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RAPPORT
D’
OBSERVATIONS DÉFINITIVES
ET SA REPONSE
COMMUNE DE SAINT-GRATIEN
(95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
délibérées le 17 novembre 2017
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
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TABLE DES MATIÈRES
SYNTHÈSE
...........................................................................................................................................................
3
OBSERVATIONS
.................................................................................................................................................
6
1. RAPPEL DE LA PROCÉDURE
.....................................................................................................................
6
2. PRÉSENTATION DE LA COMMUNE
.........................................................................................................
6
3. UNE COMMUNE, MEMBRE DE LA C
OMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉR
ATION PLAINE VALLÉE . 7
3.1. Intégration de la commune dans la communauté d’agglomération Plaine Vallée
............................................
7
3.2.
Les compétences transférées à la communauté d’agglomération Plaine Vallée
..............................................
8
4. LA QUALITÉ DE L’I
NFORMATION BUDGÉTAIRE ET COMPTABLE
..............................................
8
4.1. La préparation et la présentation du budget
.....................................................................................................
8
4.2. La tenue des annexes
........................................................................................................................................
8
4.3. Les débats d’orientations budgétaires
(DOB)
..................................................................................................
9
4.4. L’exécution budgétaire
.....................................................................................................................................
9
5. LA FIABILITÉ COMPTABLE ET FINANCIÈRE
....................................................................................
10
5.1. Les frais d’études
...........................................................................................................................................
10
5.2. Les immobilisations en cours
.........................................................................................................................
10
5.3. Les participations et autres immobilisations
..................................................................................................
11
5.4. Compte 238
les avances versées sur commandes d’immobilisations incorporelles et
corporelles
..............
11
5.5. L’inventaire
....................................................................................................................................................
11
5.6. Les restes à recouvrer et débiteurs divers
.......................................................................................................
11
6. UNE SITUATION FINANCIÈRE EN TENSION
.......................................................................................
12
6.1. Un excédent brut de fonctionnement et une capacité d’autofinancement (Caf) brute à
surveiller
.................
12
6.2. Un effet de ciseau pour les produits et les charges de gestion
........................................................................
13
6.2.1. Des produits de gestion stabilisés
................................................................................................................
13
6.2.2. Des charges de gestion stabilisées
...............................................................................................................
17
6.3. Un financement propre disponible à surveiller
..............................................................................................
17
6.4. Un besoin de financement à suivre
.................................................................................................................
18
6.5. L’endettement est mieux maîtrisé
..................................................................................................................
18
6.5.1. Un encours de la dette stabilisé
...................................................................................................................
18
7. LES RESSOURCES HUMAINES
.................................................................................................................
22
7.1. Des rémunérations maîtrisées
.........................................................................................................................
22
7.2. Un régime indemnitaire en évolution
.............................................................................................................
23
7.3. Une évolution contenue de l’effectif communal
............................................................................................
24
7.4. Un temps de travail inférieur à la durée légale
...............................................................................................
24
7.5. Un ré
gime souple de congés et d’autorisations d’absence
.............................................................................
25
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7.6. Des heures supplémentaires à maîtriser
.........................................................................................................
26
7.7. Le compte épargne temps
...............................................................................................................................
27
7.8. Un absentéisme à suivre avec attention
..........................................................................................................
28
ANNEXES
...........................................................................................................................................................
29
Annexe n° 1 : Refinancement des emprunts structurés
.........................................................................................
29
Annexe n° 2 : Glossaire des sigles
........................................................................................................................
33
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
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SYNTHÈSE
Saint-Gratien, située à une dizaine de kilomètres au nord de Paris et reliée au quartier de
la
Défense par l’autoroute A
15, est
une commune résidentielle du département du Val d’Oise
.
Elle présente des paysages urbains contrastés qui opposent notamment des quartiers
pavillonnaires et un quartier prioritaire relevant de la politique de la ville. Celui-ci accueille près
de 7 000 habitants, sur une population totale de plus de 20 933 habitants au 1
er
janvier 2013.
La ville a connu un rapide développement urbain, de 1962 à 1975, au cours duquel la population
est passée de 9 000 à 20 500 habitants, mais depuis, celle-
ci s’est stabilisée.
Alors que la commune était membre de la communauté d’agglomération de la vallée de
Montmorency (CAVAM), qui regroupait 122 146 habitants répartis dans 9 communes, elle fait
partie, depuis le 1
er
janvier 2016, de la
communauté d’agglomération (CA) Plaine Vallée
, qui
accueille 18 communes et 182 000 habitants. Celle-ci est issue de la fusion de la Cavam et de
la communauté de communes ouest plaine de France,
et de l’intégration des com
munes
de Montlignon et de Saint-Prix, en application de la loi du 27 janvier 2014 de modernisation
de
l’action publique et d’affirmation des métropoles (MAPTAM).
La situation financière
Même si des efforts ont été entrepris lors des derniers exercices afin
d’améliorer la qualité de
l’information financière destinée à l’assemblée délibérante et aux administrés, ainsi que pour
accroître la fiabilité des comptes communaux, des améliorations sont encore possibles.
Elles visent notamment la préparation du rappor
t d’orientations budgétaires qui doit être présenté
à l’assemblée dans les deux mois qui précèdent l’adoption du budget
.
La commune se trouve confrontée à une conjoncture budgétaire contrainte, notamment marquée,
au cours des derniers exercices budgétaire
s, par la dégradation de sa capacité d’épargne et,
par voie de conséquence, de sa capacité de désendettement.
La capacité d’autofinancement (Caf) brute, qui renseigne sur la capacité d’une collectivité
territoriale à financer une part plus ou moins élevée de se
s dépenses d’équipement par
ses propres ressources, en provenance de la section de fonctionnement, ne représentait ainsi
que 6 % du montant total des produits de gestion, en 2015. Quant à la Caf nette, calculée après
remboursement du capital de la dette, elle est devenue quasi-inexistante, depuis 2013, et même
fortement négative en 2016 (- 1,25
M€
1
).
La commune, en effet, a dû faire face à un effet de ciseau entre des produits de gestion en
diminution,
qui ont notamment été affectés par la baisse de la dotation forfaitaire versée par l’
État,
depuis 2014, dans le cadre de la contribution des collectivités territoriales au redressement des
comptes publics, et à des charges financières en forte augmentation liées à la présence, dans
l’encours de la dette
,
d’emprunts
présentant de forts risques de taux. Si la commune bénéficie
par ailleurs de dotations en provenance du Fonds de solidarité des communes de la région
Île-de-France (FSRIF), en lien avec ses caractéristiques socio-économiques, elle a dû faire face,
lors des exercices budgétaires les plus récents, à la croissance sensible de sa contribution
au Fonds national de péréquation intercommunale et communale (FPIC).
Quant à s
a capacité de désendettement, qui mesure le nombre d’années nécessaire pour
rembourser l’intégralité de l’encours de la dette en y consacrant la totalité de la Caf
brute
de
l’exercice, elle s’est logiquement dégradée, compte tenu notamment de la diminution de la
Caf
brute. Elle a atteint 12,3 années en 2015, contre 5,7 années en 2012, se situant ainsi au-dessus
de 10 ans, seuil au-delà duquel il est habituellement c
onsidéré que la situation d’une collectivité
devient préoccupante au regard de son endettement.
1
M€
: million d’euros
.
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L’assainissement de l’encours de la dette
En 2010, l
’encours de la dette, pour un montant de
14 364 887,55
€,
était constitué de trois
emprunts dits structurés, contractés en 2007 auprès de Dexia Crédit Local. Ces emprunts,
adossés respectivement à la livre sterling, au franc suisse et au dollar américain et comportant
une formule complexe de calcul des
taux d’intérêt applicables à l’
échéance de paiement,
présentaient des risques très sérieux pour les finances communales.
En 2010, l’un de ces
emprunts, d’un
montant de 3 290 811,36
€, a fait l’objet d’une renégociation et le taux d’intérêt
à long terme Euro CMS 30 ans a été substitué, comme index de référence, à la livre sterling.
De même, en 2016, la commune a pu procéder à la «
désensibilisation
2
»
de l’emprunt présentant
le risque financier le plus élevé pour ses finances, car indexé sur la parité EURO/CHF (franc
suisse)
. Cependant, le coût de la sécurisation obtenue à court terme, s’agissant de la charge des
intérêts, a trouvé sa contrepartie dans l’alourdissement de l’encours de
la dette et dans le taux
d’intérêt applicable au nouvel emprunt souscrit au terme de l’opération
de refinancement.
En effet, l
’indemnité de
re
mboursement anticipé, d’un montant de 3,46
M€, a été intégrée à
hauteur de 2,73
M€ dans le capital du nouvel emprunt souscrit lors de cette opération
. Par ailleurs
0,73
M€ ont été dilués dans le taux d’intérêt fixe de ce même emprunt. Ces
stipulations pèseront
ainsi durablement sur les finances communales, nonobstant le concours apporté à la ville par
le Fonds de soutien aux collectivités territoriales, qui a pris en charge une partie du coût
de
l’indemnité
de remboursement.
La restauration des marges de
manœuvre
La récente décision, prise par la co
mmune, d’augmenter
en 2017 de 6 % le taux des taxes
locales, fait partie des actions susceptibles de lui permettre de retrouver des marges
de
manœuvre
en matière financière. Dans le cadre de sa réflexion stratégique à moyen terme
visant à la restauration d
e sa capacité d’autofinancement et à son désendettement
, la commune
devra également poursuivre ses efforts en vue de mieux maîtriser ses charges générales et
de personnel et continuer à prioriser
l’engagement des dépenses d’équipement.
En ce qui concerne les charges de gestion, le contrôle de certains domaines de la gestion des
ressources humaines a mis en lumière le fait que la commune dispose de divers
leviers d’action
.
Ils peuvent lui permettre
de s’assurer de la maîtrise des charges salariales, qu’il s’
agisse
de
l’adaptation de l’effectif communal aux besoins de
s services, ce qui peut passer par le non-
remplacement de tous les agents quittant la commune, de la durée annuelle du travail, de la mise
en œuvre d’une politique dynamique de prévention de l’abs
entéisme et de formation des agents.
Enfin, toute réflexion stratégique devra désormais prendre en compte la dimension de
l’
intercommunalité élargie depuis le 1
er
janvier 2016, en termes de mutualisation des services,
d’économies de gestion
, et donc de rec
herche d’une plus grande efficience de la gestion
communale.
2
Soit la transformation du prêt à risque en prêt classique.
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RECOMMANDATIONS
Au terme de ses travaux, la chambre adresse les recommandations reprises dans la présente
section.
Les recommandations adressées par la chambre sont les suivantes :
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Recommandation n° 1 :
Renseigner avec exhaustivité et précision les annexes budgétaires,
conformément aux instructions en vigueur.
.............................................................................................
9
Recommandation n° 2 :
Établir un inventaire physique et comptable exhaustif du patrimoine
communal.
.....................................................................................................................
11
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
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« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »
Article 15 de la Déclaration
des Droits de l’Homme et du Citoyen
OBSERVATIONS
1.
RAPPEL DE LA PROCÉDURE
Le contrôle des comptes et de la gestion de la commune de Saint-Gratien a été engagé par
lettre du 7 novembre 2016 adressée à Mme Jacqueline Eustache-Brinio, maire de la commune.
Les observations définitives ont été arrêtées au vu du
rapport d’observations provisoires
, notifié
le 6 juillet 2017, et de la réponse de Mme Eustache-Brinio le 4 septembre 2017
3
. Depuis le
20 octobre, M. Julien Bachard a succédé à Mme Eustache-Brinio, nouvellement élue au Sénat.
La chambre régionale des comptes Île-de-France, délibérant en sa sixième section, a adopté
le présent rapport d’observations définitives qui porte sur la fiabilité des comptes, la situation
financière et sur certains domaines de la gestion des ressources humaines.
Ont participé a
u délibéré, qui s’est tenu le 17 novembre
2017 et qui a été présidé par
M. Geneteaud, président de section, M. Royer, président de section, Mme Lannon, première
conseillère, M. Sigalla, premier conseiller, MM. Mircher et Preciado-Lanza, premiers conseillers,
M. Lesquoy, conseiller, Mme Mesnard, conseillère.
Ont été entendus :
- en leur rapport, MM. Mircher et Preciado-Lanza, premiers conseillers, assistés
de Mme Auvray et de M. Hopsore, vérificateurs des juridictions financières ;
-
en ses conclusions, sans avoir pris part au délibéré, le procureur financier.
Mme Bernier, auxiliaire de greffe, assurait la préparation de la séance de délibéré et tenait les
registres et dossiers.
2.
PRÉSENTATION DE LA COMMUNE
Saint-Gratien est située
dans le département du Val d’Oise
, à 10 kilomètres environ au nord
de Paris et aux portes de la vallée de Montmorency. La commune est bien desservie par
les infrastructures de transport, notamment par l'autoroute A15 et la ligne C du RER.
