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LABEYRIE Emile Sosthène

Né le 9 février 1877 à Nantes, 5ème canton (Loire-Atlantique), décédé le 9 janvier 1966 à Versailles (Yvelines).

Fils de Jean François Marie Catherine Henriette, dit Henri Labeyrie (Aire-sur-Adour, Landes, 31/8/1844-15/6/1901 Paris 16ème), Premier président (voir notice), et de Berthe Anne Lambert (Lima, Pérou, 28/4/1856-28/4/1926 Paris 16ème), mariés le 23 juin 1874 à Paris (9ème).

Petit-fils de François Emile Labeyrie (Aire-sur-Adour 13 messidor an XI, 2/7/1803-21/9/1876 Aire-sur-Adour), avocat, directeur du contentieux, et agent judiciaire du trésor au ministère des finances, maire d’Aire-sur-Adour, commandeur de la Légion d’honneur en 1894, et de Louise Pierre Marcoul (Toulouse, Haute-Garonne, 15/12/1816-28/2/1894 Aire-sur-Adour), mariés le 13 mai 1839 à Toulouse. Petit-fils d’Arnaud Lambert (? -18/7/1856 Lima) et d’Anne Aglaé Jouteau (Jarnac, Charente, 8/2/1834-ap. 1874 ?), mariés avant 1856, remariée le 8 décembre 1864 à Paris (9ème) à Salomon Ottenheimer (1799-1877 ?).

Arrière-petit-fils de Mathieu Labeyrie (Aire-sur-Adour 21/10/1724-24 thermidor an XIII, 12/8/1805 Aire-sur-Adour), propriétaire cultivateur, administrateur de biens ecclésiastiques, et de Thérèse Hyacinthe Mimot (Aire-sur-l’Adour 25/4/1782-5/11/1866 Aire-sur-l’Adour), mariés le 4 thermidor an V, 22 juillet 1797, à Aire-sur-l’Adour (âgés respectivement de 73 et 15 ans), remariée après 1805 à Paul Vincent Cadroy. Arrière-petit-fils de Pierre Joseph Marie Marcoul (Toulouse ? -ap. 1839 Toulouse ?), négociant, actionnaire fondateur de la Banque de Toulouse en 1838, et de Marie Catherine Henriette Bourda ou Borda (Aire-sur-Adour 4/8/1782-ap. 1839 ?), mariés le 3 février 1806 à Aire-sur-Adour. Arrière-petit-fils de Jacques Etienne Jemmy (Gemi dans l’acte de naissance) Jouteau (Jarnac 13 ventôse an X, 4/3/1802-12/3/1869 Jarnac), poêlier, puis rentier, et d’Anne Victoire Fortunée Bouhier (28 brumaire an V, 18/11/1797-ap. 1869 Jarnac ?), veuve de Jacques Pierret, mariés le 8 mai 1832 à Jarnac.

Frère de Frédérique Louise Labeyrie (1875-1965 Paris), mariée le 18 mai 1897 à Louis Marie Emmanuel Rousseau (Brest 1867-1941 Paris), ingénieur général du génie maritime, maître des requêtes au Conseil d’Etat en 1897, directeur des chemins de fer au ministère des travaux publics en 1906, commandeur de la Légion d’honneur en 1912.

Épouse le 4 juillet 1904 à Paris (8ème) Henriette Reine Germaine Andrée de la Borie de la Batut (Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 31/7/1883-17/5/1946 Versailles). Ernest Caillaux, ancien ministre des finances, était témoin du marié. Fille d’Anne Charles Ferdinand de Laborie, vicomte de la Batut (Bergerac, Dordogne, 9/5/1854-13/3/1933 Paris 16ème), maire de Monbazillac (Dordogne), de confession protestante, député républicain (1885-1912), puis sénateur (1912-1933) de la Dordogne, président du conseil général de la Dordogne, et de Louise Hélène Zoé Alloend-Bessand (Sèvres, Hauts-de-Seine, 17/6/1858- ap. 1933 ?), mariés le 8 septembre 1879 à Paris (1er).

