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Syndicat mixte des stations du Mercantour à Nice (Alpes-Maritimes)

CRC PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR

En dépit de leurs profils différents, les stations d’Auron et d’Isola 2000 sont gérées par le même syndicat mixte, dont sont membres le département et la métropole, ce qui lui assure une assise financière solide. 
Sans être permis les stations plus exposées au manque d’enneigement, un meilleur ciblage des investissements et des choix stratégiques seront nécessaires pour adapter le modèle de ces stations au changement climatique.
 

SYNTHÈSE
 Dans le cadre d’une enquête nationale des juridictions financières relative aux acteurs publics locaux du tourisme face au changement climatique en montagne, la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur a contrôlé le syndicat mixte des stations du Mercantour, créé en 2001 pour assurer la gestion ainsi que le développement des remontées mécaniques des stations d’Auron et d’Isola 2000, et qui associe aujourd’hui le département des Alpes-Maritimes et la métropole Nice Côte d’Azur. 
 La station d’Auron, qui fait partie de la commune de Saint-Etienne-de-Tinée, a été créée en 1937 ; il s’agit d’une station dite de « 1ère génération », c’est-à-dire développée autour d’un village existant et précurseur du tourisme hivernal. Créée en 1971, « Isola 2000 », du nom de la commune dont elle dépend et de son altitude, est quant à elle une station dite « intégrée », le front de neige se situant aux pieds des logements et des commerces.
Une gouvernance originale
 Si toutes deux sont gérées, conjointement avec celle de Saint-Dalmas-le-Selvage, par le syndicat mixte, ce dernier a délégué l’exploitation des domaines skiables à la société d’économie mixte Les cimes du Mercantour, dont les principaux actionnaires sont les communes de Saint-Etienne-de-Tinée et d’Isola. 
 Ce mode de gouvernance s’appuyant in fine sur une intercommunalité et un département fait un peu figure d’exception, la gestion des domaines skiables relevant traditionnellement de la compétence communale. 
 Par ailleurs, si l’investissement est le plus souvent porté par les exploitants à travers un contrat de délégation de service public de type concessif, ce n’est pas le cas pour les stations d’Auron et d’Isola 2000, où le délégant et son délégataire sont liés par un contrat de 
« régie intéressée ». La société d’économie mixte est rémunérée uniquement pour l’exploitation des installations financées par le syndicat mixte. 
 Cette situation est rendue possible par la surface financière importante des deux collectivités intervenant en soutien du syndicat.
Une exposition aux conséquences du changement climatique a priori moins marquée que pour les autres stations régionales
 Moins exposées à court terme que certaines stations des Alpes du Sud par les conséquences du changement climatique sur l’enneigement en raison d’une altitude et d’une exposition plutôt favorables mais aussi de leur réseau d’enneigement de culture, Auron et 
Isola 2000 n’en demeurent pas moins confrontées à des problématiques similaires.
 À court terme, il appartient aux responsables publics de concentrer les financements sur des projets durables et de nature à préserver l’environnement. À plus long terme, il est nécessaire de planifier la diversification des loisirs, l’activité économique ne pouvant pas reposer uniquement sur le ski avec un enneigement incertain et tendanciellement déclinant.
Une réflexion stratégique conduisant à privilégier le maintien de l’activité ski à travers un ciblage des investissements 
 Ces sujets de préoccupation ont indéniablement été identifiés par les acteurs publics locaux. Des réflexions ont été engagées, notamment à Auron, pour rationaliser le parc des remontées mécaniques et orienter les investissements de façon à favoriser la pratique du ski sur les parties hautes du domaine skiable. L’investissement dans la neige de culture permet de sécuriser l’exploitation, même si la disponibilité de la ressource en eau doit faire l’objet d’une attention particulière. La gouvernance mise en place, associant des collectivités territoriales à la surface financière importante, permet de financer ce modèle de transition. En revanche, la dilution des compétences en matière de diversification des activités et l’absence de chef de filât risquent de retarder les choix. Il appartient donc aux responsables publics locaux de mettre en place une structure de pilotage à même de planifier véritablement la transition du modèle économique du tourisme en montagne.
Un déficit de l’activité ski ne permettant pas de financer la conversion vers un modèle de tourisme s’étalant sur toute l’année
 S’agissant des équilibres financiers, l’usager contribue à hauteur de 40 % du coût du service à Auron, et de 60 % à Isola 2000, le reste dépendant des contributions versées par les collectivités territoriales. 
 Ainsi, s’il est compréhensible que les collectivités territoriales, et donc le contribuable, financent partiellement une activité qui a indéniablement des retombées positives en matière économique mais aussi d’aménagement du territoire, cela ne doit pas les dispenser d’objectiver, en toute transparence, le bon niveau de participation de l’usager. 
 Au demeurant, en l’état actuel, la transition vers un modèle de tourisme 
« quatre saisons » et l’adaptation au changement climatique en montagne ne pourront qu’être financées par les collectivités territoriales, et non par les recettes tirées de l’exploitation des domaines skiables.
 
RECOMMANDATION

  • Recommandation unique : Objectiver, dans la prochaine délibération fixant les tarifs, le montant des forfaits en fonction des équilibres financiers et des montants appliqués dans les stations comparables.

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