Durant sept siècles (962-1648), l’Alsace a fait partie du Saint Empire Romain Germanique. A partir du XIIIe siècle, l’autorité impériale décline et les villes s’émancipent. En 1648, l’Alsace est réunie à la France à la suite du traité de Westphalie. Du XIVe au XVIIIe siècles, plusieurs chambres des comptes ont marqué l’histoire de l’Alsace :
La chambre des comptes de Saverne
Au XIVe siècle, un conflit oppose Guillaume de Diest, évêque de Strasbourg, au Grand Chapitre et à la ville de Strasbourg. Guillaume choisit pour résidence Saverne où sont installées la Régence, la Chambre des Comptes et la Chambre de Justice ; le Grand Chapitre de la Cathédrale reste à Strasbourg. Saverne devient siège de la régence seigneuriale, ville épiscopale par excellence et son château la résidence principale de l’évêque. Guillaume meurt en 1439, l’année même où est terminée la flèche de la cathédrale.
La chambre des comptes d’Ensisheim
Ensisheim a été le chef-lieu des possessions des Habsbourg à l’ouest du Rhin, dont l’administration est connue sous l’appellation de la Régence d’Ensisheim. Ses attributions sont administratives, financières et judiciaires. Elle comprend une chambre de justice instituée en 1523 et une chambre des comptes mise en place en 1570 de manière à décentraliser la chambre des comptes siégeant à Innsbruck et à simplifier la gestion financière. La Kammer d’Ensisheim reçoit pour mission d’exercer la tutelle sur les comptes des administrateurs locaux et traite ainsi des mines, de la monnaie, des péages, des bâtiments, des recettes de justice, de la gestion du Domaine. Elle se compose de conseillers, assistés d’un chancelier et d’un greffier, ainsi que de messagers et de techniciens spécialisés.
Le Palais de la Régence, témoin de l'histoire des chambres des comptes, commémore cette année, dans la continuité de son histoire et de ses fonctions, le 25è anniversaire de la création des chambres régionales des comptes.
Le conseil souverain d’Alsace
La couronne de France décide d’assurer l’administration des possessions cédées en 1648 par les Habsbourg en créant une cour royale et souveraine. L’intendant Colbert de Croissy fonde en 1657 le « Conseil supérieur d’Alsace », qui prend bientôt le nom de « Conseil Souverain d’Alsace ». Ce dernier s’installe en 1658 à Ensisheim, puis est transféré à Brisach en 1674, enfin à Colmar en 1698. Le Conseil Souverain d’Alsace, qui a son siège dans le bâtiment aujourd’hui occupé par le Tribunal de grande instance de Colmar, devient au XVIIIe siècle la haute juridiction royale pour tous les territoires alsaciens. A côté des attributions normales d’un parlement (enregistrement des édits, droit de remontrance, etc …), il a tout ou partie de celles d’institutions spécialisées n’existant alors pas en Alsace : chambre des comptes, table de marbre (affaires forestières), présidiaux, baillages et sénéchaussées royaux. Il a été supprimé en 1790 par la Révolution.
Dans sa forme républicaine et moderne, l’institution de contrôle des comptes publics locaux est issue de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions. La Chambre régionale des comptes d’Alsace est sise 14, rue du Faubourg de Pierre à Strasbourg.