Petite-fille d’Henri Armand Mathieu de la Borie de la Batut (Le Bugue, Dordogne, 17/8/1821-1909 Paris 16ème), receveur de l’enregistrement au Puy-en-Velay (Haute-Loire), propriétaire à Bergerac, et de Sophie Marguerite Eyma (Bergerac, 28/2/1830-2/1/1879 Bergerac), mariés le 8 avril 1851 à Bergerac, familles protestantes. Petite-fille de Charles Honoré Alloend-Bessand (Châtillon-sur-Loing, Loiret, 18/9/1829-7/6/1915 Paris) négociant, administrateur des chemins de fer du Midi, président du tribunal de commerce de Paris, directeur des magasins « La Belle Jardinière », officier de la Légion d’honneur en 1882, et d’Emma Parissot (Paris 15/12/1830-25/1/1910 Saint-Germain-en-Laye, Yvelines), mariés le 14 novembre 1854 à Paris (9ème ancien).

Arrière-petite-fille de Géraud Zélie de Laborie, comte de Labatut (Saint-Cyprien, Dordogne, 13/4/1787-ap. 1851 ?), propriétaire, maire de Saint-Chamassy (Dordogne), et de Lise Magdeleine Lafon du Cluzeau (Le Bugue, 8/5/1793-ap. 1852 ?), mariés le 4 novembre 1813 à Saint-Chamassy. Arrière-petite-fille de Jean Jacques Eyma (Bergerac 18/2/1788-28/11/1840 Monbazillac), propriétaire, conseiller d’arrondissement en 1830, et d’Elizabeth de Mestre (Bergerac 5 vendémiaire an VIII, 27/9/1799-20/2/1840 Bergerac), mariés le 17 juillet 1820 à Bergerac. Arrière-petite-fille de Charles Joseph Alloend-Bessand (Queige-les Beaufort, Savoie, 28/1/1793-1850 ?), employé aux Postes à Paris, naturalisé français par ordonnance du 30 août 1847, et de Rose Hélène Minaux, mariés avant 1829. Arrière-petite-fille de Denis Parissot (Paris 23/7/1802 - ?) et de Zoé Louise Labruyer (1806 ? -11/7/1848 Paris 4ème ancien), mariés le 26 février 1827 à Paris.

Arrière-petite-nièce de Guillaume Parissot (Paris 15/8/1814-1895 Paris ?), marchand de draps, fondateur des magasins de La Belle Jardinière, conseiller général de l’Eure, et d’Angélique Eugénie Pannier, mariés le 15 avril 1841 à Paris (2ème ancien).

Nièce de Paul Denis Alloend-Bessand (Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine, 7/9/1856- ?), directeur des magasins de La Belle Jardinière, officier de la Légion d’honneur en 1906, et de Charles Léon Alloend-Bessand (Paris 28/12/1859- ?), marié le 23 novembre 1887 à Juliette Massenet (1868-1935), fille du compositeur Jules Massenet.

Père six enfants dont Vincent Labeyrie (Versailles 1924-2008), résistant, professeur à l’université de Tours, spécialiste de la biologie et de l’environnement, chevalier de la Légion d’honneur, et Jacques Labeyrie (Paris 1920-2011), physicien au CNRS et au CEA, climatologue.

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Admis à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole Normale Supérieure, renonce à ces écoles. Licencié en droit à Paris.

Attaché au secrétariat de son père à la Première Présidence le 12 novembre 1900, sous-chef du secrétariat le 1er février 1901. Chef du secrétariat particulier du ministre des finances Joseph Caillaux le 1er février 1902, chef adjoint au cabinet du ministre des finances Maurice Rouvier le 12 juin 1902.

Conseiller référendaire de 2ème classe le 15 septembre 1902, détaché, en mission au Gouvernement Général de l’Indochine, réintégré le 15 juillet 1903. Chef du cabinet du ministre des Colonies Gaston Doumergue du 14 mars au 26 octobre 1906, chef du cabinet du ministre des Finances Joseph Caillaux du 15 décembre 1913 au 18 mars 1914. Cité comme témoin au procès de Mme Caillaux en juillet 1914. Mobilisé du 3 août 1914 au 12 juillet 1919 dans la Trésorerie aux armées, payeur particulier de 1ère classe, croix de guerre, une citation. Conseiller référendaire de 1ère classe le 27 juillet 1920, directeur du cabinet du ministre des Finances Joseph Caillaux du 17 avril au 29 octobre 1925. Membre puis président en 1920 de la commission de l’économat des chemins de fer de l’Etat, de la commission des concessions coloniales, de la commission interministérielle des immeubles domaniaux. Conseiller maître le 9 novembre 1925, président de la commission interministérielle du Domaine national, secrétaire général du ministère des Finances le 21 décembre 1932. Procureur général le 16 mai 1933. Membre puis démissionnaire en mai 1934 du comité supérieur des économies. Chargé des fonctions de Gouverneur de la Banque de France le 6 mai 1936, dont le statut et l’organisation sont transformés par la loi du 24 juillet 1936, jusqu’au 20 juillet 1937. Premier Président de la Cour des comptes le 19 octobre 1937, après avoir refusé deux fois sa nomination en 1933 et 1936, reste à Paris en 1939, rallie Saumur avec tout le personnel de la Cour en 1940. Mis à la retraite d’office le 24 août 1940 par le régime de Vichy en application de l’acte dit loi du 17 juillet 1940, à compter du 1er décembre, honoraire le 1er décembre 1940. Réintégration refusée par décret du 21 novembre 1946, conformément à l’avis de la commission de réintégration et de révision des nominations, fondée sur le texte d’une lettre écrite par lui le 28 août 1940 au maréchal Pétain pour protester contre sa mise à la retraite d’office. Décret annulé par décision du Conseil d’Etat du 13 mars 1953, réintégré pour ordre dans ses fonctions le 7 mai 1954, à compter du 1er décembre 1940, ses droits à la retraite lui étant décomptés à compter du 9 février 1948, limite d’âge de son emploi.

