SAPEY (ou SAPPEY) Jean Baptiste Charles
Né le 7 juin 1775 au Grand-Lemps (Isère), décédé le 5 mai 1857 à Paris (10ème ancien).
Fils de Jean-Baptiste Charles Sapey ou Sappey (Le Grand-Lemps 21/1/1734-21/1/1812 Le Grand-Lemps), notaire royal, châtelain de Lemps, et de Marie Anne Mingrat (Le Grand-Lemps 4/3/1734-1/1/1776 Saint-Alban-de-Roche, Isère), mariés le 12 novembre 1753 au Grand-Lemps.
Petit-fils de Gabriel Sappey (Le Grand-Lemps 8/7/1702-12/4/1745 Le Grand-Lemps), marchand, et de Thérèse de Prunier de Maubourg (Le Grand-Lemps vers 1706 ? –ap. 1734 ?), mariés le 21 janvier 1733 au Grand-Lemps. Petit-fils de Joseph Mingrat (1698 ? -ap. 1753-av. 1775 ?), et d’Elisabeth Brosse (Bévenais, Isère, 1713 ? -ap. 1753 ?), mariés le 24 avril 1733 à Bévenais.
Arrière-petit-fils de Gabriel Sappey (1670 ? -1/8/1715 Le Grand Lemps) et de Marie Micha (? -ap. 1728 ?), mariés avant 1702. Arrière-petit-fils de François de Prunier de Maubourg, seigneur de Lemps (? -4/12/1717 Le Grand-Lemps), et de Marie Barbe de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier, mariés avant 1703. Arrière-petit-fils de François Mingrat (Le Grand-Lemps ? -av. 1725 ?), et d’Anne Faure (Bévenais, Isère ? - ?), mariés le 30 juin 1686 à Bévenais. Arrière-petit-fils de Jacques Mingrat (Le Grand-Lemps 3/10/1671-20/4/1736 Le Grand-Lemps), bourgeois de Bévenais, et de Marie Bonnardon (Le Grand-Lemps 23/12/1669–16/10/1745 Le Grand-Lemps), mariés avant 1698. Arrière-petit-fils de François Brosse et de Marie Buisson.
Frère de Balthazard Sapey (Le Grand-Lemps 7/5/1759-1800 Gênes, Italie), employé de marine , marié à Elisabeth Sisco ; de Guillaume Sapey (Le Grand-Lemps 13/3/1763-30 /1/1848 La Tour-du-Pin, Isère), maire du Grand-Lemps en 1791, sous-préfet de La Tour-du-Pin de 1800 à 1815, chevalier de la Légion d’honneur en octobre 1814 ; de Louis Philibert Sapey (Le Grand-Lemps, 31/12/1769-12/3/1834 Bastia), receveur principal des droits de navigation, marié à Julie Barbe André ; d’Etienne Adrien Sapey (Le Grand-Lemps 20/2/1771-30/11/1863 Valence, Drôme), directeur de l’enregistrement et des domaines de la Drôme, député conservateur de la Drôme de 1852 à 1859, maire de Valence, colonel de la garde nationale de Valence, officier de la Légion d’honneur en 1851, marié à Charlotte Adélaïde Ruel.
Epouse le 27 juillet 1821 à Paris Angélique Eulalie Boby (Paris 1790-15/4/1867 Paris 7ème), veuve en premières noces de Raymond Pierre Penne (Coarraze, Pyrénées-Atlantiques, 18/11/1770-19/6/1815 Bierges, Belgique), baron d’Empire, général tué à la bataille de Wavre, près de Waterloo, commandeur de la Légion d’honneur en 1813, chevalier de Saint-Louis en 1814, mariés le 11 juillet 1810 à Paris, paroisse Notre-Dame de Lorette. Fille de Jean Boby (Rouen, paroisse Saint-Etienne des Tonneliers, Seine-Maritime, 11/2/1750-26/4/1845 Paris 2ème ancien), avocat au Parlement de Paris, membre du bureau de bienfaisance du 5ème arrondissement ancien de Paris, chevalier de la Légion d’honneur en 1840, et d’Henriette Courveils ou Convents, mariés avant 1790.
