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Les stations de sports d'hiver de la Drôme - Enquête L'adaptation des stations de montagne au changement climatique

CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

La chambre régionale des comptes Auvergne Rhône-Alpes participe à une enquête nationale sur l’adaptation des stations de ski au changement climatique. Elle a, à ce titre, réalisé une enquête sur les stations de la Drôme. Pour cela, les contrôles de l’établissement public industriel et commercial (EPIC) « Les stations de la Drôme » et du département de la Drôme, ouverts distinctement, font l’objet d’un rapport unique, prévu à l’article L. 243-11 du code des juridictions financières, du fait de leur participation croisée à la gestion des stations de ski de la Drôme.

Des stations gérées par un établissement départemental

Jusqu’en 2018, le département de la Drôme gèrait directement l’ensemble des six stations de ski présentes sur le territoire départemental : Herbouilly, Le Grand-Echaillon, Font-d’Urle, le stade Raphaël-Poirée, Col de Rousset et Lus-La-Jarjatte. Il a créé en 2018 l’établissement public industriel et commercial (EPIC) « Les stations de la Drôme » pour se mettre en conformité avec la législation, la gestion directe d’un service public industriel et commercial par le département n’étant pas possible. L’EPIC reste un établissement départemental et ses liens avec le département sont formalisés par un cahier des charges imposant à l’EPIC des périodes et horaires d’ouverture, et par une convention de mise à disposition des biens nécessaires à l’activité, notamment les bâtiments et les remontées mécaniques.

Les six stations ont des profils différents, que ce soit par les activités proposées (alpin, nordique ou activité non dépendante de la neige) ou par les saisons d’ouverture. Trois stations proposent du ski alpin et cinq du ski nordique. Avant 2022, seule la station de ski du Col de Rousset proposait une offre estivale. La situation de Valdrôme est particulière, l’activité hivernale étant arrêtée depuis 2015.
De nombreux acteurs interviennent en matière de tourisme hivernal, et leur coordination n’en est pas facilitée, comme pour la promotion touristique ou pour les hébergements. L’EPIC est donc invité à développer et à formaliser ses partenariats pour avoir une approche globale du développement de ses activités, et agréger les données utiles pour connaître la réalité des retombées économiques sur le territoire.

Des stations très affectées par le changement climatique

Les stations de la Drôme sont très impactées par les variations climatiques. Les prévisions de Météo France indiquent une évolution vers un réchauffement marqué et une baisse de l’enneigement, réalité reconnue par l’ensemble des acteurs. L’évolution de l’activité de ski alpin est largement liée aux conditions climatiques, ce qui est moins le cas pour le ski nordique. Ainsi, l’activité de ski alpin a chuté lors de la saison 2019 2020, caractérisée par un enneigement très faible, passant de 110 629 journées skieurs alpins sur la saison précédente à 22 912 pour 2019-2020.

Cette évolution de l’activité est prise en compte dans les stratégies successives du département et dans le projet stratégique de l’EPIC, qui visent tous une moindre dépendance à la neige. Les actions engagées en ce sens par le département et l’EPIC consistent à adapter  les infrastructures existantes à un usage sans neige, comme le développement de pistes accessibles au matériel roulant au stade de biathlon Raphaël-Poirée, ou l’accessibilité de la luge sur rails du Col de Rousset. De nouvelles activités sont aussi en cours de déploiement sur tous les sites de ski alpin (« tubbing », « accrocabana » ou aires d’activité), que ce soit pour la seule saison estivale ou pour un usage également l’hiver en cas de manque de neige. Certaines actions pour maintenir les activités liées à la neige contribuent aussi à améliorer les activités hors neige, comme l’amélioration des bâtiments d’accueil du stade Raphaël Poirée.

Des stations financièrement déficitaires

Les stratégies prévoient un financement de 5,44 M€ du département et de 2,77 M€ de l’EPIC. La moitié des investissements est consacrée au maintien des activités liées à la neige. La mesure de l’objectif affiché de limiter la dépendace du chiffre d’affaire à la neige, n’est pas évidente dans la mesure où plusieurs investissements sont à la fois utiles pour améliorer le maintien des activités hivernales et le développement des activités hors neige. Il serait néanmoins utiles que ce chiffrage soit réalisé par le département et l’EPIC.
Les stations de la Drôme sont structurellement déficitaires. Leur ouverture de décembre à mars, imposée par le département, génère des charges que le seul chiffre d’affaires ne couvre qu’à hauteur de 43 %, leur première ressource restant les subventions du département.

Pour 2022, l’EPIC a généré un chiffre d’affaires de 1 612 k€ et le département a contribué à hauteur de 1 550 k€. Cette intervention, modeste au regard du budget principal du département, ne présente pas de risque au vu du suivi financier réalisé par la direction financière du département. Elle est néanmoins conséquente au niveau des stations.
Outre leur coût dans les finances départementales, l’activité des stations a un impact marginal sur les finances du bloc communal, tant dans le Vercors que dans le Diois.
La gestion interne de l’EPIC est encore en cours de consolidation. Depuis 2021, le poste de responsable administratif et financier est pourvu à temps plein, ce qui a permis d’accélérer la création d’outils de gestion. La formalisation des procédures administratives permettra de garantir la continuité du service.

RECOMMANDATIONS

  • Recommandation n° 1 : Réaliser une évaluation de l’impact attendu des actions mises en place sur la moindre dépendance à la neige du chiffre d’affaires (EPIC).
  • Recommandation n° 2 : Réaliser le suivi de l’activité des stations et du cahier des charges de sujétion (département).