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Rapport d’observations définitives
ETABLISSEMENT PUBLIC DE COOPERATION
CULTURELLE – ECOLE SUPERIEURE D’ART ET DE
DESIGN LE HAVRE/ROUEN (ESADHaR)
(Seine-Maritime)
Exercices 2011 et suivants
Observations délibérées le 20 avril 2016
SOMMAIRE
SYNTHÈSE
..............................................................................................................................
1
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
..................................................................................
2
OBLIGATIONS DE FAIRE
.......................................................................................................
2
I -
RAPPEL DE LA PROCÉDURE
........................................................................................
3
II -
PRÉSENTATION
..........................................................................................................
3
A -
Le paysage français de l’enseignement artistique
...............................................................
3
B -
L’enseignement supérieur des arts plastiques
.....................................................................
4
C -
Le statut d’EPCC
.......................................................................................................................
4
III -
L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT
.........................................................
5
A -
La gestion administrative et statutaire
...................................................................................
5
1 -
La régularité du processus de création
...................................................................................................
5
2 -
Le fonctionnement et l’organisation statutaires
.......................................................................................
7
3 -
Le fonctionnement et l’activité des régies
.............................................................................................
11
B -
La gestion budgétaire et comptable
.....................................................................................
12
1 -
La qualité de l’information financière
....................................................................................................
12
2 -
La sincérité budgétaire
.........................................................................................................................
12
3 -
La régularité des opérations comptables
..............................................................................................
14
C -
La gestion du patrimoine
.......................................................................................................
16
1 -
Les modalités de transfert de biens
......................................................................................................
16
2 -
Le suivi du patrimoine mobilier
.............................................................................................................
17
D -
La gestion des ressources humaines
..................................................................................
18
1 -
Les modalités de transfert de personnels
.............................................................................................
18
2 -
Les effectifs
..........................................................................................................................................
19
3 -
La durée légale du temps de travail
......................................................................................................
20
4 -
Le régime indemnitaire
.........................................................................................................................
21
IV -
LA SITUATION FINANCIÈRE
....................................................................................
22
A -
L’évolution des dépenses et des recettes
...........................................................................
22
1 -
Les recettes de fonctionnement
............................................................................................................
22
2 -
Les dépenses de fonctionnement
.........................................................................................................
24
B -
L’excédent brut d’exploitation, le financement des investissements et la trésorerie
.....
27
C -
Les perspectives
.....................................................................................................................
27
V -
LES ACTIVITES
..........................................................................................................
28
A -
Les missions
...........................................................................................................................
28
B -
Le bilan
....................................................................................................................................
29
1 -
L’enseignement supérieur
....................................................................................................................
29
2 -
L’insertion et l’orientation professionnelles
...........................................................................................
31
3 -
Le développement de la recherche
......................................................................................................
32
4 -
Le renforcement de l’internationalisation
..............................................................................................
32
5 -
L’accompagnement des pratiques amateurs et l’initiation des jeunes générations
..............................
33
C -
Le rayonnement territorial
.....................................................................................................
34
ANNEXES
..............................................................................................................................
36
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
1
SYNTHÈSE
Créée en 2011 sous forme d’un établissement public de coopération culturelle
(EPCC), l’école supérieure d’Art et de Design Le Havre-Rouen (ESADHaR) est née de la
fusion de deux écoles très anciennes : l’école supérieure d’art du Havre créée en 1802 et
l’école régionale des beaux-arts de Rouen fondée en 1882.
Le changement de statut découle principalement de la nécessité de faire accéder
les écoles d’arts à l’autonomie juridique et pédagogique indispensable pour intégrer l’espace
européen d’enseignement supérieur et pour délivrer des diplômes ayant valeur
d’enseignement de licence et de master, l’EPCC ne délivrant pas de doctorat.
Sur le plan formel, la procédure de création a été respectée. À l’exception du
défaut d’inscription du montant des contributions des communes-membres dans les statuts
ou, à tout le moins, des règles permettant de le fixer, ce qui est contraire à l’obligation légale
pour les collectivités membres de s’engager irrévocablement et de façon pérenne à financer
l’établissement, les dispositions statuaires sont conformes au corpus législatif et réglementaire
régissant ces établissements.
Les modalités de fonctionnement et les règles d’organisation du conseil
d’administration fixées dans les statuts sont satisfaisantes. La gouvernance gagnerait
cependant en qualité par la mise en place d’objectifs et par le contrôle de leur respect par le
conseil d’administration.
En dépit des progrès constatés depuis 2014, la gestion budgétaire n’est pas
totalement consolidée. L’information financière est incomplète, la qualité de la prévision
budgétaire perfectible et le suivi des engagements n’est pas correctement assuré. La bonne
maîtrise du nouveau logiciel, déployé en novembre 2014, devrait permettre d’améliorer
l’évaluation des restes à réaliser, même si les aspects liés aux éléments du service fait restent
à développer.
En matière comptable, l’absence de rattachement des charges et des produits a
conduit à donner une image erronée du résultat de l’établissement en 2012 et en 2013. La
politique d’amortissement et de provisionnement n’a été initiée qu’en 2014. En ce domaine, la
chambre constate que les procédures comptables et budgétaires de l’établissement sont en
cours de régularisation.
La gestion et le suivi du patrimoine sont marqués par de nombreuses
insuffisances. Les inventaires physiques sont incomplets et obéissent à des règles
hétérogènes, il ne sera pas possible d’opérer un rapprochement comptable sans conduire une
réflexion générale sur la tenue d’inventaire et le suivi de l’actif.
La gestion des ressources humaines est également perfectible. L’adéquation entre
les effectifs réels et les postes budgétaires n’a été finalisée qu’en 2014. L’établissement doit
poursuivre ses efforts, notamment par l’élaboration des bilans sociaux et d’un règlement
intérieur. Elle devra, en outre, formaliser des règles relatives au temps de travail et clarifier
son régime indemnitaire qui souffre d’imprécisions.
La situation financière, jusqu’alors satisfaisante, est jugée, à l’aune des prévisions
budgétaires 2015, plus fragile. En effet, avec une diminution prévisionnelle de
8 % des recettes d’exploitation, conjuguée à une augmentation de 5 % des charges de
fonctionnement, l’équilibre budgétaire 2015
est assuré grâce à la participation financière des
personnes publiques, notamment par la subvention accordée en 2015 par la région
Haute-Normandie mais dont le renouvellement n’est pas garanti. Aussi, le maintien de son
niveau d’activité devra nécessairement passer par une politique de maîtrise de ses dépenses.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
2
Le recul de sa capacité d’autofinancement et l’inflexion de son excédent brut
d’exploitation, observés en fin de cycle, devront également inciter l’établissement à mettre en
place une politique d’évaluation et à rechercher de nouveaux financements.
Sur le plan de l’enseignement, outre l’entrée de l’école dans le schéma européen
Licence-Master-Doctorat (LMD) grâce à un rapprochement des structures pédagogiques et à
des efforts de clarté et de lisibilité sur le contenu des enseignements, les inscriptions en
enseignement supérieur ont progressé de 3 %, notamment sous l’effet de la création du
master de création littéraire, dont il faut souligner le caractère inédit.
L’établissement a amplifié son ouverture à l’international, renforcé son
adossement à la recherche, développé de nouveaux partenariats et multiplié ses actions de
sensibilisation et d’initiation à l’art contemporain au grand public. En dépit de ces actions, la
stagnation du taux d’attractivité
1
au concours, la faible progression des inscriptions en
enseignement supérieur et, surtout, la diminution des inscriptions aux cours post et péri
scolaires semblent montrer que l’école a atteint un niveau structurel au-dessus duquel il sera
difficile d’aller. Cette situation peut, en partie, s’expliquer par la concurrence des écoles d’arts
situées à proximité géographique qui offrent des formations plus ou moins similaires et
conduisent à l’obtention des mêmes diplômes.
Aussi, afin de générer des économies d’échelle et augmenter la taille critique de
l’école, tout en inscrivant sa gouvernance autour d’une responsabilité collective adaptée au
nouveau cadre régional, la chambre incite l’établissement à chercher des pistes de
mutualisation. La réunification des deux régions pourrait constituer un cadre favorable à un
éventuel rapprochement des deux écoles supérieures normandes dont les modalités sont
laissées à la discrétion des acteurs publics locaux.
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
1.
Sécuriser la procédure d’évaluation des restes à réaliser par une consolidation de la
comptabilité des engagements.
2.
Solder les comptes des régies en attente de versement en fin d’exercice.
3.
Formaliser les règles et procédures comptables et budgétaires.
4.
Réaliser un état des lieux contradictoire des biens meubles mis à disposition par les villes
de Rouen et du Havre.
5.
Définir les modalités du suivi du patrimoine et les conditions de tenue des inventaires.
6.
Mettre en place un suivi fiable et traçable des insertions et orientations professionnelles
des anciens étudiants.
7.
Définir et mettre en oeuvre une politique d’évaluation des activités.
OBLIGATIONS DE FAIRE
8.
Inscrire dans les statuts les montants ou, tout au moins, les modalités de calcul, des
contributions financières des personnes publiques membres de l’EPCC.
9.
Valoriser les documents anciens, rares ou précieux, conformément aux règles et
modalités de comptabilisation des biens historiques et culturels contrôlés par une entité
du secteur public.
1
Nombre de places offertes/nombre d’inscrits.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
3
10. Produire les rapports sur l’état de l’établissement en application de l’avant dernier alinéa
de l’article 33 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.
11. Formaliser, dans le règlement intérieur, les règles et modalités relatives à la durée du
temps de travail.
I -
RAPPEL DE LA PROCÉDURE
La chambre a inscrit à son programme la vérification des comptes et l’examen de
la gestion de l’établissement public de coopération culturelle (EPCC) de l’école supérieure
d’Art et de Design du Havre-Rouen (ESADHaR) à partir de sa création, soit le 1
er
janvier 2011.
Par lettres en date du 8 avril 2015, le président de la chambre a informé le directeur de l’EPCC,
ordonnateur en fonctions, M. Thierry Heynen, ainsi que les maires du Havre et de Rouen.
L’entretien préalable a eu lieu le 30 septembre 2015 entre l’ordonnateur,
M. Thierry Heynen, et le rapporteur.
Lors de sa séance du 10 novembre 2015, la chambre a arrêté ses observations
provisoires. Celles-ci ont été transmises dans leur intégralité à
M. Thierry Heynen et aux
maires du Havre, M. Edouard Philippe, et de Rouen, M. Yvon Robert, le 23 décembre 2015.
Seuls MM. Heynen et
Philippe ont répondu.
Après avoir entendu le rapporteur et pris connaissance des conclusions du
procureur financier, la chambre a arrêté, le 20 avril 2016, le présent rapport d'observations
définitives.
Le rapport a été communiqué au directeur en fonctions et aux maires du Havre et
de Rouen le 2 juin 2016. Ce rapport, auquel est jointe la copie de la réponse de M. Thierry
Heynen, enregistrée au greffe de la chambre le 4 juillet 2016, devra être communiqué à
l’assemblée délibérante de l’ESADHaR. En effet, l’article R. 241-18 du code des juridictions
financières dispose qu’ «
à réception du rapport d’observations définitives, la collectivité ou
l’établissement public concerné fait connaître à la chambre régionale des comptes la date de
la plus proche réunion de l’assemblée délibérante ou de l’organe collégial de décision et
communique, en temps utile, copie de son ordre du jour. »
Il fera l'objet d'une inscription à
l'ordre du jour, sera joint à la convocation adressée à chacun de ses membres et donnera lieu
à un débat.
Ce rapport sera, ensuite, communicable à toute personne qui en ferait la demande
en application des dispositions de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978.
II -
PRÉSENTATION
Née de la fusion de l’ancienne école supérieure d’art du Havre (ESAH) et de l’école
régionale des beaux-arts de Rouen (ERBAR), l’ESADHaR a été créée par arrêté préfectoral
le 29 décembre 2010 sous la forme d’un établissement public de coopération culturelle
(EPCC). Cette nouvelle structure est encadrée par deux corpus législatifs et réglementaires :
- celui relatif à l’enseignement supérieur artistique relevant du code de
l’éducation ;
-
celui régi par les lois n° 2002-6 du 4 janvier 2002 et n° 2006-723 du 22 juin
2006 modifiant la loi du 4 janvier 2002, portant création des EPCC.
A -
Le paysage français de l’enseignement artistique
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
4
Pendant deux siècles, aux côtés des institutions de l’État, les collectivités
territoriales ont constitué le second pôle d’enseignement culturel, que ce soit dans
l’enseignement des arts plastiques ou dans celui de la musique, de la danse et du théâtre.
Historiquement, l’enseignement artistique recouvrait deux domaines : celui des
écoles territoriales spécialisées dans la danse et la musique, plutôt destinées à assurer une
initiation aux disciplines artistiques, et celui de la formation assurée par les écoles d’arts
plastiques, plus anciennes et moins nombreuses, ayant plutôt pour objectif de dispenser une
qualification d’enseignement supérieur.
Le cadre juridique français confirme toujours cette distinction puisque les écoles
territoriales d’arts plastiques relèvent des articles L. 121-6 et L. 123-1 du code de l’éducation
qui sont rattachés à la partie du code consacrée à l’enseignement supérieur, alors que les
écoles territoriales de musique, de danse et d’art dramatique sont intégrées au chapitre portant
sur les compétences des collectivités territoriales.
L’enseignement aux métiers artistiques recouvre donc deux domaines : celui du
spectacle vivant (danse, musique, théâtre) qui relève de la responsabilité des collectivités
territoriales, et celui de l’enseignement supérieur des arts plastiques qui est une compétence
partagée entre les collectivités territoriales et l’Etat. L’article L. 75-10-1 du code de l’éducation,
modifié par le décret n° 2014-817 du 17 juillet 2014, précise, au surplus, que les
établissements d’enseignement d’arts plastiques relèvent du contrôle pédagogique de l’État.
B -
L’enseignement supérieur des arts plastiques
Dans le cadre de l’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur, les
écoles d’arts plastiques désireuses d’inscrire leurs diplômes nationaux dans l’espace
européen d’enseignement supérieur (EEES), équivalents LMD : Licence (bac + 3), Maîtrise
(bac + 5), Doctorat (bac + 8), devaient s’engager dans un processus de changement de statut.
En effet, la déclaration de Bologne du 19 juin 1999 conditionnait l’intégration des écoles
d’enseignement supérieur délivrant des diplômes nationaux au système européen
d’enseignement supérieur à leur autonomie juridique et pédagogique.
Dès lors, afin que les écoles territoriales d’arts plastiques d’enseignement
supérieur généralement gérées en régie accèdent à la personnalité juridique et pédagogique,
le ministère de la culture et de la communication a, par une circulaire du 2 avril 2009
2
,
encouragé les collectivités à regrouper, pour la rentrée 2012, leurs écoles territoriales d’arts
plastiques au sein d’EPCC sur une base régionale ou interrégionale.
Au-delà de la mise en conformité juridique, le regroupement des écoles d’arts avait
également pour objectif de rationaliser le réseau des établissements d’arts plastiques, de
réaliser des économies d’échelle et de constituer des pôles d’enseignement supérieur de taille
critique en termes de budget, d’activité, de rayonnement international et de nombre
d’étudiants.
C -
Le statut d’EPCC
2
Cette exigence implique un changement de statut juridique pour une grande partie des établissements. L’établissement public
de coopération culturelle offre aujourd’hui un cadre juridique adapté aux partenariats entre l’État et les collectivités territoriales en
matière d’enseignement supérieur.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
5
La nouvelle catégorie juridique des EPCC a été instituée par deux lois. Elles ont
chacune fait l’objet d’un décret d’application en conseil d’État
3
et ont été complétées par deux
circulaires interministérielles (intérieur et culture) des 18 avril 2003 et 29 août 2008 :
-
la loi n° 2002-6 du 4 janvier 2002 relative à la création des EPPC comporte trois
articles qui ont été retranscrits dans le code général des collectivités territoriales
(CGCT), notamment dans les articles L. 1431-1 à L. 1431-9 ;
- la loi n° 2006-723 du 22 juin 2006 modifiant celle de 2002 tient surtout à
l’intégration, aux côtés de l’État, des établissements publics nationaux.
Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi du 4 janvier 2002, réactualisée en 2006, les
modes de gestion de droit commun du secteur culturel local étaient la régie directe et le mode
associatif.
Cette nouvelle catégorie
sui generis
d’établissement public permettait de mieux
assurer le partenariat des personnes publiques dans le secteur culturel et constituait
une
alternative à la régie directe et à la forme associative qui n’étaient plus adaptées aux nouvelles
activités.
Les EPCC avaient donc vocation à intervenir dans tous les secteurs culturels :
-
le secteur patrimonial ;
-
le secteur du spectacle vivant ;
-
le secteur du cinéma et de l’audiovisuel ;
-
le secteur de l’enseignement.
Selon le rapport de l’inspection générale des affaires culturelles publié en juin
2010, c’est dans les activités de production et de diffusion de spectacle vivant que la formule
de l’EPCC était la plus attractive. Fin mars 2010
4
, la création artistique au travers des opéras
et des scènes nationales était le domaine le plus représenté. L’enseignement supérieur (trois
EPCC sur 57) et les industries culturelles avaient très peu investi le champ des EPCC.
En 2015
5
, 45 écoles nationales et territoriales supérieures d’Art sous le statut
d’EPCC proposaient des formations sanctionnées par des diplômes bac + 3 et bac + 5 en Art,
Design et Communication, soit 15 fois plus qu’en 2010.
III -
L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT
A -
La gestion administrative et statutaire
1 -
La régularité du processus de création
a -
La création formelle
En application de la loi qui précise que les personnes morales susceptibles d’être
membres d’un EPCC sont obligatoirement des personnes morales de droit public (avec ou
sans l’État) et qu’elles soient au moins deux, l’ESADHaR a été créée sans l’État et ses
membres de droit sont les deux collectivités fondatrices des villes du Havre et de Rouen.
3
La loi n° 2002-6 du 4 janvier 2002 et son décret d’application n° 2002-1172 du 11 septembre 2002 et la loi n° 2006-723 du
22 juin 2006 modifiant la loi du 4 janvier 2002 et son décret n° 2007-788 du 10 mai 2007.
4
Source : rapport n°
2010-19 sur les établissements publics de coopération culturelle de juin 2010 de l’inspection générale des
affaires culturelles.
