................................................................
18
3 -
L’évolution des autres charges de gestion
...............................................................................................
18
B -
Une évolution des recettes de fonctionnement plus contrainte
...........................................
19
1 -
Des ressources fiscales substantielles, marquées par un nouveau contexte
..........................................
19
2 -
Une dotation d’intercommunalité dont le montant stagne
........................................................................
20
3 -
Conclusion sur l’évolution des recettes de fonctionnement
.....................................................................
21
C -
La formation de l’autofinancement, les déterminants des dépenses d’investissement
et la situation au regard de l’endettement
...............................................................................
21
1 -
Les équilibres financiers sont respectés
..................................................................................................
21
2 -
Un programme d’équipement soutenu, un financement équilibré
............................................................
22
VI -
LES SERVICES PUBLICS DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT
.............................
23
A -
Des investissements importants et réguliers depuis 2009
....................................................
24
1 -
Un effort d’équipement important pour le service public de l’assainissement
..........................................
24
2 -
Un entretien régulier du réseau de distribution de l’eau potable
..............................................................
25
B -
Des tarifs mesurés et une évolution maîtrisée des prix facturés à l’usager
.......................
26
VII -
LA COMPÉTENCE VISANT À L’ÉTABLISSEMENT, L’EXPLOITATION ET LA MISE
À DISPOSITION D’INFRASTRUCTURES ET DE RÉSEAUX DE COMMUNICATIONS
ÉLECTRONIQUES
.........................................................................................................
28
A -
Un réseau d’initiative publique pionnier mais bien intégré aux stratégies territoriales
....
28
1 -
Un réseau intégré aux stratégies départementale et régionale
................................................................
28
2 -
Un réseau ouvert à la concurrence
..........................................................................................................
29
B -
Les principales caractéristiques de la délégation de service public
...................................
29
1 -
Les prestations déléguées
.......................................................................................................................
29
2 -
L’offre de services proposée aux usagers du réseau
..............................................................................
30
3 -
L’organisation financière du contrat
.........................................................................................................
31
4 -
Le contrôle et le suivi du projet par l’EPCI
...............................................................................................
32
C -
La phase de réalisation des investissements de premier établissement
............................
33
1 -
Le réseau a été entièrement déployé dans les délais impartis
................................................................
33
2 -
Le plan de financement initial a été respecté
...........................................................................................
34
D -
Une entrée en phase de commercialisation difficile
..............................................................
35
1 -
Les difficultés soulevées par le comité technique intercommunal de suivi de la DSP
.............................
35
2 -
Les résultats de la commercialisation à fin novembre 2014
.....................................................................
36
3 -
La situation financière de la société ad’ hoc au regard des prévisions initiales
.......................................
39
E -
Conclusion sur la situation du RIP « Coeur fibre »
.................................................................
42
ANNEXES
................................................................................................................................
44
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
1
SYNTHÈSE
Depuis 2002, la communauté de communes Coeur Côte Fleurie regroupe onze
communes du Calvados dont sept sises sur le littoral. Sa population totale s’élève à
21 094 habitants, sa population dite « DGF » est portée à 46 718 habitants en raison du
nombre
de
résidences
secondaires.
Le
caractère
touristique
de
la
plupart
des
communes-membres marque l’activité économique de l’établissement de coopération
intercommunale (EPCI). Début 2014, ce dernier employait 36 agents sur emplois
permanents. Son budget consolidé s’élevait à 26 M€ en dépenses. L’établissement a opté
pour le régime de la fiscalité additionnelle avec fiscalité professionnelle de zone.
Outre un intérêt communautaire clairement défini, les statuts de l’EPCI lui
confèrent des compétences optionnelles qui s’articulent de manière cohérente et
complémentaire avec les compétences obligatoires. L’établissement peut ainsi intervenir de
manière concrète pour l’aménagement de l’espace communautaire, le développement
économique et la protection de l’environnement.
Cependant, les compétences de la communauté n’ont pas été étendues depuis
2008 et les activités culturelles, sportives ainsi que le tourisme ne font pas partie de son
champ d’intervention en dépit de leur importance dans la vie locale.
L’information budgétaire financière et comptable fournie par l’établissement aux
élus et au public est satisfaisante. Il incombe néanmoins à l’ordonnateur de la compléter sur
certains points afin de garantir la transparence de l’ensemble de l’activité communautaire.
Ainsi, lors de la préparation du débat d’orientation budgétaire, il conviendra d’actualiser les
données contenues dans le programme pluriannuel d’investissement au vu de la situation
financière
de
l’exercice
écoulé
et
des
perspectives
budgétaires
proposées
par
l’établissement.
L’information comptable fournie par l’EPCI est fiable. Au cours de la période
contrôlée, l’établissement a régulièrement produit aux élus et au public l’information prévue
en matière de délégation de service public et a amélioré celle relative à l’environnement par
la production, au cours des derniers exercices, des rapports spéciaux pertinents.
Il ressort de l’examen du budget principal que, conformément à l’objectif qu’il
s’était fixé en 2008 lors de l’adoption de sa stratégie financière, l’établissement est parvenu à
maîtriser ses dépenses de fonctionnement en début de période sous contrôle, notamment
par une augmentation mesurée de ses charges à caractère général.
Néanmoins depuis 2012, ces dépenses connaissent une évolution plus
soutenue. La réflexion d’ores et déjà engagée sur une maîtrise accrue des charges de
fonctionnement doit se poursuivre et devra déboucher sur des actions concrètes.
Les recettes de fonctionnement proviennent d’un produit fiscal élevé. Il n’en reste
pas moins que la stagnation de la dotation d’intercommunalité reçue de l’État, et
l’augmentation de la contribution au FPIC versée par l’établissement influencent leur
évolution depuis 2013.
L’EPCI a financé son programme d’équipement essentiellement par ses
ressources internes et avait intégré au budget 2014 la baisse prévisible de sa capacité
d’autofinancement.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
2
L’établissement assure la gestion des services publics de l’eau et de
l’assainissement par contrats d’affermage. Une gestion de qualité sur le long terme a permis
la réalisation d’investissements importants, notamment la construction d’une nouvelle station
d’épuration, sans augmentation de la surtaxe supportée par les usagers au profit de
l’établissement entre 2008 et 2013. Cette gestion a permis aux communes balnéaires de
disposer d’eaux de baignade de qualité et aux usagers de ne pas supporter une majoration
de certaines taxes et redevances.
En 2010, l’établissement a signé une convention de délégation de service public
avec la société Tutor en vue de la construction et de l’exploitation d’un réseau de
communications électroniques en fibre optique desservant l’ensemble de son territoire. Ledit
réseau a été réceptionné en mai 2012, avec un an d’avance sur le calendrier initial et plus de
trois ans d’avance sur les prévisions de déploiement d’un même réseau dans le département
du Calvados.
Cependant, si la phase d’investissement a été correctement menée d’un point de
vue légal comme d’un point de vue technique, la phase de commercialisation, initiée dès
octobre 2012, a soulevé des difficultés conséquentes qui, bien que partiellement résolues
depuis lors, ont creusé un écart entre les prévisions annexées à la convention et les
réalisations effectives.
En outre, malgré les dispositions contractuelles en ce sens, le délégataire ne
produit pas l’ensemble des informations permettant le suivi de son activité et de sa situation
financière.
Dans ces circonstances, l’économie générale de la délégation présente, à ce
jour, une fragilité financière avérée. Les négociations en cours entre les parties devront
rapidement se conclure par une information du conseil communautaire. Ce dernier sera à
même de statuer sur les modifications éventuelles à apporter à la convention de délégation
de service public.
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
La chambre engage l’EPCI à :
Recommandation n° 1
: actualiser les informations contenues dans son programme
pluriannuel d’investissement au vu de sa situation financière de l’année écoulée et des
perspectives de gestion proposées.
Recommandation n° 2
: renforcer le suivi pluriannuel des opérations d’investissement
prévues dans la « stratégie financière » afin d’améliorer le pilotage pluriannuel de sa
solvabilité et l’information des élus et du public.
Recommandation n° 3
: régulariser la situation des comptes d’immobilisations en cours
figurant au bilan des budgets de l’établissement.
Recommandation n° 4
: obtenir de la société Tutor Coeur Côte Fleurie, délégataire, des
rapports annuels d’activité conformes aux dispositions légales et conventionnelles et
pratiquer une analyse plus approfondie des données transmises.
Recommandation n° 5
: renforcer son contrôle sur l’activité et sur la situation financière de
la délégation en raison de la dégradation sensible de ses comptes depuis l’entrée en phase
de commercialisation en 2012.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
3
I -
RAPPEL DE LA PROCÉDURE
L’examen de la gestion de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
(CCCCF) pour les années 2009 et suivantes a été notifié à l’ordonnateur en fonctions au
cours de la période sous revue par le président de la chambre en date du 8 octobre 2014.
L’entretien préalable a eu lieu le 15 janvier 2015 avec M. Philippe Augier,
président du conseil communautaire.
La chambre a délibéré sur le rapport d’observations provisoires le 30 janvier
2015 et l’a adressé dans son intégralité au président du conseil communautaire le 19 février
2015. Il en a accusé réception le 20 février 2015.
Un extrait a également été adressé le 19 février 2015 à un tiers susceptible d’être
mis en cause. Celui-ci a apporté une réponse à la chambre enregistrée au greffe le 10 avril
2015.
M. Philippe Augier a apporté une réponse enregistrée au greffe de la juridiction le
21 avril 2015.
Après avoir entendu le rapporteur et pris connaissance des conclusions du
procureur financier, la chambre a arrêté, le 21 mai 2015, le présent rapport d'observations
définitives qui a été communiqué à l’ordonnateur en fonctions le 29 mai 2015.
Ce rapport, auquel est jointe la réponse du président de la communauté de
communes Coeur Côte Fleurie, qui engage sa seule responsabilité, devra être communiqué
à l’assemblée délibérante de la communauté de communes lors de sa plus proche réunion
suivant sa réception. Il fera l'objet d'une inscription à l'ordre du jour, sera joint à la
convocation adressée à chacun de ses membres et donnera lieu à un débat.
Ce rapport sera, ensuite, communicable à toute personne qui en ferait la
demande en application des dispositions de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978.
II -
PRÉSENTATION DE LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES COEUR CÔTE
FLEURIE
L’établissement, situé dans l’arrondissement de Lisieux, est composé de onze
communes
1
dont sept sises sur le littoral, pour une population totale recensée par l’INSEE de
21 094 habitants
2
. Trois des communes qui le composent, Deauville, Trouville-sur-Mer et
Villers-sur-Mer, bénéficient d’un sur classement démographique dans la strate des
communes de 20 000 à 40 000 habitants.
En haute saison touristique, la population peut atteindre 120 000 habitants. Cette
fréquentation a des incidences sur le dimensionnement des équipements publics dont
l’EPCI assure la gestion. La population dite « DGF
3
» s’établissait à 46 718 habitants en
2014.
L’arrêté préfectoral du 23 décembre 2011 portant publication du schéma
départemental de coopération intercommunale du Calvados n’a pas modifié le périmètre
géographique de l’établissement.
1
Bénerville-sur-Mer, Blonville-sur-Mer, Deauville, Saint-Arnoult, Saint-Pierre-Azif, Touques, Tourgéville, Trouville-sur-Mer,
Vauville, Villers-sur-Mer et Villerville.
2
Source : INSEE, population légale entrée en vigueur le 1
er
janvier 2014 (population totale).
3
Il s’agit d’une base servant au calcul de la dotation générale de fonctionnement (DGF) qui intègre notamment le nombre de
résidences secondaires (et non d’une population effectivement recensée).
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
4
En
2013,
le
potentiel
financier
du
Calvados
par
habitant
s’élevait
à
487,93 euros (€)
4
pour une moyenne de 1 259,62 € dans l’EPCI. La part des foyers fiscaux
imposables
(57,6 %)
était
sensiblement
supérieure
à
celle
observée
en
région
Basse-Normandie (53,7 %). Le revenu net moyen déclaré par foyer fiscal en 2011 s’élevait à
27 323 € pour une moyenne régionale de 22 826 €.
La population de l’établissement stagne depuis la fin des années 1990,
contrairement
à
celle
des
territoires
voisins.
L’évolution
démographique
des
communes-membres fait apparaître un mouvement de «
desserrement urbain de Deauville
et Trouville-sur-Mer vers leur arrière-pays
5
.
»
En 2011, plus du quart de la population vivant sur le territoire de l’établissement
(28,8 %) était âgé de 65 ans ou plus. Les résidences secondaires et les logements
occasionnels composaient 68,6 % du parc total des logements
6
, tandis que l’habitat principal
ne représentait que 28,1 %.
Le caractère touristique de la plupart des communes-membres marque l’activité
économique du territoire. Ainsi, les principaux secteurs d’activité sont les services et
l’administration avec respectivement 61,8 % et 24,9 % de l’emploi salarié total.
Fin 2014, les services de l’établissement employaient 36 agents sur emplois
permanents. Son budget consolidé (budget principal et budgets annexes) s’élevait, fin 2013,
à 26 millions d’euros (M€) en dépenses (opérations réelles et d’ordre), dont 13,5 M€ en
fonctionnement et 12,5 M€ en investissement, pour un résultat global cumulé de 3,8 M€. Il se
compose du budget principal (51 % des dépenses) et de quatre budgets annexes parmi
lesquels les budgets annexes des services publics de l’eau et de l’assainissement collectif.
Ces derniers individualisent des opérations à caractère industriel et commercial et
totalisaient 48 % des dépenses consolidées.
Au budget principal, trois compétences concentraient 93 % des dépenses
7
, à
savoir l’aménagement urbain et l’environnement 71 % (dépenses principalement liées au
traitement des ordures ménagères), la sécurité publique 15 % (service d’incendie) et le sport
et la jeunesse 7 %.
La CCCCF a opté pour le régime de la fiscalité additionnelle avec fiscalité
professionnelle de zone. Les flux financiers avec les communes-membres se limitent au
versement de fonds de concours pour moins de 30 000 € par an en moyenne.
En 2010, l’EPCI a entamé le déploiement d’un réseau ouvrant l’accès à internet à
très haut débit par la fibre optique sur l’ensemble de son territoire.
Le
présent
rapport
porte
sur
la
gouvernance
de
l’établissement,
ses
compétences statutaires et leur mise en oeuvre. La qualité de l’information budgétaire et
comptable y est présentée ainsi que l’estimation de sa situation financière. La gestion des
services publics de l’eau et de l’assainissement collectif y est examinée de même que les
réalisations en matière d’infrastructures et de réseaux de communications électroniques.
4
Le potentiel financier par habitant pour le département est apprécié selon la population dite « DGF ». Source : DGCL.
5
Source : Etude préparatoire au PLUi de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie.
6
La part des résidences secondaires dans le département du Calvados est de 17,8 % (15,3 % en Région Basse-Normandie).
7
Il s’agit des dépenses de fonctionnement et d’investissement ventilées, hors dépenses des services généraux.
Source : compte administratif 2013, présentation croisée par fonction.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
5
III -
UNE GOUVERNANCE CONFORME AUX TEXTES, DES GROUPES DE
COMPÉTENCES COHÉRENTS
A -
La gouvernance est exercée selon les obligations prévues
1 -
Le règlement intérieur encadre correctement le fonctionnement interne de
l’EPCI
En application des articles L. 2121-8 et L. 5211-1 du code général des
collectivités territoriales (CGCT), il incombe aux EPCI de se doter d’un règlement intérieur
organisant librement leur fonctionnement dans les limites du droit. Au cours de la période
sous revue, deux règlements intérieurs ont été mis en oeuvre. La réglementation applicable y
est rappelée.
2 -
L’EPCI a mis en place les organes nécessaires à son fonctionnement
a -
Le conseil communautaire
Jusqu’aux élections locales organisées en 2014, le nombre de délégués au
conseil communautaire (45) et leur répartition entre les communes-membres était fixé par
l’arrêté préfectoral du 17 juin 2002.
L’article L. 5211-6-1 du CGCT introduit par la loi n° 2010-1563 du 16 décembre
2010 a modifié les règles de répartition des sièges à partir du scrutin de 2014. Le nombre de
sièges au conseil communautaire (41) et leur répartition ont été fixés conformément à l’arrêté
préfectoral du 28 octobre 2013.
b -
Le bureau - composition et délégations
L’article L. 5211-10 du CGCT prévoit que l’EPCI instaure un bureau
« composé
du président, d’un ou de plusieurs vice-présidents et, éventuellement, d’un ou de plusieurs
autres membres. Le nombre de vice-présidents est librement déterminé par l’organe
délibérant, sans que ce nombre puisse excéder 30 % de l’effectif de celui-ci. »
Le 5 avril 2008, le conseil communautaire a élu son président, fixé le nombre de
vice-présidents (13) et désigné ces derniers. De même, par délibération du 12 avril 2014, la
nouvelle assemblée délibérante a fixé le nombre des membres du bureau à onze, soit le
président et les vice-présidents.
En 2008, comme en 2014, le conseil communautaire nouvellement installé a
délégué une partie de ses attributions au président de l’EPCI, comme le lui permettent les
articles L. 5211-10, L. 2122-22 et L. 2122-23 du CGCT. En retour, le président a
régulièrement rendu compte des attributions exercées par le biais de rapports thématiques
8
.
c -
Les commissions permanentes et réglementaires
Au cours de la période, le règlement intérieur a précisé le rôle des commissions,
leur composition et leur fonctionnement.
Le 12 avril 2014, le conseil communautaire a élu les membres des commissions
«
appel d’offres et attribution des marchés publics
» et «
délégation de service public
»,
suivant les dispositions de l’article 22 du code des marchés publics. Au cours de la même
séance, il a procédé à la constitution de la commission intercommunale pour l’accessibilité
aux personnes handicapées prévue à l’article L. 2143-3 du CGCT.
8
Des rapports sont notamment produits sur les marchés publics, les délégations de service public, les déclarations d’intention
d’aliéner (en application de la loi n°2014-366 du 2 4 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové).
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
6
En outre, dix commissions thématiques communautaires
9
, en cohérence avec les
compétences exercées, ont été mises en place et leurs membres désignés. Leurs travaux ne
font pas l’objet de développements spécifiques dans les rapports d’activité de l’établissement
mais des comptes rendus sont réalisés.
Dans sa réponse à la chambre, l’ordonnateur a précisé que ces documents
étaient adressés au maire de chaque commune-membre.
B -
Le périmètre des compétences permet une réelle intervention de
l’établissement
Le périmètre d’intervention de la CCCCF comprend, outre les deux compétences
obligatoires d’aménagement de l’espace et de développement économique, quatre
compétences optionnelles portant sur l’environnement, le logement et le cadre de vie, la
voirie et les équipements à caractère scolaire, sportif, social et culturel. A cet ensemble
s’ajoute, depuis 2008, la compétence relative à l’établissement et à l’exploitation d’un réseau
de communications électroniques.
1 -
Un intérêt communautaire bien défini
En application de l’article L. 5214-16 III du CGCT, il incombe aux communes-
membres de définir les compétences qu’elles transfèrent à l’EPCI. Elles doivent également
déterminer l’intérêt communautaire
10
qui délimite, au sein des compétences partagées, les
domaines d’action transférés et ceux demeurant au niveau communal.
La CCCCF a, dans un premier temps, reconnu d’intérêt communautaire des
équipements relevant de sa compétence parmi lesquels l’école de musique intercommunale,
le pôle omnisports de Trouville-Deauville (POM’S), la Maison du Méridien à Villers-sur-Mer
devenue depuis le Paléospace l’Odyssée.
S’agissant des compétences partagées, sont déclarés d’intérêt communautaire
les zones d’activité déléguées par les communes, certaines actions en faveur de l’emploi et
de la formation professionnelle, des services de logement, des actions culturelles et certains
travaux de voirie. Ces éléments sont clairement précisés dans les statuts.
2 -
Une intervention concrète en matière d’aménagement de l’espace
Jusqu’au 27 mars 2014, l’article L. 5214-16 du CGCT prévoyait que
l’établissement devait exercer des actions d’intérêt communautaire relevant de la
compétence « aménagement de l’espace » sans toutefois en préciser le contenu. Il
appartenait alors aux conseils municipaux de définir les actions qui relèveraient de l’EPCI à
ce titre.
Depuis lors, la loi ALUR
11
a modifié cet article en transférant la compétence du
plan local d’urbanisme (PLU) aux communautés de communes dans un délai de trois ans
après publication de la loi, soit au plus tard le 27 mars 2017
12
.