C’
est une commune à dominante résidentielle, mais qui présente des paysages urbains
contrastés avec,
au nord et à l’est
des quartiers pavillonnaires, alors que le sud est
principalement occupé par une importante cité d’habitations à loyer modéré (HLM)
.
Les Raguenets, classée depuis 1996 en zone urbaine sensible (ZUS).
Quant au centre-
ville, il est caractérisé par la présence d’un ilôt dense d’immeubles de grande
hauteur datant des années 1970, entourant une place centrale dénommée «
le forum
»,
qui accueille notamment un centre commercial et un centre culturel.
3
Depuis lors, Mme Eustache-
Brinio a été élue sénatrice et M… été élu maire de la commune.
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Carte n° 1 : Commune de Saint Gratien
Source : CRC IDF à parti de Google Maps
Saint-Gratien comptait 20 933 habitants, au 1
er
janvier 2013. Comme de nombreuses
communes de l’agglomération parisienne, elle
a fait face à un développement urbain très rapide,
de 1962 à 1975, qui correspond à la période de réalisation de la cité précitée et où la population
est passée de 9 000 habitants à 20 500 habitants, avant, depuis lors, de se stabiliser.
Les catégories socioprofessionnelles modestes sont légèrement plus représentées que
sur
l’ensemble du territoire et représentent 38,4
% de la population de plus de 15 ans contre
30,7 % pour la métropole dans son ensemble. Au demeurant, au 1
er
janvier 2016, le parc locatif
social constituait 32,02 % du parc total de logements, soit une part sensiblement au-dessus
du seuil de 25 % fixé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain
(
SRU
4
).
3.
UNE
COMMUNE,
MEMBRE
DE
LA
COMMUNAUTÉ
D’AGGLOMÉRATION PLAI
NE VALLÉE
3.1.
Intégratio
n de la commune dans la communauté d’agglomération Plaine Vallée
Jusqu’au 31
décembre 2015, Saint-
Gratien était membre de la communauté d’agglomération de
la vallée de Montmorency (CAVAM), qui regroupait 122 146 habitants répartis sur 9 communes :
Andilly, Deuil-La Barre, Enghien-les-Bains, entrée le 1
er
janvier 2014, Groslay, Margency,
Montmagny, Montmorency, Saint-Gratien, Soisy-sous-Montmorency.
Depuis le 1
er
janvier 2016, en application de la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de
modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles (MAPTAM),
la commune
appartient à la communauté d’agglomération Plaine Vallée.
Cette nouvelle communauté
d’agglomération
, issue de la fusion de la communauté de communes ouest plaine de France
(CCOPF), de la CAVAM
, et de l’intégration
des communes de Montlignon et de Saint-Prix,
compte 18 communes et 182 000 habitants.
4
Aux termes de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, les communes
de plus de 3 500 habitants (1 500 en Île-de-France) situées dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants comprenant
au moins une commune de plus de 15 000
habitants doivent disposer d’au moins 20
% de logements locatifs sociaux par
rapport à leur parc de résidences principales ; à défaut elles sont soumises à un prélèvement sur leurs ressources fiscales
(20 % du potentiel fiscal par habitant, par logement manquant) destiné à soutenir les acquisitions foncières et immobilières
nécessaires à la production de ces logements.
Le taux de logements sociaux a été porté à 25 % par la loi n° 2013-61 du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier
public en faveur du logement et au renforcement des obligations d
e production de logement social, et ses décrets d’application
n° 2013-670 et n° 2013-671 du 24 juillet 2013.
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3.2.
Les compétences transférées à la communauté d’agglomération Plaine Vallée
La communauté d’agglomération
Plaine Vallée exerce, en lieu et place des communes-
membres,
les compétences d’intérêt communautaire suivantes
:
- compétences obligatoires
: développement économique, aménagement de l’espace
communautaire et transports, équilibre social de l’habitat, politique de la ville
;
- compétences optionnelles
: voirie et parcs de stationnement d’intérêt communautaire,
protection et mise en valeur de l’environnement et du cadre de vie, équipements culturels
et sportifs d’intérêt communautaire
;
- compétences facultatives : assainissement, contribution à la programmation de
spectacles et de
manifestations culturelles, soutien à l’enseignement artistique, réseau
informatique des bibliothèques, service intercommunal de la police municipale, balayage
des rues, nettoyage des tags, réseau d’éclairage public, patrimoine i
mmobilier et
historique et réseaux de communication électroniques.
4.
LA
QUALITÉ
DE
L’INFORMA
TION
BUDGÉTAIRE
ET
COMPTABLE
La qualité de l’information budgétaire et comptable est globalement satisfaisante, même si
elle demeure perfectible.
4.1.
La préparation et la présentation du budget
La commune
est dotée d’un
seul budget
qui présente la particularité d’être adopté avant même
l
’ouverture de l’exercice budgétaire
, comme le montre le tableau ci-après.
Dates de vote
lors du débat d’orientation budgétaire (
DOB) et du budget
Exercice budgétaire
Vote lors du DOB
Vote du Budget
2016
19 novembre 2015
17 décembre 2015
2017
17 novembre 2016
15 décembre 2016
Source : délibérations de la commune
4.2.
La tenue des annexes
Les annexes aux documents financiers de la collectivité, budget primitif et compte
administratif, sont relativement bien renseignées, mais perfectibles :
-
ainsi, plusieurs anomalies, certes d’une importance relative, ont été relevées, s’agissant
de
l’état de la dette (A2. 3), où le montant du capital restant dû
(CRD) inscrit au chapitre 16
du
budget 2015, ainsi qu’aux comptes 165 et 168 des budgets 2015, 2016 et 2017,
ne
correspondait pas à celui des balances d’entrée des comptes de gestion du comptable
public. Au vu de ce constat, la commune a fait part de son intention de se rapprocher
du comptable public ;
-
de même, à l’annexe IV C1 «
état du personnel
», les chiffres inscrits à la rubrique «
emplois
budgétaires
» ne correspondaient pas à la somme des emplois permanents à temps
complet et à temps non complet, s
’agissant des emplois d’adjoint administratif
de 2
ème
classe, d’assistant socio
-
éducatif principal, d’animateur principal de 2
ème
classe,
et
d’éducateur principal de jeunes enfants.
A cet égard, la
commune a indiqué qu’elle avait
adopté un nouveau tableau
d’emplois et a
par ailleurs annoncé vouloir se mettre
en conformité, dès le budget primitif 2018, avec la réglementation sur la comptabilisation
des ressources humaines en équivalents temps plein (ETP) et équivalents temps plein
travaillé (ETPT)
5
.
5
Équivalents temps pleins : effectifs physiques * quotité de travail. Exemple : un agent travaillant à mi-temps représente 0,5 ETP
(1 * 0,5). ETPT
= effectifs physiques * quotité de travail * période d’activité dans l’année. Exemple
: un agent à temps partiel
(80 %) présent six
mois sur l’année correspond à 0,4
ETPT (1*0,8*6/12).
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4.3.
Les débats d’orientation
s budgétaires (DOB)
L
es membres de l’assemblée délibérante doivent disposer d’une information complète et
suffisamment détaillée, afin de pouvoir exercer effectivement leur pouvoir de décision,
à
l’occasion du vote du budget. Cet objectif s’appuie, notamment, sur les dispositions
concernant le débat d’orientation
s budgétaires
et le rapport qui l’accompagne
, spécifiées
à
l’article
L. 2312-1 du CGCT.
L’ensemble des débats d’orientation budgéta
ire (DOB) de la période ont été examinés.
Les documents préparatoires comprennent généralement des informations sur les perspectives
nationales, en particulier sur l’évolution des dotations de l’
État, les prévisions de dépenses et
de
recettes, en fonctionnement et en investissement, et l’évolution de l’endettement.
Ils se sont
étoffés au cours de la période et contribuent à une meilleure information
de l’assemblée et des
administrés, notamment par un recours systématique aux outils graphiques.
Les prévisions
en fonctionnement, tant en recettes qu’en dépenses,
apparaissent en général
réalistes
et s’inscrivent dans une volonté
exprimée de maîtrise des dépenses, sans toutefois
que la stratégie de la c
ommune en vue de maîtriser la masse salariale, la charge d’intérêts
de
la dette et d’optimiser les recettes tarifaires
, soit parfaitement explicitée. De même,
la
présentation de la situation relative à l’endettement communal
était insuffisante, la question
des emprunts à risques, dits structurés, n’étant spécifiquement évoquée qu’à partir du DOB
2014,
alors qu’elle donn
ait
lieu à des renégociations dès 2010 et qu’il s’agi
ssai
t d’un sujet aux
conséquences majeures pour les finances communales (
cf. infra
).
Cependant, le document préparatoire au DOB 2017 a sensiblement progressé en termes
de
précision et d’approfondissement de
l’information
délivrée
. L’information a
notamment été
actualisée, vraisemblablement en application des nouvelles dispositions législatives introduites
par la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite
« NOTRe
6
et de
l’article L.
2312-1 du CGCT
précité, qui prévoit la présentation d’un rapport sur
les orientations budgétaires.
4.4.
L’exécution budgétaire
Le CGCT prévoit que les collectivités territoriales ont l’obligation de tenir une comptabilité
d’engagement des dépenses
7
. La commune tient effectivement
une comptabilité d’engagement
et les états de restes à réaliser ont été transmis pour chacun des exercices 2010 à 2015.
Les
états n’étaient
en revanche pas revêtus de la signature du comptable public, pourtant
obligatoire au stade de la reprise des résultats et, en
l’
espèce,
lors de l’adoption du
budget
supplémentaire. A cet égard, l
a commune s’est engagée
à transmettre
l’état des restes à réaliser
au comptable public
, afin qu’il puisse y apposer sa signature
.
6
En application de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite « NOTRé », modifiant
l’article L.
2312-
1 du CGCT, et de son décret d’application n°
2016-841 du 24
juin 2016 créant l’article D.
2312-3, la collectivité
a
désormais l’obligation d’élaborer un rapport sur les orientation
s budgétaires (ROB), ce qui implique de développer davantage
certains points et d’en introduire de nouveaux
:
« Dans les communes de 3 500 habitants et plus, le maire présente au conseil
municipal, dans un délai de deux mois précédant l'examen du budget, un rapport sur les orientations budgétaires,
les engagements pluriannuels envisagés, ainsi que sur la structure et la gestion de la dette. Ce rapport donne lieu à un débat
au conseil municipal, dans les conditions fixées par le règlement intérieur prévu à l'article L. 2121-8. Il est pris acte de ce débat
par une délibération spécifique.
Dans les communes de plus de 10 000 habitants, le rapport mentionné au deuxième alinéa du présent article comporte, en outre,
une présentation de la structure et de l'évolution des dépenses et des effectifs. Ce rapport précise notamment l'évolution
prévisionnelle et l'exécution des dépenses de personnel, des rémunérations, des avantages en nature et du temps de travail.
Il est transmis au représentant de l'État dans le département et au président de l'établissement public de coopération
intercommunale dont la commune est membre ; il fait l'objet d'une publication »
.
7
La comptabilité d’engagement permet de connaître à tout moment les crédits ouverts et les prévisions de recette
s, les crédits
disponibles pour engagement et mandatement, les dépenses et recettes réalisées,
ainsi que l’emploi fait des recettes grevées
d’affectation spéciale. En fin d’exercice, elle permet de déterminer le montant de charges et produits qui influent
sur le résultat de
fonctionnement et de dresser l’état détaillé des restes à réaliser (RAR)
,
c’est
-à-
dire l’état des dépenses engagées non mandatées
et des recettes certaines,
mais qui n’ont pas fait l’objet d’un titre de recette.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
10/33
5.
LA FIABILITÉ COMPTABLE ET FINANCIÈRE
5.1.
Les f
rais d’études
Les frais d’études effectuées par des tiers en vue de la réalisation d’investissements sont
imputés au compte
« 2031
Frais d’études
». Lors du lancement des travaux, le compte 2031 est
crédité par le débit du compte d’immobilisations en cours, «
compte 23
», par opération d’ordre
budgétaire. S’il est constaté que les frais d’études n’ont pas été s
uivis de réalisation, ces frais
sont amortis sur une période qui ne peut dépasser cinq ans, le compte «
6811 Dotations aux
amortissements des immobilisations incorporelles et corporelles
» étant alors débité par le crédit
du compte «
28301 frais d’études
»
, par opération d’ordre budgétaire. Or, l’examen des frais
d’études a montré que ces imputations comptables n’étaient pas correctement effectuées.
Lors de la période 2012 à 2015, la commune
n’a
apparemment procédé ni à la réintégration des
frais d’études a
u compte 2031 «
frais d’études
», ni à leur amortissement. La collectivité a
constaté cette absence d’écritures et s’est engagée à rectifier cette situation
dès l’exercice 2017.
En effet, lors du lancement des travaux, le compte 2031 n
a pas été crédité par le débit
du
compte d’immobilisation
s en cours, compte 23,
par opération d’ordre budgétaire.
Frais d’études
et travaux engagés
(en M€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016 prov.
