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Ville de Paris : concession de la distribution du gaz et lutte contre le
réchauffement climatique
Un premier plan climat ambitieux accompagné
de bons résultats sauf pour la consommation
d’énergie
Paris a intégré très tôt dans sa politique, la volonté de lutter
contre le réchauffement climatique en adoptant son premier
Plan Climat dès 2007, cinq ans avant que la loi portant
engagement national pour l’environnement l’impose. Elle s’est
fixé l’objectif ambitieux de réduire d’un quart, entre 2004 et 2020,
les émissions de gaz à effet de serre et les consommations
d’énergie de son territoire et d’intégrer une part de 25 % de
renouvelables dans son bouquet énergétique.
Alors que les émissions mondiales de gaz à effet de serre n’ont jamais augmenté aussi rapidement, la
France s’est donné l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Le gaz naturel est une énergie
fossile, responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre en Île-de-France. Paris fait l’objet de la
deuxième plus importante concession de gaz en France.
Dans ce contexte, la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France a examiné l’action de la Ville de Paris
dans le cadre de son Plan Climat pour réduire l’impact du gaz naturel, première énergie de chauffe sur son
territoire.
Retrouvez le rapport de la chambre régionale des comptes d’Île-de-France sur son site internet
:
Les bons résultats obtenus en 2018 par Paris en matière de
réduction des émissions de gaz à effet de serre (- 20 %) ou
d’intégration des énergies renouvelables dans le bouquet
énergétique (18 %) méritent d’être soulignés.
En revanche, Paris a pris beaucoup de retard sur la baisse
de la consommation d’énergie, limitée à 5 % hors transports
entre 2004 et 2018. En particulier, la consommation de gaz
des bâtiments a augmenté sur la période en dépit des efforts
importants de rénovation énergétique des logements sociaux.
En effet, 51 000 logements ont été rénovés entre 2008 et 2019
en respectant le rythme de 4 500 logements par an, inscrit
dans le Plan Climat.
L’objectif de développer le gaz renouvelable dans
le cadre d’un bouquet énergétique toutefois non
cohérent avec les prévisions nationales
La cible du nouveau Plan Climat de Paris adopté en 2018 est
d’atteindre une ville neutre en carbone à horizon de 2050 et
alimentée à 100 % en énergies renouvelables. Pour atteindre
zéro émission intramuros, des réductions importantes des
besoins énergétiques, de 35 % en 2030 et de 50 % en
2050, devront être réalisées. Ce qui passe nécessairement
par la rénovation de tous les bâtiments, quelle qu’en soit la
destination, et suppose d’accélérer le rythme des opérations.
En 2019, la Ville et GRDF ont renouvelé le contrat de concession
pour la distribution du gaz qui arrivait à échéance. La Ville a
voulu faire de ce contrat un outil au service de sa politique
environnementale en obtenant l’engagement de GRDF à
contribuer aux baisses d’émissions de gaz à effet de serre et de
développement du gaz renouvelable. Le soutien de GRDF est
aussi financier puisque ses versements à la Ville sont passés de
0,75 M€ à 3 M€ par an.
Dans son dernier Plan Climat, la Ville de Paris a retenu un bouquet
énergétique très favorable au gaz en tablant sur des hypothèses
de disponibilité d’un gaz à 100 % renouvelable dès 2030 et d’une
électricité sans nucléaire. Ces hypothèses ne sont pas celles du
plan climat air énergie de la métropole du Grand Paris ni de la
politique énergétique définie au niveau national dont les objectifs
sont inscrits à l’article L. 100-4 du code de l’énergie.
La chambre formule quatre recommandations