5
Source : offres de formation post bac 2015 en arts plastiques sur le portail internet du ministère de la culture et de la
communication.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
6
En vertu des dispositions des articles L. 1431-1 et L. 1431-2 du CGCT, le principe
de création de l’EPCC et le projet des statuts ont été approuvés par délibérations des conseils
municipaux des deux collectivités
6
.
Le préfet de la région Haute-Normandie a créé, par arrêté du 29 décembre 2010,
l’EPCC dénommé « École Supérieure d’Art et Design Le Havre-Rouen » dont le siège social
était fixé à l’Aître Saint-Maclou à Rouen.
A l’instar de toute collectivité ou établissement public, la gestion d’un EPCC repose
sur le principe de séparation de l’ordonnateur et du comptable. Conformément à l’article R.
1431-7 du CGCT, sur proposition du directeur régional des finances publiques, le préfet a
nommé un agent comptable par arrêté préfectoral du 11 avril 2011.
La procédure de création de l’EPCC a donc été respectée.
b -
Le choix du régime de gestion de l’EPCC
Le second alinéa de l’article L. 1431-8 précise que les EPCC sont des
établissements publics à caractère administratif ou industriel et commercial, selon l’objet de
leur activité et les nécessités de leur gestion. Leur mode de financement ne constituant pas
un critère de distinction.
Les collectivités membres ont ainsi la possibilité de choisir dans les statuts le
régime de gestion de l’établissement.
Une circulaire du 18 avril 2003
7
est toutefois venue préciser qu’au regard de leur
activité, les établissements d’enseignement ont
a priori
vocation à être des établissements
publics administratifs. Tel a été le choix opéré pour l’ESADHaR, repris par l’article 4 de ses
statuts.
c -
La procédure de recrutement et la nomination du directeur
Le statut du directeur contribue aussi à l’originalité du statut d’EPCC. En effet, afin
d’établir un équilibre entre les impératifs des activités de service public et ceux liés à l’objet
culturel nécessitant une autonomie, l’article L. 1431-3 énonce que «
l’EPCC est administré par
un conseil d’administration et son président. Il est dirigé par un directeur.
»
Les conditions de recrutement et de nomination d’un directeur d’un EPCC sont, en
contrepartie, strictement encadrées par les articles L. 1431-5 et R. 1431-10 du CGCT.
Le processus de recrutement débute par un appel à candidature au centre duquel
est placé le projet artistique, culturel, pédagogique ou scientifique des candidats. Il appartient
ensuite aux personnes publiques représentées au conseil d’administration d’établir, à
l’unanimité, la liste des candidats retenus à l’emploi du directeur. Enfin, il revient au président
de nommer au poste de directeur le candidat qui aura été désigné à la majorité des deux tiers
des membres du conseil d’administration.
Au cas présent, à l’issue d’un appel public paru dans le journal « Télérama » du
19 janvier 2011, quatre personnes ont déposé leur candidature pour le poste de directeur. Par
délibération n° 01-4 du 17 février 2011, le conseil d’administration a présélectionné les
candidatures des deux anciens directeurs des écoles fusionnées.
6
10 avril et 27 novembre 2010 pour la ville de Rouen et 3 mai et 20 décembre 2010 pour la ville du Havre.
7
Circulaire d’application des ministères de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales et de la culture et de la
communication, de la loi n° 2002-6 du janvier 2002 et du décret n° 2002-1172 du 11 septembre 2002.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
7
Au regard des projets d’établissement proposés, des parcours professionnels et
suite à un entretien individuel de recrutement avec un jury, le conseil d’administration, par
délibération n° 03-1 du 9 juin 2011, a désigné, à l’unanimité, le projet pédagogique de
M. Thierry Heynen, ancien directeur de l’école du Havre, pour diriger l’ESADHaR.
Le directeur d’un EPCC dispose d’un mandat qui lui est accordé par le conseil
d’administration et bénéficie d’un contrat de travail à durée déterminée équivalente à celle de
son mandat. Ce statut singulier lui assure une stabilité dans ses fonctions et lui garantit une
autonomie que le directeur d’un autre établissement public ou d’une régie dotée de la
personnalité juridique et financière ou d’une association ne possède pas.
En l’espèce, à compter du 2 mai 2011, le directeur de l’ESADHaR a bénéficié d’un
premier contrat de travail de trois ans, correspondant à la durée du mandat fixée dans les
statuts. Puis par délibération n° 2014-6 du 3 février 2014, le conseil d’administration a
renouvelé le mandat de M. Heynen pour une nouvelle période de trois ans.
Les conditions de recrutement et de nomination du directeur n’appellent pas
d’observations.
2 -
Le fonctionnement et l’organisation statutaires
a -
Les statuts
En vertu de l’article L. 1431-2 du CGCT, les statuts de l’établissement annexés à
la demande de création de l’EPCC ont été approuvés par le même arrêté préfectoral du
29 décembre 2010 portant création de l’ESADHaR.
Ils ont été modifiés par un arrêté du préfet du 6 novembre 2014 pour tenir compte
du déménagement du siège de l’EPCC de l’Aître Saint-Maclou au quartier de la Grand’Mare
à Rouen.
Par délibération n° 2015/12, un nouveau projet de modification des statuts a été
approuvé par le conseil d’administration. Il vise à intégrer au sein du conseil d’administration
un représentant de la région Haute-Normandie et un de l’État.
Ainsi, l’intégration de deux nouveaux membres amènera le nombre de sièges de
l’ESADHaR à son plafond légalement autorisé qui ne peut excéder 24 membres, voire
exceptionnellement 30 si «
l’étendue des missions ou le nombre de collectivités impliquées le
justifie.
»
De plus, même si les modalités de représentation de l’État au sein du conseil
d’administration d’un EPCC sont librement déterminées dans les statuts, la présence de l’État
introduit toutefois un changement en termes de finalité qu’il conviendra de prendre en
considération dans la définition des missions. L’article L. 1431-1 du CGCT prévoit en effet que
l’objectif de l’établissement en cas de présence de l’État est de contribuer «
à la réalisation
des objectifs nationaux dans le domaine de la culture.
»
b -
La composition et les élections des organes délibérants et consultatifs
L’article 8 des statuts reprend exactement les catégories des membres du conseil
d’administration fixées par l’article L. 1431-4 du CGCT qui impose que les représentants des
personnes publiques soient majoritaires au sein de ce conseil. Au cas particulier, les villes du
Havre et de Rouen, disposant de 12 voix contre 10 pour les autres catégories, sont donc
majoritaires.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
8
En revanche, aucune disposition n’impose un rapport de proportionnalité entre le
nombre de sièges réservés au conseil d’administration et les apports ou contributions
financières respectifs, l’EPCC a choisi de répartir les 22 sièges comme suit :
-
six représentants de la ville de Rouen, dont le maire ;
-
six représentants de la ville du Havre, dont le maire ;
- quatre personnalités qualifiées, désignées à parité et conjointement par les
maires des deux villes ;
- deux représentants des personnels pédagogiques, représentant, à parité,
chaque site ;
-
deux représentants des personnels administratifs et techniques, représentant
aussi à parité chacun des deux sites ;
-
deux représentants des étudiants élus par leurs pairs, à égalité pour chacun
des deux campus.
Le conseil d’administration doit se réunir au minimum deux fois par an, ce qui est
vérifié. Toutefois, il a été observé que le conseil d’administration n’a jamais réuni la totalité de
ses membres et que la participation des personnalités qualifiées était relativement faible.
Le premier conseil d’administration du 11 février 2011 a été convoqué à l’initiative
du préfet du département de la Seine Maritime. Il avait pour objet de procéder à l’élection du
président et du vice-président de l’EPCC. Eu égard au principe d’alternance édicté dans les
statuts
entre
les
deux
villes
pour
l’attribution
de
la
présidence
et
de
la
vice-présidence, M. Édouard Philippe, maire du Havre, et Mme Valérie Fourneyron, maire de
Rouen, ont respectivement été élus président et vice-présidente jusqu’à fin 2014.
En application du même principe, M. Yvon Robert, réélu maire de Rouen le
30 mars 2014, a été nommé au poste de président et M. Édouard Philippe, maire du Havre,
comme vice-président.
Les maires des deux villes, autorisés par leurs conseils municipaux respectifs
8
ont
procédé lors de ce premier conseil d’administration à la désignation des cinq représentants de
leur ville respective et des quatre personnalités qualifiées.
En application de l’article 26 des statuts, qui prévoit à titre transitoire que le conseil
d’administration puisse siéger en nombre limité, les délibérations prises lors de ce premier
conseil réunissant 16 membres ont été valablement adoptées.
Les réunions suivantes, au regard du nombre des membres présents ou
représentés indiqués sur les procès-verbaux, atteignaient le quorum nécessaire pour prendre
valablement les délibérations.
A côté du conseil d’administration, ont été créés un conseil scientifique, un conseil
de la pédagogie et un conseil de la vie étudiante. Leurs membres ont été désignés dans les
conditions fixées par le règlement intérieur adopté le 9 juin 2011.
En application du décret n° 2011-2010 du 27 décembre 2011, l’EPCC s’est
également doté d’un comité technique et d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions
de travail.
c -
Les attributions
Les compétences respectives du conseil d’administration, du président et du
directeur sont définies par le CGCT.
8
Délibération du conseil municipal de Rouen dans sa séance du 27 novembre 2010 et délibération n° 20101028 du
22 décembre 2010 du conseil municipal du Havre.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
9
Les compétences du conseil d’administration sont celles normalement attribuées
au conseil d’administration d’un établissement public.
En revanche, le directeur dispose d’attributions très étendues. Il assure la direction
de l’ensemble des services et, est le seul ordonnateur des recettes et des dépenses. Il
représente l’établissement en justice et dans tous les actes de la vie civile, et passe tous les
actes, contrats et marchés dans les conditions fixées par le conseil d’administration.
Le président détient des fonctions plus réduites. Elles se limitent, pour l’essentiel,
à convoquer et à présider le conseil d’administration dont il fixe l’ordre du jour. En outre, dans
le cas d’un EPCC à caractère administratif, il a également le pouvoir de recrutement et de
nomination, après avis du directeur.
Les statuts de l’établissement reprennent strictement les attributions dévolues au
conseil d’administration, au président et au directeur, telles qu’elles sont définies
respectivement aux articles R. 1431-7, R. 1431-13 et R. 1431-8 du CGCT.
Dans les faits, le partage des attributions n’est pas aussi clairement défini. Le
conseil d’administration autorise dans les mentions de ses délibérations, le président ou, à
défaut, son représentant, à savoir le directeur, à signer les conventions ou à prendre des actes
de gestion dans les domaines relevant des prérogatives du directeur. Or, le directeur n’est pas
le représentant du président.
Cette situation pose la question de la position du directeur qui est censée être
renforcée dans un EPCC par rapport aux autres structures. Le directeur doit disposer de
l’autonomie nécessaire à la prise de décision et à la mise en oeuvre des orientations définies
par le conseil d’administration.
Sur ce point, la chambre prend acte des mesures correctrices apportées par
l’établissement lors des réunions des conseils d’administration des 26 novembre 2015 et
21 janvier 2016, en autorisant le directeur à signer des actes relevant de sa compétence et en
supprimant la mention selon laquelle le directeur agirait en tant que représentant du président.
d -
La gouvernance
L’équilibre des pouvoirs a été établi à travers la répartition des sièges entre les
membres, à chaque siège correspondant une voix. Le conseil d’administration doit cependant
également fixer des objectifs à l’établissement sur la base d’orientations générales qu’il a lui-
même définies.
Or, aucun objectif n’a été assigné par les financeurs. En dehors des conventions
financières conclues avec la DRAC
9
dans le cadre des subventions accordées par l’État
10
, il
n’existe aucun document destiné à fixer des objectifs à l’établissement et à en contrôler la
conformité. Le processus de vérification repose uniquement sur le bilan triennal fait par le
directeur de son propre projet.
Aussi, afin de justifier par des données mesurables l’emploi des fonds publics, la
chambre invite le conseil d’administration à fixer des objectifs et des engagements à l’école
9
Direction régionale des affaires culturelles de Haute Normandie.
10
Pour les activités d’enseignement supérieur ou de certains projets, tel que le projet «
L’image du présent en train de se faire
»,
organisé en 2013, aux termes desquelles des objectifs sont assignés à l’école.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
10
par la formalisation de contrats, de cahier des charges ou tout autre support de son choix,
cette disposition étant prévue par les statuts. En effet, en dehors de la formalisation des
obligations en matière de communication et d’information financière, ni la convention de
financement conclue avec la ville de Rouen en 2015, ni la première convention triennale de
financement passée avec la ville du Havre en 2016 ne fixent d’objectifs qualitatifs ou qualitatifs
à l’école en dehors des missions statutaires.
e -
Les contributions financières
Les ressources d’un EPCC, énumérées à l’article L. 1431-8 du CGCT
correspondent aux ressources traditionnelles que peut percevoir un établissement public. Mais
l’article R. 1431-2
11
introduit une spécificité pour les EPCC, au sens où les apports,
contributions financières et les mises à disposition de biens nécessaires au fonctionnement
de l’établissement de chacune des personnes publiques membres doivent être inscrits dans
les statuts.
L’article 23 des statuts reprend la liste des catégories de recettes légalement
autorisées, en faisant la distinction entre les contributions des collectivités territoriales
membres et les éventuelles subventions. Cependant, l’article 25 ayant trait aux apports et
contributions introduit une ambiguïté. En privilégiant un encadrement des contributions des
communes membres sous la forme de conventions
12
plutôt qu’une inscription formelle dans
les statuts, leurs engagements financiers s’apparentent à des subventions, suggérant qu’elles
constituent des ressources facultatives car tributaires d’une décision de l’assemblée
délibérante.
Contrairement à l’engagement pris par les villes dès la création de l’école, repris
dans les statuts, de conclure avec l’EPCC une convention de financement, jusqu’en
2015 pour la ville de Rouen et jusqu’en 2016 pour la ville du Havre
13
, aucune convention de
financement n’avait été conclue depuis lors.
En d’autres termes, non seulement les communes-membres ne se sont toujours
pas engagées de manière irrévocable et pérenne sur des montants précis dans les statuts
mais le montant de leurs concours financiers qu’elles s’étaient engagées à fixer
contractuellement, n’a été formalisé dans des conventions qu’à compter de 2015 pour la ville
de Rouen et 2016 pour le Havre. Jusqu’alors, l’établissement avait connaissance des
montants des participations des villes membres au moyen d’échanges informels sans aucune
autre forme de garantie.
L’insécurité financière à laquelle était confronté l’établissement s’est traduite, en
2015, par une baisse du montant annuel du financement de la part des villes membres de
l’EPCC, en contrepartie de la subvention annuelle de 308 000 € accordée par la région Haute-
Normandie.
Cette incertitude sur le montant définitif des ressources a été préjudiciable au
fonctionnement de l’établissement et a rendu difficile la construction des budgets primitifs.
L’engagement récemment pris par les deux villes fondatrices à garantir par convention à
l’établissement le montant de leurs contributions financières constituera sans aucun doute un
atout pour la construction des prochains budgets.
La chambre constate que les modifications statutaires de 2015 n’ont pas été
l’occasion de fixer les montants des contributions des personnes publiques. Elle recommande
11
«
Les statuts prévoient les apports respectifs et la part respective des contributions financières de chacune des personnes
publiques membres de l’établissement et les mises à disposition de biens nécessaires à son fonctionnement.
»
12
«
Les villes du Havre et de Rouen s’engagent à conclure avec l’EPCC, dans les six mois de sa constitution, une convention de
financement annuelle renouvelable.
»
13
«
Afin que l’EPCC puisse inscrire ses actions dans un cadre de financement pérenne, nos villes (Le Havre et Rouen) se sont
engagées à conclure avec l’EPCC une convention de financement aux termes de laquelle chacune des collectivités allouera un
concours financier garanti dans son montant et ses modalités de reversement.
»
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
11
à l’établissement de mettre ses statuts en conformité avec l’obligation de garantir à l’EPCC
son autonomie financière. Afin de fournir un cadre pérenne de financement à l’établissement,
le maire de la ville du Havre a indiqué qu’il était favorable à une modification statutaire.
*
Pour conclure sur la gestion administrative et statutaire, il a été observé que les
modalités de fonctionnement et les règles d’organisation du conseil d’administration fixées
dans les statuts sont respectées. Les dispositions reprises dans les statuts sont conformes au
corpus législatif et réglementaire régissant les EPCC. Il est cependant rappelé qu’en dépit de
la signature en 2015 avec la ville de Rouen et en 2016 avec le Havre, de conventions de
financement assurant à l’établissement le montant de leurs contributions respectives,
l’inscription, dans les statuts, du montant des contributions des collectivités membres d’un
EPCC est d’application légale. De plus, la gouvernance gagnerait en qualité si le conseil
d’administration s’assurait de la conformité des orientations générales qu’il a déterminées par
la fixation d’objectifs précis.
3 -
Le fonctionnement et l’activité des régies
a -
La régularité des actes constitutifs et de nomination des régisseurs
Par délibérations successives ont été instituées sur les deux campus une régie
d’avances et une régie de recettes. Les actes constitutifs des régies sont réguliers et
n’appellent pas d’observations. Il avait toutefois été relevé que les catégories de recettes et
de dépenses susceptibles d’être payées ou encaissées par les régisseurs manquaient de
précisions. Sur ce point, la nature et la catégorie des recettes et des dépenses pouvant être
perçues ou payées par les régisseurs ont été précisées dans des actes modificatifs pris le
15 novembre 2015.
L’examen des arrêtés de nomination
14
des régisseurs avait appelé deux
remarques. La première concernait l’absence de désignation, depuis novembre 2013, d’un
nouveau mandataire à la régie d’avances de Rouen. La seconde avait trait aux montants des
indemnités de nouvelle bonification indiciaire (NBI), de responsabilité et de cautionnement
fixés dans les arrêtés de nomination qui n’étaient pas conformes, au regard des montants
transitant par les régies (tableau n° 1 de l’annexe 1), aux seuils fixés par les textes. Par
décision n° 2015/231 du 15 novembre 2015, l’école a procédé à la nomination d’un mandataire
du régisseur d’avances de Rouen et a ajusté le montant des indemnités des régisseurs aux
seuils définis par la réglementation.
b -
L’activité des régies de recettes et d’avances
L’examen des comptes des régies de recettes en attente de versement a fait
apparaître aux bilans de sortie 2012 et 2013 des soldes créditeurs. Or, ces comptes auraient
dû, en toute logique, être soldés en fin d’exercice. Ce manque de rigueur a eu une influence
sur les résultats, déjà affectés par l’absence de rattachement des charges, et a emporté des
conséquences sur le niveau de trésorerie.