Après l’annulation totale du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi
13
) en
2009, le conseil communautaire a conduit l’élaboration d’un nouveau plan approuvé en
conseil communautaire le 22 décembre 2012.
9
Aménagement du territoire (urbanisme, habitat, foncier, dont PLUi, SDF, gens du voyage, OPAH) ; travaux et lutte contre les
inondations ; environnement et qualité de vie ; finances ; assainissement et qualité des eaux de baignade ; développement
économique ; eau potable ; prospective, nouveaux projets, communication (dont TIC, dématérialisation) ; emploi et formation ;
prévention et sécurité.
10
En pratique, l’intérêt communautaire peut être défini au moyen de listes d’équipements, de territoires ou d’actions.
11
Article 136 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové, dite loi ALUR.
12
Cette disposition s’appliquera sauf opposition d’au moins un quart des communes-membres représentant au moins 20 % de
la population.
13
Le plan local d’urbanisme intercommunal
établit le projet global d’urbanisme et d’aménagement à l’échelle de la communauté
de communes et fixe les règles générales d’utilisation du sol sur le territoire.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
7
Depuis sa création, l’EPCI exerce les responsabilités afférentes au schéma de
cohérence territoriale (SCOT) en sa qualité de membre du syndicat mixte pour le SCOT du
Nord du pays d’Auge.
Les communes lui ont également délégué leur droit de préemption urbain, ainsi
que l’instruction des demandes d’autorisation et la gestion des actes relatifs à l’occupation
des sols, à l’exception de trois d’entre elles
14
.
En conséquence, par ces transferts étendus de la part des communes en
matière d’aménagement de l’espace, l’EPCI remplit d’ores et déjà la majeure partie des
obligations qui s’imposeront aux établissements à compter de 2017.
L’EPCI est en outre compétent pour la création, la réalisation et la
commercialisation de zones d’aménagement concerté d’intérêt communautaire (ZAC) et
pour la constitution des réserves foncières.
Le premier volet de la compétence optionnelle « politique du logement et du
cadre de vie » comprend également une diversité de services dans le domaine du logement
d’intérêt communautaire
15
. L’EPCI est aussi compétent en matière d’équipement scolaire,
sportif, social et culturel
16
et pour les travaux de voirie d’intérêt communautaire
17
.
En 2013, un arrêté préfectoral a autorisé l’EPCI à adhérer à des syndicats mixtes
de type pôle métropolitain
18
. Par délibération du 20 septembre 2014, l’établissement a
adopté le principe d’une adhésion au syndicat mixte du Pôle métropolitain de l’Estuaire de la
Seine.
3 -
Les technologies numériques en appui au développement économique
Aux termes de l’article L. 5214-16 du CGCT, la communauté de communes doit
exercer des actions d’intérêt communautaire relevant de la compétence « développement
économique ». Pour autant, la disposition n’en précise le contenu que pour les EPCI à
fiscalité professionnelle unique, ce qui n’est pas le cas de la CCCCF.
Par sa compétence en matière de développement des ZAC, il incombe
statutairement à l’établissement d’en assurer l’équipement permettant l’accès à internet à
haut et très haut débit.
En outre, l’établissement dispose, depuis 2002, de la capacité d’actions en
faveur de l’emploi et de la formation professionnelle en direction de publics spécifiques. Les
statuts prévoient également que l’établissement est compétent «
pour les actions tendant à
valoriser l’image globale de la communauté de communes en matière d’accueil
», sans
toutefois décliner cette compétence.
Dès 2007, l’implication des communes dans le déploiement d’un réseau en fibre
optique à très haut débit s’expliquait à la fois par le besoin exprimé par les acteurs du
développement économique du territoire mais également par la volonté des élus de
contribuer à la diversification des activités locales.
14
Les communes de Deauville, Trouville-sur-Mer et Touques ont conservé la compétence.
15
A ce titre, l’EPCI assure l’élaboration et le suivi du programme local de l’habitat (PLH) ainsi que la participation aux opérations
d’amélioration de l’habitat. Outre des actions concernant le logement social, l’établissement prend en charge le logement des
personnes sans domicile fixe, l’accueil des gens du voyage et la participation à la réalisation de structures d’hébergement des
saisonniers occupant un emploi dans l’une des communes-membres.
16
Les équipements les plus significatifs sont le pôle omnisports de Deauville-Trouville (POM’S) et le Paléospace à
Villers-sur-Mer.
17
La compétence consiste en la participation à la réalisation d’équipements et de travaux liés à la sécurité routière ainsi que les
travaux sur les voiries desservant les zones d’activité et les équipements communautaires et les voiries ainsi classées par le
conseil communautaire.
18
La structure « Pôle métropolitain » a été conçue par la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010 et
précisée par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles du 27 janvier 2014. Elle vise
la réunion d’EPCI à fiscalité propre autour d’un modèle d’aménagement, sans transfert de compétences des EPCI membres,
puisque les interventions du pôle se limitent aux actions reconnues d’intérêt métropolitain.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
8
Concrètement, il s’agissait pour l’établissement d’assurer la maîtrise d’ouvrage
de la construction d’un réseau de communications électroniques à très haut débit pour
l’ensemble des communes-membres. Le choix de la fibre optique permettait à la fois de
résorber les zones blanches et de dynamiser l’économie locale.
4 -
Les compétences liées à l’environnement et au cadre de vie
a -
Une compétence « environnement » élargie
La compétence « protection et mise en valeur de l’environnement » se traduit par
la gestion des services publics de l’eau potable, des réseaux d’assainissement collectif, le
traitement des eaux pluviales et le suivi de la qualité des eaux de baignade. L’établissement
est également compétent pour la gestion du service public d’assainissement non collectif
(SPANC).
Comme le leur permet l’article L. 2224-13 du CGCT, les communes ont choisi de
conserver la collecte des déchets ménagers sur leur territoire tout en transférant leur
traitement à l’établissement. Selon l’ordonnateur, cette organisation permet une adaptation
de la collecte aux besoins saisonniers de chaque commune. L’EPCI gère trois déchetteries
et l’ensemble des points recyclage en apport volontaire. Une réflexion devra néanmoins être
engagée sur ce point dans le cadre d’une meilleure mutualisation attendue des services
publics.
Dans sa réponse à la chambre, l’ordonnateur a indiqué qu’un groupe de travail
chargé de préparer des actions de mutualisation de la collecte et de la gestion des déchets
ménagers a été créé au sein de l’EPCI début 2015. Il a ajouté qu’un projet de règlement
intercommunal de la collecte était à l’ordre du jour.
La
chambre
encourage
l’établissement
à
poursuivre
ses
initiatives
de
mutualisation des services publics dont les montants sont importants pour les communes.
b -
Le secours contre l’incendie pourrait être rendu plus efficace par un
nouveau transfert de compétence
S’agissant du cadre de vie, en application de l'article L. 1424-35 du CGCT,
l’EPCI est compétent «
en matière de secours contre l’incendie où il se substitue de plein
droit au district.
»
L’article 77 de la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 d e simplification et
d’amélioration de la qualité du droit, codifié aux articles L. 2225-1 à L. 2225-3 du CGCT, a
créé au niveau communal un service public consistant en la défense extérieure contre
l’incendie (DECI) et ayant pour objet l’alimentation en eau des services d’incendie et de
secours.
Le DECI est juridiquement distinct du SDIS et du service public d’eau potable. Le
transfert de la compétence eau potable à un groupement intercommunal n’a pas de
conséquence sur l’exercice de la compétence DECI. Ainsi, la réalisation, l’entretien, le
renouvellement des ouvrages permettant de fournir l’eau nécessaire à la lutte contre
l’incendie (poteaux, bouches à incendie) demeurent sous la responsabilité de la seule
commune compétente en matière de DECI
19
et ces ouvrages ne peuvent être mis à
disposition du groupement auquel a été transférée la compétence eau potable.
La chambre observe que les communes n’ont pas transféré la compétence DECI
à l’établissement. Ce dernier, compétent en matière de financement du SDIS et de gestion
du service public de l’eau potable, aurait vocation à bénéficier d’un tel transfert, dans un
souci de cohérence et d’efficacité du service public.
19
Toutes les dépenses relatives à l'exercice de la compétence DECI (fourniture, pose, entretien, renouvellement des
équipements et des ouvrages destinés à fournir l’eau nécessaire à la lutte contre l’incendie) relèvent dès lors des dépenses
obligatoires de la commune.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
9
Dans sa réponse, l’ordonnateur a indiqué à la chambre que la prise de
compétence du service public DECI n’était pas envisagée par le conseil communautaire. Il a
ajouté qu’un premier groupement de commandes pour le contrôle et l’entretien des bornes à
incendie venait d’être initié par convention entre l’EPCI et deux communes-membres.
5 -
Conclusion sur l’étendue du périmètre des compétences statutaires
Par ses statuts, l’EPCI dispose de champs d’intervention concrets s’agissant de
l’aménagement de l’espace communautaire et du développement économique. En
complémentarité, les compétences optionnelles et facultatives renforcent son action et
apportent une cohérence à l’ensemble.
Le périmètre des compétences exercées par l’EPCI est conséquent en ce qui
concerne la gestion des réseaux techniques (eau, assainissement, déchets, voirie,
communications électroniques).
Pour autant, si certains équipements ont été intégrés, cette démarche n’a pas
débouché sur un élargissement des responsabilités de l’établissement dans les domaines
sportifs et culturels.
Le tourisme, comme vecteur de développement de l’économie locale, demeure
également relever de la compétence des communes. Ainsi, six offices de tourisme
représentent huit des onze communes
20
sur le territoire.
L’ordonnateur explique cette situation par le souhait des communes de conserver
les compétences et les équipements du tourisme, de la culture et du sport pour le caractère
«
identitaire
» qu’ils représentent.
Nonobstant les choix exercés par les communes en matière de transferts dans
les domaines économiques, culturels et sportifs, la chambre observe que l’éventail de
compétences qui figurent aux statuts de l’établissement en fait un réel acteur de la gestion
publique locale même si la mise en commun de nouveaux services permettrait une meilleure
efficience au bénéfice de l’intérêt commun.
C -
L’exercice effectif des compétences obligatoires
1 -
Les réalisations dans le domaine de l’aménagement de l’espace
communautaire …
Le PLUi, adopté à l’unanimité en 2012, a fait l’objet de plusieurs recours en
annulation totale. Seuls cinq points du document ont été annulés par la juridiction
administrative.
Depuis 2012, les communes disposent d’un projet d’aménagement et de
développement durables
21
(PADD) à l’échelle communautaire. Le document exprime les
objectifs et les projets de l’EPCI en matière de développement économique et social,
d’environnement
et
d’urbanisme
à
long
terme.
Il
intègre
le
développement
des
communications électroniques en termes d’infrastructures et d’usages.
Les actions de développement de l’espace trouvent un prolongement par
l’adhésion de l’EPCI à l’association de préfiguration du pôle métropolitain de l’Estuaire de la
Seine.
20
Les communes de Blonville, Bénerville et Tourgéville disposent d’un même office de tourisme.
21
Dans le respect des objectifs énoncés aux articles L.110 et L.121-1 du code de l’urbanisme, le PADD définit les orientations
générales d’urbanisme et d’aménagement retenues pour le développement futur de l’ensemble du territoire de l'EPCI.
Le
règlement et les orientations d’aménagement et de programmation sont opposables aux permis de construire ou aux opérations
d’aménagement.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
10
Les travaux préparatoires à l’émergence du pôle sont orientés vers l’attractivité
territoriale (tourisme, promotion de l’identité estuarienne), le développement économique
(bilan des flux, étude des « données ouvertes
22
», économie circulaire
23
), la mobilité et
l’environnement (diagnostic socio-sanitaire et préconisations).
Pour la gestion de l’espace communautaire, l’établissement a adopté un système
d’information géographique (SIG
24
) lui permettant le traitement et l’analyse des informations
géo référencées. Le service est rendu disponible aux communes.
S’agissant de la «
constitution des réserves foncières
» en vue de la réalisation
de la ZAC du secteur de la Croix-Sonnet, la CCCCF vient de débuter les acquisitions de
terrains qui figuraient au bilan au 31 décembre 2013 du budget annexe « Zone
d’aménagement économique » pour moins de 600 000 €.
Le niveau actuel des réalisations s’explique à la fois par la faiblesse du foncier à
disposition de l’EPCI, par l’annulation complète du PLUi en 2009 qui a eu pour conséquence
de repousser l’adoption du nouveau plan à la fin de l’année 2012 et par la présence de
zones à risques dans plusieurs communes
25
.
En 2013, l’établissement s’est engagé dans l’élaboration d’une stratégie foncière
à l’échelle communautaire dans le but d’anticiper les opportunités permettant la réalisation
d’opérations dans des conditions abordables.
Dans le domaine du logement d’intérêt communautaire, l’EPCI assure
l’élaboration et le suivi du programme local de l’habitat (PLH) ainsi que la participation aux
opérations programmées d’amélioration de l’habitat (OPAH).
Le PLUi contient une orientation d’aménagement et de programmation (OAP),
valant PLH, qui constitue le plan d’action et de programmation pour la politique de l’habitat
de l’EPCI.
Dans le respect de l’article L. 302-3 du code de la construction et de l’habitation
modifié par la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 (loi ALUR), le conseil communautaire a
délibéré le 21 juin 2014 sur le bilan de la mise en oeuvre de l’OAP pour l’année 2013.
Le bilan présenté à l’assemblée délibérante permet de mesurer l’atteinte de
chacun des objectifs et d’identifier les actions correctives à mettre en oeuvre. Le document
est accessible au public sur le site de l’EPCI.
S’agissant des réalisations en matière d’OPAH, une étude pré-opérationnelle a
permis de fixer un objectif de 188 logements aidés par l'ANAH
26
dont 146 aidés en
complément par l’EPCI. Une convention entre ces deux acteurs et PACT ARIM des pays
normands
27
a été signée en octobre 2014.
Les personnes sans domicile fixe sont accueillies au foyer d’hébergement,
propriété de l’EPCI, « Le trait d’union » qui dispose d’une capacité d’accueil de
12 personnes. Les veilleurs réorientent les personnes vers le CCAS pour traiter les difficultés
d’ordre social.
22
Les données ouvertes (« open data » en anglais) sont des «
données qu'un organisme met à la disposition de tous sous
forme de fichiers numériques afin de permettre leur réutilisation
. » Définition produite par la commission générale de
terminologie et de néologie.
23
Selon l’ADEME, l’économie circulaire peut se définir comme un système d’échange et de production qui, à tous les stades du
cycle de vie des produits, vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement.
24
Un SIG est un outil informatique permettant de représenter et d'analyser des informations localisées géographiquement afin
de contribuer à la gestion de l'espace.
25
Les risques auxquels est exposée la commune sont consultables à l’adresse :
.
S’y ajoute le risque de marnières.
26
Agence nationale de l’habitat.
27
La fédération des PACT est reconnue service social d’intérêt général. Ses associations membres participent à la réalisation
de projets liés à l’habitat.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
11
Dans le cadre du schéma départemental d’accueil des gens du voyage, l’EPCI
met à disposition un terrain situé à Villerville, d’une surface de six hectares. Cette aire de
grand passage dispose de 250 emplacements de stationnement.
S’agissant de l’hébergement des travailleurs saisonniers, la commune de
Deauville, sur laquelle se trouve un terrain propriété de Réseaux ferrés de France, avait fait
valoir son droit de priorité pour bénéficier de studios sur un ensemble à construire,
initialement destinés à l’accueil d’étudiants.
Ce projet, qui reposait sur la participation des professionnels de l’hôtellerie et de
la chambre de commerce et d’industrie du pays d’Auge, n’a pas abouti. Selon l’ordonnateur,
les besoins des professionnels se sont par la suite avérés inférieurs aux prévisions, ce qui a
entraîné l’ajournement du projet.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a indiqué que le logement des travailleurs
saisonniers restait une priorité.
La chambre constate que l’établissement investit l’ensemble des aspects de la
compétence aménagement de l’espace, notamment en matière d’urbanisme et d’habitat.
2 -
… et en matière de développement économique
Comme évoqué plus haut, les opérations d’acquisitions foncières sont en cours
pour la ZAC du secteur de la Croix-Sonnet. Fin 2013, le conseil communautaire a autorisé la
dissolution du budget annexe portant sur la ZAC de Villers-sur-Mer au motif que les terrains
avaient été rendus inconstructibles et classés dans le nouveau PLUi.
En ce qui concerne les actions en faveur de l’emploi et de la formation
professionnelle en direction de publics spécifiques, les principales réalisations sont la
convention signée avec l’AGEFOS PME
28
en 2012 et le programme de formations des PME
au numérique intitulé « Thémanet ». L’établissement mène également des actions avec la
CCI sur le thème des emplois saisonniers.
En juillet 2010, un contrat de concession a été signé avec la société Tutor Côte
Fleurie (filiale du groupe Tutor SA) pour la construction du réseau de communications
électroniques en fibre optique jusqu’à l’abonné. La phase de commercialisation des services
afférents au réseau a débuté en avril 2012. Fin 2014, le réseau comptait 33 500 prises
raccordables pour un total de 37 688 logements recensés par l’INSEE.
La chambre observe que l’initiative de l’EPCI en a fait l’un des premiers acteurs
territoriaux à proposer l’accès internet à très haut débit, au moyen de son réseau
communautaire public « Coeur Fibre » à l’ensemble des habitants, qu’ils résident en espace
rural ou urbain.
3 -
Conclusion sur la mise en oeuvre des compétences obligatoires
La communauté de communes Coeur Côte Fleurie met en oeuvre ses
compétences sauf contraintes extérieures, comme pour la réalisation de ZAC. Le
déploiement d’un réseau de fibre optique permettant l’accès internet à très haut débit est une
réalisation d’envergure qui contribue à l’attractivité de son territoire. L’établissement est
ouvert sur les espaces voisins et participe notamment aux travaux du syndicat mixte Pôle
métropolitain de l’Estuaire de la Seine.
La chambre relève cependant que les compétences de l’EPCI n’ont pas été
étendues depuis 2008. Les activités culturelles, sportives ainsi que le tourisme ne font pas
partie de son champ d’intervention malgré leur importance dans la vie locale.
28
La convention signée en 2012 comporte deux axes « Ambassadeurs Coeur Côte Fleurie » et « Dynamiser l’emploi sur Coeur
Côte Fleurie ». Les objectifs portent notamment sur l’identification des mutations à l’oeuvre sur le territoire en termes d’emploi,
la formulation d’hypothèses d’évolution à 3-5 ans et le repérage des compétences et qualifications nécessaires.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
12
D -
Le projet de schéma de mutualisation des services de l’EPCI est en
cours d’élaboration
Dans
le
contexte
de
maîtrise
de
la
dépense
publique
locale,
la
loi
n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des col lectivités territoriales a permis la
création de services communs aux EPCI et à leurs communes-membres, et a systématisé la
réflexion au sein des intercommunalités sur les possibilités de mutualisation.
Ainsi, l’article L. 5211-39-1 prévoit que, dans l’année suivant chaque
renouvellement général des conseils municipaux, le président de l’établissement établit un
rapport relatif aux mutualisations de services qui comporte un «
projet de schéma de
mutualisation des services à mettre en oeuvre pendant la durée du mandat
29
.
» En
application de ces dispositions, la communauté de communes devrait adopter son projet
avant fin 2015.
Interrogé sur l’état d’avancement de ce document, l’ordonnateur a déclaré que
des groupes de travail regroupant des représentants de l’EPCI et des communes-membres,
avaient été mis en place à l’été 2014. Selon le calendrier prévisionnel, un projet de schéma
devrait être soumis début 2015 au bureau, au conseil puis aux communes-membres, pour un
document finalisé au printemps 2015.
A ce jour, les travaux s’orientent vers un projet de mutualisation portant sur :
-
la collecte et le traitement des ordures ménagères ;
-
la fonction technologies de l’information et de la communication (TIC)
30
;
-
des groupements de commandes pour les marchés publics ;
-
la transformation de l’EPIC Paléospace Odyssée en société publique locale ;
-
la mutualisation avec les intercommunalités limitrophes ;
-
la mutualisation des services à faible identité locale tels que le nettoyage des
plages ou les services communs.
La chambre encourage l’établissement à poursuivre la démarche entamée dans le
domaine de la commande publique et à l’étendre à la mutualisation de services.
