Sort by *
Publications

Publications

Association Opéra national de Lyon (métropole de Lyon)

CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

La chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes a procédé au contrôle des comptes et de la gestion de l’association « Opéra national de Lyon » pour les exercices 2010 à 2019, en veillant à intégrer, autant que possible, les données les plus récentes.

Par la recherche de la diversité sur le plan artistique et par la qualité de ses productions, l’opéra de Lyon a acquis une reconnaissance indéniable auprès du public, mais aussi de ses pairs, sur le plan national et international.

Au-delà du respect des engagements pris avec les financeurs afin de rendre la scène lyrique accessible au plus grand nombre, la diversité des publics, celle des répertoires et des créations, les orientations stratégiques du directeur général ont concouru au développement d’une identité propre et de choix artistiques reconnus. La réalisation des objectifs chiffrés va au-delà de ce qui prévu dans les conventions, à l’exception notable d’une diffusion des œuvres sur le territoire régional qui gagnerait à être renforcée.

Dès avant la crise de la COVID, la situation financière de l’association était fragile et dépendait très majoritairement du soutien de ses financeurs publics. Malgré les efforts entrepris pour augmenter les recettes propres et contenir les coûts, la question du financement de l’activité de l’association dans un contexte de budgets publics contraints, reste posée. La période de contrôle de l’Opéra s’achevant en 2019, les répercussions de la crise COVID et les aides publiques qui ont été mises en place pour y faire face, n’ont pas pu être analysées par la chambre.

La gestion administrative de l’association est globalement maîtrisée du point de vue budgétaire et financier mais doit progresser dans le domaine des achats. La chambre réitère les observations faites dans ses rapports relatifs aux comptes et à la gestion de la ville de Lyon, publiés en 2014 et en 2019, sur la mise à disposition illégale de plus de la moitié du personnel de l’association, par la commune. Cette situation doit cesser rapidement dans la mesure où elle est incompatible avec la transparence de l’équilibre financier de l’Opéra et les dispositions du code de commerce.

L’abondance et la qualité des documents écrits à l’appui des sujets inscrits à l’ordre du jour des différentes instances associatives garantissent l’exhaustivité et la précision de l’information mise à disposition des membres du conseil d’administration et de l’assemblée générale, qui se réunissent de manière régulière et approuvent les documents, comme requis par les statuts. Toutefois, le conseil d’administration exerce insuffisamment ses pouvoirs de direction et de décision, qui le sont de fait par le directeur général. En répondant de son action, préalablement aux réunions du conseil d’administration, devant un comité de suivi purement administratif, le directeur et son équipe préparent avec les fonctionnaires des collectivités partenaires, toutes les réunions du conseil alors qu’elles devraient être préparées de façon indépendante par les membres du bureau.

Les nombreux risques juridiques et financiers qui caractérisent la gestion de ce service public culturel par une association doivent conduire à revoir sa forme juridique et à étudier notamment la possibilité d’une transformation en un établissement public de coopération culturelle (EPCC).

RECOMMANDATIONS

Recommandation n° 1 : établir un compte rendu annuel de la délégation du directeur conformément aux stipulations statutaires.

Recommandation n° 2 : revoir le règlement intérieur ainsi que les statuts afin d’enrichir ou supprimer les fonctions de vice-président et de secrétaire.

Recommandation n° 3 : mettre fin à la mise à disposition irrégulière des agents de la ville de Lyon à l’aide d’un plan d’action à définir entre l’association et la commune, aboutissant au transfert vers l’association des agents concernés et assurant le financement de leur rémunération.

Recommandation n° 4 : étudier les conditions et les modalités de mise en place d’une politique de diffusion plus proche des territoires conformément au label « opéra national en région ».

Recommandation n° 5 : établir une méthode de calcul du coût du fauteuil et recalculer cet indicateur pour les dix exercices antérieurs à 2019 afin de mesurer son évolution.

Recommandation n° 6 : poursuivre la formalisation du contrôle interne comptable.

Recommandation n° 7 : mettre en place un inventaire physique reposant sur un système d’information permettant sa mise à jour continue.

Recommandation n° 8 : faire figurer dans les états financiers, l’information relative à la dette de l’association à l’égard de la ville de Lyon, née de la mise à disposition de personnels par cette dernière sans remboursement de l’Opéra.

Recommandation n°9 : établir un rapport de gestion à présenter au commissaire aux comptes.

Recommandation n° 10 : inclure dans le rapport du trésorier une répartition des frais de missions remboursés au directeur général par type d’activités (coproductions, relations publiques, productions, mécénat).

Recommandation n° 11 améliorer la gestion des achats (définition et recensement des besoins, allotissement, régularité des stipulations contractuelles, suivi des marchés, archivage, respect de la réglementation) afin d’assurer le respect des principes de la commande publique.

Recommandation n° 12 : revoir la forme juridique de l’Opéra.

 

À lire aussi

Les autres publications qui pourraient vous intéresser :

  • CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
    Commune de Fontaines-sur-Saône (métropole de Lyon)
  • CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
    Commune de Caluire-et-Cuire (métropole de Lyon)
  • CRC AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
    Commune de Bron (Métropole de Lyon)