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
Débit
Crédit
Solde
C/2031
0,02
0,00
0,31
0,00
0,00
0,31
0,00
0,00
0,31
0,004
0,00
0,32
0,00
0,00
0,32
0,00
0,00
0,32
0,00
0,00
0,32
C/23
5,04
1,87
20,27
6,79
0,29
26,77
4,99
0,10
31,66
0,84
0,00
32,50
2,73
0,07
35,15
0,79
0,01
35,93
2,16
0,01
38,09
Source : comptes de gestion
De même,
les frais d’études non
suivis de réalisation n
ont pas été amortis, comme ils auraient
dû l’être,
le compte «
6811 « dotations aux amortissements des immobilisations incorporelles
et corporelles
» n’a
yant pas été débité par le crédit du compte 28031 « frais
d’études
»,
par
opération d’ordre budgétaire.
Frais d’études non suivis de travaux
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016 provisoire.
Débit
Crédit
Débit
Crédit
Débit
Crédit
Débit
Crédit
Débit
Crédit
Débit
Crédit
Débit
Crédit
C/28031
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
C/6811
1 223 065
572530
650 256
0
631 657
0
680 706
0
692 353
0
703 253
0
811 396
0
Source : comptes de gestion
5.2.
Les immobilisations en cours
L’apurement régulier du comp
te 23 «
immobilisations en cours
»
, compte d’imputation
provisoire, permet de disposer de
l’état
actualisé du patrimoine de la commune et de procéder
à l’amortissement des biens concernés
, l
’absence d’amortissement
de ces biens minorant
les charges de gestion.
Or, le compte 23 n’
a pas été apuré depuis 2013. A cet égard, la commune a indiqué avoir
procédé à la transmission au comptable public des éléments nécessaires à cet apurement,
mais il conviendra sans doute que les acteurs concernés se rapprochent à cette fin.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
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5.3.
Les participations et autres immobilisations
L’apurement d’actifs relatifs à des participations et
à
des immobilisations financières n’a pas
non plus été effectué. En effet, l
es balances d’entrée et de sortie
8
des comptes 26
« participations et créances rattachées à des participations
» et 27 «
autres immobilisations
financières
», présentent des montants
qui n’ont fait l’objet d’aucun
mouvement au cours
de la période examinée, le montant global de ces actifs à apurer étant
de l’ordre de 3,3
M€
.
Sur ce point également, la commune
s’est engagé
e à apurer les comptes 26 et 27, en liaison
avec le comptable public.
5.4.
Compte 238
les
avances versées sur commandes d’immobilisation
s incorporelles
et corporelles
La commune a indiqué que les opérations inscrites au compte 238
9
concernaient une avance
forfaitaire relative à l’enfouissement des réseaux de l’avenue Terré
, en 2014 et, en 2015,
à
l’enfouissement des réseaux de l’avenue Jules Roubault et que l’
apurement de ce compte
était en cours.
5.5.
L’i
nventaire
Un p
atrimoine inventorié à sa juste valeur permet de disposer d’une image fidèle
et participe
de la fiabilité des comptes de la collectivité, dans la mesure où une partie des biens doit être
amortie
, parfois jusqu’à 30
ans,
comme la voirie. L’inventaire doit a
ussi être cohérent avec
l’état de l’actif tenu par le comptable et les
deux états doivent donc être régulièrement
rapprochés. A cet égard, la commune a voté le 22 mai 2008 la catégorie des biens
amortissables, ainsi que la durée
d’amortissement.
Si la commune tient bien un inventaire comptable de ses biens, elle ne tient pas à jour
d’
inventaire physique, ce qui ne permet pas de
disposer d’une image
exhaustive de son
patrimoine. Elle a seulement indiqué avoir fait réaliser cet inventaire physique, lors de la mise
en place de l
’instruction budgétaire et comptable
M14, en 1996,
mais n’a
voir pu pérenniser ce
suivi qui aurait nécessité, selon elle, d
’y
consacrer un poste à temps plein.
5.6.
Les restes à recouvrer et débiteurs divers
Dans l’attente de leur recouvrement, les créances sont inscrites
dans les comptes de classe 4
correspondant aux opérations non budgétaires et elles présentent des risques plus ou moins
élevés quant à l’effectivité
de leur recouvrement, débiteurs disparus, insolvables, prescrits, titres
émis à tort, en fonction de leur ancienneté, notamment. Ces titres de recettes se soldent par leur
recouvrement, leur admission en non-valeur (C/654 «
pertes sur créances irrécouvrables »
) ou,
le cas échéant, par leur annulation (C/673 «
titres annulés sur exercices antérieurs »).
Sans préjuger des actions et diligences entreprises par le comptable, le montant des restes
à recouvrer
s’élevaient à
210 944
, en 2016.
8
Compte de gestion 2016 provisoire :
les montants n’ont pas évolué par rapport au compte de gestion 2015.
9
Le compte 238 est un compte d’imputation provisoire d’enregistrement des paiements d’avances aux fournisseurs d’immobilisatio
ns
(entreprises ou mandataires) qui doit être s
oldés lors de la justification de la réalisation de l’investissement.
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Exercices 2010 et suivants
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Restes à recouvrer
4111
Redevables - amiable
14 723
4116
Redevables - contentieux
110 491
4141
Locataires - acquéreurs et locataires amiables
24 022
4146
Locataires
acquéreurs et locataires
contentieux
57 195
4411
État et autres collectivités - Subventions à recevoir
450
44312
Opérations particulières avec l’État et
les collectivités
70
46721
Débiteurs divers amiable
3 781
46726
Débiteurs divers contentieux
213
Total général
210 944
Source : état des restes à recouvrer, après retraitement
Depuis 2010, la colle
ctivité s’attache à
faire diminuer le montant des restes à recouvrer en
assurant, notamment, un suivi régulier des familles en situation d’impayé
s
10
. Par ailleurs,
le comptable public a indiqué que le taux de recouvrement sur exercice antérieur avait
augmenté significativement depuis la mise en place de «
l’automate des poursuites
», en 2014.
Le recouvrement, notamment en ce qui concerne les créances périscolaires, est réalisé en
collaboration avec la trésorerie à qui sont transmis les données nécessaires, le cas échéant,
à la réalisation des poursuites.
6.
UNE SITUATION FINANCIÈRE EN TENSION
6.1.
Un excédent brut de fonctionnement et une
capacité d’autofinancement
(Caf) brute
à surveiller
L’excédent brut de fonctionnement
11
(EBF) de la commune informe sur la capacité de cette
dernière à maîtriser sa gestion courante et à dégager une épargne pour faire face à ses
besoins d’investissement.
De 2010 à 2016, le niveau moyen de l’EBF s’est élevé
à environ 13 % du montant des produits
de gestion. Mais, depuis l’exercice 2012, sous l’effet conjugué de l’augmentation des charges
,
jusqu’en 2014
,
et de la diminution des produits en 2013, l’épargne de gestion s’est rétractée
et ne représentait plus, en 2016, que 11 % du total des produits.
EBF et Caf brute
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Produits de gestion (A)
24,31
24,74
25,57
25,07
25,11
24,87
25,04
Charges de gestion (B)
20,89
20,89
21,33
22,03
22,37
22,42
22,29
Excédent brut de fonctionnement (A-B)
3,41
3,85
4,24
3,04
2,74
2,45
2,75
en % des produits de gestion
14,0 %
15,6 %
16,6 %
12,1 %
10,9 %
9,9 %
11,0 %
+/- Résultat financier (réel seulement)
- 0,89
- 0,92
- 0,91
- 0,86
- 1,10
- 1,05
- 0,97
+/- Autres produits et charges exceptionnels réels
0,03
0,08
0,19
- 0,01
0,37
0,09
0,09
= Caf brute
2,56
3,01
3,52
2,17
2,01
1,49
1,87
en % des produits de gestion
10,5 %
12,2 %
13,8 %
8,6 %
8,0 %
6,0 %
7,5 %
Source : Anafi (2010
2015 définitifs / 2016 provisoire)
La capacité d’autofinancement
(Caf) brute
qui, en sus de l’EBF, prend en compte les produi
ts et
les charges financiers et exceptionnels, mesure
l’épargne réellement disponible pour
faire face
au remboursement du capital de la dette et, le cas échéant, au financement des dépenses
d’équipement. Compte tenu
, notamment, de la prise en compte du résultat financier, la Caf brute
a sensiblement diminué depuis 2012 et ne représentait plus, en 2016, que 7,5 % du montant
des produits de gestion, niveau devenu insuffisant pour assurer dans des conditions
économiquement satisfaisantes le financement des dép
enses d’investissement.
10
Réponse de la commune au rapport d’observations provisoires.
11
L’EBF est le solde des opérations
de gestion courante non financières de la section de fonctionnement et
mesure l’épargne
obtenue indépendamment des opérations financières et exceptionnelles.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
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13/33
Au demeurant, la
capacité d’autofinancement (
Caf)
nette, c’est à dire l’épargne brute diminuée
du remboursement du capital de la dette, comme le montre le tableau ci-dessous, est devenue
quasi-inexistante depuis 2013 et est même devenue significativement négative, en 2016.
C
apacité d’autofinancement (C
af) nette
(en M€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Caf brute
2,56
3,01
3,52
2,17
2,01
1,49
1,87
- Annuité en capital de la dette
1,86
1,90
1,75
1,81
1,69
1,63
3,13
= Caf nette ou disponible (C)
0,70
1,11
1,77
0,36
0,31
- 0,13
- 1,26
- Dépenses d'équipement
6,44
7,72
6,47
2,69
4,18
2,41
4,15
Caf nette/dépenses d'équipement
10,87 %
14,42 %
27,35 %
13,36 %
7,48 %
- 5,50 %
- 30,32 %
Source : ANAFI, outil financier des juridictions financières
6.2.
Un effet de ciseau pour les produits et les charges de gestion
6.2.1.
Des produits de gestion stabilisés
En 2016, comme le montre le tableau ci-après, les produits de gestion étaient constitués
à 44 % des ressources fiscales propres, à 11,6 % des
ressources d’exploitation, à
35 %
des ressources institutionnelles, constituées des dotations et participations reçues, et à 9,52 %
de la fiscalité reversée par l’intercommunalité et l’
État. La stabilisation des produits de gestion
observée au cours des derniers exercices, autour de 25
M€,
résulte de la hausse qui a affecté
les ressources fiscales propres et la fiscalité reversée, mais aussi de la baisse des ressources
institutionnelles, plus particulièrement lors des exercices 2015 et 2016.
Produits de gestion
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Ressources fiscales propres (nettes des restitutions)
10,12
10,21
10,49
10,48
10,56
10,71
11,00
+ Ressources d'exploitation
2,78
2,82
3,00
2,92
2,81
2,81
2,91
Ressources institutionnelles (dotations et participations)
9,22
9,29
9,83
9,37
9,64
8,91
8,76
+ Fiscalité reversée par l'intercommunalité et l'État
2,19
2,42
2,24
2,30
2,10
2,43
2,38
= Produits de gestion
24,31
24,74
25,57
25,07
25,11
24,87
25,04
Source ANAFI, outil financier des juridictions financières
Graphique n° 1 : La répartition des produits de gestion
Source : Anafi, outil des juridictions financières
0,00
5,00
10,00
15,00
20,00
25,00
30,00
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
10,12
10,21
10,49
10,48
10,56
10,71
11,00
9,2
9,29
9,83
9,37
9,64
8,91
8,76
2,78
2,82
3,00
2,92
2,81
2,81
2,91
2,19
2,42
2,24
2,30
2,10
2,43
2,38
Montant en M€
Fiscalité reversée par l'interco et l'Etat
Ressources d'exploitation
Ressources institutionnelles (dotations
et participations)
Ressources fiscales propres (nettes des
restitutions)
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
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14/33
6.2.1.1.
Des marges de manœuvre sur l
es ressources fiscales propres
Au cours de la période examinée, les ressources fiscales propres ont progressé de 1,1 %
en
variation annuelle moyenne, c’est
-à-dire légèrement e
n deçà de l’inflation (1,16
%).
Cependant les impôts locaux nets de restitutions, qui représentent près de 90 % des ressources
fiscales propres, ont progressé de 1,7 %.
Les ressources fiscales propres
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Variation
annuelle
moyenne
Impôts locaux nets des restitutions
8 868 193
8 997 623
9 282 142
9 436 664
9 583 500
9 639 038
9 824 305
1,7 %
+ Taxes sur activités de service et
domaine
14 073
1 530
4 477
1 813
2 286
1 567
1 607
- 30,3 %
+ Taxes sur activités industrielles
291 888
295 384
305 023
325 905
316 871
362 554
307 113
0,9 %
+ Taxes liées à l'environnement et
l'urbanisation
0
0
0
0
0
0
0
N.C.
