L’importance de ce catalogue d’actions illustre la créativité de l’association
et son adaptabilité à la satisfaction des besoins de la population et de ses adhérents.
Les actions du CSC Etouvie s’intègrent dans le cadre de nombreux
dispositifs, parmi lesquels le contrat éducatif local (CEL), les réseaux d’écoute, d’appui et
d’accompagnement des parents (REAAP), les contrats locaux d’accompagnement à la
scolarité (CLAS), le contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) et la gestion urbaine de
proximité (GUP). L’ensemble de ces dispositifs permet à l’association de bénéficier des
subventions afférentes et de monter des actions en conformité avec son objet social.
Parallèlement, la caisse d’allocations familiales (CAF) rémunère, après
contrôle de l’activité réelle, l’association pour des prestations de service dans le cadre de
conventions.
La commune d’Amiens rémunère également l’association pour des
interventions d’animateurs auprès des écoles et de services de la ville.
2 – Les statuts et le fonctionnement des instances
2.1 – Des statuts à mettre en conformité avec le fonctionnement réel de l’association
1°) Les statuts mentionnent que trois représentants de la ville d’Amiens
sont obligatoirement membres du conseil d’administration.
Or, il s’avère que deux d’entre eux sont effectivement des représentants de
cette collectivité. Le troisième représentant est délégué de la commune de Dreuil-les-Amiens
au sein du conseil d’agglomération de la communauté d’agglomération d’Amiens Métropole.
2°) Les statuts mentionnent également (article 4) que le bâtiment abritant le
siège social de l’association CSC Etouvie est mis à disposition de l’organisme associatif par la
ville d’Amiens.
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L’association a communiqué à l’équipe de vérification un cahier des
charges relatif à l’utilisation de ces locaux et contractualisé avec la commune d’Amiens.
Cependant, le document fourni n’est ni daté, ni revêtu de la moindre signature des deux
parties.
De surcroît, les conventions triennales conclues entre l’association et la
communauté d’agglomération d’Amiens Métropole (du 20 décembre 2005 et du 27 janvier
2009) stipulent, en termes identiques, que la prise en charge des
frais d’électricité, de
chauffage, d’eau et d’entretien du bâtiment de 713,90 m² mis gracieusement à disposition de
l’association pour un équivalent de 16 006 € sont pris en charge par la communauté
d’agglomération Amiens Métropole.
Il apparaît ainsi une incohérence sur les cocontractants, commune d’Amiens
ou communauté d’agglomération d’Amiens Métropole, relative à la mise à disposition du
bâtiment où siège l’association.
Eu égard à la superficie du bâtiment et au fait que l’association reçoit un
public notamment constitué de jeunes et d’adolescents, la Chambre
recommande à
l’association une meilleure formalisation des conditions d’occupation des locaux du siège
social et des responsabilités de chacune des parties, par exemple à l’aide d’une convention
spécifique actualisée et actualisable par voie d’avenants avec la commune ou la communauté
d’agglomération Amiens Métropole.
3°) Outre ses statuts, l’association a élaboré un règlement intérieur. Or, le
document qui en tient lieu est non daté et fait référence dans ses relations avec Amiens à la
communauté d’agglomération Amiens Métropole. Il n’a en outre pas été approuvé par le
conseil d’administration, aucun compte rendu de cette instance n’ayant été produit permettant
de valider son existence.
Les statuts prévoyant l’existence d’un règlement intérieur, une meilleure
formalisation de ce règlement et la concordance de son contenu avec la pratique réelle de
celui-ci seraient souhaitables. La présidente de l’association indique vouloir travailler à la
réécriture des nouveaux textes pour une validation par le conseil d’administration et
l’assemblée générale au printemps 2012.
2.2 – Le fonctionnement des instances de l’association
Les instances de l’association se composent d’une assemblée générale
constituée des adhérents de l’association, d’un conseil d’administration et d’un bureau.
La fréquence de réunion de l’assemblée générale et du conseil
d’administration est conforme aux statuts. Rien n’est prévu quant à la périodicité de réunion
du bureau, mais la Chambre constate une tenue régulière de cette instance.
Sur les trois dernières années, la fréquence de ces trois instances est retracée
par le tableau suivant :
Nombre de réunions annuelles
2008
2009
2010
Fréquence annuelle
théorique prévue par les statuts
Assemblée Générale
1
1
1
1
Conseil d’Administration
6
5
7
4
Bureau
3
9
8
Non indiqué dans les statuts
Sources : Association - PV
des réunions concernées – consultation sur place.
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Toutefois, la Chambre observe que les modalités de consignation des
membres présents sont aléatoires :
-
pour l’assemblée générale, une seule a donné lieu à émargement des
participants, mais aucun justificatif n’a été produit,
-
pour le conseil d’administration, aucun participant n’émarge, seule une liste des
membres a été produite où le nom des présents est coché.
La Chambre attire donc l’attention de l’association sur le risque juridique
d’une formalisation inexistante qui pourrait empêcher l’association, a posteriori, de justifier de
la réalité effective des quorums atteints pour la tenue des instances et de rendre ainsi
opposables les décisions prises.