Candidat aux élections législatives à Bergerac en 1912 à la suite de son beau-père, et aux élections au conseil général le 4 juin 1922 dans le canton d’Aire-sur-Adour (Landes). Maire d’Aire-sur-Adour, révoqué en 1940. Maire intérimaire puis maire de Versailles (liste soutenue par le PCF) de 1944 à 1947. Trésorier du comité français de secours aux enfants. Président du comité France-URSS, membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme, membre du conseil national du Mouvement pour la Paix. Membre du conseil des musées nationaux.

Rédige de nombreux articles dans L’Adour, journal bimensuel du canton de l’Aire-sur-Adour. Collectionneur de tableaux dont une partie a été donnée en 1958 au Musée de Versailles.

Extrait de son éloge par le Procureur général Bourrel en 1966 : « (…) Maurice Rouvier lui ouvrit les portes du référendariat. (…) Les amitiés qu’avaient suscitées et cultivées le père se reportaient naturellement sur le fils dont l’intelligence, la distinction, la parfaite éducation faisaient pressentir une destinée exceptionnelle. (…) Il est Procureur général à 57 ans. En lui s’allient un enthousiasme encore juvénile et une expérience étendue des hommes et des choses (…) Son caractère naturellement généreux, tourné vers l’avenir, lui a permis de mieux sentir la profondeur et la force des courants suscités dans le monde par la diffusion des idées socialistes (…) Il devine que son pays, s’il veut demeurer au premier rang des démocraties industrielles de l’Ouest, doit rénover ses structures, faire le pas en avant qui lui donnera l’élan, l’énergie, l’espoir. (…) Dans son discours lors de son installation le 27 octobre 1937, il traça la voie dans laquelle il entendait engager l’action du corps dont la direction lui était confiée : « … Veiller à ce que la chose publique ne soit pas exploitée au profit de quelques uns et aussi à ce que l’Etat s’acquitte de sa lourde charge pour le plus grand bien de tous… Lutter contre les intérêts particuliers de tous ordres, contre l’esprit de lucre, la corruption, la paresse, la routine, qui se dressent toujours contre l’intérêt général ». A la fin de son discours, un alinéa apportait comme une ombre, comme un pressentiment des dures années qui allaient venir : « Sans doute, à ceux qui mènent cette lutte sans faiblesse, arrive-il souvent que les injures et les calomnies ne soient pas ménagées. Mais qu’importe ? Sans parler de l’honneur qui est attaché à nos fonctions, elles nous permettent de servir la République, menacée de toutes parts. Est-il plus haute récompense ? » (…) Aux désastres militaires allaient succéder les bouleversements politiques, et le Premier président Labeyrie qui avait tenu à honneur, dans les luttes qu’il avait menées, de combattre constamment à visage découvert et de ne jamais dissimuler sa pensée, fut l’un des premiers hauts fonctionnaires frappés. (…) Bien longtemps après l’injustice, l’heure de la réparation sonna. (…) »

Domiciles : 16, avenue du Trocadéro (avenue du Président-Wilson ou avenue Georges-Mandel, 16ème), 16, quai de Passy (16ème), 10, rue de Vergennes à Versailles.

Officier d’Académie le 1er mars 1902, Croix de Guerre. Grand Officier de la Légion d’honneur le 14 août 1936.

Bibliographie : Jean-François Potton : La Cour des comptes pendant les années noires, La Documentation française, 2011.