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Communauté d’agglomération de Blois et commune de Blois (Loir-et-Cher)

CRC CENTRE-VAL DE LOIRE

La ville de Blois et la communauté d’agglomération de Blois (Agglopolys) se sont engagées, avec volontarisme, dans la lutte contre le changement climatique. Confrontées à la complexité des documents d’urbanisme, elles ont mis en œuvre des actions à leur portée, concertées avec de nombreux citoyens, tournées indifféremment vers l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Leurs ambitions sont cependant limitées au regard des objectifs nationaux. Elles gagneraient à être renforcées et mieux suivies sur les volets techniques et budgétaires mais aussi en matière de mobilisation des acteurs.

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Un contrôle centré sur l’adaptation au changement climatique

Second pilier de la lutte contre le changement climatique, l’adaptation au changement climatique est le processus d’ajustement au climat actuel ou attendu. Elle vise à réduire l’exposition et la vulnérabilité aux variations du climat, par des mesures adaptées à chaque territoire.

Elle se distingue des mesures d’atténuation du changement climatique (premier pilier) qui visent à réduire les sources ou à renforcer les puits de gaz à effet de serre (GES). Elles reposent sur des interventions dont les effets s’observent au plan global.

Les deux approches sont complémentaires. Ce rapport porte plus particulièrement sur l’adaptation des villes au changement climatique, notamment sur leur vulnérabilité, les pratiques d’adaptation et sur les mesures politiques prises.

 

Une analyse circonstanciée des facteurs de vulnérabilité du territoire blésois face au changement climatique

La ville de Blois et Agglopolys ont intégré dans leurs stratégies territoriales respectives les risques liés à l’élévation des températures. Elles ont défini, chacune en fonction de leurs compétences propres, des priorités d’action qui se déclinent dans leurs documents d’urbanisme et dans des outils de planification thématiques (plan climat air énergie territorial, plan biodiversité, etc.). Ces priorités sont assises sur des diagnostics qui permettent d’objectiver les facteurs de vulnérabilité et de définir des secteurs d’intervention prioritaires. Leur réalisation repose sur des indicateurs et des dispositifs de suivi. Même si leur cohérence et leur lisibilité gagneraient à être renforcées, ils manifestent la volonté de s’inscrire dans une démarche de progrès et d’obtenir des réalisations concrètes à court et moyen terme.

La chronologie d’élaboration des documents d’urbanisme engendre cependant une charge de travail conséquente pour les administrations du bloc communal responsables de la réalisation de ces documents. Elle rend délicats leur mise en cohérence et leur suivi et limite leur portée concrète tout en compliquant la réalisation des projets portés par les élus locaux.

 

Une politique d’adaptation volontariste dont les effets peuvent encore être confortés par une planification plus robuste et une organisation plus transversale

La politique de diminution des îlots de chaleur tend à se diffuser dans les politiques publiques et les opérations d'aménagement. Elle porte à la fois sur des opérations nouvelles et des travaux de rénovation. Sa mise en œuvre nécessite une mobilisation coordonnée des acteurs publics et privés. À l’avenir, la ville de Blois et la communauté d’agglomération devraient, respectivement, disposer d’outils de suivi exhaustifs du programme de végétalisation et de désimperméabilisation et rendre compte de l’avancement des actions du plan climat-air-énergie territorial (PCAET).

Le décloisonnement et la recherche de transversalité, placés au cœur de la gouvernance politique et administrative de la ville de Blois et d'Agglopolys, requièrent la réalisation de liens entre les thématiques et une prise en compte globale des enjeux. Des progrès significatifs ont été accomplis grâce à une mobilisation collective, à des formations et à un pilotage intégré des actions. Ils gagneraient à être prolongés par un dialogue de gestion prévoyant, pour chaque direction ou structure satellite, des objectifs exprès et un suivi approprié.

Enfin, au-delà des équipements publics et des aménagements, il apparaît nécessaire de renforcer la préparation de l’ensemble des acteurs du territoire aux conséquences du changement climatique. La ville de Blois et la communauté d’agglomération ont pris la pleine mesure de la nécessité d’une mobilisation citoyenne et de la coopération avec les acteurs privés. L’opération de restauration des milieux naturels conduite sur le déversoir de la Bouillie illustre l’enjeu de la participation et de la co-construction de solutions paysagères collectives. Les enseignements de cette expérimentation pourront être utilement transposés à d’autres initiatives, afin de généraliser ces synergies à l’ensemble du territoire blésois.

 

 

À l’issue de son contrôle, la chambre a émis deux recommandations. Elle examinera leur mise en œuvre dans un délai d’une année, après présentation au conseil communautaire d’Agglopolys et au conseil municipal de Blois, conformément aux dispositions de l’article L. 243-9 du code des juridictions financières (CJF).