Les missions du conseil d’administration décrites dans les statuts
permettent d’établir que cette instance est l’organe de gestion décisionnaire de l’association.
Le conseil d’administration se compose de 15 à 27 membres et se renouvelle statutairement
par tiers.
Il comprend des membres de droit statutairement désignés, des membres
associés (personnes morales) et des membres individuels élus dont le nombre devra être
toujours supérieur au total des membres de droit et des membres associés.
Les membres de droit sont au nombre de quatre et les membres associés
sont au nombre de trois (deux représentants de l’association des locataires du quartier
d’Etouvie (ALQE) et un membre du comité de quartier), ces membres étant toujours les
mêmes personnes physiques.
Les membres individuels élus le sont en assemblée générale au scrutin
secret pour trois ans rééligibles.
De 2007 à 2010, le nombre de membres du conseil d’administration a
évolué de 24 en 2007 à 25 en 2010, en passant par 27 en 2008 et 2009. Sur les quatre
exercices, neuf personnes parmi les membres élus ont toujours été membres du conseil
d’administration sur chacune des années et sept personnes sur trois années. La moitié des
membres du conseil d’administration ont leur résidence au sein du quartier Etouvie, à mettre
en relation avec un nombre d’adhérents issus du quartier de 68 %.
Les réunions du conseil d’administration donnent lieu systématiquement à
l’établissement de procès-verbaux qui gagneraient toutefois à être mieux formalisés
(émargement des participants, relevé de décisions). La présidente de l’association indique s’y
employer.
Le conseil d’administration élit en son sein les membres du bureau qui
comporte statutairement au plus 11 membres : un président, deux vice-présidents, un secrétaire
et un secrétaire adjoint, un trésorier et un trésorier adjoint et quatre membres assesseurs.
Le bureau exécute les décisions du conseil d’administration et assume la
gestion courante dans le cadre des orientations prises par cette dernière instance.
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Le nombre des membres du bureau a évolué au cours de la période sous
revue, de quatre en 2007 à sept en 2008, puis dix en 2009 et onze en 2010. Sur les exercices
2007 à 2010, les fonctions de président, de trésorier et de secrétaire ont toujours été occupées
par les mêmes personnes.
Par rapport à 2007, le nombre croissant de membres du bureau de 2008 à
2010 a permis la nomination d’un trésorier-adjoint et d’un secrétaire-adjoint, fonctions
remplies par des personnes différentes à chaque fois.
En synthèse, les statuts de l’association mériteraient une actualisation au vu
du fonctionnement réel constaté de l’association. Néanmoins, les différentes instances
(assemblée générale, conseil d’administration et bureau) fonctionnent conformément aux
statuts en termes de composition, de fréquence de réunions et de responsabilités statutaires.
En outre, la Chambre relève que l’association tente délibérément d’associer
au fonctionnement des instances les habitants du quartier, avec parfois des résultats positifs
(participation au conseil d’administration), illustrant ainsi la réalité d’une véritable vie
associative.
3 – Organisation et situation financière
3.1 – Organisation financière et comptable
En matière d’organisation, l’association dispose au sein de ses effectifs
d’une comptable à temps complet.
Les écritures de fin d’année sont passées avec l’aide d’un
expert-comptable qui établit le compte de résultat et le bilan. Cet expert-comptable est présent
lors du conseil d’administration qui arrête les comptes et lors de l’assemblée générale
annuelle. Sur la période observée, les comptes ont été certifiés sans réserve par le commissaire
aux comptes.
L’association a mis en place une organisation comptable et financière
centralisée et transparente, qui n’appelle pas de remarque.
3.2. Les résultats financiers de l’association
En ressources, l’association bénéficie de produits d’exploitation qui se
composent des prestations de services vendues (211 562 € fin 2009 soit 25 % des produits
d’exploitation) et de subventions d’exploitation (610 004 € fin 2009 soit plus de 72 % des
produits d’exploitation).
Les prestations de services se composent essentiellement des droits perçus
par l’association auprès de la caisse d’allocations familiales, après le contrôle par cette
dernière de la réalité des activités effectuées.
Les subventions d’exploitation augmentent de 46 608 € sur la période, soit
+ 8 % pour se situer fin 2009 à 810 004 €. Elles proviennent essentiellement de la
communauté d’agglomération Amiens Métropole, de l’Etat, de la commune d’Amiens, du
Département de la Somme et de la Région de Picardie.
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Sur la période, l’association s’est engagée sur une réduction de ses charges
d’exploitation courantes, hors charges de personnel.
Les
comptes
financiers
reflètent
les
efforts
réalisés
puisque
les
consommations intermédiaires (comptes 60,61 et 62) diminuent de 9 %, soit une économie de
23 791 € sur la période.
Néanmoins, ces efforts en matière de maîtrise des charges sont amoindris
par l’augmentation des charges de personnel, qui passent de 455 228 € en 2007 à 553 364 € fin
2009, soit une augmentation de 22 %.
Ces augmentations résultent de l’évolution d’un contrat de travail qui passe
à temps complet, de la création d’un poste, de l’augmentation de la rémunération individuelle
supplémentaire de 1 % et de la diminution de l’allègement des charges patronales accordées
dans ce cadre des emplois en zone de redynamisation urbaine (ZRU) et en zones franches
urbaines (ZFU).
