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Commune de Melun : la gestion de la piscine municipale (Seine-et-Marne)

CRC ÎLE-DE-FRANCE

Dans le cadre d’une enquête nationale des juridictions financières sur la gestion des piscines et des centres aquatiques publics, la chambre régionale des comptes Île de-France a contrôlé la piscine municipale de Melun, ville de 40 000 habitants située en Seine-et-Marne à 41 km au sud-est de Paris.

Composé de deux infrastructures, piscine couverte et piscine extérieure, cet équipement a été mis en service en deux temps (en 1964 pour les bassins intérieurs et en 1974, pour le bassin olympique extérieur). Il est géré en régie directe par la ville et accueille en moyenne, chaque année, entre 140 000et 150 000 usagers.

Située en bordure de Seine, la piscine a subi des dégâts liés aux crues de la Seine survenues en juin 2016 et notamment l’inondation des locaux techniques de la piscine couverte. Les installations couvertes et extérieures étant indépendantes, le bassin extérieur a toutefois pu être exploité deux mois après les crues permettant de limiter la perte de recettes à environ 70 000 €.

Des investissements réguliers mais incomplets

Malgré l’ancienneté de la piscine, les installations n’ont pas nécessité de gros travaux avant les opérations de réhabilitation faisant suite à la crue de juin 2016. Ainsi, si la piscine dispose d’équipements permettant, en partie, l’accessibilité des personnes handicapées, la commune n’a pas réalisé tous les travaux qui pourraient rendre l’équipement accessible à 100 %. De surcroit, en matière de prévention des risques, les visites de la commission départementale de sécurité ont donné lieu, depuis 2011, à quatre avis défavorables. Selon la commune, les travaux à réaliser suite aux crues de 2016 devraient permettre de lever lesdites réserves.

Une exploitation marquée par la forte utilisation de ces équipements par les clubs

La place des clubs melunais est importante en termes de taux d’utilisation, mais également en ce qui concerne les coûts supportés par la commune. En effet, environ 40 % des créneaux horaires sont réservés aux clubs sportifs, soit une part très proche de celle réservée au grand public, le public scolaire occupant, pour sa part, 18 % des créneaux. De surcroit, la commune a accordé, en sus de l’usage gratuit de l’équipement aux clubs, des subventions et avantages valorisés respectivement à 8 000 € et à 72 000 €, en 2015, au club de plongée et au cercle des nageurs.

Une exploitation fortement déficitaire mais des marges de manœuvre effectives

Pour un coût d’exploitation de l’ordre de 1,04 M€ en 2015, le déficit s’est élevé à plus de 646 000 €, les recettes en provenance des tarifs dentrée ne couvrant qu’un quart environ du coût d’exploitation et la contribution de la communauté d’agglomération que 13,4 %.

Des pistes d’amélioration existent cependant. Un suivi plus fin des entrées gratuites permettrait déjà d’identifier des marges de manœuvre et, de fait, de réduire ce déficit. La commune trouverait aussi avantage à réviser sa tarification et à revoir, dans ce cadre, les conditions applicables aux usages collectifs. Elle devrait également revoir la tarification appliquée aux établissements scolaires du secondaire, afin de la rendre conforme aux dispositions règlementaires. Par ailleurs, la hausse des dépenses de personnel, au cours de la période récente, a été plus rapide que celle des autres agents municipaux et doit être maîtrisée. Enfin, la commune devrait profiter de l’installation des matériels neufs qui équiperont les bassins couverts, à la suite des travaux liés à la crue de 2016, pour réduire ses coûts de fluides.

Une situation exceptionnelle liée aux crues de juin 2016

Après la crue, la commune a privilégié, pour la remise en état des bassins intérieurs, une solution consistant à déplacer certaines installations. Elle a également effectué des investissements propres à assurer des économies d’énergie ainsi que la satisfaction de besoins identifiés, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité. Pour le financement de ces travaux, d’un montant total évalué à 2,05 M€, la commune devrait bénéficier d’une indemnité de son assurance de l’ordre de 0,65 M€. Elle a, par ailleurs, sollicité des aides publiques à hauteur de 1,25 M€. Il devrait rester, selon les suites données à ces demandes, de l’ordre de 0,15 M€ à charge pour la commune

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