IV -
LA QUALITÉ DE L’INFORMATION BUDGÉTAIRE FINANCIÈRE ET
COMPTABLE
A -
L’information budgétaire et financière
1 -
Le débat d’orientation budgétaire
Pour les communes de 3 500 habitants et plus, l’article L. 2312-1 du
CGCT prévoit la tenue du débat d’orientation budgétaire (DOB) dans un délai de deux mois
maximum précédant l’examen du budget. La convocation des membres de l’assemblée
délibérante doit être accompagnée d’une «
note de synthèse
» relative aux orientations
générales du budget en vue de la tenue du débat, lequel ne donne pas lieu à des décisions
formelles mais a cependant une portée réelle.
En l’espèce, le DOB a été organisé à l'intérieur du délai légal dans le respect de
l’article L. 2312-1 du CGCT et des dispositions jurisprudentielles.
29
Ce projet doit notamment préciser les conséquences des mutualisations pour l’EPCI et les communes-membres, en termes
d’effectifs et de dépenses de fonctionnement.
30
L’EPCI prévoit la mutualisation des logiciels d’urbanisme avec les communes.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
13
Durant la période sous revue, les éléments suivants sont constatés :
-
la note de synthèse remise aux membres de l’assemblée délibérante, portant
sur le budget principal et les budgets annexes, fait référence aux orientations
prises lors des deux séminaires sur les finances
31
qui se sont tenus en juin
2008 pour la période 2008/2013, puis en février 2014 pour la mandature
suivante ;
-
le document contient une programmation pluriannuelle d’investissement et
des alternatives de financement principalement par l’augmentation des taux
d’imposition,
le
recours
à
l’emprunt
et
la
révision
du
programme
d’investissement ;
-
les évolutions, tant nationales que locales, susceptibles d’affecter le budget
principal et les budgets annexes sont recensées. En outre, il est fait mention
de l’augmentation prévue des taux d’imposition ainsi que de celle de la
surtaxe affectant les tarifs de l’eau et de l’assainissement collectif.
Cependant, la note de synthèse ne renseigne pas sur les principales
informations financières de l’exercice écoulé. Elle énumère les projets d’équipement en
cours sans en actualiser les montants. Les projets ne sont pas explicitement rapprochés des
objectifs
du
cadrage
budgétaire,
ni
en
termes
d’autofinancement,
ni
en
termes
d’endettement, même pour les projets d’envergure
32
.
Afin de produire à l’assemblée délibérante une information complète et
suffisamment détaillée pour débattre des orientations générales du budget, la chambre
recommande d’actualiser, chaque année, les projets d’équipement et de rapprocher les
montants à financer de l’autofinancement disponible et du niveau d’endettement de
l’établissement.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a reconnu l’intérêt de l’observation de la
chambre.
2 -
La présentation des annexes obligatoires peut être rendue exhaustive
En application des articles L. 2313-1, R. 2313-1 et R. 2313-3 du CGCT, les
instructions budgétaire et comptable applicables à l’EPCI disposent que les annexes
obligatoires doivent être répertoriées dans le sommaire du document budgétaire et être
jointes au budget primitif, au budget supplémentaire et au compte administratif.
Durant la période sous revue, l’EPCI a régulièrement produit les annexes importantes
qui permettent de se fonder une opinion sur la situation de son bilan, notamment par l’état de
la dette et par la présentation de l’équilibre des opérations financières, par la présentation
des engagements hors bilan et par l’état de variation des immobilisations prévu à l’article
R. 2313-3 du CGCT et du tableau des acquisitions et des cessions mentionné à l’article
L. 300-5 du code de l’urbanisme.
En revanche, la liste des bénéficiaires d’une délégation de service public et celle des
organismes dans lesquels l’EPCI a pris un engagement financier n’étaient pas renseignées.
Afin de remplir pleinement ses obligations en matière d’information des élus et du
public lors de la présentation des documents budgétaires et financiers, la chambre engage
l’EPCI à produire l’ensemble des annexes prévues au CGCT.
Dans sa réponse, l’ordonnateur s’est engagé à produire l’ensemble des annexes
obligatoires.
31
Ces orientations constituent la « stratégie financière » de l’établissement, dont les axes principaux sont le maintien de la
capacité d’autofinancement et la maîtrise des dépenses d’investissement.
32
A titre d’exemple, la note de synthèse préparatoire au DOB 2014 prévoyait le
« renouvellement des canalisations [des
réseaux d’eau et d’assainissement collectif] pour l’ensemble des communes »
.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
14
3 -
Les prévisions budgétaires pluriannuelles devraient être actualisées
Au cours de la période, les prévisions budgétaires totales (budget primitif et
décisions modificatives successives) ont connu un taux d’exécution satisfaisant :
Taux d'exécution budgétaire (RAR inclus)
2009
2010
2011
2012
2013
Taux d'exécution dépenses d'équipement
95%
82%
78%
81%
83%
dont équipements communaux
95%
83%
75%
74%
85%
dont subventions versées
97%
45%
92%
94%
39%
Taux d'exécution recettes d'équipement
95%
73%
76%
104%
100%
Taux d'exécution dépenses de gestion
93%
90%
91%
96%
95%
Source : comptes administratifs
Le document intitulé « stratégie financière 2008/2014 » contient des actions dont
le besoin de financement prévisionnel (25 M€) a été évalué par différence entre le montant
de l’investissement prévisionnel (35 M€) et les subventions à recevoir (10 M€).
Durant la période, le montant cumulé des réalisations en dépenses d’équipement
réelles (22 M€) et des subventions d’équipement versées (3 M€) s’établit à 25 M€, soit un
montant moyen annuel de 5 M€.
Depuis 2012, le compte administratif de l’établissement présente, pour sa part,
les chapitres budgétaires de la section d’investissement en une vingtaine d’opérations qui,
bien que présentant des libellés explicites, ne permettent pas leur rattachement aux actions
déclinées dans la « stratégie financière 2008/2014 ».
Ce constat s’explique par le fait que seules quatre actions
33
mentionnées à la
« stratégie financière » sur un total de douze figurent parmi les opérations individualisées au
compte administratif. En outre, le cumul des réalisations par opération n’est pas renseigné
au compte administratif.
Ainsi, la consultation des documents ne permet pas de déterminer l’état
d’avancement des projets, ni pour ceux identifiés dans la « stratégie financière », ni pour
ceux mentionnés au compte administratif.
La chambre rappelle que l’article L. 2311-2 du CGCT dispose que la délibération
sur la section d’investissement du budget doit comporter une répartition par exercice si la
durée des projets doit excéder une année.
B -
L’information sur le patrimoine de l’EPCI et son suivi comptable
1 -
Les participations de l’EPCI, une régularisation à prévoir
Le bilan au 31 décembre 2013 du budget principal présente un compte « Autres
formes de participation » de 1,07 M€. Selon l’ordonnateur, ce montant correspond à la
contribution financière apportée par le district en 1995 au syndicat mixte de l’hippodrome de
Deauville engagé dans le rachat de l’hippodrome à la société France Galop.
Cependant, le syndicat mixte de l’hippodrome de Deauville n’appartient pas à
l’une des catégories de sociétés ou d’établissements visés par l’instruction budgétaire et
comptable dans lesquels l’EPCI pourrait détenir une participation.
Il découle de ce qui précède que la contribution apportée au syndicat mixte
relevait des subventions d’équipement versées qui s’inscrivent en section d'investissement.
33
Les travaux au siège de l’établissement, les études et travaux dans le cadre des TIC, le POM’S et les actions de lutte contre
les inondations.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
15
Toutefois, ces dernières ne constituent pas un actif durable et ne peuvent
subsister indéfiniment au bilan. En conséquence, la condition de leur inscription en section
d'investissement est l'obligation de les amortir, conformément aux dispositions des articles
L. 2321-2 27° et 28° et R. 2321-1 du CGCT.
La chambre observe que le bilan de l’EPCI fait apparaître à tort un montant de
plus d’un million d’euros au titre des participations. Elle recommande à l’ordonnateur, comme
il s’y est engagé dans sa réponse, à se rapprocher du comptable public afin de procéder aux
régularisations qui s’imposent.
2 -
Les immobilisations en cours
L’instruction budgétaire et comptable applicable précise que les dépenses
afférentes aux immobilisations non terminées sont enregistrées au compte « immobilisations
en cours » à la fin de chaque exercice. Le montant des travaux achevés le réduit par
virement au compte d’immobilisation définitif. Au bilan, ce compte doit donc seulement faire
apparaître la valeur des immobilisations qui ne sont pas achevées.
Au 31 décembre 2013, la part des immobilisations corporelles en cours par
rapport au total des immobilisations corporelles nettes qui figurait au bilan s’élevait à
54 % pour le budget du service public de l’assainissement, 41 % pour le budget principal et
30 % pour le budget du service public de l’eau.
Budget
(en euros)
Total des immobilisations
corporelles en cours
au bilan au 31/12/2013
Total immobilisations
corporelles nettes
au 31/12/2013
En %
B Principal
20 165 256,19
48 833 436,66
41%
Eau
5 789 853,88
19 304 938,09
30%
Assainissement
36 542 578,97
67 627 347,22
54%
S’agissant du budget principal, le solde du compte des immobilisations
corporelles en cours a été augmenté durant la période de 20 M€.
Afin de fiabiliser le calcul de la dotation aux amortissements des biens
amortissables, la chambre engage l’ordonnateur à régulariser la situation des comptes
d’immobilisations en cours figurant au bilan des budgets de l’établissement.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a informé la chambre que des immobilisations
ont été intégrées aux comptes définitifs pour des montants significatifs en 2014.
La chambre engage l’EPCI à maintenir l’attention portée à l’exactitude des
informations figurant au bilan de chacun des budgets.
C -
L’information des élus et du public s’est améliorée au cours de la
période sous revue
1 -
Les rapports annuels d’activité apportent l’information nécessaire
Afin de garantir l’information des élus des conseils communautaire et municipaux
et du public, le CGCT impose à l’organe exécutif de l’EPCI de produire régulièrement des
rapports d’activité selon des modalités détaillées.
Ainsi, en vertu de l’article L. 5211-39 du CGCT, il incombe au président de l’EPCI
d’adresser chaque année, avant le 30 septembre, au maire de chaque commune-membre un
rapport retraçant l’activité de l’établissement. Ce rapport doit être accompagné du compte
administratif arrêté par l’organe délibérant de la communauté de communes.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
16
Les rapports d’activité de l’établissement sont produits régulièrement à
l’assemblée délibérante et rendus accessibles au public. Ils présentent l’organisation et
l’activité de l’établissement sous une forme constante et claire.
2 -
Les rapports spéciaux sont régulièrement présentés
Outre les informations sur l’activité globale de l’établissement, l’exercice des
compétences eau potable, assainissement et traitement des déchets de la CCCCF doit
donner lieu à la présentation, par le président, à l’assemblée délibérante de rapports annuels
spécifiques, au plus tard dans les six mois qui suivent la clôture de l’exercice concerné
(articles L. 2224-5 et D. 2224-1 à D. 2224-5 du CGCT). Ces documents doivent contenir la
liste des indicateurs techniques et financiers prévus par décrets.
L’établissement
a
produit
les
rapports
annuels
conformément
à
la
réglementation. Ils sont accessibles en ligne sur le site « services.eaufrance.fr » pour les
services publics de l’eau et de l’assainissement.
S’agissant du traitement des déchets, le président a présenté en conseil
communautaire le 30 juin 2012 le «
rapport annuel 2011 sur les services délégués traitement
des ordures ménagères, déchèteries, collecte sélective et DASRI
34
». Les rapports 2012 et
2013 ont également été produits.
3 -
Les rapports annuels des délégataires sont présentés et tenus à la
disposition du public
L’EPCI a délégué la gestion des services publics de l’eau et de l’assainissement
à la Société des eaux de Trouville, Deauville et Normandie (SETDN, filiale du groupe Véolia)
par contrats d’affermage
35
. Depuis 2010, l’établissement et l’exploitation du réseau de
communications numériques a été concédé à la Société Tutor Côte Fleurie. La fourrière
automobile est gérée par un contrat de délégation de service public par procédure simplifiée.
Durant la période sous revue, les rapports annuels des délégataires ont été
régulièrement présentés au conseil communautaire comme prévu à l’article L. 1411-3 du
CGCT.
D -
Conclusion sur la qualité de l’information budgétaire, financière et
comptable
Afin de produire à l’assemblée délibérante une information complète et
suffisamment détaillée lors du débat d’orientation budgétaire, il est nécessaire d’actualiser
chaque année, dans la note de synthèse, le montant des projets d’équipement restant à
financer. Ce montant doit être rapproché de l’autofinancement disponible et du niveau
d’endettement de l’établissement.
Afin d’améliorer l’image fidèle de son bilan, l’EPCI doit procéder aux
régularisations qui pourraient s’avérer nécessaires concernant les subventions d’équipement
transférables qui y sont inscrites.
Il doit également poursuivre l’intégration des immobilisations terminées aux
comptes définitifs du bilan afin de fiabiliser le calcul de la dotation aux amortissements des
biens amortissables.
En conclusion, la qualité de l’information budgétaire et comptable produite par
l’EPCI est satisfaisante même si elle peut être complétée sur certains points.
34
Déchets d’activités de soins à risques infectieux.
35
Selon l’article L. 1411-1 du CGCT est une délégation de service public «
un contrat par lequel une personne morale de droit
public confie la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé, dont la rémunération est
substantiellement liée aux résultats de l’exploitation du service. Le délégataire peut être chargé de construire des ouvrages ou
d’acquérir des biens nécessaires au service. »
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
17
La chambre constate qu’un certain nombre de mesures ont d’ores et déjà été
engagées pour l’amélioration de la qualité de l’information budgétaire, financière et
comptable.
*
V -
LA SITUATION FINANCIÈRE DE L’EPCI AU BUDGET PRINCIPAL
L’analyse financière porte sur les exercices 2009 et suivants, et intègre les
éléments de prévision du budget primitif 2014. Les tableaux de l’évolution des dépenses et
des recettes réelles de fonctionnement sont présentés en annexe 1.
Pour établir des comparaisons, les données financières de l’EPCI sont
rapprochées de celles des communautés de communes à fiscalité additionnelle, selon les
informations fournies par la DGCL
36
. L’indicateur de population retenu est celui servant au
calcul de la DGF.
Le budget principal rassemble notamment les opérations rattachées au service
public du traitement des ordures ménagères, à l’accueil et au logement
37
, à la lutte contre les
inondations et à la collecte des eaux pluviales.
A -
Des dépenses de fonctionnement maîtrisées qui repartent à la hausse
depuis 2012
Les dépenses de fonctionnement mandatées représentent régulièrement la
moitié des dépenses totales de l’établissement.
Durant la période sous revue, les charges courantes, composées des charges à
caractère général (55 % du total des charges de gestion courante), des dépenses de
personnel (18 %), des autres charges de gestion (23 %) et des charges financières (4 %),
ont évolué en moyenne annuelle de 2,7 %.
Pour autant, leur progression moyenne annuelle s’établit à 5 % depuis 2011, ce
qui a représenté près de 370 000 € de dépenses supplémentaires au cours des derniers
exercices.
1 -
Une évolution jusqu’alors maîtrisée des charges à caractère général
Les charges à caractère général (4,3 M€ en 2013) sont composées à 80 % des
dépenses afférentes aux contrats de prestations de services avec des entreprises, dont la
croissance moyenne annuelle s’est limitée à 1,2 %. Ce poste de dépense est centré sur le
traitement des ordures ménagères, la collecte du tri sélectif et la gestion des déchèteries
(2,8 M€ en 2013). Durant la période sous revue, l’évolution annuelle moyenne de ces
prestations s’est limitée à 1 %.
Les dépenses de l’EPCI ramenées à l’habitant s’élevaient à 212 € en 2013, pour
une moyenne nationale de 218 €.
Si certaines dépenses ont évolué à la hausse (entretien et réparations, locations,
transports), la stabilité des autres postes (achats) a contribué à une évolution annuelle
moyenne mesurée des charges à caractère général (+ 1,9 %).
36
DGCL, «
Les collectivités locales en chiffres 2014
».
37
Les opérations concernent l’habitat et le logement, l’accueil des personnes sans domicile fixe et des gens du voyage.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
18
2 -
L’analyse de la masse salariale et de son évolution
La communauté de communes dispose de ses propres services, distincts de
ceux des communes-membres. Les transferts de compétences ne se sont pas accompagnés
de transferts de personnels entre les collectivités et l’EPCI. Aucun service n’a été mutualisé
entre ces personnes publiques.
Les effectifs sont passés de 33 à 35 agents entre 2011 et 2013. Le nombre
d’agents non titulaires (9 agents) est resté stable. Conformément aux dispositions de l’article
L. 2224-1 du CGCT, la rémunération des agents dont les missions sont rattachées aux
SPIC fait l’objet d’un reversement au budget principal par les budgets annexes concernés,
qui affichent en conséquence l’exhaustivité de leurs dépenses.
L’EPCI exerce un recours limité aux heures supplémentaires, moins de
700 heures en 2013, tous services confondus. L’absentéisme de ses agents pour maladie
ordinaire a diminué au cours de la période.
L’évolution des dépenses de personnel se présente comme suit :
Evolution des dépenses de personnel
(en euros)
2009
2010
2011
2012
2013
Var. annuelle
moyenne
Rémunérations du personnel
847 290
834 364
838 991
875 806
983 993
3,8%
+ Charges sociales
355 724
355 318
369 425
383 291
413 651
3,8%
+ Impôts, taxes, autres charges de personnel
42 648
45 266
66 585
77 962
108 619
= Total des dépenses de personnel
1 245 662
1 234 948
1 275 001
1 337 059
1 506 263
4,9%
dont rémunérations agents affectés aux SPIC
142 807
149 758
160 030
170 472
223 870
L’évolution de la dépense est marquée par deux périodes. La première, de
2009 à 2012, connaît un accroissement annuel moyen de 2,4 % qui repose principalement
sur l’augmentation des charges sociales
38
.
Entre 2012 et 2013 plusieurs évènements ont contribué à une évolution plus
soutenue de la dépense totale. Il s’agit principalement du recrutement de deux nouveaux
agents, de régularisations concernant les chèques-déjeuner, de l’augmentation des
cotisations aux caisses de retraite et de la souscription de contrats d’assurance et de
mutuelles santé-prévoyance.
L’évolution récente de ce poste de dépense a contribué à une hausse plus
sensible des dépenses de fonctionnement en 2013. Toutefois, la chambre observe que le
montant des dépenses de personnel reste proche de la moyenne nationale observée pour
les EPCI comparables.
3 -
L’évolution des autres charges de gestion
Les autres charges de gestion sont composées à 60 % par la contribution au
service d’incendie (1 M€), laquelle a connu une évolution annuelle moyenne de 1,2 %, et à
30 % par les subventions versées aux tiers (530 000 €).
38
Entre 2009 et 2012, les rémunérations n’augmentent en moyenne annuelle que de 1,1 %.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
19
Ces dernières sont versées aux organismes publics
39
pour la moitié du montant
total (247 000 €). La seconde moitié est composée de la contribution versée à
l’EPIC Odyssée de Villers-sur-Mer (160 000 €) et de subventions versées à des organismes
de droit privé pour environ 120 000 € par an. La plus importante d’entre elles est attribuée à
l’association « Mission locale de la baie de Seine » qui reçoit 58 000 € chaque année.
L’évolution annuelle moyenne des subventions versées aux personnes morales de droit
privé a été de 1,7 % durant la période.
*
Durant la période, la maîtrise des dépenses de fonctionnement a contribué au
maintien de la capacité d’autofinancement de l’établissement. Cette situation s’explique par
la contrainte exercée sur les achats qui a permis de limiter l’évolution des charges à
caractère général, principal poste de dépenses de l’EPCI.
Pour autant, la chambre observe que l’évolution des deux derniers exercices est
moins favorable à l’établissement. Si ce dernier s’est récemment engagé dans une première
démarche de mutualisation, les initiatives concernant les services n’ont pas encore abouti.
Ce point doit retenir l’attention de l’établissement public pour l’avenir.
B -
Une évolution des recettes de fonctionnement plus contrainte
Depuis la réforme de la fiscalité locale de 2010, les recettes réelles de
l’établissement sont constituées à 78 % des produits de la fiscalité
40
et à 17 % des dotations.
Entre 2011 et 2013, les recettes réelles de fonctionnement ont évolué en moyenne annuelle
de 1,76 %.
1 -
Des ressources fiscales substantielles, marquées par un nouveau contexte
Durant la période sous revue, la CCCCF a procédé à une augmentation des taux
en 2010 (+ 3 %). Ceux-ci se différencient légèrement de la moyenne nationale en lui étant
supérieurs en ce qui concerne le foncier bâti et inférieurs pour la taxe d’habitation
41
.