+ Autres taxes (dont droits de
mutation à titre onéreux, DMTO)
948 090
919 278
903 320
710 719
655 096
711 481
867 789
- 1,5 %
= Ressources fiscales propres
(nettes des restitutions)
10 122 244
10 213 816
10 494 962
10 475 100
10 557 754
10 714 640
11 000 813
1,4 %
Source : Anafi, outil financier des juridictions financières
Comme le montre le tableau ci-après, ce dynamisme relatif des ressources fiscales repose
principalement sur la croissance des bases fiscales, assez souvent supérieure à la seule
revalorisation des bases décidée en loi de finances initiale, à
laquelle vient donc s’ajouter
la croissance physique des bases, liée à la mise en service de nouveaux logements et locaux
professionnels.
La commune bénéficie à cet égard de bases fiscales par habitant
, s’agissant de
la taxe
d’habitation (TH),
sensiblement supérieures à la moyenne de la strate démographique,
les communes dont la population est comprise entre 20 000 et 50 000 habitants.
A contrario
,
les bases par habitant de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) sont devenues,
au cours des derniers exercices, inférieures à la moyenne de la strate.
Évolution des bases fiscales
(en milliers d’€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Variation
2010 - 2016
Taxe d'habitation (TH)
37 426 291
37 904 157
39 271 272
40 002 399
39 917 083
40 905 067
41 286 841
10,32 %
en €/habitant
1 802
1 852
1 923
1 968
1 932
1 934
1 998
en €/habitan
t moyenne de la strate
1 267
1 239
1 279
1 323
1 344
1 391
évolution des bases n/n-1 en %
1,28 %
3,61 %
1,86 %
-0,21 %
2,48 %
0,93 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties
24 358 120
24 876 724
25 588 532
26 078 337
26 368 339
26 428 270
27 066 000
11,12 %
en €/habitant
1 173
1 215
1 253
1 283
1 276
1 250
1 281
en €/habitant moyenne de la strate
1 267
1 245
1 277
1 322
1 354
1 365
évolution des bases n/n-1 en %
2,13 %
2,86 %
1,91 %
1,11 %
0,23 %
2,41 %
Source : fiches AEFF
12
, état 1386 bis TH, état 1259
Par ailleurs,
la politique d’abattement des bases de la TH
est devenue plus restrictive en 2016,
avec la suppression du seul abattement facultatif
des bases de taxe d’habitation mis en œuvre
par la commune,
l’abattement spécial à la base
, instauré par délibération du 20 juin 1980,
qui bénéficiait à des ménages disposant de revenus modestes. En 2015, le montant
correspondant à cet
abattement s’élevait à 882
804
13
et concernait 1 100 foyers.
Depuis 2016, ne sont donc plus en vigueur que les abattements de base obligatoires.
12
Fiches Analyse des équilibres financiers fondamentaux (AEFF).
13
Source : état 1386 bis TH 2015 et 2016 et rapport préparatoire au débat
d’orientation budgétaire 2016
.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
15/33
Abattements
des bases de taxe d’habitation
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Taxe d'habitation
3 655 068
3 770 950
3 847 497
3 941 067
3 979 220
4 030 320
3 192 066
Source : état 1386 bis TH
En ce qui concerne la taxe foncière sur les propriétés bâties, les bases exonérées concernent
les logements locatifs sociaux mis en service, et notamment la soci
été d’économie mixte
(Sem), signataire
d’un contrat
passé dans le cadre de la politique de la ville. Par contre, aucune
exonération n’
a été prévue pour les particuliers, pour la mise en service de nouveaux
logements en accession à la propriété.
Exonération des bases de la TFPB
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Bases exonérées
947 706
948 916
967 211
984 748
949 674
958 382
495 297
dont exonération facultative
0
0
0
0
0
0
0
Source : États 1259 et 1387 TF et fiches AEFF
Enfin, les taux
d’imposi
tion
n’ont pas
été modifiés au cours de la période examinée et ils
se situent assez nettement en deçà de la moyenne de la strate démographique, ainsi que
le fait apparaître le tableau ci-dessous.
Taux de la fiscalité ménage
Taxes (en %)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Ville
strate
Ville
strate
Ville
strate
Ville
strate
Ville
strate
Ville
strate
Ville
TH
12,56
15,44
12,56
14,90
12,56
14,92
12,56
15,32
12,56
15,41
12,56
15,51
12,56
TFPB
16,82
19,80
16,82
20,49
16,82
20,54
16,82
20,05
16,82
19,88
16,82
19,97
16,82
TFPNB
45,08
60,85
45,08
56,47
45,08
57,24
45,08
62,23
45,08
60,68
45,08
61,23
45,08
Source : fiches AEFF
Toutefois, afin d’apprécier plus complètement la pression fiscale qui pèse sur les administrés,
il convient également de prendre en compte la fiscalité directe qui est prélevée par les autres
collectivités territoriales, la communauté d’agglomération Plaine Vallée et le département
,
notamment. À cet égard, en sus de la fiscalité communale et intercommunale, qui demeure
modérée, le contribuable aura eu à faire face, en 2016, à la forte augmentation de la TFPB
départementale, dont le taux est passé de 13,25 % à 17,18 %, soit une hausse de près de 30 %.
La contribution des administrés
(en %)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Taxe d’habitat
ion :
Commune
12,56
12,56
12,56
12,56
12,56
12,56
12,56
Syndicats
1,62
1,66
1,64
1,62
1,72
1,65
1,65
EPCI
0,82
7,44
7,44
7,44
7,44
7,44
7,44
Département
5,88
0
0
0
0
0
0
Taux applicable au contribuable
20,88
21,66
21,64
21,62
21,72
21,65
Taxe foncière sur les propriétés bâties :
Commune
16,82
16,82
16,82
16,82
16,82
16,82
16,82
Syndicats
2,17
2,23
2,15
2,12
2,26
2,16
2,16
EPCI
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
Département
6,65
11,24
13,25
13,25
13,25
13,25
17,18
Région
1,27
0
0
0
0
0
0
Taux applicable au contribuable
27,93
31,31
33,24
33,24
33,35
33,25
Source : fiches AEFF, états 1259 et 1288 M
La commune dispose donc, en tant que de besoin, de marges de manœuvre en matière
fiscale, compte tenu de la modération des taux d’imposition, de la part
relativement limitée des
foyers non imposables, et du revenu moyen fiscal de la population, sensiblement supérieur à
la moyenne de la strate démographique.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
16/33
Indicateurs de richesse
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Part des foyers non imposables
37,2 %
37,1 %
38,1 %
38,1 %
33,8 %
33,8 %
Part des foyers non imposables du département 95
40,6 %
41,2 %
41,9 %
41,2 %
38,6 %
38,6 %
Revenu fiscal moyen par foyer
(en €)
26 542
26 731
27 714
27 714
29 148
29 148
Revenu fiscal moyen du département 95,
en €
24 199
24 651
25 077
24 912
25 882
25 821
Source : fiches AEFF
6.2.1.2.
La fiscalité reversée
La fiscalité reversée
par l’
É
tat et l’intercommunalité
représentait 2,37
M€
, en 2016, soit 10 %
environ des produits de gestion, mais son produit a toutefois diminué, en 2016, en raison
de
l’augmentation de la contribution de la commune au Fonds
national de péréquation
intercommunale et communale (FPIC). Si la commune, compte tenu de ses caractéristiques socio-
économiques bénéficie du Fonds de solidarité de la région Île-de-France (FSRIF), au titre duquel
elle a perçu une dotation de 0,89
M€, en 2016, elle est contributrice au FPIC, depuis 2013, pour
un montant qui a crû au cours des derniers exercices et a atteint 0,23
M€, en 2016.
Part de la fiscalité reversée dans les produits de gestion
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Produits de gestion
24 306 684
24 742 820
25 572 686
25 073 932
25 107 977
24 867 892
24 444 269
Fiscalité reversée par l’État
et l’intercommunalité
2 186 439
2 416 804
2 243 376
2 300 209
2 102 150
2 426 100
2 375 906
% des produits de gestion
9 %
10 %
9 %
9 %
8 %
10 %
10 %
Source : Anafi, outil des juridictions financières
La commune perçoit par ailleurs l’attribution de compensation
14
, qui lui est versée par
la
communauté d’agglomération, et dont le montant s’est élevé à 1,52
M€, en 2016.
6.2.1.3.
Des dotations et participations sous contrainte
Deuxième source de financement des charges de fonctionnement, les ressources institutionnelles
sont majoritairement abondées par la dotation globale de fonctionnement (DGF)
de l’État.
Comme
les autres collectivités, la commune a dû faire face, depuis 2014, à la baisse de la part forfaitaire
de la DGF, au titre de la contribution des collectivités locales au redressement des comptes
publics
15
, la DGF étant passée de 7,09
M€, en
2014, à 6,19
M€, en
2016.
Ressources institutionnelles
(en Millions d'€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Dotation Globale de Fonctionnement
7,27
7,21
7,19
7,20
7,09
6,72
6,19
dont dotation forfaitaire
6,44
6,36
6,35
6,32
6,16
5,72
5,22
dont dotation d'aménagement
0,83
0,85
0,84
0,88
0,93
1,00
0,97
Autres dotations
0,01
0,01
0,01
0,01
0,01
0,00
0,00
Participations
1,23
1,35
1,71
1,49
1,83
1,45
1,92
dont État
0,91
0,87
1,49
1,26
1,62
1,33
1,81
dont départements
0,26
0,41
0,17
0,19
0,11
0,10
0,10
Autres attributions et participations
0,70
0,73
0,92
0,68
0,72
0,74
0,64
dont compensation et péréquation
0,68
0,70
0,91
0,67
0,71
0,73
0,63
= Ressources institutionnelles (dotations et participations)
9,22
9,29
9,83
9,37
9,64
8,91
8,76
Hors Dotation solid fonds solidarité Cnes IdF (compte 743 CG).
Source : Anafi outil financier des juridictions financières
14
L’attribution
de compensation est une dépense obligatoire pour l’établissement public intercommunal (EPCI). En application
du 2° du V de l'article 1609 nonies du code général des impôts, le montant des attributions est égal à la somme des impositions
professionnelles d
évolues à l'EPCI, corrigée, le cas échéant, du coût des transferts de charges. Elle a donc pour objet d’assurer
la neutralité des transferts de fiscalité économique et de charges entre l’EPCI et les communes
-membres.
15
La baisse de la part forfaitaire résulte des dispositions prises en loi de finances initiale. En 2014, la loi de finances a ainsi prévu
une baisse de 1,5
Md€ de la DGF, au titre de la participation des collectivités territoriales et de leurs groupements à l’effort de
redressement des comptes publics. Quant à la période 2014-2017, le programme de stabilité a prévu une baisse du montant
annuel des dotations de l’État
de 11
Md€ au terme de la
période 2015-2017, soit un abattement annuel de 3,67
Md€ pendant
trois ans. Cependant, la loi de finances initiale pour 2017 a ramené la baisse des dotations aux communes et intercommunalités,
de 2
Md€ à 1
Md€, conformément à l’engagement pris
le Président de la République,
à l’occasion du congrès de l’Association
des maires de France (AMF), le 2 juin 2016.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
17/33
6.2.2.
Des charges de gestion stabilisées
Les charges prises en compte dans le tableau ci-après incluent, en sus des charges de
personnel, les charges à caractère général, les subventions de fonctionnement et les autres
charges de gestion, enfin
les charges d’intérêt.
La période récente, de 2014 à 2016, a été marquée par la stabilisation des charges à caractère
général et des charges de personnel, ce qui reflète la volonté de la commune de limiter leur
croissance, notamment pour faire face à la diminution de la dotation globale de fonctionnement
versée par l’
État.
Charges courantes
(en M€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Charges à caractère général
6,88
6,75
6,95
7,27
7,06
7,09
7,05
+ Charges de personnel
12,29
12,42
12,63
12,91
13,32
13,33
13,29
+ Subventions de fonctionnement
0,95
0,94
0,94
1,00
1,10
1,13
1,11
+ Autres charges de gestion
0,77
0,78
0,81
0,86
0,89
0,87
0,85
+ Charges d'intérêt et pertes de change
0,89
0,92
0,91
0,86
1,10
1,05
0,97
= Charges courantes
21,79
21,82
22,24
22,90
23,47
23,46
23,27
Charges de personnel / charges courantes
56,4 %
56,9 %
56,8 %
56,4 %
56,7 %
56,8 %
57,11 %
Intérêts et pertes de change / charges courantes
4,1 %
4,2 %
4,1 %
3,8 %
4,7 %
4,5 %
4,16 %
Source : Anafi, outil financier des juridictions financières
6.3.
Un financement propre disponible à surveiller
Le financement propre disponible est constitué de la Caf nette et des recettes réelles
d’investissement hors emprunt
, le Fonds de compensation de la taxe à la valeur ajoutée (FCTVA),
l
es subventions d’investissement reçues et
les cessions immobilières.
En l’espèce,
la Caf nette, 2,86
M€ lors de la période 2010
-
2016, n’a
constitué que 13,62 % du
financement propre disponible cumulé, 20,99
M€, la plus grande partie de ce financement
provenant du FCTVA, 24,9
%, des subventions d’investissement, 35,5
%, et des cessions,
22,53 %. De
manière logique, ces ressources, liées aux dépenses d’équipement réalisées, ont
surtout été perçues de 2010 à 2012, période où la commune a engagé la plus grande partie
de ces dépenses.