De plus, au regard de l’activité annuelle des régies d’avances de 18 281 € en 2014,
en constante diminution, il avait été préconisé d’ajuster le montant maximum fixé à
3 000 € à l’activité financière, ce que l’école a fait en 2015 en adaptant le montant des régies
sur les volumes financiers transitant réellement dans la caisse des régisseurs.
*
En conclusion, les actes constitutifs des régies et actes de nomination des
régisseurs sont conformes à la réglementation et les montants des régies sont en adéquation
avec les besoins réels d’activité depuis que l’établissement a engagé fin 2015 les mesures de
14
Article 4 des arrêtés de nomination du 10 avril 2012.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
12
correction et d’amélioration nécessaires. Une attention doit toutefois être maintenue sur le
rythme des reversements des recettes et le solde des comptes d’attente en fin d’année.
B -
La gestion budgétaire et comptable
1 -
La qualité de l’information financière
La qualité de l’information a été appréciée à travers deux domaines :
- les rapports de présentation et le contenu des débats d’orientations
budgétaires ;
-
l’information délivrée sur les missions de l’établissement.
a -
Les notes de présentation et les débats d’orientations budgétaires
En application des dispositions de l’article L.2312-1 du CGCT, des débats
d’orientations budgétaires ont toujours été organisés avant la séance du vote du budget. En
revanche, le débat d’orientations budgétaires 2012 a eu lieu trois mois avant le vote du budget.
Le contenu des débats et des notes de synthèse, transmises au préalable à la
tenue du débat, s’est enrichi au fil des années. La chambre souligne l’amélioration continue
de la qualité de l’information budgétaire et estime que les membres du conseil d’administration
disposent d’une information budgétaire plus complète qui leur permet de suffisamment les
éclairer lors du vote du budget.
b -
La qualité des informations relatives à l’activité de l’ESADHaR
L’examen des délibérations a fait apparaître un défaut d’information sur l’activité
de l’école au conseil d’administration. En dehors de la présentation obligatoire de son bilan
pédagogique 2011-2014 et des comptes rendus des décisions prises au titre de sa délégation,
le directeur a transmis aux membres du conseil d’administration entre 2011 et 2015, deux
présentations succinctes des principales manifestations organisées par l’école, sans étayer la
description par des éléments qualitatifs et quantitatifs.
Dès lors, comme l’ont réclamé les membres en demandant, par exemple, que leur
soit communiqué un rapport de présentation, la chambre invite l’établissement à dresser
régulièrement un bilan de ses activités au conseil d’administration. Sans préjuger de la qualité
des informations qui seront communiquées, il est toutefois noté que l’établissement a pris en
compte ce défaut d’informations sur les activités de l’école en modifiant d’ores et déjà la
structure de présentation de son rapport d’activités.
2 -
La sincérité budgétaire
a -
La construction et l’évolution des budgets
Bien que la création de l’EPCC ait été prononcée à compter du 1
er
janvier 2011, le
premier semestre a été consacré à la construction administrative et pédagogique de l’entité,
l’EPCC n’a commencé à véritablement fonctionner qu’à compter du second semestre.
C’est pourquoi, dans l’attente de l’adoption du premier budget de l’établissement,
par une convention de gestion temporaire complétée par un avenant, tous deux approuvés
par leurs conseils municipaux respectifs, les villes du Havre et de Rouen ont continué à
avancer les dépenses et à encaisser les recettes pour le compte de l’ESADHaR. En
contrepartie, sur la base d’un état récapitulatif établi au plus tard le 31 octobre 2011, l’école
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
13
s’engageait à rembourser les villes des dépenses réalisées pour son compte et, inversement,
ces dernières reversaient à l’EPCC les recettes perçues.
Ainsi, le premier budget primitif de l’école, approuvé le 2 mai 2011, a été ajusté
par une décision modificative le 11 octobre 2011 du montant réel du remboursement des
dépenses avancées par les deux villes, soit 922 369 € pour le Havre et 2 599 120 € pour
Rouen. Il comprenait également les surcoûts de fonctionnement induits par la création de la
nouvelle structure, dont l’alignement des régimes indemnitaires entre les agents des deux
villes, estimé à 40 000 €, et les déplacements inter-campus pour 30 000 €. La section
d’investissement incluait seulement les immobilisations acquises directement par l’EPCC.
Avec un budget moyen de 3,3 millions d’euros (M€) en section de fonctionnement
et 73 000 € en section d’investissement, le budget initial de l’ESADHaR se situait dans le haut
de la moyenne des budgets des EPCC, établi, selon le comité de liaison des établissements
publics de coopération culturelle, en 2011 entre 1,5 M€ et 5 M€.
Au total, le budget de fonctionnement cumulé des deux anciennes écoles (hors
mises à disposition des locaux) est passé de 3,3 M€ en 2010 à 3,9 M€ en 2015. Le surcoût de
l’autonomisation juridique est donc estimé à 600 000 € (hors ressources extra budgétaires des
immobilisations transférées), soit 16 % d’augmentation. Sur la base de ce constat, la chambre
estime que les économies attendues de la fusion, d’un point de vue strictement budgétaire, ne
sont pas au rendez-vous.
b -
La qualité de la prévision budgétaire
L’exécution budgétaire des opérations réelles de dépenses et de recettes, pour les
deux sections
15
, est présentée en annexe 1 (tableau n° 3).
Le taux d’exécution budgétaire des dépenses de la section de fonctionnement se
situe aux alentours de 96 % mais avec des disparités. La chambre note que diverses mesures
(fiche de demande de crédits, prévisions d’achat …) ont été prises pour améliorer la qualité
des prévisions des dépenses de fonctionnement. La prévision des charges de personnel est
de 92 %. Pour améliorer la qualité de ses prévisions budgétaires en matière de dépenses de
personnel, l’ordonnateur indique qu’il a construit un fichier recensant les éléments individuels
de rémunération de chaque agent. La chambre ne peut qu’encourager cette initiative.
Le taux d’exécution des recettes de fonctionnement oscille entre 99 % et 104 %.
Cette situation est en partie imputable à l’absence de connaissance des montants des
contributions des villes fondatrices au moment de la construction du budget. Pour autant, c’est
la prévision des produits des services à caractère culturel, reposant pourtant sur des données
chiffrées et certaines (nombre d’inscriptions et application des tarifs), qui est la moins
maîtrisée, le taux de réalisation variant entre 78 % et 140
% sur la période examinée.
Sur l’insuffisante précision des produits des services à caractère culturel, la
direction de l’établissement, après avoir précisé l’origine des difficultés qui résulterait «
d’un
décalage (que la chambre n’a pas manqué d’observer) dans le solde des régies en fin
d’exercice et de la forte baisse des inscriptions aux ateliers des beaux-arts sur le campus de
Rouen
», indique que «
pour affiner les estimations de ces recettes, des outils vont être mis
en place.
»
D’une manière générale, l’insuffisante estimation des crédits est compensée en
exécution par des annulations de dépenses, qui tendent néanmoins à diminuer.
A la lumière de ces données, il y a lieu d’estimer que les prévisions budgétaires
sont perfectibles, constat par ailleurs confirmé par la direction qui précise «
qu’en matière
financière, il n’existe pas d’outils de pilotage… Il est néanmoins envisagé, en matière de
15
L’ESADHaR ne déclare pas de restes à réaliser.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
14
ressources humaines, la construction d’outils afin d’affiner le calcul de la masse salariale.
» La
chambre prend acte des mesures envisagées en faveur de l’amélioration de la qualité de la
prévision budgétaire.
Comme l’indique la direction, «
l’anticipation des baisses des inscriptions aux
ateliers des beaux-arts a pu conduire à minorer fortement les prévisions de produits des
services culturels
», la chambre réitère néanmoins sa remarque sur le fait que ce mode de
construction du budget peut entraîner, à terme, un mouvement inflationniste du montant des
contributions financières pour compenser l’anticipation de la baisse des produits à caractère
culturel.
c -
La sincérité des restes à réaliser et la qualité de la tenue de la comptabilité
des engagements
Jusqu’en novembre 2014, l’établissement ne disposait pas d’outil comptable
suffisamment robuste permettant de garantir la fiabilité de la comptabilisation des
engagements. Ils étaient suivis manuellement dans un tableur. Depuis, l’établissement a fait
l’acquisition d’un logiciel comptable « MAGNUS ».
En parallèle du déploiement de l’outil qui permet désormais de tracer les étapes
d’exécution de la dépense, l’école a engagé des mesures visant à «
pointer les engagements
qui n’ont pas fait l’objet d’un mandatement sur l’exercice auquel ils se rattachent et les recettes
certaines n’ayant pas donné lieu à l’émission d’un titre de recettes sur l’année à laquelle elles
se rapportent.
» Dans ce cadre, une date limite des engagements a même été fixée (pour la
gestion 2014, au 30 novembre).
En conséquence, la chambre constate la mise en place tardive d’une comptabilité
des engagements mais souligne les efforts de l’établissement, depuis 2014, pour renforcer la
fiabilité de la comptabilisation des restes à réaliser qui devront toutefois être poursuivis.
*
Aussi, même si la sincérité budgétaire n’est pas remise en cause, la chambre invite
l’établissement à consolider sa procédure d’évaluation des restes à réaliser et à améliorer la
qualité de sa prévision budgétaire.
3 -
La régularité des opérations comptables
L’établissement n’ayant souscrit aucun emprunt, l’appréciation de la régularité
comptable s’est donc limitée à vérifier :
-
le caractère effectif et significatif des rattachements de charges et de produits ;
-
la reprise des subventions d’équipement au compte de résultat ;
- le respect des obligations réglementaires en matière d’amortissement et de
provisionnement.
a -
Le rattachement des charges et des produits à l’exercice
Selon l’école, le rattachement des charges et des produits à l’exercice ne serait
obligatoire que pour les communes et établissements dont la population est égale ou
supérieure à 3 500 habitants. Sur ce point, il est rappelé que le rattachement des charges et
produits à l’exercice découle du principe d’indépendance des exercices et qu’en conséquence,
les dispositions de l’article L. 2313-1 du CGCT s’appliquent aux établissements publics locaux
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
15
régis par la nomenclature M14, les EPCC ne bénéficiant pas de dispositions dérogatoires en
la matière.
Aussi, jusqu’en 2013, l’établissement n’a pas répondu au principe budgétaire
d’annualité. Cette situation a conduit à présenter des résultats qui ne correspondaient pas à
l’image de l’activité économique de l’EPCC. En effet, la double comptabilisation, en 2013, des
dépenses de remboursement des personnels mis à disposition par la ville du Havre, d’un
montant de 200 000 €, a engendré un résultat excédentaire de plus de 190 000 € en 2012 et
déficitaire de plus de 230 000 € en 2013. Si l’établissement avait rattaché cette charge à
l’exercice, les résultats de fonctionnement auraient été modifiés comme suit :
En €
2012
2013
Résultat de fonctionnement de l'exercice
195 980,56
- 230 127,26
Prise en compte du mandat
203 532,06
203 532,06
Nouveau résultat de fonctionnement
- 7 551,50
- 26 595,20
Afin de ne pas reproduire cette erreur
16
, l’EPCC a donc initié, en 2013, une
procédure de rattachement des charges les plus significatives. Depuis 2015, l’école a étendu
ses opérations de rattachement à l’ensemble des charges. La chambre relève l’amélioration,
tout en réitérant la nécessité de parfaire le dispositif par la mise en oeuvre d’une procédure
automatisée et systématique de renseignement des éléments du service fait dans l’outil.
b -
La politique d’amortissement des immobilisations et de provisionnement
L’inventaire
comptable
des
immobilisations
nouvellement
acquises
par
l’établissement n’ayant été mis en place qu’en 2014, l’ESADHaR était donc dans l’incapacité
de pratiquer une politique d’amortissement de ses immobilisations avant.
L’article L. 2321-2-27 du CGCT impose aux communes dont la population est
égale ou supérieure à 3 500 habitants, ainsi qu’à leurs établissements publics, d’amortir leurs
immobilisations dans les conditions fixées à l’article R. 2321-1 du CGCT. Dès lors, les
nouvelles immobilisations acquises directement par l’EPCC auraient donc dû obligatoirement
être inscrites à son actif et faire l’objet d’amortissements dès leur entrée dans le patrimoine de
la structure.
De même, l’établissement n’a initié une politique de provisionnement qu’à compter
de 2015.
La politique de dotation aux amortissements tardive est sans doute à l’origine de
l’écart de 29 % présenté dans le tableau n° 5 de l’annexe n° 1, entre l’inventaire de
l’ordonnateur et l’actif du bilan tenu par le comptable. En vue de rétablir la concordance des
comptes, l’ordonnateur, comme il s’y est engagé, se rapprochera des services du comptable
public.
*
La chambre constate que l’établissement s’est inscrit, depuis 2014, dans un
processus d’amélioration de la fiabilité de ses comptes. Dans le prolongement de ce constat,
le budget primitif 2016 a également été complété des états et annexes susceptibles
«
d’intéresser la structure
». L’EPCC doit poursuivre les mesures engagées en faveur de la
régularité des comptes et devra formaliser ses procédures.
16
Au titre de 2012, au bordereau n° 1 du journal des mandats du 21 janvier 2013, pour un montant de 203 532,06 € imputé au
compte 64111 et au titre de 2013, sur le bordereau journal n° 63 du 17 janvier 2014, pour un montant de 191 969,96 €.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
16
C -
La gestion du patrimoine
1 -
Les modalités de transfert de biens
Aux termes de l’article 25.1 des statuts, les communes «
s’engageaient à définir,
dans un délai maximum de six mois après la création de l’EPCC, les modalités de mises à
disposition des biens meubles et immeubles nécessaires au fonctionnement de
l’établissement.
»
En application de cette disposition statutaire, ont été examinées les conditions
dans lesquelles ont eu lieu les apports des villes en biens immeubles et meubles.
a -
Les mises à disposition des immeubles
Les apports en immeubles ont pris la forme de mises à disposition qui se sont
traduites dans des conventions
17
. Entre 2011 et 2014, sept emprises immobilières ont été
mises à disposition de l’EPCC à titre gratuit par les deux communes.
La convention de mise à disposition conclue en 2011 avec la ville de Rouen
prévoyait que, durant la phase transitoire pour laquelle aucun délai n’avait été fixé, la ville
continuerait à prendre à sa charge les abonnements et les consommations de fluides, les
contrats d’entretien nécessaires au fonctionnement des locaux, ainsi que les impositions, y
compris la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Des refacturations liées aux abonnements et aux consommations des fluides sont
intervenues à partir de 2012. En revanche, certaines dépenses relatives à la formation des
agents ou aux contrôles réglementaires sont restées à la charge de la ville de Rouen. Ces
dispositions
ont
perduré
jusqu’au
1
er
octobre
2014,
date
du
déménagement
du
centre-ville vers les hauts de Rouen. L’établissement a donc pour partie fait l’économie,
pendant plus de trois ans, de certaines dépenses de fonctionnement.
En revanche la nouvelle convention de 2014 relative à la mise à disposition des
anciens locaux du collège Jean Giraudoux, a remis ces dépenses directement à la charge de
l’EPCC et a ajouté
18
notamment les dépenses de chauffage et celles liées aux vérifications
périodiques obligatoires. De plus, le maintien en 2016 des mises à disposition par la ville de
Rouen des grandes galeries d’exposition situés à l’Aitre Saint Maclou et des locaux situés rue
Victor Hugo impliquera pour l’EPCC, en plus des nouvelle dépenses induites par le
déménagement, de continuer à prendre en charge les coûts de fonctionnement notamment de
fluide et de maintenance de ces espaces.
b -
Les mises à disposition des biens meubles
Conformément à leur engagement statutaire, les modalités des mises à disposition
par les villes des biens meubles nécessaires au fonctionnement de la nouvelle structure ont
été définies dans les conventions de mises à disposition des immeubles des villes du Havre
et de Rouen des 15 février et 7 mars 2011.
La convention conclue avec la ville du Havre prévoyait que les mises à disposition
des biens meubles devaient faire l’objet d’un recensement. Un inventaire a bien été réalisé, le
matériel informatique et le mobilier ont même été valorisés mais les états descriptifs
communiqués à la chambre par l’établissement n’étaient ni datés, ni signés.
17
Pour la ville du Havre : conventions des 15 février 2011 et 20 octobre 2013. Pour la ville de Rouen : conventions des 7 mars
2011 et 25 juillet 2014.
18
Telles que l’entretien, les charges locatives, les impôts et taxes, les dépenses relatives aux vérifications périodiques obligatoires,
à la maintenance des ascenseurs, au matériel d’extraction, aux extincteurs et équipements de cuisson et de désenfumage, ainsi
que celles relatives à l’entretien de la cour et des espaces verts, la ville n’intervenant qu’une fois par an pour l’entretien de ces
espaces.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
17
L’article 12 de la convention de mise à disposition du 7 mars 2011 conclue avec la
ville de Rouen, prévoyait également la réalisation d’un état des lieux des équipements
mobiliers auquel devait être annexé une description générale des collections de la bibliothèque
et un inventaire des matériels informatiques et techniques. Or, dans les faits, aucun inventaire
physique n’a été réalisé. Ce n’est qu’à l’occasion du déménagement du campus de Rouen en
2014 qu’un état des lieux de sortie de l’Aître Saint-Maclou et d’entrée dans les locaux de
l’ancien collège Jean Giraudoux a été effectué. A l’instar de celui de la ville du Havre, les états
descriptifs du mobilier, des matériels techniques et informatiques et de certains tableaux et
statues transmis par l’école, ne sont ni datés, ni signés.
Même si, à la différence des contributions financières, les mises à disposition en
nature peuvent être regardées comme des ressources extra budgétaires, donc susceptibles
de ne pas être valorisées dans les comptes annuels, elles sont toutefois considérées comme
des apports aux termes de l’article R. 1431-2 du CGCT. Aussi, en application de l’article
25-1 des statuts et de l’article 3 de la convention de mise à disposition de la ville du Havre,
elles auraient dû être mentionnées en information dans les annexes aux comptes financiers.
La circulaire interministérielle du 18 avril 2003
19
préconise même d’identifier les apports en
nature dans les statuts.
En définitive, autant la sécurité juridique des apports en immeubles a été garantie
par des conventions de mises à disposition, autant celle des biens meubles répertoriés dans
des tableaux (non datés et dont l’exhaustivité est susceptible d’avoir été compromise par une
identification qui est intervenue trois ans après leurs mises à disposition), n’a pas été assurée
de manière optimale.