La part du produit fiscal issu de la contribution économique territoriale
42
intervient
pour 12 % du total des ressources fiscales. L’établissement est donc fortement dépendant
des produits issus de la fiscalité des ménages.
L’évolution des produits fiscaux trouve son origine dans l’augmentation forfaitaire
des bases d’imposition et, dans une plus faible mesure, dans l’augmentation physique des
bases, en raison de l’achèvement de programmes de construction dans les communes.
Pour des montants plus modestes, les produits en provenance des entreprises
ont également connu une évolution positive entre 2012 et 2013.
Dans le cadre de la réforme de 2010, le bilan établi entre les recettes fiscales
perdues et les recettes fiscales nouvelles a été favorable à l’établissement. En 2011, le gain
a été neutralisé par la contribution de l’EPCI au fonds national de garantie individuelle de
ressources (FNGIR) pour 1,74 M€.
39
Les bénéficiaires sont le SIVU de l’école de musique, le PLIE, le syndicat mixte du bassin versant de la Touques et des
communes ponctuellement.
40
Les produits de la fiscalité sont considérés nets des reversements au FNGIR et au FPIC.
41
En 2013, le taux de la taxe additionnelle sur le foncier bâti s’établissait à 5,46 % pour une moyenne de 4,45 %, celui de la
taxe additionnelle sur la taxe d’habitation ressortait à 4,42 % pour une moyenne de 4,93 %.
42
La contribution économique territoriale, principal impôt économique local, est composée de deux impositions : la cotisation
foncière des entreprises (CFE) et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
20
La définition des principes de péréquation des recettes fiscales intercommunales
a été donnée par la loi de finances pour 2011, pour une mise en place du fonds national de
péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC)
43
en 2012. Par la prise
en compte des indicateurs qui lui sont propres, la contribution de l’ensemble intercommunal
44
s’élevait, pour 2013, à 722 968 €.
L’article L. 2336-3 du CGCT prévoit que la répartition du prélèvement entre
l’EPCI et ses communes-membres peut être modifiée par délibération prise avant le 30 juin
de l’année de répartition. La CCCCF a opté pour la répartition de droit commun
45
. Ainsi,
l’établissement a contribué au prélèvement du FPIC en 2013 pour 176 607 € contre
48 282 € en 2012.
Au final, après versement au FPIC, la progression des produits nets de la
fiscalité de l’EPCI s’est située à 2 % en 2013.
Compte tenu de la progressivité prévue pour le FPIC, la contribution de la
CCCCF s’est établie en 2014 à 300 984 €, pour une contribution de l’ensemble
intercommunal de 1,23 M€.
2 -
Une dotation d’intercommunalité dont le montant stagne
Dans l’ensemble, les dotations ont évolué en moyenne annuelle de 3,4 % entre
2009 et 2013, principalement par l’augmentation des compensations reçues au titre des
exonérations fiscales.
La dotation d’intercommunalité
46
est stabilisée depuis 2009. Dans le même
temps, le coefficient d’intégration fiscale (CIF)
47
de la CCCCF reste à un niveau inférieur à la
moyenne nationale et connait même une diminution, à l’inverse de la tendance générale. Le
CIF entrant dans le calcul de la dotation d’intercommunalité, cette situation explique la
stagnation constatée.
Evolution du CIF et de la dotation
d’intercommunalité
2009
2010
2011
2012
2013
2009/2013
CIF CCCCF*
24,86%
25,12 %
25,17 %
24,16 %
24,43%
CIF moyen des CC à fiscalité additionnelle
30,60%
31,80%
32,40%
31,90%
32,30%
Dotation d’intercommunalité
476 436
516 463
505 503
492 950
491 907
+3,25 %
* Source : comptes administratifs et états de notification de la dotation d’intercommunalité
La CCCCF n’a pas élargi son périmètre de compétences depuis plusieurs
années. Ce faisant, les communes et l’établissement se privent d’un potentiel d’optimisation
de la gestion locale, dans un contexte national de renforcement de l’intercommunalité.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a rappelé que l’établissement s’était engagé
dans plusieurs programmes d’investissements conséquents durant la période sous revue.
43
Le principe d’un mécanisme de solidarité horizontale à l’échelle nationale du bloc communal est fixé dans la loi de finances
de 2010. Une fraction des ressources de certaines collectivités est prélevée pour la reverser à des collectivités moins
favorisées. Le dispositif du FPIC repose sur la notion «
d’ensemble communal
», formé de l’EPCI et des communes-membres.
Le prélèvement est déterminé par un indice synthétique qui repose d’une part sur l’écart entre le potentiel financier agrégé
(PFIA) par habitant de l’ensemble communal et 90 % du PFIA moyen national et d’autre part sur l’écart entre le revenu par
habitant et le revenu national moyen. L’article 144 de la loi de finances pour 2012 prévoit la progressivité du système sur cinq
ans pour atteindre un niveau de redistribution de 2 % des recettes du secteur communal en 2016. Le montant du prélèvement
est plafonné.
44
L’ensemble intercommunal, composé d’un EPCI et de ses communes-membres, est l’unité de mesure retenue pour le calcul
du fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC).
45
Selon le droit commun, la contribution au FPIC se répartit entre l’EPCI et les communes-membres au prorata des
contributions au potentiel fiscal agrégé. Il existe deux régimes dérogatoires ; le premier repose sur le coefficient d’intégration
fiscale, le second dit «
libre
» permet la prise en compte de situations locales particulières.
46
La dotation d’intercommunalité est calculée en fonction de la population, du potentiel fiscal et du coefficient d’intégration
fiscale.
47
Le CIF montre l’intégration fiscale de l’EPCI en rapprochant les compétences transférées et les impôts perçus. Cet indicateur
entre dans le calcul de la dotation de base des EPCI (par pondération) en favorisant les établissements exerçant les
compétences les plus larges.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
21
3 -
Conclusion sur l’évolution des recettes de fonctionnement
Les recettes de l’établissement sont caractérisées par un produit fiscal
conséquent qui s’explique par le profil socio-économique du territoire bénéficiant de bases
locatives élevées.
« L’autonomie fiscale », c’est-à-dire la part de la fiscalité sur laquelle il existe un
pouvoir de modulation de taux, est d’autant plus forte que les produits issus de la valeur
ajoutée des entreprises (CVAE) ne représentent que 5 % du produit total des impôts locaux
en 2013.
La prépondérance des recettes issues de la fiscalité a rendu l’établissement
faiblement dépendant de l’évolution des dotations de l’Etat jusqu’alors.
Pour autant, l’absence d’évolution de l’intégration depuis 2008 conjuguée à la
contribution de l’établissement au redressement des finances publiques a conduit à la
réduction de la dotation d’intercommunalité de près de 90 000 € en 2014. S’y ajoute la
montée en puissance du FPIC dont la contribution a augmenté sensiblement. Par
l’application conjuguée de ces dispositifs, les recettes de fonctionnement ont connu une
diminution en 2014. Cette tendance devrait s’accentuer au cours des prochaines années.
C -
La formation de l’autofinancement, les déterminants des dépenses
d’investissement et la situation au regard de l’endettement
1 -
Les équilibres financiers sont respectés
Le tableau suivant présente l’ensemble de l’exécution budgétaire entre 2009 et
2013 :
Evolution du fonds de roulement
2009
2010
2011
2012
2013
Capacité d’autofinancement brute
1 519 859
2 159 875
2 302 796
2 139 151
2 155 805
Ressources internes d’investissement
et subventions
4 188 319
2 774 707
1 929 828
2 705 062
1 339 756
Dépenses d'équipement
6 799 761
4 214 002
7 230 635
5 067 533
1 687 983
Remboursement des emprunts
566 494
607 922
472 096
526 137
629 312
Besoin (-) ou capacité (+)
de financement après
-1 658 077
112 657
-3 470 107
-749 457
1 178 266
remboursement des emprunts
Emprunts nouveaux
2 900 000
-
2 892 283
2 250 000
-
Fonds de roulement initial (résultat
antérieur)
356 752
1 598 675
1 711 332
1 133 507
2 634 051
Fonds de roulement final (résultat
cumulé)
1 598 675
1 711 332
1 133 507
2 634 051
3 812 317
Mobilisation (-) ou reconstitution (+)
1 241 923
112 657
-577 825
1 500 543
1 178 266
du Fonds de roulement
Résultat corrigé des restes à
réaliser
610 475
658 332
850 807
2 227 851
1 789 917
Pour information : Flux net de la dette
2 333 506
-
607 922
2 420 187
1 723 863
-
629 312
Par l’effet conjugué de l’évolution de ses recettes et de la maîtrise de ses
dépenses de fonctionnement, la capacité d’autofinancement brute
48
(CAF) au budget
principal de la CCCCF s’est stabilisée à 2 M€ et représentait 20 % des recettes réelles de
fonctionnement fin 2013, pour une moyenne nationale observée de 16,3 %
49
.
48
La CAF brute correspond à l’excédent des produits réels sur les charges réelles de fonctionnement. Le montant de la CAF
peut être affecté au remboursement des emprunts, à l’investissement ou au renforcement des fonds propres en vue des
investissements futurs.
49
La moyenne est établie pour les groupements de communes à fiscalité propre. Source : DGCL, «
Les collectivités locales en
chiffres 2014
».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
22
Au 1
er
janvier 2014, l’encours de la dette, composé d’emprunts à taux fixe ou
variable simple, s’élevait à 10,41 M€. Le stock de dette est équivalent au montant annuel des
recettes réelles de fonctionnement
50
. La marge d’autofinancement courant
51
, qui mesure la
capacité de l’établissement à financer ses équipements une fois les charges obligatoires
payées, y compris le remboursement de la dette, a légèrement progressé pour se situer à
87 % fin 2013, ce qui correspond à la valeur moyenne observée pour les EPCI comparables
(87,7 %).
Malgré le doublement de l’encours de la dette au cours de la période, la capacité
de désendettement
52
a été maintenue à cinq ans au cours de la période.
Variation de l’encours de la dette
2009
2010
2011
2012
2013
Encours de dette au 1er janvier
5 170 061
7 503 566
6 895 644
9 315 831
11 039 695
Encours de dette au 31 décembre
7 503 566
6 895 644
9 315 831
11 039 695
10 410 383
Variation de l'encours
2 333 506
-
607 922
2 420 187
1 723 863
-
629 312
Capacité de désendettement (estimée
en années de CAF brute)
4,9
3,2
4,0
5,2
4,8
Les intérêts des emprunts ont accompagné l’augmentation de l’encours. En
2013, ils ont consommé 15 % de l’excédent brut de fonctionnement. L’annuité de la dette
représentait 10 % des recettes réelles de fonctionnement pour une moyenne nationale de
7,1 %.
2 -
Un programme d’équipement soutenu, un financement équilibré
Durant la période sous revue, les dépenses d’équipement se sont élevées à
25 M€. Dans le cadre du contrat de concession pour l’établissement du réseau de
communications électroniques par fibre optique, la société Tutor Côte Fleurie a reçu 3 M€ de
subventions publiques de l’EPCI, dont 600 000 € ont été pris en charge par l’établissement.
Les dépenses d’équipements affectées aux autres compétences se sont élevées en
moyenne annuelle à 4,4 M€. Les opérations les plus importantes ont consisté :
-
dans le domaine de la culture, à la construction et l’équipement du musée
Paléospace-l’Odyssée de Villers-sur-Mer entre 2009 et 2012 (5 M€) ;
-
dans le domaine des sports, à la construction du POM’s et à l’aménagement
du Parc de loisirs situé à Touques (7,2 M€) ;
-
aux travaux de lutte contre les inondations et de renouvellement des eaux
pluviales (5 M€) ;
-
à l’extension du siège de l’EPCI par l’acquisition d’un immeuble voisin dont
les aménagements permettent notamment de répondre aux exigences
d’accessibilité.
Le taux d’équipement
53
, qui indique l’effort de l’établissement au regard de ses
recettes de fonctionnement, était supérieur à la moyenne au cours de la période (52 % pour
une moyenne des établissements comparables de 30,20 %
54
).
Entre 2009 et 2013, l’écart entre les ressources cumulées (CAF brute et
ressources internes d’investissement, soit 23,2 M€) et les emplois cumulés (dépenses
d’équipement et remboursement du capital de la dette, soit 27,8 M€) a généré un besoin de
financement de 4,6 M€.
50
Le taux d’endettement de la CCCCF (encours de la dette/recettes réelles de fonctionnement) s’établit à 103 % contre un taux
moyen national à 57,40 %.
51
Marge d’autofinancement courant (MAC) = (dépenses réelles de fonctionnement + remboursement de la dette) / recettes
réelles de fonctionnement. Un ratio supérieur à 100 % indique un recours nécessaire à l’emprunt pour financer l’investissement.
A contrario, plus le ratio est faible plus la capacité à financer l’investissement est élevée.
52
La capacité de désendettement correspond à l’encours de la dette rapporté à la CAF brute. Le ratio est exprimé par un
nombre d’années. Il signifie que la commune devrait consacrer cinq années de CAF constante pour rembourser l’intégralité de
sa dette.
53
Taux d’équipement = dépenses d’équipement brut / recettes réelles de fonctionnement.
54
Source : «
Les collectivités locales en chiffres en 2014
», DGCL.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
23
L’EPCI a eu recours à des emprunts nouveaux pour un montant total de
8 M€ durant la période. Le solde, soit 3,4 M€, a abondé le fonds de roulement qui se situait,
fin 2013, à 3,8 M€
55
, hors restes à réaliser en dépenses réinscrits au budget 2014 pour
2,7 M€.
Durant la période, moins de 30 % de l’autofinancement brut a été consacré au
remboursement du capital de la dette, ce qui a permis de dégager des marges de manoeuvre
pour autofinancer la réalisation des projets.
Afin de compléter le financement du programme d’investissement, le stock de la
dette a été accru de 5,2 M€
56
. Les dépenses d’équipement ont été majoritairement financées
par les ressources internes de l’établissement, par les subventions et, dans une moindre
mesure, par l’emprunt.
Les états financiers provisoires pour 2014 montrent que les recettes réelles de
fonctionnement ont été supérieures aux prévisions budgétaires et que les dépenses ont été
contenues. La CAF brute s’est élevée à 1,7 M€ et la CAF nette à 1,1 M€. Le résultat global
s’est établit à 4,07 M€.
La chambre constate que la maîtrise de certains postes de dépenses de
fonctionnement conjuguée à un produit fiscal supérieur aux prévisions ont permis de
maintenir les ratios de gestion au niveau de la moyenne nationale.
*
En conclusion, la situation financière de l’établissement reste confortable. La
structure des recettes reposant essentiellement sur la fiscalité appliquée aux ménages a
réduit la sensibilité de l’EPCI aux évolutions des dotations.
Ainsi, la dotation d’intercommunalité a stagné au cours de la période en raison
de l’absence d’évolution du périmètre de compétences de l’établissement depuis plus de
cinq ans.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a rappelé qu’il poursuivait une démarche de
réduction des dépenses conduite dans le cadre de l’élaboration du schéma de mutualisation.
VI -
LES SERVICES PUBLICS DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT
La gestion de service public (DSP) est confiée par contrats d’affermage pour une
durée de douze ans, depuis 2006 pour l’eau et depuis 2008 pour l’assainissement collectif et
non collectif, à la société des eaux de Trouville-Deauville Normandie (SEDTN), filiale du
groupe Véolia.
S’agissant du service public de l’eau, la DSP couvre les communes-membres,
excepté trois zones, rattachées à des syndicats, situées à Saint-Pierre-Azif, à Vauville et à
Villers-sur-Mer. Les dispositifs d’assainissement de la commune de Saint-Pierre-Azif ne sont
pas reliés au réseau collectif.
Les observations présentées dans la suite du rapport sont limitées à la gestion
déléguée à la SEDTN.
En 2013, les dépenses totales des deux budgets annexes ont représenté
48 % de l’ensemble des réalisations, selon une répartition de 40 % pour le budget annexe du
service public de l’assainissement et 8 % pour celui de l’eau.
55
Le fonds de roulement fin 2008 s’établissait à 0,4 M€, auquel s’est ajouté l’abondement de 3,4 M€ au cours de la période.
56
Il s’agit de l’endettement net de l’EPCI au cours de la période, qui correspond à la différence entre le montant des emprunts
nouveaux (8 M€) diminué du remboursement du capital de la dette au cours de la période (2,8 M€).
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
24
Selon les dispositions du CGCT, les services publics de l’eau et de
l’assainissement sont des SPIC. Leur équilibre budgétaire repose sur les recettes propres
encaissées auprès des usagers des services. Au cours de la période, la CCCCF a respecté
le principe d’autonomie financière qui régit les SPIC.
Le niveau de performance pour les indicateurs de conformité a été atteint grâce
au renouvellement récent de certaines infrastructures et par l’entretien régulier des réseaux.
Le rendement du réseau d’eau potable géré par l’EPCI montre que le taux de
fuite est inférieur au seuil de 15 % fixé par le décret n° 2012-97 du 27 janvier 2012
57
. Les
usagers n’ont donc pas à s’acquitter de la majoration de la redevance pour alimentation en
eau potable prévue par le texte en cas de dépassement du seuil.
La consommation moyenne annuelle d’eau potable (en litres (L) / habitant / jour)
sur le territoire de l’EPCI, 293 L/hab./j, est le double de celle estimée en France
58
. Cette
situation s’explique par la fréquentation touristique que connaissent les communes.
S’agissant du service de l’assainissement, l’indice de connaissance et de gestion
patrimoniale des réseaux de collecte des eaux usées prend la valeur de 15 points en
2013 pour l’EPCI, pour une valeur maximale de l’indice de 120 points.
La valeur de l’indice correspondant à une progression dans la qualité de la
connaissance et de la gestion patrimoniale des réseaux, la chambre encourage
l’établissement à approfondir sa démarche en ce sens.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a déclaré que la valeur de l’indice devrait évoluer
favorablement. Cette amélioration devrait apparaître dans le prochain rapport annuel sur le
prix et la qualité du service public d’assainissement.
A -
Des investissements importants et réguliers depuis 2009
1 -
Un effort d’équipement important pour le service public de l’assainissement
Le service délégué concerne la collecte, le transfert et le traitement des eaux
usées. Des missions sont également prévues en ce qui concerne les eaux pluviales et la
gestion du service public d’assainissement non collectif (SPANC).
Compte tenu de la fréquentation touristique importante du territoire, le
dimensionnement de la station d’épuration est de 115 000 équivalents habitants
59
.
Au cours de la période, le budget annexe du service public de l’assainissement a
été marqué par l’importance des dépenses d’équipement (34,2 M€) parmi lesquelles la
construction de la nouvelle station d’épuration (STEP) située à Touques (21,6 M€ HT, soit
25,8 M€ TTC) mise en service fin 2009. Les autres dépenses ont principalement concerné
l’extension et l’entretien du réseau de collecte des eaux usées et des aménagements visant
à la régulation des eaux de pluie et à la prévention des inondations.
Durant la période, la CAF brute a été importante. Elle a largement couvert
l’annuité de remboursement de l’emprunt. En moyenne, la CAF nette du remboursement de
l’emprunt représentait le tiers des produits de gestion et a constitué l’excédent généré par le
cycle d’exploitation disponible pour financer les dépenses d’équipement.
57
Il s’agit du rapport entre le volume d'eau consommé par les usagers et le service public (pour la gestion du dispositif) et le
volume d'eau potable introduit dans le réseau de distribution. Plus le rendement est élevé (à consommation constante), moins
les pertes par fuites sont importantes. Le décret n° 2012-97 du 27 janvier 2012 pénalise les collectiv ités qui ne respectent pas
un seuil minimum de rendement.
Le taux de rendement seuil est fixé à 85 %.
58
La consommation d’eau moyenne annuelle en France par habitant est de 150 litres par jour. Source : Eaufrance.fr
59
L’équivalent habitant est une unité de mesure permettant d'évaluer la capacité d'une station d'épuration qui se base sur la
quantité de pollution émise par personne et par jour.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
25
Le plan de financement de la nouvelle STEP reposait sur le subventionnement,
par des organismes publics, à hauteur de 57 % du coût total, soit 12,3 M€ HT
60
. Le solde a
été financé par l’EPCI par mobilisation des fonds propres du budget annexe (5,5 M€) et par
des emprunts.
Des dépenses d’équipement ont également été consacrées à la prévention des
conséquences des eaux pluviales par l’installation de bassins tampons, afin notamment de
protéger la qualité des eaux de baignade.
