Sort by *
Publications

Publications

Société publique locale d’aménagement « La Fabrique des quartiers » (Nord)

CRC HAUTS-DE-FRANCE

Rapport d'observations définitives

La société publique locale d’aménagement « La Fabrique des quartiers » a été créée en 2010, à l’initiative de son actionnaire principal, la Métropole Européenne de Lille (73 %). Elle a été constituée pour prendre en charge la requalification des quartiers d’habitat dégradé, sur un territoire métropolitain particulièrement concerné par cette problématique.

Ses principales opérations s’effectuent dans le cadre de concessions attribuées par ses actionnaires qui en supportent les risques. Dans un tissu urbain dense, elles consistent à aménager des emprises déconstruites pour y édifier des habitations neuves et à céder, ainsi qu’à assurer la rénovation et la réhabilitation de logements préexistants.

SYNTHÈSE

À fin 2020, la société était attributaire de sept concessions, dont cinq opérées par la métropole, représentant un chiffre d’affaires prévisionnel de 278,4 M€. Alors que les principales opérations initiales, « Lille quartiers anciens » et le « Programme métropolitain de requalification de l’habitat dégradé », approchaient de leur terme, elle s’est vu attribuer des contrats très importants depuis 2019, notamment dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain. Ceux-ci lui assurent un plan d’affaires consistant jusqu’à la décennie 2030.

Les opérations « Programme métropolitain de requalification des quartiers dégradés » et « Maisons à 1 € » illustrent la complexité des interventions de la société et les difficultés auxquelles elle fait face, notamment pour l’acquisition de la maîtrise foncière et la commercialisation de biens réhabilités dans des quartiers peu attractifs. Alors que la première a mobilisé des financements importants, pour la production de plus de 600 logements, elle apparaît moins connue que l’opération expérimentale « Maisons à 1 € », plus médiatisée mais au final plus symbolique (9 maisons réhabilitées sur 17 prévues).

L’utilité comme la qualité des interventions de la société sont reconnues par ses partenaires publics nationaux ou locaux. La plus-value de cet opérateur, dont l’expertise en matière d’habitat dégradé est unique sur le territoire métropolitain, est aujourd’hui unanimement soulignée. Mais le mode opératoire de « La Fabrique des quartiers », consistant à intervenir sur l’habitat ancien diffus, suscite des interrogations quant à l’efficacité de cette action. Une réflexion émerge parmi les acteurs de l’aménagement, dans le cadre du nouveau programme de renouvellement urbain de Lille, sur l’intérêt d’une stratégie d’intervention sur un périmètre plus circonscrit afin de renforcer l’action publique.

Au plan financier, le résultat de la société est demeuré proche de l’équilibre depuis 2016. Le redressement amorcé dès 2020 semble pouvoir se poursuivre au vu des perspectives d’activité. Si son bilan a fortement progressé, passant de 23,1 M€ à 38,1 M€ entre 2016 et 2020, ses fonds propres, déjà limités, ont légèrement diminué. Par ailleurs, elle dispose d’une trésorerie conséquente à fin 2020 (13,5 M€), dont la répartition entre son fonctionnement et ses opérations mériterait d’être plus précise, ce dont elle convient.

Enfin, s’il est patent que l’organisation interne de la société est structurée, son dispositif de pilotage pourrait être amélioré, en particulier au vu de l’importance des nouveaux contrats et sa stratégie davantage formalisée. Dans un contexte de fort accroissement à venir de son activité, la conception d’un plan stratégique serait souhaitable.

À lire aussi

Les autres publications qui pourraient vous intéresser :