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Communauté de communes de Belle-Île-en-Mer - Abattoir public (Morbihan)

CRC BRETAGNE

La chambre publie le 20 décembre 2018 son rapport d’observations définitives sur la gestion de l’abattoir public, par la communauté de communes de Belle-Ile-en Mer (Morbihan), dont le territoire compte 36 exploitations agricoles sur 3 000 hectares.

Si la chambre contrôle traditionnellement des services publics d’eau ou d’assainissement, elle contrôle également des services publics plus spécifiques, comme ici un abattoir, mais aussi récemment le service des pompes funèbres de la ville de Lorient ou de la région de Saint-Brieuc.

En 2009, les élus ont décidé de construire un nouvel abattoir en remplacement de l’ancien qui n’était plus aux normes. Ce nouvel équipement, d’un coût de 1,5 M€, a commencé à fonctionner le 15 décembre 2010.

 En 2017, l’abattoir a perçu 58 000 € de recettes auprès de 122 clients, ce qui correspond à une moyenne de 476 € par client ; toutefois, un supermarché et le seul boucher de l’île apportent 49 % du chiffre d’affaires. Avec une activité saisonnière, concentrée sur la période estivale, l’abattoir garde une fonction non négligeable de proximité au service de petits éleveurs individuels.

 La réduction de l’activité de l’abattoir est à l’origine de la baisse de son chiffre d’affaires de 1,37 % en moyenne annuelle entre 2013 et 2017. Les dépenses réelles de fonctionnement diminuent également de 4,2 % en moyenne sur la même période grâce à la baisse de tarifs sur certains contrats mais aussi à la baisse des coûts variables associés à l’activité.

 En 2017, les charges sont de 4,52 €/kg dont 1,98 €/kg de charges variables alors que les recettes sont en moyenne de 0,84 € /kg. L’importance des coûts de production est liée à un faible volume, à l’insularité et à des économies d’échelle difficiles à atteindre.

 La collectivité a fait le choix de pratiquer des prix inférieurs aux coûts variables et à ceux pratiqués en moyenne par les abattoirs (1,49 €/kg pour les ovins) et de prendre en charge un déficit de 311 000 €, pour la période 2013 à 2017, ce qui représente 6,6 % des impôts locaux et 31 € par foyer fiscal.

 La fixation des tarifs est fortement influencée par la commission agricole composée en partie d’agriculteurs, eux-mêmes partie prenante dans l’économie de la viande. Cette gouvernance a eu pour effet de ne pas augmenter les tarifs au même niveau que l’inflation et même de pratiquer des tarifs inférieurs pour les professionnels sans que ce choix n’ait été justifié par des considérations économiques ou sociales.

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