Par ces efforts dans ce domaine, l’EPCI a obtenu, en 2010, un label de
certification de la qualité des eaux de baignade pour l’ensemble de ses plages. Le label a été
renouvelé en mars 2013 pour trois ans. A l’issue de la saison balnéaire 2014, l’agence
régionale
de
santé
(ARS)
de
Basse-Normandie
classait
les
neuf
plages
des
communes-membres selon les critères de qualité les plus élevés
61
.
Au total, entre 2009 et 2013, les dépenses d’équipement et le remboursement de
la dette ont généré un besoin de financement de 11 M€, couvert par de nouveaux emprunts
pour 5,5 M€ et par les réserves du budget pour le solde (5,5 M€).
A la clôture de l’exercice 2013, le fonds de roulement du budget du service de
l’assainissement s’établissait à 76 265 €, restes à réaliser inclus. L’encours de la dette se
situait à 5,2 M€. La solvabilité du budget, appréciée par la capacité de désendettement, est
passée de deux ans et demi en 2009 à quatre ans en 2013.
L’effort annuel d’amortissement
62
se situait à 3,6 % en 2013. Le montant des
dotations correspond aux taux d’amortissement pratiqués par type de bien et est cohérent
avec l’ancienneté des équipements.
Dans son rapport annuel 2013, le délégataire a informé l’EPCI des dépenses à
prévoir pour assurer le bon fonctionnement des installations électromécaniques des
équipements pour un montant de l’ordre de 260 000 €.
En 2013, le rapport annuel présenté par le président du conseil communautaire
sur le prix et la qualité du service mentionnait un montant prévisionnel de travaux de
2,15 M€ HT
63
pour la période 2014/2015.
2 -
Un entretien régulier du réseau de distribution de l’eau potable
Le service délégué concerne la production d’eau potable, sa distribution et la
gestion des services à la clientèle. Le délégataire assure également les échanges d’eau (par
achats/ventes) avec les collectivités et groupements voisins.
Au cours de la période, le budget annexe du service public de l’eau a connu un
rythme annuel régulier de dépenses d’équipement, entre 1 M€ et 1,5 M€, soit un total durant
la période de 6,5 M€. La gestion patrimoniale a principalement concerné l’entretien du
réseau.
Entre 2009 et 2013, les dépenses d’équipement et le remboursement de la dette
ont généré un besoin de financement de 0,9 M€ couvert par le fonds de roulement du
budget.
60
Agence de l’eau Basse-Normandie 9,5 M€ ; Département du Calvados 2 M€ et Région Basse-Normandie 0,8 M€.
61
Cinq plages étaient évaluées selon le critère «
eaux de baignade de bonne qualité
» et quatre plages étaient évaluées «
eaux
de baignade d’excellente qualité
».
62
L’effort annuel d’amortissement est mesuré en rapprochant la dotation annuelle aux amortissements du montant total des
immobilisations corporelles amortissables.
63
Le rapport mentionnait la nécessité de procéder au renforcement du réseau de l’avenue de la République à Deauville pour
1,3 M€ HT et un programme pluriannuel de renouvellement des réseaux d’assainissement de 3,4 M€ HT sur 4 ans, soit 0,85 M€
par an.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
26
L’effort annuel d’amortissement se situait à 2,1 % en 2013. Le montant des
dotations correspond aux taux d’amortissement pratiqués par type de bien et est cohérent
avec l’ancienneté des équipements.
L’encours résiduel de la dette au 1
er
janvier 2014 s’élevait à 1,57 M€, soit une
capacité de désendettement qui se situe à deux ans.
Dans son dernier rapport annuel, le délégataire a informé l’EPCI des dépenses à
prévoir concernant certains forages et la poursuite du plan de renouvellement des
canalisations.
Le rapport annuel présenté par le président du conseil communautaire sur le prix
et la qualité du service mentionnait un montant prévisionnel de travaux de 1,95 M€ HT
64
pour
la période 2014/2015.
B -
Des tarifs mesurés et une évolution maîtrisée des prix facturés à
l’usager
D’une manière générale, les tarifs des services publics doivent être considérés
en tenant compte de l'abondance et de la qualité de la ressource utilisée, de la mise en
oeuvre d’une politique de sécurisation de l'approvisionnement, des dépenses consacrées aux
nouveaux équipements, du renouvellement des ouvrages et des réseaux rendu nécessaire
par leur vétusté et du caractère saisonnier qui influence le dimensionnement des ouvrages.
Globalement, le prix payé par l’usager des services publics est formé :
-
d’une part fixe : l’abonnement destiné à couvrir les charges fixes des
services et d’une part proportionnelle à la consommation. Les montants
encaissés se répartissent ensuite entre :
o
la
SETDN,
gestionnaire
du
service,
qui
conserve
la
«
part
distributeur
» ;
o
l’EPCI dont la «
part collectivité
» est destinée à payer les annuités
d’emprunts contractés pour construire les ouvrages, ce montant
correspond à la surtaxe ;
-
d’une part destinée au financement des organismes publics apportant leur
concours aux services d'eau et d'assainissement, l’État et l’Agence de
l'eau
65
.
L’augmentation moyenne annuelle de 2,30 % pour un double abonnement
s’explique par l’équilibre obtenu entre l’augmentation marquée du prix de l’assainissement
collectif et la diminution du prix de l’eau. Cette évolution est constatée au plan national
66
.
Des taxes et redevances liées aux solidarités régionales et nationales
s’appliquent pour maintenir ou améliorer la qualité de la ressource en eau. Sur le territoire de
l’EPCI, cette part représente 14 % de la facture totale, pour une moyenne nationale à 17 %.
64
Le rapport mentionnait la nécessité de procéder au renforcement du réseau d’eau potable de Tourgéville pour 0,38 M€ HT et
d’assurer la réhabilitation de deux réservoirs pour 0,77 M€. Le programme pluriannuel de renouvellement des réseaux et
branchements de 3,2 M€ HT sur 4 ans, soit 0,80 M€ par an.
65
Les taux de la TVA et des redevances sont respectivement fixés par les lois de finances et par les organismes publics.
66
Dans le cadre de la Directive cadre de l’eau adoptée en 2000 par l’Europe, dont l’objectif est d’atteindre un bon état des eaux
d’ici 2015, de nombreux travaux de mise aux normes des réseaux d’assainissement ou de renouvellement de canalisations ont
dû être accomplis dans les collectivités et leurs groupements.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
27
En incluant les taxes et les redevances, les prix des services sont plus élevés à
Trouville-sur-Mer et à Villerville
67
. Ces communes demeurent en zone de taux dits
«
renforcés
» pour la redevance sur la pollution domestique de l’eau perçue par l’Agence de
l’eau Seine-Normandie
68
. Les autres communes de l’EPCI sont situées en zone où le taux le
moins élevé s’applique. Ainsi, pour la commune de Deauville, la redevance est passée de
0,40 €/m
3
en 2012 à 0,24 €/m
3
en 2013, soit une différence en faveur de l’abonné d’environ
20 € sur une facture d’eau et d’assainissement au 1
er
janvier 2014.
S’agissant de l’assainissement des eaux usées, le taux de la TVA appliqué est
passé de 5,5 % à 7 % le 1
er
janvier 2012, puis a évolué le 1
er
janvier 2014 pour passer à
10 %.
La diminution du prix de l’eau constatée en 2013/2014 s’explique par l’arrivée à
terme de la durée d’amortissement des compteurs de télé-relevé.
Au 1
er
janvier 2014, le prix de l’eau et de l’assainissement collectif sur le territoire
de l’EPCI s’établit à 4,26 € /m
3
TTC, ce qui est proche du prix moyen constaté en France
69
qui se situe à 4,15 €/m
3
pour une population comparable.
Compte tenu des fluctuations des taxes et redevances au cours de la période,
l’évolution annuelle moyenne des prix est mesurée dans le cas d’un double abonnement au
service public de l’eau et de l’assainissement. L’évolution favorable du taux sur la pollution
domestique appliqué à l’usager au profit de l’agence de l’eau Seine-Normandie a été ramené
de 0,40 €/m
3
à 0,24 €/m
3
.
*
La chambre observe qu’au cours de la période, la section d’exploitation des
budgets annexes a dégagé un autofinancement qui a contribué à la couverture du besoin de
financement. L’endettement est resté modéré alors que des équipements importants ont été
réalisés.
Malgré des dépenses d’équipement importantes, l’EPCI n’a fait évoluer la
surtaxe à la hausse qu’au 1
er
janvier 2014 (+ 0,05 €/m
3
). Il s’agissait de la première
augmentation depuis 2008. Cette décision contribuera à la reconstitution du fonds de
roulement des budgets annexes, ce qui est de bonne gestion compte tenu des dépenses à
prévoir et de celles relatives à la poursuite de l’entretien régulier des équipements et des
réseaux.
La gestion des services publics a évité de faire peser sur les usagers une
majoration de certaines taxes et redevances et a permis d’obtenir des eaux de baignade de
qualité sur l’ensemble des plages des communes-membres.
67
Pour ces communes, la facture type établie pour une consommation de 120 m
3
se trouve majorée au 1
er
janvier 2014 de
20,26 € TTC.
68
Les services de l’ordonnateur expliquent la situation par le fait que les communes de Villerville et de Trouville-sur-Mer sont
situées sur le bassin versant de la Seine et de son estuaire. L’état écologique du fleuve induit un taux renforcé. Les autres
communes appartiennent au bassin versant de la Touques qui connaît un bon état écologique. Le zonage par commune et les
taux pratiqués figurent sur le site de l’agence de l’eau Seine-Normandie à l’adresse :
69
Le prix moyen constitue une information relative. Dans les communes pourvues d’un assainissement collectif, le tarif moyen
du m
3
d’eau basé par convention sur une consommation annuelle de 120 m
3
est de 4,15 €/m
3
pour la strate de population de
20 000 à 50 000 habitants et de 4,30 €/m
3
pour la strate de 10 000 à 20 000 habitants en 2013 (France entière).
Source : Observatoire national des services d’eau et d’assainissement, site « Eau France ».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
28
VII -
LA COMPÉTENCE VISANT À L’ÉTABLISSEMENT, L’EXPLOITATION
ET LA MISE À DISPOSITION D’INFRASTRUCTURES ET DE RÉSEAUX
DE COMMUNICATIONS ÉLECTRONIQUES
Le cadre d’intervention des collectivités territoriales dans le domaine des
communications électroniques est présenté en annexe 2. Les termes soulignés sont
répertoriés dans un glossaire en annexe 3.
Les développements suivants se limitent au réseau filaire qui permet un accès à
internet en situation fixe, les réseaux de téléphonie mobile ne relevant pas de la compétence
de l’établissement.
A -
Un réseau d’initiative publique pionnier mais bien intégré aux
stratégies territoriales
1 -
Un réseau intégré aux stratégies départementale et régionale
Dans le prolongement de ses premières actions entamées dans les années
2000, le département du Calvados a évalué, en 2008, l’accès au haut débit sur son territoire.
Il a constaté que des problèmes résiduels de couverture persistaient et que l’ouverture à la
concurrence était insuffisante. Les études montraient aussi que le déploiement du très haut
débit (THD) sur le territoire, notamment par le biais des nouveaux réseaux fibrés, ne pourrait
être réalisé qu’avec l’intervention de la collectivité dans le cadre de la construction d’un
réseau d’initiative publique (RIP).
Dans les communes de l’EPCI, l’accès à internet reposait uniquement sur
l’infrastructure cuivre de l’opérateur historique et 9 % de la population des communes prises
individuellement bénéficiaient d’une couverture à un service inférieur ou égal à 2 mégabits
par seconde (Mbps), soit le seuil déterminant la zone blanche
70
. Ce constat a engagé les
élus des communes à transférer la compétence de l’aménagement numérique du territoire à
l’EPCI.
A la suite de cet état des lieux, le département a d’abord entrepris des actions
pour l’amélioration de la couverture en haut débit
71
. En janvier 2012, il a confié la
construction du RIP départemental en fibre optique jusqu'à l'abonné à la société Tutor. Les
prévisions établies par le département annoncent que 76 % des logements seraient
raccordables d’ici fin 2015.
De son côté, l’EPCI réceptionnait son réseau de desserte intégrale par fibre
jusqu’à l’abonné, baptisé « Coeur Fibre », en mai 2012. Il a ainsi bénéficié de plus de trois
ans d’avance sur les prévisions de déploiement du réseau dans le département.
Dans son document de planification numérique du territoire, présenté en octobre
2010, la région Basse-Normandie indiquait :
« L’accès au très haut débit doit permettre une
amélioration des services proposés sur le territoire bas-normand … C’est une solution déjà
mise en oeuvre dans la Manche sur Saint-Lô et Cherbourg, qui va l’être dans
l’intercommunalité Coeur Côte Fleurie…. Dans le cadre des SDTAN, la programmation des
déploiements dans chaque département sera définie. »
70
Selon l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), il s’agit du seuil en deçà duquel la
qualité de l’accès est insuffisante pour certains services. La valeur de ce seuil est évolutive.
71
Les actions du département du Calvados ont concerné la montée en débit par le passage à l’ADSL, le recours à la
technologie par voie hertzienne (WiMAX) et aux technologies radio satellitaires.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
29
Ainsi, le schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN) du
département du Calvados, dans sa version du 11 mai 2011 mentionnait
72
: «
Le réseau très
haut débit de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie peut être considéré comme
la pointe avancée du réseau que le département souhaite mettre en place l’interconnexion
des deux RIP sera assurée, mais sans avoir besoin d’intervention du RIP départemental sur
le territoire de la CCCCF.
»
Plus concrètement, le document préparatoire au PLUi de l’EPCI relevait les effets
attendus du déploiement du réseau sur le territoire communautaire :
-
pour les ménages, un accroissement du taux d’utilisation des résidences
secondaires ;
-
pour les actifs, un encouragement à localiser sur le territoire leur activité
jusque-là exercée principalement hors des frontières intercommunales ;
-
pour les entreprises, notamment de haute technologie, les moyens de
communications jusqu’ici réservés aux centres urbains ;
-
des services nouveaux proposés par les opérateurs permettant de renforcer
l’aide à la personne, la sécurité et d’autres services en devenir.
Chaque année, l’établissement accueille un évènement de dimension nationale,
« les états généraux des RIP ».
2 -
Un réseau ouvert à la concurrence
L’article L. 34-8-3 du code des postes et des communications électroniques
(CPCE) prévoit que l’accès aux lignes à très haut débit en fibre optique, permettant de
desservir un utilisateur final, doit être fourni par la personne les établissant ou les ayant
établies, en un point, dit «
point de mutualisation
», situé hors des limites de la propriété
privée et permettant le raccordement effectif d’opérateurs tiers, à des conditions
économiques, techniques et d’accessibilité raisonnables. En 2010, l’ARCEP a précisé les
modalités de cet accès dans les zones dites moins denses.
Plusieurs technologies permettent d’établir le lien entre le noeud de raccordement
optique (NRO) et le point de mutualisation (PM). Le RIP « Coeur fibre » est un réseau
intégralement en point-à-point (P2P).
La chambre observe que la communauté de communes a réalisé l’aménagement
numérique de son territoire permettant l’accès internet à très haut débit intégralement par
fibre optique, avec trois ans d’avance sur les réalisations prévues par le département du
Calvados. En dépit de ce décalage, les interventions communautaires et départementales
sont complémentaires et ne posent pas de difficulté d’articulation technique et/ou juridique.
B -
Les principales caractéristiques de la délégation de service public
1 -
Les prestations déléguées
L’article L. 1425-1 du CGCT prévoit que les collectivités doivent transmettre au
régulateur sectoriel une description de leur projet présenté selon des éléments déterminés.
Elles
doivent
également
faire
publier
leur
intention
de
déployer
un
réseau
de
communications électroniques dans un journal d’annonces légales
73
. La CCCCF a satisfait à
ces obligations dans les délais impartis.
72
SDTAN du Calvados - Version 1 du 11 mai 2011, page 16.
73
Ces dispositions ont pour objectif à la fois de contrôler la neutralité technologique du réseau et de s’assurer de la défaillance
du marché sur le territoire. Les informations transmises comprennent la fiche synthétique de la description du projet, le plan du
réseau construit et des réseaux existants interconnectés, le catalogue des prestations et, le cas échéant, la convention signée
entre la collectivité et le co-contractant.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
30
L’EPCI a confié à un délégataire, la société Tutor Côte Fleurie, la conception, la
réalisation et l’exploitation d’un réseau communautaire de communications électroniques
ouvert au public à très haut débit en fibre optique avec une capillarité jusqu’à l’utilisateur final
(déploiement dit FTTH). Le choix de la concession de travaux et de service public
74
peut
s’expliquer par les critères techniques et financiers de ce mode de gestion qui sont adaptés
à une structure de la taille de la CCCCF.
L’architecture du réseau repose sur une infrastructure de collecte en fibre optique
déployée sur l’ensemble du territoire et permettant le raccordement des différents sites.
L’ensemble du réseau se situe dans le périmètre de la DSP, depuis les noeuds de
raccordement jusqu’aux prises terminales, en passant par les points de mutualisation des
boucles locales optiques et les points de branchements optiques.
En vertu de la convention, il incombe au délégataire d’obtenir les autorisations
nécessaires pour l’implantation du réseau sur les domaines publics et privés concernés et de
s’acquitter des redevances afférentes. A ce jour, l’EPCI ne met pas à disposition du
délégataire des biens directement financés pour les besoins de la délégation.
D’une durée de 25 ans, l’échéance du contrat s’explique par la durée moyenne
nécessaire à l’amortissement des investissements dans le secteur des télécommunications.
Le délégataire s’est engagé à rendre raccordable un ensemble de sites
75
, soit
une desserte de 33 500 prises en raccordement forfaitaire pour 90 % d’entre elles
76
, selon
une chronologie contractuellement définie.
La convention prévoit dans la «
définition du besoin
» le raccordement de sites
d’intérêt public expressément mentionnés (article 2.2.2 de la convention et annexe 4 « Liste
des sites connectés au réseau »), parmi lesquels les 39 principaux bâtiments publics (dont
les mairies et leurs différents sites), 23 bâtiments d’enseignement, 6 bâtiments de santé, les
7 principales zones d’activités économiques
77
et 46 bâtiments des organismes HLM, tous
situés dans le périmètre de la délégation.
Dans leur réponse, l’ordonnateur et le délégataire ont informé la chambre de
l’avancement de ces raccordements. Ils ont précisé que la connexion des bâtiments reste à
l’initiative de l’utilisateur final via la souscription d’un abonnement auprès de l’un des
opérateurs présents sur le réseau.
L’ordonnateur a ajouté qu’il soumettra prochainement au conseil communautaire
l’état des raccordements des sites d’intérêt public.
2 -
L’offre de services proposée aux usagers du réseau
L’offre commerciale du délégataire repose sur la proposition aux usagers du
réseau de services à des tarifs encadrés par la convention
78
.
74
La collectivité confie à un tiers la gestion opérationnelle d'un service public. Le concessionnaire prend en charge l'ensemble
des investissements. Il exploite ce service à ses «
frais et risques
» dans le respect d'un cahier des charges et se rémunère
directement ou indirectement auprès des usagers.
75
En vertu des clauses du contrat de concession, la desserte s’effectue de la manière suivante pour un total de 33 500 prises :
-
30 000 prises en raccordement forfaitaire (moins de 50 m du point de branchement optique) ;
-
3 000 prises en raccordement sur devis (entre 50 et 200 m) ;
-
500 prises isolées en raccordement sur devis (distance supérieure à 200 m).
76
La convention de DSP ne prévoit pas de rendre raccordables, en premier établissement du réseau, les sites «
utilisateurs
finaux résidentiels isolés
». Cette disposition a pour but d’encadrer le cas de sites éloignés du réseau de collecte et générant
des coûts importants pour la délégation.
77
Auxquelles s’ajoutent sept autres zones d’activités économiques (ZAE) situées sur le parcours du réseau (hors périmètre de
l’EPCI).
78
Après engagement, ces derniers utilisent les équipements déployés à destination des utilisateurs finaux (particulier ou
entreprise). Ceux-ci sont liés à l’opérateur de leur choix par un contrat de droit privé dans lequel l’EPCI ou son délégataire
n’interviennent pas.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
31
a -
Le catalogue de services
L’offre de services initialement proposée par le délégataire comprenait
79
:
-
une offre de bande passante, « Cross Lan », qui correspond à la fourniture
d’accès au réseau par classe de débit. Cette offre est déclinée en plusieurs
niveaux de services par segments de clientèle professionnelle et grand
public ;
-
une offre de connectivité optique terminale, « Cross Connect ». Il s’agit de la
location d’infrastructure passive (fibre noire) permettant de raccorder les
logements par une connectivité complète en fibre optique, du central (NRO)
vers chaque foyer raccordé ;
-
une offre d’hébergement qui permet aux opérateurs de disposer de centres
de traitement de données répartis sur le réseau.