Ce défaut de contractualisation des mises à disposition des biens meubles pourrait
poser des difficultés en cas de reprise par les communes et pose la question de la pérennité
de leur jouissance.
A la lumière de ce qui précède, la chambre préconise de clarifier le statut de ces
biens, notamment de déterminer à qui incombe la responsabilité d’assurer leur
renouvellement, et recommande de procéder au plus vite à un état des lieux contradictoire.
En réponse, le maire de la ville du Havre a indiqué qu’à l’occasion du
renouvellement de la convention de mise à disposition des locaux situés rue Deminof, un état
des lieux contradictoire serait établi.
2 -
Le suivi du patrimoine mobilier
a -
La tenue des inventaires
S’agissant des oeuvres d’art, il convient de préciser que seules les oeuvres
produites par les agents rémunérés par l’État ou par les collectivités territoriales ont le
caractère de domaine public mobilier, avec les conséquences qui en découlent en termes
d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité. Par conséquent, seules les productions des enseignants
ou les oeuvres non récupérées par les étudiants, exposées dans les locaux de l’école, sont
concernées par un inventaire. A l’exception des oeuvres entreposées dans les locaux de
l’artothèque qui ont fait l’objet d’une mise à jour le 14 mai 2015, les oeuvres relevant du
domaine public mobilier ne sont ni suivies, ni recensées.
À l’identique, les fonds et les collections des bibliothèques sont insuffisamment
inventoriés. Seuls les fonds partagés avec la bibliothèque municipale de Rouen ont été
répertoriés de manière informatique mais la base n’a pas été actualisée depuis 2007. Les
collections de la bibliothèque du Havre n’ont jamais été répertoriées. Un inventaire est
toutefois envisagé pour 2016.
19
Circulaire interministérielle (Intérieur et Culture) portant «
Mise en oeuvre de la loi n° 2002-6 du 4 janvier 2002 relative à la
création d’établissements publics de coopération culturelle et du décret n° 2002-1172 du 11 septembre 2002.
»
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
18
La gestion des prêts de livres n’est que partiellement informatisée à Rouen et ceux
du Havre sont en cours d’informatisation.
Par ailleurs, les étudiants peuvent emprunter du matériel audiovisuel et
informatique auprès de magasin (un par campus). Leur gestion diffère d’un campus à l’autre,
aucun rapprochement physico-comptable n’a été réalisé depuis 2011 et le suivi physique,
limité aux nouvelles acquisitions, n’a été initié qu’en 2014.
Enfin, une quinzaine d’ateliers est répartie entre les deux campus, auprès
desquels les étudiants ou les enseignants peuvent acheter ou disposer de matériaux (bois,
métal) nécessaires à leurs réalisations artistiques. Leur mode de suivi est laissé à la discrétion
de chaque responsable et il n’existe pas de gestion des stocks. Les dépenses sont toutefois
limitées à 1 000 € par atelier et par semestre. En ce domaine, la direction a précisé que
l’harmonisation et la simplification des nouveaux tarifs votés en 2015 «
ouvrent la voix d’une
gestion informatique (…) dont la mise en place est prévue pour le second semestre 2015.
»
De l’avis de la chambre, la tenue des inventaires des oeuvres artistiques, des
collections, des fonds documentaires, des magasins et des ateliers souffre de lacunes. Les
conditions de tenue des inventaires ne sont pas formalisées et obéissent à des règles
hétérogènes.
b -
La comptabilisation des biens culturels publics
Un avis du conseil de normalisation des comptes publics (CNOCP)
20
précise que
les collections de documents anciens, rares ou précieux des bibliothèques doivent faire l’objet
d’une comptabilisation en tant que biens historiques et culturels.
Or, les collections ou les fonds ayant une valeur patrimoniale n’ont jamais été
valorisés. Aussi, en application de la réglementation relative à la comptabilisation des biens
historiques et culturels contrôlés par une entité du secteur public, l’EPCC devra annexer à ses
comptes la liste et les principales caractéristiques des documents anciens, rares ou précieux,
conformément aux règles et aux modalités de valorisation des biens culturels
21
. L’ordonnateur
indique vouloir établir une procédure dans ce domaine.
*
Pour conclure, le suivi du patrimoine est marqué par de nombreuses insuffisances
et carences. La chambre recommande à l’établissement de conduire une réflexion générale
sur la tenue d’inventaire, en définissant une organisation pérenne du suivi de ces biens par
une homogénéisation des règles d’articulation entre l’inventaire physique et comptable.
D -
La gestion des ressources humaines
1 -
Les modalités de transfert de personnels
Les transferts des agents contractuels des écoles vers l’EPCC ont été conduits
conformément au dispositif prévu au II de l’article 3 de la loi du 4 janvier 2002, modifiée par la
20
Avis n° 2012-07 du 18 octobre 2012 relatif aux biens historiques et culturels.
21
Les biens déjà contrôlés sans avoir été comptabilisés avant la date d’application de l‘avis au 1er janvier 2013, doivent être
comptabilisés à l’euro symbolique, sachant que, pour ces biens, une information quantitative et appropriée doit être donnée en
annexes du bilan. Les biens historiques et culturels acquis à titre onéreux, après cette date, devront être comptabilisés au coût
d’acquisition et, enfin, les biens reçus à titre gratuit, sous formes de dons ou legs, devront être comptabilisés à la valeur dite
« fiscale » (biens remis en contrepartie d’un allégement fiscal) ou à la valeur à dire d’expert.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
19
loi du 22 juin 2006. Les 28 agents concernés ont conservé le bénéfice de leur ancienneté et
de leurs conditions de rémunération.
Les agents titulaires, à temps complet ou non, remplissant en totalité leurs
fonctions dans un service dont l’objet et les moyens ont été intégralement transférés, ont le
choix entre accepter l’affectation au sein du nouvel établissement ou conserver leur position
dans l’ancienne structure sur un autre poste que la collectivité qui les employait est tenue de
leur proposer.
Sur 50 agents titulaires concernés par le transfert, 58 % ont opté pour une
affectation, 6 % ont demandé leur réintégration et 36 % ont fait le choix d’une mise à
disposition. Les mises à disposition des fonctionnaires des villes du Havre et de Rouen se sont
toutes traduites par des conventions de mises à disposition, conformément au décret
n° 2008-580 du 18 juin 2008.
2 -
Les effectifs
Les effectifs de l’EPCC sont caractérisés par la prédominance de la filière
enseignement. Les professeurs et les assistants d’enseignement artistique représentent
64 % des emplois budgétaires, la filière technique 22,5 %, tandis que la filière administrative
emploie 10 % des effectifs de l’école. Compte tenu de son activité principale, les agents
relevant de la catégorie A représentent 65 % des effectifs, et les agents de catégorie C
seulement 28 %. Enfin, la part du personnel non titulaire représente, en moyenne, 40 % des
effectifs.
a -
Les effectifs permanents
L’ESADHaR n’a pas réalisé de bilans sociaux au titre des années 2011 et 2013.
La chambre note toutefois son engagement de l’établir pour 2015. De plus, jusqu’en 2015, les
annexes relatives à l’état du personnel étaient incomplètes, voire erronées. L’établissement a
indiqué que les incohérences relevées étaient liées à un problème de logiciel et que,
désormais, l’état du personnel annexé au budget 2016 a été dûment complété.
Dans ces conditions, les données liées aux effectifs pour la période
2011-2015 ont été analysées à partir des décisions du conseil d’administration, des journaux
de paye, des organigrammes et des conventions de mises à disposition fournis par
l’établissement.
La délibération du 9 juin 2011 a porté le nombre de postes budgétaires à 80,
correspondant à 71,8 ETP. Des différences entre le tableau des effectifs et les effectifs
physiquement présents ont toutefois été constatées.
Un second tableau des emplois, voté le 18 décembre 2014, a fait passer le nombre
de postes autorisés à 70 pour 64 ETP, soit une économie de 10 postes (le détail figure au
tableau n° 2 de l’annexe 3).
Enfin, suite à la création de deux postes à temps complet, la dernière situation des
effectifs, au 1
er
juin 2015, s’établissait à 72 agents pour 65,70 ETP.
Entre juin 2011 et juin 2015, l’EPCC a perdu huit postes budgétaires (6,15 ETP).
A cette diminution, il convient d’ajouter trois emplois d’insertion
22
.
22
Un poste adulte relais, créé en 2011, pour lequel l’ESADHaR a signé une convention de trois ans avec l’État au terme de
laquelle une aide financière de 80 %, dans la limite de 20 991,10 € par année, lui a été octroyée, puis un poste de contrat
d’accompagnement dans l’emploi (CAE) créé par délibération du 31 mars 2013 et un poste de contrat unique d’insertion (CUI)
créé en décembre 2014 (d’agent technique polyvalent).
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
20
b -
Les emplois non permanents et les vacataires
À côté des contractuels et des titulaires, comme l’y autorise l’article 3 de la loi
n° 84-53 du 26 janvier 1984, pour faire face à un accroissement temporaire ou saisonnier
d’activité, l’EPCC a recours à des emplois non permanents et à des vacataires
23
.
Il n’existe pas de définition légale ou règlementaire des vacataires. La seule
définition est d’origine jurisprudentielle. Elle est issue de l’arrêt « Planchon » du 23 novembre
1988, par lequel le Conseil d’État pose trois conditions cumulatives pour qualifier une
vacation
24
.
La délibération du 19 décembre 2011 détermine effectivement le cadre des
interventions
25
(artistes invités, membres de jury et modèles vivants) et précise qu’il s’agit de
recrutements destinés à satisfaire un besoin ponctuel.
Du point de vue de la régularité, conformément aux attributions confiées au conseil
d’administration, les tarifs et les conditions de prise en charge des vacations ont été fixés par
délibération. De plus, quand bien même le choix des intervenants et des membres des jurys
est
laissé
à
la
libre
appréciation
des
enseignants,
les
arrêtés
individuels
de
2013 ont été pris par le directeur en application de la délégation que lui a consentie le conseil
d’administration.
Toutefois, sur les cinq arrêtés contrôlés, trois avaient été pris postérieurement à la
date de prise de fonction des intéressés. Il conviendrait donc, pour l’avenir, de prendre les
arrêtés individuels des vacataires lors de leur prise de fonction et d’affiner la nature des
missions confiées et/ou de la prestation réalisée qui reste, d’une manière générale, laconique.
3 -
La durée légale du temps de travail
La législation en matière de temps de travail fixe la durée légale, pour un agent
travaillant à temps complet, à 1 607 heures par an. Au sein de l’ESADHaR, cette disposition
concerne les personnels de la filière administrative, technique et culturelle des agents de
conservation du patrimoine.
Les professeurs territoriaux d’enseignement d’arts plastiques et les assistants
territoriaux d’enseignement artistique relèvent de statuts particuliers
26
. Ils sont soumis
respectivement à une obligation de service hebdomadaire de 16 et 20 heures.
En l’absence d’emplois du temps, de pointeuse et de règles écrites en la matière,
le contrôle des heures réellement effectuées par les agents n’a pas pu être réalisé.
Sur la base des seules informations transmises par l’EPCC, le temps de travail
effectif du personnel serait conforme à la durée légale. Pour autant, la chambre recommande
que les dispositions relatives à la durée du temps de travail soient formalisées dans un
règlement intérieur. A cet égard, l’école a indiqué son intention de soumettre un projet de
règlement intérieur au prochain comité technique en vue d’une approbation par le conseil
d’administration.
23
La chambre précise que le terme de vacataire est utilisé pour désigner des agents contractuels rémunérés sur la base de
vacations, c'est-à-dire généralement à l'heure, à la demi-journée ou à la journée, mais qui travaillent de manière régulière pour
l'administration. En effet, en pratique, le recours à un vacataire est rare. Il est rémunéré à la vacation, c'est-à-dire à la tâche qui
est si ponctuelle et exceptionnelle qu'elle ne nécessite pas d'engager un agent non titulaire par contrat.
24
La spécificité dans l’exécution de l’acte : l’agent est engagé pour une mission précise ou pour un acte déterminé, la discontinuité
dans le temps, c’est-à-dire que les missions concernées correspondent à un besoin ponctuel de la collectivité
ou de
l’établissement et la rémunération qui doit être liée à l’acte pour lequel l’agent est recruté.
25
Artistes invités à réaliser une exposition - conférenciers - personnalité appelée à intervenir en complément d’un enseignant en
raison de sa spécialité ou de son expertise - personnes désignés membres des jurys - modèles vivants.
26
Décret n° 91-857 du 2 septembre 1991 portant statut particulier du cadre d’emplois des professeurs territoriaux d’enseignement
artistique (musique, danse, art dramatique et arts plastiques) et décret n° 2012-437 du 29 mars 2012 portant statut particulier du
cadre d’emplois des assistants territoriaux d’enseignement artistique.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
21
4 -
Le régime indemnitaire
Le régime indemnitaire applicable aux agents de l’ESADHaR a été adopté par
délibération en date du 9 juin 2011. Elle dresse une liste des indemnités traditionnelles
susceptibles d’être perçues par les agents de droit public et, afin d’harmoniser les situations
individuelles des deux villes, elle crée une prime indemnitaire complémentaire minimum par
grade sur la base du régime indemnitaire minimum le plus favorable des deux collectivités.
De l’avis de la chambre, telles que définies par la délibération de 2011, les
modalités relatives à la mise en oeuvre du régime indemnitaire au sein de l’ESADHaR
mériteraient d’être précisées.
En effet, la délibération se contente de rappeler les textes de référence sans
toutefois préciser, pour chacune des indemnités, les cadres d’emplois, les filières ou les
grades susceptibles d’y prétendre. Elle ne fixe pas davantage les taux ou les coefficients liés
à ces indemnités. De même, les emplois et les missions susceptibles d’impliquer la réalisation
d’heures supplémentaires ou de recourir aux astreintes ne sont pas définis, ce qui sous-entend
que l’ensemble des agents peuvent y prétendre.
Pour les agents autres que ceux relevant de la filière technique, la possibilité de
récupérer tout ou partie des heures supplémentaires et des astreintes sous la forme d’un repos
compensateur n’est pas non plus prévue. Toutefois, dans la mesure où la majorité des heures
payées en heures supplémentaires correspondent à des heures d’enseignement
27
(HSE
28
et
HSA
29
) qui doivent obligatoirement être payées dans les conditions définies par le décret n°
50-1223 du 6 octobre 1950, les marges de manoeuvre de l’école restent limitées.
Ces imprécisions sont néanmoins de nature à ouvrir le bénéfice de l’ensemble des
indemnités à toutes les filières, grades et emplois, ce qui n’est pas sans risque pour la maîtrise
de la masse salariale.
Dans le prolongement de cette observation, il a été constaté que la délibération
prévoyait la détermination, par filière, d’enveloppes budgétaires par indemnités. Au jour du
présent rapport, cette disposition n’avait toujours pas été mise en oeuvre. Elle aurait pourtant
pu contribuer à ralentir la hausse tendancielle des charges indemnitaires.
*
En conclusion, sur la gestion des ressources humaines, après un démarrage lent
et difficile où l’établissement a dû gérer les transferts de personnel, l’alignement des régimes
de rémunération, les situations de cumul d’emplois ou encore l’octroi de l’indemnité en zone
urbaine sensible, dans le cadre du changement du siège social et la tension sociale induite
par le déménagement, l’établissement vient seulement de stabiliser ses effectifs et d’achever
la régularisation des situations individuelles. Il maîtrise davantage l’adéquation entre les
autorisations budgétaires et les effectifs réels par une connaissance plus précise de leur
27
Année 2012 : total d’heures supplémentaires payées : 14 335 € dont 4 589 € au titre des HSE et 5 848 € d’heures
complémentaires d’enseignement (sans majoration). Année 2013 : total d’heures supplémentaires payées : 19 969 € dont 15 000
€ d’HSE. Année 2014 : total d’heures supplémentaires payées : 14 217 € dont 8 233 € d’HSE et 5 823 € d’heures
complémentaires.
28
Rémunération des heures supplémentaires d’enseignement.
29
Rémunération des heures supplémentaires annuelles.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
22
situation et de leur évolution qui, au regard des incohérences des pièces transmises au cours
de l’instruction, lui faisait jusqu’alors défaut.
Toutefois, il existe des marges de progrès. Les dispositions relatives au temps de
travail ne sont pas formalisées et le régime indemnitaire souffre d’imprécisions. Le règlement
intérieur n’est toujours pas établi, selon l’ordonnateur un projet devrait toutefois être soumis
pour approbation au prochain conseil d’administration. Les bilans sociaux sont inexistants sur
la période, l’ordonnateur s’est engagé à en établir un au titre de 2015. Jusqu’en 2015, l’état du
personnel était erroné. Dès 2016, l’établissement s’est toutefois employé à corriger les
incohérences relevées. Enfin, les arrêtés attributifs ne sont pas toujours pris ou
a posteriori
et
le montant des indemnités par filière n’est pas plafonné.
IV -
LA SITUATION FINANCIÈRE
A -
L’évolution des dépenses et des recettes
1 -
Les recettes de fonctionnement
Entre 2011 et 2014, les recettes de fonctionnement de l’EPCC, présentées en
annexe 2 (tableau n° 1), ont diminué de 0,4 %. Elles proviennent majoritairement des concours
financiers de personnes publiques qui contribuent, en moyenne, à 93 % aux ressources totales
de l’école. Le reste des recettes de fonctionnement provient des produits des services culturels
(droits d’inscriptions).
a -
Les dotations et participations
La nomenclature comptable M14 fait la distinction entre contributions et
subventions du côté des collectivités financeurs. Mais du point de vue de l’établissement, les
ressources budgétaires sont comptabilisées sans distinction en tant que participations. Il n’est
donc pas possible, à partir des comptes administratifs, de distinguer ce qui relève des
subventions de ce qui relève des contributions obligatoires. Entre 2011 et 2014, les concours
financiers des personnes publiques, toutes confondues, ont diminué en moyenne de
1,7 % par an, soit en valeur moins 90 000 € (tableau n° 2 de l’annexe 2).
Toutefois, sur la période 2011-2015, les ressources institutionnelles se
maintiendraient avec une progression de 0,2 % en moyenne par an. Mais le maintien du niveau
des financements institutionnels cache une autre réalité. En effet, en 2015, les villes
fondatrices ont diminué le montant de leurs contributions compensé par l’octroi d’une
subvention annuelle de la part de la région Haute-Normandie mais dont la pérennité n’est pas
assurée.