Le financement propre disponible cumulé, rapporté au montant total des investissements
cumulés,
ou ratio d’autofinancement, s’est élevé à 61,6
% au cours de la période 2010-2016,
ce qui peut paraître à première vue relativement satisfaisant. Toutefois, davantage qu’une
éventuelle aisance à financer par des ressources propres le financement des dépenses
d’équipement, ce ratio reflète principalement la baisse sensible du montant des dépenses
engagées, de 2013 à 2016.
Financement propre disponible
(en M
€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Cumul sur
les années
Caf brute
2,56
3,01
3,52
2,17
2,01
1,49
1,87
16,62
- Annuité en capital de la dette
1,86
1,90
1,75
1,81
1,69
1,63
3,13
13,76
= Caf nette ou disponible (C)
0,70
1,11
1,77
0,36
0,31
- 0,13
- 1,26
2,86
TLE et taxe d'aménagement
0,06
0,10
0,08
0,03
- 0,01
0,05
0,12
0,43
+ Fonds de compensation de la TVA (FCTVA)
1,83
1,13
0,97
0,35
0,60
0,34
5,23
+ Subventions d'investissement reçues
1,60
1,93
1,70
0,99
0,35
0,28
0,60
7,45
+ Produits de cession
1,36
0,73
1,60
0,95
0,03
0,07
2,05
4,73
+ Autres recettes
0,00
0,07
0,09
0,00
0,00
0,00
0,12
0,29
= Recettes d'inv. hors emprunt (D)
3,02
4,66
4,61
2,94
0,72
0,99
3,24
18,13
= Financement propre disponible (C+D)
3,72
5,78
6,38
3,30
1,03
0,86
1,98
20,99
Financement
propre
dispo
/
Dépenses
d'équipement (y c. tvx en régie)
57,79 %
74,77 %
98,49 %
122,66 %
24,70 %
35,70 %
47,63 %
61,6 %
- Dépenses d'équipement (y compris travaux
en régie )
6,44
7,72
6,47
2,69
4,18
2,41
4,15
34,07
Source ANAFI, outil financier des juridictions financières
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
18/33
6.4.
Un besoin de financement à suivre
Le besoin de financement des dépenses d’investissement est calculé par la différence entre
le montant du financement propre disponible et le total des dépenses d’investissement hors
remboursement du capital des emprunts. Alors que ces dernières sont généralement
essentiellement constituées des dépenses d’équipement, l’exercice 2016, comme le fait
apparaître le tableau ci-dessous, a été
affecté par la prise en compte de l’indemnité
de financement
d’un emprunt présentant de forts risques de taux, à hauteur
de 2,73
M€,
en charges à répartir, ce même montant ayant été intégré au capital du nouvel emprunt
souscrit lors de cette opération et
dont le montant s’élève à 5,83
M€
. L
’exercice 2016, marqué
par cette opération de refinancement (
cf. infra
), est donc atypique.
Besoin de financement
(en M€)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Cumul sur
les années
= Financement propre disponible
3,72
5,78
6,38
3,30
1,03
0,86
1,98
23,04
- Dépenses d'équipement (y compris
travaux en régie )
6,44
7,72
6,47
2,69
4,18
2,41
4,15
34,07
- Subventions d'équipement (y compris
subventions en nature)
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,01
0,00
0,01
- Participations et inv. financiers nets
0,00
0,00
- 0,11
- 0,03
0,00
0,00
0,00
- 0,15
- Charges à répartir
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
2,73
2,73
= Besoin (-) ou capacité (+) de
financement propre
- 2,72
- 1,95
0,02
0,64
- 3,15
- 1,56
- 4,90
- 13,62
Nouveaux emprunts de l'année (y
compris pénalités de réaménagement)
5,50
2,18
2,00
0,00
1,50
2,00
5,83
19,01
Mobilisation (-) ou reconstitution (+) du
fonds de roulement net global
2,78
0,23
2,02
0,64
- 1,65
0,44
0,92
5,39
Source : ANAFI, outil financier des juridictions financières
En dehors de cet exercice, c’est principalement en début de période que la commune,
pour faire face à son besoin
de financement, a dû souscrire un volume d’emprunt significatif,
qui a atteint 9,68
M€
, de 2010 à 2012.
6.5.
L’endettement
est mieux maîtrisé
6.5.1.
Un encours de la dette stabilisé
L
encours de la dette communale, en adéquation avec le besoin de financement mentionné
supra
, après avoir sensiblement progressé du 1
er
janvier 2010 au 1
er
janvier 2013, passant
de 15,84
M€ à 20,01
M€, a ensuite diminué pour se stabiliser autour de 18
M€
. Il
s’éle
vait,
au 1
er
janvier 2016, à 18,39
M€. Cependant, les opérations liées au refinancement de la dette,
en
2016, ont eu pour conséquence de porter le total de l’enco
urs à 21,08
M€, au 31
décembre
de cet exercice. En effet (
cf. infra
),
l’indemnité de r
emboursement anticipé de
l’emprunt
structuré le plus risqué, adossé aux variations du cours de change EUR / CHF (franc suisse),
a été intégrée, à hauteur de 2,73
M€, au c
apital du nouvel emprunt.
Globalement
, l’encours de la dette par habitant, après avoir été proche de la moyenne de
la strate démographique au cours de la première partie de la période examinée, 980
€ contre
1 066
€, en 2012,
est devenu sensiblement inférieur à cette moyenne en fin de période, 870
contre 1 109
€, en 2015.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
19/33
Évolution
de l’encours de dette
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
(provisoire)
Var.
annuelle
moyenne
Encours de dettes du BP au 1
er
janvier
15 840 887
19 479 824
19 765 634
20 017 891
18 212 500
18 018 515
18 392 342
2,5 %
- Annuité en capital de la dette (hors
remboursement temporaires d'emprunt)
1 857 091
1 896 094
1 748 202
1 805 693
1 693 043
1 625 413
3 133 442
9,1 %
- Remboursements temporaires
d'emprunts
0
0
0
0
0
0
0
N.C.
- Var. des autres dettes non financières (hors
remboursements temporaires d'emprunts)
- 1 028
- 470
- 459
- 302
942
761
18
N.C.
+ Intégration de dettes (contrat de partenariat,
emprunts transférés dans le cadre de
l'intercommunalité...)
0
0
0
0
0
0
0
N.C.
+ Nouveaux emprunts
5 495 000
2 181 434
2 000 000
0
1 500 000
2 000 000
5 829 389
1,0 %
= Encours de dette du BP au 31 décembre
19 479 824
19 765 634
20 017 891
18 212 500
18 018 515
18 392 342
21 088 270
1,3 %
Source : Anafi, outil financier des juridictions financières
Quant à la capacité de désendettement
16
,
elle s’est logiquement dégradée
au cours des derniers
exercices, compte tenu notamment de la diminution de la Caf brute, pour atteindre 12,3 années
en 2015, contre 5,7 années en 2012, se situant ainsi au-dessus de 10 ans, seuil au-delà duquel
il est habituellement considéré que la situation d’une collectivité devient préoccupante au regard
de son endettement. Selon la commune, en conséquence de la décision de relever le taux des
taxes locales de 6 %, en 2017,
la capacité de désendettement pourrait s’améliorer.
6.5.1.1.
Une structure de la dette moins risquée
En ce qui concerne la structure de la dette, au 31 décembre 2015, elle était constituée
de 17 emprunts, dont 13 à taux fixe, 1 à taux variable et 3 à taux complexe, dits emprunts
structurés, dont 2, classés F6, présentaient des risques particulièrement élevés pour la collectivité.
Comme le montre le tableau ci-dessous, la «
désensibilisation
» de
l’
emprunt le plus dangereux,
en 2016 a permis de ramener la part des emprunts structurés à moins de 20 % de
l’encours total,
au 31 décembre de cet exercice, contre encore plus de plus de 33 %, au 31 décembre 2015.
Répartition de l’encours,
(
en €
)
Index
Au 31/12/2015
Part du total
Au 31/12/2016
Part du total
Taux fixe
11 957 880,85
63,91 %
16 779 721,69
78,39 %
Taux variable
493 333,41
2,64 %
440 000,09
2,06 %
Taux structuré
6 258 650,42
33,45 %
4 186 089,57
19,56 %
dont F6
3 364 930,49
17,98 %
1 404 354,11
6,56 %
Total
18 709 864,68
100,00 %
21 405 811,35
100,00 %
Sources : commune - comptes administratifs 2015 et 2016
annexes A2.2 et A2.4
De 2010 à 2015, le montant de
l’annuité de la dette est
demeuré relativement stable, mais les
composantes de cette annuité ont évolué en sens inverse, la charge des intérêts ayant
augmenté de 17,39 %, alors que le remboursement du capital a diminué de 12,48 %.
Annuité de la dette
(en €)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
(provisoire)
Charges d'intérêt et pertes de change
891 757
923 361
913 063
862 161
1 099 754
1 046 846
3 697 295
Annuité en capital de la dette
1 857 091
1 896 094
1 748 202
1 805 693
1 693 043
1 625 413
3 133 442
Annuité
2 748 848
2 819 455
2 661 265
2 667 853
2 792 797
2 672 259
6 830 737
Source : Anafi, outil financier des juridictions financières
16
La capacité de désendettement est un indicateur de la solvabilité financière de la commune. Mesuré par le ratio encours de
dette / Caf brute, il mesure
le nombre d’années nécessaires pour rembourser intégralement le capital de la dette, en supposant
que la collectivité y consacre la totalité de
la Caf brute de l’exercice.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
20/33
L’augmentation
de 27,56 %
de la charge d’intérêts
, en 2014, est ainsi
imputable à l’impact de
la première échéanc
e d’activation des taux structurés
des deux emprunts à risques précités,
classés hors charte Gissler
17
, soit un surplus d’intérêt
s total de 327 557,41
18
.
Quant à la forte
augmentation de l’annuité
au 31 décembre 2016, 6,83
M€, contre 2,67
M€
en 2015, elle résulte de
la mise en œuvre du
protocole transactionnel de désensibilisation
de l
’emprunt Dexia EUR/CHF
, qui a prévu le paiement
d’
une indemnité de remboursement
anticipée totale (IRA) de 3,46
M€
, dont 2,73 M
intégrés au capital du nouvel emprunt et 0,73 M
dilués dans le taux d’intérêt applicable
à cet emprunt. Ces montants, correspondant donc à
l’indemnité de refinancement, n’on
t pas donné lieu à décaissement de la part de la collectivité.
6.5.1.2.
Les conséquences des emprunts exposés au risque
En 2010, l
’encours de la dette, pour un montant
de 14 364 887,55
€,
était constitué de trois
emprunts dits structurés, contractés en 2007 auprès de Dexia Crédit Local. Ces emprunts,
adossés respectivement à la livre sterling, au franc suisse et au dollar américain et comportant
une formule complexe de calcul des
taux d’intérêt applicables à l’
échéance de paiement,
présentaient des risques sérieux pour les finances communales.
En mai 2010,
l’un de ces emprunts [(
MPH 269331 EUR (CMS 30)],
d’un
montant de
3 290 811,36
,
a fait l’objet d’une
renégociation, opération qui
a consisté à changer d’index
de référence et à substituer à la livre sterling le taux d’intérêt à long terme Euro
CMS 30 ans.
Comme le montre le tableau ci-dessous, au-delà des 36 premiers mois où prévaut le taux fixe
de 3,26 %, le taux passe à 3,70
%, majoré, dans l’hypothèse où le taux de marché CMS
30 ans
dépasserait 7
%, par l’application d’une formule complexe et d’un coefficient multiplicateur
de
5. Toutefois, l’index retenu ayant toujours été infé
rieur à 7 % et baissant régulièrement,
depuis 2008, le risque présenté par cet emprunt apparaît relativement moins important et
il a été reclassé en catégorie E1, au regard de la charte Gissler précitée.
Caractéristiques de l’emprunt MPH269331EUR
Numéro du
contrat
Date de
conclusion
Montant initial du
capital emprunté
Durée initiale du
contrat de prêt
Taux d'intérêt
classement
Gissler
1
ère
phase :
date de versement-01/01/2014 exclu
Taux fixe de 3,26 %
MPH269331EUR
07/05/2010
3 290 811,36
21 ans
E1
2
ème
phase :
01/01/2014-01/01/2032 exclu
Ti = 3,70 + 5*(CMS30
7)
Source : délibération du 3 février 2016 approuvant le protocole transactionnel
En 2012, face à la forte appréciation du franc suisse (CHF) et à
l’alourdissement
sensible de
la charge des intérêts, la commune a renégocié (
cf
. annexe n° 1)
, au titre d’un seul exercice,
les deux autres emprunts structurés
19
, respectivement indexés sur la parité Euro-Franc suisse
(EURO/CHF) et Dollar américain- Franc suisse (USD/CHF)
. L’opération
a consisté à fixer
les
taux d’intérêt applicables à ces deux emprunts, jusqu’au 31 décembre 2013, à 5,75
%,
pour le premier et,
jusqu’au
1
er
avril 2013, à 5,99 % pour le second, les parties convenant ainsi
de
se laisser le temps d’observer l’évolution des parités monétaires.