Le délégataire perçoit également des frais de raccordement des sites au réseau.
Par deux avenants, signés en mars et en septembre 2013, les co-contractants
ont fait évoluer les services en les adaptant aux utilisateurs finaux (PME/TPE). Le catalogue
a également été enrichi d’une offre de collecte destinée à des fournisseurs d’accès internet
non présents sur la zone de la délégation, « Cross Lan Collecte ».
La chambre observe que le catalogue de services proposé par le délégataire
présente une offre commerciale diversifiée et adaptée aux évolutions du marché.
b -
La qualité des prestations et la mesure de la performance
Dans l’exercice de ses missions de déploiement des infrastructures et de gestion
du service public, le délégataire s’est engagé à garantir un niveau de qualité des prestations
fournies aux usagers du réseau et un niveau de performance pour les utilisateurs finaux.
Deux annexes au contrat prévoient les indicateurs afférents. En cas de manquement, la
convention prévoit, à la fois, les pénalités dues au délégant et aux usagers du réseau.
La chambre observe que les sanctions relatives aux manquements éventuels du
délégataire eu égard à la qualité de service et à la performance du réseau sont prévues au
contrat. Ces dispositions n’ont pas trouvé à s’appliquer au cours de la période.
3 -
L’organisation financière du contrat
La rémunération du délégataire est constituée des recettes liées à la fourniture
de l’ensemble des services, objet de la convention, aux usagers du réseau. Selon les termes
du contrat, les recettes prévisionnelles doivent permettre au délégataire d’assurer son
équilibre économique.
Il était prévu au contrat que l’EPCI participe à hauteur de 20 % du coût
prévisionnel de l’investissement de premier établissement, ce qui représentait un montant
maximal de 3 M€ sur un total de 15,8 M€.
Une clause dite de retour à meilleure fortune a été insérée au contrat afin de
permettre le remboursement d'une partie de la subvention d'investissement octroyée par
l’établissement dès lors que les résultats d'exploitation seraient plus importants que prévu
initialement.
79
Outre les services directement liés au réseau, le délégataire propose aux opérateurs une offre d’hébergement qui leur permet
de disposer de centres de traitement de données répartis sur le réseau.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
32
4 -
Le contrôle et le suivi du projet par l’EPCI
a -
L’EPCI s’est doté d’organes de suivi du service délégué
A la signature de la convention de DSP, l’EPCI a fait le choix d’être assisté dans
sa maîtrise d’ouvrage pour le suivi juridique, technico-économique et financier du contrat. Un
premier marché
80
a été passé en avril 2010 pour un montant de 385 351,20 € TTC pour trois
ans. Le marché a été renouvelé en 2013 avec le même prestataire pour un montant de
150 696 € TTC pour une durée de cinq ans.
En couverture partielle de ces frais, la convention prévoit le versement, par le
délégataire, d’une redevance annuelle pour frais de gestion et de contrôle
81
au bénéfice de
l’EPCI.
L’établissement s’est doté de deux organes de suivi de la DSP :
-
la commission de coordination, instituée par le contrat, est composée à
parité de deux représentants de l’EPCI et de deux représentants du
délégataire ;
-
le comité technique intercommunal qui rassemble les membres de la
commission de coordination et les représentants élus des communes.
Ces instances sont compétentes pour rendre des avis sur différents volets de la
délégation : suivi du plan d’affaires prévisionnel, compte annuel, évolution de la tarification,
rapport annuel d’activité et statistiques produites par le délégataire, application des sanctions
le cas échéant. Par ailleurs, il leur incombe de contrôler chaque semestre la prestation du
délégataire selon une batterie d’indicateurs.
L’EPCI préside les deux comités. Sans disposer d’une voix prépondérante, il
peut en revanche recourir à un droit de véto. Il en assure le secrétariat et dresse les comptes
rendus des réunions.
Les comités se sont réunis en 2012, année de l’achèvement des travaux, puis en
2013 et 2014, premières années de la phase de commercialisation. Des comptes rendus ont
été diffusés aux participants.
En avril 2012, l’établissement a recruté un technicien supérieur en maintenance
des systèmes informatiques et lui a confié la direction du service dédié aux technologies de
l’information et de la communication (TIC).
b -
Les rapports annuels d’activité présentés par le délégataire
L’article R. 1411-7 du CGCT dispose que le rapport annuel du délégataire doit
comprendre un ensemble d’informations précises relatives aux données comptables de la
délégation et à l’analyse de la qualité du service. Il doit, en outre, contenir un compte rendu
technique et financier comportant les informations utiles relatives à l’exécution du service.
En l’espèce, le rapport annuel 2013 du délégataire comprend les états financiers
de la délégation, assortis de la présentation des méthodes comptables et des méthodes
d’évaluation des immobilisations. L’état de variation du patrimoine immobilier est également
présenté ainsi que le montant des amortissements selon la distinction prévue pour les
contrats de concession. En outre, le rapport contenait un état détaillé des biens de retour.
80
Le titulaire du marché était le groupement d’entreprises Pascal Buleon/comptoirs des signaux/Sphère publique/partenaires
finances locales (mandataire Pascal Buleon, expert conseil à Caen).
81
Entre 30 000 € et 50 000 € selon l’année d’application de la convention.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
33
En revanche, le rapport ne faisait pas état des dépenses de renouvellement
réalisées durant l’année. Il ne contenait pas non plus d’éléments permettant d’apprécier la
qualité du service vis-à-vis du délégant alors même que cette obligation, prévue par le
CGCT, fait l’objet de développements spécifiques dans la convention. En outre, le
délégataire ne tient pas le délégant informé d’un bilan de la performance du réseau à l’égard
des usagers, même si les indicateurs requis existent.
Dans sa réponse, le délégataire a pris acte de l’observation de la chambre
s’agissant du caractère exhaustif des informations devant figurer à son rapport annuel.
c -
La
présentation
des
rapports
du
délégataire
devant
le
conseil
communautaire
Comme le prévoit l’article L. 1411-3 du CGCT, le président a présenté chaque
année au conseil communautaire le rapport sur le service délégué.
Les informations sont présentées de façon permanente selon trois thématiques :
l’état de la construction du réseau puis de son extension, la commercialisation et les finances
de la délégation.
La présentation des rapports des années 2012 et 2013, faite en conseil
communautaire respectivement les 29 juin 2013 et 21 juin 2014, indique que les comptes de
la société Tutor Coeur Côte Fleurie «
affichent une perte mais sont conformes à ce stade de
l’exploitation de la DSP.
»
Pour autant, les résultats d’exploitation de ces deux derniers exercices montrent
des écarts significatifs avec le plan d’affaires prévisionnel transmis au cours de l’instruction,
à savoir l’annexe 24 «
Grilles financières
» jointe à la convention signée en 2010.
La présentation en conseil communautaire n’aborde pas la question des
raccordements des sites prioritaires au réseau.
La chambre observe que l’établissement s’est doté d’organes de suivi appropriés
qui se réunissent régulièrement, et que les rapports prévus sont produits tant par le
délégataire que par le président du conseil communautaire.
Cependant, il ressort de l’examen de ces documents qu’ils sont incomplets
s’agissant du patrimoine de la délégation et de l’analyse de la qualité du service rendu,
comme souligné à plusieurs reprises par l’assistant à maîtrise d’ouvrage. De même, la liste
des sites prioritaires effectivement raccordés n’est pas produite.
C -
La phase de réalisation des investissements de premier établissement
1 -
Le réseau a été entièrement déployé dans les délais impartis
Entre 2011 et 2012, le délégataire a déployé l’artère fédératrice du réseau fibre
optique et les locaux techniques de réseau, puis a construit en aval les liaisons de
distribution vers les habitations et les entreprises. La desserte finale des abonnés et leur
raccordement terminal ont été dès lors engagés.
Seule l’artère fédératrice a été entièrement enfouie par des travaux de génie civil.
Dans un objectif de maîtrise des coûts, les travaux de desserte ont été réalisés par tirage de
câbles sur les supports des lignes aériennes du syndicat intercommunal d’énergies et
d’équipement du Calvados et en passage de câbles souterrains par utilisation des fourreaux
de France-Télécom/Orange
82
.
82
Par la décision n° 2008-0835 du 24 juillet 2008, l ’ARCEP a contraint l’opérateur historique France-Télécom à donner accès à
ses fourreaux de génie civil afin de permettre à l’ensemble des opérateurs d’y déployer de la fibre optique. La société
France-Télécom a changé de raison sociale par vote en assemblée générale en 2013, sa nouvelle raison sociale est
« Orange ».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
34
La construction du réseau s’est accompagnée d’une information destinée au
grand public accessible sur le site « Coeur Fibre » ouvert en décembre 2011. L’avancée du
projet, par la diffusion de la carte du réseau, des avantages de la fibre et de l’arrivée des
opérateurs, y est régulièrement présentée. Le site permet au public de tester l’éligibilité de
son logement aux offres THD proposées par les opérateurs commerciaux.
Depuis juillet 2013, par convention avec un centre de formation spécialisé,
l’EPCI propose l’accompagnement des entreprises aux mutations du numérique.
Fin 2013, l’infrastructure déployée comptait 275 km
83
avec 30 raccordements
professionnels publics et privés, 339 raccordements grand public et 33 500 prises
raccordables pour un total de 37 686 logements recensés par l’INSEE.
Le réseau de l’EPCI, intégralement réalisé dans sa phase collecte, comporte un
point fixe dans chaque commune et intègre sept noeuds de raccordement optique (NRO)
regroupant les points de mutualisation opérationnels (PM). Les zones arrières de chaque
PM sont déployées, les liaisons fibre sont établies jusqu’aux points de branchement optique
(PBO) situés à proximité des sites à raccorder par les opérateurs commerciaux.
Le comité de coordination du 28 septembre 2012 indique que l’infrastructure et le
réseau optique ont été réceptionnés sans réserve sur avis favorable du cabinet chargé de
l’assistance à maîtrise d’ouvrage, après visite et expertise des installations. A cette occasion,
ce dernier a souligné que certaines fonctionnalités du système d’information mis en place
par le délégataire allaient au-delà des critères de l’art alors en vigueur.
Les sites isolés (plus de 50 m) n’ont pas fait l’objet d’un déploiement systématique
compte tenu du coût du raccordement final
84
. Selon l’ordonnateur, ces derniers devraient
être raccordés dans un second temps
85
. Le nombre de prises concernées, 500 prises,
représente 1,5 % du total des prises à construire.
2 -
Le plan de financement initial a été respecté
L’étude technico-économique menée en amont du projet, d’un montant de
176 000 €, a été financée à 70 % par l’association Pays d’Auge Expansion et à 15 % par la
Caisse des Dépôts. L’EPCI a financé le solde, soit 27 000 €.
Le montant du projet s’élevait initialement à 15,8 M€, dont 12,8 M€ au titre des
investissements de premier établissement assurés par Tutor Côte Fleurie. Selon les
dispositions contractuelles, les travaux devaient être réalisés avant juillet 2013.
Le montant des subventions publiques s’est élevé à 3 M€ dont 1 M€ au titre des
fonds européens, 750 000 € versés par la région Basse-Normandie, 650 000 € par le
département et 600 000 € par l’EPCI.
Entre 2012 et 2013, les différentes participations ont été encaissées par
l’EPCI qui a procédé au reversement au délégataire pour 3 M€, comme le prévoyait le
contrat. Les contributions publiques ont représenté moins de 20 % du programme global. La
participation de l’établissement s’est elle-même élevée à 20 % des contributions publiques et
a représenté 4 % du programme global.
Ainsi, avec une technologie point-à-point, une prise du RIP « Coeur Fibre »
représente un investissement global de l’ordre de 472 € dont 90 € de fonds publics.
83
Dont 31 km de collecte, 170 km de distribution, 53 km de transport et 21 km de raccordement.
84
En accord avec l’EPCI, le délégataire s’est engagé à maintenir le principe d’un raccordement final dans un délai maximal de
16 semaines à partir de la commande d’un opérateur commercial.
85
Au final, les travaux pour complétude du réseau sur les zones les plus isolées sont estimés entre 1,6 M€ et 2 M€, et feront
l’objet de sollicitations d’aides extérieures.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
35
Au bilan de la société Tutor Coeur Côte Fleurie, arrêté au 31 décembre 2013, la
valeur brute des immobilisations corporelles s’élevait à 15,5 M€, dont 9,4 M€ au titre des
installations techniques et 6 M€ au titre des installations générales.
La chambre observe que le RIP déployé par l’EPCI, via le contrat de délégation,
est ouvert à l'ensemble des opérateurs de communications électroniques. Ceux-ci sont en
mesure de commercialiser leurs offres de services à destination des utilisateurs finaux.
Le nombre de prises en raccordement forfaitaire représente 90 % des prises
totales, ce qui est un facteur d’attractivité pour les utilisateurs finaux potentiels.
Le plan de financement prévisionnel du réseau a été respecté dans sa durée et
dans son montant global.
D -
Une entrée en phase de commercialisation difficile
1 -
Les difficultés soulevées par le comité technique intercommunal de suivi de
la DSP
La première commission de coordination, réunie après la réception des
installations (28 septembre 2012), formulait un certain nombre de points favorables et
d’autres à améliorer sur le travail du délégataire :
-
points favorables :
o
la validation technique du réseau réceptionné ;
o
le taux d’échec sur les raccordements effectués inférieur à la moyenne
nationale ;
o
le délégataire était alors «
l’opérateur de RIP … qui dispose des offres les
moins chères pour les opérateurs clients, et ce, même dans le contexte
de baisse des prix de l’opérateur France-Télécom
» ;
-
points à améliorer :
o
le délai de réponse commerciale à la suite de la demande d’un contrat de
service par un nouvel usager, fixé contractuellement à 15 jours (annexe
23 du contrat, point 2.3) n’a pas toujours été respecté ;
o
sur la forme comme sur le fond, le délégataire ne produisait pas les
données financières et juridiques permettant le contrôle de son activité.
Par ailleurs, des élus faisaient état des difficultés d’articulation entre la fibre
optique et les technologies concurrentes, notamment par le déploiement du VDSL2 sur le
territoire. En outre, ils s’interrogeaient sur l’absence des opérateurs commerciaux
d’envergure nationale sur le marché fibre optique de l’EPCI.
L’année suivante, face aux mécontentements soulevés par les conditions
d’entrée en exploitation du réseau, l’établissement a fait dresser un état des lieux des
difficultés techniques et organisationnelles rencontrées dans le cadre de la DSP. Le rapport
a été rendu en avril 2013. Il recensait les dysfonctionnements constatés, puis établissait un
diagnostic et en tirait des préconisations. Celles-ci portaient notamment sur la nécessité :
-
pour le délégataire :
o
de développer et d’améliorer sa communication externe, aussi bien avec
les opérateurs, les clients finaux qu’avec les communes ;
o
adapter sa grille tarifaire en fonction des évolutions du marché et des
contraintes techniques rencontrées ;
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
36
-
pour l’EPCI :
o
de renforcer la gestion opérationnelle du projet, notamment par un suivi
renforcé des indicateurs d’exploitation de la DSP.
En outre, le rapport soulignait la non-conformité des délais de mise en service
qui atteignaient une moyenne de 81,58 jours contre un maximum contractuel de 80 jours, ce
qui implique des dépassements importants pour un nombre significatif de raccordements. Le
rapport pointait également des échecs de raccordement en nombre important durant la
période de lancement de la phase d’exploitation.
Lors de sa dernière réunion, en juin 2014, le comité technique intercommunal
soulignait les difficultés persistantes s’agissant de la commercialisation des offres et les
conséquences sur la situation financière du délégataire. En outre, l’assistant à maîtrise
d’ouvrage préconisait la révision du processus qualité.
La chambre constate que l’ordonnateur et le délégataire ont entamé une
réflexion pour améliorer le niveau de satisfaction des usagers du réseau.
2 -
Les résultats de la commercialisation à fin novembre 2014
Selon l’observatoire de la Mission France Très haut débit, en mai 2015 la part
des logements et locaux professionnels du département du Calvados éligibles à la fibre
optique
86
, soit à un service en débit le plus élevé, était de 7,9 %. Par son avance sur le
déploiement du réseau départemental, les logements se concentraient essentiellement dans
les communes de l’EPCI.
D’après la même source, la situation des communes selon l’éligibilité des
logements à un service identique est la suivante :
Communes membres
Part des logements et
locaux professionnels
éligibles à un service de
100 Mbps et plus en
FTTH
Communes membres
Part des logements et
locaux professionnels
éligibles à un service de
100 Mbps et plus en
FTTH
Bénerville-sur-Mer
63,5 %
Tourgéville
62,8 %
Blonville-sur-Mer
68,8 %
Trouville-sur-Mer
64 %
Deauville
59,7 %
Vauville
27,5 %
Saint Arnoult
55,8 %
Villers-sur-Mer
53,5 %
Saint Pierre-Azif
35,7 %
Villerville
57,7 %
Touques
82,4 %
Source : Observatoire de la Mission France Très haut débit
Ainsi, neuf communes sur onze présentaient un taux de logements éligibles au
service le plus élevé supérieur à 50 %, ce qui doit être souligné.
En comparaison, la part des logements et locaux à usage professionnel éligibles
à un service comparable par un réseau en fibre optique dans des zones très denses était de
57 % à Paris intra-muros, 27 % à Marseille, 57 % à Lyon, selon la même source.
Fin 2013, le réseau de l’EPCI comptait 24 278 logements résidentiels
«
raccordables
»
87
au forfait (moins de 50 m) et 4 964 dont le point de branchement se situe
à moins de 100 m sur un total identifié par le délégataire de 34 295 logements, soit un taux
de 85 % de logements raccordables.
86
Pour une éligibilité à un service supérieur à 100 Mbps.
87
Selon l’ARCEP, un logement raccordable est un
« logement pour lequel il existe une continuité optique ente le point de
mutualisation et le point de branchement optique »
, terme défini en janvier 2013.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
37
L’écart constaté entre l’évaluation du déploiement du réseau dans les communes
de l’EPCI fournie par l’observatoire de la Mission France Très haut débit et le taux de
85 % annoncé par le délégataire s’explique par l’utilisation d’une notion de référence
différente
88
: l’observatoire se place du point de vue des possibilités de l’usager final
(logements éligibles), tandis que le délégataire se base sur les équipements qu’il doit fournir
aux opérateurs commerciaux en vertu de la convention (logements raccordables).
Fin 2014, les résultats commerciaux pour les particuliers étaient les suivants :
Situation
globale
Potentiel
de sites
1
(1)
Total
commandes
2
(2)
Prises
actives
3
(3)
Commandes
en cours de
traitement (4)
Annulations
de
commandes
(5)
taux de
pénétration
global
(2)/(1)
taux
consolidé
[(2)-(5)]/(1)
taux de
pénétration
p. actives
(3)/(1)
Bénerville
-sur-Mer
476
28
17
9
2
5,9%
5,5%
3,6%
Blonville
-sur-Mer
1 199
59
26
19
14
4,9%
3,8%
2,2%
Deauville
2 871
54
32
8
14
1,9%
1,4%
1,1%
Saint
Arnoult
605
54
35
3
16
8,9%
6,3%
5,8%
Saint
Pierre-Azif
128
47
34
7
6
36,7%
32,0%
26,6%
Touques
1 545
154
93
31
30
10,0%
8,0%
6,0%
Tourgéville
807
59
42
3
14
7,3%
5,6%
5,2%
Trouville-
sur-Mer
3 961
150
102
16
32
3,8%
3,0%
2,6%
Vauville
76
31
24
4
3
40,8%
36,8%
31,6%
Villers-sur-
Mer
2 323
32
21
0
11
1,4%
0,9%
0,9%
Villerville
662
36
28
4
4
5,4%
4,8%
4,2%
Total
14 653
704
454
104
146
4,8%
3,8%
3,1%
1
Potentiel de sites : il s’agit des bâtiments et non des prises (exemple : un immeuble collectif avec 4 cages d’escalier, soit 100
prises au total compte pour 4 sites (1 site par cage d’escalier ; 1 pavillon = 1 site).
2
Total commandes : demandes commerciales reçues par le délégataire.