La substitution des contributions juridiquement garanties, par l’octroi d’une
subvention qui, par nature, dépend du vote des assemblées délibérantes et qui ne sera pas
nécessairement reconduite, est de nature à fragiliser la situation financière
de l’EPCC.
b -
Les ressources d’exploitation et la politique tarifaire
Entre 2011 et 2014, les ressources d’exploitation ont diminué en moyenne de
28 %. Elles reposent, en quasi-totalité, sur les redevances et les services à caractère culturel
et contribuent pour environ 8 % aux ressources totales de l’établissement.
À titre liminaire, étant donné que les produits des services culturels sont globalisés
au compte de gestion, il n’est pas possible de se fonder sur la comptabilité pour apprécier les
impacts financiers de chacune des catégories de recettes d’exploitation sur le niveau total des
ressources de l’école. C’est pourquoi une analyse par activité a été menée qui nécessite une
précision méthodologique. Le périmètre pris comme référence ne recouvre pas exactement
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
23
celui des recettes d’exploitation inscrites aux comptes administratifs
30
, ce qui explique que les
chiffres présentés en annexe 3 au tableau n° 2 diffèrent quelque peu des comptes
administratifs, mais, compte tenu des écarts, ils permettent, à tout le moins, de dégager les
grandes tendances.
Le conseil d’administration a décidé d’appliquer des tarifs différents en fonction de
la domiciliation des étudiants. Les étudiants non domiciliés dans les villes membres
s’acquittaient, en 2011, de frais de scolarité en moyenne supérieurs de 35 % à celui des
étudiants résidant au Havre ou à Rouen. La différence à la rentrée universitaire
2014-2015 n’était plus que de 25 %.
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
2015/2016
Moyenne des tarifs domiciliés au Havre
ou Rouen
248 €
248 €
303 €
303 €
353 €
Moyenne des tarifs des effectifs hors
domiciliation
334 €
334 €
390 €
390 €
440 €
Différentiel
-35%
-35%
-29%
-29%
-25%
De même, le différentiel tarifaire entre les étudiants boursiers et non boursiers,
souhaité par le conseil d’administration, s’est réduit sous l’effet de l’augmentation et du
regroupement des tarifs. Il est passé de 25 % en 2011 à 16 % en 2015.
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
2015/2016
Moyenne des tarifs boursiers
273 €
273 €
318 €
318 €
368 €
Moyenne des tarifs non boursiers
343 €
343 €
375 €
375 €
425 €
Différentiel
-25%
-25%
-18%
-18%
-16%
En outre, le regroupement des tarifs appliqués aux boursiers en un tarif unique a
produit un effet contraire à celui voulu par le conseil d’administration (différenciation des tarifs
selon la domiciliation). Les boursiers du ressort du Havre et de Rouen ont été moins avantagés
que les boursiers ayant choisi de résider hors de ces deux villes.
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
2015/2016
Evol.
Etudiants boursiers ex échelon 0
domiciliés au Havre Rouen
(années 2 à 5)
170 €
170 €
240 €
240 €
290 €
71%
Etudiants boursiers ex échelon 0
hors domiciliation
(années 2 à 5)
260 €
260 €
320 €
320 €
370 €
42%
Enfin, le différentiel entre résidents et non-résidents, de l’ordre de 30 % en
moyenne pour les étudiants en enseignement supérieur, est de 105 %
pour les cours
dispensés dans le cadre des ateliers des beaux-arts. La mesure de tarification préférentielle
au bénéfice des habitants du Havre et de Rouen s’applique de manière inégale selon que
l’enseignement est de niveau supérieur ou dispensé dans un cadre amateur.
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
Moy.
POST ET PERI SCOLAIRE
Moyenne des tarifs pour les résidents
140 €
172 €
170 €
Moyenne des tarifs hors domiciliation
308 €
338 €
338 €
30
Sous le double effet volume fondé sur la moyenne des tarifs et périmètre (exclusion des produits de l’artothèque, des frais
d’inscription au concours ou de délivrance des diplômes, et des frais d’enseignement du master de création littéraire), les écarts
se situent entre 7 000 € et 37 000 €.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
24
Différentiel
120%
97%
99%
105 %
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
Moyenne des tarifs pour les résidents
248 €
303 €
353 €
Moyenne des tarifs hors domiciliation
334 €
390 €
440 €
Différentiel
35%
29%
25%
30 %
De surcroît, plus les cours post et péri scolaires sont longs, plus la différence entre
résidents et hors résidents est prégnante. Ainsi, en 2015, les cours de 6h00 dispensés aux
adultes qui n’habitent pas le Havre ou Rouen sont 148 % plus onéreux que ceux délivrés aux
résidents alors que l’écart pour les mêmes cours de 2h00 est de 60 %.
Année universitaire
2014/2015
POST ET PERI SCOLAIRE
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 2h
150 €
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 2h
240 €
Différentiel
60%
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 6h
250 €
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 6h
620 €
Différentiel
148%
Il ressort de ces constats que les augmentations tarifaires ont conduit à atténuer
la portée des décisions du conseil d’administration. La politique tarifaire pratiquée par l’EPCC
n’est pas homogène. La chambre l’invite donc à définir une politique de tarification en
cohérence avec les orientations décidées par le conseil d’administration.
En termes d’incidence financière, l’examen a mis en évidence que les recettes de
l’enseignement post et périscolaire procurent, en volume, plus de recettes d’exploitation à
l’EPCC que celles de l’enseignement supérieur. Toutefois, en tendance, il a été constaté une
diminution des recettes des ateliers des beaux-arts contenue par l’augmentation des prix de
14 %, en dépit d’une diminution du nombre des inscriptions de 16 %. Inversement, les produits
des inscriptions en enseignement supérieur ont progressé de 7 %.
Le produit des validations des acquis de l’expérience (VAE) est relativement
stable. Le nombre d’inscrits est d’environ une vingtaine de personnes par an, avec toutefois
un léger recul en 2014. Les tarifs ont peu évolué
31
.
2 -
Les dépenses de fonctionnement
Les charges de fonctionnement ont progressé en moyenne de 3 % par an depuis
2011. Le détail figure en annexe 2 (tableau n° 4).
Les dépenses de personnel représentent en moyenne 88 % des charges de
fonctionnement de l’école. Elles absorbent entre 82 % et 93 % des produits de gestion.
Cette structure s’explique par la nature des activités de l’EPCC qui nécessite du
personnel, notamment d’enseignement, représentant plus de 60 % des effectifs de
l’établissement. Même si leur poids relatif tend à diminuer en fin de période, les charges de
personnel représentent encore 85 % des produits de gestion de l’établissement, ce qui
constitue une source de rigidité significative.
Charges de personnel/produits
de gestion
2011
2012
2013
2014
Var. ann.
Moy.
Charges totales de personnel
3 082 318
3 219 026
3 488 088
3 235 869
1,6%
en % des produits de gestion
82,20%
82,60%
93,30%
85,15%
31
1 000 € à 1 050 € pour les salariés et de 700 € pour les demandeurs d’emplois, tarifs inchangés depuis 2011.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
25
La seconde catégorie de charges de fonctionnement est exclusivement constituée
de charges à caractère général.
a -
Les charges à caractère général
L’augmentation des charges à caractère général, de 15 % en moyenne par an
depuis 2011, résulte de trois années d’augmentation puis d’une année de réduction. Entre
2011 et 2013, la progression atteint 52 %, puis un effort de réduction a été réalisé entre
2013 et 2014, notamment sur les fournitures. Les frais de publication ont été divisés par deux
et les frais postaux et de télécommunication ont enregistré une baisse de 20 %.
Cette baisse (1 %) enregistrée entre 2013 et 2014 aurait pu toutefois être plus
importante si les charges d’énergie et d’électricité et, dans une moindre mesure, les dépenses
d’entretien et de réparation, n’avaient pas augmenté respectivement de 153 % et de 21 % en
une année. La direction explique que ces augmentations correspondent aux surcoûts induits
par le déménagement du campus de Rouen. Or, étant donné que le déménagement n’est
intervenu qu’au 1
er
octobre 2014, les surcoûts
correspondraient à trois mois de
fonctionnement de 2014, soit 18 000 €
32
pour le chauffage et 47 000 € pour les charges
d’entretien pour un seul trimestre.
b -
Les dépenses de personnel
En raison des erreurs et des changements de méthode de comptabilisation et
d’imputation des dépenses de personnel, une analyse des charges de personnel par catégorie
de dépenses ne présenterait pas beaucoup d’intérêt. C’est pourquoi une analyse portant sur
l’ensemble des dépenses de personnel a été privilégiée.
L’évolution de 95 % des charges du personnel de l’EPCC, observée entre
2011 et 2012, s’explique mécaniquement par le fait que les rémunérations des personnels
durant le premier semestre 2011 étaient prises en charge par les villes, puis remboursées par
l’EPCC. Ces charges n’étaient donc pas comptabilisées au titre des dépenses de personnel
mais comme du personnel externe (mis à disposition). Cette analyse est corroborée par les
chiffres
puisque
les
charges
du
personnel
externe
33
ont
baissé
de
91 % entre 2011 et 2012, tandis que les charges de personnel interne
34
ont progressé de 109
%.
En revanche, ni la méthode de comptabilisation, ni l’importance des mouvements
de personnel ne peuvent être à l’origine de l’augmentation des charges totales de
rémunération de 8 % observée entre 2012 et 2013.
Entre 2013 et 2014, l’établissement a réduit ses dépenses de personnel de 7 %.
Cette diminution, qui concerne principalement le personnel titulaire (- 16 %), résulte de la
suppression de postes et du moindre recours aux vacations.
Cette baisse est d’autant plus à souligner que la régularisation des situations de
cumul d’activités a obéré, de fait, les dépenses de rémunération du personnel non titulaire. En
effet, depuis 2011, en méconnaissance de leur situation, l’ESADHaR employait cinq agents
en contrat à durée indéterminée sur des postes à temps non complet, alors que ces derniers
exerçaient déjà une fonction d’enseignement à titre principal auprès de l’éducation nationale.
32
70 000 € / 12 x 3 mois.
33
Rémunérations des agents mis à la disposition par les villes du Havre et de Rouen remboursées par l’EPCC dans l’attente de
leur affectation.
34
Rémunérations des personnels affectés (y compris les cotisations patronales et atténuations de charges) payées directement
par l’établissement.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
26
A compter de septembre 2014, l’ESADHaR a régularisé la situation en mettant fin à leurs
contrats, après avoir informé leur employeur principal. Ces agents sont désormais employés
par le biais de contrats de vacation.
A cet égard, il est rappelé que même si l’activité accessoire exercée dans le cadre
des cours post et péri scolaires correspond à la définition donnée par la circulaire du 11 mars
2008
35
et peut, notamment, revêtir la forme de vacation, ces recrutements ne doivent en aucun
cas satisfaire des emplois vacants qui n’auraient pas été pourvus.
De plus, par exception au principe édicté par l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983,
selon lequel les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public doivent consacrer
l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées, ceux-ci peuvent,
depuis l’entrée en vigueur du décret du 2 mai 2007
36
, cumuler certaines activités
37
avec leur
activité principale. Cependant, l’établissement devra veiller à ce que ces agents aient bénéficié
d’une autorisation préalable de cumul de la part de l’autorité dont ils relèvent.
D’autre part, si les rémunérations versées dans le cadre des activités accessoires
exercées auprès de l’EPCC sont exclues de l’assiette des cotisations sociales, conformément
à l’article D. 171-11 du code de la sécurité sociale, elles sont toutefois soumises à la
contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution pour le remboursement de la dette
sociale (CRDS).
La réduction des dépenses de personnel titulaire
38
, constatée entre 2013 et
2014 ne s’est pas pour autant accompagnée d’une baisse des dépenses indemnitaires mais,
au contraire, d’une hausse. En effet, le montant global des rémunérations principales a baissé
de 18 %, alors que les charges indemnitaires ont progressé de 8 %, en dépit des suppressions
de postes.
Selon la direction, ces évolutions s’expliquent par l’alignement des régimes
indemnitaires sur le régime communal le plus favorable et par la régularisation des situations
individuelles qui a conduit à verser, en une fois, en 2014, certaines primes et indemnités dues
depuis 2011. Or, même si la reconstitution des situations individuelles a pu influer sur le
montant des indemnités, elle ne peut pas justifier, à elle seule, au regard des chiffres avancés
par l’établissement (15 169 € au titre de la garantie individuelle du pouvoir d’achat et 5 995 €
au titre de la part variable de la prime de fonction et de résultat), la différence de trajectoire
entre les rémunérations principales et les primes et indemnités.
L’octroi
d’indemnités
compensatrices
de
régime
indemnitaire
minimum,
l’ouverture à l’ensemble du personnel des primes et indemnités et les choix des personnels
mis en disposition d’intégrer l’école, dont les dépenses indemnitaires étaient auparavant
supportées par les villes, ont également contribué à l’augmentation des dépenses
indemnitaires.
*
En définitive, entre 2011 et 2014, les dépenses de personnel ont augmenté de
1,6
%, alors que sur la même période, l’établissement s’était séparé de 7,80 ETP. La fusion
des deux écoles en une structure unique n’a pas produit les effets escomptés sur les dépenses
de personnel.
35
Circulaire n° 2157 du 11 mars 2008 relative au cumul d’activités. La notion d’activité doit être entendue comme une action
limitée dans le temps qui peut être occasionnelle ou régulière et susceptible de prendre la forme d’une mission ou d’une vacation,
d’une expertise ou d’un conseil.
36
Modifié par le décret n° 2011-82 du 20 janvier 2011.
37
Dès lors que les activités exercées ne portent pas atteinte au fonctionnement normal, à l’indépendance ou à la neutralité du
service.
38
Exclusion faite du personnel non titulaire, puisqu’en raison d’une erreur de paramétrage du logiciel de paies qui a pour
conséquence d’imputer les dépenses indemnitaires des agents non titulaires au titre des rémunérations principales, alors qu’elles
auraient dû être comptabilisées comme des dépenses d’indemnité, l’analyse de l’envolée des dépenses indemnitaires versées
au personnel non titulaire de plus de 1 000 %, entre 2013 et 2014, ne serait pas probante.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
27
B -
L’excédent brut d’exploitation, le financement des investissements et
la trésorerie
Les produits de fonctionnement étant supérieurs aux charges, l’établissement
continue à dégager de l’excédent de fonctionnement, même si ce dernier tend à diminuer. En
2014, il ne représente plus que 1,6 % des produits de gestion, ce qui doit inciter l’école à rester
vigilante sur le niveau de ses dépenses.
Etant donné que l’établissement n’a pas recours à l’emprunt, ses capacités
d’autofinancement nettes et brutes sont identiques. A l’instar de son excédent brut de
fonctionnement, il a été constaté un tassement de sa capacité d’autofinancement en fin de
période.
La faiblesse de son excédent brut de fonctionnement et le recul observé, en fin de
cycle, de sa capacité d’autofinancement disponible, qui lui permet encore de financer ses
petits besoins en équipement, de l’ordre de 55 000 €
39
, doivent amener l’établissement à
s’interroger sur sa capacité à faire face à des investissements imprévus plus importants.
La trésorerie est passée de 1 384 743 € à 481 131 € en 2014 et représente encore
47 jours de charges courantes.
*
En conclusion, la situation financière de l’établissement est en apparence
relativement stable et ne présente aucun motif d’inquiétude.
C -
Les perspectives
Toutefois, à l’aune des prévisions budgétaires 2015, les produits des services
culturels accuseraient une diminution de 8 % par rapport à 2014, due, en partie, à la baisse
de 22 % des produits des inscriptions aux ateliers des beaux-arts. Cette baisse des produits
des cours post et péri scolaires, bien que procurant encore plus de recettes que
l’enseignement supérieur, ne pourra pas être compensée par une progression du nombre
d’inscriptions en enseignement supérieur, au regard de la tendance à la stabilisation observée
depuis 2011.
Parallèlement à la baisse des recettes d’exploitation, à niveau constant d’activité,
les dépenses de fonctionnement augmenteraient de 5 % par rapport à 2014, niveau jamais
atteint depuis la création de l’établissement.
Cette augmentation résulterait pour partie de la progression de plus de 17 % des
charges à caractère général que l’école explique par le transfert au quartier de la Grand’Mare.
Un double phénomène est, à cet égard, à considérer. D’une part, un
accroissement des charges d’énergie (+ 70 000
€ par an environ) et des dépenses de
maintenance des installations des nouveaux locaux, d’autre part, une économie estimée à
58 000 € sur l’utilisation des locaux de l’Aître Saint Maclou
40
.
L’augmentation des dépenses de fonctionnement entre 2014 et 2015 résulte
également de la progression de 3 % des dépenses totales de personnel. Elles rejoindraient
leur niveau de 2013, malgré la suppression de 6,15 ETP (hors emplois aidés)
41
. Pour justifier
39
L’EPCC n’étant pas propriétaire des biens qu’il occupe. La maîtrise d’ouvrage des infrastructures est de la responsabilité des
villes du Havre et de Rouen qui supportent intégralement les travaux de grosses réparations et d’entretiens lourds.
40
Suppression des charges antérieurement remboursées à la commune de Rouen mais maintien des charges liées à l’usage de
la grande galerie de l’Aître Saint-Maclou.
41
Un poste adulte relais, créé en 2011, pour lequel l’ESADHaR a signé une convention de trois ans avec l’État au terme de
laquelle une aide financière de 80 %, dans la limite de 20 991,10 € par année, lui a été octroyée puis un poste de contrat
d’accompagnement dans l’emploi (CAE) créé par délibération du 31 mars 2013 et un poste de contrat unique d’insertion (CUI)
créé en décembre 2014 (d’agent technique polyvalent).
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
28
cette progression, l’établissement invoque «
l’évolution de la rémunération des agents non
titulaires en stagnation depuis 2011, la hausse de la GIPA et, enfin, des éventuelles nouvelles
régularisations de situations individuelles, notamment le versement rétroactif du supplément
familial de traitement (SFT).
»
La perception d’une recette exceptionnelle, estimée à 56 000 €
42
, au titre du
remboursement des cotisations indûment versées à l’URSSAF
43
dans le cadre des cumuls
d’emploi, réduirait de manière conjoncturelle le montant de l’augmentation prévue au chapitre
012 dont il n’a pas été tenu compte lors des estimations.
