A la veille de la Révolution, le jugement des comptes accuse un retard de plusieurs dizaines d'années, et de nombreux comptes ne sont plus produits. Pourtant le nombre des membres de la Chambre ne cesse d’augmenter.
A la fin de l’Ancien Régime existait, outre la Chambre des comptes de Paris, douze autres compagnies du même ordre, dont certaines, unies aux Cours des aides, exerçaient l’ensemble de la juridiction financière, y compris le contentieux fiscal et domanial. Des chambres des comptes souveraines, relevant des grands féodaux existent dans certaines provinces. Elles ne constituent en rien un ensemble homogène. Seule la Révolution leur réservera un sort commun en les supprimant les 17 et 29 septembre 1791.
À la Révolution, les chambres des comptes sont supprimées : les révolutionnaires se défient des juges de l’ancien régime, souvent de province, accusés d’avoir, au XVIIIe siècle, freiné les réformes. Au surplus, l’organisation territoriale de la juridiction financière apparaissait peu rationnelle, ainsi d’ailleurs que son articulation avec les autres juridictions et les administrations.
L’Assemblée Constituante réserve au Corps législatif, par le décret des 17-29 septembre 1791, le soin de régler les comptes de la Nation, avec l’appui d’un organe auxiliaire technique, le “Bureau de Comptabilité”. Le travail entrepris pour résorber le retard existant à la fin de l’ancien régime fut perturbé pendant les guerres de la Révolution ; il put être organisé sous le Directoire, qui sépara les “Commissaires de la comptabilité nationale” du Corps législatif, pour les placer auprès du pouvoir exécutif.