En contrepartie du
plafonnement temporaire des échéances, la commune a dû régler une pénalité de 0,52
M€
20
.
17
Destinée à favoriser une meilleure compréhension des produits proposés aux collectivités, la classification dite « Gissler » permet
d’évaluer la dangerosité des emprunts selon une matri
ce à double entrée : le chiffre (de 1 à 5) traduit la complexité de
l’indice servant
au calcul des intérêts de l’emprunt et la lettre (A à
E) exprime le degré de complexité de la formule de calcul des intérêts. Pour sa part,
la circulaire du ministre de l’
intérieur du 25 juin 2010 a défini une catégorie « Hors Charte » (F6) qui regroupe tous les produits
déconseillés par la Charte et que les établissements signataires se sont engagés à ne plus commercialiser.
18
Cf.
en annexe tableaux d’amortissement des emp
runts n°MIS2788556EUR001 (EUR/CHF) et n°MIS2788556EUR003 (USD/CHF).
19
Emprunts MIS 278556 EUR 001 (EUR / CHF) et MIS 278556 EUR 003 (USD / CHF).
20
497 090,11
€ au titre du prêt EUR / CHF et 22
909,89
€ au titre du prêt USD
/ CHF.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
21/33
Compte tenu des risques persistants relatifs à ces deux emprunts, toujours classés F6,
postérieurement à ces premières transactions, et au regard de la hausse du Franc suisse
vis-à-
vis de l’Euro, une nouvelle négociation a été engagée
,
s’agissant de l’emprunt indexé sur
la parité
€/CHF,
emprunt qui faisait courir les risques financiers les plus élevés à la commune.
Conclu en février 2016, au terme des négociations entreprises entre la commune, la Caisse
Française de Financement Local (Caffil), la Société Française de Financement Local (SFIL) et
Dexia Crédit Local, le protocole transactionnel a permis de souscrire un nouvel emprunt
d’
une
durée de 16 ans, au taux fixe de 3,17 %, et avec une première échéance au 1
er
décembre 2017,
ainsi que le mentionne le tableau ci-après.
Réaménagement du prêt MIS 278556 EUR 001 (EUR / CHF)
Ancien contrat
Nouveau contrat
Prêteur
Capital
restant dû
Durée
du prêt
Formule taux
Prêteur
Capital
restant dû
Fin du
remboursement
Taux
Année 2016
Dexia
Crédit
Local
1 599
389,88 €
20 ans
1
ère
annuité échéance 01/12/2013 :
taux fixe 5,75 %
Échéances
01/12/2013
exclue
01/12/2032 :
5,78 + 0,5*((1,45/EUR-CHF) -1)
SFIL
4
329 389,88 €
01/12/2032
(16 ans)
3,17 %
(TEG
3,22 %)
Source : collectivité, contrat de prêt SFIL signé le 11 février 2016
Cette «
désensibilisation
» au risque présente cependant un coût élevé pour la collectivité, qui
a dû assumer la charge constituée par
l’
indemnité de remboursement anticipé de cet emprunt,
d’un montant de
3,46
M€
pour un capital restant dû de 1,6
M€,
dont 2,73
M€
ont été intégrés
au capital du nouvel emprunt et 0,73 M
ont été dilués dans le taux
d’intérêt fixe proposé par
l’établissement de crédit
, taux dès lors sensiblement supérieur aux taux de marché. Ce coût
brut doit toutefois être minoré
par l’attribution en provenance
du Fonds de soutien aux
collectivités territoriales
21
d’un
soutien financier
22
de 2,28 M
, dont les versements s
’étendront
sur une période de 13 ans.
Quant à l’emprunt indexé sur la parité USD/CHF, le protocole précité mentionne que
la commune envisage à terme de le «
désensibiliser
», mais elle a toutefois déjà bénéficié de
la prise en char
ge d’une partie des intérêts dégradés, au taux de 22,35
%, s’agissant de
l’échéance intervenu
e entre le 27 mars 2015 et le 27 mars 2016, avec,
au regard d’
un plafond
maximal de prise en charge fixé à 0,36
M€, une attribution
effective de 9 208
€ au titre d
e
l’exercice 2016.
Comme d’autres collectivités, la commune
a dû et doit
faire face au surcoût d’emprunts
structurés souscrits dans les années 2000
, dont les risques n’ont alors pas été évalués à leur
juste mesure, d’autant qu’ils offraient temporairement
, généralement pour une durée de trois
exercices, des taux fixes quelque peu
inférieurs à ceux du marché. S’agissant de l’emprunt
indexé sur la parité Euro/CHF, la commune a au demeurant évalué le surcoût de cet emprunt,
jusqu’au terme de son amortissement
, en 2032, à 2,62
M€
.
*
21
Créé par l’article 92 de
la loi n°2013-1278 du 29 décembre 2013 portant loi de Finances pour 2014, modifiée par la loi n° 2015-991
du 7 août 2015, et organisé par le décret n° 2014-444 du 29 avril 2014, modifié par le décret n° 2015-619 du 4 juin 2015, le Fonds
de soutien aux collectivités territoriales vise à apporter une aide aux collectivités et établissements les plus fortement affectés par les
emprunts structurés et dont ils resteraient porteurs. Cette aide, accordée dans le cadre des protocoles transactionnels signés, est
ca
lculée par référence à l’indemnité de remboursement anticipée (IRA) due par l’emprunteur à l’établissement de crédit.
22
Le montant de l’attribution du Fonds de soutien se décompose en 1,90
M€, représentant 54,78
% du montant de l’indemnité,
et en 0,33
M€, au titre de la prise en charge partielle de l’échéance d’intérêts intervenue entre le 27
mars 2015 et le 1
er
décembre
2016, date d’entrée en vigueur du taux fixe du nouvel emprunt souscrit au terme de l’opération de refinancement.
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22/33
La commune se trouve ainsi confrontée à une conjoncture budgétaire tendue, marquée depuis
plusieurs exercices par la dégradation de sa capacité d’épargne, la capacité d’épargne nette
étant même devenue significativement négative, en 2016, et la capacité de désendettement
s’étant
détériorée
. La décision récente d’augmenter les taux de la fiscalité locale en 2017
devrait, permettre de limiter cette détérioration de la situation financière.
Elle a en effet dû faire face à
l’amorce d’
un effet de ciseau entre des produits qui ont notamment
été affectés par la baisse sensible de la dotation forfaitaire versée par l’
État, depuis 2014,
des charges financières en forte augmentation
liées à la présence dans l’encours de la dette
d’emprunts présentant des risques de taux, ainsi qu’à la hausse significative de la contribution
versée au FPIC, au titre de péréquation financière.
Certes, la commune a pu procéder,
en 2016, à la désensibilisation de l’emprunt présentant
le risque financier le plus élevé pour ses finances, car indexé sur la parité EURO/CHF. Cependant,
le coût de la sécurisation obtenue à court terme, s’agissant de la charge des intérêts, a trouvé sa
contrepartie dans l’alourdissement de l’encours
de la dette
et le taux d’intérêt applica
ble au nouvel
emprunt souscrit
au terme de l’opération de refinancement
, supérieur aux taux du marché.
Les conséquences de ces stipulations pèseront sur les finances communales à moyen terme,
nonobstant le concours apporté par le Fonds de soutien aux collectivités territoriales.
En vue de re
staurer ses marges de manœuvre et
en sus du relèvement modéré des taux de la
fiscalité directe locale, en 2017, la commune devra poursuivre une réflexion prospective et
stratégique à moyen terme lui permettant
d’identifi
er les conditions nécessaires à la restauration
de sa capacité d’autofinancement et à
son désendettement. Cette démarche devra continuer à
se traduire en actions de maîtrise des charges de gestion, des charges générales et des charges
de personnel notamment,
et de priorisation des dépenses d’équipement.
Enfin, cette réflexion stratégique en vue d’améliorer l’efficacité de la gestion communale devra
s’inscrire dans le cadre de l’intercommunalité élargie, en vigueur depuis le
1
er
janvier 2016, et
du surcroît
d’efficience qui devrait en être obtenu, en termes de
mutualisation des services et
de gestion des compétences exercées par le nouvel établissement public de coopération
intercommunale.
7.
LES RESSOURCES HUMAINES
7.1.
Des rémunérations maîtrisées
De 2010 à 2016, le total des rémunérations du personnel, titulaire et non titulaire, rémunération
principale et régime indemnitaire compris, est passé de 8,54
M€ à 9,16
M€, soit une hausse
relativement modérée de 7,25 %
, alors que l’effectif communal, dans le même temps, est
demeuré stable.
Selon la collectivité, les dépenses liées aux rémunérations ont principalement augmenté
en
raison de l’effet glissement vie
illesse technicité (GVT)
23
, qui est la conséquence logique de
la volonté affichée, notamment pour les agents de catégorie C, de valoriser la réussite
aux examens professionnels et aux concours.
L’exercice 2016
a pris en compte, pour sa part,
la revalorisati
on du point d’indice
de la fonction publique, qui a pris effet au 1
er
juillet.
Par ailleurs,
l’incidence des
décisions
prises par l’État
, quant à la revalorisation de certaines
grilles indiciaires, en lien notamment avec la revalorisation du SMIC, a joué un rôle certain,
s’agissant de
mesures qui concernent les agents de catégorie C, qui occupent plus de 80 %
des emplois permanents.
23
Notion de variation de la masse salariale à effectif constant
: GVT positif correspond à l’augmentation de la rémunération
individuelle découlant d’un avancement quasi
-
automatique sur la grille indiciaire (composante vieillesse), d’un changement
de grade ou de corps par le biais
d’un concours ou d’une promotion dans un corps ou un grade (composante technicité).
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
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Enfin, dès 2013 la commune
a souhaité s’inscrire dans la démarche de mise en œuvre de
la réforme des rythmes scolaires et, à ce titre
, elle a évalué l’
augmentation de la masse
salariale à 140 000
, au titre de la rémunération des animateurs, et à 25 000
,
s’agissant de
la rémunération des enseignants.
Détail des rémunérations
(
en €
)
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
Rémunération principale
5 093 107
5 085 020
5 260 987
5 341 071
5 388 861
5 385 317
5 287 474
+ Régime indemnitaire voté par l'assemblée
1 141 407
1 136 560
1 137 103
1 180 975
1 181 189
1 301 120
1 228 273
+ Autres indemnités
304 186
304 302
316 210
324 338
321 664
317 197
306 652
Régime indemnitaire en % de la rémunération totale
22 %
22 %
22 %
22 %
22 %
24 %
23 %
= Rémunérations du personnel titulaire
6 538 700
6 525 882
6 714 300
6 846 384
6 891 714
7 003 633
6 822 399
en % des rémunérations du personnel*
76,5 %
74,8 %
75,9 %
76,6 %
74,8 %
76,4 %
74,5 %
variation annuelle de la rémunération principale
-0,16 %
3,46 %
1,52 %
0,89 %
- 0,07 %
- 1,82 %
variation annuelle du régime indemnitaire
-0,42 %
0,05 %
3,86 %
0,02 %
10,15 %
- 5,60 %
variation annuelle de la rémunération totale
-0,20 %
2,89 %
1,97 %
0,66 %
1,62 %
- 2,59 %
Rémunération principale
1 777 556
1 934 669
1 884 998
1 840 904
2 039 054
2 126 040
2 268 158
+ Régime indemnitaire voté par l'assemblée
209 385
238 625
237 163
235 476
240 368
805
476
+ Autres indemnités
0
0
0
6 996
0
0
0
= Rémunérations du personnel non titulaire
1 986 941
2 173 295
2 122 161
2 083 376
2 279 422
2 126 846
2 268 634
en % des rémunérations du personnel*
23,2 %
24,9 %
24,0 %
23,3 %
24,8 %
23,2 %
24,8 %
Autres rémunérations (c)
22 992
20 868
10 853
7 037
36 308
37 613
70 740
= Rémunérations du personnel hors atténuations de
charges
8 548 633
8 720 045
8 847 314
8 936 797
9 207 444
9 168 091
9 161 773
Source : Anafi, outil financier des juridictions financières
7.2.
Un régime indemnitaire en évolution
La commune a instauré un régime indemnitaire
qui s’appuie sur
plusieurs délibérations
à caractère général ou spécifiques à certaines filières.
Au titre des primes et indemnités, le montant individuel de la prime dite de 13
ème
mois, établie
par délibération du 29 juin 2000, voit son montant m
odulé en fonction de l’absentéisme et
d’éventuelles sanctions disciplinaires.