L’équilibre financier de 2015 est donc assuré par la hausse des contributions et
dotations des personnes publiques de 1,2 %. Or, ces ressources ne sont pas garanties
statutairement et la nouvelle subvention accordée par la région Haute-Normandie en
2015 n’est pas assurée d’être reconduite par la nouvelle région Normandie. En conséquence,
non seulement ces ressources ne peuvent constituer un acquis pérenne pour l’avenir mais,
dans un contexte de raréfaction budgétaire, les personnes publiques ne pourront pas assurer
le fonctionnement de l’établissement par une augmentation continue du montant de leurs
concours financiers.
*
Aussi, l’EPCC devra identifier des nouvelles sources de financement en observant
les pratiques des autres écoles d’art. Dans ce cadre, l’école avait déjà exploité la piste de la
taxe d’apprentissage mais qui s’est révélée improductive : en 2014, l’établissement a récolté
2 500 €, ce qui paraît peu au regard des coûts d’affranchissement, de conception et de
réalisation des plaquettes promotionnelles. Mais surtout, si l’ESADHaR entend maintenir son
niveau d’activité actuel, il devra principalement agir sur ses coûts de fonctionnement par des
mesures de rationalisation et d’optimisation qui ont prouvé leur efficacité en 2013.
V -
LES ACTIVITES
A -
Les missions
Selon l’article 2 des statuts, l’ESADHaR a pour objet de
dispenser un
enseignement supérieur en arts plastiques. À ce titre, il a pour principales missions :
-
la formation initiale et continue dans laquelle s’inscrit la validation des acquis
de l’expérience (VAE) ;
-
l’attribution de diplômes ;
-
la recherche, la diffusion et la valorisation de ses résultats ;
-
l’orientation et l’insertion professionnelles ;
- la participation à la construction de l’espace européen de l’enseignement
supérieur et de la recherche, ainsi que la coopération avec des établissements
français ou étrangers poursuivant des objectifs similaires.
Parallèlement à ces missions principales, les municipalités fondatrices lui ont
également confié statutairement des missions complémentaires :
-
la conception et la mise en oeuvre d’animations et de formations spécifiques en
direction de publics non étudiants et amateurs, dans ou hors le cadre scolaire ;
-
la présentation d’expositions, ainsi que l’organisation de spectacles.
42
Selon l’estimation issue du rapport d’audit et de conseil en ingénierie sociale de l’organisme CTR du 7 août 2015.
43
Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
29
B -
Le bilan
A défaut d’instrument de contrôle et de suivi visant par exemple à assigner des
objectifs contractualisés précis et quantifiés à l’établissement, les premiers résultats de l’EPCC
ont été appréciés à travers le prisme du bilan du directeur et de son projet d’établissement
approuvé par le conseil d’administration.
1 -
L’enseignement supérieur
a -
L’intégration dans le dispositif européen d’enseignement supérieur
La création de l’EPCC découle avant tout de la nécessité de mettre en conformité
juridique les écoles d’arts du Havre et de Rouen avec le schéma européen d’enseignement
supérieur fondé sur les diplômes LMD. C’est pourquoi, le premier défi que devait relever l’école
était l’intégration des formations assurées par les anciennes écoles d’arts territoriales dans le
dispositif européen.
Dès 2010, les formations des deux écoles avaient obtenu un avis favorable de
l’agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES)
44
pour obtenir
l’équivalence LMD, sous réserve d’accéder à la personnalité juridique.
Grâce à un enseignement déjà structuré sur un rythme de trois ans et cinq ans, et
un travail en amont de la fusion, il n’y a pas eu coexistence de l’ancien système avec le
nouveau, l’école a intégré avec succès, dès la rentrée universitaire 2011/2012 le schéma
LMD
45
.
b -
La structuration des formations au sein de l’école
En matière d’enseignement, le second défi de l’EPCC était d’assurer la cohérence
au sein d’une entité unique des formations auparavant dispensées par deux structures
distinctes.
Du point de vue de la structure pédagogique, la création de la nouvelle entité, en
dépit des différences historiques
46
, s’est inscrite dans une logique de changement. Ainsi, le
modèle d’un directeur implanté sur un site et un directeur adjoint sur l’autre, initialement prévu
dans les statuts, n’a pas été retenu. Il lui a été privilégié une direction partagée entre les deux
campus. Le principe de coopération s’est progressivement étendu aux enseignements, par la
mise en commun de certains cours, du concours d’entrée et des sessions de remise des
diplômes, puis aux professeurs.
Au plan de la cohérence des formations dispensées, l’enseignement supérieur en
arts plastiques est organisé en quatre départements. Il aurait pu être reproché à l’EPCC de
maintenir, au sein d’un même établissement, les deux options « Art » proposées par chacune
des deux écoles. En dépit de la similarité des libellés, le contenu des options « Art »
dispensées au Havre et à Rouen poursuit des objectifs différents
47
. La complémentarité avait
44
Remplacée par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.
45
Licence Maîtrise Doctorat.
46
L’école régionale des beaux-arts de Rouen a été créée en 1740, sous le statut d’école académique. Entre 1740 et la révolution,
les académies ont été transformées, dont celle de
Rouen, en écoles des beaux-arts. Ces écoles formaient de jeunes artistes à
la peinture et aux arts décoratifs, dans un cadre d’apprentissage formalisé. Elles sont à l’origine des écoles d’architecture. L’école
supérieure d’art du Havre créée en 1802 est originelle des anciennes écoles royales qui étaient gratuites. Sous le consulat, elles
sont devenues des écoles de dessin, destinées à former des ouvriers et des contremaîtres qui se préparaient aux métiers de
l’industrie, nécessitant, en complément de l’apprentissage, l’acquisition de connaissances graphiques. Elles ont conservé un lien
important avec l’industrie.
47
L’option « Art » proposée sur le campus de Rouen est issue de la seule option dispensée par l’ancienne école des beaux-arts
de Rouen. Elle a pour objet de «
former des artistes et des créateurs
», l’art est l’objet de son enseignement qui est lui-même
objet de recherche fondamentale. D’où l’importance des ateliers de recherche sur le site de Rouen. Tandis que l’option « Art
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
30
déjà été soulignée par l’AERES
48
en 2010. L’ESADHaR a donc choisi de conserver les deux
départements « Arts », la différenciation s’est faite par l’attribution de mentions différentes.
Les deux autres départements, celui de la création littéraire a été créé
ab initio
et
le département de « Design », mention « design graphique et interactivité », issue de la
seconde option dispensée par l’école du Havre, a été conservé.
La cohérence de l’architecture pédagogique et des formations a été garantie.
L’EPCC a assuré une complémentarité des formations anciennement dispensées par les deux
écoles et a accru son offre de formation par l’ouverture, en partenariat avec l’université du
Havre, d’un master « lettres et création littéraire », unique en France.
c -
La reconnaissance des diplômes et des certificats
La reconnaissance du caractère d’enseignement supérieur aux diplômes délivrés
par l’EPCC s’est traduite par l’autorisation donnée par l’arrêté de 28 mai 2013
49
à l’ESADHaR,
de dispenser un enseignement supérieur en arts plastiques et de délivrer les diplômes
nationaux d’arts plastiques (DNAP), équivalent licence, et des diplômes nationaux supérieurs
d’expression plastique (DNSEP), équivalent master.
Les admissions aux formations d’enseignement supérieur se font sur concours
post bac ou en cours de cursus par équivalence.
Le nombre de places proposé au concours
est de 110. La voix d’obtention des diplômes par la formation continue est peu utilisée. À
l’exception du master en création littéraire, uniquement accessible par la voie de la formation
initiale, la VAE ne concerne en moyenne que 4,5 % des étudiants, taux inchangé depuis 2012,
plus de 94 % des diplômés sont issus de la formation post bac.
Parallèlement, l’ESADHaR délivre des certificats pour la validation des années
intermédiaires : un certificat d’études d’arts plastiques (CEAP) sanctionnant la validation des
deux premières et un certificat d’études supérieures d’arts plastiques (CESAP) qui peut être
obtenu à l’issue de la quatrième année d’études
50
.
Enfin, l’école propose des formations sanctionnées par des certificats qui ne
revêtent pas le caractère de diplôme national mais permettent de faciliter l’insertion
professionnelle des étudiants : un certificat de médiation culturelle et un certificat de didactique
d’enseignement artistique.
d -
Les premiers résultats
En 2011, l’ESAH comptait 150 étudiants et l’ERBAR accueillait 170 étudiants, soit
320 étudiants au total. Entre 2011 et 2014, l’examen de l’évolution et la typologie des étudiants
présentés en annexe 4 (tableau n° 1) conduit aux constats suivants :
espaces spécifiques » étudiée sur le campus du Havre a pour objectif de préparer chaque artiste aux différents espaces de l’art
contemporain. Le projet pédagogique est de faire de la ville du Havre un terrain d’expérimentation appelé « Art spécifique ».
48
AERES, septembre 2010, «
Evaluation des diplômes de l’Ecole supérieure d’art du Havre
».
49
Arrêté portant autorisation des établissement supérieurs d’arts plastiques relevant du ministère chargé de la culture à délivrer
des diplômes nationaux et habilitation à dispenser des enseignements supérieurs d’arts plastiques.
50
Ces certificats permettent aux étudiants qui arrêtent en cours de cursus, n’obtenant pas de diplômes d’enseignement supérieur
équivalents licence ou master, de disposer de crédits européens de transfert (ECTS) susceptibles de donner droit à des
équivalences, notamment à l’université.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
31
-
le nombre d’étudiants inscrits dans un cursus d’enseignement supérieur, de 364
à la rentrée universitaire 2014/2015 a progressé de 3 %, en moyenne par an,
depuis la fusion des deux écoles ;
-
le campus du Havre accueillait, en 2014, 53 % des étudiants contre 47 % pour
Rouen, sachant que le campus du Havre propose deux options et est le seul à
accueillir les étudiants en master de création littéraire ;
-
entre 2011 et 2014, le nombre d’étudiants inscrits dans un cursus de second
cycle a progressé de 2 % et, à l’inverse, celui des étudiants inscrits en premier
cycle a reculé de 4 % ;
-
le taux de poursuite des étudiants en licence à l’ESADHaR ayant opté pour un
second cycle dans l’établissement décroît : il était de 80 % en 2012 /2013 et de
seulement 68 % à la rentrée universitaire 2014/2015
51
;
- entre 2012 et 2015, le taux moyen des diplômés en licence est passé de
82 % à 76 % et celui en master a progressé, passant de 86 % à 92 % ;
-
le taux de redoublement est stable d’environ 4 %, toutes années et périodes
confondues ;
-
le taux d’abandon est passé de 33 % à 24 %.
L’établissement n’a donc pas enregistré de baisse des inscriptions. Ses effectifs,
sous l’effet de la création du master de création littéraire, ont même un peu augmenté. Ils sont
passés de 320 en 2010/2011 à 364 en 2014/2015, soit 44 étudiants supplémentaires dont 28
en master de « création littéraire ».
Pour autant, sur le plan de l’attractivité, au-delà de la reconnaissance
institutionnelle des diplômes par le ministère, permettant aux étudiants de bénéficier des
équivalences et d’intégrer plus aisément un cycle de doctorat, il semble que le seuil maximum
d’inscriptions ait été atteint. Ainsi, les étudiants inscrits dans un cursus d’enseignement
supérieur (hors master de création littéraire) stagnent depuis 2012. Au surplus, le taux
d’attractivité au concours, de trois inscrits pour un reçu, est en stagnation, ce qui corrobore la
tendance selon laquelle l’ESADHaR aurait atteint son seuil structurel d’attractivité.
2 -
L’insertion et l’orientation professionnelles
Au-delà de l’attractivité fondée sur les inscriptions, la soutenabilité et la cohérence
du projet porté par les collectivités doivent s’apprécier aussi au regard des débouchés
professionnels.
En ce domaine, la direction a indiqué que compte tenu «
du faible nombre de
diplômes délivrés par les écoles supérieures d’art au regard des autres établissements
d’enseignement supérieur, il est délicat d’interpréter les études faites sur le devenir des
diplômés.
». Elle précise que «
les secrétariats pédagogiques interrogent chaque année les
anciens étudiants sur leurs situations… qu’il s’agit d’une étude non formalisée qui vise à être
améliorée et que les outils d’analyse doivent toutefois être construits avec des spécialistes.
»
Le suivi des orientations et insertions professionnelles des étudiants fait partie des
missions statutaires de l’EPCC. Même si la chambre ne sous-estime pas les difficultés, pour
l’établissement, d’assurer un suivi fiable des insertions et orientations professionnelles de ses
anciens étudiants, l’école ne peut cependant pas se satisfaire des statistiques nationales et
des résultats d’enquêtes diffusées dans des revues spécialisées pour suivre le devenir de ses
propres diplômés. La chambre engage donc l’établissement à poursuivre ses démarches déjà
engagées en ce sens, notamment par l’organisation de rencontres témoignages avec
51
Sur les 76 étudiants de troisième année, 54 avaient choisi de poursuivre une quatrième année au sein de l’école.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
32
d’anciens diplômés. Ces retours d’expérience permettraient, par ailleurs, d’avoir une meilleure
connaissance des exigences et besoins du marché du travail et d’adapter le contenu des
formations proposées en conséquence.
3 -
Le développement de la recherche
L'adossement à la recherche constitue une exigence pour intégrer le processus
d’enseignement supérieur européen. Fin 2010, l’AERES avait pointé, dans son rapport, une
insuffisance dans ce domaine pour l’école du Havre alors qu’elle faisait des projets de
recherche de l’école de Rouen, un point fort.
La fusion des deux écoles a permis le regroupement des différents groupes de
recherche au sein d’un seul laboratoire nommé « ESADHaR Recherche ». L’école a
également intégré le réseau de la peinture réunissant des chercheurs issus de différentes
écoles supérieures d’art et universités anglaises et allemandes.
Dans le cadre de la valorisation de ses travaux, les programmes « EDITH » et
« IDEA Code » ont été retenus par le conseil scientifique du ministère de la culture comme
des projets nationaux et le laboratoire « MUSEAL » a été primé par le ministère
52
.
L’école a donc su faire évoluer les anciens programmes. Son laboratoire de
recherche est désormais intégré au cursus d’enseignement supérieur. Elle a valorisé les
résultats de ses travaux de recherche à travers des publications.
4 -
Le renforcement de l’internationalisation
La déclaration de Bologne
53
recommandait aux écoles souhaitant intégrer l’EEFS
de disposer d’un service d’échanges internationaux et encourageait particulièrement les
étudiants et enseignants à la mobilité internationale. Suivant cette orientation, l’AERES avait,
en 2011, encouragé les deux écoles à développer davantage des partenariats avec les
établissements internationaux.
En ce domaine, l’ESADHaR a obtenu la nouvelle charte « ERASMUS
2014/2021 ». L’EPCC a également noué des partenariats d’échange avec des universités
étrangères notamment avec University of Créative Art en Angleterre et avec l’académie d’Arts
et de Design de Bezalel à Jérusalem. La plus emblématique étant la convention passée avec
l’université Eurasia à Xi’an en Chine. L’école accueille 60 étudiants chinois en moyenne par
an, pendant quatre années. Deux à trois professeurs vont, chaque année, enseigner en Chine
durant trois à six semaines. En 2013
54
, l’inscription des étudiants chinois a rapporté 20 000 €
à l’établissement.
En outre, afin de faire découvrir d’autres organisations du monde artistique, les
futurs diplômés participent tous les deux ans à des voyages d’études dits « institutionnels », à
New York et à Londres, ou à des projets pédagogiques plus ponctuels organisés à l’étranger.
Ces voyages sont, sous réserve d’une délibération, selon les cas, soit totalement, soit
partiellement pris en charge par l’école.
L’ESADHaR a élargi son ouverture à l’international, ce qui a permis de la faire
connaître à l’étranger. Ce critère est important car il constitue un des facteurs sur lequel se
fondera la prochaine homologation des diplômes par le Haut Conseil de l’évaluation, de la
recherche et de l’enseignement supérieur, prévue en 2016, sans laquelle l’école ne pourrait
plus bénéficier du statut d’établissement d’enseignement supérieur.
52
Pour permettre sa publication, 7 000 € lui ont été accordés.
53
19 juin 1999 sur «
L’espace européen de l’enseignement supérieur
» (EEFS).
54
Source : débat d’orientations budgétaires.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
33
5 -
L’accompagnement des pratiques amateurs et l’initiation des jeunes
générations
L’accompagnement des pratiques amateurs et l’initiation des jeunes reposent
essentiellement sur l’organisation de cours péri et post scolaires. Les cours proposés par
chaque campus ont été mis en cohérence sous l’appellation « ateliers des beaux-arts
55
».
Les inscriptions à ces cours tendent à diminuer et, selon la direction, le
déménagement de ces cours, prévu à la fin de l’année 2015, du centre de Rouen au quartier
de la Grand’Mare pourrait aggraver la situation.
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
Variation
ROUEN
481
516
423
373
- 22 %
LE HAVRE
369
390
369
396
+ 7,3%
TOTAL
850
906
792
769
- 9,5%
En complément de ses missions principales, les statuts ont également confié à
l’EPCC un objectif de sensibilisation du public à la création contemporaine. Elle est déclinée
à travers l’organisation d’activités en direction du grand public.
Dans cette perspective, des expositions réunissant les travaux des étudiants et
des oeuvres de créateurs reconnus sont présentées à l’occasion de vernissages ou de
journées portes ouvertes. L’école organise également des concerts et des festivals dont les
plus connus sont la « Saison Graphique » au Havre ou « l’Art Sequana » à Rouen. La création
de l’artothèque participe aussi à ce processus.
L’école contribue aussi à des actions de sensibilisation en faveur de publics plus
spécifiques. Elle a réalisé des travaux de design d’une salle de créativité au profit d’une société
privée et a installé un atelier d’arts plastiques dans un logement HLM mis à disposition par la
société Logiseine pour sensibiliser les habitants du quartier à la création artistique.
Depuis sa création, l’ESADHaR a multiplié le nombre et la variété de ses actions
en faveur du rayonnement culturel. En revanche, la chambre souligne l’absence d’évaluation
des actions conduites. En dehors de fiches de fréquentation remises par les visiteurs, lors du
festival « Art Sequana », la structure ne dispose pas d’outils de mesure de retombées de ces
activités.
*
En conclusion, la chambre constate des évolutions positives. L’établissement a
intégré sans difficulté l’enseignement supérieur européen, élargi son ouverture à
l’international, renforcé l’adossement de ses formations à la recherche et il a réussi à maintenir
son attractivité en matière d’enseignement supérieur.