Petite-fille de Dominique Boby, marchand à Rouen, membre de l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, et de Marie Anne Delacourtaudière, mariés avant 1750 à Rouen, paroisse Saint-Maclou.
Arrière-petite-fille de Jean Jacques Boby (son parrain) ? Arrière-petite-fille de Jeanne Tendron de la Courtaudière (sa marraine) ?
Père de Marie Caroline (Paris 1822-25/11/1905 Fortmantel, La Trinité-des-Laitiers, Orne), mariée le 22 janvier 1842 à Paris (11ème ancien) à Henri Pierre Delacroix (Elbeuf, Seine-Maritime, 20/9/1811-14/4/1885 La Trinité-des-Laitiers), propriétaire, maire de La Trinité-des-Laitiers, conseiller général de l’Orne, d’Angélique Marie (Paris 1825-22/4/1871, acte du 12/8/1871 Paris 7ème), mariée le 11 juillet 1844 à Paris à Henri Mathieu Quesné (Elbeuf, Seine-Maritime, 18/10/1813-24/10/1887 Tourville-la-Rivière, Seine-Maritime), drapier à Elbeuf, député de la Seine-Inférieure de 1852 à 1870, officier de la Légion d’honneur en 1869, et d’Eugénie Aglaé Adèle (Paris 7/2/1827-6/5/1913 Paris 16ème), mariée le 30 janvier 1847 à Paris (10ème ancien) à Charles Eugène Feydeau de Brou (1815-1882), conseiller référendaire (voir notice).
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Elève en l'an II de l'Ecole militaire de Tournon.
Incorporé au 9ème bataillon de l'Isère, qui devient, à l'armée d'Italie, la 12ème demi-brigade d'infanterie légère. En l'an V, attaché à l'état-major, envoyé en mission auprès de Salicetti, commissaire du Directoire exécutif, chargé de préparer, à Livourne, l'expédition qui doit expulser les anglais de la Corse. Directeur général des bâtiments de correspondance entre le continent et la Corse en l'an VI. Secrétaire particulier de Lucien Bonaparte au ministère de l'Intérieur en l'an VIII, secrétaire de la légation de France en Espagne en l'an IX, choisi par le Sénat conservateur pour représenter au Corps Législatif le département de l'Isère le 27 germinal an X, 1802, siège jusqu'en 1808. Pendant les Cent Jours, élu représentant de l'Isère, fait élire Lucien Bonaparte par le collège électoral. Élu député le 11 septembre 1819, siège dans l'opposition constitutionnelle avec les libéraux. Non candidat en 1824, réélu le 21 avril 1828 en remplacement d'Auguste Perier, vote l'adresse des 221. Réélu le 23 juin 1830, adhère à la monarchie de Louis-Philippe, soutient la politique doctrinaire et conservatrice. La Gazette du Dauphiné, dans un numéro de juillet 1842, le qualifie de « commissionnaire aux cheveux blancs que les marchands de toile de Voiron envoient à Paris pour les affaires de Voiron et de sa banlieue. (…) Le jour où les électeurs de la ville des toiles et des parties de boule n’auront plus M. Sapey à envoyer à la Chambre, ils sont capables de mourir d’hébètement ». Réélu jusqu’à la fin de la monarchie de Juillet. Un procès l’oppose en 1845 au maire de Vizille, Jean-Antoine Collin. Propriétaire de hauts-fourneaux et de platrières en Isère.
Conseiller maître le 16 février 1833, réélu député en mars par 181 voix sur 209. Démissionnaire de la Chambre en septembre 1847, démissionnaire et honoraire de la Cour le 7 mai 1851.
Nommé au Sénat le 26 janvier 1852, soutient le gouvernement
Membre de la société d’instruction publique du département du Golo en 1803, membre correspondant de la société d’instruction publique du département de la Corse en 1818. Maire de Férolles-Attilly (Seine-et-Marne) de 1830 à 1846, puis de 1848 à 1864. Membre de la commission chargée de proposer des secours aux victimes des condamnations politiques entre 1830 et 1848 créée par décret du 28 juillet 1849
Domiciles : 96, rue de l’Université (7ème), 52, puis 74, puis 78, rue Saint-Dominique (7ème). Propriétaire du château de la Barre à Férolles-Attilly en Seine-et-Marne.
