La chambre régionale des comptes du Centre est une toute jeune juridiction, issue des lois de décentralisation de 1982. Mais il serait faux de croire que c’est la première fois, dans notre histoire, qu’une juridiction financière a son siège dans le Val de Loire ou dans le Berry.
XII et XIIIième siècle
A la fin du XII° siècle, les rois de France, Philippe Auguste, par exemple, mais aussi les grands seigneurs féodaux font venir auprès d’eux des marchands, qui savent compter et leur demandent de vérifier et de gérer leurs revenus, comme ceux du royaume ou du fief. Ces " gens des comptes " appartiennent à la Cour du roi ou du seigneur, mais sont bien différents des vassaux qui entourent le prince. Peu à peu, ces spécialistes vont former la " chambre des comptes ".
XIV et XVième siècle
C’est le roi Philippe V qui, en 1318, avec l’Ordonnance de Pontoise, organise " la chambre royale des comptes de Paris ". Pendant la guerre de 100 ans, le futur Charles VII, réfugié à Bourges, l’imitera et créera, en 1379, la chambre des comptes de Bourges, qu’il supprimera, la paix revenue. A la même époque, les comtes de Blois fondent la chambre des comptes de Blois (1359) et le premier duc d’Orléans, Philippe, fils du roi Philippe VI, celle d’Orléans, l’année même de sa mort en 1388. Lorsque le second duc, Louis de France, frère du roi Charles VI, acquit le comté de Blois, les deux chambres fusionnèrent.
Sans doute le ressort de la chambre était-il moins étendu que celui de la chambre actuelle. Mais ses attributions étaient fort variées. La chambre dirigeait le service financier du Comté de Blois, puis du Duché d’Orléans, recevait le serment des comptables, surveillait leur gestion et jugeait leurs comptes. Surtout, elle veillait à la conservation des biens domaniaux et des droits attachés, dont les fameux droits féodaux, qui ont duré jusqu’à la nuit du 4 août.
La chambre siégeait à Blois, sauf pendant la captivité du duc Charles d’Orléans, comte de Blois, où elle fut transférée à Orléans (jusqu’en 1441). Elle devait donc se trouver dans cette ville pendant le siège de 1429.
XVI – XVIIIième siècle
Après la guerre de 100 ans, les rois de France commencent à construire la monarchie absolue et à étendre considérablement leur domaine ; les chambres des comptes des principautés rattachées à la France royale sont souvent maintenues (Aix, Grenoble, Dijon). Mais des suppressions interviennent aussi, à l’intérieur du domaine royal. L’atlas des " cartes générales et particulières du royaume ", réalisé en 1713 et conservé à la Bibliothèque nationale ne montre plus que dix chambres des comptes ; au XVIII° siècle, l’actuelle région Centre se trouvait donc dans le ressort de la chambre des comptes de Paris.
Avec la Révolution française, ce sont toutes les chambres des comptes qui sont supprimées, ainsi d’ailleurs que les Parlements, ancêtres des tribunaux administratifs. En 1807, Napoléon crée la Cour des comptes à Paris, et lui donne compétence sur la France entière. La Cour des comptes demeure la seule juridiction financière, jusqu’aux lois de décentralisation de 1982.
Depuis sa création en 1982, la chambre a eu pour présidents :