Pour autant, des évolutions sont envisageables, notamment en matière de suivi
des diplômés. Aussi, même si l’impact des actions menées par l’EPCC en termes de valeur
éducative et pédagogique, ne peut être quantifié et se réduire aux coûts, le recul, depuis 2012,
des inscriptions aux ateliers des beaux-arts et la relative stagnation des inscriptions en
enseignement supérieur doivent inciter l’école à développer une culture de l’évaluation par la
construction d’indicateurs.
55
Les cours péri scolaires s’adressent aux enfants et jeunes scolarisés, tandis que les cours post scolaires concernent les adultes.
À la rentrée 2014/2015, les ateliers destinés aux adultes étaient au nombre de 16, dont six au Havre et 10 à Rouen. Les ateliers
pour les enfants sont répartis en sept cours : trois à Rouen et quatre au Havre.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
34
En effet, le développement d’indicateurs d’évaluation de ses actions, de mesure
du coût/efficacité de ses activités, d’impacts de ses interventions sur l’attractivité de l’école,
permettrait de répondre à un triple objectif :
-
justifier de l’emploi des fonds publics au regard du coût de la formation d’un
étudiant et du taux d’insertion professionnelle des diplômés ;
-
donner la possibilité au conseil d’administration, dans le cadre de l’amélioration
de la gouvernance, de s’assurer de la réalisation, de l’atteinte des objectifs
assignés, et du bienfondé des actions du projet d’orientation du directeur ;
- permettre des arbitrages de gestion indispensables dans le cadre d’une
politique de réduction des dépenses. Par exemple, compte tenu de la modicité
et de la diminution des revenus issus des activités de l’artothèque (moins de
300 € en trois ans), une réflexion sur une éventuelle mutualisation avec une
autre structure mériterait d’être engagée.
C -
Le rayonnement territorial
Le projet d’établissement initial du directeur 2011/2014, sur la base duquel il a été
recruté, reposait sur cinq axes : structurer l’enseignement supérieur, renforcer l’international,
développer la recherche, amplifier le rayonnement culturel, accompagner les pratiques
amateurs et initier les jeunes générations. Ces orientations étaient sous tendues par un objectif
transversal d’étendre l’ancrage territorial normand vers l’axe de la Seine, en se tournant vers
Paris.
En 2011, l’AERES avait souligné le manque d’attractivité de l’école : le recrutement
était majoritairement régional et les nombreux liens professionnels et institutionnels étaient
essentiellement locaux. La fusion des deux écoles avait donc pour objectif d’amplifier l’ancrage
culturel de la nouvelle école au-delà des villes du Havre et de Rouen, ce qui semble
contradictoire avec la politique tarifaire pratiquée à l’égard des étudiants résidant dans ces
deux villes.
L’école est certes passée d’une dimension locale à une dimension régionale, lui
conférant une plus grande lisibilité territoriale mais elle reste, d’une manière générale, très
ancrée sur le territoire haut-normand. Les relations établies avec l’enseignement supérieur
relèvent principalement du territoire normand
56
.
Toutefois, l’intégration au programme de six sessions de formation à
l’anthropologie dispensée par le CREDO
57
du centre national de la recherche scientifique
(CNRS) et par l’université de Marseille a permis d’établir des relations pédagogiques au-delà
du territoire régional.
De même, à l’exception de la participation au projet « Théâtre des opérations »
organisé par la communauté d’agglomération du Calaisis, en novembre 2013, les structures
avec lesquelles l’établissement a noué de nouveaux partenariats sont d’origine normande
58
.
De la même façon, les lieux d’exposition et de représentation se situent en Normandie.
L’espace « Architecture Gestion » à Paris fait figure d’exception.
56
Université du Havre, association au Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Normandie Université, participation
aux conférences de l’enseignement supérieur de l’agglomération de Rouen (CESAR) organisées à Rouen et aux conférences
havraises des établissements d’enseignement et de recherche du supérieur (CHEERS) organisées au Havre.
57
Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie.
58
Club des entreprises de l’Estuaire, Musée des Beaux-arts de Rouen, Frac de Haute–Normandie.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
35
Les difficultés d’élargissement des partenariats et de l’attractivité de l’école
au-delà du ressort régional peuvent s’expliquer par l’organisation du réseau des écoles
supérieures d’Art en France. En effet, après s'être inscrit dans l'EEES et avoir regroupé ses
établissements, l'enseignement supérieur artistique relevant du ministère de la culture et de la
communication représentait, en 2012/2013, un réseau de 48 établissements, répartis sur 58
sites, qui accueillaient plus de 11 000 étudiants.
Ainsi, la répartition éminemment territoriale des écoles supérieures d’arts
plastiques, proposant désormais les mêmes diplômes, tous équivalents LMD, n’incite ni à la
mobilité des étudiants, ni au développement de partenariats institutionnels et pédagogiques,
au-delà des ancrages régionaux, et favorise la concurrence.
L’ESADHaR est concurrencée sur les plans géographique et de l’attractivité
institutionnelle par l’école supérieure d’Arts et Médias de Caen/Cherbourg
59
située sur le
territoire bas-normand, qui propose les mêmes options : « Art » et « Design graphique ». Elle
l’est également par l’école supérieure d’Art et de Design d’Amiens
60
délivrant une formation
en « Design graphique », mention « design numérique » qui entre directement en concurrence
avec celle du Havre.
Une meilleure répartition des offres de formation sur le territoire serait sans doute
de nature à favoriser la mobilité des étudiants et à accroître l’attractivité des écoles. Dans ce
contexte, la question de la coexistence de deux écoles d’arts au sein d’une même région
« Normandie » pourrait être l’occasion de réexaminer le projet de regroupement ou, à tout le
moins, des axes de rapprochement, qu’avaient envisagé les deux anciens conseils régionaux
en 2010
61
mais dont les conditions et
modalités sont laissées à la discrétion des acteurs
publics locaux.
Dans ce cadre, la chambre souligne l’initiative de l’établissement qui a déjà pris
contact avec l’école de Caen/Cherbourg en vue d’étudier des pistes de mutualisations et son
rapprochement avec l’école supérieure d’architecture de Rouen qui s’est concrétisé par la
conclusion d’une convention associant également l’EPCC de Caen/Cherbourg.
*
59
L’école supérieure d’arts & médias de Caen/Cherbourg est un établissement public de coopération culturelle placé sous la
tutelle conjointe de la communauté d’agglomération Caen-la-Mer, de la ville de Cherbourg-Octeville, de l’État et de la Région
Basse-Normandie. Elle est née en 2011 de la fusion de l’école supérieure d’arts & médias de Caen et de l’école supérieure des
Beaux-arts de Cherbourg-Octeville. Elle propose trois options d’études : l’option « Design Graphique », l’option « Art » avec ses
deux mentions ("Corps/Espaces" et "Formes/Langages ») et l’option « Communication » avec ses deux mentions ("Inter médias"
et "Éditions"). Elle accueille 300 étudiants auxquels elle délivre, au terme de trois ou cinq ans, les diplômes nationaux suivants :
diplôme national des Arts et Techniques (DNAT), diplôme national d’Arts Plastiques (DNAP), et diplôme national supérieur
d’Expression Plastique (DNSEP).
60
Issue de l’ancienne école de beaux-arts ouverte en 1758, l’école supérieure d’art et de design d’Amiens est un établissement
public fondé par Amiens Métropole et le ministère de la culture. L’école est soutenue par le conseil régional de Picardie. Elle
enseigne le design graphique, le design numérique, la typographie et langage, et l’image animée 3D. Elle délivre les diplômes
suivants : DNAP option « Design graphique » (bac + 3), DNSEP-Master option « Design graphique » mention « Design
graphique » (bac + 5), DNSEP-Master option « Design graphique » mention « Design numérique » (bac + 5), un post diplôme
« Typographie & Langage », DNAP option « Art » mention « Images animées » (bac + 3) et DNSEP option « Art », mention
« Images animées » (bac + 5).
61
Conclusions relatives au regroupement des quatre écoles d’art de Normandie, issues du rapport du 10 mai 2010 conduit par
l’agence CREACTION.
Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
36
ANNEXES
Annexe n° 1
Tableau n° 1 : activité financière des régies
En €
4711 Bilan d'entrée
4711 ONB
4711 Solde ou BS
débit
crédit
débit
crédit
débit
crédit
2012
0,00
0,00
344 654,16
307 219,41
37 434,75
2013
37 434,75
359 727,58
434 944,18
37 781,85
2014
37 781,85
256 247,75
288 955,90
70 490,00
En €
5411 Bilan d'entrée
5411 ONB
5411 Solde ou BS
débit
crédit
débit
crédit
débit
crédit
2012
2 227,88
6 000,00
2 227,88
6 000,00
2013
6 000,00
19 842,20
19 842,20
6 000,00
2014
6 000,00
14 989,68
18 281,30
2 708,38
Nota bene : ONB = Opérations non budgétaires ; BS = Bilan de sortie. Source : Comptes de gestion.
Tableau n° 2 : évolution budgétaire entre 2010 et 2015
So
urces : Données budgétaires recueillies lors de l’étude stratégique et juridique réalisée en aout 2010 par le cabinet Créaction et
délibérations n°02-1 du 2 mai 2011 et n°01 du 19 décembre 2011et BP 2011 à 2015.
2011
2012
2013
2014
2015
Budget ESAH
budget ERBAR
Total
Buget ESADHaR Buget ESADHaR Buget ESADHaR
Buget ESADHaR
Buget ESADHaR
Charges pédagogiques
30 000,00
52 159,00
82 159,00
470 000,00
Autres charges
62 646,00
111 061,00
173 707,00
Charges indirectes
38 824,00
60 947,00
99 771,00
total 011
131 470,00
224 167,00
355 637,00
470 000,00
482 921,00
547 000,00
416 625,00
594 450,00
total 065 Autres charges de gestion courante
13 000,00
2 000,00
500,00
50 500,00
8 500,00
total 066 charges financières
1 000,00
650,00
20,00
100,00
total 067 charges exceptionnelles
1 000,00
5 000,00
100,00
8 075,00
9 700,00
virement section d'investissement
73 000,00
70 000,00
38 000,00
dépenses imprevues
7 000,00
5 000,00
3 000,00
personnel administratif et technique
403 476,00
468 876,00
872 352,00
personnel enseignant
1 050 144,00
754 260,00
1 804 404,00
personnel péri et post scolaire
46 560,00
150 840,00
197 400,00
personnel vacataire
19 927,00
82 792,00
102 719,00
dont alignement régime indemnitaire
40 000,00
total 012
1 651 577,00
1 680 935,00
2 976 875,00
3 181 000,00
3 383 967,00
3 520 994,00
3 448 032,00
3 331 695,00
TOTAL FONTIONNEMENT
1 783 047,00
1 905 102,00
3 332 512,00
3 666 000,00
3 943 888,00
4 114 244,00
3 928 252,00
3 947 445,00
dépenses d'équipement
174 184,00
75 738,00
53 432,00
63 750,00
dépenses imprévues
4 000,00
4 584,00
TOTAL INVESTISSEMENT
73 000,00
174 184,00
75 738,00
57 432,00
68 334,00
2010
Bilan de la transformation des deux écoles d'art du Havre et de Rouen en EPCC
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
37
Tableau n° 3 : exécution budgétaire
Tableau n° 4 : détermination et affection des résultats
2011
2012
2013
2014
Prévision de dépenses réelles
3 664 368,00
3 873 888,00
4 076 244,00
3 955 877,53
Dépenses réelles réalisées
3 417 826,81
3 722 806,77
4 026 257,76
3 820 911,41
Taux d'exécution des dépenses
93,27%
96,10%
98,77%
96,59%
Prévision de recettes réelles
3 737 368,00
3 769 171,90
3 795 547,34
3 884 702,65
Recettes réelles réalisées
3 751 684,85
3 918 787,33
3 796 130,50
3 856 301,52
Taux d'exécution des recettes
100,38%
103,97%
100,02%
99,27%
Prévision de dépenses réelles
73 000,00
174 184,06
75 738,66
78 857,14
Dépenses réelles réalisées
55 957,94
117 445,34
51 518,21
52 750,86
Taux d'exécution des dépenses
76,65%
67,43%
68,02%
66,89%
Restes à réaliser
0,00
4 932,29
0,00
0,00
Taux d'exécution des dépenses + RAR
76,65%
70,26%
68,02%
66,89%
Prévision de recettes réelles
0,00
160 142,00
52 000,00
91 319,37
Recettes réelles réalisées
0,00
159 141,94
53 317,32
93 792,26
Taux d'exécution des recettes
99,38%
102,53%
102,71%
Restes à réaliser
0,00
0,00
0,00
0,00
Taux d'exécution des recettes + RAR
99,38%
102,53%
102,71%
Source : Comptes administratifs
FONCTIONNEMENT
Taux d'exécution budgétaire du budget principal de l'ESADHaR
INVESTISSEMENT
Détermination
résultat
Décision
affectation
Détermination
résultat
Décision
affectation
Détermination
résultat
Décision
affectation
Détermination
résultat
Décision
affectation
Section Fonctionnement recettes N
3 751 684,85 €
3 918 787,33 €
3 796 130,50 €
3 856 301,52 €
Section Fonctionnement dépenses
3 417 826,81 €
3 722 806,77 €
4 026 257,76 €
3 820 911,41 €
Section investissement recettes N
-
159 141,94 €
53 317,32 €
93 792,26 €
Section investissement dépenses N
55 957,94 €
117 445,34 €
51 518,21 €
52 750,86 €
Résultat Section de fonctionnement N
333 858,04 €
195 980,56 €
230 127,26 €
-
35 390,11 €
Résultat Section d'investissement N
55 957,94 €
-
41 696,60 €
1 799,11 €
41 041,40 €
Résultat section fonctionnement N-1 (002 de N-1 )
0,00 €
174 716,10 €
174 716,10 €
318 696,66 €
318 696,66 €
71 174,88 €
71 174,88 €
101 564,99 €
Résultat de fonctionnement N
333 858,04 €
195 980,56 €
230 127,26 €
-
35 390,11 €
Résultat de fonctionnement à affecter
333 858,04 €
370 696,66 €
88 569,40 €
106 564,99 €
Report déficit ou excedent investissement (001 de N-1)
-
55 957,94 €
-
55 957,94 €
-
14 261,34 €
-
14 261,34 €
-
-12 462,23 €
-12 462,23 €
28 579,17 €
Résulat d'investissement de N
55 957,94 €
-
41 696,60 €
1 799,11 €
41 041,40 €
Résultat d'investissement à reporter au 001 en N + 1
55 957,94 €
-
-14 261,34 €
-12 462,23 €
28 579,17 €
Résultat d'investissement à reporter au 001 en N +1
55 957,94 €
-
14 261,34 €
-
-12 462,23 €
28 579,17 €
RAR investissement N positifs
-
4 932,29 €
-
-
-
RAR investissement N négatifs
-
-
-
-
RAR investissement N
-
-
-
Besoin ou excedent de financement
-55 957,94 €
19 193,63 €
-
-12 462,23 €
28 579,17 €
Résultat de fonctionnement à affecter
333 858,04 €
370 696,66 €
88 569,40 €
106 564,99 €
Besoin ou excedent de financement (titre au 1068)
-55 957,94 €
159 141,94 €
19 193,63 €
-
52 000,00 €
-12 462,23 €
17 394,52 €
28 579,17 €
5 000,00 €
Résultat N à reporter au 002 en N+1
277 900,10 €
351 503,03 €
76 107,17 €
135 144,16 €
résultat RAR investissement positif = reprise de l'excédent au 002 (d’où 1068 = 001 de N et pas le montant de besoin d'investissement)
277 900,10 €
356 435,32 €
76 107,17 €
135 144,16 €
4 932,29 €
2011
2012
2013
2014
Enchaînement d'affactation et reprise des résultats
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
38
Tableau n° 5 : concordance des comptes d’actif et inventaire comptable
Inventaire comptable et actif au compte de gestion 2014
Inventaire
Actif
Écart
2051
Concession, droits similaires
27 280,09
47 150,03
19 869,94
21533 Réseaux câblés
0,00
1 178,06
2183
Mat bureau et Informatique
95 221,91
114 650,78
19 428,87
2188
Autres immobilisations corporelles
93 268,69
114 693,48
21 424,79
TOTAL
215 770,69
277 672,35
61 901,66
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
39
Annexe n° 2
Tableau n° 1 : ressources de fonctionnement
Détail des ressources
2011
2012
2013
2014
Var.
ann.
Moy.
Budget
primitif
2015
Remboursement de frais
0
0
548
Ventes diverses, produits des services et du domaine (7062)
169 988
306 768
277 817
309 595
27,8%
240 000
Revenus locatifs et redevances
1 964
2 247
1 303
-18,6%
Autres produits de gestion courante
1 964
2 247
1 303
-18,6%
Ressources d'exploitation
171 952
309 016
279 120
309 565
27,4%
Etat
421 599
388 694
354 200
370 417
-8,3%
Régions
0
0
0
13 179
N.C.
départements
0
0
3 000
3 000
N.C.
Communes
3 125 268
3 150 641
3 083 671
3 030 563
-0,7%
Groupements
0
0
0
N.C.
Fonds européens
0
0
0
N.C.
Autres
32 866
48 219
17 037
73 602
-28,0%
Ressources issues des dotations et participations
3 579 733
3 587 554
3 457 908
3 490 762
-1,7%
3 606136
Part des contributions / dotations globales
87%
88%
89%
Total des ressources de fonctionnement
3 751 685
3 896 570
3 737 027
3 800 327
0,4%
3 846 136
TOTAL DES RESSOUCES DE FONCTIONNEMENT AU CA
3 751 685
3 896 570
3 737 027
3 800 327
Sources : comptes de gestion 2011 à 2013 et compte administratif 2014
Tableau n° 2 : contributions des personnes publiques
Répartition des concours financiers des personnes publiques
Collectivités financeurs
2011
2012
2013
2014
prévisionnel
2015
Villes du Havre
1 616 947 €
1 650 000 €
1 548 500 €
1 586 965 €
1 436 965 €
Ville de Rouen
1 512 281 €
1 500 171 €
1 499 171 €
1 443 598 €
1 378 171 €
Total contributions
3 129 228 €
3 150 171 €
3 047 671 €
3 030 563 €
2 815 136 €
État -DRAC et ERASMUS
445 535 €
397 640 €
362 866 €
374 807 €
370 000 €
Union Européenne - FEDER
0 €
0 €
0 €
47 799 €
70 000 €
Région Haute Normandie
0 €
0 €
0 €
13 180 €
308 000 €
Département de Seine Maritime
0 €
0 €
3 000 €
3 000 €
3 000 €
Total subventions
445 535 €
397 640 €
365 866 €
438 786 €
751 000 €
Total
3 574 763 €
3 547 811 €
3 413 537 €
3 469 349 €
3 566 136 €
TOTAL DES RESSOUCES INSTITUTIONNELLES AU CA
3 579 733 €
3 587 554 €
3 457 908 €
3 490 762 €
Écart
4 970 €
39 743 €
44 371 €
21 413 €
Source : ESADHaR
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
40
Tableau n° 3 : politique tarifaire
année universitaire
2011/12
2012/13
2013/14
2014/15
Evol.