Tombeau au cimetière Montparnasse.
Grand Officier de la Légion d’honneur, Chevalier de Saint-Louis.
Publications : outre des rapports parlementaires sur des sujets financiers, un opéra-comique en un acte, musique de Victor Dourlen : La Dupe de son art ou les Deux amants, représenté le 9 septembre 1809 à l’Opéra-comique.
Bibliographie : Jean-Baptiste de Vaucher : M. Charles Sapey, ancien député de l’Isère, conseiller maître à la Cour des comptes, Paris 1848.
Extrait de la « Biographie pittoresque des députés de la France : session de 1819-1820 » : Ce député, digne de l’Isère, qu’il appelait, dans une occasion fameuse, la terre classique de la liberté, est un homme grand, ayant le front haut, le nez aquilin et l’accent de la voix mesuré. Bien qu’avocat, il écrit ses discours ; ils gagnent en laconisme, en clarté et en vigueur. Toutes les occasions de défendre ces droits que trente ans de sacrifices ont acquis à la France, il les a saisies pour faire entendre des opinions honorables. Il s’étonnerait, comme tous les sages de tous les pays, qu’un parti sans talent, sans valeur, étranger à toute illustration nationale, voulût profiter de quelques succès russes ou prussiens, pour deshériter les français de leurs conquêtes civiles, s’il n’était frappé de cette vérité que si ce parti n’est si injuste et si aveugle que parce qu’il est faible. M. Sapey a vécu dans une longue intimité avec un homme de beaucoup de talent, mais funeste à la liberté en France : Lucien Bonaparte. Il est beau de n’avoir retenu de ses amitiés que les qualités de ses amis. »
Extrait de « La Chambre de 1820, ou la monarchie sauvée, par un royaliste » Paris 1820 : « Ses parents voulaient en faire un abbé, quand la révolution vint à éclater ; il en adopta les principes, il fut nommé maire, puis sous-préfet ; devint ami de Lucien Buonaparte, membre de la chambre des représentants en 1815, et de celle des députés en 1819, il n’est resté de lui aucin discours remarquable, mais il vote toujours avec le côté gauche. »
Extrait des « Comptes-rendus des sessions de 1832 et 1833, Edouard Bucquet, Paris 1833 : « (…) Chargé de présenter le rapport des pétitions des condamnés politiques sous la restauration, M. Sappey trouva le moyen d’appeler la sévérité du pouvoir sur ceux d’entre-eux qui ne paraîtraient pas complètement satisfait du gouvernement paternel sous lequel il ont le bonheur de vivre ; il s’éleva en même temps contre ce qu’il appelait des prodigalités à l’égard des réfugiés étrangers, de telle sorte que son rapport fut presque un réquisitoire contre les victimes du despostisme. Faut-il s’étonner après cela que M. Sappey ait voté les pensions des chouans ? M. Sappey a été nommé conseiller maître à la Cour des comptes, c’est trop peu vraiment pour reconnaître le dévouement à toute épreuve de ce vertueux député. M. Sappey, le représentant le plus complaisant, a dû sa réelection aux services personnels qu’il a rendus aux électeurs et aux nombreuses lettres dont il les gratifie quotidiennement. Sa volumineuse correspondance est sans doute une des raisons qui lui font solliciter depuis longtemps la direction générale des postes ».
Extrait du Procuste parlementaire, par Fortunatus (1844) : « Tour à tour militaire, industriel, diplomate. Sous l’Empire, membre du Corps législatif. Sous la Restauration, « martignaciste ». Aujourd’hui, député centre gauche et conseiller maître à la Cour des comptes où il travaille, où il pioche et il bûche comme un homme qui s’inquiète fort peu de perdre la vue ou de gagner des hémorroïdes et des coups de sang ».
Extrait de la Biographie satirique des députés, par Satan : « Sapey, Voiron : Doyen d’âge de la Chambre, il siège au centre et vote avec la gauche. Il a plusieurs fois présidé la Chambre avec impartialité. »