La minoration pour absentéisme est calculée dès le 1
er
jour d’arrêt, la prime étant réduite
à raison de 1/360
ème
p
ar jour d’absence
, avec atténuation de cet effet par la prise en compte
de
la moyenne des jours d’absence
au cours des trois dernières années. Quant à l
’impact
d
éventuelles sanctions disciplinaires, il est modulé en fonction de la gravité de la sanction
infligée (avertissement, blâme, abaisseme
nt d’échelon et exclusion temporaire de fonction
pour une durée maximale de 15
jours). Pour les agents ayant fait l’objet d’une sanction
disciplinaire
d’une plus grande gravité ou ayant fait l’objet d’un licenciement pour insuffisance
professionnelle, la prime est supprimée dans sa totalité.
Initialement, la collectivité n’avait pas institué le
régime indemnitaire tenant compte des
fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP),
considérant que les modalités de détermination du 13
ème
mois étaient déjà conditionnées à
la présence,
ainsi qu’à la manière de servir et à l’attitude au travail des agents.
Néanmoins,
la
collectivité a choisi d’instaurer le RIFSEEP
à compter du 1
er
janvier 2017, pour les filières et
cadres d’emp
lois concernés, afin de mettre en adéquation ce nouveau dispositif avec la réforme
de l’évaluation professionnelle mise en place en 2015
; La mise en place de ce nouveau régime
indemnitaire a par ailleurs
fait l’objet d’une concertation avec les représenta
nts du personnel.
Le socle de ce nouveau régime indemnitaire repose sur la transformation partielle de la prime
de 13
ème
mois en complément indemnitaire (CI), ce dernier comportant une part variable
en fonction de la présence et de la manière de servir. La collectivité a prévu la possibilité pour
les évaluateurs de proposer une variation du CI à la baisse ou à la hausse, dans la limite
de 10 %, en fonction
du niveau d’atteinte des objectifs fixés conjointement
lors de la
précédente évaluation des agents.
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
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24/33
Le RIFSEEP a vocation à
être généralisé à l’ensemble des agents
, au fur et à mesure
de la parution des décrets
d’application
.
7.3.
Une évolution contenue de
l’
effectif communal
D’une manière générale, les annexes budgétaires qui recensent l’effectif communal man
quent
de fiabilité, dans la mesure où elles diffèrent des données qui sont mentionnées dans les
rapports sur l’état de la collectivité (REC)
, communément appelés bilans sociaux, et produits
les années impaires, 2011, 2013 et 2015. Les écarts portent notamment sur le nombre
d’emplois
pourvus et sa traduction en équivalent temps plein travaillé (ETPT), ainsi que sur
l’
effectif des agents non titulaires. À cet égard, la commune a adopté, en 2017, un nouveau
tableau des emplois et a indiqué
24
que la récente acqu
isition d’un
nouveau logiciel de gestion
des ressources humaines devrait permettre d’améliorer le suivi de l’effectif et
de fiabiliser
le tableau des emplois.
Les erreurs constatées,
au demeurant, ont conduit l’assemblée délibérante à adopter
un nouveau tableau des emplois
25
, qui, au titre de l’exercice 2017,
se présentait ainsi :
Effectif communal, mars 2017
15/03/2017
Emplois budgétaires
325
dont emplois permanents à temps complet
317
dont emplois permanents à temps non complet
8
Effectif pourvu sur emplois budgétaires, en ETPT
310
dont titulaires
260
dont non titulaires
50
Annexe des non titulaires
116
Total général
426
Source : données de la collectivité
Si l
a commune n’a pas mis en place de
véritable gestion prévisionnelle des emplois, elle élabore
toutefois un plan de formation triennal, en fonction des besoins exprimés par les agents et des
impératifs de gestion. Par ailleurs, dans le cadre de la politique de maîtrise de la masse salariale,
elle envisage de ne plus remplacer systématiquement les agents partant en retraite, ce qui passe
par la réorganisation et la rationalisation du fonctionnement des services.
7.4.
Un temps de travail inférieur à la durée légale
Les règles relatives au temps de travail dans la fonction publique territoriale ont été précisées
par le décret n° 2000-815 du 25
août 2000 relatif à l’aménagement et à la réduction du temps
de travail dans la fonction publique de l’État, rendu applicable aux agents territoria
ux par
le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour
l’application de l’article
7-1 de la loi n° 84-53
du 26
janvier 1984 et relatif à l’aménagement et à la réduction du temps de travail dans
la fonction publique territoriale. Le temps de travail effectif annuel a été fixé à 1 607 heures
au maximum, à compter du 1
er
janvier 2005, après prise en compte des 7 heures correspondant
à la journée de solidarité
26
.
24
Réponse de la commune au rapport d’observations provisoires.
25
Délibération 2017-003 du 2 février 2017.
26
Le passage de la durée annuelle de travail à 1 607 heures, introduite par la loi n° 2004-626 du 30 juin 2004, a conduit la
commune, par délibération du 17 décembre 2004, à supprimer le caractère férié lundi de Pentecôte. Par la suite, la commune a
décidé de le rétablir, mais de de supprimer en contrepartie une journée de pont précédemment octroyé par la municipalité, mesure
qui n’a apparemment pas fait l’objet de délibération
Commune de Saint-Gratien (95)
Exercices 2010 et suivants
Observations définitives
S2
2170688/BB
25/33
Pour autant, la commune applique apparemment à ses agents une durée de travail plus
favorable que celle qui a été fixée par le décret précité du 25 août 2000, en application des
dispositions dérogatoires prévues par la loi n° 2001-2 du 3 janvier 2001
27
qui édicte que les
régimes de travail antérieurs à l’introduction
de cette disposition de la loi peuvent être
maintenus par décision expresse de l’organe délibérant de la collectivité, sauf s’ils comportent
des dispositions contraires aux garanties minimales applicables en matière de durée et
d’aménagement du temps de travail.
Un règlement interne sur le temps de travail, établi en mars 2011, détaille les conditions des
congés, des autorisations d’absences et la gestion des heures supplémentaires.
Aux termes
de ce règlement, la durée hebdomadaire est fixée à 36 heures pour la majorité des services,
hormis ceux qui présentent des contraintes saisonnières et des nécessités de service
particulières, et la durée annuelle moyenne des agents de la commune peut être évaluée dans
les conditions mentionnées dans le tableau ci-dessous, à 1 584 heures. La Cour des comptes
a constaté, dans son rapport sur les finances publiques locales de 2016, que sur un échantillon
de 103 collectivités locales, la durée théorique du temps de travail était, en moyenne, de 1 562
heures par an
28
.
Temps de travail
Collectivité
Régime légal
Nombre d’agents en ETP
309,58
Durée hebdomadaire de travail de la collectivité (en heures)
36
Jours ouvrés annuels 2015 (365 -104 (52*2) -7 (jours fériés))
252
254
Nombre de jours de congés annuels accordés par la collectivité
32
25
Décompte annuel (Nombre de jours travaillés dans la collectivité)
220
229
Conversion hebdomadaire (en heures)
1 584
1 596 arrondi à 1 600
+ 7 heures (journée de solidarité)
Durée légale du travail en heures
1 607
1 607
Différence
23
Soit en nombre de jours
3,17
Soit pour l'ensemble de la collectivité, en nombre d'heures
7 120,34
Source : données de la collectivité
Au total,
l’écart constaté correspond
rait à 3,19 jours par agent et par an, ce qui, rapporté
au
nombre total d’agents, serait de l’ordre de
4,5 équivalents temps plein (ETP).
7.5.
Un régime souple de congés et d
autoris
ations d’absence
En application du décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985, tout fonctionnaire territorial
en activité a droit, pour une année de service,
à un congé minimal d’une durée égale à 5
fois
ses obligations hebdomadaires de service, calculées en jours effectivement ouvrés. Le régime
des congés annuels des fonctionnaires territoriaux se limite donc à 25 jours, pouvant être porté
à 27 jours avec les jours supplémentaires dits de fractionnement, accordés sous certaines
conditions. De fait, la collectivité attribue à ses agents 25 jours de congés annuels, 3 jours
de
congés locaux, et une journée exceptionnelle attribuée par l’autorité territoriale.
L'article 59 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires
relatives à la fonction publique territoriale prévoit par ailleurs l'octroi d'autorisations d'absence.
Les agents peuvent ainsi prétendre à des congés exceptionnels pour évènements familiaux.
Ces derniers, toutefois, ne respectent pas le principe de parité avec la fonction publique
d’État
29
.
27
Loi n° 2001-2 du 3
janvier 2001relative à la résorption de l’emploi précaire et à la modernisation du recrutement dans la fonction
publique ain
si qu’au temps de travail dans la fonction publique territoriale.
28
Rapport sur les finances publiques locales, octobre 2016, page 174.
29
Les agents bénéficient ainsi de huit
jours ouvrables à l’occasion de leur mariage (quatre
jours dans le code du travail, cinq jours
pour l’État), cinq
jours pour le mariage d’un enfant (un
jour dans le code du travail) de parents et de beaux-parents, trois jours
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Observations définitives
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7.6.
Des heures supplémentaires à maîtriser
Les heures supplémentaires sont exclusivement effectuées à la demande explicite du
responsable de service, pour nécessité de service. Elles sont soit récupérées dans les trois
mois suivants, soit rémunérées, soit inscrites sur un compte particulier avant leur transfert vers
le compte épargne temps de l’
exercice suivant.
Le système automatisé de contrôle des horaires, conformément aux dispositions
règlementaires applicables, a été installé en 2003, par déploiement progressif du logiciel Kelo,
le pointage s’effectuant via une badgeuse ou via le poste informatique de l’agent.
Certains
services ne sont pas soumis au contrôle automatisé des horaires de présence, mais
le déploiement de la fibre optique
sur l’ensemble du territoire communal permet d’envisager
,
à moyen terme, selon la collectivité, sa généralisation
à l’ensemble des agents.
Le recours aux heures supplémentaires concernait principalement, en 2016, les services
techniques, de l’urbanisme et
de l’aménagement (45,86
%), la vie scolaire et
l’
enfance
(16,60 %) et la direction des affaires culturelles (11,24 %).
Le nombre d’agents bénéficiant
d
heures supplémentaires
s’élevait à 158,
en 2014.
Graphique n° 2 : Les heures supplémentaires
Source : données de la collectivité
Le volume d’heures supplémentaires effectué s’est quelque peu accru lors des exercices
les plus récents, la commune attribuant notamment cette hausse à la
participation d’un nombre
plus important de services aux manifestations organisées dans le cadre du festival
«
Un monde des Cultures
» et «
Générations jeux
».
pour le mariage de frère, sœur (pas de correspondance dans le code du travail et dans la fonction publique d’Ét
at). Ces congés
exceptionnels concernent également les cas de décès ou de maladie grave du conjoint, d’un enfant et des père et mère, des
beaux-parents (cinq jours), des grands parents (trois jours) et les cas de décès des tuteur, tutrice (cinq jours), frè
re, sœur, belle
-
sœur, beau
-frère (trois jours) des oncle, tante, neveu, nièce, cousin (un jour).
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Graphique n° 3 : Montant global des heures supplémentaires
Source : données de la collectivité
7.7.
Le compte épargne temps
Le compte épargne temps (CET) ouvre aux agents des collectivités territoriales qui
le souhaitent la possibilité de capitaliser du temps sur plusieurs années, temps
qu’ils pourront
utiliser ultérieurement sous diverses formes. L’instauration du CET est obligatoire dans
les collectivités et leurs établissements publics.
Compte épargne temps
2.2.3.1 - Nombre de comptes
épargne-temps
Nombre total de comptes épargne-temps
(CET)
ouverts depuis le décret du 26 août 2004
dont Nombre de comptes épargne-temps
(CET)
ouverts dans l'année 2015
Hommes
Femmes
Total
Hommes
Femmes
Total
Catégorie A
9
15
24
0
0
0
Catégorie B
10
18
28
0
0
0
Catégorie C
51
91
142
7
5
12
Toutes catégories
70
124
194
7
5
12
Source : bilan social 2015
En ce qui concerne la commune, le
s agents titulaires et non titulaires ont droit à l’ouverture
d’un CET s’ils le souhaitent dès lors qu’ils remplissent les conditions
, à savoir avoir accompli
au moins une année de service effectif dans la collectivité.
L’inscription au compte épargne
temps des jours pouvant être inscrits
30
et non utilisés
au cours de l’année
doit obligatoirement
se réaliser avant le 31
janvier de l’année
suivante et le nombre de jours maximum pouvant
être inscrit sur le CET s’élève à
60.
Flux des jours CET
2.2.3.2 - Nombre de jours
accumulés
Nombre de jours accumulés au 31/12/2015
hors jours versés au titre de l'année 2015
Nombre de jours versés au titre de l'année
2015
Hommes
Femmes
Total
Hommes
Femmes
Total
Catégorie A
232
287
519
82
85
167
Catégorie B
167
318
485
84
98
182
Catégorie C
491
853
1 344
160
254
414
Toutes catégories
890
1 458
2 348
326
437
763
Source : bilan social 2015
30
Les jours pouvant être inscrits sur le compte épargne temps de l’agent sont les trois
jours de RTT, les deux jours dits hors
saison (jours de fractionnement), ainsi que les jours de congés annuels, dans la limite de cinq.
