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Syndicat mixte d'aménagement et de gestion du Parc naturel régional de Corse (Haute-Corse)

CRC CORSE

Par l’étendue de son périmètre géographique[1], les compétences exercées, le poids des dépenses de fonctionnement, le syndicat mixte d’aménagement et de gestion du parc naturel régional de Corse reflète le caractère atypique du parc naturel éponyme.

L’établissement est étroitement lié à la collectivité de Corse pour la mise en œuvre de la politique territoriale de l’environnement. À cette fin, une convention pluriannuelle tripartite de financement a été conclue avec l’Office de l’environnement de la Corse (OEC) et la collectivité de Corse, dont le syndicat reçoit la majeure partie de ses recettes annuelles de fonctionnement.

 


[1] Avec une superficie de 448 400 hectares, le parc naturel régional de Corse est le plus étendu des parcs naturels régionaux français.

La chambre constate que les recommandations formulées dans son rapport de 2013 n’ont pas été mises en œuvre s’agissant de la gouvernance de l’établissement ; elle réitère sa demande visant à simplifier les instances de gestion et à renforcer l’implication des membres qui les composent.

Neuf années ont été nécessaires au syndicat pour renouveler la charte du parc. Le document stratégique a été validé en 2018 alors que sa mise à jour s’imposait depuis 2009. Afin de relever les nombreux défis qui s’imposent à lui, le syndicat s’est fixé des objectifs dans le cadre de la charte qui s’appliquera jusqu’en 2033.

Cependant, la mise en œuvre de la nouvelle charte tarde à se concrétiser et les indicateurs d’évaluation de l’activité du parc n’ont pas été finalisés. Cette forme d’inertie affecte la qualité du service rendu aux usagers et entrave la bonne exécution des missions du parc.

La gestion des refuges, activité principale du syndicat et vitrine pour les visiteurs, ne s’est pas améliorée. En dépit des préconisations de la chambre, l’occupation foncière des refuges n’est toujours pas complètement régularisée. Le dispositif retenu, conjuguant gestion publique de l’hébergement et exploitation privée de la restauration, n’a été défini qu’en 2019 et le syndicat peine à contrôler l’activité des exploitants privés qui bénéficient d’une absence de concurrence. Les marchés de travaux de rénovation des refuges n’ont toujours pas été engagés alors que des anomalies en matière sanitaire ont été relevées depuis plus de 12 ans.

Le respect des engagements internationaux en matière de protection de la biodiversité face au phénomène de sur-fréquentation maritime a été mis à mal par une gestion médiocre de la réserve naturelle de Scandola, activité représentative du parc. La situation révèle les carences en matière de gouvernance, le manque de mobilisation des connaissances scientifiques disponibles et la gestion lacunaire des ressources humaines, le tout ayant conduit à un risque de déclassement de la réserve au regard des normes internationales.

La protection des espèces animales mérite d’être renforcée, en particulier pour les deux espèces emblématiques du patrimoine faunistique de Corse, le gypaète barbu et le mouflon.

Enfin, les anomalies relevées en matière de gestion budgétaire et comptable persistent. Le résultat se dégrade depuis 2016 en dépit de la stratégie financière pluriannuelle mise en œuvre pour dégager un autofinancement suffisant.