3
Prises actives : prises raccordées et allumées.
A ces résultats, s’ajoutent les clients professionnels, ce qui porte le total des
utilisateurs finaux à 532 au 31 décembre 2014, soit un taux de pénétration commerciale de
3,63 %.
Fin 2014, les particuliers et les professionnels bénéficiaient d’une offre de
services variée proposée par plusieurs opérateurs de détail. Pour le moment, seuls les
opérateurs dits «
alternatifs
» ont signé des contrats avec le délégataire, au contraire des
opérateurs commerciaux d’envergure nationale.
Le taux de pénétration global montre des disparités sur le territoire :
-
les résultats les plus élevés concernent les communes les plus rurales
(Vauville et Saint-Pierre-Azif, avec une exception pour Tourgéville). La
situation de Tourgéville s’explique par la présence d’une façade littorale avec
des immeubles collectifs d’habitat secondaire qui font baisser la statistique ;
-
les zones denses concentrent à la fois un habitat secondaire et une
population en attente de l’arrivée des OCEN porteurs d’une offre «
fibre
», ce
qui pourrait lever la réticence au changement de prestataire.
Comme observé au plan national, les meilleurs taux de pénétration commerciale
concernent les territoires affectés par les zones blanches, surtout situés en zone rurale.
88
Pour apprécier le déploiement du réseau jusqu’à l’utilisateur final, les notions suivantes sont utilisées : logements non
programmés, programmés, raccordables, éligibles et raccordés.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
38
En intégrant les données de l’Observatoire de la Mission France très haut débit
relatives au recensement des logements éligibles, la chambre estime que le taux
d’abonnement
89
s’établirait à moins de 2 % sur le territoire de l’EPCI.
Communes
Nombre total
de logements
(INSEE) (1)
Part des
Logements
éligibles
(Observatoire)
(2)
Nombre de
logements
éligibles
(1)X(2)
Prises
actives
(selon le
délégataire)
Taux
d’abonnement
(fin 2014)
Bénerville-sur-Mer
1 235
63,5%
784
17
2,17%
Blonville-sur-Mer
2 851
68,8%
1 961
26
1,33%
Deauville
8 351
59,7%
4 986
32
0,64%
Saint Arnoult
784
55,8%
437
35
8,00%
Saint Pierre-Azif
151
35,7%
54
34
63,07%
Touques
2 896
82,4%
2 386
93
3,90%
Tourgéville
2 412
62,8%
1 515
42
2,77%
Trouville-sur-Mer
8 397
64,0%
5 374
102
1,90%
Vauville
146
27,5%
40
24
59,78%
Villers-sur-Mer
9 648
53,5%
5 162
21
0,41%
Villerville
817
57,7%
471
28
5,94%
Total
37 688
23 171
454
1,96%
Selon l’observatoire, la couverture des logements et des locaux professionnels
dans les communes de l’EPCI par la technologie DSL était la suivante à fin 2014 :
Communes
Inéligibles
Moins de 3 Mbps
de 3 Mbps
à 8 Mbps
de 8 Mbps
à 30 Mbps
de 30 Mbps
à 100 Mbps
Bénerville-sur-Mer
21,6%
46,4%
32,0%
Blonville-sur-Mer
3,8%
96,2%
Deauville
1,9%
58,5%
39,6%
Saint Arnoult
1,3%
62,2%
33,9%
2,6%
Saint Pierre-Azif
35,0%
61,8%
3,2%
Touques
29,9%
30,6%
39,5%
Tourgéville
2,8%
24,4%
26,8%
46,0%
Trouville-sur-Mer
5,2%
6,0%
76,9%
11,9%
Vauville
1,3%
98,7%
Villers-sur-Mer
0,8%
80,0%
19,2%
Villerville
13,9%
2,9%
83,2%
Source : observatoire de la Mission France Très haut débit, les résultats correspondent à un débit maximal théorique
.
Ainsi, la part des logements bénéficiant d’un service inférieur à 3 Mbps s’élevait à
8,6 %, celle des logements bénéficiant d’un service à haut débit (entre 3 et 30 Mbps)
s’établissait à 75,1 %, et celle des logements accédant au très haut débit était de 16,3 %.
Les résultats, sur la commune de Deauville, s’expliquent par la présence des infrastructures
nécessaires au déploiement de la technologie VDSL2 dans la collectivité même.
Selon l’ordonnateur, le déploiement du réseau en fibre optique s’est accompagné
d’une montée en débit par les opérateurs déjà présents localement avec pour conséquence
la résorption de la majeure partie des zones blanches.
89
Le taux d’abonnement est calculé en rapportant le nombre de logements abonnés au nombre de logements éligibles.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
39
En conclusion, la chambre observe que la faiblesse du taux d’abonnement à la
fibre optique dans les communes de l’EPCI peut s’expliquer par des considérations liées :
-
au délégataire :
o
au premier semestre de la commercialisation, la société n’a pas été en
mesure de respecter les délais de devis de raccordement et de mise en
service prévus par la convention ;
o
son activité a pâti d’un manque de communication avec les usagers du
réseau et les élus locaux ;
-
aux usagers du réseau :
o
les opérateurs dits alternatifs sont peu connus du grand public ;
-
à l’environnement :
o
les utilisateurs finaux, abonnés DSL, n’ont pas modifié leurs habitudes
de consommation ;
o
l’étendue
des
zones blanches
dans
les communes
a
diminué
concomitamment au déploiement du réseau de fibre optique ;
o
l’habitat local est majoritairement composé de résidences secondaires ;
o
les usages pour les utilisateurs finaux ne sont pas encore suffisamment
développés (domaines de l’assistance à domicile et de la sécurité
notamment) ;
o
les professionnels et les collectivités sont une clientèle importante pour
le délégataire, mais qui n’est pas encore passée à la fibre optique pour
le moment ;
o
la concurrence du réseau cuivre qui fournissait, fin 2014, des services
en haut débit à 75 % des logements et locaux de l’EPCI et à 16 % en
très haut débit.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a fait mention des évolutions législatives
prévisibles à court terme. Ainsi, il a indiqué que l’établissement pourrait se porter candidat à
l’obtention du statut de zone fibrée
90
.
3 -
La situation financière de la société ad’ hoc au regard des prévisions
initiales
L’examen de la situation financière de la société repose sur les informations
présentées dans les rapports annuels d’activité remis à l’EPCI, sur le plan d’affaires
prévisionnel annexé à la convention en 2010 (annexe 24 «
Grilles financières
») et sur
l’analyse financière produite en octobre 2013 par l’assistant à maîtrise d’ouvrage.
Entre 2010 et 2013, dernier exercice clos pour la société Tutor Coeur Côte
Fleurie, les réalisations s’établissent comme suit :
90
Le projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » (dite loi Macron) prévoit un article qui
modifierait l’article L. 33-10-1 du CPCE. Il est ainsi libellé :
« Il est institué un statut de zone fibrée, où il est constaté que
l’établissement et l’exploitation d’un réseau en fibre optique ouvert à la mutualisation sont suffisamment avancés pour
déclencher des mesures facilitant la transition vers le très haut débit. La demande d’obtention du statut est formulée par
[…]
la
collectivité l’ayant établi au titre de l’article L. 1425-1 du code général des collectivités territoriales ».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
40
En euros
2010
2011
2012
2013
Cumul
Total Produits
Prévisionnel
-
251 638
852 536
1 222 193
2 326 367
dont ressources commerciales
185 742
746 623
1 101 741
Réalisé
-
98 888
526 817
950 317
1 576 022
dont chiffre d’affaires
2 248
356 125
440 411
798 784
dont subvention virée au résultat
157 053
166 740
dont autres produits exceptionnels
334 159
Ecart
-
152 750
325 719
271 876
750 345
Total Charges
Prévisionnel
-
1 081 346
1 572 674
1 818 075
4 462 750
Réalisé
97 543
922 480
2 046 481
2 415 369
5 481 873
dont locations fourreaux, poteaux
ERDF et maintenance réseau passif
0
88 107
73 000
dont honoraires
204 835
395 397
205 600
dont charges de personnel
68 982
87 560
47 507
dont charges financières
305 135
627 146
621 644
dont dotations aux amortissements
144 344
735 399
894 589
Ecart
-
97 543
158 866
-
473 807
-
597 294
1 019 123
Résultat net
Prévisionnel
-
-
829 708
-
720 138
-
595 882
- 2136 383
Réalisé
-
97 543
-
823 592
-
1 519 664
-
1 465 052
- 3 905 851
Ecart
97 543
6 116
799 526
869 170
1 769 468
Excédent brut d’exploitation
Prévisionnel
-
230 048
227 232
462 597
459 781
Réalisé
-
470 738
-
325 216
-
61 284
- 857 238
Ecart
240 690
552 448
523 881
1 317 019
Source : rapports annuels d’activité du délégataire.
Le plan d’affaires annexé à la convention prévoyait un résultat net cumulé à fin
2013 négatif de 2,1 M€. Les réalisations se sont établies à une perte cumulée de 3,9 M€.
L’examen des comptes de la société délégataire montre que les écarts entre les
prévisions et les réalisations, au niveau du résultat net des exercices 2012 et 2013,
s’expliquent à la fois par un montant de produits inférieur aux prévisions et par des charges
plus importantes.
En ce qui concerne les charges, le délégataire a expliqué leur niveau, dans sa
réponse à la chambre, par la sous-évaluation au plan d’affaires initial de la rémunération des
comptes courants d’actionnaires et des dotations aux amortissements.
S’agissant des produits, le total des réalisations représente 68 % des prévisions.
Cependant, ramenées aux seules ressources commerciales, les réalisations se limitent à la
moitié des prévisions. Ainsi, les produits exceptionnels ont contribué de manière significative
aux réalisations globales en 2013, sans que leur origine ne soit précisée par le délégataire
dans son rapport annuel d’activité.
Dans sa réponse, l’ordonnateur a informé la chambre de l’origine des produits
exceptionnels
91
91
Le résultat exceptionnel enregistré dans les comptes de la société concernait la sortie d’actifs immobilisés du tronçon T80
entre la commune de Touques et l’autoroute A13 à Pont-l’Evêque.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
41
En 2013, le chiffre d’affaires par segment de clientèle se composait comme suit :
Usagers pour liens abonnés professionnels privés et publics
97 480
22%
Usagers pour liens abonnés résidentiels
85 030
19%
Prestation facturées à Tutor Calvados
119 040
27%
Autres prestations
138 861
32%
Total du chiffre d’affaires 2013
440 411
Source : rapport annuel d’activité du délégataire pour l’année 2013.
Les commentaires du délégataire sur la répartition du chiffre d’affaires par
activité sont succincts. De même, s’il mentionne les perspectives commerciales pour 2014,
elles ne contiennent pas d’objectifs chiffrés.
Dans sa réponse, le délégataire s’est engagé à mentionner les objectifs
commerciaux de la délégation dans son prochain rapport annuel d’activité.
L’excédent brut d’exploitation (EBE)
92
de la société est passé de - 325 216 € en
2012 à - 61 284 € en 2013, en raison d’une augmentation du chiffre d’affaires et d’une
diminution sensible des charges d’exploitation, notamment, par la baisse des honoraires de
gestion, en raison de l’achèvement de l’infrastructure et d’une diminution des charges de
personnel.
Dans leur réponse, l’ordonnateur et le délégataire ont constaté que l’exercice
2014 restait marqué par une commercialisation insuffisante.
Le plan d’affaires prévoyait un EBE positif dès la deuxième année d’exploitation.
En 2013, l’augmentation du chiffre d’affaires n’a pas été suffisante pour atteindre l’équilibre.
Cependant, il ressort des analyses produites par l’assistance à maîtrise
d’ouvrage
93
, qu’au cours de la période, le délégataire a actualisé ses prévisions financières
au moins à deux reprises dans le sens d’une baisse significative des revenus à court et
moyen terme.
Ainsi, le délégataire aurait ramené son hypothèse de pénétration commerciale à
cinq ans sur le segment des entreprises de 15,71 % à 2,10 %. En parallèle, les charges
d’exploitation ont été revues à la baisse. Selon la version actualisée, l’EBE resterait négatif
au cours des cinq premiers exercices malgré la baisse concomitante des charges.
Par ailleurs, selon l’assistant à maîtrise d’ouvrage, les deux modifications
tarifaires intégrées à la convention par avenants de mars et octobre 2013, n’apparaissent
pas dans les prévisions modifiées par le délégataire,
En outre, les nouveaux investissements mentionnés dans la révision des
prévisions, conjugués à une insuffisance brute d’exploitation, conduiraient à une réduction du
taux de rentabilité (TRI) qui serait ramené de 8,578 % à la signature de la convention de
DSP à 2,638 %, selon l’assistant à maîtrise d’ouvrage.
Le délégataire anticiperait non seulement des revenus nettement inférieurs à ses
prévisions initiales, mais également un taux de pénétration à 25 ans bien en-deçà des
objectifs. Dès lors, la rentabilité opérationnelle de la DSP en serait sensiblement affectée,
dans l’environnement commercial actuel qui ne compte pas encore avec la présence des
grands opérateurs nationaux.
92
L’excèdent brut d’exploitation mesure le profit économique brut issu du cycle d’exploitation.
93
Source : «
Analyse de l’évolution du plan d’affaires de Tutor Coeur Côte Fleurie
» réalisé par le cabinet de conseil en finances
locales Partenaires Finances locales, en date du 31 octobre 2013.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
42
Dans leur réponse, l’ordonnateur et le délégataire ont rappelé que le plan
d’affaires initial était basé sur la commercialisation du réseau à un ou plusieurs opérateurs
d’envergure nationale. Ils ont ajouté que l’absence de ces opérateurs influence
défavorablement les résultats commerciaux de la délégation.
Les révisions substantielles apportées aux prévisions financières illustrent une
modification de l’économie générale du contrat, au-delà du retard déjà constaté dans la
phase de commercialisation. Cependant, elles n’ont pas été validées par une délibération du
conseil communautaire, ni produites au cours de l’instruction.
Dans ces circonstances, si la dégradation de la situation financière du
délégataire est confirmée, les documents consultés début 2014 ne permettaient pas de
l’évaluer au regard de perspectives commerciales qui auraient été modifiées sensiblement
en cours d’exécution.
Dans sa réponse l’ordonnateur a indiqué que les négociations concernant
l’actualisation du plan d’affaires étaient en cours. Il s’est engagé à soumettre le document
actualisé au vote du conseil communautaire, après avis des commissions compétentes.
Malgré un effort de réduction des charges d’exploitation, deux ajustements
tarifaires par avenants et la révision du plan d’affaires en 2012 et 2013, la rentabilité
opérationnelle à long terme serait sensiblement affectée, d’où l’existence d’un risque pour
l’EPCI de devoir contribuer à l’équilibre de la DSP.
La chambre observe que, depuis l’entrée en phase de commercialisation du RIP,
la situation financière de la délégation s’est sensiblement détériorée.
En outre, le délégataire ne présente pas le bilan de son action en faveur de la
commercialisation du réseau, alors même que la convention et son annexe 23 déclinent ses
obligations en la matière.
Dans sa réponse à la chambre, le délégataire a rappelé le montant qu’il a
consacré aux dépenses publicitaires sans pour autant établir un bilan détaillé de son action
depuis l’entrée du réseau en phase de commercialisation.
La chambre considère que la présentation des informations portant sur la
commercialisation du réseau reste insuffisante. Elle ne permet pas de rapprocher les
réalisations effectives des engagements prévus au contrat et recensés à l’annexe 23.
E -
Conclusion sur la situation du RIP « Coeur fibre »
Le réseau mis en place par la convention de DSP signée en 2010 s’est intégré
dans le schéma départemental qui lui est postérieur. Livré sans réserve un an avant la date
prévue, il a permis la proposition d’une offre commerciale aux utilisateurs finaux dès 2012.
Néanmoins, les premiers mois d’exploitation ont été marqués par des difficultés
d’ordre technique et organisationnel sérieuses qui ont fait obstacle à l’atteinte des objectifs
de chiffre d’affaires prévus.
Si ces premiers écueils ont été surmontés, les résultats commerciaux prévus à
fin 2013 par le plan d’affaires initial n’avaient pas été atteints, pour les segments
«
entreprise
» et «
grand public
».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion
de la communauté de communes Coeur Côte Fleurie
43
En outre, les raccordements au réseau des sites prioritaires apparaissent limités,
bien qu’il s’agisse de l’une des priorités du plan national en vigueur au titre du renforcement
de la compétitivité de l’économie et de la qualité des services publics.
Malgré les différentes mesures adoptées par l’EPCI et le délégataire, la
rentabilité opérationnelle de la délégation s’est sensiblement dégradée par rapport au plan
d’affaires annexé à la convention en 2010.
La chambre souligne que le délégataire a révisé à la baisse ses prévisions au
moins à deux reprises, sans que le conseil communautaire ne se soit prononcé sur ces
modifications substantielles apportées à l’économie générale du contrat.
Dans sa réponse, l’ordonnateur s’est engagé à présenter le plan d’affaires modifié au
conseil communautaire, à l’issue des négociations en cours avec le délégataire.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
44
ANNEXES
Annexe n° 1 : Evolutions des dépenses et des recett es réelles
de fonctionnement au budget principal.
Evolution des dépenses réelles de fonctionnement
Budget principal (en euros)
2009
2010
2011
2012
2013
Variation
annuelle
moyenne
Charges à caractère général
4 003 934
4 000 538
3 983 035
4 382 950
4 319 187
1,9%
Charges de personnel
1 245 662
1 234 948
1 275 001
1 337 059
1 506 263
4,9%
Autres charges de gestion
1 620 328
1 586 260
1 721 113
1 736 068
1 762 079
2,1%
dont subventions de fonctionnement
467 446
419 216
526 382
521 406
526 585
3,0%
Charges de gestion (hors intérêts)
6 869 924
6 821 746
6 979 149
7 456 077
7 587 530
2,5%
Charges d'intérêt
289 775
269 047
250 596
376 643
378 797
6,9%
Charges courantes de gestion
7 159 699
7 090 793
7 229 745
7 832 720
7 966 327
2,7%
Charges exceptionnelles
4 219
67
4 526
538
1 157
Dépenses réelles de fonctionnement
7 163 918
7 090 860
7 234 271
7 833 259
7 967 484
2,7%
Source : Comptes administratifs et comptes de gestion
Evolution des recettes réelles de fonctionnement
Budget principal (en euros)
2009
2010
2011
2012
2013
Ressources d'exploitation
284 429
348 530
428 999
445 303
549 602
dont remboursement rémunérations agents SPIC
142 807
149 758
160 030
170 472
223 880
Ressources fiscales propres
6 946 561
7 292 961
9 186 693
9 537 922
9 833 144
Evolution annuelle
3,82%
3,10%
dont impôts locaux
6 946 561
7 275 002
9 186 693
8 413 182
8 663 108
dont Cotisation foncière des entreprises (CFE)
669 395
670 737
dont Cotisation sur la valeur ajoutée (CVAE)
455 345
499 299
FNGIR
-1 728 028
-1 734 008
-1 742 678
FPIC (solde)
-48 282
-176 607
Dotations et participations
1 437 599
1 534 761
1 632 877
1 769 458
1 641 680
dont DGF
908 330
949 652
959 222
940 111
930 897
dont péréquation (compensation)
120 601
100 553
154 890
181 339
173 035
Produits de gestion
8 668 589
9 176 252
9 520 541
9 970 393
10 105 141
Produits financiers
1 794
931
33
35
27
Produits exceptionnels
801
84 944
256 144
13 388
19 546
Recettes réelles de fonctionnement
8 671 184
9 262 127
9 776 718
9 983 816
10 124 714
Source : Comptes administratifs et comptes de gestion
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
45
Annexe n° 2 : Cadre d’intervention des collectivité s territoriales dans le domaine des
communications électroniques.
1 - Le rôle déterminant des réseaux d’initiative publique en complément de l’initiative
privée
Le Très haut débit (THD) correspond à un débit descendant supérieur à 30 Mbps. Il s’agit
du seuil fixé par la Commission Européenne et repris en France par l’ARCEP.
En 2004, la loi de confiance dans l’économie numérique a donné aux collectivités
territoriales de plein exercice la possibilité de contribuer à l’aménagement numérique de leur territoire
par l’article L. 1425-1 du CGCT qui dispose que :
« Les collectivités territoriales et leurs groupements
peuvent établir et exploiter sur leur territoire des infrastructures et des réseaux de communications
électroniques au sens du 3°
94
et du 15°
95
de l'article L. 32
du code des postes et communications
électroniques, acquérir des droits d'usage à cette fin ou acheter des infrastructures ou réseaux
existants. Ils peuvent mettre de telles infrastructures ou réseaux à disposition d'opérateurs ou
d'utilisateurs de réseaux indépendants. L'intervention des collectivités territoriales et de leurs
groupements se fait en cohérence avec les réseaux d'initiative publique (
RIP)…
».