Le résultat d’exploitation est déficitaire pendant toute la période sous revue.
Ce déficit est de 15 050 € en 2008 et de 22 977 € en 2009. Le résultat net, déficitaire de
11 560 € en 2008, se dégrade très sensiblement en 2009 (-72 062 €) en raison de charges
exceptionnelles imputées sur cet exercice.
En effet, par suite d’un contrôle de l’URSSAF sur la période 2007-2008,
l’association a fait l’objet d’un redressement, notifié en décembre 2009, pour n’avoir pas
respecté le formalisme relatif aux exonérations de cotisations sociales des associations situées
en ZFU et ZRU. Ce litige contentieux a été provisionné dans les comptes 2009 à hauteur de
49 025 €. Néanmoins, l’URSSAF a annulé ce redressement en 2011 et les comptes 2010
communiqués à la Chambre font état d’un résultat net bénéficiaire.
3.3 – Synthèse de la situation financière de l’association
En
synthèse,
l’association
présente
une
organisation
relativement
rigoureuse en terme comptable et de suivi financier des actions entreprises.
L’analyse de ces comptes sur la période démontre des efforts en terme de
gestion courante hors charges de personnels, ces dernières ayant été à l’origine de la
dégradation du résultat d’exploitation.
En outre, si le contentieux avec l’URSSAF a donné lieu à une provision de
49 025 € qui a pesé sur le résultat net comptable à fin 2009 (– 72 062 €), l’association affiche
fin 2010, un résultat net bénéficiaire.
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4 – La collaboration avec les collectivités d’Amiens
La collaboration avec la commune d’Amiens et la communauté
d’agglomération Amiens Métropole s’articule autour de subventions octroyées par ces
collectivités dans le cadre de conventions annuelles.
4.1 – Les relations avec la commune d’Amiens et la communauté d’agglomération d’Amiens
Métropole
La collaboration avec la commune d’Amiens s’articule autour de deux
conventions annuelles : une convention « animation globale » (avec l’octroi de 52 902 € de
subventions en 2009 et de 56 172 € en 2010) et une convention annuelle pour l’organisation
du centre d’animation jeunesse (CAJ) du quartier d’Etouvie (40 896 € en 2009).
L’objectif de la convention « animation globale » vise à engager
l’association CSC Etouvie
«
à mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à la bonne
exécution des activités de l’association et de sa structure ».
L’objectif de la seconde convention vise à organiser le centre d’animation
jeunesse (CAJ) du quartier d’Etouvie : organisation de l’accueil des jeunes de 12 à 17 ans sur
l’année par l’offre d’activités pendant et hors vacances scolaires.
La collaboration avec la communauté d’agglomération Amiens Métropole
s’articule autour d’une convention annuelle allouant une subvention de fonctionnement de
170 650 € dans le cadre de la programmation annuelle du contrat urbain de cohésion sociale
(cf. § 4.2). Cette subvention est contractualisée au titre des formations artistiques (156 900 €)
et du développement du centre d’art Henri Matisse
1
de l’association (13 750 €).
Des actions relevant de cette convention sont programmées et effectuées
régulièrement chaque année, certaines étant incluses dans le dispositif CUCS : médiation
culturelle, résidence d’artistes
2
, spectacles ateliers arts du spectacle.
L’association adresse chaque année un rapport d’activité à la communauté
d’agglomération Amiens Métropole, conforme aux objectifs assignés qui allient en fait actions
culturelles et actions de gestion en ce domaine.
En matière de contrôle par la commune d’Amiens et la communauté
d’agglomération Amiens Métropole, la Chambre observe que les informations communiquées
(rapport d’activité notamment) aux différentes collectivités par l’association reflètent bien la
réalité des activités et actions effectuées.
1
Le centre d’Art Henri Matisse est un ensemble de locaux accolés au siège social de l’association et faisant partie du bâtiment mis à disposition (donc inclus
dans les 700 m²). Les activités pratiquées consistent en des actions d’animation et d’expressions artistiques (poterie, sculpture…) encadrées par des animatrices
« plasticiennes » faisant partie des effectifs de l’association.
2
La résidence artistique n’est pas une résidence immobilière au sein de laquelle logeraient des artistes mais un concept visant à «
créer une proximité entre
l’expression et la création artistique et le public qui peut rencontrer des difficultés à y accéder
» (rapport d’activité 2009).
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4.2 – La participation de l’association au contrat urbain de cohésion sociale de l’association
La collaboration de l’association avec la communauté d’agglomération
Amiens Métropole s’effectue également dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale
(CUCS), signé entre cette dernière, l’Etat et le Département de la Somme.
Le CUCS s’articule autour des cinq thématiques suivantes : l’accès à
l’emploi et le développement économique, la citoyenneté et la prévention de la délinquance, la
santé, l’habitat et la réussite éducative. Cette dernière thématique de « réussite éducative » est
subdivisée en cinq sous-thèmes dans le cadre du CUCS de l’agglomération amiénoise :