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Etablissement public industriel et commercial "Jazz à Vienne" (38) - rapport d'observations définitives 2016

CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

                                                                SYNTHESE

La chambre régionale des comptes d’Auvergne, Rhône-Alpes a examiné la gestion et les comptes 2011 à 2013 de l’établissement public industriel et commercial « Jazz à Vienne ». Les données ont été actualisées, autant que possible, jusqu’en 2014. Les observations ont porté plus particulièrement sur le transfert de la gestion du festival d’une association à un établissement public, l’équilibre du modèle économique et la gestion interne. 

La gestion du festival « Jazz à Vienne », associative au cours de dix premières années de son existence, a été confiée, en 2011, à un établissement public rattaché à la communauté d’agglomération du pays viennois. Cette évolution a été bien préparée, tant dans les modalités techniques que pour ce qui concerne la définition d’une stratégie pluriannuelle. Le festival y est identifié comme un événement ouvert à toutes les formes de jazz, à tous les publics, offrant une programmation internationale de haut niveau, tout en ouvrant les scènes aux musiciens régionaux ainsi qu’aux nouveaux talents. L’offre gratuite représente 75 % des spectacles et des programmes sont spécialement étudiés pour les jeunes. Le festival ne se limite pas aux concerts donnés dans le théâtre antique, dont la jauge est de plus de
7 000 places, mais concerne également d’autres lieux, y compris dans l’agglomération (Caravan’Jazz) et, depuis 2012, une saison d’hiver est organisée. 

Les indicateurs permettant une réelle évaluation de la mise en œuvre de cette stratégie sont encore incomplets et le conseil d’administration ne dispose pas de l’ensemble des outils de pilotage et de gouvernance lui permettant d’exercer la plénitude de ses attributions. La chambre a constaté, en particulier, que la comptabilité analytique ne permet pas de déterminer le coût des spectacles et que la connaissance du public reste insuffisante, alors que la politique tarifaire pourrait être ajustée aux besoins de financement. Elle recommande donc d’y remédier et de développer l’évaluation, par la généralisation des fiches actions. 

Doté d’un budget de 4,7 M€, l’établissement présente la particularité de ne dépendre de subventions publiques que pour 20 % de ses recettes, tandis que la billetterie constitue plus de 54 % des produits. Ce modèle économique, peu fréquent dans le secteur du spectacle vivant, est exposé aux risques inhérents à la composition des recettes et à la faiblesse des fonds propres. Il nécessite donc d’être conforté. En effet, si l’importance des revenus tirés de la billetterie est une illustration du dynamisme et de la qualité du festival, c’est aussi une source de fragilité, car une baisse de la fréquentation pourrait très rapidement engendrer un déséquilibre financier. Or, précisément, les spectacles payants sont en nombre réduits et organisés en plein air, ce qui soumet le festival à de nombreux aléas.   En outre, les dépenses et les recettes sont concentrées sur des périodes courtes de l’année, qui ne sont pas les mêmes, ce qui génère un risque de trésorerie élevé. 

De fait, malgré la bonne santé apparente du festival caractérisée par l’afflux du public et l’importance des recettes hors subventions, la situation financière est très sensible à des risques de fréquentation et de trésorerie. 

La chambre a pris note de l’engagement du président de l’EPIC et de l’ordonnateur de renforcer les fonds propres ; elle recommande également que l’établissement dispose de facilités de trésorerie plus importantes.

                                                       RECOMMANDATIONS

1-    Doter l’établissement de fonds propres suffisants pour lui permettre d’affronter les risques de trésorerie dans des conditions satisfaisantes. 

2-    Poursuivre la constitution des fiches-actions prévues par le document stratégique « Jazz à Vienne 2013-2016 ». 

3-    Régulariser la situation des régies de recettes pour ce qui concerne la vente de billets par des organismes extérieurs, et mettre en place leur contrôle. 

4-    Soumettre au conseil d’administration un projet de comptabilité analytique permettant notamment de déterminer le coût des spectacles.

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