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7.8.
Un absentéisme à suivre avec attention
L
’absentéisme
peut être décrit comme toute absence qui aurait pu être évitée par une
prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradation des conditions de travail
entendues au sens large, les ambiances physiques,
mais aussi l’organisatio
n du travail,
la
qualité de la relation d’emploi, la conciliation des temps p
rofessionnels et privés. Certaines
absences ne correspondent pas exactement à de l’absentéisme et ne relèvent pas
de motif
médical,
congés de formation, de maternité ou liés à l’a
doption, évènements familiaux.
Le bilan social 2015 de la collectivité
fait état d’un niveau d’absentéisme de
8 590 journées,
en 2015, contre 8 138, en 2013, et 8 062, en 2011, soit une hausse de 6,56 % du nombre des
jours d’absence, de
2011 à 2015, toutes causes confondues.
Le nombre de jours d’absence pour maladie
, ordinaire et grave maladie, et accident du travail
a atteint, en 2015, 7
759. Rapporté au nombre d’agents permanents, le taux d’absentéisme
s’élevait à
7,02 %, ce qui était équivalent à 21,26 ETP
31
.
Absentéisme
(en journées de travail)
2011
2013
2015
Pour maladie ordinaire
3 074
2 870
2 815
Pour longue maladie, maladie de longue durée et grave maladie
2 453
3 340
3 834
Pour accidents du travail imputables au service
1 011
668
1 030
Pour accidents du travail imputables au trajet
19
23
80
Pour maladie professionnelle, maladie imputable au service ou à
caractère professionnel
390
421
4
Pour maternité et adoption (1)
954
632
715
Pour paternité et adoption
44
66
112
Pour autres raisons, hors motif syndical ou de représentation (2)
117
118
Total
8 062
8 138
8 590
Source : bilans sociaux 2011, 2013, 2015
Selon la commune
, l’absentéisme dans les services peut
notamment être lié aux conditions
de travail et/ou à des postures inadaptées aux postes de travail. La commune fait ainsi état de
l’absentéisme
des agents exerçant dans les crèches, au regard de leurs conditions de travail,
caractère répétitif des tâches, pénibilité, confinement a
u lieu d’exercice des missions.
Face à l’absentéisme,
la commune a initié une politique de prévention déclinée en actions.
La
nomination d’un agent au poste de prévention de l’absentéisme
32
, en charge du pilotage
de cette problématique
, la diffusion d’
un document listant les contraintes liées aux postes
de trav
ail et les moyens d’y remédier
, ainsi que la mise en place
d’
une démarche de prévention
des risques liés aux activités physiques (PRAP), depuis 2011, participent de cette politique.
Par ailleurs, des contrôles médicaux sont exercés auprès des agents dont
l’absentéisme est
particulièrement important et répétitif, tandis que les modalités de versement de la prime
annuelle, comme il a été dit,
comprennent des minorations en cas d’absence
répétée. Cette
prise en compte des absences a été confirmée lors de la mise en place précitée du RIFSEEP,
au 1
er
janvier 2017.
31
La collectivité ayant estimé le coût moyen annuel d’un agent à 37
405
€, le coût théorique de l’absentéisme s’élèverait ainsi à
795 138
€ (21,26
ETP x 37 405
€).
32
La commune a édité une fiche de poste pour cet emploi dénommé « préventeur
» de l’absentéisme.
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ANNEXES
Annexe n° 1 :
Refinancement des emprunts structurés
La renégociation des emprunts MIS 278556 EUR 001 (EUR / CHF) et
MIS 278556 EUR 003 (USD / CHF) en novembre 2012
Tableau n° 1 : Bilan de la renégociation de novembre 2012
Numéro du
contrat
Date de
conclusion
Montant
initial du
capital
emprunté
Numéro et montant
initial du capital
emprunté
Durée
initiale du
contrat de
prêt
Taux d'intérêt
Score
Gissler
1
ère
phase :
01/12/2012 -01/12/2013 inclus
Prêt n° 1
20 ans
Taux fixe de 5,75 %
MIS278556EUR001
Hors
charte
2 894 797,60
2
ème
phase :
01/12/2013 exclu-01/12/2032
Formule de taux structuré :
Si EUR/CHF ≥ 1,45,
Ti =3,78 %
Si EUR/CHF < 1,45,
Ti = 5,78 + 50 x ((1,45 / EUR/CHF)
1)
Prêt n°2
MIS278556EUR
30/11/2012
7 065 937,55
MIS278556EUR002
15 ans
Taux fixe de 4,65 %
A1
1 500 000,00
1
ère
phase
:
01/12/2012 - 01/04/2013 inclus
Prêt n°3
19 ans
Taux fixe de 5,99 %
MIS278556EUR003
et 4 mois
Hors
charte
2 671 139,95
2
ème
phase :
01/04/2013 exclu - 01/04/2032
Formule de taux structuré :
Si USD/CHF ≥ 1,
Ti =3,55 %
Si USD/CHF < 1,
Ti = 4,55 + 30 x ((1 / USD/CHF)
1)
Sources : commune
contrats de prêts et délibération du 4 février 2016 approuvant le protocole
En 2012, la forte appréciation du franc suisse a eu pour effet d’alourdir la charge d’intérêts et
la commune a renégocié avec Dexia les emprunts MIS 278556 EUR 001 (EUR / CHF) et
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MIS 278556 EUR 003 (USD / CHF). La renégociation a consisté à geler une seule échéance
d’intérêts, les parties convenant de
se
laisser le temps d’observer l’évolution des parités
monétaires. Le capital restant dû (CRD) de chacun des deux emprunts, ainsi qu’un nouvel
emprunt à taux fixe, de 1,5
M€, ont résulté de cette renégociation, comme indiqué ci
-dessus.
L’emprunt MIS
278556 EUR 001 (EUR / CHF),
d’un montant de 2
894 797,60
, correspond
au capital restant dû de l’emprunt contracté en 2007
, pour un montant de 5 076 419,55
€ et
une durée de 25 ans et 1
mois. La première phase d’amortissement au taux fixe de 3,30
%
s’est achevée au 1
er
décembre
2011. À partir de l’échéance du 1
er
décembre 2012, un taux
complexe était applicable : taux fixe de 3,78 %, lorsque le cours de change EUR / CHF était
supérieur à 1,45, une base fixe de 5,78 %,
à laquelle s’ajout
ait un facteur multiplicateur,
lorsque le cours de marché était inférieur à cette parité.
Or, au 1
er
décembre 2012, la parité est passée à 1,21, nettement en-dessous du cours pivot,
et cette situation
a généré un taux applicable à l’échéance de 15,95
%.
C’est dans ce
contexte
que
la commune et Dexia ont convenu de sécuriser l’échéance du 1
er
décembre 2013, au taux
fixe de 5,75 %.
Au-delà, les conditions de taux initiales devaient de nouveau
s’ap
pliquer, laissant planer sur
la commune une forte insécurité financière vis-à-vis de cet emprunt classé F 6.
Carte n° 1 : Évolution du cours de change EUR / CHF depuis 2007
(avec matérialisation de la barrière à 1,45)
Source : Les Échos
Investir
L’emprunt MIS
278556 EUR 003 (USD / CHF),
d’un montant de 2
671 139,95
, correspond
au capital restant dû de l’emprunt contracté en 2007 pour un montant de 4
519 234
€ et
une durée de 24 ans et 5
mois. La première phase d’amortissement au taux fixe de 3,25
%
s’est achevée a
u 1
er
avril 2012. À
partir de là, c’est un taux complexe qui devenait applicable
:
un taux fixe de 3,55 % lorsque la parité USD / CHF est de 1, une base fixe de 4,55 % à laquelle
s’ajoute un facteur multiplicateur lorsque la parité USD
/ CHF devient inférieure à 1.
Or,
au cours de l’année 2012, la parité
est devenue inférieure à 1, 0,94 au 30 novembre, et a
généré
un taux applicable à l’échéance de 6,42
%.
C’est d
ans ce contexte que la commune et
Dexia ont également convenu
de sécuriser l’échéance du 1
er
avril 2013 au taux fixe de 5,99 %.
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Au-delà, les conditions de taux initiales sont de nouveau applicables, laissant persister
un risque financier pour la commune, vis-à-vis de cet emprunt classé F 6.
Carte n° 2 : Évolution du cours de change USD / CHF
(avec indication de la barrière à 1,00)
Source : La Tribune
Ce gel d’une échéance
, pour chacun de ces deux emprunts structurés, a eu pour contrepartie
le règlement par la commune d’une pénalité de 520
000
€, dont
:
497 090,11
€ au titre du prêt EUR
/ CHF,
22 909,89
€ au titre du prêt USD
/ CHF.
Le protocole SFIL de février 2016
: désensibilisation définitive de l’emprunt
MIS278556EUR001 (EUR / CHF)
Après
l’entrée en vigueur du contrat signé en 2012 et gelant les échéances de 2013, les parités
ont continué
d’évoluer défavorablement. Face à cette situation et devant le changement de
stratégie de la SFIL qui ne proposait plus de négocier d
échéances à taux fixe, la commune a
assigné Dexia, la SFIL et la Caffil devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre, le
17 juin 2013, afin
d’obtenir, à titre principal, la nullité de la clause de stipulation d’intérêt
énoncée aux contrats de prêts structurés.
Cependant les négociations se sont poursuivies entre la commune et la SFIL,
en vue d’
aboutir
au
refinancement de l’emprunt le plus risqué
, indexé sur la parité EUR0 / CHF, l
’objectif
étant
de parvenir à la « désensibilisation » définitive de cet emprunt, avec
application d‘un taux fixe
jusqu’à son extinction. En effet, au 31
décembre 2015, le taux d’intérêt applicable à cet
emprunt atteignait 22,79 %.
Un protocole transactionnel a ainsi été conclu en février 2016 entre la commune, la Caisse
Française de Financement Local (Caffil), la Société Française de Financement Local (SFIL)
et Dexia Crédit Local. Comme il a été dit, la délibération du 4 février 2016 précise que le nouvel
emprunt contracté auprès de Dexia a été porté à 4 329 389,88
, l
’indemnité de
remboursement anticipé
s’élevant à un montant total de
3 462 000
€, dont 2
730 000
intégrés au capital restant dû, et 732 000
€ dilués dans le taux d’intérêt fixe applicable
.
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En contrepartie, et afin de bénéficier de l’aide du Fonds de soutien aux collectivit
és territoriales,
la commune a dû renoncer au contentieux qu’elle avait précédemment
engagé.
Tableau n° 2 : Réaménagement du prêt MIS 278556 EUR 001 (EUR / CHF)
Ancien contrat
Nouveau contrat
Prêteur
Capital restant
Durée
du
prêt
Formule taux
Prêteur
Capital restant
Fin du
rembours.
Taux
Année 2016
Dexia Crédit Local 1 599
389,88 €
20
ans
1
ère
annuité
échéance
01/12/2013 : taux fixe 5,75 %
Échéances 01/12/2013 exclue
01/12/2032 :
5,78 + 0,5*((1,45/EUR-CHF) -1)
SFIL
4
329 389,88 €
01/12/2032
(16 ans)
3,17 %
(TEG 3,22 %)
Source : collectivité, contrat de prêt SFIL signé le 11 février 2016
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Annexe n° 2 :
Glossaire des sigles
BP
Budget principal
CA
Compte administratif
Caf
Capacité d’autofinancement
CAVAM
Communauté d’agglomération de la vallée de Montmorency
CGCT
Code général des collectivités territoriales
DGF
Dotation globale de fonctionnement
DOB
Débat d’orientation
s budgétaires
EBF
Excédent brut de fonctionnement
EPCI
Établissement public de coopération intercommunale
ETP
Équivalent temps plein
ETPT
Équivalent temps plein travaillé
FCTVA
Fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée
FPIC
Fonds national de péréquation intercommunale et communale
IRA
Indemnité de remboursement anticipé
RIFSEEP
Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise
et de l’engagement professionn
el
TH
Taxe d’habitation
REPONSE DU MAIRE
DE SAINT GRATIEN (*)
(*) Cette réponse jointe au rapport engage la seule responsabilité de son auteur,
conformément aux dispositions de l'article L.243-5 du Code des juridictions
financières.
Cette réponse est également signée par l’ancien ordonnateur, Sénatrice du Val d’Oise.
Chambre régionale des comptes Île-de-France
6, Cours des Roches
BP 187 NOISIEL
77315 MARNE-LA-VALLÉE CEDEX 2
Tél. : 01 64 80 88 88
www.ccomptes.fr/fr/crc-ile-de-france
« La société a le droit de demander compte
à tout agent public de son administration »
Article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
L’intégralité de ce rapport d’observations définitives
est disponible sur le site internet
de la chambre régionale des comptes Île-de-France :
www.ccomptes.fr/fr/crc-ile-de-france