Cours post et péri scolaires enfants (domiciliés au Havre ou à Rouen) 2h
80 €
80 €
110 €
110 €
38%
Cours post et péri scolaires enfants (domiciliés au Havre ou à Rouen) 4h
100 €
100 €
140 €
130 €
30%
Cours post et péri scolaires enfants (hors domiciliation Havre ou Rouen) 2h
150 €
150 €
180 €
180 €
20%
Cours post et péri scolaires enfants (hors domiciliation Havre ou Rouen) 4h
200 €
200 €
230 €
230 €
15%
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 2h
120 €
120 €
150 €
150 €
25%
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 3h
150 €
150 €
180 €
180 €
20%
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 4h
170 €
170 €
200 €
200 €
18%
Cours post et péri scolaires adultes (domiciliés au Havre ou à Rouen) 6h
220 €
220 €
250 €
250 €
14%
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 2h
210 €
210 €
240 €
240 €
14%
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 3h
310 €
310 €
340 €
340 €
10%
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 4h
390 €
390 €
420 €
420 €
8%
Cours post et péri scolaires adultes (hors domiciliation Havre ou Rouen) 6h
590 €
590 €
620 €
620 €
5%
Moyenne des tarifs des étudaints domicilés au Havre ou Rouen
140 €
140 €
172 €
170 €
7%
Moyenne des tarifs des éléves
domicilés hors le Havre et Rouen
308 €
308 €
338 €
338 €
3%
Différentiel
-120%
-120%
-97%
-99%
Efffectifs
718
741
628
603
16%
Moyenne tarifs
224 €
224 €
255 €
255 €
14%
TOTAL des recettes de l'enseignement post et périscolaire
160 952 €
166 108 €
160 140 €
153 765 €
2%
Sources: délibérations et données ESADHaR
Evolution des tarifs
POST ET PERI SCOLAIRE
VAE
Salarié
1 000 €
1 000 €
1 050 €
1 050 €
5%
demandeur d'emploi
700 €
700 €
700 €
700 €
0%
Effectifs
8
20
21
14
21%
Moyenne tarifs
1 350 €
1 350 €
1 400 €
1 400 €
4%
TOTAL des recettes des VAE
10 800 €
27 000 €
29 400 €
19 600 €
22%
Sources: délibérations et données ESADHaR
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
41
Évolution des tarifs
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014 2014/2015
2015/2016
Evol.
SUPERIEUR
Étudiants domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 2 à 5)
250 €
250 €
280 €
280 €
330 €
32%
Étudiants boursiers échelon 4,5 et 6 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 2 à 5)
230 €
230 €
240 €
240 €
290 €
26%
étudiants boursiers échelon 1,2 et 3 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 2 à 5)
200 €
200 €
45%
étudiants boursiers échelon 0 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 2 à 5)
170 €
170 €
71%
Etudiants domiciliés hors le Havre et Rouen (années 2 à 5)
340 €
340 €
370 €
370 €
420 €
24%
étudiants boursiers échelon 4,5 et 6 domiciliés hors le Havre et
Rouen (années 2 à 5)
310 €
310 €
320 €
320 €
370 €
19%
étudiants boursiers échelon 1,2 et 3 domiciliés hors le Havre et
Rouen
(années 2 à5)
280 €
280 €
32%
étudiants boursiers échelon 0 domiciliés au le Havre et
Rouen
(années 2 à 5)
260 €
260 €
42%
Etudiants domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4
et 5 jusqu'en 2015/2016)
350 €
350 €
380 €
380 €
430 €
23%
étudiants boursiers échelon 4,5 et 6 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
300 €
300 €
310 €
310 €
360 €
20%
étudiants boursiers échelon 1,2 et 3 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 1 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
260 €
260 €
38%
étudiants boursiers échelon 0 domiciliés au Havre ou à Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
220 €
220 €
64%
Etudiants domiciliés hors le Havre et Rouen
(années 1, 2, 3 puis
4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
430 €
430 €
470 €
470 €
520 €
21%
étudiants boursiers échelon 4,5 et 6 domiciliés hors le Havre et
Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
390 €
390 €
400 €
400 €
450 €
15%
étudiants boursiers échelon 1,2 et 3 domiciliés hors le Havre et
Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
350 €
350 €
29%
étudiants boursiers échelon 0 domiciliés au le Havre et
Rouen
(années 1, 2, 3 puis 4 et 5 jusqu'en 2015/2016)
310 €
310 €
45%
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
42
Année universitaire
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
2015/2016
Moyenne des tarifs
des effectifs boursiers domiciles au
Havre ou Rouen
230 €
230 €
275 €
275 €
325 €
Moyenne des tarifs des effectifs boursiers domiciles
hors le Havre et Rouen
317 €
317 €
360 €
360 €
410 €
Différentiel
-38%
-38%
-31%
-31%
-26%
Moyenne des tarifs
des effectifs non boursiers
domiciles au Havre ou Rouen
300 €
300 €
330 €
330 €
380 €
Moyenne des tarifs des effectifs non boursiers
domiciles hors le Havre et Rouen
385 €
385 €
420 €
420 €
470 €
Différentiel
-28%
-28%
-27%
-27%
-24%
Moyenne des tarifs
des domiciles au Havre ou Rouen
248 €
248 €
303 €
303 €
353 €
Moyenne des tarifs des effectifs hors domiciliation le
Havre et Rouen
334 €
334 €
390 €
390 €
440 €
Différentiel
-35%
-35%
-29%
-29%
-25%
Moyenne des tarifs boursiers
273 €
273 €
318 €
318 €
368 €
Moyenne des tarifs non boursiers
343 €
343 €
375 €
375 €
425 €
Différentiel
-25%
-25%
-18%
-18%
-16%
Effectifs boursiers
85
141
154
143
19%
Moyenne des tarifs
273 €
273 €
318 €
318 €
5%
Recettes en provenance des étudiants boursiers
23205
38493
48972
45474
25%
Effectifs non boursiers
234
189
207
221
-2%
Moyenne des tarifs
343 €
343 €
375 €
375 €
3%
Recettes en provenance des étudiants non
boursiers
80262
64827
77625
82875
1%
Effectifs
319
330
361
364
4%
Moyenne des tarifs
324 €
313 €
351 €
353 €
3%
TOTAL des recettes de
l'enseignement supérieur
(hors frais concours et diplômes)
103 467 €
103 320 €
126 597 €
128 349 €
7%
Total des produits de gestion
275 219 €
296 428 €
316 137 €
301 714 €
TOTAL DES PRODUITS FLEXIBLES AU CA
171 952 €
309 016 €
279 120 €
309 565 €
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
43
Tableau n° 4 : dépenses de fonctionnement
Détail des charges de fonctionnement
2011
2012
2013
2014
Var. ann.
Moy.
Achats non stockés de matières et fournitures
24 551
146 567
133 062
196 355
99,98%
Locations et charges de copropriétés
1 397
1 543
4 751
1 748
7,76%
Entretien et réparations
901
5 408
768
8416
110,60%
Assurances et frais bancaires
564
1 053
68 501
75 052
410,54%
Autres services extérieurs
4 558
20 569
11 293
9 712
28,68%
Remboursements de frais
251 623
101 247
82 593
36 768
-47,33%
Contrats de prestations de services avec des entreprises
3 178
26 145
24 438
26 533
102,87%
Honoraires, études et recherches
3 923
3 658
26 597
21 998
77,66%
Publicité, publications et relations publiques
17 489
60 508
44 001
20 475
5,39%
transports collectifs et de biens (y c. transports scolaires)
811
3 443
3 565
627
-8,22%
Déplacements et missions
18 168
80 735
82 816
82 715
65,74%
Frais postaux et télécommunications
7 357
30 478
25 658
23 935
48,18%
Impôts et taxes (sauf sur personnel)
0
1 039
0
0
Charges à caractère général
334 522
482 392
508 043
504 334
14,67%
- Remboursement de frais
0
0
548
0
Charges à caractère général nettes des remboursements de frais
82 898
381 145
424 903
467 566
78,01%
en % des produits de gestion
2,2%
9,8%
11,4%
13,8%
84,14%
Subv. aux personnes de droit privé
988
0
0
0
Subventions de fonctionnement
988
0
0
0
Subv. exceptionnelle aux personnes de droit privé
0
0
0
6520
Titres annulés
0
0
410
660
Mandats annulés
0
0
93
+/- Autres pdts et charges exceptionnels réels
0
828
28 982
1 515
Rémunération principale
687 330
1 137 063
1 492 373
1 221 410
21,12%
Régime indemnitaire voté par l'assemblée
54 210
136 396
159 429
172 084
46,97%
Autres indemnités
8 478
18 185
20 106
17 963
28,44%
en % des rémunérations du personnel
67,90%
59,50%
65,00%
61,75%
Rémunérations du personnel titulaire
750 018
1 291 644
1 671 908
1 411 457
23,46%
Rémunération principale
354 535
878 165
872 907
775 688
29,82%
Régime indemnitaire voté par l'assemblée
0
0
6 507
127 473
1859%
en % des rémunérations du personnel
32,10%
40,40%
34,20%
39,51%
Rémunérations du personnel non titulaire
354 535
878 165
879 413
903 161
36,57%
Autres rémunérations
0
2 576
19 573
7 011
65%
Rémunérations du personnel hors atténuations de charges
(6419)
1 104 553
2 172 385
2 570 895
2 321 628
28,10%
Atténuations de charges
0
21 341
29 445
35 915
29,73%
Rémunérations du personnel
1 104 553
2 151 044
2 541 450
2 285 713
27,43%
Rémunérations du personnel
1 104 553
2 151 044
2 541 450
2 285 713
27,43%
Charges sociales
332 975
837 127
829 985
829 676
35,57%
Impôts et taxes sur rémunérations
27 658
78 176
85 130
85 860
45,88%
Autres charges de personnel
4 192
5 403
12 271
15 080
53,22%
Charges sociales en % des CP interne
22,7%
27,3%
23,9%
25,8%
Charges de personnel interne
1 469 378
3 071 751
3 468 836
3 216 329
29,84%
CP externe en % des CP total
52,3%
4,6%
0,6%
0,6%
Charges de personnel externe
1 612 939
147 275
19 252
19 540
-77,03%
Charges
totales de personnel
3 082 318
3 219 026
3 488 088
3 235 869
1,6%
Réintégration des charges à payer des mises à disposition du
personnel
3 082 318
3 422 026
3 285 088
3 375 011
3%
en % des produits de gestion
82,20%
82,60%
93,30%
8515%
Total des charges de fonctionnement
3 417 827
3 701 418
3 996 131
3 740 203
3%
TOTAL DES CHARGES DE FONCTIONNEMENT AU CA
3 417 827
3 701 148
3 996 131
3 794 486
Sources : comptes de gestion 2011 à 2013 et compte administratif 2014
Dot. Amort.
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
44
Tableau n° 5 : excédent brut de fonctionnement et capacité d’autofinancement
CAF brute
2011
2012
2013
2014
Var. ann.
Moy.
Ressources d'exploitation
171 952
309 016
279 120
309 595
Produits "flexibles"
171 952
309 016
279 120
309 595
22%
Ressources institutionnelles (dotations et participations)
3 579 733
3 587 554
3 457 908
3 490 762
Produits "rigides"
3 579 733
3 587 554
3 457 908
3 490 762
-1%
Total des produits de fonctionnement
3 751 685
3 896 570
3 737 027
3 800 357
0%
Charges à caractère général
334 522
482 392
508 043
504 328
15%
+ Charges de personnel
3 082 318
3 219 026
3 488 088
3 235 846
2%
+ Subventions de fonctionnement
988
0
0
642
Total des charges de fonctionnement
3 417 827
3 701 418
3 996 131
3 740 816
3%
Excédent brut de fonctionnement
333 858
195 152
-259 104
59 541
-44%
en % des produits de gestion
8,9%
5,0%
-6,9%
1,6%
+/- Autres produits et charges excep. réels
0
828
28 982
2 275
= CAF brute
333 858
195 981
-230 127
61 816
en % des produits de gestion
8,9%
5,0%
-6,2%
1,6%
- Annuité en capital de la dette
0
0
0
0
= CAF nette ou disponible
333 858
195 981
-230 127
61 816
-43%
+ Fonds de compensation de la TVA (FCTVA)
0
0
1 317
18 183
Recettes d'inv. hors emprunt
0
0
1 317
31 790
Financement propre disponible
333 858
195 981
-228 810
111 789
Financement propre dispo / Dépenses d'équipement
596,6%
166,9%
-444,1%
211,9%
Dépenses d'équipement
55 958
117 445
51 518
52 750
= Besoin (-) ou capacité (+) de financement
277 900
78 535
-280 328
59 037
Nouveaux emprunts de l'année
0
0
0
0
Mobilisation (-) ou reconstitution (+) du FRNG
277 900
78 535
-280 328
59 037
Sources : Comptes de gestion 2011 à 2013 et compte administratif 2014
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
45
Annexe n° 3
Tableau n° 1 : répartition des effectifs au 1
er
juin 2011
Tit = Titulaire ; Contr = Contractuel ; MAD = Mis à disposition ; PNP = Poste non pourvu.
Tableau n° 2 : répartition des effectifs au 1
er
janvier 2015
Au 1/07/2011
ESADHaR
Emplois
Permanents
à Tps
complet
Emplois
Permanents
à Tps non
complet
Tps non
complet
en ETP
Total ETP
Filière Administrative
Administrateur
1
1
1 Contr
Attaché territorial
3
3
3 Tit et 1 MAD
Adjoint Adm
4
4
3 MAD
1 PNP
Filière Technique
Technicien Ppal
1
1
1 MAD
Agent de Maîtrise
6
6
5 MAD et 1 Contr
Adjoint Technique
11
11
7 MAD et 1 Tit
3 PNP
Filière Culturelle
Dr établiss artistique
1
1
1 Tit
Professeurs H. Cl
7
7
7 Tit et 1 MAD
Professeurs Cl. Norm
27
12
6,02
33,02
15 Tit, 22 Cont
2 PNP
Assist d'Ens artistique
4
2,48
2,48
2 Tit et 2 Contr
Attaché Cons Patrimoine
1
1
1 Contr
Assistant de conservation
1
1
1 Contr
Adjoint du Patrimoine
1
0,35
0,35
1 PNP
TOTAL GENERAL
63
17
71,85
75 Agents et 66,9 ETP
Emplois budgétaires
En ETP
Postes pourvus au regard
des bulletins de salaires de Juillet
2011 et des
conventions MAD fournies
Emplois pourvus
ESADHaR
Emplois
Permanents
à Tps
complet
Emplois
Permanents
à Tps non
complet
Tps non
complet
en ETP
Total ETP
Emplois
Permanents
à Tps
complet
Emplois
Permanents
à Tps non
complet
Tps non
complet
en ETP
Total ETP
Filière Administrative
Administrateur
1
1
1
1
Attaché territorial
3
3
3
3
Adjoint Adm
6
6
7
7
Filière Technique
Technicien Ppal
1
1
Agent de Maîtrise
6
6
7
7
Adjoint Technique
10
10
6
6
Filière Culturelle
Dr établiss artistique
1
1
1
1
Professeurs H. Cl
7
7
5
5
Professeurs Cl. Norm
27
12
6,02
33,02
25
8
4,125
29,125
Assist d'Ens artistique
4
2,48
2,48
4
2,58
2,58
Attaché Cons Patrimoine
1
1
1
1
Assistant de conservation
1
1
1
1
Adjoint du Patrimoine
1
1
0,35
1,35
1
0,35
0,35
TOTAL GENERAL
65
17
73,85
57
13
64,055
Emplois budgétaires
après CA 31/01/13
En ETP
Emplois budgétaires à
partir du 1/01/2015
En ETP
Rapport
d’observations définitives de la chambre régionale des comptes de Normandie sur la gestion de l’établissement public
de coopération culturelle – Ecole supérieure d’Art et de Design du Havre/Rouen (EPCC ESADHaR)
46
Annexe n° 4
Tableau n° 1 : typologie et évolution des étudiants en enseignement supérieur
ESAH
ERBA
CAMPUS
DE ROUEN
CAMPUS
DU HAVRE
CAMPUS DE
ROUEN
CAMPUS DU
HAVRE
CAMPUS DE
ROUEN
CAMPUS DU
HAVRE
CAMPUS DE
ROUEN
CAMPUS DU
HAVRE
Concours
56
42
50
39
54
43
44
40
Équivalence et redoublants
2
0
4
1
0
5
1
première année
58
45
50
43
55
43
49
41
seconde année
46
38
44
37
41
38
35
42
troisiéme année
23
32
34
40
37
43
41
35
DNAP
21
17
19
26
28
27
28
35
33
25
quatrième année ESADHaR
13
21
16
28
24
26
24
30
équivalences
4
4
2
6
0
5
1
7
cinquième année
20
23
12
17
14
14
21
18
DNSEP
17
18
16
21
12
12
12
13
21
15
Master 1 littéraire
9
16
15
Master 2 littéraire
10
13
DNSEP
63%
87%
EFFECTIFS TRANSMIS
150
170
160
159
156
174
171
190
170
194
TOTAL EFFECTIFS
Nombre de redoublants
Taux de redoublements
Nombre place au concours
Nombre inscrits
Taux d'attractivité
Nombre reçus
Taux de reussite
Taux poursuite second cycle
Taux diplômés DNAP
Taux diplômés DNESP
nombre de départs
Taux d'abandons
nombre équivalences
Taux formation continue
19
21
15
17
6%
7%
4%
5%
104
78
85
33%
24%
24%
82%
74%
79%
76%
86%
83%
89%
92%
93%
81%
88%
76%
80%
68%
68%
304%
292%
305%
305%
98
89
97
84
105
110
110
110
319
321
335
336
13
12
14
17
4%
4%
4%
5%
2010/2011
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015
320
319
330
361
364
Evolution des étudiants en enseignement supérieur
Avant la fusion
ESADHaR
2010/2011
2011/2012
2012/2013
2013/2014
2014/2015