L’article L. 1425-1 du CGCT crée un service public local relatif aux réseaux et aux
services locaux de communications électroniques. Il permet, en outre, aux collectivités territoriales de
devenir opérateurs dotés, sous certaines conditions, des mêmes droits et obligations que tout
opérateur de réseaux de communications électroniques.
Les plans nationaux successifs pour le développement de l’accès au THD en France ont
établi un zonage du territoire, selon la densité de population, distinguant les zones de concurrence :
les zones dites «
très denses
» (106 communes), les zones conventionnées (dites «
moins denses
»,
de l’ordre de 3 500 communes) et les zones d’initiative publique où sont déployés les RIP.
Les RIP sont des réseaux physiques de fibre optique construits par les collectivités pour
pallier l’absence des opérateurs privés dans les territoires jugés insuffisamment rentables. Ainsi,
l’investissement dans les zones denses est assuré par des opérateurs privés (57 % des foyers) et
complété par un investissement public dans les zones moins denses, à l’initiative des collectivités
(43 % des foyers).
En 2008, la loi de modernisation de l’économie
96
a instauré le cadre juridique pour
favoriser le déploiement de la fibre optique dans les immeubles jusqu’à l’utilisateur final et sa
mutualisation entre les opérateurs. Ces mesures ont encouragé le développement des RIP des
collectivités et de leurs groupements.
L'intervention des collectivités doit garantir l'utilisation partagée du réseau, ainsi que le
respect des principes d'égalité entre opérateurs et de libre concurrence sur les marchés.
Peuvent être ainsi chargés d’une mission de service public pour l’aménagement
numérique du territoire :
-
les collectivités territoriales exploitant en régie les RIP qu’elles ont déployés ou
engagées dans un partenariat public-privé ;
94
Article 32, 3° Réseau ouvert au public :
« On entend par réseau ouvert au public, tout réseau de communications électroniques établi ou
utilisé pour la fourniture au public de services de communications électroniques ou de services de communication au public par voie
électronique. »
95
Article 32, 15° Opérateur :
« On entend par opérateur, toute personne physique ou morale exploitant un réseau de communications
électroniques ouvert au public ou fournissant au public un service de communications électroniques. »
96
Loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
46
-
les opérateurs délégataires de service public
97
exploitant un RIP pour le compte de la
collectivité par contrat de concession ou d’affermage. Dans ce cas, la collectivité n’est
pas opérateur et ne se déclare pas à l’ARCEP.
Les avancées technologiques dans le domaine des communications électroniques se sont
inscrites dans un cadre politique et juridique, européen et national, visant au développement de
l’aménagement numérique des territoires.
2 - Le cadre européen et national de l’aménagement numérique des territoires
Dans une démarche de sortie de la crise de 2008, la Commission européenne a proposé
en 2010 la « Stratégie Europe 2020 » dont l’une des initiatives phares, « Une stratégie numérique
pour l’Europe »
98
, a pour finalité de combler le retard du territoire dans les technologies de
l’information et de la communication, ainsi que dans les activités économiques afférentes.
Cette stratégie a été déclinée en France par le Programme national Très haut débit en
2010, suivi du Plan France Très haut débit lancé en février 2013. Ce dernier pose comme objectif
final le déploiement de la fibre sur l’ensemble du territoire en procédant par étapes.
Ce plan confirme la responsabilité des collectivités dans la mutation vers le TDH et a pour
objectif la couverture intégrale du territoire en 2022
99
. Il accorde la priorité à la fibre mais mobilise
l’ensemble des technologies capables d’apporter le THD pour la réalisation de son objectif
intermédiaire en 2017. Enfin, il recense des sites prioritaires pour le déploiement : les zones
d’activités économiques et les services publics (établissements d’enseignement, hôpitaux, maisons
de santé).
En matière de pilotage des initiatives, la loi a instauré un document de planification
territoriale de l’aménagement numérique, le schéma directeur territorial d’aménagement numérique
(SDTAN), élaboré à l’échelle du département ou de la région. Un schéma de cohérence régionale
d’aménagement numérique (SCORAN)
100
prévoit, quant à lui, la définition d’une stratégie conjointe
d’aménagement numérique du territoire régional.
Selon l’ARCEP, le nombre total de logements éligibles aux offres à très haut débit
(supérieur ou égal à 30 Mbit/s), toutes technologies confondues, s'élevait fin 2014 à environ
13,3 millions de logements. Ce nombre est à rapprocher des 30,4 millions de lignes du réseau cuivre
et des 28,5 millions de foyers recensés par l’INSEE.
Haut débit
Très haut débit
Au moins 30 Mbps
Au moins100 Mbps
Nombre
total
de
logements
éligibles
30,4 millions de
lignes « cuivre »
13,3 millions
7,8 millions
dont câble
8 707 000
6 080 000
dont fibre jusqu’à l’abonné
4 064 000
4 064 000
dont VDSL2 THD
4 903 000
Source : ARCEP
Fin 2014, le taux d'abonnement
101
au très haut débit via une offre fibre jusqu’à l’abonné
atteignait 23 % (+ 4 points en un an).
97
Par exemple les sociétés Altitude, Axione, Covage, SFR Collectivités, Tutor…
98
Dans le prolongement de cette initiative, l’Agenda numérique pour l’Europe de la Commission européenne a défini une stratégie de
déploiement du très haut débit fixant pour objectif une couverture de l’ensemble des ménages en 2020.
99
Le plan prévoit de généraliser le déploiement de réseaux fibre jusqu’à l’abonné, ce qui consiste à déployer la fibre optique jusqu’au
logement, en remplaçant progressivement le cuivre du réseau téléphonique par de la fibre optique. En 2022, il est prévu que 80 % des
logements soient éligibles au FttH. Le plan pose également l’objectif intermédiaire de THD pour 50 % des foyers en 2017.
100
Article 2 de la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles qui
modifie l’article L.1425-2 du CGCT.
101
Le taux d’abonnement correspond au nombre de logements abonnés sur le nombre de logements éligibles pour une technologie
donnée.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
47
3 - Un environnement technologique en transition
La performance des réseaux de communications électroniques s’évalue notamment au
regard du débit
102
qui mesure la vitesse à laquelle les données peuvent être envoyées et reçues
depuis/sur un équipement terminal connecté à internet.
Le débit est exprimé en « bit » échangés par seconde (bps) et peut se décomposer en
trois classes (selon les valeurs actuellement en vigueur) :
Classes de
débit
Seuils
Très haut débit
Débit descendant supérieur à 30 Mbps
Haut débit
Débit descendant compris entre 2 Mbps et 30 Mbps
Bas débit
Débit descendant compris entre 128 Kbps et 2 Mbps
Dans les années 90, les réseaux de fibre optique sont apparus en France. Leur
déploiement est intervenu par étapes et a contribué à développer l’architecture physique d’internet :
des «
autoroutes optiques
» ont d’abord structuré le territoire national, puis elles ont été complétées
par des réseaux intermédiaires dits «
de collecte initiés
», notamment par les collectivités territoriales.
Enfin le réseau de desserte, également appelé «
boucle locale
», a rendu les logements éligibles
jusqu’à l’abonné (FTTH)
103
, dénommé utilisateur final, via un opérateur commercial, lui-même usager
du réseau.
Dans les années 2000, la France a fait le choix du développement des technologies dites
de «
haut débit
», en réutilisant le réseau cuivre déployé pour le téléphone, par la mise en place à
grande échelle des technologies DSL, dont l’ADSL
104
. Il s’agit de l’offre internet dominante en France
aujourd’hui.
Trois types de technologies sont aujourd’hui disponibles pour proposer un accès internet
à très haut débit en France, le câble (environ 70 % de l’offre), la fibre optique (22 %) et le VDSL2
(8 %) qui s’appuie sur le réseau cuivre téléphonique. Le déploiement du THD via le câble et la fibre
optique nécessite la construction ou la modernisation d’un réseau spécifique distinct du réseau
cuivre.
La fibre optique présente des atouts par rapport aux technologies « cuivre » :
-
elle augmente la quantité de données pouvant transiter par le réseau à un moment
donné ;
-
elle permet d’atteindre la symétrie entre les débits montants et ascendants ;
-
elle est insensible aux émissions électriques des autres équipements.
Enfin, si les réseaux mobiles connaissent une montée en puissance
105
, ils ne représentent pas
à ce jour une alternative aux réseaux filaires. En effet, les licences accordées auxdits opérateurs ne
créent d’obligations significatives, en étendue de couverture par département, qu’à partir de 2024. De
surcroît, les nouvelles normes de réseaux mobiles (4G, 5G et 6G) nécessitent de raccorder les
antennes de téléphonie à un central de réseau en fibre optique.
102
Selon la méthode retenue par l’opérateur, la qualité du service peut varier de manière sensible. Les débits mesurés par l’autorité de
régulation sont des débits moyens IP («
Internet protocole
»), ce qui signifie qu’il s’agit d’une vitesse moyenne (et non d’une vitesse
maximale) réellement disponible pour l’utilisateur. La vitesse mesurée par ce protocole ne correspond donc pas au débit crête (débit
maximal), ni à la capacité de la ligne.
103
Il s’agit de l’acronyme anglo-saxon «
Fiber to the home
» traduit par «
fibre jusqu’à l’abonné
».
104
La faiblesse de la technologie ADSL réside dans le fait que le débit qu’elle procure est d’autant plus faible que le client final est éloigné
du central téléphonique dont il dépend. Des technologies de complément doivent donc être utilisées pour raccorder à l’internet des clients
finaux situés dans des zones non desservies (notamment par recours aux réseaux hertziens terrestres).
105
La 4G, quatrième génération de téléphonie mobile, commence à être déployée par l’ensemble des opérateurs mobiles. Les utilisateurs
devraient pouvoir, en pratique, disposer de débits pouvant atteindre plusieurs dizaines de Mbit/s.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
48
Annexe n° 3 : Glossaire
Les définitions sont issues du code des postes et des communications électroniques, de l’ARCEP et
du Point d’appui national à l’aménagement numérique des territoires (PAN ANT).
Terme
Définition
ADSL
(Asymmetric Digital Subscriber Line) - Service d'accès à internet
utilisant les lignes téléphoniques classiques, sur une bande de
fréquence plus élevée que celle utilisée pour la téléphonie. Le débit
descendant est plus élevé que le débit ascendant.
ARCEP
L’ARCEP est une autorité indépendante chargée de réguler les
communications électroniques et les postes en France. Les
dispositions législatives encadrant son statut et son rôle figurent
dans le code des postes et des communications électroniques.
Dans le secteur des télécommunications, elle veille à l’exercice
d’une
concurrence
effective
et
loyale
au
bénéfice
des
consommateurs sur le marché des communications électroniques.
Architecture physique
d'internet
L'architecture physique d'internet repose sur trois niveaux : le
transport, à l'échelle des continents et des pays, la collecte, à
l'échelle des régions et des départements, et la desserte (ou boucle
locale), à l'échelle des villes et des quartiers. Dans un département,
les réseaux de collecte servent à relier les agglomérations,
territoires intercommunaux ou communaux au réseau de transport.
Infrastructure fédératrice*
Ce terme recouvre l’infrastructure fibre support du réseau.
Bit
Le terme « bit » est la contraction des termes anglais « binary
digit » qui signifie « chiffre binaire ». Le débit binaire est exprimé en
bits par seconde ou par un de ses multiples en employant les
préfixes du système international : kilobits par seconde, mégabits
par seconde, gigabits par seconde …).
Câble
Initialement conçu pour distribuer les services de télévision, le câble
est aujourd’hui une technologie filaire de transmission de données.
Grâce à une rénovation des réseaux, il permet des débits de 100
Mbit/s et plus. Très présents dans certaines régions, les réseaux
câblés
constituent
un
patrimoine
qui
pourrait
permettre
de
contribuer à l’objectif de couverture du territoire national en très
haut débit d’ici à 2022.
Communications
électroniques
On entend par communications électroniques les émissions,
transmissions
ou
réceptions
de
signes,
de
signaux,
d'écrits, d'images ou de sons, par voie électromagnétique.
Débit
Le débit d’une connexion est la quantité de données transmise
pendant une unité de temps. On l’exprime en bits par seconde.
Le débit montant mesure la quantité de données envoyées depuis
un ordinateur, un téléphone ou tout autre équipement terminal
connecté à internet. La quantité de données reçues sur ces mêmes
équipements s’apprécie par le débit descendant.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
49
DSL
Le «
Digital subscriber line
» se traduit par «
ligne numérique
d’abonné
» et concerne les techniques mises en place pour
un
transport
numérique
de
l'information
sur
une
ligne
de
raccordement filaire téléphonique.
Fibre optique
La fibre optique est un fil de verre très fin qui conduit la lumière. Elle
permet de transporter d'immenses quantités de données sur
plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres.
Fibre optique noire
Fibre optique non activée.
FTTx
Jusqu’à ce jour, surtout utilisée dans les réseaux de transport et de
collecte, la fibre optique entre dans la partie desserte, s’approchant
progressivement de l’usager final. Le FTTX (Fiber to the..., la fibre
jusqu’à...) permet d’augmenter le débit, la diversité et la qualité des
services offerts aux abonnés tout en s’affranchissant du réseau
téléphonique « cuivre ».
Des solutions associant optique et cuivre favorisent un déploiement
progressif de l’infrastructure optique. Pour les collectivités qui
construisent leur propres réseaux, les équipements déployés (génie
civil, câbles optiques voire matériels actifs) doivent être neutres et
mutualisables, afin de favoriser une concurrence locale effective.
Logement éligible
Logement pour lequel au moins un opérateur a relié le point de
mutualisation (PM) à son noeud de raccordement optique (NRO), et
pour lequel il manque seulement le raccordement final et un
éventuel brassage au PM pour avoir une continuité optique entre le
NRO de l’opérateur et la prise terminale optique (PTO).
Logement raccordable
Logement pour lequel il existe une continuité optique entre le point
de
mutualisation
(PM)
et
le
point
de
branchement optique, ou entre le PM et la prise terminale optique si
le point de branchement optique est absent.
Logement raccordé
Logement pour lequel il existe une continuité optique entre le point
de mutualisation et la prise terminale optique.
Montée en débit
Concept visant l’amélioration des accès haut débit en utilisant
différentes technologies filaires ou hertziennes.
Mutualisation
Lors
de
l’établissement
d’un
réseau
de
communications
électroniques, la mutualisation, dans le sens d’une utilisation
partagée d’une infrastructure est essentielle : elle répond aux
enjeux de couverture et de concurrence tout en diminuant les coûts,
notamment ceux du génie civil.
Neutralité technologique
du réseau
La neutralité technologique est l’un des principes fondamentaux de
la réglementation communautaire et nationale des communications
électroniques, comme l'indique l'article L. 32-1 du code des postes
et des communications électroniques. Une partie du réseau doit
pouvoir
être
«
mutualisée
»,
c’est-à-dire
partagée
entre
les
opérateurs et permettant aux habitants de bénéficier de la
concurrence en choisissant librement leur opérateur.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
50
Noeud de raccordement
optique (NRO)
Point de concentration d'un réseau de fibre optique où sont installés
les équipements actifs à partir desquels l'opérateur active les accès
de ses abonnés.
Opérateur
On entend par opérateur toute personne physique ou morale
exploitant
un
réseau
de
communications
électroniques
ouvert
au
public
ou
fournissant
au
public
un
service
de
communications électroniques.
Opérateur commercial
Opérateur pouvant être choisi par l’utilisateur final pour la fourniture
d’un
service
de
communications
électroniques
ou
par
un fournisseur d'accès au service pour la fourniture d'un service de
communications électroniques à son propre client final.
Point de branchement
optique (PBO)
Equipement qui permet de raccorder le câblage installé en amont
dans le réseau avec le câble de branchement.
Point de mutualisation
(PM)
Point d'extrémité d'une ou de plusieurs lignes au niveau duquel la
personne établissant ou ayant établi dans un immeuble bâti ou
exploitant une ligne de communications électroniques à très haut
débit en fibre optique donne accès à des opérateurs à ces lignes en
vue de fournir des services de communications électroniques aux
utilisateurs finaux correspondants, selon l'article L. 34-8-3 du code
des postes et des communications électroniques.
Réseau de
communications
électroniques
On entend par réseau de communications électroniques toute
installation ou tout ensemble d'installations de transport ou de
diffusion ainsi que, le cas échéant, les autres moyens assurant
l'acheminement de communications électroniques.
Réseau indépendant
Un réseau indépendant est un réseau de communications
électroniques réservé à l'usage d'une ou plusieurs personnes
constituant un groupe fermé d'utilisateurs (GFU), en vue d'échanger
des communications internes au sein de ce groupe.
Réseau d'initiative publique
Réseaux de communications électroniques établis et exploités par
des
collectivités
territoriales
et
leurs
groupements,
dans le cadre de l’article L. 1425-1 du code général des collectivités
territoriales.
SDTAN
L’article L. 1425-2 du CGCT inséré au code par l’article 23 de la loi
n° 2009-1572 du 17 décembre 2009 relative à la lutt e contre la
fracture numérique (dite loi Pintat) dispose que : «
Les schémas
directeurs territoriaux d'aménagement numérique recensent les
infrastructures
et
réseaux
de
communications
électroniques
existants, identifient les zones qu'ils desservent et présentent une
stratégie
de
développement
de
ces
réseaux,
concernant
prioritairement les réseaux à très haut débit fixe et mobile, y
compris satellitaire, permettant d'assurer la couverture du territoire
concerné. Ces schémas, qui ont une valeur indicative, visent à
favoriser la cohérence des initiatives publiques et leur bonne
articulation avec l'investissement privé ».
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Basse-Normandie, Haute-Normandie sur la gestion de la
communauté de communes Coeur Côte Fleurie
51
Usager du réseau*
Désigne tout opérateur ou tout utilisateur de réseaux indépendants
au sens de l'article L. 1425-1 du CGCT, souscrivant ou désirant
souscrire un contrat de service avec le délégataire.
Utilisateur final*
Désigne toute personne physique ou morale, cliente d'un opérateur
usager,
qui
ne
fournit
pas
elle-même
de
réseaux
de
communications électroniques ou de services de communications
électroniques, accessibles au public.
VDSL2
Avec une bande de fréquence plus large que l’ADSL, le VDSL (very
high bitrate DSL) et le VDSL2 (portée et débit supérieurs) offrent
des débits plus élevés, ainsi qu’une possibilité de symétrie.
Zonage du territoire Plan
France Très haut débit
En dehors des exceptions prévues dans les zones très denses (106
communes), conformément au cadre règlementaire de l'ARCEP, les
réseaux sont mutualisés. Ainsi, un seul réseau est déployé puis
partagé
entre
l’ensemble
des
opérateurs.
Les
zones
conventionnées (auparavant nommées « zones AMII » pour zones
d’appel à manifestation d’intérêt d’investissement) sont celles dans
lesquelles les opérateurs privés ont manifesté leurs intentions
d’investissement, le Plan France Très haut débit prévoit qu’ils
s’engagent à déployer des réseaux de fibre optique jusqu’à
l’abonné d’ici 2020 par des conventions tripartites signées avec les
collectivités territoriales et l’Etat. Ces conventions permettent aux
élus de définir des zones prioritaires de raccordement et d’effectuer
un suivi des déploiements.
Les zones dites «
conventionnées
» concernent 57 % de la
population.
En dehors des zones conventionnées, les collectivités territoriales
déploient des réseaux d’initiative publique (RIP) -
43 % de la
population. La moitié de l’investissement public sera financée par
les recettes d’exploitation des RIP et le cofinancement des
opérateurs privés.
Zone arrière du point de
mutualisation
Ensemble de logements ou locaux à usage professionnel ayant
vocation à être raccordés au point de mutualisation.
Zones blanches
Il s’agit d’une zone du territoire non desservie par un réseau donné
(téléphonie ou internet). La moindre densité de population de ces
zones a souvent été un facteur de moindre qualité de service. Les
évolutions technologiques augmentent progressivement le seuil en
deçà duquel un territoire est considéré en zone blanche (de 512
Kbps à 2 Mbps, voire 8 Mbps actuellement).
*
Définition issue du contrat de délégation de service public